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Selon la CNUCED, l’agriculture doit être la priorité des PMA

Selon le Rapport sur les pays les moins avancés, 1997 de la CNUCED, l’accélération de la croissance économique des PMA dépendra avant tout de l’adoption de mesures plus énergiques visant à promouvoir le développement agricole. Sur les 48 pays classés comme PMA dans le monde entier, 33 se trouvent en Afrique.

“L’agriculture est le secteur le plus important de l’économie des PMA”, souligne M. Rubens Ricupero, Secrétaire général de la CNUCED. “Le développement du secteur agricole offre à la plupart des PMA leurs meilleures chances d’accroître les taux de croissance du PIB, ainsi que de développer et diversifier leurs exportations. Il peut aussi donner un essor décisif au secteur naissant des produits manufacturés, en élargissant le marché intérieur des biens de consommation et en fournissant des matériaux bruts aux industries de transformation”.

Le rapport note que l’Afrique a sensiblement progressé depuis 1991 dans la réforme de ses mécanismes de fixation des prix agricoles, mais cette réforme ne suffit pas en elle-même à atteindre des taux élevés et durables de croissance de la production agricole. Si le secteur privé peut être en mesure de jouer un rôle clé dans la commercialisation et le crédit, ajoute le rapport, “les gouvernements doivent donner l’impulsion” dans d’autres domaines.

Pour la deuxième année consécutive, selon les évaluations de la CNUCED, les PMA africains ont enregistré un taux relativement élevé de croissance du PIB, qui a été en moyenne de 4,6 % en 1996, c’est-à-dire moins que le taux de 5,4 % en 1995, mais encore bien au-dessus de la moyenne de 2,9 % de la période 1990-1994. Au nombre des facteurs qui expliquent le taux élevé de croissance enregistré en 1996, selon le rapport, il fallait compter “l’impact positif des réformes économiques, la dévaluation du franc CFA en 1994 et des conditions climatiques plus favorables à l’agriculture, surtout en Afrique orientale et australe”.

Transport des engrais au Nigéria : l’élimination des subventions a conduit à une baisse de leur emploi dans toute l’Afrique.

La lutte contre la pauvreté en zone rurale

L’insécurité alimentaire chronique et la pauvreté sont “pratiquement une seule et même chose”, selon la Banque mondiale. Une forte croissance rurale est “manifestement la clef d’une augmentation des revenus ruraux”, poursuit la Banque, ajoutant “qu’une reprise de la croissance du secteur agricole doit constituer une priorité absolue pour toute stratégie de réduction de la pauvreté en Afrique”.
Notant que l’agriculture emploie jusqu’à 70 % de la population active, la Banque précise qu’une croissance du secteur agricole nécessitant une main-d’oeuvre importante est un atout crucial. “Les femmes”, poursuit-elle, “sont particulièrement exposées à la pauvreté”. La Banque recommande des mesures spécifiques destinées à faciliter une hausse du revenu des femmes, dont un accès accru à la terre, au crédit et aux technologies propres à améliorer leur productivité.

Demandant aux institutions et pays donateurs de fournir un appui suffisant, la Banque invite les gouvernements africains à prendre l’initiative en favorisant l’amélioration de la productivité agricole par divers moyens (octroi plus généreux du crédit et meilleurs services de vulgarisation, amélioration de l’infrastructure routière et commerciale, et recherche appliquée).

La CEA fait le lien entre sécurité alimentaire,
population et environnement

Pour combattre plus efficacement la faim, les gouvernements africains, les organismes donateurs et les autres agents du développement doivent mieux comprendre comment la sécurité alimentaire est liée à la croissance démographique et à l’environnement, déclare Mme Paulina Makinwa-Adebusoye, Chef de la nouvelle Division de la sécurité alimentaire et du développement durable, de la Commission économique pour l’Afrique (CEA). La CEA estime que les efforts ont été dans le passé trop étroitement axés sur chaque secteur considéré à part, et qu’il convient de voir dans ces trois domaines les éléments d’un “complexe” intégré.

Durant les 15 dernières années, de nombreux pays africains étaient “soucieux d’éliminer les politiques inappropriées, ce qui impliquait la levée des contrôles frappant le marché interne, une meilleure gestion des systèmes de vulgarisation et de crédit, enfin la restructuration et la réorientation des institutions et infrastructures agricoles”, déclare Mme Makinwa-Adebusoye. Bien que ces initiatives aient débouché sur “une performance de qualité ici et là”, la production agricole par habitant a diminué en Afrique de 23 % au cours du dernier quart de siècle. “Avec les niveaux de production traditionnelle caractérisés par une faible utilisation d’intrants agricoles”, souligne-t-elle, “de nombreux pays africains ont maintenant du mal à nourrir leurs populations toujours plus nombreuses”. Si la culture itinérante, les longues périodes de jachère et le pastoralisme saisonnier étaient appropriés quand la population augmentait lentement, que les terres étaient abondantes, le capital et les connaissances techniques limitées, ces méthodes “ne conviennent plus”.

La CEA comptait auparavant des divisions distinctes chargées de l’agriculture, de la population et des ressources naturelles. Mais à la suite de débats de large portée avec d’autres organismes des Nations Unies, des experts gouvernementaux, des organisations non gouvernementales et le secteur privé, la CEA a décidé de rassembler dans une seule division le personnel affecté à ces trois anciennes divisions. Cette réforme a été approuvée lors d’une réunion des ministres africains chargés du développement économique et social et de la planification, tenue en mai 1996 à Addis-Abeba, siège de la CEA. Mme Makinwa-Adebusoye, titulaire d’un doctorat (Ph.D.) de l’Université d’Harvard en sciences de la population, et qui a par ailleurs une expérience considérable dans les domaines de la sécurité alimentaire et de l’environnement, a été chargée d’assumer la direction de la nouvelle Division.

Mme Makinwa-Adebusoye déclare que la Division “concentre ses énergies sur la collecte et la diffusion de l’information, sur l’identification des meilleures pratiques dans les domaines de la sécurité alimentaire et du développement durable dans le cadre de certaines initiatives prises en Afrique, ainsi que sur la campagne en faveur d’une politique saine menée auprès des Etats membres de la Commission. L’objectif est de faciliter “trois transitions essentielles en Afrique : la transition à un mode d’utilisation des sols plus efficace et plus durable; la transition démographique; et la transition à la protection de l’environnement”. Elle ajoute qu’“il sera capital d’agir dans un esprit de partenariat et de collaboration avec toutes les parties intéressées à ces transitions et que la constitution de réseaux sera encouragée, l’accent portant sur le renforcement des capacités”.

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