Mise en oeuvre du Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées [E/CN.5/1999/5]
Rapport intérimaire du Secrétaire général
I. Introduction
- Le présent rapport a été établi conformément au paragraphe 10 de la résolution 52/82 de l’Assemblée générale en date du 12 décembre 1997, et intitulé «Mise en oeuvre du Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées : vers une société pour tous au XXIe siècle», dans laquelle l’Assemblée priait le Secrétaire général de lui présenter à sa cinquante-quatrième session, par l’intermédiaire de la Commission du développement social à sa trente-septième session, un rapport sur la suite donnée à cette résolution. Il fait suite également à la résolution 1997/19 du Conseil économique et social, en date du 21 juillet 1997, et intitulée «Égalisation des chances des handicapés», dans laquelle, au paragraphe 21, le Conseil priait le Secrétaire général d’inclure dans le rapport qu’il soumettrait à la Commission du développement social à sa trente-septième session des informations sur les activités entreprises dans le cadre du système des Nations Unies concernant le thème prioritaire retenu par la Commission, à savoir la prestation de services sociaux pour tous.
- Le présent rapport met particulièrement l’accent sur les progrès accomplis dans l’application des dispositions du paragraphe 4 de la résolution 52/82 de l’Assemblée, où sont mentionnés trois aspects essentiels des politiques sociales et économiques intéressant l’égalisation des chances des handicapés, à savoir les questions d’accessibilité, les services sociaux et les filets de sécurité et l’emploi et les moyens de subsistance durables. On y dresse également brièvement le bilan des activités entreprises dans le cadre de la Décennie Asie-Pacifique pour les handicapés (1993-2002) et des progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif de la Décennie, à savoir assurer aux handicapés une pleine participation et l’égalité des chances.
II. Égalisation des chances des handicapés
- Dans sa résolution 52/82, l’Assemblée générale réaffirme le rôle essentiel du Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées1 en tant que cadre d’élaboration et d’évaluation des politiques et programmes en leur faveur. Le Programme d’action mondial a un double objectif, assurer une pleine participation et l’égalité des chances aux handicapés. La mise en oeuvre par les pays de ce Programme d’action mondial a permis de mieux tenir compte des problèmes des handicapés dans l’élaboration, la planification et l’évaluation des politiques et d’examiner les questions relatives aux handicapés dans le cadre général des droits de l’homme. Ainsi, les droits fondamentaux des handicapés sont perçus moins comme étant le problème d’un groupe social ayant des besoins spécifiques que comme une condition préalable de la promotion des droits sociaux, économiques et culturels ainsi que des droits civils et politiques de tous.
- Les progrès réalisés dans les domaines prioritaires mentionnés au paragraphe 4 de la résolution 52/82 sont examinés dans les paragraphes 4 à 18 ci-après.
A. Accessibilité
- La Division des politiques sociales et du développement social (Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies) s’emploie activement à rendre ses ressources en matière d’information sur le développement social accessibles à tous. La Division, au cours du premier semestre de 1998, a créé sur le site Internet de l’ONU, avec l’aide d’experts, un ensemble de pages consacrées aux politiques sociales et au développement social, qu’elle a intitulé «Gateway to social policy and development» (http://www.un.org/esa/socdev). Pour ce faire, la Division s’est inspirée des critères internationaux applicables aux services d’information disponibles sur Internet. Parmi les pages proposées, la page «Handicapés» (http://www.un.org/esa/socdev/disabled.htm) satisfait pleinement aux normes d’accessibilité mises au point par l’organisation non gouvernementale Center for Applied Special Technology qui évalue la mesure dans laquelle le réseau est accessible aux handicapés (http://www.cast.org/ bobby).
