La tournée de Bill Clinton en Afrique

La paix, le commerce et les investissements en tête de l'ordre du jour américain

Les besoins de l'Afrique en matière de paix, de développement de l'investissement étranger et d'amélioration de son accès aux marchés mondiaux ont été les thèmes essentiels abordés pendant la tournée que le président américain Bill Clinton a effectuée, du 23 mars au 2 avril, dans six pays d'Afrique. Cette visite a été la première grande visite en Afrique en 20 ans d'un président américain en exercice; elle a également été la plus longue jamais effectuée. En tant que telle, elle a attiré sur l'Afrique une attention considérable de la part des médias internationaux, et une grande partie des reportages ont mis en évidence les succès économiques et politiques relatifs de ces dernières années, par opposition aux images médiatiques habituelles de famines, conflits et déclin.

"Les Africains sont animés d'espoirs nouveaux de démocratie, de paix et de prospérité," a affirmé le président Clinton lors de sa première étape, au Ghana. Ce qui se passe sur le continent, a-t-il dit, est "le début d'une nouvelle renaissance africaine," et il a exprimé l'espoir que son voyage montre au peuple américain "le nouveau visage de l'Afrique."

Pendant toute cette visite, au cours de laquelle il s'est également rendu en Ouganda, au Rwanda, en Afrique du Sud, au Botswana et au Sénégal, M. Clinton s'est fait le porte-parole de l'Africa Growth and Opportunity Act, qui a été votée par la Chambre des représentants quelques semaines avant le début de ce voyage et sera débattue par le Sénat dans le courant de l'année. Aux Etats-Unis, les détracteurs de ce projet de loi, dont certaines organisations non gouvernementales et personnalités politiques africano-américaines, ont chercher à atténuer les conditions qu'elle impose aux pays d'Afrique.

L'accent que met ce projet de loi sur l'amélioration des liens entre les Etats-Unis et l'Afrique dans les secteurs du commerce et de l'investissement reflète une tendance en hausse depuis quelques années déjà. Depuis 1994, le commerce des Etats-Unis avec l'Afrique subsaharienne s'est accru en moyenne de 16,9 % par an. En 1997, les Etats-Unis ont vendu pour 6,2 milliards de dollars à l'Afrique, alors que les importations en provenance du continent ont atteint 16,4 milliards de dollars. Toutefois 70 % de ce chiffre représente le pétrole brut provenant de quelques pays seulement. En 1996, les investissements américains directs en Afrique subsaharienne se sont élevés à 4,9 milliards de dollars, ce qui constituait un accroissement de 30 % par rapport à 1994.

Les dirigeants africains qui ont rencontré le président Clinton ont en général bien accueilli le fait que, grâce à cette loi, une gamme plus importante d'exportations africaines pourra pénétrer sur le marché des Etats-Unis. D'autres n'ont pas caché le scepticisme que leur inspirait la portée limitée de la loi, et ont souligné que la relance économique de l'Afrique nécessiterait également des mesures internationales plus importantes afin d'alléger le fardeau écrasant de sa dette et d'inverser le déclin de l'aide publique au développement.

Certaines de ces préoccupations se sont manifestées dans la déclaration de principes signée par le président Clinton et six dirigeants africains à la suite d'une réunion au sommet à Entebbe (Ouganda) le 25 mars. De surcroît, la déclaration a souligné l'importance de la démocratie, des droits de l'homme, du règlement des conflits et d'une meilleure coordination régionale afin d'empêcher un autre génocide comme celui qui s'est produit au Rwanda en 1994. Les dirigeants ont reconnu que la stabilité régionale dépendait de la durabilité de la démocratisation africaine et ont donc cautionné "les principes fondamentaux de l'inclusion, de l'Etat de droit, du respect des droits de l'homme, de l'égalité de tous les hommes et de toutes les femmes et du droit qu'ont tous les citoyens d'élire leurs dirigeants librement à intervalles réguliers et de participer pleinement à la prise des décisions qui les affectent."

 

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