Développement et droits de l'homme pour tous

Programme d'action mondial concernant les personnes handicapées (3/4)

Propositions en vue de la mise en oeuvre du Programme d'action mondial concernant les personnes handicapées

Introduction

Le Programme d'action mondial concernant les personnes handicapées entend promouvoir des mesures propres à assurer la prévention de l'incapacité, la réadaptation et la poursuite des objectifs qui sont la « pleine participation » des personnes handicapées à la vie sociale et au développement et « 1'égalité ». Pour mettre en œuvre le Programme d'action mondial, il faudra accorder l'attention nécessaire à la situation particulière des pays en développement, et particulièrement à celle des pays les moins avancés. L'immensité de la tâche à accomplir pour améliorer les conditions de vie de populations entières et le manque général de ressources rendent beaucoup plus difficile la réalisation des objectifs du Programme d'action mondial dans ces pays. Cela dit, il faut tenir compte du fait que la mise en œuvre du Programme d'action mondial contribuera d'elle-même au processus de développement grâce à la mobilisation des ressources humaines et à la pleine participation de toute la population. Bien que certains pays aient déjà pris ou appliqué quelques-unes des mesures préconisées dans ce Programme, il faut faire davantage. Cela vaut aussi pour les pays jouissant d'un niveau de vie généralement élevé.

La solution des problèmes que connaissent les personnes handicapées étant étroitement liée au développement général au plan national, le progrès à cet égard dépend dans une très large mesure de la création de conditions internationales propres à hâter le développement social et économique des pays. En conséquence, l'instauration d'un nouvel ordre économique international intéresse directement la mise en œuvre du Programme. Il importe particulièrement d'accroître considérablement le flux de ressources vers les pays en développement, comme convenu dans le cadre de la Stratégie internationale du développement pour la troisième Décennie des Nations Unies pour le développement.

Pour atteindre les objectifs énoncés ci-dessus, il faudra concevoir une stratégie globale plurisectorielle et pluridisciplinaire en vue de mettre en œuvre des politiques et des stratégies concertées et coordonnées en matière d'égalisation des chances, de créer des services de réadaptation efficaces et d'appliquer des mesures de prévention.

Les personnes handicapées et leurs organisations devraient être consultées en ce qui concerne l'évolution future du Programme d'action mondial et son application. A cet effet, il ne faut ménager aucun effort pour encourager la création d'organisations de personnes handicapées aux niveaux local, national, régional et international. Grâce à leurs connaissances exceptionnelles fondées sur l'expérience, ces organisations peuvent apporter une contribution importante à la planification des programmes et services en faveur des personnes handicapées. Leurs délibérations leur permettent de dégager les points de vues les plus représentatifs de toutes les préoccupations des personnes handicapées. Exerçant sur le grand public une influence qui justifie qu'on les consulte, elles aident sensiblement, par leur action en faveur du changement, à t'aire assigner un rang élevé de priorité aux problèmes relatifs à l'incapacité. Les personnes handicapées devraient elles-mêmes, dans un mesure non négligeable, déterminer l'efficacité des politiques, programmes et services conçus à leur intention. Il faudrait s'attacher tout particulièrement à permettre aux infirmes mentaux de participer à ce processus.

Mesures à prendre au niveau national

Le Programme d'action mondial est conçu pour toutes les nations. La durée nécessaire pour sa mise en œuvre et le choix des secteurs prioritaires varieront toutefois selon les nations, en fonction de leur situation particulière, des limitations de leurs ressources, de leur niveau de développement socio-économique, de leurs traditions culturelles et de leurs possibilités d'élaborer et d'exécuter les mesures que prévoit le Programme

Ce sont les gouvernements qui auront au premier chef la responsabilité d'appliquer les mesures recommandées dans le présent chapitre. Néanmoins, considérant les différences constitutionnelles d'un pays à l'autre, les autorités locales et d'autres organismes des secteurs publie et privé seront aussi appelés à mettre en œuvre les mesures nationales que préconise le Programme d'action mondial.

Les États Membres devraient de toute urgence lancer des programmes nationaux à long ternie pour atteindre les objectifs du Programme d'action mondial; ces programmes devraient faire partie intégrante de leurs politiques de développement économique et social.

