
L'aide publique au développement (APD) a poursuivi sa tendance à la baisse de ces dernières années, passant de 55,5 milliards de dollars en 1996 à 47,2 milliards de dollars en 1997, selon les chiffres préliminaires publiés en juin par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ces données permettent d'apprécier l'aide consentie par les 21 pays membres du Comité d'assistance au développement de l'OCDE (CAD), mais les chiffres ne sont pas encore disponibles selon la destination géographique (en 1996, l'Afrique subsaharienne a reçu 9,9 milliards de dollars de la part des pays du CAD, soit 58 % de l'aide consentie à la région).
Parmi les grandes puissances industrielles
du Groupe des Sept (G7), seuls le Japon et le Canada ont augmenté
leur APD en termes réels. Exprimée sous forme de pourcentage
du produit national brut (PNB), l'aide des Etats-Unis est tombée
à son niveau le plus bas, 0,08 %, même si le pays est demeuré
le troisième plus grand donateur mondial (6,2 milliards de dollars,
chiffre bien inférieur aux 9,4 milliards de dollars de l'année
précédente). Le Japon (9,4 milliards) et la France (6,3 milliards)
ont été les plus grands donateurs en 1997. L'aide consentie
par les pays du G-7 a représenté seulement 0,19 % de leur
PNB collectif, comparé à 0,45 % pour d'autres pays du CAD.
Seuls quatre pays du CAD -- le Danemark, la Norvège, la Suède
et les Pays Bas -- ont maintenu leur APD au-dessus de l'objectif des 0,7
% du PNB fixé par les Nations Unies (voir graphique).
L'OCDE souligne que 14,2 % du déclin de l'APD globale peut être en partie attribuée aux chutes des taux de change des autres monnaies nationales face au dollar et à la sortie d'Israël de la catégorie de "pays en développement" du CAD. Tenant compte de ces facteurs, le déclin de l'APD en termes réels était de 3,2 %. C'est "une tendance préoccupante," l'OCDE fait valoir, qui contredit non seulement l'amélioration de la situation économique et budgétaire des pays du CAD, mais également de leurs objectifs politiques fixés.
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UNICEF met en relief la menace des mines terrestres
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Nombre de mesures spéciales conçues afin d'aider les autres pays pauvres à bénéficier du marché international libéralisé n'ont pas été appliquées, ont déclaré les ministres du commerce africains lors d'une réunion de l'Organisation mondial du commerce (OMC) qui s'est déroulée les 18-20 mai à Genève. Au nom de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et de la Communauté économique africaine (CEA), ils ont manifesté leur inquiétude face aux inégalités récurrentes du système du commerce multilatéral, soulignant que l'Afrique en particulier "reste à l'écart" des bénéfices de la croissance et de l'intégration internationale.
De nombreux pays africains ont du mal à ajuster leur économie à un marché mondial de plus en plus compétitif et à appliquer les politiques imposées par l'OMC, ont affirmé les ministres. Ainsi que l'a fait remarquer le président sud-africain Nelson Mandela, lors de sa déclaration à la session marquant le 50e anniversaire de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), prédécesseur de l'OCM : "les lois doivent être appliquées sans crainte ni préférence, mais si elles contiennent des prescriptions auxquelles tous ne peuvent se conformer, ou dont les résultats profitent à trop peu de personnes, alors l'injustice apparaîtra."
Les 48 pays les moins avancés au monde (PMA), dont 33 se trouvent en Afrique, ne fournissent que 0,04 % des exportations mondiales, ont estimé les ministres des PMA. Le ministre du Commerce et de l'industrie du Zimbabwe, M. Nathan Shamuyarira" a réclamé des "mesures spéciales pour traiter leur situation particulière." Les ministres africains ont déclaré que la proposition du Directeur général de l'OMC, M. Renato Ruggiero, en faveur d'un traitement exempt de droit pour les produits en provenance des PMA a été "pratiquement oubliée."
Etant donné que les négociations de l'OMC se sont récemment élargies pour inclure des domaines, tels que les télécommunications et les services financiers, les ministres africains ont demandé que de nouvelles questions ne soient pas traitées tant que les accords issus des négociations d'Uruguay en faveur des pays pauvres n'auront pas été appliqués. Ils ont également lancé un appel en faveur d'un accès plus large des exportations africaines au marché, d'une aide compensatoire aux pays importateurs de nourriture, d'une assistance technique destinée à aider les gouvernement africains à s'acquitter de leurs obligations et à exercer leurs droits au sein de l'OMC, et de l'obtention du statut d'observateur de l'OUA/CEA dans les organismes de l'OMC.
