
Le taux de fécondité de l'Afrique est passé de 6,34 entre 1980 et 1985 à 5,71 entre 1990 et 1995 et devrait atteindre 5,31 entre 1995 et 2000, selon la Division de la population de l'ONU. La population du continent -- 758,4 millions d'habitants au milieu de l'année 1997 -- devrait croître au taux annuel moyen de 2,61 % pendant la période 1995-2000 et atteindre le chiffre de 1,05 milliard d'habitants en 2010. Le taux d'accroissement actuel est moins élevé que les 2,66 % prévus en 1994, car comme dans d'autres régions du monde, les taux de fécondité ont diminué plus vite que prévu, à en croire l'Etat de la population mondiale, 1997, publié par le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP). Une autre raison à cet état de fait est le taux de mortalité plus élevé que prévu dû aux guerres et à l'épidémie de sida qui a notamment fait augmenter les taux de mortalité de plus d'un tiers au Kenya, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe.
Soulignant l'importance de l'accès de toutes les populations, en particulier des femmes, à des services adéquats de santé génésique, le rapport cite les problèmes que cause à l'Afrique l'absence de tels services :
Le rapport se déclare préoccupé de constater que le niveau de financement des services et programmes de santé génésique, convenu lors de la Conférence internationale sur la population et le développement en 1994, ne sera peut-être pas atteint. Les prévisions les plus optimistes du FNUAP laissent penser que les pays en développement atteindront leur objectif de 11,3 milliards de dollars en l'an 2000 mais que les donateurs ne fourniront que 3,6 milliards, somme bien inférieure aux 5,7 milliards prévus.
Depuis septembre 1996, date à laquelle il a été réactivé après avoir cessé ses activités pendant deux ans et demi, le Fonds africain de développement, l'entité de la Banque africaine de développement (BAD) qui accorde des prêts à des conditions de faveur, a alloué 540 millions de dollars à des projets répartis dans 24 pays d'Afrique. Le Président de la BAD, Omar Kabbaj, a indiqué lors de la réunion annuelle du groupe de la Banque à Abidjan (Côte d'Ivoire) le 28 mai qu'au cours de l'année écoulée, la Banque avait également prêté 530 millions de dollars à des conditions non libérales au titre de 15 projets menés dans 10 pays.
Pour la période 1997-1998, a continué M. Kabbaj, le groupe BAD sera en mesure de prêter aux pays membres régionaux un maximum de 2,5 milliards de dollars "dont la moitié environ à des conditions de faveur". Le Conseil d'administration du groupe a également approuvé en particulier une allocation de 320 millions de dollars au cours des prochaines années visant à soutenir l'Initiative pour la réduction de la dette des pays pauvres très endettés.
Comme d'autres organisations multilatérales et régionales, la BAD a subi un processus de restructuration et de réforme et réduit ses dépenses d'administration de 14 % en 1996. Elle fait aussi davantage porter ses activités sur des objectifs prioritaires, tels que la lutte contre la pauvreté, la durabilité sociale et environnementale et la promotion des entreprises privées. Bien que, traditionnellement, la BAD ait surtout apporté son appui financier aux gouvernements africains, elle prévoit d'accroître son aide aux entreprises privées, a indiqué M. Kabbaj lors d'un colloque sur le développement du secteur privé tenu peu avant la réunion annuelle. "Pour atteindre les pauvres", a-t-il dit, "la Banque mettra en place un système de micro-financement qui sera opérationnel en 1997 et dont les ressources seront canalisées en partie par l'entremise des organisations non gouvernementales".
Depuis la fin de la Guerre froide, les dépenses militaires ont diminué partout dans le monde et sont passées de 5,7 % de la production totale en 1983 à 3 % en 1994, selon le rapport sur La situation économique et sociale dans le monde, 1997, publié par l'ONU en juillet. Bien que cette baisse soit principalement imputable aux pays du Nord, les pays en développement, notamment l'Ethiopie, ont aussi enregistré une diminution importante.