Les questions concernant les personnes handicapées devraient être examinées dans un contexte général et non pas isolément. Tout ministère ou organisme public ou privé chargé d'un secteur donné ou travaillant dans ce secteur devrait être chargé des questions relatives aux personnes handicapées qui entrent dans son domaine de compétence. Les gouvernements devraient créer un organisme (par exemple, une commission, un comité ou tout autre organisme national) pour centraliser l'examen et le suivi des activités relatives au Programme d'action mondial exécutées par les divers ministères ou autre organismes gouvernementaux et par les organisations non gouvernementales. Tout mécanisme créé devrait inclure des représentants de tous les intéressés, y compris les organisations de personnes handicapées. L'organisme centralisateur devrait être en contact avec les responsables au plus haut niveau.

Pour mettre en œuvre le Programme d'action mondial, les États Membres devront :

  • Planifier, organiser et financer des activités à tous les niveaux;
  • Adopter une législation fournissant la base juridique et l'autorité nécessaire pour prendre des mesures visant à atteindre les objectifs poursuivis;
  • Garantir l'égalité des chances en supprimant les obstacles à la pleine participation;
  • Fournir des services de réadaptation en dispensant une assistance sociale, nutritionnelle, médicale, pédagogique et professionnelle aux personnes handicapées et en leur fournissant des appareils;
  • Créer ou mobiliser des organismes appropriés du secteur public et du secteur privé;
  • Favoriser la création et le développement d'organisations de personnes handicapées;
  • Rassembler des renseignements sur le Programme d'action mondial et les diffuser dans toute la population, y compris les personnes handicapées elles-mêmes et leur famille;
  • Aider à éduquer le public pour lui faire comprendre les aspects essentiels du Programme d'action mondial et de son application;
  • Encourager la recherche sur les questions relatives au Programme d'action mondial,
  • Promouvoir l'assistance et la coopération technique liées au Programme d'action mondial,
  • Favoriser la participation des personnes handicapées et de leurs organisations aux décisions concernant le Programme d'action mondial.
Participation des personnes handicapées à la prise de décisions

Les États Membres devraient fournir une assistance accrue aux organisations de personnes handicapées en vue de les aider a organiser et a coordonner les efforts qu'elles font pour représenter les intérêts et les préoccupations des personnes handicapées.

Les États Membres devraient s'employer activement a recenser organisations groupant des personnes handicapées ou les représentants et tout faire pour en encourager le développement. De telles organisations, sur la composition et la direction desquelles les personnes handicapées et, parfois les membres de leur famille, ont une influence décisive, existent dans de nombreux pays. Beaucoup d'entre elles ne disposent pas des moyens voulus pour s'affirmer et lutter pour leurs droits.

Les États Membres devraient entretenir des rapports directs avec ces organisations et leur donner la possibilité d'influer sur les politiques et décisions gouvernementales dans tous les domaines les intéressant. Ils devraient leur accorder l'appui financier voulu a cette fin.

Les organisations et autres organismes, a tous les niveaux, devraient s'assurer que les personnes handicapées peuvent participer a leurs activités dans toute la mesure du possible.

Prévention de l'infirmité de l'incapacité et du handicap

Les techniques permettant de prévenir et de combattre la plupart des incapacités existent et sont en progrès, mais il n'en est pas toujours pleinement usage. Les États Membres devraient prendre les mesures voulues pour prévenir l'infirmité et l'incapacité et assurer la diffusion des connaissances et des techniques pertinentes.

Il convient de mettre en œuvre des programmes coordonnes de prévention a tous les niveaux de la société portant, entre autres, sur les points suivants :

