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Par Frehiwot Bekele Dans ses mémoires, le Président Yoweri Museveni fait un récit coloré de sa vie, de son enfance jusqu’aux élections présidentielles de 1996, mettant l’accent sur les vingt-cinq années tumultueuses avant sa prise de pouvoir en 1986.
Nous le voyons grandir à la fin des années 40. Ce fils aîné d’une famille d’éleveurs nomades du sud-ouest de l’Ouganda, fréquente l’école élémentaire de la ville de Mbarara. Son plus grand défi alors, est de lutter contre la faim, l’administration de l’école ne semblant pas apprécier les besoins des enfants dont elle a la charge. Nous suivons sa progression jusqu’au lycée et son éveil à la politique. C’est là qu’il rencontrera les amis avec qui il lancera plus tard un mouvement destiné à changer l’ordre politique en Ouganda. Lors de ses études à l’Université de Dar-es-Salaam en Tanzanie, à la fin des années 1960, il fonde et préside un groupe d’étudiants pan-africanistes et fait la rencontre des personnalités phares de la littérature et de l’activisme politique comme Walter Rodney, Samora Machel et Julius Nyerere. En 1970, son diplôme en poche, il devient assistant de recherche au cabinet du Président Milton Obote, fonction qu’il conservera jusqu’à l’arrivée au pouvoir d’Idi Amin Dada en 1971.
Le récit nous conduit très vite à la carrière politique de M. Museveni et au rôle central qu’il joua dans la lutte contre le régime du Président Idi Amin Dada (1971-1979) et, par la suite, à la campagne de guerilla menée sous son commandement (1981-1985) pour évincer le second régime Obote qui, précise-t-il, avait usurpé le pouvoir en truquant les élections de 1980. Dans la chronique d’événements marquants, se succèdent l’invasion de la Tanzanie par le Président Idi Amin en 1978 et la contre-attaque de la Tanzanie, la chute de Kampala aux mains des forces tanzaniennes en 1979, la création du Mouvement national de résistance (MNR) par M. Museveni en 1981 et la lutte armée qui s’ensuit, et la brève présidence de Tito Okello.
Bien que ce livre fasse l’analyse des réalités politiques de l’Ouganda, pendant et après la période coloniale et regorge de descriptions de stratégies militaires et d’énumérations des conditions pour gagner une campagne de guerilla, il n’est pas dépourvu d’humour malgré son ton direct et son approche terre à terre. Il abonde de descriptions de fiascos militaires comiques, de désastres évités in extremis et de fausses alarmes. Les passages sur sa petite enfance où il explique en détail comment il devina par déduction l’année de sa naissance, sa relation avec sa grand-mère, l’expérience de ses parents avec le christianisme et le regard affectueux que porte son peuple sur ses troupeaux, sont également pleins de charme et de chaleur humaine.
Le livre se termine sur un récit des élections présidentielles de 1996, un exposé sur le multipartisme en Afrique, les conditions requises pour le développement économique de l’Ouganda et pour l’intégration économique du continent. Il décrit également en détail les défis que dut relever le NRM en prenant le pouvoir en 1986. Les infrastructures étaient dans un état total d’effondrement et le pays manquait sérieusement de biens de consommation de base. Le taux de croissance économique ne dépassait pas les 2 %; l’inflation oscillait autour de 240 %, et le trou dans les réserves de devises se montait à 254 millions de dollars.
L’adoption d’une politique basée sur l’économie de marché et de mesures macroéconomiques telles que la libération des prix et la stabilisation des taux de change et d’intérêt, indique M. Museveni, a permis d’atteindre un taux de croissance de 10 % en 1995 et de réduire l’inflation à 5 %. Toutefois, M. Museveni reconnaît que la pauvreté dans les zones rurales et les insurrections au nord et nord-est du pays (voir ci-dessous) demeurent des défis à relever.
Dans le dernier chapitre, M. Museveni se livre à une réflexion sur le pouvoir politique dans un pays en développement, qu’il voit comme un sacrifice personnel sans fin. Après avoir lu ce récit, on ne peut qu’être tenté de partager ses vues. |
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