Afrique horizon

 

BANQUE MONDIALE

La crise mondiale ralentit la croissance de l'Afrique

Le taux global de croissance économique de l'Afrique subsaharienne risque de se trouver entre 2,1 et 2,4 % en 1998, par rapport aux 3,5 % enregistrés l'année précédente, a annoncé la Banque mondiale au début de décembre. Compte tenu de l'accroissement démographique rapide dans cette région, ce tassement signifie que le produit intérieur brut par habitant (PIB) en Afrique subsaharienne subira une croissance négative de 0,5 % après plusieurs années de croissance positive. Les prévisions de la Banque sont nettement inférieures au taux de 3,7 % publié au début d'octobre par le Fonds monétaire international, qui emploie d'autres éléments pour évaluer la croissance économique.

Selon les Perspectives économiques mondiales et les pays en développement, 1998-99, de la Banque mondiale, le ralentissement en Afrique s'explique par plusieurs facteurs, dont la résurgence des conflits armés et les effets du phénomène climatique El Niño. Mais l'élément déterminant a été l'impact de la crise économique mondiale qui a démarré en Asie de l'Est l'année dernière, et qui a frappé de plein fouet les économies vulnérables d'Afrique. Toutefois, si les prévisions de la Banque sur les grandes tendances de l'économie mondiale se réalisaient, l'année 1999 devrait augurer une reprise de la croissance positive, au rythme de 3,2 % environ, et même de 3,8 % en 2000 (voir tableau).

Le rapport se livre à un examen rigoureux des causes de la crise en Asie de l'Est et des meilleurs moyens de répliquer à des désastres semblables à l'avenir, y compris par l'adoption de "stratégies macroéconomiques plus souples," comme l'a souligné dans l'introduction du rapport M. Joseph Stiglitz, premier vice-président chargé des politiques économiques de développement et économiste en chef de la Banque. Le document estime que les origines de la crise proviennent à la fois "des faiblesses institutionnelles dans la gestion de la libéralisation économique intérieure et des imperfections des marchés des capitaux internationaux."

A l'avenir, écrit M. Stiglitz, les institutions financières internationales devraient proposer des mécanismes de contrôle financier étatique plus strictes et, en cas de besoin, "des interventions visant à stabiliser les mouvements de capitaux." Dans certains cas, précise-t-il, il faudrait "renverser les excès provoqués par la dérégulation du secteur financier." Les conséquences sociales graves du déclin économique -- les pertes d'emplois, l'interruption de la scolarité, la détérioration de la santé et l'aggravation de la pauvreté, mettent en valeur l'importance des filets de protection sociale, souligne le document.

Selon les chiffres fournis par le rapport, l'Afrique a été moins gravement touchée par cette turbulence économique que la plupart des autres régions, mieux intégrées dans les marchés mondiaux et donc plus aptes à subir l'impact direct de la crise économique. Par conséquent, le taux de croissance de l'Afrique subsaharienne en 1998 sera le deuxième des principales régions du monde, talonnant légèrement les 2,5 % de croissance prévus pour l'Amérique latine et les Caraïbes.

Bien que le ralentissement de la croissance en Afrique constitue un revers, la Banque précise "que les perspectives ne sont pas aussi sombres que les grandes moyennes régionales pourraient le laisser croire." En Afrique, l'Afrique du Sud et les plus gros exportateurs de pétrole ont été les plus touchés. A l'exclusion de ces pays, la croissance globale du PIB pour le reste de l'Afrique subsaharienne s'éleverait toutefois à 3,8 %, ajoute le rapport, avec les pays de l'Afrique occidentale francophone, qui appartiennent à la zone franc, bénéficiant d'un taux de croissance de l'ordre de 5 % en 1998. "Malgré les défis qu'entraîne la nécessité de s'adapter à un environnement extérieur moins favorable au cours des deux années à venir, les perspectives à plus long terme pour l'Afrique sont prometteuses," conclut le rapport.

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ALIMENTATION

210 millions d'Africains souffrent de la faim

Malgré les nouvelles augmentations de la production alimentaire en Afrique, le nombre de personnes victimes de la faim est en hausse sur le continent, estime l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). "Nos chiffres les plus récents concernant l'Afrique au sud du Sahara indiquent une augmentation du nombre de personnes souffrant de malnutrition, dont le total est passé de 196 millions en 1990-92 à 210 millions en 1994-96," a déclaré M. Jacques Vercueil, un des directeurs de la FAO, lors de la publication fin novembre de son rapport La situation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture, 1998.

Si le plus grand nombre de personnes sous-alimentées au monde vit en Asie, c'est en Afrique subsaharienne que l'on trouve le taux le plus élevé de victimes de la malnutrition. Outre les dégâts infligés aux cultures par les conditions climatiques défavorables, les pays les plus pauvres du continent se heurtent aux contraintes des taux de change qui les empêchent d'importer la quantité de nourriture nécessaire.

NOMINATIONS

Le Secrétaire général Kofi Annan a nommé M. Zéphirin Diabré (Burkina Faso) au poste d'Administrateur associé du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Cette nomination prend effet à la mi-janvier. M. Diabré remplace M. Rafeeuddin Ahmed (Pakistan), qui prend sa retraite.
Actuellement conseiller économique du Président du Burkina Faso, M. Diabré a été membre du Parlement de son pays, et occupé les fonctions de ministre de l'Economie, des finances et de la planification, et de ministre du commerce, de l'industrie et des mines.

M. Annan a également nommé M. Ivor Richard Fung (Cameroun), à gauche, au poste de directeur du Centre régional des Nations Unies pour la paix et le désarmement en Afrique, dont le siège est à Lomé, au Togo.
Avant cette nomination, M. Fung, qui a pris ses nouvelles fonctions le 1er décembre, a été responsable régional pour l'édification de la paix et la gouvernance auprès du Bureau Afrique du PNUD.

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