- Lors de la conception et de la mise en place de la page «Handicapés» (http://www.un.org/esa/socdev/ disaccOO. htm), on s’est préoccupé de la facilité de consultation des informations :
- On a d’abord recensé les principales ressources en matière d’information sur les politiques sociales et le développement social qui pourraient intéresser les divers groupes cibles; on a fait en sorte que les personnes souffrant de handicaps physiques ou sensoriels aient facilement accès à ces ressources et puissent surfer intuitivement et efficacement, et exploiter et récupérer rapidement les informations qui les intéressent;
- Les ressources en matière d’information sur le développement social devant également être accessibles à tous les groupes intéressés, en particulier ceux qui utilisent des technologies d’information et des structures de télécommunication plus ou moins sophistiquées, les pages consacrées aux politiques sociales et au développement social ont été conçues de manière à ce que tous les usagers puissent avoir accès au site en moins d’une minute même si le modem dont ils disposent est lent. Cette particularité a permis d’abaisser le coût d’accès aux services d’information sur le développement social.
- Les pages consacrées aux politiques sociales et au développement social comprennent des références à un certain nombre d’instruments de base concernant le développement social, lesquels sont présentés conformément aux normes applicables afin de faciliter leur consultation. Par exemple, on peut consulter la Déclaration de Copenhague sur le développement social et le Programme d’action du Sommet mondial pour le développement social sur le site http://www.un.org/esa/socdev/wssd.htm; on peut également consulter les plans et programmes d’action mondiaux concernant les personnes âgées, les handicapés et les jeunes dans les pages consacrées aux politiques sociales et au développement social.
- La page «Handicapés» comporte des liens hypertexte régulièrement mis à jour, permettant d’afficher le texte d’un certain nombre de normes et de règles internationales concernant les handicapés et de documents de fond sur les politiques et programmes mondiaux en leur faveur. Parmi les ressources documentaires que l’on peut consulter en ligne, on citera le deuxième rapport d’évaluation du Rapporteur spécial sur la situation des handicapés et le rapport sur la troisième opération d’examen et d’évaluation de l’application du Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées (http://www.un.org/esa/socdev/disabled. htm).
- L’utilisation d’Internet permet à la Division de fournir rapidement et à moindre coût un large éventail de documents de fond à ses partenaires spécialisés. Ainsi, l’Organisation mondiale des personnes handicapées, organisation non gouvernementale, a organisé en coopération avec le Gouvernement de la République dominicaine, la Fédération nationale dominicaine des personnes handicapées (FENADID) et l’Association dominicaine pour la réinsertion des handicapés (ADR), un atelier sous‑régional pour l’Amérique centrale et les pays hispanophones des Caraïbes consacré à la formation de formateurs pour faciliter le suivi de l’application des Règles pour l’égalisation des chances des handicapés (Saint‑Domingue, 13‑18 avril 1998). Le rapport sur cet atelier, qui comprend un plan d’action formulé par les participants en vue de mettre en oeuvre les normes et règles internationales relatives aux handicapés, peut être consulté sur le site http://www.un.org/esa/socdev/disttsre.htm.
- Le Ministère ougandais de la justice ayant demandé des documents de fond susceptibles de l’aider à élaborer une législation relative aux handicapés, la Division a constitué un récapitulatif qu’elle met à jour et diffuse sur la page Internet qui leur est consacrée, donnant un aperçu du contexte juridique international en matière de législation relative aux handicapés (http://www.un.org/esa/socdev/ disovlf.htm) et une idée de l’usage qui peut être fait des normes et règles internationales lors de l’élaboration d’une telle législation et comportant également des liens hypertexte permettant d’afficher le texte des principaux instruments internationaux relatifs aux droits des handicapés.
- Afin de mieux faire connaître les ressources qu’elle met à disposition sur Internet et d’enseigner comment les utiliser, la Division a organisé, à l’intention des représentants de gouvernements intéressés et sur leur demande, des réunions d’information sur les technologies, les structures et les politiques relatives à Internet. Elle propose présentement un séminaire et un atelier en ligne sur l’accessibilité à Internet animés avec le concours de spécialistes (décembre 1998-avril 1999). Les documents ayant trait à ce séminaire et atelier ont été diffusés sur Internet (http:// www.intlmgt.com/internetseminar.html). La Division diffuse les documents pertinents en ligne afin qu’ils puissent être consultés par l’ensemble des organismes des Nations Unies et d’autres organismes intéressés. Ainsi, le personnel spécialisé de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique à Bangkok suit actuellement ce séminaire et atelier grâce aux technologies de l’information dont dispose l’Organisation; plusieurs hauts fonctionnaires, universitaires et représentants d’organisations non gouvernementales suivent également le séminaire en ligne.