  • Organisation à l'échelon communautaire de services de soins de santé primaires accessibles à toutes les couches de la population, en particulier dans les zones rurales et dans les taudis urbains;
  • Soins de santé et conseils efficaces pour les mères et les enfants, ainsi que conseils dans le domaine de la planification de la famille et de la vie familiale;
  • Education en matière de nutrition et assistance pour obtenir des aliments appropriés, en particulier pour les mères et les enfants, y compris la production et l'emploi de denrées alimentaires riches en vitamines et en autres éléments nutritifs;
  • Vaccination contre les maladies transmissibles, conformément aux objectifs du Programme élargi de vaccination de l'Organisation mondiale de la santé;
  • Mise en place d'un système de détection précoce des déficiences et d'intervention rapide;
  • Adoption de règlements visant à assurer la sécurité et mise en œuvre de programmes de formation pour prévenir les accidents à domicile, au lieu de travail, sur la route et pendant les loisirs;
  • Adaptation des tâches, du matériel et de l'environnement professionnels et mise en œuvre de programmes pour prévenir les incapacités ou les maladies professionnelles ou empêcher leur aggravation;
  • Adoption de mesures contre l'usage inconsidéré de médicaments, de drogues, d'alcool, de tabac et autres stimulants ou dépresseurs afin de prévenir les incapacités causées par les drogues, en particulier parmi les écoliers et les personnes âgées. L'effet que peut avoir sur les enfants à naître la consommation inconsidérée de ces substances par les femmes enceintes est également une source de grave préoccupation;
  • Activités dans le domaine de l'éducation et de la santé publique, pour aider la population à adopter un modèle de vie qui écarte au maximum les risques d'infirmité;
  • Education continue du public et des spécialistes et campagnes d'information sur les programmes de prévention de l'incapacité;
  • Formation appropriée du personnel médical et paramédical et des autres personnes qui doivent traiter des urgences;
  • Mesures préventives incorporées dans la formation des agents de vulgarisation travaillant dans les zones rurales pour contribuer à réduire les cas d'incapacité;
  • Formation professionnelle bien organisée et formation pratique dans l'entreprise en vue de prévenir les accidents du travail et les incapacités de tous ordres. Il conviendrait d'appeler l'attention sur le fait que les pays en développement ont souvent recours à une technologie dépassée. Dans bien des cas, une technologie ancienne est transférée d'un pays industrialisé vers un pays en développement. Le fait qu'elle soit mal adaptée à la situation du pays et l'insuffisance de la formation et le manque de protection de la main-d'œuvre favorisent l'augmentation du nombre d'accidents du travail et d'incapacités.
Réadaptation

Les États Membres devraient développer et assurer les services de réadaptation nécessaires pour atteindre les objectifs du Programme d'action mondial.

Les États Membres sont encouragés à fournir à tous leurs ressortissants les soins et les services médicaux nécessaires pour éliminer ou réduire les séquelles de l'incapacité.

IL faut pour cela leur fournir les services sociaux, nutritionnels, médicaux et professionnels nécessaires pour permettre aux personnes handicapées de mener une vie aussi pleine que possible. Compte tenu de facteurs tels que la répartition de la population, la géographie, les stades de développement, cela peut se faire par l'intermédiaire :

  • De travailleurs communautaires;
  • D'institutions générales fournissant des services de santé, d'enseignement, de protection sociale et de formation professionnelle;
  • D'autres services spécialisés si les institutions générales ne sont pas en mesure de fournir les services nécessaires.

Les États Membres devraient veiller à ce que toutes les personnes qui ont besoin d'appareils et d'équipements adaptés aux conditions locales pour mener une vie normale et indépendante puissent en disposer. Ces appareils doivent être fournis pendant le processus de réadaptation, niais égaiement une fois celui-ci terminé. Il faut également prévoir des services de réparation et remplacer les appareils dépassés.

Il faut assurer au maximum aux personnes handicapées ayant besoin d'équipements de ce genre les ressources financières et les possibilités matérielles qui leur permettent de se les procurer et d'apprendre à les utiliser. Les taxes d'importation ou les autres formalités qui rendent difficile l'acquisition d'appareils et d'équipements qu'on ne peut pas fabriquer sur place devraient être supprimés. Il faut appuyer la production locale d'appareils adaptés aux conditions économiques, sociales et techniques dans lesquelles ils seront utilisés. La conception et la fabrication des appareils devraient suivre l'évolution générale des techniques dans le pays concerné.

Afin de stimuler la production et la mise au point d'appareils sur le plan local, les États Membres devraient envisager de créer des centres nationaux qui seraient chargés de contribuer à cette mise au point à l'échelon local. Dans bien des cas, ils pourraient recourir, à cet effet, à des écoles spécialisées et des instituts de technologie existants. Une coopération régionale à cet égard pourrait être envisagée.

Les États Membres sont encouragés à prévoir, dans le cadre du système général de prestation de services sociaux, le personnel apte à donner les conseils et autres formes d'aide dont les personnes handicapées et leur famille ont besoin pour résoudre leurs problèmes.

