Un continent qui a le vent en poupe ...

Le voyage de 12 jours que le Président des États-Unis Bill Clinton a effectué en Afrique, en mars et avril, est le signe le plus récent du regain d'optimisme et de confiance que la communauté internationale manifeste à l'égard de l'Afrique. Cet optimisme se révèle dans de nombreuses parties du continent lui-même où une nouvelle génération de dirigeants ont pris en main le destin politique et économique de leur pays avec une confiance que l'on n'avait plus observée depuis les années 60 et 70. Le rapport du Secrétaire général évoque "les efforts nouveaux de recherche de la paix et de la prospérité" en Afrique et affirme que "les efforts faits pour sortir des cycles habituels commencent à porter leurs fruits".

Les progrès qui ont été accomplis sur le plan politique en Afrique ont connu un retentissement international mais les extraordinaires progrès économiques qui ont été faits au cours des trois dernières années sont beaucoup moins connus :

  • Entre 1995 et 1997, le PIB a augmenté en moyenne de 4 % par an. Pour mesurer l'importance de cette évolution, il suffit de consulter les taux de croissance antérieurs : 0,4 % pour l'ensemble des années 80 et 0,9 % pour la période de 1990 à 1994. Étant donné que le taux d'accroissement annuel de la population est d'environ 3 %, cela représentait une baisse catastrophique des revenus, à une échelle supérieure à tout ce que l'on avait connu depuis la dépression des années 30.
  • En 1997, 11 pays avaient des taux de croissance économique de 6 % ou plus : l'Angola, le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, le Malawi, le Mozambique, l'Ouganda, le Rwanda et le Tchad. De tels taux de croissance, qui seraient remarquables pour n'importe quelle région du monde, le sont encore plus pour une région économiquement défavorisée.
  • Cette croissance récente se maintient malgré la réduction de l'aide et le lourd fardeau de la dette. L'année dernière, l'Afrique a versé 33 milliards de dollars au titre du remboursement de sa dette, soit 8 milliards de dollars de plus qu'en 1995.

Et, comme le souligne le rapport du Secrétaire général, d'énormes défis politiques, sociaux et économiques restent à relever.



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