Après près de vingt ans de guerre civile et de soulèvements,
le nouveau gouvernement, au pouvoir depuis 1991, s'est engagé à
reconstruire le pays. Il a considérablement réduit les dépenses
militaires. Le rapport note que la réduction des dépenses
de défense a permis à l'Etat de disposer de ressources qu'il
consacre notamment à la remise en état des infrastructures
de base et aux dépenses sociales (voir graphe). Bien que le produit
intérieur brut de l'Ethiopie ait recommencé à croître,
le rapport note qu'"il faudra beaucoup de temps pour établir
de nouvelles relations de travail entre la capitale et la province et entre
les secteurs public et privé et former la population, notamment les
centaines de milliers de soldats démobilisés et de fonctionnaires
dont le nombre a été réduit".
Revenant sur la décision de quitter une Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) qui connaissait de nombreux problèmes, le gouvernement travailliste britannique a annoncé le 3 juillet qu'il resterait finalement membre de l'Organisation. Dans une lettre adressée au Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, Clare Short, ministre britannique du Développement international, a fait l'éloge du "vaste et remarquable programme de réforme" entrepris par l'ONUDI au cours des quatre dernières années. "L'ONUDI s'emploie à mieux définir ses activités et à les faire uniquement porter sur des domaines hautement prioritaires afin de répondre à l'évolution des besoins des pays en développement, notamment d'Afrique", a-t-elle dit.
La contribution annuelle du Royaume-Uni, qui s'élève à 4,7 millions de livres (7,7 millions de dollars), représente environ 7,5 % du budget de l'ONUDI, qui a été gravement touchée par le retrait des Etats-Unis et l'attitude des pays donateurs qui, de manière générale, exigent qu'elle procède à diverses compressions. Depuis 1993, l'ONUDI a déjà réduit son budget annuel de 25 % et ses effectifs de 36 %. Elle a également réorienté ses activités en faveur des pays en développement les plus pauvres, en particulier en Afrique, et axé ses efforts sur le développement du secteur privé, l'environnement, la fourniture de conseils en matière de politiques industrielles et la promotion des investissements.
Le deuxième Forum Asie-Afrique, tenu à Bangkok (Thaïlande) du 11 au 13 juin, a recommandé de renforcer les relations commerciales et les flux d'investissements entre l'Asie et l'Afrique et d'élargir la coopération au secteur privé, aux établissements universitaires et de recherche et aux organisations non gouvernementales. Organisé dans le cadre du processus préparatoire de la deuxième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD II), qui aura lieu en 1998, le Forum était coparrainé par les Gouvernements thaïlandais et japonais, l'ONU, le Programme des Nations Unies pour le développement et la Coalition mondiale pour l'Afrique. Les représentants des pays d'Afrique, d'Asie et des pays donateurs, des instituts de recherche et des organisations internationales participant au Forum ont rédigé un message à l'intention du Sommet de Denver (G-7) l'appelant à renforcer son appui au développement de l'Afrique.
Examinant les progrès réalisés au niveau de la coopération Asie-Afrique depuis la première réunion tenue à Bandung en décembre 1994, le Forum de Bangkok a fait porter ses débats sur le renforcement des capacités, le développement agricole durable et la sécurité alimentaire et le développement du secteur privé. Il a également instamment demandé le développement des systèmes de diffusion de l'information afin de faciliter la coopération entre les pays d'Asie et d'Afrique.
Le Forum a indiqué que les efforts déployés de concert pour promouvoir le secteur privé en Afrique pouvaient porter sur bon nombre de domaines, notamment les infrastructures et les communications, le développement du secteur financier, la formation administrative, professionnelle et technique, la promotion des investissements étrangers et la mise au point d'opérations en association.
Le Forum a en outre mis l'accent sur les vastes possibilités de coopération entre l'Asie et l'Afrique dans le domaine de l'agriculture et de la sécurité alimentaire et recommandé le renforcement des liens entre les instituts de recherche et le transfert par les pays d'Asie de technologies agricoles. L'expérience acquise par les pays d'Asie au niveau de la gestion des ressources en eau, de l'irrigation, des ressources en eau souterraines et des cultures résistant à la sécheresse peut également bénéficier à l'Afrique sous forme de projets de coopération technique. Un troisième Forum Asie-Afrique est prévu après TICAD II.