Lorsque les ressources offertes par le système général de protection sociale ne permettent pas de répondre aux besoins, on peut faire appel à des services spéciaux en attendant que la qualité du système s'améliore.

Dans la limite des ressources disponibles, les États Membres sont encouragés à prendre les mesures spéciales qui se révéleraient nécessaires pour assurer la prestation et l'utilisation sans restrictions des services requis par les personnes handicapées vivant dans les zones rurales, les taudis des villes et les bidonvilles.

Les personnes handicapées ne devraient pas être séparées de leur famille ni de leur communauté. Le système de prestation de services doit prendre en considération les problèmes de transport et de communications, la nécessité de services d'appui en matière sociale et sur le plan de la santé et de l'enseignement, J'existence de conditions de vie primitives et souvent dangereuses et, dans les taudis en particulier, le fait que les barrières sociales peuvent empêcher les gens de rechercher ou d accepter des services. Les États Membres devraient assurer une répartition équitable de ces services entre tous les groupes de population et toutes les régions géographiques, selon les besoins.

Les services sanitaires et les services sociaux pour les malades mentaux ont été particulièrement négligés dans de nombreux pays. Il faudrait compléter les soins psychiatriques par un appui social et des conseils aux patients et à leur famille qui souffrent souvent d'une tension particulière. Lorsque ces services existent, la longueur du séjour et la probabilité d'une nouvelle hospitalisation diminuent. Quand une personne retardée mentale souffre en plus de maladie mentale, il faut que le personnel de santé connaisse les besoins spécifiques associés au retard mental.

Égalisation des chances
Législation

Les États Membres devraient se charger de veiller à ce que les personnes handicapées bénéficient des mêmes chances que les autres citoyens.

Les États Membres devraient prendre les mesures nécessaires pour supprimer toutes les pratiques discriminatoires à l'encontre des personnes handicapées.

Lors de la rédaction de lois nationales relatives aux droits de l'homme, il faudrait veiller à ce que les comités nationaux ou autres organismes nationaux de coordination qui traitent des problèmes de l'incapacité consacrent une attention particulière aux conditions qui font que les personnes handicapées peuvent voir compromettre leur aptitude à exercer les droits et les libertés garantis aux autres citoyens.

Les États Membres devraient prêter attention à certains droits, tels que le droit à l'éducation, au travail, à la sécurité sociale et à la protection contre des traitements inhumains ou dégradants et examiner ces droits du point de vue des personnes handicapées.

Environnement physique

Les États Membres devraient s'employer à rendre l'environnement physique accessible à tous, notamment aux personnes souffrant de divers types d'incapacité, comme il est spécifié au paragraphe 8 du présent document.

Les États Membres devraient adopter une politique tenant compte des aspects relatifs à l'accessibilité lors de la planification d'établissements humains, et mettre au point des programmes pour les zones rurales des pays en développement.

Les États Membres sont invités à adopter une politique tendant à assurer aux personnes handicapées l'accès à tous les nouveaux bâtiments et installations, logements et systèmes de transports publics. En outre, des mesures devraient être prises en vue de faciliter l'accès aux bâtiments et installations, logements et systèmes de transports publics existants, lorsque cela est possible, notamment lors de leur rénovation.

Indépendance. Les États Membres devraient favoriser la création de services d'appui qui permettraient aux personnes handicapées de mener une vie aussi indépendante que possible au sein de leur communauté. Suivant l'exemple de certains pays, ils devraient veiller à donner aux personnes handicapées - à qui seraient destinés ces services - la possibilité de participer à leur conception et à leur gestion.

Maintien des revenus et sécurité sociale

Tous les États Membres devraient s'attacher à inclure, dans leur législation et dans leurs règlements, des dispositions reprenant les objectifs généraux et complémentaires du Programme d'action mondial en matière de sécurité sociale.

Les États Membres devraient veiller à ce que les personnes handicapées jouissent de l'égalité des chances en matière de revenu, de garantie de celui-ci, et de sécurité sociale. Ce processus devrait se plier aux modalités retenues par le système économique et adaptées au degré de développement de chaque Etat Membre.

