Nations Unies
Communiqué de Presse
Département de l'information · Division de l'information et des médias

9 avril 2002

CONFERENCE DE PRESSE DU DOCTEUR GRO HARLEM BRUNDTLAND A L'OCCASION DU LANCEMENT DU NOUVEAU CADRE D'ORIENTATION POLITIQUE DE L'OMS POUR LE VIEILLISSEMENT ACTIF


L'Organisation mondiale de la santé (OMS), par la voix de sa Directrice générale, le docteur Gro Harlem Brundtland, a lancé aujourd'hui un nouveau cadre d'orientation politique pour le vieillissement actif. Lors d'une conférence de presse tenue cet après-midi à Madrid, dans le cadre de la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement, Mme Brundtland a indiqué que l'OMS entend ainsi aider les pays à se préparer aux changements de leurs politiques, changements qui seront nécessaires pour améliorer les conditions de vie des individus vieillissants. L'ambition est que les personnes âgées soient en meilleure santé, plus productives et par conséquent mieux à même de contribuer à la société car, en définitive, vieillir en mauvaise santé serait un progrès vide de sens.

Mais pour se faire, il faut adopter une approche couvrant toutes les étapes de la vie. Il faut commencer le plus tôt possible à s'efforcer de créer des habitudes et un environnement promouvant la bonne santé, a insisté le docteur Brundtland. L'on sait, par exemple, que le tabagisme ou l'alcoolisme vienne d'habitudes formées dès l'adolescence et il faut donc se pencher sur tous les groupes d'âges qui forment la population vieillissante. C'est précisément ce que le cadre d'orientation politique pour le vieillissement actif entend favoriser.

Pour la Directrice générale de l'OMS, il est important de prendre conscience ici, dès Madrid, que les défis posés aux pays en développement par le vieillissement seront encore plus importants que pour les pays industrialisés, du fait principalement de la rapidité avec laquelle les changements s'opèrent. D'autant que ces pays doivent faire face à cette révolution sans le niveau de ressources dont disposaient les pays développés. En quelque sorte, les pays en développement vieillissent avant même de devenir riches.

Participant également à cette conférence de presse, le Coordonnateur du Programme OMS vieillissement et qualité de vie, le docteur Alexandre Kalache a fait observer que même si l'échéance de 2050 semble encore très lointaine, il faut se souvenir que les personnes qui auront plus de 65 ans à cette époque - 2,5 milliards - sont les adolescents d'aujourd'hui. C'est pourquoi il faut dès maintenant mettre l'accent sur les mesures pour aider ces personnes à bien vieillir, afin qu'elles demeurent un atout pour leur famille, leur communauté et leur économie. Il faut aussi abandonner l'idée préconçue selon laquelle notre vie est divisée en trois âges, trois périodes séparées - apprentissage, productivité puis repos. Avec l'allongement de l'espérance de vie, il nous faudra en effet intercaler les phases de formation, de travail et de repos afin de demeurer actif le plus longtemps possible.

Interrogée sur la manière dont les pays en développement pourront faire face aux coûts de santé du vieillissement de leur population, le docteur Brundtland a expliqué que le plus important était de promouvoir une bonne santé et de prévenir les maladies. Les pays en développement devraient en fait tirer les enseignements des expériences négatives des pays industrialisés et lutter, par exemple, contre les modes de vie sédentaire. Il ne s'agit donc pas seulement de trouver de nouvelles ressources, mais de se pencher sur la manière dont on utilise les ressources disponibles et surtout de promouvoir un style de vie plus sain. C'est précisément pour cette raison que l'OMS a choisi pour la dernière célébration de la Journée mondiale de la santé le slogan "Bouger pour être en bonne santé". De cette manière, l'on évitera un nouveau fardeau économique sur les pays en développement.

A un correspondant qui lui demandait la position de principe de l'OMS sur l'âge de la retraite, le docteur Brundtland a indiqué que sur le fond l'OMS et l'Organisation internationale du travail (OIT) partageaient le même point de vue, comme en témoignait le discours prononcé ce matin à la plénière par son Directeur général, M. Somavia. Les différences d'espérance de vie d'un pays à l'autre font qu'il n'est pas possible de préconiser une politique unique en la matière. Il convient donc de demeurer flexible et surtout de respecter les droits de l'homme, la dignité et de donner la possibilité à chaque être humain de contribuer à la société.

Interrogée ensuite sur la manière dont on pourrait égaliser le niveau des soins de santé offerts d'un pays à l'autre assurant ainsi aux individus un accès égal à la santé, la Directrice générale de l'OMS a déclaré qu'il s'agissait d'un problème très complexe, faisant intervenir entre autres des facteurs fiscaux, auxquels les pays de l'Union européenne étaient précisément en train de s'attaquer. Le nivellement des services prendra beaucoup de temps, et il semble préférable de travailler davantage sur l'adoption de principes de base pouvant être appliqués de manière universelle par tous les pays. Le véritable problème est en fait le fossé grandissant entre les riches et les pauvres au sein d'un même pays. Si les pays industrialisés doivent aider les pays en développement à parvenir à la santé pour tous, les pays en développement doivent parallèlement s'attacher à réduire les différences au sein de leurs frontières.

Le docteur Brundtland a aussi expliqué que l'enjeu principal était de comprendre que les pays qui ont une population en bonne santé ont aussi une meilleure croissance. L'expérience a montré que l'amélioration de santé des individus et des familles avait une conséquence directe sur les taux de fertilité, dont la baisse permettait à son tour de relever plus facilement les défis en matière d'éducation et de santé.

Pour plus d'informations ou des possibilités d'interviews, contacter
Mme Melinda Henry, Responsable de l'information à l'Organisation mondiale de la santé, présente à Madrid du 8 au 10 avril, sur le portable : (41) 79 244 6046 ou par courriel au : henrym@who.int.

* *** *