
"Il n'est pas toujours aisé de procéder à une coordination, et une coordination efficace, au sein du système des Nations Unies, et entre le système des Nations Unies et les institutions de Bretton Woods", indique M. Callisto Madavo, un des deux Vice-Présidents de la Banque mondiale en charge de l'Afrique. Voici une première leçon après deux ans d'existence de l'Initiative spéciale. La deuxième est la "difficulté permanente qui est la nôtre de trouver les moyens d'une coordination efficace au niveau national, où les choses se passent". M. Madavo a déclaré à Afrique Relance, fin février, qu'il "n'y avait pas conflit" entre les opérations de prêts de la Banque et l'Initiative. Il indique : "Nous pouvons en fait aligner les prêts que nous consentons de manière à soutenir les objectifs fondamentaux de l'Initiative".

Photo : Banque mondiale
L'Ethiopie, dit-il, est un bon exemple de travail de la Banque en collaboration avec d'autres donateurs pour trouver le financement de programmes d'investissement sectoriel dans l'éducation et la santé. "Ce n'est pas qu'une question d'argent", ajoute-t-il. "C'est aussi une question de travail en amont avec les pays dans le but de réformer leurs politiques, de préparer des programmes". En ce qui concerne le "caractère africain" de l'Initiative, M. Madavo dit qu'"il n'est pas aussi solide qu'il devrait l'être". Lorsque l'Initiative était en voie d'élaboration, ajoute-t-il, "nous n'avons pas suivi l'approche participative qui aurait dû s'instaurer. Nous n'avons pas parlé aux Africains... Les Africains auraient pu apporter leurs propres points de vue, leurs propres idées, et donc éprouver un sentiment d'appartenance". Il indique : "Nous devons accomplir un meilleur travail de communication, nous tourner vers l'Afrique et les pays africains, leur tendre la main et les écouter, parler de l'Initiative. Même à une heure aussi tardive, nous devrions cultiver et développer cette appartenance". Il veut qu'adhèrent à l'Initiative autant de pays subsahariens "qui sont prêts à y participer", mais trouve "très difficile" de dire combien de pays seront couverts au cours de ce laps de 10 ans. Il se sent "très encouragé" par les progrès de pays comme l'Ethiopie, la Zambie, la Mozambique et l'Ouganda, ainsi que par le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali et la Mauritanie.
S'agissant de la question épineuse de la mobilisation des ressources, M. Madavo trouve "assez évident" en cette période précoce que, "dans le cas des pays qui ont des programmes solides", il n'y ait "pas eu de difficulté à obtenir les fonds destinés à les soutenir". Il n'est pas en mesure de donner un chiffre sur les ressources qui ont été obtenues à ce jour et souligne que la de fonds est liée à des programmes spécifiques aux pays, comme ceci est le cas de l'Ethiopie et du Zimbabwe. Mais la Banque est convaincue que pour un programme solide, elle trouvera l'argent. Il souligne toutefois que la mobilisation de fonds externes n'est qu'une "faible partie" de l'argent utilisé. "Par conséquent, dans la mesure oû l'Initiative encourage la préparation de programmes solides, elle améliore non seulement l'efficacité des ressources mobilisées sur le plan externe, mais également de celles qui sont mobilisées à l'intérieur des pays".
Selon M. Madavo, l'Initiative facilite également la mobilisation des ressources et en cite un des objectifs originaux, qui est "de maintenir le développement de l'Afrique comme une priorité de l'ordre du jour mondial". Le résultat, déclare-t-il, est le "formidable intérêt" pour l'Afrique que l'on constate actuellement au sein du Groupe des Sept ou des Huit ainsi que dans le secteur privé. Il affirme : "ceci devrait nous permettre de nous procurer les ressources requises bien plus facilement". Pour améliorer l'efficacité de l'Initiative spéciale, M. Madavo soutient fermement la proposition faite lors de la retraite des participants à l'Initiative au début de février de concentrer les efforts sur cinq secteurs fondamentaux : l'éducation, la santé, la technologie de l'information, la gouvernance et les questions démographiques et sexospécifiques. "Si nous voulons que cette Initiative ait un impact, nous devons nous concentrer là oû nous progressons, ou quelque chose se passe". Mais tout de même, fait-il remarquer, ce recentrage n'est pas exclusif, et il ajoute que des efforts continus sont requis dans les autres composantes de l'Initiative.
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