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Vivre avec les changements climatiques
« L'adaptation est un ajustement des systèmes naturels ou humains en réponse à des stimuli présents ou futurs ou à leurs effets, afin d'en atténuer les effets néfastes ou d'exploiter des opportunités bénéfiques. »
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
Faits et chiffres :
- Il est possible d'atténuer les dégâts que peuvent provoquer les changements climatiques en agissant rapidement pour améliorer les prédictions météorologiques saisonnières, la sécurité alimentaire, les réserves d'eau douce, les interventions en cas d'urgence et de catastrophe, les systèmes d'alerte précoce pour les famines et les couvertures d'assurance.
- Si rien n'est fait en matière d'adaptation, une augmentation des températures de 2,5 °C provoquera vraisemblablement une diminution de 0,5 à 2 % du produit intérieur brut, et ce sont les pays en développement qui subiront les plus grosses pertes.
- Les humains s'adaptent depuis des siècles aux changements climatiques. Cependant, ceux que subit la planète actuellement se produisent bien plus rapidement que ce que la Terre a connu au cours des dix derniers millénaires.
- Les pays, communautés et écosystèmes vulnérables ressentent déjà les effets des changements climatiques. Les risques associés à ces derniers sont bien réels et se constatent déjà dans beaucoup de systèmes et de secteurs essentiels à la survie humaine, y compris les réserves d'eau douce, la sécurité alimentaire et la santé. Les pays en développement sont particulièrement vulnérables. Dans la plupart des communautés vulnérables, l'impact des changements climatiques représente une menace directe pour la survie de la population. Les effets dévastateurs de phénomènes climatiques extrêmes, de la hausse des températures et de l'élévation du niveau de la mer ne feront que s'aggraver, et chacun en subira les conséquences, en particulier les pauvres.
- S'adapter à un avenir incertain – L'adaptation est un processus qui permet aux sociétés de mieux réagir face à un avenir incertain. Les options sont nombreuses, qu'ils s'agissent de possibilités techniques, comme les travaux de défense contre la mer ou les maisons sur pilotis pour résister aux inondations, ou de modifications comportementales individuelles, comme utiliser moins d'eau en cas de sécheresse. On peut citer d'autres stratégies d'adaptation : systèmes d'alerte précoce pour les phénomènes extrêmes, meilleure gestion du risque, possibilités d'assurance et conservation de la biodiversité afin de réduire l'impact du changement climatique sur les gens.
- Les pays concernés doivent élaborer des stratégies pour mieux résister à l'impact des changements climatiques, maintenant comme à l'avenir. C'est pourquoi nombre de pays en développement considèrent l'adaptation comme une de leurs priorités les plus urgentes. La communauté internationale recense les ressources, les outils et les approches nécessaires pour appuyer ces efforts.
- Le développement durable est vital. D'après le GIEC, notre vulnérabilité future dépendra non seulement des changements climatiques eux-mêmes, mais aussi du type de développement que nous poursuivrons. Le développement durable peut réduire la vulnérabilité et pour réussir, l'adaptation doit se mettre en place dans le contexte de plans de développement durable nationaux et internationaux.
Agir vite: une nécessité
- Une action rapide pour améliorer les prévisions météorologiques saisonnières, la sécurité alimentaire, les réserves d'eau douce, les interventions en cas d'urgence ou de catastrophe, les systèmes d'alerte précoce pour les famines et les couvertures d'assurance permettra de minimiser les dégâts que provoqueront de futurs changements climatiques et dans l'immédiat, l'on en tirera de nombreux bénéfices pratiques.
- Capacités d'adaptation - Bien qu'elle soit importante pour tous les pays, l'adaptation aux changements climatiques l'est encore plus pour les pays en développement, dont l'économie s'appuie en grosse partie sur des secteurs dépendant du climat, comme l'agriculture, et qui ont moins de capacités d'adaptation que les pays industrialisés.
- Eviter les pertes économiques - Si rien n'est fait en matière d'adaptation, une augmentation de la température de 2,5 °C provoquera vraisemblablement une diminution de 0,5 à 2 % du produit intérieur brut, et ce sont les pays en développement qui subiront les plus grosses pertes. Ainsi, le Sierra Leone projette que pour protéger pleinement toutes ses côtes, il lui faudra un budget d'environ 1.100 millions de dollars, soit 17 % de son PIB. Tenir compte de l'impact du climat dans les projets de développement devrait faire grimper les coûts de 5 à 20 pour cent.