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Les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont approuvé, fin juin à Luxembourg, un projet de mandat de négociation pour la nouvelle Convention de Lomé, le pacte du commerce et d'aide entre l'UE et 71 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Avant son expiration en février 2000, la convention actuelle doit être réexaminée afin de répondre aux réglementations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les négociations pour un nouveau pacte ont commencé fin septembre, entre la Commission européenne, le corps exécutif de l'UE, et les pays de l'ACP.
Le plan d'exécution de la Commission en vue d'une nouvelle Convention permettrait aux exportations des pays de l'ACP d'avoir le même accès au marché de l'UE que sous l'accord actuel (même si en pratique, la part de telles exportations a régressé de 4,7 % en 1990 à 2,8 % en 1994). En contrepartie, on attend des Etats de l'ACP qu'ils ouvrent leurs propres marchés aux exportations de l'UE sur une période transitionnelle de 5 à 10 ans. Toutefois, les pays de l'ACP font valoir que leurs économies ne résisteront pas à la compétition et leurs finances publiques en pâtiront.
La Commission a reconnu que les pays les moins avancés (PMA) sont moins préparés au libre échange et auront par conséquent besoin d'être protégés des vicissitudes des échanges réciproques par un bloc puissant comme l'UE. La solution proposée pour ces pays est l'octroi de préférences "accrues," ou l'accès de tous leurs produits exempts de tarif douanier au marché européen. Le Secrétaire britannique des Affaires étrangères, M. Robin Cook, a affirmé que le compromis du Luxembourg signifierait que les pays les plus pauvres seraient capables d'exporter "pratiquement tous les produits" en franchise à l'UE d'ici 2005. Les ministres ont également admis que toute nouvelle future révision des protocoles sur le buf, la banane et le sucre avec les pays de l'ACP serait accompagnée d'un soutien financier temporaire en faveur des pays affectés.
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Mme Graça Machel, du Mozambique, a été nommée membre du Conseil d'administration de la Fondation des Nations Unies. Entité à but non lucratif, la Fondation a été établie en janvier pour canaliser le milliard de dollars promis aux Nations Unies en septembre dernier par le magnat américain des médias, M. Ted Turner.
La somme sera consacrée à des projets et programmes des Nations Unies dans les domaines humanitaires, économiques, et sociaux, par échelonnements de 100 milliards de dollars sur 10 ans. La Fondation des Nations Unies a reçu sa première tranche d'allocations, quelque 22 milliards de dollars, en mai. Les projets en Afrique qui profiteront de ces affectations se concentreront sur l'éradication du ver de Guinée en Afrique centrale, la nutrition et la sécurité alimentaire des ménages pour des groupes vulnérables en Sierra Leone, la réduction de la rougeole et la déficience en vitamine A au Nigéria, la démobilisation des enfants soldats en Sierra Leone, l'amélioration de la santé liée à la reproduction aux Comores, l'aide aux femmes du Burkina Faso dans la production et la commercialisation du beurre de noix de karité, et la réinsertion des victimes des mines en Angola, au Mozambique et en Somalie.
Les autres membres du conseil de la Fondation sont M. Turner, en tant que président; Mme Ruth Cardoso, femme du président du Brésil; Mme Emma Rothschild, directrice du Centre d'Histoire et d'Economies au King's College de l'Université de Cambridge; M. Maurice Strong, Coordinateur exécutif de la réforme des Nations Unies, M. Timothy E. Wirth, président de la Fondation; M. Andrew Young, ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies; et le Professeur Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank au Bangladesh.
