Avec Danny Glover, contre la pauvreté

Citez le nom de Danny Glover et vous évoquez l'image d'un combattant de la bonne cause. Second de Mel Gibson dans la série de films d'aventures Lethal Weapon, Glover ne manque jamais de défendre la bonne cause dans le combat mené pour rendre le monde moins dangereux. Il n'y a donc pas à être surpris que dans la vie réelle Danny Glover fasse preuve d'un zèle et d'une détermination non moindres afin d'améliorer la vie des plus dépourvus, c'est-à-dire des 1,5 milliard et davantage qui vivent dans une extrême pauvreté, pour lesquels chaque jour est une bataille qu'ils mènent afin de survivre jusqu'au lendemain. Subsistant avec moins d'un dollar par jour, ils ne peuvent manger à leur faim, n'ont pas accès à l'eau salubre ni à d'autres services de base et, bien souvent, sont sans logis. Danny Glover a donné la preuve de son dévouement à ces déshérités en acceptant de devenir ambassadeur itinérant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Toujours aussi actif, Glover a dès sa nomination souligné par diverses activités la menace que la pauvreté représente pour un nombre sans cesse croissant dans le monde entier.

A une conférence de presse tenue à New York, Glover, qui marche sur les traces des ambassadeurs itinérants de l'UNICEF tels que Harry Belafonte et Audrey Hepburn, a déclaré : "J'espère voir chacun assumer la responsabilité de son existence, reconstruire sa vie; par-dessus tout, j'espère me servir de ma voix pour faire entendre la leur."

Fidèle à sa promesse, Glover est aussitôt parti pour la Namibie et l'Afrique du Sud afin d'imprimer un élan à la lutte contre la pauvreté que mènent les gouvernements de ces deux pays et le PNUD. Il s'est fait le porteur d'un message que l'Administrateur du PNUD, James Gustave Speth, a souvent proclamé la priorité absolue du PNUD, à savoir que la pauvreté est "le plus grand défi posé à l'humanité -- un mal que nous avons la possibilité d'éliminer ... de la surface de notre planète."

J'ai eu le très vif plaisir d'accompagner Danny Glover durant ce voyage. Dès le décollage de New York, il a fait clairement comprendre que sa visite devait être plus qu'un simple exercice modèle de relations publiques, qu'elle devait conduire à des progrès et améliorations sensibles dans la vie des plus dépourvus.

En Namibie, il s'est d'abord arrêté au collège de formation pédagogique d'Ongwediva. Il y a vu comment un programme bien conçu de mathématiques et de sciences préparait les enseignants à arracher leurs étudiants à l'analphabétisme et à les mettre en état de s'élever au-dessus de la pauvreté. Il a aussi visité le projet communautaire d'Omuthia qui, avec le soutien du PNUD, mobilise le potentiel local grâce à un marché spontané et à une boulangerie de collectivité. Sur le site d'un autre projet communautaire, à Ekamba, Danny Glover a vu les participants occupés, par exemple, à coudre des uniformes scolaires, tresser des corbeilles de type traditionnel, broyer du millet pour leur propre consommation et gérer une garderie de jeunes enfants.


Danny Glover, Ambassadeur itinérant du PNUD, en compagnie d'enfants de Soweto (Afrique du Sud).

Photo : PNUD / Andrew Tshabangu


En Afrique du Sud, Danny Glover a été reçu à déjeuner par le président Nelson Mandela et sa nouvelle épouse, Mme Graça Machel. Il a également assisté aux cérémonies marquant le quatre-vingtième anniversaire du président Mandela. Mais, au milieu même des célébrations et festivités, Danny Glover n'a pas perdu sa mission de vue. Il a saisi l'occasion de ses rencontres avec le président Mandela pour exhorter le Gouvernement sud-africain à continuer de faire de l'élimination de la pauvreté son objectif prioritaire.

En outre, il a pris le temps de se rendre à Kgotsong, y rencontrant un groupe de femmes qui ont créé leur propre coopérative. En collectant chaque jour un rand (environ 22 cents) auprès de chacune et en y ajoutant une subvention gouvernementale, cette coopérative a obtenu accès à un crédit qui permet à ces femmes de construire leurs propres maisons en parpaings. Avec un prêt de 1 500 dollars environ à chacune et la main-d'oeuvre qu'elles se fournissent mutuellement, les membres du Kgotsong Women's Housing and Savings Scheme ont pu construire des maisons de deux ou trois pièces. Pour beaucoup d'entre elles, c'est la première fois qu'elles ont une vraie maison.

Danny Glover a couronné son voyage en Afrique australe en participant à la nomination de Nadine Gordimer, lauréate du prix Nobel, au rang d'Ambassadrice itinérante du PNUD. Illustre championne de la justice sociale et de l'équité, Mme Gordimer a reçu en 1991 le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son oeuvre, où elle prend position contre la marginalisation politique et l'exclusion sociale.

Il n'est pas courant de trouver des célébrités de haut vol qui embrassent la cause des masses, comme l'a fait Danny Glover. Mais Danny Glover n'est pas une célébrité comme les autres. Avant même de devenir une vedette d'Hollywood, Glover avait toujours milité au sein de communautés. A San Francisco, dès son jeune âge, il avait mis son talent d'acteur naissant au service des déshérités, d'abord au théâtre, puis au cinéma. Dans les années 60, il a organisé des manifestations d'étudiants et participé à des programmes sociaux. Il a également joué un rôle actif dans la lutte contre l'apartheid. Glover espère que grâce à son engagement, le fléau de la pauvreté appellera une attention accrue. Et, si tel est le cas, la communauté internationale en viendra peut-être à prendre des mesures plus énergiques pour éliminer complètement la pauvreté.

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