
Déclarant que les Etats-Unis entamaient un "nouveau chapitre" dans leurs relations avec le continent, la Secrétaire d'Etat Madeleine Albright a visité en décembre sept pays d'Afrique pour apporter la preuve de l'appui des Etats-Unis aux changements économiques et politiques positifs qui gagnent actuellement le continent. "L'Afrique compte" pour Washington et pour les Américains, a-t-elle déclaré au cours d'un important discours politique prononcé devant la Commission économique pour l'Afrique de l'ONU à Addis-Abeba (Ethiopie) -- première étape d'un voyage qui l'a également conduite en Ouganda, au Rwanda, en république démocratique du Congo, en Angola, au Zimbabwe et en Afrique du Sud.
Le but du voyage de Mme Albright -- son premier voyage sur le continent en tant que Secrétaire d'Etat -- était de préparer le terrain pour la visite du président Bill Clinton, prévue pour mars. Le président Clinton fera un voyage officiel en Afrique du Sud et se rendra vraisemblablement également au Ghana, en Ouganda, au Sénégal et au Botswana.
Tout en faisant l'éloge des "meilleurs nouveaux dirigeants" africains pour leur oeuvre en faveur de l'édification de sociétés démocratiques et pour les progrès qu'ils ont accomplis dans le sens d'une réforme de leurs économies, la Secrétaire d'Etat a admis que les Etats Unis et la communauté internationale devaient "faire des progrès" afin de traiter les Africains en "vrais partenaires" et laisser de côté le "paternalisme du passé."
La clef de voûte de la nouvelle politique du gouvernement Clinton vis-à-vis de l'Afrique est sa loi destinée à favoriser la croissance de l'Afrique et les débouchés dont elle dispose -- il s'agit d'une loi sur le commerce actuellement à l'étude au Congrès qui, selon Mme Albright, aidera les pays qui entreprennent des réformes économiques à trouver des capitaux leur permettant d'exploiter leurs industries et des marchés pour la vente de leurs produits. Un fonds de placement d'un montant de 150 millions de dollars destiné à l'Afrique subsaharienne a également été établi par la Société d'investissements privés à l'étranger (OPIC).
Au cours de son voyage, la Secrétaire d'Etat a également annoncé une Initiative d'un montant de 30 millions de dollars en faveur de la Justice dans la région des Grands Lacs destinée à l'élaboration de systèmes judiciaires "impartiaux, crédibles et efficaces" dans la région d'Afrique centrale et le versement de 10 millions de dollars dans un fonds d'affectation spéciale de la Banque mondiale qui sera créé pour financer les projets de reconstruction que la République démocratique du Congo estime prioritaires.
Illustrant le "nouveau dialogue" qu'elle a déclaré être venue amorcer avec l'Afrique, Mme Albright a exprimé ses regrets pour le soutien que les Etats-Unis ont apporté dans le passé à des dictateurs corrompus tels que feu Mobutu Sese Seko au Zaïre, et pour l'inaction du gouvernement américain lors de crises importantes en Afrique telles que le génocide rwandais. "Je suis venue pour écouter," a dit Mme Albright à la fin de sa visite, "et j'ai écouté."
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Le ministre des Affaires étrangères de la Tanzanie Jakaya M. Kikwete (à gauche) a remis le marteau de président au ministre des Affaires étrangères de l'Indonésie Ali Alatas le 12 janvier à New York. En sa qualité de Représentant permanent de l'Indonésie auprès des Nations Unies, M. l'ambassadeur Makarim Wibisono occupera la fonction de président du Groupe des pays en développement en 1998.
photo : ONU / E.Schneider
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Lorsqu'il a été nommé nouveau directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), M. Carlos Alfredo Magarinos a déclaré le 5 décembre dans son discours inaugural que "l'Afrique continuera d'être en tête des priorités de l'ONUDI." Il a dit aux délégués qui assistaient à la Conférence générale de l'ONUDI à Vienne qu'il serait attentivement à l'écoute des pays d'Afrique et de leurs besoins, dans le but d'améliorer la performance de l'organisation sur le continent en y augmentant le nombre de services et de programmes.
Selon les chiffres dont dispose l'ONUDI, la croissance industrielle en Afrique, mesurée en tant que valeur ajoutée à la fabrication, a fait un bond ces dernières années. Partant d'un déclin effectif en 1994, elle a augmenté de près de 2 % en 1995 et de 4,6 % en 1996. En Afrique du Nord, la valeur ajoutée à la fabrication a augmenté de 2,4 % en 1994, de près de 4 % en 1995 et d'environ 5 % en 1996. Toutefois, en tant que part du produit intérieur brut (PIB), la fabrication a stagné et même décru légèrement au cours des 25 dernières années, passant de 11 % du PIB de l'Afrique en 1970 à moins de 10 % en 1995.
