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* en anglais
Note d'information du SecrÉtaire gÉnÉral *
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1. Les changements climatiques sont l’une des menaces les plus complexes, les
plus multiformes et les plus graves qui planent sur le monde. La riposte à cette
menace est étroitement liée aux préoccupations pressantes que sont le
développement durable et l’équité dans le monde; la vulnérabilité et la résilience;
l’économie, la réduction de la pauvreté et la société; et le monde que nous voulons
léguer à nos enfants.
2. Notre climat change du fait essentiellement des émissions causées par
l’homme. Il devient moins stable, plus fluctuant et plus chaud : les températures
moyennes de surface ont augmenté de 0,74°C dans le monde durant les 100
dernières années. Les variations normales augmentant, les saisons arrivent à des
moments différents; les glaciers fondent; le niveau des mers monte. Les phénomènes
climatiques extrêmes vont probablement devenir plus fréquents et plus rigoureux.
Déjà, en partie à cause des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur, les
récoltes se perdent, des conflits éclatent et le nombre de morts et les souffrances
humaines augmentent constamment. À mesure que la planète se réchauffe, il est fort
probable que les inondations et les sécheresses se produiront plus fréquemment et
avec plus d’intensité dans de multiples régions du monde.
3. Les changements climatiques ne sont pas seulement une question
d’environnement; ils ont des conséquences qui sont clairement d’ordre économique
et social. Ils sont indissolublement liés au programme plus vaste pour un
développement durable, notamment le défi que représente la réduction de la
pauvreté. Les changements climatiques auront des conséquences démesurément
graves pour les plus démunis et les plus vulnérables des collectivités du monde, et
risqueront de placer les objectifs du Millénaire pour le développement hors de
portée, si des mesures ne sont pas prises dès maintenant. Mais les liens entre les
changements climatiques et le développement vont bien au-delà de l’adaptation. Le problème des changements climatiques appelle une solution à long terme qui soit équitable, durable et fondée sur le droit des pays en développement d’assurer leur
croissance économique.
4. En 1992, les dirigeants mondiaux se sont réunis à Rio de Janeiro à l’occasion
de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement,
également connue comme le Sommet « Planète Terre ». Ils y ont notamment adopté
la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui a été
ratifiée par 191 pays et demeure la référence centrale pour la politique mondiale
relative aux changements climatiques. Cinq années plus tard a été adopté le
Protocole de Kyoto, qui est ensuite entré en vigueur en 2005. La Conférence des
Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
prévue à Bali1 (Indonésie) en décembre 2007 sera un moment décisif pour
déterminer l’avenir de l’action internationale à mener en ce qui concerne les
principaux éléments de la riposte mondiale face aux changements climatiques, à
savoir l’atténuation des effets, l’adaptation, la technologie et le financement.1
5. Pour préparer la voie aux négociations de décembre et à celles qui suivront, et
étant donné que les dirigeants ont clairement fait comprendre au Secrétaire général,
par l’intermédiaire de ses trois envoyés spéciaux pour les changements climatiques,
qu’il fallait agir d’urgence, le Secrétaire général a décidé de convoquer les
dirigeants mondiaux afin qu’ils examinent le défi que représentent les changements
climatiques. Cette réunion de haut niveau n’est pas du tout une négociation : les
négociations officielles entre pays devraient toujours se dérouler sous les auspices
de la Convention. Mais face à une question aussi pressante, il est essentiel que les
dirigeants mondiaux aient la possibilité, dans une optique d’avenir, de tracer la voie
à suivre. De cette manière, la Conférence de Bali recevra un signal politique fort
montrant que les gouvernements sont disposés à accélérer les activités à mener au
titre de la Convention.
6. Dans cet ordre d’idées, les vues des dirigeants mondiaux sont sollicitées sur
les domaines centraux de la politique mondiale relative aux changements
climatiques : l’adaptation aux effets des changements climatiques et le renforcement
de la résilience, le plein usage de la technologie et de l’innovation, le financement
de la riposte et les efforts nécessaires pour stabiliser le niveau des émissions de gaz
à effet de serre dans l’atmosphère. La présente brève note de réflexion donne un
aperçu de chacun de ces points et propose des questions afin de provoquer le débat.
Les quatre domaines se chevauchent tout naturellement : il ne s’agit pas de les
cloisonner, mais plutôt de faire ressortir les liens réciproques entre eux.
