Partenaires du système de l'ONU sur les changements climatiques
* en anglais
information > Faits et chiffres
Les conséquences pour l'avenir
« Beaucoup de systèmes naturels, sur tous les continents et dans certains océans, sont touchés par les changements climatiques régionaux, en particulier le réchauffement climatique ».
« Changements climatiques 2007 »
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
Faits et chiffres :
- Les communautés les plus pauvres sont les plus vulnérables face aux changements de climat.
- Le niveau moyen mondial de la mer devrait augmenter de 28 à 58 cm d'ici la fin du XXIème siècle (par rapport aux niveaux de 1989-1999) suite à l'expansion du volume des océans et la fonte des glaciers.
- 20 à 30 pour cent des espèces courent un risque accru d'extinction.
- Il y aura des vagues de chaleur plus importantes, des changements dans la direction des vents, des sécheresses de plus en plus graves dans certaines régions, des précipitations plus importantes dans d'autres.
Réchauffement climatique, risques accrus
- Dans toutes les régions du monde, plus le réchauffement s'accélère, plus il risque de causer des dommages. Le climat ne réagit pas immédiatement aux émissions, qui peuvent s'accumuler pendant des années, voire des décennies dans l'atmosphère. Et à cause de l'effet retardateur des océans – qui absorbent puis libèrent la chaleur plus lentement que l'atmosphère – les températures de surface ne réagissent pas immédiatement aux émissions de gaz à effet de serre. Par conséquent, les changements climatiques continueront pendant des centaines d'années après la stabilisation des concentrations atmosphériques.
Changements néfastes dans le cycle hydrologique
- La hausse des températures est déjà en train de provoquer une accélération du cycle hydrologique. Si l'atmosphère se réchauffe, elle retient l'humidité, devient moins stable et entraîne une plus grande pluviométrie, en particulier sous forme de fortes précipitations. Le réchauffement accélère aussi l'évaporation. Ces changements dans le cycle de l'eau aura pour effet net une diminution de la quantité et de la qualité de l'alimentation en eau douce dans toutes les grandes régions. En même temps, la direction des vents et la trajectoire des tempêtes risquent, elles aussi, de changer. L'intensité (mais non la fréquence) des cyclones tropicaux devraient augmenter, avec des pointes de vent et des précipitations plus importantes.
Augmentation des risques sanitaires
- Les changements climatiques vont modifier de plus en plus fréquemment la distribution des moustiques responsables du paludisme et d'autres vecteurs de maladies infectieuses, bouleverser la distribution saisonnière de certains pollens allergènes et accroître le risque de vagues de chaleur. D'autre part, il devrait y avoir moins de décès dus au froid.
Une biodiversité menacée
- La faune et la flore – déjà menacées dans leur diversité par la destruction des habitats et autres stress anthropiques – vont devoir relever d'autres défis dus aux changements climatiques. Beaucoup d'écosystèmes réagissent déjà aux réchauffement climatique en avançant vers les pôles ou sur les flancs des montagnes. Certaines espèces ne survivront pas à la transition et 20 à 30 % d'entre elles courent un risque accru d'extinction. Les écosystèmes les plus vulnérables comprennent les récifs coralliens, les forêts boréales (sub-arctiques), les habitats de montagne et ceux qui dépendent du climat méditerranéen.
Montée du niveau de la mer
- L'estimation la plus fiable de l'élévation du niveau de la mer d'ici la fin du XXIème siècle, suite à l'augmentation du volume des océans et à la fonte des glaciers, est de 28 à 58 cm par rapport aux niveaux de 1989-1999. Les inondations et l'érosion côtières s'en trouveront aggravées.
- On ne peut exclure une augmentation du niveau de la mer de plus d'un mètre d'ici 2100 si les calottes glaciaires continuent de fondre sous l'effet du réchauffement climatique. Les dernières données indiquent que les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique s'amenuisent lentement et contribuent à la montée des eaux. Il y a environ 125 000 ans, les régions polaires ont connu une température nettement plus chaude qu'aujourd'hui pendant une période prolongée, et la fonte des glaces polaires a entraîné une élévation du niveau de la mer de 4 à 6 mètres. La montée des eaux a une inertie considérable, et elle se poursuivra pendant des siècles.
- La température des océans augmentera, elle aussi, ce qui affectera la vie marine. Ainsi, au cours des quarante dernières années, le planton de l'Atlantique nord a migré de dix degrés de latitude en direction du pôle. De même, l'acidification des océans suite à l'absorption de monoxyde de carbone impacte sur la capacité des coraux, escargots de mer et autres espèces de sécréter leur coquille ou leur exosquelette.
Ce sont les plus vulnérables qui sont les plus touchés
- Ce sont les communautés les plus pauvres qui seront le plus exposées aux impacts des changements climatiques, car elles disposent de moins de ressources pour investir dans la prévention et l'atténuation de leurs effets. Certaines des populations les plus à risque sont les paysans pratiquant l'agriculture de subsistance, les populations autochtones et celles qui vivent le long des côtes.