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El Nino incite à la planification préalable contre les désastres en AfriqueLe phénomène climatique d'"El Nino" a eu des conséquences diverses en Afrique au cours de 1997-98, apportant des pluies torrentielles en Afrique de l'Est et des conditions de sécheresse dans certaines parties de l'Afrique australe. Plusieurs milliers de personnes ont péri dans des inondations qui ont ravagé la Somalie, l'Ethiopie, le Kénya, le Soudan, la Tanzanie et l'Ouganda (la plupart des morts ayant survenu en Somalie), alors que la région entière a éprouvé de sérieuses pertes économiques. Au Kenya, le gouvernement estime que la relèvement coûtera 130 milliards de dollars. Bien qu'El Nino n'ait pas amené une sécheresse désastreuse en Afrique australe, il a contribué à diminuer la moyenne des récoltes dans plusieurs pays. Ainsi, à la fin mai, le Comité pour la prévision des récoltes au Zimbabwe a estimé la production du grain (blé excepté), pour la saison de 1997/98, à 1,5 million de tonnes, soit 23 % en dessous de la moyenne annuelle entre 1990-97. La production du maïs en Zambie a été à peu près de 30 % en dessous de la moyenne de 1988-97. Les rendements céréaliers seront également bien en dessous des normes, mais puisque le pays produit généralement des surplus importants, il n'y aura que peu d'impact sur la sécurité alimentaire. Le Mozambique aura une production nationale supérieur à la moyenne, grâce aux pluies abondantes et à l'augmentation de 10 % des terres consacrées à la production alimentaire. Globalement, la région sera confrontée à un déficit de 1,35 million de tonnes de maïs cette année, bien plus important que le déficit de 204 000 tonnes enregistré en 1997. Bien que les avertissements sur l'effet possible d'El Nino soient survenus plusieurs mois auparavant, tous les pays n'étaient pas prêts à faire face à la menace. "Nous sommes lents, manquons d'une coordination appropriée et ne savons pas toujours de quelle façon aborder la planification préalable contre les catastrophes," a reconnu le ministre de l'Agriculture kényan Musalia Mudavai, en expliquant la vulnérabilité de son pays. Un rapport publié en avril 1996 par le Famine Early Warning System de l'USAID, a constaté que, face à la menace d'El Nino en Afrique australe, le Mozambique, le Swaziland et l'Afrique du Sud étaient parmi les premiers à se préparer à une prévention précoce et une réaction rapide. Le Botswana, le Lesotho, le Malawi et la Zambie avaient déjà des mécanismes de réponse en place depuis plusieurs années, mais le Zimbabwe a été relativement lent à réagir et l'Angola n'avait pas de plan de sécheresse existant. Le rapport encourage les gouvernements à réserver une attention adéquate aux rôles importants que jouent à la fois les médias et le secteur privé. Les experts en matière de météorologie et de sécurité alimentaire dans la Corne de l'Afrique et en Afrique de l'Est se sont rencontrés à Nairobi en février lors d'un "Forum sur les évolutions possibles du climat dans la Corne de l'Afrique." En dehors des discussions sur les moyens d'affiner les prévisions climatiques, ils se sont également concentrés sur la façon d'intégrer de telles prévisions dans les processus de prise de décision de leurs pays, afin de mieux assurer la sécurité alimentaire. |
La mondialisation est "irréversible," ont reconnu 16 dirigeants africains, principalement de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique centrale, lors d'une rencontre avec le président de la Banque mondiale, M. James Wolfensohn, à Dakar (Sénégal) les 20-21 juin. Ils ont également admis qu'il revient aux dirigeants africains de créer les conditions pour que le continent puisse faire partie du processus de mondialisation. La compétitivité du marché, l'adoption de stratégies d'industrialisation réussies, et une forte intégration régionale à travers le développement de l'infrastructure ont été mentionnées comme autant de facteurs essentiels à tenir tête aux nouveaux défis.
La réunion qui s'est tenue en séance privée s'est inscrite dans la continuité d'un forum similaire organisé par M. Wolfensohn au mois de janvier à Kampala (Ouganda), comprenant 12 dirigeants de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique australe. Etaient présents à la rencontre de Dakar les chefs d'Etat du Bénin, du Burkina Faso, du Cap-Vert, de la République centrafricaine, du Tchad, de la République du Congo, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée équatoriale, du Gabon, de la Gambie, de Madagascar, du Mali, du Niger, de Sao Tomé-et-Principe et de la Sierra Leone, ainsi que le vice-président sud-africain. M. Wolfensohn a déclaré qu'il avait organisé les forums afin de modifier la façon dont la Banque mondiale travaille avec les pays subsahariens, dans un esprit de "vrai partenariat."