7. Le défi mondial sans précédent que constituent les changements climatiques
mettra, plus que jamais auparavant, à rude épreuve la capacité de l’humanité de
résoudre des problèmes communs. Les changements climatiques ne sont pas
simplement une menace qui dépasse les frontières entre nations; ils franchissent
également les limites entre de nombreux domaines – qu’il s’agisse de l’énergie ou
des transports, de la sécurité alimentaire ou de la gestion des ressources en eau, du
comportement individuel ou de la gouvernance mondiale. Mais par-dessus tout, les
changements climatiques interpellent l’humanité pour qu’elle envisage les
problèmes à des horizons bien plus éloignés que nous n’avions l’habitude de le faire
ces dernières années. En définitive, la plus grande responsabilité qui incombe à
chacun de nous c’est celle vis-à-vis de nos enfants et vis-à-vis de l’avenir.
Le dÉfi de l’adaptation : de la vulnÉrabilitÉ À la rÉsilience
8. Même si un cadre global pour la stabilisation de la concentration des gaz à
effet de serre était arrêté demain, le réchauffement et l’élévation du niveau des mers
dus à l’activité humaine se poursuivraient pendant des siècles encore et une stratégie
mondiale d’adaptation resterait essentielle. Une telle stratégie serait avant tout
fondée sur le développement durable et la satisfaction des besoins des pays en
développement – en particulier des petits États insulaires en développement et des
pays les moins avancés. Ces pays sont ceux qui ont le plus à perdre des
changements climatiques et sont les moins capables de s’adapter à leurs effets,
même s’ils sont encore ceux qui ont contribué le moins à causer le problème.
9. Le travail d’adaptation est rarement constitué d’efforts isolés ne s’inscrivant
dans aucun des autres domaines d’intervention. De fait, pour qu’elles soient
efficaces, les stratégies d’adaptation nationales doivent être intégrées aux systèmes
économiques, sociaux et de gouvernance des pays et solidement enracinées dans la
planification de la politique nationale dans tous les secteurs. Nombre de pays en
développement envisagent déjà d’élaborer leurs propres programmes et plans
d’action nationaux d’adaptation. La coopération régionale revêt une importance de
plus en plus grande, car les effets des changements climatiques feront totalement fi
des frontières entre nations.
10. L’adaptation aux effets des changements climatiques doit être une entreprise
mondiale, exigeant une manifestation de solidarité sans précédent entre les pays. En
particulier, toute stratégie d’adaptation mondiale intégrée doit absolument
comprendre un apport des pays développés vers les pays en développement, d’un
financement et d’une assistance considérablement accrues pour le renforcement des
capacités. L’importance du mécanisme financier de la Convention et du Fonds
d’adaptation du Protocole de Kyoto ne pourra être niée et il faudra sensiblement
renforcer ces mécanismes.
11. Une assistance financière extérieure sera nécessaire pour aider les pays en
développement dans le domaine de l’adaptation. En particulier, cette assistance
devra être destinée aux secteurs et aux pays déjà fortement tributaires de l’appui
extérieur, comme par exemple les secteurs de l’agriculture et de la santé dans les
pays les moins avancés ou les infrastructures côtières dans les petits États insulaires
en développement et d’autres pays en développement très vulnérables devant
l’élévation du niveau des mers. Les effets de la variabilité de plus en plus grande du
climat sur les écosystèmes, ainsi que ceux de la désertification, des sécheresses et de
l’insécurité alimentaire, notamment en Afrique, doivent également bénéficier d’un
rang de priorité tout aussi élevé.
12. Le partage de l’information et des connaissances entre gouvernements est
également un secteur à améliorer; par exemple, savoir quelles stratégies
d’adaptation ont été efficaces et où. Il faut par ailleurs de bien meilleures données
sur les effets prévus des changements climatiques pour aider les pays à se préparer.
Si à l’échelle mondiale, les effets prévus sont de plus en plus clairs, les données sur
les conséquences aux niveaux régional, national et local sont beaucoup plus
limitées.
13. Avant tout, les États et les organismes internationaux seront invités à
s’informer pleinement des avantages du renforcement de la résilience, selon une
conception du monde essentiellement centrée sur la gestion de changements
attendus. Si la réduction des émissions de gaz à effet de serre est indispensable pour
diminuer les risques de catastrophes futures, une tâche à laquelle il faut
immédiatement s’atteler pour renforcer la résilience des collectivités consiste à se
préparer à des conditions météorologiques plus extrêmes encore grâce à des
programmes de réduction des risques de catastrophes, prévoyant par exemple une
plus grande sensibilisation du public aux risques, la mise en place de systèmes
d’alerte avancée et la préparation en prévision des catastrophes. Le Cadre d’action
de Hyogo pour le renforcement de la capacité de récupération des pays et des
collectivités face aux catastrophes énonce un plan convenu pour réduire la
vulnérabilité à des changements climatiques ou météorologiques sévères et s’adapter
à une aggravation éventuelle des extrêmes climatiques dans l’avenir.
