La CEA élargit son partenariat

La priorité actuelle, indique Mme Lalla Ben Barka, Secrétaire exécutive adjointe de la Commission economique pour l'Afrique (CEA), consiste à veiller à la mise en uvre des résultats de la conférence de la CEA (28 avril-1er mai) aux niveaux local, national et sous-régional. C'est pourquoi la CEA "approfondit" ses liens avec ses partenaires institutionnels, avec les organisations non gouvernementales (ONG) et les autres acteurs de la société civile. C'est également la raison pour laquelle "la conférence n'était pas 'réservée aux femmes' mais s'adressait à nous tous pour nous permettre de réfléchir ensemble aux questions sexospécifiques."


Mme Lalla Ben Barka, Secrétaire exécutive adjointe de la CEA

Photo : Libya Mullugetta


La CEA prend "très au sérieux" la question de l'égalité des sexes. Cet engagement se reflète dans le fait qu'elle soit devenue la première femme nommée Secrétaire exécutive adjointe de la CEA (en 40 ans d'existence de la commission) et que trois sur cinq de ses départements d'importance aient des femmes à leur direction. Mme Ben Barka ajoute que ces nominations indiquent que le Secrétaire exécutif de la CEA, K.Y. Amoako, reconnaît que toute institution engagée dans le développement de l'Afrique doit faire des progrès en matière de sexospécificité.

Mme Ben Barka, qui est originaire du Mali, a reçu le prix d'alphabétisation de l'UNESCO et a un doctorat de l'Université de Californie du Sud. Elle a également beaucoup travaillé en Afrique de l'Ouest sur les questions d'éducation et de sexospécificité, notamment avec des ONG et des agences de l'ONU. Elle a passé une quinzaine d'années à travailler avec les femmes des villages pour les alphabétiser et trouver des moyens d'améliorer leur condition.

Elle soutient que les stratégies de développement tendent à être dépourvues de l'élément crucial que représente la durabilité parce qu'on n'a pas suffisamment étudié ce qui convient le mieux dans la pratique. "En tant que femmes nous ferions du très bon travail si nous évaluions nos concepts, nos perceptions, nos stratégies, notre action, et si nous les documentions, passions à la théorie et utilisions cette dernière sur le terrain." Elle estime que les "femmes possédant un diplôme" devraient s'attacher davantage à ces domaines-là.

Au cours de la conférence, Mme Ben Barka a présidé une réunion qui avait pour but de lancer des ouvrages publiés par le Centre africain pour la femme (CAF) de la CEA. Parmi ces ouvrages se trouvait un Compendium of Good Practices (Répertoire des bons usages) qui, a-t-elle rappelé, a suscité des critiques parce que les deux tiers des études de cas sont le fait de la Banque mondiale. Les auteurs des critiques ont argumenté qu'ils avaient leurs propres expériences au niveau de la communauté. "Cela me convenait tout à fait, a dit Mme Ben Barka, mais j'ai demandé combien d'entre ces personnes prenaient le temps de documenter leur travail auprès des femmes au niveau de la communauté ?" Elle a souligné que le CAF avait demandé à des groupes de femmes d'envoyer des articles de deux pages et demie pour les inclure dans le Compendium et qu'il n'en avait pas reçu en nombre suffisant.

Elle sait qu'on accomplit du bon travail, mais souligne que ce travail doit être documenté pour être correctement partagé, étudié, discuté et amélioré. Elle a indiqué qu'elle ne faisait pas de comparaison entre la Banque mondiale, les ONG et les militants au détriment de ces derniers, mais qu'elle leur indiquait le défi à relever car "nous avons besoin que les femmes réfléchissent davantage à des stratégies qui permettront leur promotion." Par ses publications, a-t-elle ajouté, le CAF essaie avant tout de partager de plus en plus d'informations. Ensuite, il y aura davantage de personnes qui réaliseront des analyses approfondies et critiques. Mais ce n'est pas facile."

 

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