Impacts régionaux
- Il est plus difficile d'anticiper les changements climatiques au niveau régional que mondial. Cependant, d'énormes progrès ont été faits ces dernières années, ce qui permet aux scientifiques de tirer les conclusions suivantes :
- Afrique – Très vulnérable aux changements climatiques et à la variabilité du climat à cause d'une pauvreté endémique, de la faiblesse de ses institutions et de catastrophes et conflits complexes. La sécheresse s'est étendue et aggravée depuis les années 1970 et le Sahel et l'Afrique australe ont déjà connu un climat plus sec au cours du XXème siècle. L'alimentation en eau et la production agricole seront sans doute gravement compromis. Les récoltes pourraient diminuer de 50 % d'ici 2020 dans certains pays et de grandes régions où l'agriculture est marginale risquent de devoir abandonner toute production. Les forêts, les herbages et autres écosystèmes naturels sont déjà en train de changer, surtout en Afrique australe. A l'horizon 2080, la surface des terres arides ou semi-arides se sera sans doute accrue de 5 à 8 % en Afrique.
- Antarctique – Ce continent est difficile à comprendre et se prête mal aux prédictions. En dehors de la péninsule antarctique, qui se réchauffe rapidement, les températures et les chutes de neige sont restées relativement constantes sur l'ensemble du continent ces 50 dernières années. Comme le continent gelé stocke près de 90 % de l'eau douce de la planète, les chercheurs restent attentifs au moindre signe de fonte de ses glaciers et calottes glaciaires.
- Arctique – Les températures moyennes de l'Arctique ont crû près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ces cent dernières années. L'étendue annuelle moyenne de la glace arctique a rétréci de 2,7 % par décennie et de larges superficies de l'océan arctique pourraient perdre leurs glaces pérennes d'ici la fin du XXIème siècle si les émissions humaines se situent dans la moyenne supérieure des estimations actuelles. L'Arctique a une importance particulière parce que les changements qui s'y produisent ont des répercussions planétaires. Par exemple, si la glace et la neige fondent, l'albédo de la Terre décroît et piège la chaleur qui, normalement, aurait dû être reflétée, ce qui accélère le réchauffement en surface.
- Asie – D'ici 2050, plus d'un milliard d'individus pourraient subir le contrecoup d'une diminution des ressources en eau douce, en particulier dans les grands bassins fluviaux. La fonte des glaciers de l'Himalaya, qui devrait accroître les crues et les avalanches de rochers, aura une influence sur l'alimentation en eau dans les 20 ou 30 années à venir. Si les glaciers reculent, le débit fluvial s'amenuise. Les zones côtières, surtout dans les immenses deltas surpeuplés, seront plus exposées à des inondations marines ou, dans certains cas, aux crues des fleuves.
- Australie et Nouvelle-Zélande – Stress accru sur l'alimentation en eau et l'agriculture, modification des écosystèmes naturels, couverture neigeuse saisonnière plus mince et recul des glaciers. Au cours des dernières décennies, il y a eu des vagues de chaleur plus nombreuses, moins de périodes de gel et plus de pluie dans le nord-ouest de l'Australie et le sud-ouest de la Nouvelle-Zélande, moins de pluie dans le sud et l'est de l'Australie et le nord-est de la Nouvelle-Zélande et des sécheresses plus intenses en Australie. Il est à peu près certain que le climat du XXIème siècle sera plus chaud, qu'il y aura des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, des incendies, des inondations, des glissements de terrain, des sécheresses et des ondes de tempête.
- Europe – Les glaciers et le pergélisol fondent, la saison de végétation s'allonge et des climats extrêmes – comme la catastrophique vague de chaleur de 2003 – se multiplient. Selon les chercheurs, les régions au nord de l'Europe vont connaître des étés plus chauds, des précipitations plus abondantes, une extension des forêts et une productivité agricole accrue. Les régions méditerranéennes connaîtront des étés plus chauds, moins de précipitations, plus de sécheresses, un recul des forêts et une productivité agricole moindre. L'Europe possède un grand nombre de zones côtières basses et vulnérables face à la montée du niveau de la mer et beaucoup d'espèces végétales, de reptiles, de créatures amphibies et autres courent un risque d'extinction d'ici la fin du siècle.
- Amérique latine – Les forêts tropicales de l'est de l'Amazonie et du sud et du centre du Mexique devraient céder graduellement la place à la savane. Des régions du nord-est du Brésil et la plus grande partie du nord et du centre du Mexique vont devenir plus arides tant à cause des changements climatiques que de la gestion des sols par les hommes. A l'horizon 2050, il est hautement probable que 50 % des terres agricoles connaîtront la désertification et la salinisation.
- Amérique du Nord – Les changements climatiques limiteront les ressources en eau déjà lourdement grevées par la demande croissante des secteurs agricole et industriel et des villes. L'enneigement en montagne continuera de diminuer sous les effets du réchauffement climatique alors que l'évaporation augmentera, ce qui modifiera la disponibilité saisonnière de l'eau. La baisse du niveau de l'eau dans les Grands Lacs et les grands systèmes fluviaux affectera la qualité de l'eau, la navigation, les loisirs et l'hydroélectricité. Les incendies de forêt et les infestations d'insectes ne feront qu'empirer dans un monde plus chaud aux sols plus secs. Au cours du XXIème siècle, la pression exercée sur les espèces pour qu'elles remontent vers le nord et des altitudes plus élevées altérera les écosystèmes nord-américains de façon fondamentale.
- Petits États insulaires – Ceux-ci sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques, leur petite taille les exposant plus aux catastrophes naturelles et aux chocs extérieurs, en particulier la montée du niveau de la mer et les menaces qui pèsent sur leurs ressources en eau douce.