14. Malgré toute l’incertitude, nous savons que s’attaquer aux vulnérabilités est un
bon moyen de renforcer la résilience face aux effets futurs des changements
climatiques. La croissance économique est essentielle pour réduire la vulnérabilité :
un volume accru de ressources signifie l’accès à la technologie, d’autres moyens de
subsistance et la protection contre les phénomènes climatiques extrêmes. Dans le
contexte des catastrophes naturelles et de l’environnement, la résilience consiste,
dans le long terme, à pouvoir assurer les services fondamentaux et à disposer des
ressources, même s’il faut en même temps s’adapter à des chocs et à des
changements complexes. Inclure la « notion de résilience » dans les politiques et la
pratique sera une tâche majeure pour tous les citoyens du monde tout au long du
nouveau siècle.
Questions à examiner
- Comment les stratégies d’adaptation peuvent-elles être mieux intégrées à l’élaboration des politiques et à la planification du développement à l’échelle nationale?
- Comment les effets des changements climatiques influeront-ils sur les perspectives de développement durable, notamment la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement? Comment les mesures prises pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement peuvent-elles aider à renforcer la résilience?
- Comment les organismes concernés des Nations Unies ainsi que le système international dans son ensemble peuvent-ils collaborer avec les pays en développement pour renforcer la résilience de ces derniers?
- Quels mécanismes et cadres internationaux sont nécessaires pour faire face à la menace que les changements climatiques font planer à long terme sur le développement durable, notamment sur la sécurité alimentaire, la sécurité de l’approvisionnement en eau et la sécurité sanitaire dans le monde?
Un monde nouveau, respectueux du climat : rÔle de la technologie et sa diffusion
15. La technologie jouera un rôle essentiel dans la riposte à apporter aux
changements climatiques, parce qu’elle permettra de s’attaquer à ses causes aussi
bien que de s’adapter à ses effets. Un appui massif s’avère donc nécessaire pour
mettre en place les technologies nécessaires. La plupart des technologies requises
pour accélérer la lutte contre les changements climatiques sont déjà disponibles. Des
domaines tels que l’amélioration du rendement énergétique et l’utilisation
rationnelle de l’énergie à obtenir par le changement de comportement, les énergies
renouvelables, les technologies économes en eau, les semences xérophiles et la
restauration des sols peuvent déjà déboucher sur une réduction des émissions totales
et sur des mesures tendant à l’adaptation à l’échelle requise dans le long terme. Mais
quatre conditions doivent être réunies.
16. Premièrement, les technologies émettant peu de carbone sont souvent
considérées comme plus onéreuses que les technologies actuelles faisant appel à des
carburants fossiles. Ce problème s’atténuera à mesure que la demande de
technologies moins polluantes augmentera, que des facteurs qui comptent dans les
coûts environnementaux sont pris en considération et que les distorsions des prix
courants sont redressées. Mais ce processus ne peut commencer que si le marché est
convenablement préparé par des politiques appropriées et que si les marchés du
carbone continuent de se développer. Ces dernières années, on a assisté à la mise en
place de toute une série de moyens d’action conçus pour parvenir à cette fin; il
s’agit maintenant de regrouper ces diverses stratégies en un tout cohérent.
17. Deuxièmement, il existe souvent des obstacles colossaux à l’adoption de
technologies moins polluantes. Ces obstacles sont le comportement humain, par
exemple le fait de persuader des individus d’utiliser l’énergie de façon plus efficace,
la nécessité d’investir suffisamment dans l’infrastructure pour les énergies
nouvelles. Ici également, un large éventail de politiques novatrices sera nécessaire
pour surmonter les obstacles, les acteurs non étatiques aussi bien que les États et les
organismes internationaux intervenant sur ce plan.
18. Troisièmement, un appui massif sera également nécessaire en faveur de la
recherche-développement dans le domaine des nouvelles technologies, telles que le
piégeage et le stockage du carbone, des systèmes faisant appel à des piles hydrogène
et à combustible, des systèmes de stockage de l’énergie et les microcentrales, des
technologies énergétiques moins polluantes, des systèmes d’alerte avancée pour les
phénomènes climatiques extrêmes et la biotechnologie, ce qui à son tour réclamera
tout un train de mesures d’appui de l’État.