Dans une déclaration commune faite le 20 novembre 1997, Journée de l'industrialisation en Afrique, le Directeur général de l'ONUDI alors en poste, Mauricio de Maria y Campos, le Secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine, Salim Ahmed Salim et le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique de l'ONU, K.Y. Amoako ont fait valoir que les échecs antérieurs de politique, la médiocrité des qualifications des cadres et de la main-d'oeuvre, et l'insuffisance de l'infrastructure physique avaient constitué des obstacles majeurs à la croissance des entreprises de fabrication en Afrique. Pour que l'industrie progresse, il faut selon eux "redéfinir le rôle du secteur privé en tant que moteur principal de la croissance," et mettre particulièrement l'accent sur l'aide aux petites et moyennes entreprises. L'investissement direct, ont-ils souligné, "est, et doit être, le domaine des gens de la nation."
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Le Conseil d'administration de la Banque mondiale a approuvé un document qui recommande d'intégrer dans ses programmes de prêt des considérations liées au travail des enfants. Selon ce document, les programmes dirigés par la Banque seraient suivis de près pour en déterminer les effets sur le travail des enfants et ces questions seraient abordées dans les discussions de politique avec les pays où le travail nuisible aux enfants constitue un grave problème. Selon les recommandations du document, pour s'assurer que les projets de la Banque ne contribuent pas à cette pratique, ses accords de prêt comprendraient des "garanties approppriées" .
Bien qu'à l'échelle internationale l'âge minimum recommandé pour le travail soit de 15 ans, selon les estimations de l'Organisation internationale du travail, plus de 73 millions d'enfants âgés de 10 à 14 ans ont eu une activité économique en 1995, ce qui représente 13,2 % du total des enfants dans le monde faisant partie de ce groupe d'âge. C'est en Asie que leur nombre est le plus élevé (44,6 millions), soit 13 % dans la région. L'Afrique suivait avec 23,6 millions, mais le pourcentage était de loin le plus élevé, avec 26,3 %, alors que l'Amérique latine arrivait en troisième place, avec 5,1 millions et un pourcentage de 9,8.
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A l'issue d'une réunion qui s'est tenue du 1er au 2 novembre à Maputo (Mozambique), la Coalition mondiale pour l'Afrique (CMA) a conclu que les dirigeants africains devraient engager une offensive concertée de lutte contre la corruption dans tous les domaines d'activité gouvernementale, de transactions financières et d'achats internationaux. La CMA , cadre informel d'un dialogue entre dirigeants africains et donateurs a également exhorté la communauté internationale à criminaliser la corruption liée aux transactions commerciales internationales.
Plusieurs semaines après, en date du 17 décembre, les 34 Etats membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont signé une convention tendant à faire de la corruption de fonctionnaires publics étrangers un crime. Cette convention qui est le résultat de négociations prolongées au sein de l'OCDE, ne s'applique toutefois pas aux versements faits à des partis politiques étrangers ou à des particuliers. A condition d'être approuvée par les pouvoirs législatifs nationaux, cette convention, qui a force exécutoire, prendra effet d'ici à la fin de 1998.
L'assemblée de la CMA a constaté que bien que la corruption constitue un phénomène universel, son impact en Afrique est particulièrement grave du fait que le montant total de ressources disponibles dans la plupart des pays est relativement modeste. Il existe un lien étroit entre la corruption et la fuite des capitaux et les fonds détournés se retrouvent souvent dans des comptes secrets ouverts dans des pays développés, selon une déclaration des co-présidents de la CMA, le président du Botswana Ketumile Masire, le Président du Mali Alpha Oumar Konaré, le premier ministre de l'Ethiopie Meles Zenawi, le Speaker du Parlement sud-africain Frene Ginwala et le ministre hollandais de la Coopération pour le développement Jan Pronk. Ils ont suggéré qu'il était nécessaire de modifier les lois et les règlements régissant le système bancaire international pour qu'il soit plus facile de retrouver et récupérer les fonds détournés.
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Le Secrétariat de la Commission pour la Coopération en Afrique orientale dont le siège est à Arusha a publié un document de stratégie qui énonce les mesures nécessaires à l'établissement d'un marché unique et d'une zone d'investissements pour l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie. Son Secrétaire exécutif Francis Muthaura qualifie cette publication de "document directif dans le processus de coopération en Afrique orientale." Selon le plan d'exécution, ces trois pays commenceraient par harmoniser leurs codes en matière d'investissement et par faciliter le commerce et les investissements intrarégionaux, pour inaugurer ensuite une Bourse des valeurs pour l'Afrique orientale, et établir, entre autres, une monnaie unique pour la région.