- Deux organisations non gouvernementales ont récemment récompensé les travaux de la Division concernant l’accessibilité à Internet : le 2 décembre 1998, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au Lincoln Center for the Performing Arts, à New York, la Non‑Profiting Computing Organization a remis à la Division le «Howard Silverman Award» récompensant ses efforts visant à rendre accessibles à tous des informations sur le développement social; le 4 décembre 1998, lors d’une cérémonie qui s’est tenue au Département d’État à Washington, le People‑to‑People Committee on Disability lui a de même remis le «Bernard Posner Award» récompensant ses efforts visant à promouvoir l’accessibilité à Internet au niveau international.
- Le problème de l’adaptation du cadre de vie aux besoins des handicapés, en ce qui concerne surtout le logement et l’infrastructure urbaine, a été traité lors de la troisième opération d’examen et d’évaluation de l’application du Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées (A/52/351). La Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) a collaboré avec le Ministère libanais des affaires sociales et la Compagnie libanaise de reconstruction et de développement du centre de Beyrouth (SOLIDERE) afin d’étudier la possibilité de faire du centre de Beyrouth une zone adaptée aux handicapés, qui servirait de modèle pour le reste du pays. Cette question a été étudiée dans un rapport technique intitulé «Accessibility for the disabled in the urban environment of the ESCWA Region; planning and design solutions» (E/ESCWA/HS/1997/5) et dans un rapport intitulé «Accessibility for the disabled; a design manual for a barrier-free environment»2. La CESAO fournit à la demande des conseils et une assistance et organise des activités de formation concernant l’adaptation du cadre de vie aux besoins des handicapés et l’aménagement d’un environnement adapté. La Division des politiques sociales et du développement social coopère actuellement avec la CESAO dans le cadre d’une étude comparative sur l’application par plusieurs pays en développement des normes et règles relatives à l’accessibilité et des principes et méthodes de construction universellement admis.
B. Services sociaux et filets de sécurité
- En coopération avec la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique, et avec l’aide de l’Institut national thaïlandais d’administration pour le développement, la Division des politiques sociales et du développement social a organisé à Bangkok, du 2 au 6 novembre 1998, un atelier d’experts visant à déterminer comment mieux desservir en services sociaux les personnes défavorisées à cet égard. La Commission est saisie, à sa présente session, du rapport de cet atelier dans le cadre de l’examen du thème prioritaire «Services sociaux pour tous» (E/CN.5/1999/6).
- Dans ce rapport, du point de vue des handicapés, la question des services sociaux, à savoir la conception, la planification, la fourniture et l’évaluation de ces services est abordée dans un contexte global dans lequel le problème du handicap est pris en considération et non comme une question concernant spécifiquement un groupe social donné. Ainsi, le concept de populations défavorisées en matière de services sociaux est envisagé en termes à la fois qualitatifs et quantitatifs valant pour tous les groupes sociaux concernés. Parmi les recommandations formulées, on retiendra notamment qu’il faudrait renforcer les mécanismes de participation de la société civile à la détermination et à l’évaluation des services et privilégier une approche des services sociaux fondée sur le respect des droits fondamentaux, et en particulier du droit à s’insérer dans la société, à participer à la vie collective et du droit à la responsabilité.