Le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe seront autorisés à vendre une partie de leurs stocks d'ivoire pour la première fois depuis que des mesures d'interdiction mondiales frappant le commerce de l'ivoire ont pris effet il y a sept ans, et ce, grâce à un accord de compromis conclu en juin lors de la réunion de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES) à Harare (Zimbabwe).
Ces pays, qui se sont vu assigner chacun un contingent de vente d'ivoire au Japon, avaient milité en faveur d'une reprise du commerce de l'ivoire. Leurs troupeaux d'éléphants -- environ 150 000 bêtes au total -- ont augmenté régulièrement grâce à l'efficacité de leurs programmes de protection. Cette croissance avait, selon eux, causé de graves dommages écologiques et détruit dans certaines régions le gagne-pain de ceux qui pratiquent une agriculture de subsistance.
Les opposants ont indiqué qu'un assouplissement des mesures d'interdiction frappant la vente de l'ivoire encouragerait une fois encore le braconnage, en grande partie responsable de la diminution du nombre d'éléphants, qui était passé de 1,3 million en 1979 à 500 000 aujourd'hui. Les mesures d'interdiction mondiale, en faisant chuter la demande d'ivoire, avaient réduit de manière spectaculaire le braconnage des éléphants.
Le compromis avec la CITES permet aux pays d'Afrique australe de vendre presque 60 tonnes de leurs stocks d'ivoire en 21 mois -- ils avaient proposé 150 tonnes -- à condition toutefois que des mesures de contrôle concertées soient mises en place. Cet ivoire est d'origine diverse : il a été confisqué à des braconniers ou provient d'éléphants éliminés de certaines zones surpeuplées, morts de mort naturelle ou abattus parce qu'ils constituaient une menace pour les êtres humains.
Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a annoncé le 14 juillet qu'il allait redoubler d'efforts dans la lutte contre le paludisme, une maladie qui tuait de plus en plus, des enfants surtout. Ses efforts porteront principalement sur les moustiquaires imprégnées d'insecticides. D'après l'UNICEF, les essais effectués au Burkina Faso, en Gambie, au Ghana et au Kenya ont montré que 20 à 25 % des décès d'enfants pourraient être évités si ces derniers dormaient sous des moustiquaires traitées avec un insecticide à base de pyrèthre ne présentant de danger ni pour les êtres humains ni pour l'environnement.
La nouvelle campagne, a noté l'UNICEF, vient compléter l'accord conclu par les chefs d'Etat africains réunis pour le sommet de l'Organisation de l'unité africaine, tenu en juin à Harare, visant à lancer des programmes nationaux de lutte antipaludique à l'échelle du continent. Environ 90 % des 1,5 à 2,7 millions de décès annuels attribués au paludisme sont enregistrés en Afrique subsaharienne.
Il faut, pour que la pauvreté soit éliminée, que les gouvernements de la région de l'Afrique australe adoptent des politiques tenant dûment compte des pauvres dans le domaine notamment de la santé, de l'agriculture, de l'éducation, du logement, des terres et de la sécurité alimentaire, ont déclaré les participants à un forum régional d'organisations non gouvernementales (ONG), d'organisations communautaires et de représentants des médias, tenu à Windhoek (Namibie) du 13 au 15 mai.
Pour s'assurer que ces politiques atteignent leur but, il faut aussi que les gouvernements promeuvent une "véritable participation des masses" à leur formulation et mise en oeuvre.
Le forum, organisé conjointement par les centres d'information des Nations Unies situés en Namibie, en Afrique du Sud et au Zimbabwe, a également mis tout particulièrement l'accent sur le rôle important des médias qui doivent suivre les progrès des initiatives de lutte contre la pauvreté. Les participants au forum ont également estimé que la coopération régionale était essentielle. Le Président de la Namibie, Sam Nujoma, a souligné, lors de la session inaugurale du forum, qu'aucun pays ne pouvait se permettre de "lutter seul contre la pauvreté".