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La Société de développement du Commonwealth (CDC) qui offre une aide aux entreprises commerciales dans quelque 54 pays en développement dans le monde doit annoncer un programme de privatisation la concernant d'ici à la fin 1998 ou au début 1999. Selon le directeur de la CDC au Zimbabwe, M. Christopher Brain, des consultants engagés par le gouvernement britannique et la CDC travaillent actuellement à ce programme dont le but est d'augmenter la base de ses capitaux et d'élargir l'étendue de ses activités. Une privatisation permettrait à la CDC d'emprunter sur les marchés financiers.
Selon M. Brain, le gouvernement britannique vendrait 60 % de la CDC à des investisseurs privés, mais garderait une "part en or" de 40 %. Ceci, a-t-il dit, permettra à la CDC de conserver son "caractère unique et ses objectifs de développement en investisseur éthique et responsable."
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Le Burkina Faso est le deuxième pays d'Afrique à bénéficier d'un accord au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Cet accord dont les derniers détails ont été mis au point début novembre 1997, réduira sa dette extérieure d'environ 115 millions de dollars d'ici à avril 2000. Mais les conditionnalités concernant les réformes et les désaccords liés au financement ont ralenti les progrès pour ce qui est de la Côte d'Ivoire et du Mozambique.
De 250 % prévus pour l'an 2000, le ratio dette/exportations du Burkina doit passer à 205 %. Sa dette nominale dépassait 1,2 milliard de dollars à la fin de 1996, et l'allégement nominal de sa dette s'élèvera à quelque 200 millions. En valeur actuelle nette, la dette du Burkina s'élève à 680 millions de dollars tandis que ses recettes d'exportation ont atteint 285 millions de dollars en moyenne entre 1994 et 1996.
Le gouvernement a préféré les recommandations du FMI à une alternative offrant une date plus proche (septembre 1999) pour une réduction effective de la dette. Mais cette dernière -- soutenue par la Banque mondiale -- fixait un objectif supérieur pour le ratio dette/exportations (210 %), qui se traduisait par un allégement inférieur (109 millions de dollars).
Lorsque l'Initiative PPTE a été lancée en 1996, on n'était pas sûr que le Burkina remplirait les conditions requises : selon la première estimation du FMI concernant les 41 PPTE, la dette du Burkina entrait dans la catégorie des dettes "viables." Le ratio de 250 % prévu pour le Burkina se situait à la limite des paramètres employés par le FMI et la Banque mondiale pour déterminer une dette viable -- que l'on définissait alors comme un ratio dette/exportations en valeur actuelle nette de 200 à 250 % ou moins, ou comme un ratio du service de la dette de 20 à 25 % ou moins. Mais le Burkina a fini par se qualifier du fait de sa vulnérabilité face aux fluctuations de prix des matières premières et autres chocs externes. Une fois que les créanciers eurent accepté le principe de ce cas, ils ont discuté de l'objectif à fixer pour le ratio dette/exportations. Certains étaient en faveur de 225 %, mais la victoire est allée à ceux qui préféraient un ratio de 205 à 210 %.
Par ailleurs, la Côte d'Ivoire et le Mozambique devaient signer les prochains accords PPTE avant avril. En ce moment, la Côte d'Ivoire attend de conclure une facilité d'ajustement structurel renforcée avec le FMI -- condition préalable à un accord PPTE -- avant une mise au point des derniers détails concernant un accord sur sa dette.
Pour le Mozambique, l'affaire s'est avérée plus compliquée, principalement du fait que le montant de réduction de la dette dont le pays a besoin dépasse le plafond de ce que certains créanciers étaient disposés à payer. Pour que le pays parvienne à un ratio de solvabilité tolérable de 200 % en 1999, il faudrait que ses créanciers lui offrent un allégement de 1479 millions de dollars en valeur actuelle nette . Si l'on s'en tient aux dispositions actuelles concernant le partage des charges selon lesquelles chaque créancier agit en fonction de la somme qui lui est dueil faudrait que les créanciers multilatéraux fournissent 533 millions de dollars et les créanciers bilatéraux 946 millions.
Mais les créanciers bilatéraux ont tout d'abord soutenu que cette somme dépasserait le plafond de 80 % fixé par le Club de Paris pour la réduction de la dette bilatérale remplissant les conditions requises. Toutefois, sur l'instance du FMI et de la Banque mondiale, le Club de Paris a tacitement accepté le 21 janvier de dépasser ce plafond. Il a ainsi promis les 80 % stipulés dans l'accord PPTE, plus 170 millions de dollars d'aide étrangère. Ce qui laisse encore environ 100 millions de dollars et le Club de Paris veut que les créanciers multilatéraux les paient.