C. Emploi et moyens de subsistance durables
- La question de l’emploi et des moyens de subsistance durables figure parmi les trois thèmes prioritaires étudiés lors du Sommet mondial pour le développement social. Il s’agit de définir des politiques globales qui prennent en considération les besoins des handicapés et offrent à tous sans exception des moyens de subsistance durables et des perspectives d’emploi et, dans les décisions relatives aux investissements dans les secteurs sociaux, de veiller à faciliter à tous, grâce à un environnement adapté, la participation à la vie sociale, économique et politique.
- Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des personnes handicapées en 1998, a été organisé au Siège de l’Organisation des Nations Unies un débat d’experts sur le thème «Moyens de subsistance durables et sûrs et bien-être des personnes handicapées : Stratégies fondées sur le cycle de vie». La discussion était animée par le Président de la Deuxième Commission (Questions économiques et financières) de la cinquante-troisième session de l’Assemblée générale, M. Bagher Asadi (République islamique d’Iran) et réunissait des experts issus du monde universitaire, d’associations non gouvernementales et du secteur privé, participant à titre personnel. Le débat qu’ont consacré les experts à la question de l’indépendance et des moyens de subsistance durables et sûrs montre l’intérêt croissant que l’on porte aux handicapés et la volonté de définir des mesures pratiques qui favorisent et appuient la réalisation du potentiel de tous les membres de la société dans les domaines social, économique et créatif.
- L’Assemblée générale a examiné à sa cinquante-troisième session (A/53/223) le rôle joué par le microcrédit dans l’éradication de la pauvreté. Cela dit, le rôle joué par le microcrédit, la formation des cadres et le développement des institutions dans la promotion de moyens de subsistance durables et sûrs chez des groupes sociaux particuliers n’est pris en compte dans les programmes et politiques de la Division que depuis relativement peu de temps. La question a été récemment abordée lors du Séminaire sur le microcrédit et les personnes handicapées en Afrique de l’Ouest, organisé à Bamako du 25 au 30 octobre 1998 par le Gouvernement malien, la Fédération des personnes handicapées de l’Afrique de l’Ouest et une organisation non gouvernementale, l’Agence internationale pour l’intégration économique et sociale des personnes handicapées. Ce séminaire réunissait des spécialistes et des représentants d’organisations de handicapés de 10 pays d’Afrique de l’Ouest qui ont examiné diverses questions, commenté l’évolution de la situation et formulé des recommandations visant à mieux tenir compte des problèmes des handicapés dans les politiques et programmes de microcrédit et de microfinancement. Il était cofinancé par le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les handicapés. Le rapport du séminaire est actuellement sous presse.
III. Progrès réalisés dans l’application des normes et règles relatives aux handicapés
- De nombreuses mesures novatrices visant à faire connaître et appliquer les normes et règles relatives aux handicapés sont mises au point dans les ateliers de formation, les colloques universitaires et autres instances d’échanges techniques et sont par la suite utilisées par les décideurs. Comme nous l’avons vu plus haut, le Gouvernement de la République dominicaine a organisé, en collaboration avec la communauté non gouvernementale, un atelier de formation sur les Règles pour l’égalisation des chances des handicapés. C’était la première fois qu’un tel atelier réunissait des spécialistes d’Amérique centrale et des pays hispanophones des Caraïbes. Après avoir examiné et analysé les 22 règles à la lumière de la situation des pays de la sous-région, les participants ont élaboré un plan d’action sur l’égalisation des chances et procédé à un examen analytique des propositions de révision de la Classification internationale des handicaps : déficiences, incapacités et désavantages3. L’atelier était cofinancé par le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les handicapés. Son rapport, ainsi que les observations sur les révisions de la Classification, peuvent être consultés sur Internet à l’adresse suivante : http://www.un.org/esa/socdev/disttre.htm.
