
L'émancipation des femmes en Ouganda est un "processus irréversible," selon M. Richard Kaijuka, ministre de la Planification et du développement économique. L'exigence constitutionnelle qu'un tiers de l'ensemble des membres des conseils locaux soit des femmes constitue "un début révolutionnaire par rapport au passé." Avant, "vous n'auriez jamais vu une femme seule, de par la nature de nos traditions, du sexisme des hommes et de la timidité des femmes à s'affirmer en présence de leur mari." Aujourd'hui, au niveau du district, les femmes se présentent pour des sièges au Parlement, "et nous avons attribué des sièges supplémentaires pour la représentation des femmes jusqu'au niveau national."
M. Kaijuka a expliqué : "il fallait donner un coup de fouet au processus d'émancipation. Une société doit émanciper de façon intelligible et ne pas faire qu'en parler." Selon lui, le gouvernement a constaté qu'"afin de mobiliser les masses, les femmes devaient être mises au devant de la scène. Et pour que les femmes soient pleinement impliquées, nous devions leur en donner les moyens. Ainsi, c'était un besoin réciproque."
Un autre progrès substantiel réside dans la nomination de Mme Wandira Speciosa Kazibwe au poste de vice-président. Elle est gynécologue et consultante et a mené une carrierè indépendante. Soulignant la présence d'autres femmes au sein du Cabinet, le fait que le chef de la fonction civile est une femme et que des femmes cadres occupent des fonctions au sein d'organes para-gouvernementaux, M. Kaijuka a observé que "même si les 50-50 ne sont pas encore atteints" les femmes sont de plus en plus présentes.
Un ressentiment existe peut-être chez certains hommes "qui restent silencieux." S'il y a quelque chose à rapporter, c'est plutôt que "certaines femmes extrémistes, au lieu de renforcer les progrès que nous avons réalisés, arrivent et exigent qu'avant la formation du Cabinet 50 ou 60 % des sièges soient réservés aux femmes." A son avis, il ne faut pas "exiger l'irraisonnable" dès le départ.
Les progrès sont lents dans la production de données ventilées par sexe à des fins de planification et de budget, étant donné le peu de statistiques fiables dans la plupart des pays africains. Le Parlement d'Ouganda vient juste de transformer le Bureau des statistiques en une entité autonome "pour parvenir à maîtriser les problèmes de statistiques." Les analyses des dotations de ressources au niveau du district "intégreront désormais les questions et les chiffres relatifs aux femmes."
Les conditions des Ougandaises s'améliorent progressivement, dit-il. Le cadre macro-économique stable et la libéralisation économique, aux côtés d'un programme d'approvisionnement et de construction de grandes artères routières, ont permis à la production agricole des femmes d'être commercialisée à de meilleurs prix. Le programme d'éducation primaire universelle est un autre facteur générateur d'une situation dans laquelle "la femme du fin fond d'un village a, du jour au lendemain, ressenti un changement."