Les pays qui possèdent un régime de sécurité sociale ou d'assurances sociales ou d'autres systèmes de ce genre devraient les examiner pour s'assurer qu'ils prévoient des prestations et des services orientés vers la prévention, la réadaptation et l'égalisation des chances satisfaisants pour les personnes handicapées et leur famille, et que les règlements prévus par ces systèmes, visant tant les prestataires que les bénéficiaires, n'établissent aucune discrimination à l'encontre des personnes handicapées, ni ne les excluent. La création et la mise au point d'un système public de soins sociaux et de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles soit les conditions préalables indispensables à la réalisation des objectifs fixés.

Il convient d'adopter des procédures simples pour permettre aux personnes handicapées et à leur famille de faire appel à des décisions concernant leurs droits en la matière auprès d'une instance impartiale.

Enseignement et formation

Les États Membres devraient adopter des politiques reconnaissant le droit des personnes handicapées à l'égalité en matière d'enseignement. Dans toute la mesure du possible, l'enseignement des personnes handicapées devrait se faire dans le cadre du système général d'enseignement. Il devrait relever des autorités responsables de l'enseignement, et la législation sur l'enseignement obligatoire devrait s'appliquer aux enfants présentant des incapacités de tous types, y compris les plus graves.

Les États Membres devraient veiller à ce que soit appliquée avec de plus en plus de souplesse toute réglementation concernant l'âge d'admission des enfants, leur passage d'une classe à l'autre et les examens, en ce qui concerne les élèves handicapés.

La mise en place de services d'enseignement pour enfants et adultes handicapés doit répondre à certains critères fondamentaux. Ces services devraient être :

  • Individualisés, c'est-à-dire fondés sur les besoins eux-mêmes évalués et reconnus par les autorités, les administrateurs, les parents et les élèves handicapés, et permettant d'atteindre des objectifs d'enseignement et les objectifs à court terme bien définis, régulièrement révisés et, si nécessaire, modifiés;
  • Accessibles localement, c'est-à-dire se trouvant à une distance raisonnable du foyer ou de la résidence de l'élève, sous réserve de cas exceptionnels;
  • Complets, c'est-à-dire convenant à toutes les personnes ayant des besoins spéciaux, quels que soient leur âge ou le degré de l'incapacité, afin qu'aucun enfant d'âge scolaire ne soit exclu de la participation aux services d'enseignement en raison de la gravité de son incapacité, ni ne bénéficie de services d'enseignement nettement inférieurs à ceux qui sont offerts aux autres élèves;
  • Diversifiés, c'est-à-dire offrant une gamme d'options correspondant à l'étendue des besoins spéciaux dans une communauté donnée.

L'intégration des enfants handicapés dans le système général d'enseignement suppose une planification qui doit être le fait de toutes les parties intéressées.

Si, pour certaines raisons, le système général d'enseignement ne convient pas à certains enfants handicapés, ceux-ci devraient suivre un enseignement dans des établissements spéciaux pendant la durée nécessaire. L'enseignement qui leur serait ainsi dispensé devrait être équivalent et étroitement lié à celui des écoles ordinaires.

La participation des parents à tous les niveaux du processus d'enseignement est capitale. Les parents devraient recevoir l'appui nécessaire pour assurer à l'enfant handicapé un environnement familial aussi normal que possible. Le personnel devrait recevoir une formation pour collaborer avec les parents des enfants handicapés.

Les États Membres devraient prévoir la participation des personnes handicapées aux programmes d'enseignement destinés aux adultes en particulier dans les zones rurales.

Si les établissements d'enseignement ordinaires destinés aux adultes ne répondent pas aux besoins de certaines personnes handicapées, des cours ou des centres de formation spécialisés devraient être mis en place en attendant que les programmes ordinaires soient modifiés. Les États Membres devraient offrir aux personnes handicapées la possibilité de recevoir une éducation universitaire.

Emploi

Les États Membres devraient adopter une politique et créer des services d'appui pour faire en sorte que les personnes handicapées des zones rurales et urbaines aient des chances égales de trouver un emploi productif et rémunérateur sur le marché du travail. Il convient d'accorder une attention particulière à l'emploi rural et à la mise au point d'outils et de matériel appropriés.