19. Quatrièmement, le transfert de technologies des pays développés aux pays en
développement et, de plus en plus, entre pays en développement eux-mêmes sera
nécessaire comme jamais auparavant. Aujourd’hui, bon nombre de pays en
développement connaissant une croissance rapide réalisent des investissements
considérables de l’ordre de milliards de dollars dans les équipements tels que ceux
requis pour l’infrastructure et la production d’énergie, équipements qui seront
utilisés pendant 30 ans ou davantage. La question de savoir si de tels
investissements contribuent au développement durable est un problème majeur pour
ce qui est de l’avenir à long terme qui se décide maintenant. Un marché du carbone
qui fonctionne correctement sera probablement un élément primordial de tout
dispositif futur d’atténuation des effets.
20. Nombre de pays en développement prennent déjà d’importantes mesures
nationales. Mais un cadre incitatif mondial très puissant s’avère indispensable pour
réaliser le transfert de technologie à l’échelle requise. Les objectifs ambitieux des
pays développés pourraient entraîner une demande accrue de droits d’émission que
le mécanisme pour un développement propre engendre, ce qui contribue à accélérer
le processus de mise au point et de mise en place de technologies non polluantes,
tout en réalisant les objectifs de développement durable.
21. Toute stratégie visant à améliorer la mise en place de la technologie reposera
probablement en particulier sur le rôle du secteur privé en tant qu’acteur primordial.
Les politiques les plus efficaces seront vraisemblablement fondées sur une bonne
compréhension des conditions qui inciteront les entreprises à investir à l’échelle
requise, notamment la fiabilité des dispositifs réglementaires et le maintien du
marché du carbone.
Questions à examiner
- Quels mécanismes accéléreront la mise en place de technologies d’adaptation et d’atténuation qui présentent le plus de possibilités pour les différents pays et les différentes régions?
- Quel devrait être le rôle du financement de la lutte contre les émissions de carbone, des échanges de droits d’émission, des réglementations et d’autres initiatives menées par l’État dans la réalisation d’investissements dans des technologies non polluantes? Quel est le rôle du secteur privé et comment peut-on renforcer les flux d’investissements privés dans des technologies écologiquement rationnelles?
- Comment les accords multilatéraux et bilatéraux de coopération commerciale peuvent-ils créer les conditions incitant à mettre en place des technologies écologiquement rationnelles?
- Comment peut-on rendre les investissements actuels dans l’infrastructure plus respectueux du climat?
Financement des interventions pour faire face aux changements climatiques : investir dans l’avenir
22. La lutte contre les changements climatiques impliquera une réorientation
importante des modes d’investissement dans une multitude de secteurs, comprenant
la production d’énergie, l’industrie, le cadre bâti, les déchets, les transports,
l’agriculture et la foresterie. Dans nombre de ces secteurs, la durée de vie des
équipements peut atteindre, voire dépasser 30 ans : aussi les décisions en matière
d’investissement prises aujourd’hui influeront-elles sur les émissions de carbone
dans le monde pendant de nombreuses années encore.
23. Le problème est exacerbé par le fait que le montant total des investissements
dans les avoirs physiques doit, selon les prévisions, tripler entre 2000 et 2030,
20 000 milliards de dollars étant prévus pour faire face rien qu’aux besoins du
secteur de l’approvisionnement en énergie. Une forte proportion de ces
investissements sans précédent sera réalisée dans les pays en développement. La
politique climatique internationale doit créer des conditions propices qui permettent,
autant que faire se peut, d’orienter ces investissements vers des options plus viables
et non vers des cas de non-viabilité garantie.
24. En ce qui concerne l’action sur les changements climatiques dans le domaine
de l’atténuation des effets, le défi de l’investissement est double. En premier lieu, il
faut trouver des moyens d’orienter les investissements en cours de réalisation par les
investisseurs privés et publics vers des options plus viables, en optimisant
l’utilisation des capitaux d’investissement et en répartissant les risques entre les
acteurs publics et privés qui sont le mieux en mesure de les supporter. En second
lieu, et ce n’est pas moins important, il faudra accroître la réserve de capitaux privés
et publics internationaux disponibles pour l’investissement dans un climat plus
viable.