- En collaboration avec une organisation non gouvernementale, le World Institute on Disability, la faculté de droit Boalt Hall de l’Université de Californie à Berkeley (États-Unis) a organisé une réunion consultative d’experts sur les normes et règles internationales relatives aux handicapés (Berkeley, 8-12 décembre 1998). Les 13 spécialistes du droit et de l’analyse des politiques présents, qui représentaient toutes les régions et les systèmes juridiques du monde et participaient à la réunion à titre personnel, ont débattu de la prise en compte des normes et règles internationales dans les législations nationales et ont formulé des recommandations concernant l’élaboration de législations nationales prenant en considération les besoins des handicapés et de textes législatifs types. Les conclusions de la réunion ont été examinées lors d’une réunion publique (Berkeley, 11 décembre 1998), organisée en collaboration avec le World Institute on Disability, à laquelle participaient des représentants de la société civile, du monde universitaire et d’organisations non gouvernementales. Cette réunion était cofinancée par le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les handicapés. Le rapport analytique de la réunion est actuellement sous presse.
IV. Autres thèmes prioritaires
A. Enfants handicapés
- La question des enfants handicapés a été examinée à la trente-cinquième session de la Commission du développement social, dont les recommandations ont été approuvées par le Conseil économique et social dans sa résolution 1997/20. Comme suite à cette résolution, la Division des politiques sociales et du développement social du Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l’ONU participe à des activités du Groupe de travail international à composition non limitée sur les handicapés et le développement, Groupe de travail qui est le lieu d’échange de vues et où sont adoptées des mesures communes par les organisations internationales, les organisations non gouvernementales internationales, les institutions bilatérales de coopération pour le développement et les départements et ministères techniques nationaux. Le Groupe s’emploie actuellement, entre autres activités, à élaborer une stratégie d’information permettant aux membres intéressés de diffuser des informations à l’intention de tous ceux qui s’intéressent à la situation sociale et économique des enfants et des jeunes adultes handicapés. À la dernière réunion du Groupe, tenue à Washington en septembre 1998, le consultant auprès de la Banque mondiale pour les politiques relatives aux handicapés, Robert L. Metts, a passé en revue les aspects économiques et sociaux des incapacités et indiqué les moyens qui s’offrent à la Banque mondiale pour aider les pays, sur leur demande, à accroître la participation des handicapés au développement.
- En août 1998, le Ministère de la santé de la République d’Arménie a organisé une Conférence internationale interministérielle sur les enfants handicapés (Erevan, 17‑18 août 1998), à laquelle ont pris part des spécialistes internationaux, des représentants d’organisations internationales intéressées, le Rapporteur de la Commission du développement social pour les handicapés, M. Bengt Lindqvist, et des spécialistes nationaux. La Conférence a été le cadre d’un examen global et intégré de la situation des enfants handicapés afin de déterminer les politiques à suivre.
B. Auxiliaires : les fauteuils roulants
- La mise au point, l’essai, l’évaluation et la diffusion d’auxiliaires étant déterminants pour faciliter à tous l’accès aux infrastructures, la Division des politiques sociales et du développement social a collaboré au cours de la période considérée avec Whirlwind Wheelchair International et l’École d’ingénieurs de l’Université d’État de San Francisco (États-Unis) à l’organisation et à la réalisation d’études comparées et d’échanges techniques sur le renforcement des capacités nationales en matière de fauteuils roulants. Il ressort des données fournies par Whirlwind Wheelchair International qu’il faudrait 20 millions d’engins d’ici à 2020 pour satisfaire les besoins prévus des handicapés dans les pays en développement, ce qui nécessiterait des ressources estimées à 4 milliards de dollars des États-Unis. L’étude commune et les échanges officieux ont fait ressortir trois facteurs qui influent sur la promotion des facilités d’accès et de la mobilité pour tous :
- Le cadre institutionnel concernant les questions de mobilité et d’accessibilité, dans lequel sont définies les priorités et les options en matière de plans, de programmes et de budgets;
- Le cadre des ressources nécessaires pour assurer la mobilité et l’accessibilité, qui englobe les ressources financières nécessaires pour développer les potentialités humaines et les infrastructures sociales et les ressources techniques et de gestion nécessaires pour traduire les politiques en mesures pratiques, soutenues et efficaces;
- Le cadre de coordination, qui permette d’assurer la cohérence entre les politiques et les mesures prises par les diverses institutions de la société et offre un mécanisme de consultation entre les parties intéressées.