Les États Membres peuvent appuyer l'intégration des personnes handicapées au marché de l'emploi compétitif par une multiplicité de mesures et notamment instituer des systèmes de contingents assortis d'incitations, réserver certains emplois aux personnes handicapées, accorder des prêts ou des primes aux petites entreprises et aux coopératives, conclure des contrats d'exclusivité ou accorder des droits de production prioritaires, concéder des dégrèvements fiscaux, veiller au respect des contrats ou fournir d'autres formes d'assistance technique ou financière aux entreprises employant des travailleurs handicapés. Les États Membres devraient appuyer la mise au point d'appareils et faciliter l'accès des personnes handicapées aux appareils et à l'assistance nécessaires à l'exécution de leur travail.

La politique et les services d'appui ne devraient toutefois pas limiter les possibilités d'emploi ni réduire le dynamisme du secteur privé de l'économie. Les États Membres devraient rester à même de prendre diverses mesures pour faire face à leur situation intérieure.

Les gouvernements devraient collaborer, aux niveaux central et local, avec les organisations d'employeurs et de travailleurs pour élaborer une stratégie et des mesures communes en vue de ménager aux personnes handicapées des possibilités d'emploi plus nombreuses et meilleures. Cette collaboration devrait s'exercer dans l'élaboration de politiques de recrutement, de mesures visant à améliorer le milieu de travail pour empêcher les lésions invalidantes et les déficiences et de mesures destinées à réadapter les travailleurs atteints d'invalidité, par exemple par l'adaptation du lieu et du type de travail à leurs besoins.

Ces services devraient comprendre l'évaluation, l'orientation et la formation professionnelles y compris en ateliers, le placement et l'encadrement ultérieurs des personnes handicapées. Des emplois protégés devraient être offerts aux personnes handicapées qui, à cause de leurs besoins spéciaux ou d'incapacités particulièrement graves, ne sont peut-être pas capables de satisfaire aux exigences d'un emploi compétitif. Cette mesure pourrait s'appliquer dans le cadre d'ateliers de production et de systèmes de travail à domicile ou de travail indépendant, tandis que de petits groupes de personnes gravement handicapées pourraient être employés par des entreprises concurrentielles dans des ateliers protégés.

Lorsque les pouvoirs publics, aux plans central et local, sont des employeurs, ils devraient encourager l'emploi des personnes handicapées dans le secteur publie. Les lois et règlements ne devraient pas dresser des obstacles à l'emploi de ces personnes.

Loisirs

Les États Membres devraient faire en sorte que les personnes handicapées aient, en matière de loisirs, les mêmes possibilités que les autres. Ceci suppose qu'elles aient accès aux restaurants, cinémas, théâtres, bibliothèques, etc., ainsi qu'aux stations de vacances, ensembles sportifs, hôtels, plages et autres lieux de distractions. Les États Membres devraient prendre des mesures pour éliminer tous les obstacles en la matière. Les services de tourisme, les agences de voyage, les hôtels, les organisations bénévoles et autres participant à l'organisation des loisirs ou des voyages devraient offrir leurs services à tous sans faire de discrimination à l'encontre des personnes handicapées. Ils devraient, par exemple, inclure des renseignements sur l'accessibilité des lieux dans les informations qu'ils communiquent au grand public.

Culture

Les États Membres devraient faire en sorte que les personnes handicapées aient la possibilité de mettre en valeur leur potentiel créatif, artistique et intellectuel au maximum, non seulement pour leur propre bénéfice, mais aussi pour l'enrichissement de la collectivité. A cet effet, il conviendrait d'assurer l'accès aux activités culturelles et, si nécessaire, des dispositions spéciales doivent être prises pour répondre aux besoins d'individus présentant des déficiences mentales ou sensorielles. Il pourrait s'agir d'aides techniques pour les malentendants, de publications en braille et/ou de cassettes pour les personnes ayant des troubles de la vue et de publications adaptées au niveau mental de tel ou tel individu. Les activités culturelles englobent la danse, la musique, la littérature, le théâtre et les arts plastiques.

Religion

Des mesures devraient être prises pour assurer aux personnes handicapées la possibilité de bénéficier pleinement des activités religieuses prévues dans la communauté. Ainsi sera rendue possible leur pleine participation à ces activités.

Sports

On se rend de plus en plus compte de l'importance que revêtent les sports pour les personnes handicapées. En conséquence, les États Membres devraient encourager toutes les formes d'activités sportives des personnes handicapées, notamment en fournissant les moyens appropriés et en assurant comme il convient l'organisation de ces activités.

