La CEA fait le lien entre sécurité alimentaire, population et environnement
Pour combattre plus efficacement la faim, les gouvernements africains, les organismes donateurs et les autres agents du développement doivent mieux comprendre comment la sécurité alimentaire est liée à la croissance démographique et à l’environnement, déclare Mme Paulina Makinwa-Adebusoye, Chef de la nouvelle Division de la sécurité alimentaire et du développement durable, de la Commission économique pour l’Afrique (CEA). La CEA estime que les efforts ont été dans le passé trop étroitement axés sur chaque secteur considéré à part, et qu’il convient de voir dans ces trois domaines les éléments d’un “complexe” intégré.
Durant les 15 dernières années, de nombreux pays africains étaient “soucieux d’éliminer les politiques inappropriées, ce qui impliquait la levée des contrôles frappant le marché interne, une meilleure gestion des systèmes de vulgarisation et de crédit, enfin la restructuration et la réorientation des institutions et infrastructures agricoles”, déclare Mme Makinwa-Adebusoye. Bien que ces initiatives aient débouché sur “une performance de qualité ici et là”, la production agricole par habitant a diminué en Afrique de 23 % au cours du dernier quart de siècle. “Avec les niveaux de production traditionnelle caractérisés par une faible utilisation d’intrants agricoles”, souligne-t-elle, “de nombreux pays africains ont maintenant du mal à nourrir leurs populations toujours plus nombreuses”. Si la culture itinérante, les longues périodes de jachère et le pastoralisme saisonnier étaient appropriés quand la population augmentait lentement, que les terres étaient abondantes, le capital et les connaissances techniques limitées, ces méthodes “ne conviennent plus”.
La CEA comptait auparavant des divisions distinctes chargées de l’agriculture, de la population et des ressources naturelles. Mais à la suite de débats de large portée avec d’autres organismes des Nations Unies, des experts gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et le secteur privé, la CEA a décidé de rassembler dans une seule division le personnel affecté à ces trois anciennes divisions. Cette réforme a été approuvée lors d’une réunion des ministres africains chargés du développement économique et social et de la planification, tenue en mai 1996 à Addis-Abeba, siège de la CEA. Mme Makinwa-Adebusoye, titulaire d’un doctorat (Ph.D.) de l’Université d’Harvard en sciences de la population, et qui a par ailleurs une expérience considérable dans les domaines de la sécurité alimentaire et de l’environnement, a été chargée d’assumer la direction de la nouvelle Division.
Mme Makinwa-Adebusoye déclare que la Division “concentre ses énergies sur la collecte et la diffusion de l’information, sur l’identification des meilleures pratiques dans les domaines de la sécurité alimentaire et du développement durable dans le cadre de certaines initiatives prises en Afrique, ainsi que sur la campagne en faveur d’une politique saine menée auprès des Etats membres de la Commission. L’objectif est de faciliter “trois transitions essentielles en Afrique : la transition à un mode d’utilisation des sols plus efficace et plus durable; la transition démographique; et la transition à la protection de l’environnement”. Elle ajoute qu’“il sera capital d’agir dans un esprit de partenariat et de collaboration avec toutes les parties intéressées à ces transitions et que la constitution de réseaux sera encouragée, l’accent portant sur le renforcement des capacités”. |