- L'aide à la planification reste limitée – Selon les estimations, une toute petite portion des projets financés par l'aide publique au développement tient compte des risques climatiques au moment de la planification.
- Les retards aggravent le risque – Si les mesures d'adaptation (y compris leur financement ou une aide aux pays en développement dans ce domaine) sont prises avec retard, cela débouchera immanquablement sur une augmentation des coûts et des dangers pour un nombre accru de gens. Des manifestations importantes (sécheresse, absence de mousson ou manque d'eau provenant de la fonte des glaciers etc) pourraient entraîner d'importants mouvements de population et des conflits à grande échelle résultant de la compétition pour des ressources de plus en plus rares comme l'eau, les aliments et l'énergie.
- Importance vitale des stratégies d'adaptation – Au niveau national, il est nécessaire de lancer des stratégies d'adaptation efficaces, et notamment élargir les bases scientifiques du processus décisionnel, élaborer des méthodes et des outils d'évaluation, favoriser l'éducation, la formation et la sensibilisation du public, y compris les jeunes, renforcer les capacités individuelles et institutionnelles, veiller au développement et au transfert de technologies et encourager les stratégies locales d'adaptation. En outre, les activités initiales pourraient inclure une législation et des cadres réglementaires adéquats afin de promouvoir les activités favorisant l'adaptation. Se servir des changements climatiques comme moteur pour lancer des activités aux bénéfices multiples pourrait avoir un effet catalyseur sur la réalisation des objectifs de développement nationaux tout en contribuant à ceux liés à l'adaptation.
Ressources pour l'adaptation
- Financement durable pour l'adaptation - Si l'adaptation ne bénéficie pas d'un financement ciblé, on risque de ne pas la prendre suffisamment en compte et de se limiter à un financement « réactif », tel les secours d'urgence à court terme, ce qui ne correspond pas aux objectifs de développement durable et peut se révéler extrêmement coûteux.
Les gouvernements membres de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont proposé des possibilités de financement pour les projets d'adaptation, notamment par l'entremise de la Caisse du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) ainsi que trois fonds spéciaux : le Fonds pour les pays les moins avancés, le Fonds spécial pour les changements climatiques et le Fonds d'adaptation prévu par le Protocole de Kyoto.
Exemples d'adaptation
- On peut citer comme exemples d'adaptation le drainage partiel du lac glaciaire de Tsho Rolpa au Népal, les changements stratégiques dans les modes de subsistance des Inuit en réponse au dégel du pergélisol à Nuvanu (Canada) et la fabrication de plus en plus fréquente de neige artificielle dans les stations de ski européennes, australiennes et nord-américaines.
- En prévision des futurs changements de climat, les planificateurs tiennent compte de la montée du niveau de la mer pour la construction d'infrastructures comme le Pont de la Confédération au Canada ou pour la gestion des zones côtières au Etats-Unis et aux Pays-Bas.
- La régression des glaciers et les crues des lacs glaciaires sont des problèmes majeurs liés au changement climatique. Au Bhoutan, un projet du FEM mis en place par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) améliore les capacités d'adaptation dans les vallées de Punakha-Wangdi et de Chamkar : renforcement de la gestion des catastrophes, baisse du niveau du lac Thortomi et installation d'un système d'alerte précoce.
- En Colombie, le projet national intégré d'adaptation promeut les mesures d'adaptation dans le massif de Las Hermosas (Cordillère centrale des Andes), notamment en régularisant le débit des eaux pour la production d'énergie hydraulique et le maintien des services environnementaux dans cet important écosystème montagneux.
- Kiribati est l'une des nations les plus vulnérables au monde, car elle occupe 33 atolls de faible altitude au centre et à l'ouest de la région Pacifique. Un programme d'adaptation fournit aux communautés vulnérables les informations et les moyens dont elles ont besoin pour améliorer leurs capacités d'adaptation, y compris la gestion, la conservation, la restauration et l'exploitation durable de la biodiversité, la protection et la gestion des mangroves et des récifs coralliens et le renforcement des capacités gouvernementales pour qu'elles intègrent pleinement l'adaptation dans la planification économique.
- Au Mozambique, un projet du FEM intègre le climat dans les pratiques de gestion durable des terres afin de réduire l'impact des manifestations météorologiques extrêmes sur les populations et les écosystèmes.
- Le PNUD et la Banque mondiale lancent une série de projets du FEM qui aideront les communautés africaines à évaluer les risques et les options à leur portée pour gérer les risques sanitaires, de sécheresse ou d'inondations côtières.