Actions au niveau des collectivités

Les États Membres devraient donner un rang de priorité élevé à la fourniture aux collectivités locales des renseignements, de la formation et de l'assistance financière nécessaires pour élaborer des programmes permettant d'atteindre les objectifs du Programme d'action mondial.

Il conviendrait de prendre des dispositions pour encourager et faciliter la coopération au sein des communautés locales, ainsi que l'échange d'informations et d'expérience. Un gouvernement qui bénéficie d'une assistance ou d'une coopération technique internationale en matière d'incapacité devrait s'assurer que les bénéfices et les résultats de cette assistance parviennent bien aux collectivités qui en ont le plus besoin.

Il importe d'obtenir la participation active des organes gouvernementaux locaux, des organismes intéressés et des organisations communautaires telles que les groupes d'action civique, les syndicats, les organisations féminines, les associations de consommateurs, les clubs de services, les groupements religieux, les partis politiques et les associations de parents. Chaque collectivité pourrait désigner un organe au sein duquel les organisations de personnes handicapées pourraient se faire entendre et qui servirait de centre de communication et de coordination afin de mobiliser les ressources et d'appliquer les mesures voulues.

Formation du personnel

Toutes les autorités responsables de l'organisation et de la prestation de services aux personnes handicapées devraient veiller à répondre aux besoins en matière de personnel, dans les domaines du recrutement et de la formation en particulier.

Il est essentiel de former des travailleurs communautaires pour le dépistage précoce de l'invalidité, l'assistance primaire, l'aiguillage vers des institutions appropriées et la postcure, ainsi que le personnel médical et autre des centres d'aiguillage. Autant que possible, les activités devraient être intégrées à celles de services connexes comme les soins de santé primaires, les écoles et les programmes de développement communautaire. Les États Membres devraient prendre des mesures pour organiser et intensifier une formation destinée aux médecins qui mette l'accent sur les handicaps que peut entraîner le fait d'utiliser, sans discernement, certains produits pharmaceutiques. La vente de spécialités pharmaceutiques dont l'usage non contrôlé peut, à la longue, mettre en péril la santé des individus et poser des problèmes de santé publique devrait être limitée.

Pour que les services concernant les handicaps mentaux et physiques profitent à un nombre croissant de personnes handicapées qui ne reçoivent à l'heure actuelle aucune aide, il faut qu'ils soient fournis par l'entremise de divers types de travailleurs sociaux et sanitaires des communautés locales, dont certaines activités concernent déjà la prévention et les services à l'intention des personnes handicapées. Ces travailleurs devront recevoir une formation particulière, notamment en ce qui concerne les techniques et méthodes simples de réadaptation qui pourraient être utilisées par les personnes handicapées et leur famille. Des conseils pourraient être fournis par des spécialistes de la réadaptation - au niveau de la communauté ou du district, selon les services considérés. Une formation spéciale devra également être dispensée aux professionnels qui, sans opérer sur place, seront chargés de superviser les programmes locaux pour les personnes handicapées et d'assurer la liaison avec les services de réadaptation et les autres services existant dans la région.

Les États Membres devraient veiller à ce que les travailleurs communautaires reçoivent, outre un enseignement et une formation spécialisés, des informations complètes concernant les besoins sociaux, nutritionnels, médicaux, éducationnels et professionnels des personnes handicapées. Moyennant une formation et un encadrement appropriés, ceux-ci pourraient en effet fournir la plupart des services dont les personnes handicapées ont besoin et être d'un grand secours en cas de pénurie de personnel. Leur formation devrait comprendre une information adéquate sur les techniques de contraception et sur la planification de la famille. Les volontaires peuvent aussi fournir des services très utiles et d'autres formes d'assistance. On devrait donner plus d'importance à l'accroissement des connaissances, des aptitudes et des responsabilités de ceux qui dispensent déjà certains services au sein des collectivités dans des domaines apparentés : enseignants, assistants sociaux, personnels auxiliaires des services de santé, 'administrateurs, planificateurs des administrations publiques, responsables de communautés, membres du clergé et conseillers familiaux, par exemple. On devrait faire comprendre aux particuliers travaillant dans le cadre de programmes de services à l'intention des personnes handicapées pour quelles raisons et à quel point il importe de rechercher, stimuler et favoriser la pleine participation de ces personnes et de leur famille à la prise des décisions en matière de soins, de traitement, de réadaptation et de dispositions ultérieures contant la vie courante et l'emploi.