25. S’agissant de l’adaptation, des investissements et un financement
supplémentaires seront tout aussi essentiels. Il faudra, pour nombre de ces nouveaux
investissements, tant dans les pays développés que dans les pays en développement,
tenir compte des effets des changements climatiques, en particulier lorsque les
investissements sont réalisés dans des secteurs, tels que l’agriculture et
l’infrastructure, qui sont particulièrement vulnérables aux variations climatiques ou
à des phénomènes climatiques extrêmes. Dans le même temps, des ressources
additionnelles seront requises aussi, notamment pour démontrer et mettre en
commun les nouvelles stratégies d’adaptation et pour enraciner la notion de
résilience dans les politiques et pratiques nationales. Un financement public
extérieur supplémentaire se révélera nécessaire pour l’application des mesures
d’adaptation dans tous les secteurs. Les mécanismes et sources de financement
actuels sont limités et il sera indispensable d’identifier de nouvelles sources.
26. L’amélioration de mécanismes tels que les marchés du carbone, le mécanisme
financier de la Convention, l’aide publique au développement, les politiques
nationales et, dans certains cas, des ressources nouvelles et additionnelles, ainsi
qu’une combinaison optimale de ces mécanismes, seront nécessaires pour mobiliser
les investissement et les flux financiers requis pour faire face aux changements
climatiques. Une série de dispositifs ciblant des options allant de l’amélioration du
rendement énergétique au renforcement des méthodes de piégeage, en passant par
les sources d’énergie nouvelles et renouvelables, doit également être mise au point.
Une attention particulière devrait être accordée aux secteurs et aux pays qui sont
déjà fortement tributaires de l’appui extérieur, tels que les pays les moins avancés et
les pays en développement qui sont très vulnérables face à l’élévation du niveau des
mers.
27. Il faudrait développer considérablement le marché du carbone, qui joue déjà un
rôle important dans l’orientation des flux d’investissements privés, si l’on veut
répondre aux besoins de flux d’investissements et de flux financiers
supplémentaires. Les politiques nationales peuvent contribuer à orienter les
investissements et les flux financiers apportés par des investisseurs privés et publics
vers des solutions plus respectueuses du climat et à optimiser l’utilisation des fonds
disponibles en répartissant les risques entre les investisseurs privés et publics. Le
renforcement de la capacité des pays de canaliser l’investissement vers des
technologies respectueuses du climat fait partie intégrante de ce processus.
28. Pour influer sur l’orientation et le volume des flux d’investissements, il faudra
collaborer avec un grand nombre de partenaires, tant du secteur public que du
secteur privé. Les banques multilatérales d’investissement, les banques régionales
de développement et les organismes d’aide bilatéraux et multilatéraux et, tout
naturellement, l’Organisation des Nations Unies, ont des rôles particulièrementimportants à jouer. Le cadre d’investissement dans les énergies propres, le Plancadre
de Nairobi et divers dispositifs lancés par les banques régionales de
développement illustrent bien le type de partenariat qui s’imposera de plus en plus
face à ce défi.
Questions à examiner
- Comment faudrait-il financer l’accroissement de la capacité d’adaptation des pays en développement aux changements climatiques?
- Comment les sources d’investissement et de financement disponibles actuellement peuvent-elles être mieux optimisées pour répondre aux changements climatiques? Comment les mécanismes existant au titre de la Convention et du Protocole de Kyoto peuvent-ils se compléter? Quelles autres sources d’investissement et de financement peuvent être mises en place?
- Comment les gouvernements et les organes multilatéraux peuvent-ils œuvrer au mieux avec le secteur privé pour influer sur le volume et l’orientation des nouveaux investissements et les canaliser vers des options respectueuses du climat?
- Quel devrait être le rôle du financement public, du financement de la lutte contre les émissions de carbone, des échanges de droits d’émission, des réglementations et d’autres initiatives menées par l’État en vue de mobiliser l’investissement pour l’atténuation des effets des changements climatiques?
RÉduction des Émissions et stabilisation du climat : prÉserver notre avenir commun
29. Cette année, l’activité humaine provoquera le rejet de plus de 25 milliards de
tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. L’air contient à présent 386
parties par million de dioxyde de carbone, soit une concentration supérieure de plus
d’un tiers à celle de 280 ppm de l’époque préindustrielle, et les niveaux de
concentration ne font que s’élever, de plus d’une partie par million chaque année.
Toute solution globale du problème des changements climatiques doit, par
définition, stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à
un niveau qui ne pose aucun risque, lequel n’a pas encore été quantifié, et ce but est
défini comme étant l’objectif central de la Convention.
