Développement et droits de l'homme pour tous

Journée internationale des personnes handicapées 2007 : Un travail décent pour les personnes handicapées

La célébration de la Journée internationale du handicap, le 3 décembre, a pour but de faire comprendre les problèmes liés au handicap et de mobiliser les énergies en faveur de la dignité, des droits et du bien-être des personnes atteintes d’un handicap. Elle vise également à sensibiliser sur les avantages que procure l'intégration des personnes handicapées dans tous les domaines de la vie politique, sociale, économique et culturelle. Le thème de la Journée a été choisi en fonction de l’objectif de la pleine jouissance des droits de l’homme dans l’égalité et de la participation des handicapés à la société, établi par le Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées et adopté par l’Assemblée générale en 1982.

Dans les sociétés en général, très peu de handicapés occupent des emplois lucratifs. En fait, dans la plupart des pays, jusqu’à 80% des handicapés en âge de travailler n’ont aucun emploi. La plupart des autres sont sous-employés ou bien n’auront jamais accès au marché du travail. Partout il existe un fossé énorme entre la conjoncture et les conditions d’emploi des personnes handicapées et des personnes valides. Trop souvent les personnes atteintes d’un handicap en sont réduites à gagner leur vie grâce à la mendicité, à des allocations et aides sociales, et non grâce à un emploi digne de ce nom. Le fait de priver les handicapés de perspectives, de même que les comportements négatifs, expliquent en grande partie leur absence disproportionnée sur le marché du travail.

Cette année, la Journée internationale des personnes handicapées s’intéresse à la manière d’assurer aux handicapés un travail honorable et aux moyens de mettre en valeur ce vivier de talents marginalisés. La Convention relative aux droits des personnes handicapées récemment adoptée reconnaît à l’article 27 les droits des handicapés au travail et à l’emploi au même titre que les autres personnes. Elle souligne le droit des handicapés à gagner leur vie grâce à un travail librement choisi et à travailler dans un environnement à la fois accessible et accueillant.

De nombreux pays ne possèdent pas de législation qui défende et protège les droits des employés invalides. Ceci légitime la discrimination fondée sur le handicap et empêche les personnes handicapées d’accéder au marché du travail. Cependant, la discrimination commence souvent beaucoup plus tôt dans la vie de ces personnes, lorsqu’elles se voient refuser des chances de s'insérer dans la vie active, par exemple par l’éducation ou la formation à des techniques qualifiantes, des moyens de transport accessibles pour se rendre au travail et des lieux de travail accessibles.

Les employeurs hésitent souvent à embaucher une personne handicapée, en pensant qu’il lui sera impossible de s’acquitter de ses fonctions et/ou que ce sera trop coûteux. Cette attitude naît de la peur et des préjugés, du fait qu’on prête plus attention à l’incapacité qu’aux capacités de l’individu. Néanmoins, on a pu constater que les handicapés ont de très bons résultats et des taux de fidélisation élevés, et leur assiduité est meilleure que celle de leurs collègues valides. Qui plus est, le coût des aménagements pour les travailleurs handicapés peut être minime, la plupart d’entre eux ne nécessitant aucun aménagement particulier. Des études ont prouvé que ceux qui employaient des handicapés y trouvaient leur compte, avec notamment un meilleur moral parmi le personnel et une bienveillance accrue de la part des clients.

L'assurance d’un travail décent pour les personnes handicapées varie d’un pays à l’autre et d’un endroit à un autre. Il conviendrait que les entreprises, les Gouvernements et les handicapés travaillent en étroite collaboration pour surmonter à la fois le problème du manque de débouchés, qui fait que ces personnes ne trouvent pas d’emploi, et l’attitude des employeurs.  Pour de nombreux handicapés dans les pays en développement, la seule option, c’est une activité indépendante. Les pays devraient envisager des moyens de soutenir les handicapés dans ce domaine, par exemple en les impliquant dans des projets de microcrédit et de microfinancement, qui ont d’une manière générale tenu à l’écart les handicapés comme bénéficiaires potentiels.

Dans les pays les plus développés, les personnes handicapées connaissent toujours un fort taux de chômage. Il faut que les pays continuent à réduire l’écart entre les personnes valides et invalides. La Convention se traduira par un aménagement des lieux de travail et une modification des pratiques pour les rendre plus accessibles et plus agréables. Cela voudra dire aussi que les employeurs et le monde de l’entreprise auront un plus grand rôle à jouer dans l’insertion sociale et économique des personnes handicapées.

Pour contribuer à l'application de la Convention, cette Journée internationale examinera de quelle façon les gouvernements, le secteur privé, et/ou la société civile, y compris la communauté des handicapés, pourraient favoriser l’intégration des personnes handicapées dans la vie active. Parmi ces méthodes, on peut citer des programmes comme l’emploi assisté, les entreprises sociales, les coopératives, la gestion du handicap sur le lieu de travail (maintien dans l’emploi et mesures de réinsertion), et la promotion de l’esprit d’entreprise, de l’exercice d’une activité indépendante et des petites ou micro-entreprises viables.

La Journée internationale est une chance à saisir pour les Gouvernements, les entreprises, et les personnes handicapées, l'occasion inestimable de discuter et de définir des modalités permettant aux handicapés de participer à part entière au marché du travail.

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