La formation spéciale du personnel enseignant constitue un élément dynamique et devrait, dans la mesure du possible, être assurée dans le pays où elle sera mise en pratique ou au moins dans un lieu où le cadre culturel et le niveau de développement ne sont pas trop différents. L'organisation de programmes de formation pédagogique appropriés pour le personnel enseignant ordinaire comme pour le personnel enseignant spécialisé, est indispensable à la réussite de l'intégration. Le concept d'enseignement intégré devrait être reflété dans les programmes de formation pédagogique.

La formation du personnel enseignant constitue un élément dynamique et devrait, dans la mesure du possible être assurée dans le pays ou elle sera mise en pratique, ou au moins dans un lieu ou le cadre culturel et le niveau de développement ne sont pas trop différents.

Information et éducation du public

Les États Membres devraient encourager le lancement d'un programme complet d'information du public sur les droits, les contributions et les besoins non satisfaits des personnes handicapées qui puisse atteindre tous les intéressés ainsi que le grand public. A ce propos, une importance toute particulière devrait être accordée à l'évolution des attitudes.

Il conviendrait, en consultation avec les organisations de personnes handicapées, de définir des orientations afin d'encourager les moyens d'information à faire preuve de sensibilité et d'exactitude dans la présentation, la représentation et l'analyse journalistique des handicaps et des personnes handicapées et ce, à la radio, à la télévision, au cinéma, dans les photographies et la presse écrite. Un élément essentiel à cet égard consisterait à préciser que les personnes handicapées devraient être en mesure d'exposer elles-mêmes leurs problèmes au grand public et de suggérer des moyens de les résoudre. Il conviendrait d'encourager l'inclusion, dans les programmes de formation des journalistes, d'informations sur les réalités de la condition de personne handicapée.

Il incombe aux pouvoirs publics d'adapter les informations qu'ils fournissent afin que celles-ci touchent l'ensemble de leur population, y compris les personnes handicapées. Ceci concerne non seulement les informations dont il est question plus haut, mais également les renseignements relatifs aux droits et obligations civils.

Une campagne d'information du public devrait être mise au point de manière à assurer que les informations les plus appropriées parviennent à toutes les couches de la population intéressées. L'attention devrait être accordée non seulement aux moyens de communication courants et normaux, mais aussi :

  • A l'élaboration d'une documentation spéciale destinée à informer les personnes handicapées et leur famille au sujet de leurs droits et des avantages et services dont elles peuvent disposer ainsi que des mesures envisagées pour remédier aux insuffisances et aux injustices du système actuel; cette information devrait être présentée sous des formes permettant son utilisation et sa compréhension par des personnes dont les facultés visuelles et auditives et les autres possibilités de cornmuniquer sont limitées;
  • A l'élaboration d'une documentation spéciale à l'intention des groupes de population difficilement accessibles par l'intermédiaire des moyens de communication normaux pour des raisons tenant à la langue, à la culture, au niveau d'instruction, à l'éloignement géographique, etc.;
  • A l'élaboration d'une documentation visuelle et audiovisuelle ainsi que des directives à l'intention des animateurs de communautés se trouvant dans des régions éloignées ou travaillant dans des conditions où, pour d'autres raisons 1 la communication sous ses formes habituelles pourrait ne pas être assez efficace.

Les États Membres devraient faire en sorte que les informations courantes soient mises à la disposition des personnes handicapées, de leur famille et des spécialistes pour tout ce qui relève des programmes et services, de la législation, des institutions, de l'expertise, des auxiliaires et appareils techniques, etc.

Les responsables de l'enseignement public devraient assurer la diffusion d'informations systématiques sur les incapacités, leurs conséquences et leur prévention ainsi que sur la réadaptation et l'intégration des personnes handicapées.

En ce qui concerne l'information, les personnes handicapées et leurs organisations devraient avoir accès aux médias, disposer d'emplois et des ressources suffisantes et bénéficier d'une formation professionnelle au même titre que les personnes non handicapées, afin de pouvoir s'exprimer librement dans les médias et faire partager leur point de vue et leur expérience au grand public.

Partie 3/4

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