- À la suite de l’étude commune, Whirlwind Women, membre du groupe Whirlwind Wheelchair International, a organisé, en coopération avec le Ministère pour l’égalité des sexes et le développement communautaire de la République d’Ouganda, un atelier de formation sur les femmes handicapées et les auxiliaires de la mobilité; atelier qui a été financé en partie par le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les handicapés. D’autres initiatives sont actuellement mises en oeuvre en Équateur et au Guyana avec le concours du Fonds.
V. Décennie Asie-Pacifique pour les handicapés (1993-2002)
- Par la résolution 48/3 du 23 avril 1993, les États membres de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) ont proclamé les années 1993-2002 Décennie Asie-Pacifique pour les handicapés, qui a pour objectif d’assurer aux handicapés une pleine participation et l’égalité des chances. Pendant la période considérée, le secrétariat de la Commission a entrepris, en collaboration avec des États membres intéressés et des organisations non gouvernementales, les activités concrètes présentées ci-après.
A. Promotion d’une société sans barrières
- L’amélioration des conditions de vie des divers groupes de handicapés continue de figurer parmi les priorités de la CESAP. La Décennie Asie-Pacifique pour les handicapés vise à promouvoir la participation active des handicapés au processus de développement. L’établissement de réseaux et la coopération à l’échelle régionale battent leur plein. Le principal mécanisme à l’oeuvre dans cet effort est le Sous-Comité pour les problèmes concernant les handicapés du Comité régional interinstitutions pour l’Asie et le Pacifique. La CESAP fait office de secrétariat pour le Sous-Comité, dont les membres comprennent des organismes des Nations Unies, des organisations gouvernementales et non gouvernementales s’intéressant à la coopération régionale touchant les questions liées à la Décennie.
- Pendant l’exercice biennal 1996-1997, la CESAP a publié huit volumes d’informations techniques en appui à l’application du Programme d’action de la Décennie. Ceux-ci font actuellement l’objet d’un examen pour en vérifier l’exactitude et les rendre accessibles avant leur publication sur le site Internet de la Décennie (http://www.unescap. org/decade). Les monographies portent sur les auxiliaires, la législation, la réadaptation communautaire et les organisations d’auto-assistance de handicapés.
- Tirant parti de ses précédents travaux sur la promotion d’un environnements adapté pour les handicapés, la CESAP a élaboré un projet de guide pour la formation de handicapés en tant que formateurs spécialisés dans la convivialisation du milieu de vie. Le projet de guide sera mis à l’essai dans trois villes : Bangalore (Inde), Penang (Malaisie) et Pattaya (Thaïlande). En vue de développper les réseaux sur les initiatives en matière d’accessibilité, un séminaire de formation de formateurs, prévu en 1999, est en cours de préparation.
- L’éducation et la technologie à l’intention des enfants et des jeunes handicapés est un nouveau domaine d’intérêt de la CESAP. On s’y emploie à définir des thèmes en collaboration avec les partenaires du Sous-Comité, et une consultation régionale couplée à une exposition est prévue pour la fin de 1999.
- À ce jour, 36 gouvernements régionaux ont signé la Proclamation concernant la pleine participation et l’égalité des personnes handicapées dans la région de l’Asie et du Pacifique.
B. Quelques expériences concernant la promotion d’un environnement adapté pour les handicapés en Asie et dans le Pacifique
- La participation à tous les programmes de développement est un droit fondamental pour tous. Cependant, ces programmes sont mis en oeuvre dans des lieux qui généralement ne sont pas accessibles aux handicapés. Dans une grande partie de la région de la CESAP, les obstacles physiques inhérents aux constructions empêchent les handicapés d’utiliser les bâtiments, les espaces reliant les aires bâties, les systèmes de transport public et autres installations et services publics. Cette situation a de graves conséquences car elle contribue à exclure les handicapés de la société. Exclus des programmes d’enseignement et de formation propres à assurer un emploi rémunérateur ou autonome, les handicapés représentent souvent une large proportion des analphabètes et des pauvres. Étant donné qu’un grand nombre de handicapés ne peuvent se déplacer librement, on ne les voit pas dans les lieux publics et on a tendance à les négliger, ne voyant en eux qu’une minorité insignifiante.
