
19980528
le 28 mai 1998
Le Conseil de sécurité,
Rappelant la déclaration de son Président en date du 25 septembre 1997
(S/PRST/1997/46),
Ayant examiné le rapport du Secrétaire général en date du 13 avril 1998,
présenté à l'Assemblée générale (A/52/871) et au Conseil de sécurité
(S/1998/318) conformément à la déclaration susmentionnée,
Appuyant sans réserve les efforts engagés par l'Organisation des
Nations Unies en Afrique par le biais de ses activités dans les domaines de la
diplomatie, du maintien de la paix, de l'action humanitaire et du développement
économique, entre autres,
Réaffirmant le principe de l'indépendance politique, de la souveraineté et
de l'intégrité territoriale de tous les États,
Réaffirmant en outre l'obligation qui incombe à tous les États Membres de
régler leurs différends par des moyens pacifiques et soulignant qu'il a la
responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité
internationales, conformément à la Charte des Nations Unies,
Rappelant les dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies,
relatif aux accords régionaux,
Ayant présente à l'esprit la Déclaration du Caire de 1993 (A/48/322,
annexe II), dans laquelle il est dit que l'objectif premier du Mécanisme pour la
prévention, la gestion et le règlement des conflits de l'Organisation de l'unité
africaine (OUA) doit être d'anticiper et de prévenir les conflits,
Reconnaissant que l'adoption du Traité sur une zone exempte d'armes
nucléaires en Afrique (A/50/426), faisant de l'Afrique une zone exempte d'armes
nucléaires, contribue considérablement à la promotion de la paix et de la
sécurité dans la région, ainsi qu'aux efforts déployés à l'échelle mondiale en
faveur de la non-prolifération et du désarmement nucléaires,
Gravement préoccupé par la poursuite des conflits armés sur le continent,
qui menacent la paix dans la région, entraînent des déplacements massifs de
population ainsi que des souffrances et une pauvreté considérables, perpétuent
l'instabilité et absorbent aux dépens du développement à long terme une part des
rares ressources disponibles,
Reconnaissant l'importance de l'action résolue menée par l'Organisation des
Nations Unies, par l'intermédiaire du Bureau du Coordonnateur des affaires
humanitaires, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et
d'autres organismes des Nations Unies, et par les organisations à vocation
humanitaire pour aider les États d'Afrique à faire face aux crises humanitaires
et aux problèmes des réfugiés conformément au droit international, notamment
humanitaire,
Soulignant que la paix et la sécurité internationales et le développement
durable sont étroitement liés,
Notant que les États africains ont considérablement progressé sur la voie
de la démocratisation, de la réforme économique et du respect et de la
protection des droits de l'homme et soulignant qu'il importe de promouvoir la
stabilité politique, la paix et le développement durable,
Soulignant qu'il importe d'encourager la bonne gouvernance, l'État de droit
et le développement durable, facteurs essentiels de la prévention des conflits
en Afrique,
Constatant avec préoccupation que le recours à des mercenaires et la
présence de milices armées continuent de contribuer à l'instabilité en Afrique,
Soulignant que le transfert illicite d'armes, en particulier d'armes
légères et de petit calibre, a des effets déstabilisateurs et demandant
instamment aux gouvernements concernés de lutter contre ce trafic,
1. Accueille avec satisfaction le rapport du Secrétaire général en date
du 13 avril 1998 et les recommandations détaillées qu'il contient et félicite le
Secrétaire général des efforts qu'il fait pour traiter des causes de conflit et
de la promotion d'une paix et d'un développement durables en Afrique, ainsi que
des mesures qu'il prend pour renforcer le rôle du système des Nations Unies à
ces fins;
2. Souligne que les défis auxquels l'Afrique doit faire face appellent
une réponse d'ensemble et, dans ce contexte, exprime l'espoir que l'Assemblée
générale, le Conseil économique et social, les autres organes compétents des
Nations Unies, les organisations régionales et sous-régionales, les institutions
financières internationales et les autres organisations compétentes, ainsi que
les États Membres examineront le rapport et les recommandations qu'il contient
et prendront les mesures qu'ils jugeront appropriées dans leurs domaines de
compétence respectifs;
3. Prend note du rôle important qui incombe au Secrétaire général pour
coordonner les travaux des organismes des Nations Unies concernés aux fins de
l'application des recommandations contenues dans son rapport et prie le
Secrétaire général de le tenir régulièrement informé des efforts entrepris par
les organisations et les autres entités du système des Nations Unies à cet
égard;
4. Décide de créer, pour une période de six mois, un groupe de travail
ad hoc composé de tous les membres du Conseil et chargé d'examiner toutes les
recommandations du rapport qui ont trait au maintien de la paix et de la
sécurité internationales, conformément à la Charte des Nations Unies, et, dans
ce contexte, d'établir un cadre pour la mise en oeuvre des recommandations,
selon qu'il conviendra, ainsi que de soumettre à l'examen du Conseil, d'ici à
septembre 1998, des propositions détaillées sur les mesures concrètes à prendre;
5. Exprime son intention de tenir tous les deux ans à compter de
septembre 1998 et ultérieurement, selon les besoins, une réunion au niveau
ministériel, pour évaluer les progrès accomplis en faveur de la paix et de la
sécurité en Afrique;
6. Souligne qu'il importe que l'Organisation des Nations Unies et l'OUA
se consultent et coopèrent sur les suites à donner au rapport;
7. Se félicite de l'importante contribution de l'OUA, y compris son
Mécanisme pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits, dans le
domaine de la prévention et du règlement des conflits en Afrique, ainsi que du
rôle des accords sous-régionaux;
8. Se félicite également des efforts déployés par les États Membres, les
organisations régionales et l'Organisation des Nations Unies pour accroître la
capacité des États africains à contribuer aux opérations de maintien de la paix,
conformément à la Charte des Nations Unies;
9. Invite les États Membres et les organisations régionales à apporter
une assistance au Mécanisme de l'OUA pour la prévention, la gestion et le
règlement des conflits afin d'accroître sa capacité à anticiper et à prévenir
les conflits;
10. Encourage le Secrétaire général à continuer de prendre des mesures
concrètes visant à accroître la capacité de l'OUA à anticiper et à prévenir les
conflits en Afrique, sur la base de l'Accord de coopération de l'Organisation
des Nations Unies et de l'Organisation de l'unité africaine en date du
15 novembre 1965(1);
11. Décide de demeurer activement saisi de la question.
1. 548 UNTS, p. 316.