30. Mais les premières mesures tendant à la réduction des émissions totales ont
déjà été prises. L’objectif de la Convention consistant à ramener d’ici à 2010 les
émissions des pays développés aux niveaux de 1990 a été atteint, bien que cela
découle principalement des réductions d’émissions effectuées dans les économies en
transition. Qui plus est, le Protocole de Kyoto de 1997, ratifié par 175 pays et entré
en vigueur depuis 2005, engage 36 pays industrialisés à réduire, d’ici à 2012, leurs
émissions conformément à des objectifs convenus – bien que ces objectifs convenus
en vertu du Protocole de Kyoto ne cadrent pas avec la réalisation de l’objectif de la
Convention.
31. À l’heure actuelle, les négociations sur ce qui devrait suivre la fin de la
première période d’engagement du Protocole de Kyoto commencent. Il faut une
action multilatérale plus concertée et plus cohérente, englobant des réductions
d’émissions substantielles par les pays industrialisés et des incitations pour amener
les autres pays à agir. Un plafonnement rapide des émissions totales sera essentiel si
l’on veut éviter les pires dommages. La Conférence de Bali prévue en décembre
2007 sera une étape cruciale sur la voie menant au renforcement de la riposte
internationale au défi mondial le plus pressant de nos jours.
32. De nombreux pays en développement ont indiqué que la coopération
internationale future sur les changements climatiques devra reposer sur des bases
scientifiques solides et être en harmonie avec les stratégies de planification des
investissements à long terme. Guidée par l’objectif consistant à stabiliser les
concentrations de gaz à effet de serre à des niveaux sans danger et par le fait, de
plus en plus reconnu, que l’inaction coûtera plus cher que l’action, une coopération
internationale plus solide fait l’objet d’une attention croissante. Mais les moyens de
parvenir à la fin en question doivent être équitables si l’on veut obtenir un
consensus mondial. Ce principe, adopté à Rio au Sommet « Planète Terre », a été
également inscrit dans la Convention, en tant que principe de responsabilités
communes mais différenciées, en vertu duquel les pays développés jouent un rôle
moteur dans les interventions nécessaires face aux changements climatiques.
33. Les pays en développement ont le moins de responsabilité historique dans la
contribution au problème des changements climatiques et leurs émissions par
habitant demeurent beaucoup plus faibles que celles des pays développés. Pourtant
ce sont eux qui feront face aux pires des dommages entraînés par l’évolution de
notre climat et ce sont eux qui sont les moins capables de s’adapter à ses effets.
C’est pourquoi si une solution mondiale seulement peut résoudre le problème
mondial des changements climatiques, elle doit respecter la priorité absolue que
revêtent le développement durable, la réduction de la pauvreté et le droit des pays en
développement d’assurer la croissance de leurs économies tout en évitant les erreurs
dues aux voies de développement suivies dans le passé par les autres pays.
34. Nombre de pays en développement prennent déjà d’importantes mesures
nationales propres et commencent la transition vers des voies de développement
sans incidence défavorable sur le climat. Continuer à renforcer la participation des
pays en développement grâce à des incitations financières et technologiques et à
l’appui à l’action, notamment la gestion de l’utilisation des terres, les émissions
évitées grâce aux mesures de réduction de la déforestation et les améliorations
apportées concernant d’autres questions connexes, sera un élément essentiel de la
politique mondiale de l’avenir relative aux changements climatiques. Si les pays en
développement ont le plus à perdre du problème des changements climatiques, ils
peuvent également avoir le plus à gagner de la solution du problème, si l’on peut
convenir d’un cadre équitable.
Questions à examiner
- Quelles orientations est-ce que les débats sur l’atténuation des effets des changements climatiques devraient prendre au cours des deux ou trois prochaines années?
- Comment est-ce que les pays peuvent faire en sorte que les stratégies et programmes nationaux forment une réalisation intégrée écologiquement rationnelle et conforme au développement durable à l’échelle mondiale?
- Comment est-ce que les stratégies futures peuvent s’inspirer des efforts actuels?
Pour plus d'information
* La présente note devrait être lue en parallèle avec les trois rapports établis par les groupes de
travail dans le cadre du quatrième rapport d'évaluation du groupe d'experts intergouvernemental
sur l'évolution du climat. Un document d'information * rendu disponible par le Président de
l'Assemblée générale pour le récent débat thématique sur les changements climatiques peut
également servir.
1 La treizième session de la Conférence des Parties et la troisième session de la Conférence des Parties siégeant en tant que Réunion des Parties au Protocole de Kyoto, 3-14 décembre 2007.