- Dans le cadre de toute une série de projets, la CESAP a pris des mesures, à la demande de gouvernements intéressés, pour susciter une prise de conscience de la nécessité d’instaurer des sociétés sans barrières. Les études de la CESAP ont clairement fait ressortir le lien qui existe entre les besoins des handicapés concernant l’accès aux infrastructures, les besoins de sociétés dont la population âgée augmente rapidement et les besoins d’autres usagers jusqu’à présent négligés, notamment les enfants, les femmes, les personnes ayant à transporter de lourdes charges et celles qui, même si elles ne se considèrent pas comme handicapées, n’en sont pas moins infirmes et ont donc les mêmes besoins que les handicapés pour ce qui est des dispositifs de sécurité et des commodités dans les espaces bâtis.
- À Bangkok, Beijing et New Delhi, l’action de la CESAP a favorisé la mise au point de méthodes types de sensibilisation à la nécessité d’adapter l’environnement aux besoins des handicapés et des personnes âgées. Dans les lieux où sont exécutés les projets pilotes dans ces trois grandes métropoles, des améliorations sont perceptibles, notamment la mise en place de rampes pour les usagers de fauteuils roulants et de passages dotés d’inscriptions en braille pour les aveugles et les malvoyants. Entre autres réalisations concrètes, des installations accessibles ont été mises en place dans les banques, les bureaux de poste et de télécommunications, les écoles, les commerces et les lieux de loisirs et d’activités culturelles. Des améliorations ont également été apportées en dehors des zones couvertes par les projets pilotes.
- Indépendamment des sites des projets, qui présentent un grand intérêt quant à la coopération technique entre pays en développement, l’action de la CESAP a favorisé l’élaboration, par des moyens autochtones, de directives techniques basées sur les principes directeurs définis par elle à l’échelle de la région concernant l’adaptation de l’environnement au bénéfice des handicapés. L’élaboration de lois sur l’accès aux infrastructures est en cours. Des modèles ont également été mis au point en vue de renforcer les capacités, dans le domaine considéré, des spécialistes et des décideurs s’occupant de divers aspects du développement des infrastructures propres aux pays en développement. Des cassettes vidéo ont été produites sur chaque projet pilote.
- La CESAP envisage de produire à partir de ces cassettes vidéo une cassette de portée générale sur les environnements sans barrières. Diverses personnes qui s’emploient dans de nombreuses villes de la région de la CESAP à promouvoir une adaptation des facilités d’accès aux infrastructures favorables aux handicapés ont accepté de participer à l’établissement de réseaux à cette fin. Ces réseaux faciliteront l’échange d’informations et de données d’expérience, y compris en matière de formation. La CESAP met à l’essai sur le terrain un projet de guide pour la formation de handicapés en tant que formateurs aux fins de la promotion d’un environnement adapté favorable aux handicapés.
VI. Conclusions
- Plusieurs des activités considérées ci-dessus ont un caractère pilote et leur évolution sera examinée dans le rapport que le Secrétaire général présentera à l’Assemblée générale à sa cinquante-quatrième session. L’Assemblée sera également informée des progrès réalisés dans certaines activités n’ayant débuté que récemment, ainsi que sur les questions techniques complexes liées aux statistiques concernant les handicapés et les facilités prévues en leur faveur à l’Organisation des Nations Unies.
- A/37/351/Add.1 et Add.1/Corr.1, annexe
- SOLIDERE, établi en coopération avec la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale.
- Publié en 1980 par l’Organisation mondiale de la santé, présentement en cours de révision.