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Dans un communiqué présidentiel au ton sévère, le Conseil de sécurité des Nations Unies a déclaré le 13 juillet qu'il "condamne les massacres, les autres atrocités et violations des lois humanitaires internationales," y compris "les crimes contre l'humanité," qui ont eu lieu au Zaïre/République démocratique du Congo, durant le conflit de 1996-97.
Citant les preuves rassemblées par une équipe d'investigation du Secrétaire général, le Conseil a également appelé les gouvernements du Congo et du Rwanda à traduire en justice les personnes impliquées dans les massacres. Le Conseil a également déclaré qu'il était prêt à considérer des "mesures supplémentaires" pour "traduire les auteurs des crimes en justice."
La déclaration du Conseil survient peu après que le Secrétaire général eut publié le rapport de son équipe d'investigation. L'équipe avait d'abord été envoyée au Congo en août 1997 afin d'examiner les allégations concernant des massacres, surtout à l'encontre des réfugiés rwandais, mais avait ensuite dû se retirer en avril 1998, n'ayant pas été autorisée à poursuivre sa mission. Elle cite des témoignages de massacres de centaines de réfugiés et conclut que tous les bélligérants ont commis des violations des droits de l'homme, et que certaines tueries perpétrées par l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (qui a pris le pouvoir en mai 1997) et ses alliés, y compris des éléments de l'armée rwandaise, constituent des crimes contre l'humanité. Les gouvernements du Congo et du Rwanda ont exprimé leurs sérieuses réserves à propos de la crédibilité du rapport.
En présentant le rapport, M. Annan a souligné le "cycle vicieux des violations des droits de l'homme et de la revanche, alimentées par l'impunité" dans toute la région des Grands Lacs. "Ce cycle," a-t-il affirmé, "doit être terminé afin d'instaurer la stabilité et une paix durable dans la région."
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L'épidémie du VIH/SIDA continue d'avoir des conséquences dévastatrices en Afrique; 21 millions d'adultes et d'enfants sont atteints, soit près de 70 % des 30,6 millions de personnes estimées être séropositives dans le monde, selon un rapport émis par le Programme commun des Nations Unies sur le SIDA (ONUSIDA) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les dix pays ayant les plus forts taux d'infection par le VIH chez les gens âgés de 15 à 49 ans sont tous situés en Afrique subsaharienne, avec des chiffres stupéfiants pour le Zimbabwe (25,8 %) et le Botswana (25,1 %), selon le rapport présenté à la 12e conférence mondiale sur le SIDA qui s'est tenue à Genève du 28 juin au 5 juillet 1998.
Toutefois, l'on a signalé les progrès réalisés par deux pays africains -- l'Ouganda et le Sénégal -- dont les programmes anti-SIDA ont réussi à faire baisser les taux d'infection par le VIH. Les jeunes Ougandais et Sénégalais sont bien moins exposés à l'infection par le VIH que ceux des autres pays subsahariens. Les experts attribuent cet état de fait à la campagne active lancée par les deux gouvernements en faveur d'un "comportement sexuel sans risque."
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La population de l'Afrique subsaharienne a doublé en tout juste 25 ans et doublerait encore en l'espace de trois décennies à peine, à partir de son niveau actuel -- 620 millions, selon une étude réalisée par Population Action International (PAI), une organisation non gouvernementale basée à Washington. Le rapport, Africa's Population Challenge : accelerating progress in reproductive health, présente une vue d'ensemble de la population et la situation de la santé génésique.
Tout en reconnaissant les progrès réalisés par certains pays comme le Botswana, le Kenya et le Zimbabwe -- où les services liés à la planification familiale touchent actuellement plus de 40 % des femmes mariées en âge de procréer -- le rapport met clairement en exergue des défis qui demeurent plus onéreux en Afrique que dans toute autre région. Par exemple, bien que les Africaines ne représentent que 10 % des femmes de la planète, elles comptent pour 40 % des décès mondiaux liés à la grossesse.
Répondre au défi que posent une santé génésique inadéquate et une croissance rapide de la population en Afrique nécessite une forte augmenation du financement, constate le rapport. Il suggère que les donateurs doublent au moins leurs contributions d'ici l'an 2000 à partir de leur niveau actuel, de l'ordre de 500 milliards de dollars/an, afin que les pays africains parviennent à assurer l'accès universel aux services de base de santé génésique d'ici 2015.