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Conseil
de sécurité
Le Secrétaire général a l'honneur
de transmettre au Conseil de sécurité le rapport ci-joint,
présenté par le Président exécutif de la Commission
spéciale constituée conformément au paragraphe 9 b)
i) de la résolution 687 (1991) du Conseil.
1. Le présent rapport est le sixième que
le Président exécutif de la Commission spéciale constituée
par le Secrétaire général en application du paragraphe
9 b) i) de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité
présente à ce dernier au sujet des activités de la
Commission. C'est aussi le cinquième à être soumis
en application du paragraphe 3 de la résolution 699 (1991) du Conseil
de sécurité. Il porte sur la période allant du 14
juin au 14 décembre 1993 et fait suite aux rapports publiés
sous les cotes S/23165, S/23268, S/24108 et Corr.1, S/24984 et S/25977.
2. Depuis le dernier rapport, deux changements ont été
apportés à la composition de la Commission spéciale.
Le Secrétaire général a nommé M. Charles Duelfer
président exécutif en remplacement de M. Pierce Corden et
M. Terrence Taylor a remplacé M. Ron Manley en tant que membre de
la Commission.
3. La structure organisationnelle reste essentiellement
la même. Actuellement, le Bureau du Président exécutif
à New York compte 35 personnes, le Bureau de Bahreïn 23 et
celui de Bagdad 77.
4. On n'est toujours pas parvenu à un accord sur
la vente de pétrole iraquien pour financer les activités
de l'ONU découlant de la résolution relative au cessez-le-feu.
Le financement des travaux de la Commission spéciale demeure donc
préoccupant. Les dépenses courantes ont été
assurées grâce aux contributions volontaires des Etats Membres
et aux fonds prélevés sur les avoirs iraquiens gelés
conformément à la résolution 778 (1992) du Conseil
de sécurité. Toutefois, l'Iraq n'ayant pas donné son
accord pour la vente de son pétrole ni reconnu l'obligation qui
lui est faite en vertu de la résolution 699 (1991) de prendre à
sa charge la totalité des dépenses liées à
l'exécution des activités prévues à la section
C de la résolution 687 (1991), la question du financement des travaux
de la Commission demeure très préoccupante et de nouvelles
contributions en espèces des gouvernements sont requises d'urgence.
Au moment de la rédaction du présent rapport, les fonds dont
disposait la Commission s'élevaient à environ 1 million de
dollars, ce qui permettait d'atteindre la mi-janvier 1994.
5. Les gouvernements ont continué à contribuer
aux activités de la Commission spéciale en lui fournissant
du personnel, des services et du matériel. Un état des dépenses
de fonctionnement de la Commission, accompagné de renseignements
supplémentaires sur les questions d'organisation et d'administration,
figure à l'appendice I du présent rapport.
6. Les accords applicables ainsi que les résolutions
et décisions pertinentes du Conseil continuent de régir le
statut, les privilèges et immunités de la Commission spéciale,
de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et des institutions
spécialisées des Nations Unies associées à
l'application de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité
et des résolutions apparentées.
7. La Commission spéciale et l'AIEA, d'une part,
et le Gouvernement bahreïnite, de l'autre, ont décidé,
par un échange de lettres datées du 20 septembre et du 23
octobre 1993 respectivement, de proroger pour une nouvelle période
de six mois, jusqu'au 31 mars 1994, l'accord sous forme d'échange
de lettres relatif aux facilités, privilèges et immunités
de la Commission spéciale et de l'AIEA à Bahreïn.
8. En Iraq, de nouveaux problèmes se sont posés
au début de la période considérée en ce qui
concerne la reconnaissance du statut et des privilèges et immunités
de la Commission spéciale ainsi que la sécurité de
son personnel et de ses biens. Toutefois, la situation s'est beaucoup améliorée
depuis que le Président exécutif s'est rendu en Iraq en juillet
1993; les toutes dernières inspections, y compris la plus importante
et la plus intensive que la Commission ait effectuée jusqu'ici,
se sont déroulées sans incident et l'Iraq a accordé
toutes les facilités demandées par les équipes. Il
convient cependant de noter que durant la 65e inspection, consacrée
à l'enquête sur les allégations d'emploi d'armes chimiques
par le Gouvernement iraquien contre les forces d'opposition, l'Iraq a refusé
de donner suite à la demande de l'équipe qui voulait interroger
les militaires présents dans la zone au moment où se serait
produite l'attaque présumée.
9. De nombreux faits se sont produits sur le plan politique
durant la période considérée. On mentionnera en premier
lieu l'enlèvement de certains produits chimiques précurseurs
et matériels de production des sites de Fallujah et leur transfert
à Al-Muthanna pour y être détruits. Deux problèmes
se sont rapidement posés à cet égard : l'installation
des caméras de surveillance télécommandées
sur le site de deux bancs d'essai de moteurs de fusée, et le "dialogue"
entre l'Iraq d'une part, et la Commission spéciale et l'AIEA ou
le Conseil de sécurité, de l'autre.
10. Pour sa part, l'Iraq tenait avant tout à ce
que soit achevée la première phase de l'exécution
des obligations qui lui incombent en vertu de la section C de la résolution
687 (1991), c'est-à-dire l'identification et l'élimination
des armes et des programmes d'armement interdits, afin que le Conseil de
sécurité puisse alors appliquer les dispositions du paragraphe
22 de cette résolution, c'est-à-dire la levée de l'embargo
pétrolier, avant de passer aux activités de contrôle
et de vérification continus. L'Iraq s'est élevé contre
la destruction des produits chimiques et du matériel, en indiquant
qu'ils pouvaient être réutilisés (malgré leur
lien manifeste et direct avec le programme d'armement chimique), et contre
l'installation des caméras du fait qu'il s'agirait là en
réalité d'une activité relevant du contrôle
et de la vérification continus en vertu de la résolution
715 (1991), résolution que l'Iraq n'avait pas encore acceptée
et dont les termes, selon lui, faisaient toujours l'objet de discussions
avec le Conseil de sécurité. L'Iraq a proposé d'attendre
que le dialogue sur toutes les questions en suspens soit achevé
avec la Commission spéciale et l'AIEA avant de prendre des mesures
à ce sujet.
11. Cette situation a conduit le Conseil de sécurité
à faire, le 18 juin 1993, une déclaration (S/25970) dans
laquelle il exigeait que l'Iraq accepte d'enlever et de détruire
les produits chimiques et le matériel en question et cesse sur-le-champ
de faire obstacle à l'installation des caméras. L'Iraq a
accepté la première demande, mais a continué de refuser
la seconde. Afin de sortir de cette impasse, le Président exécutif
s'est rendu à Bagdad en juillet 1993. Un rapport (S/26127) a été
établi à l'issue de cette visite, dans lequel sont consignés
les exposés de la Commission et de l'Iraq, les observations de la
Commission sur l'exposé de l'Iraq et les conclusions reflétant
l'accord commun auquel étaient parvenues les deux parties.
12. Dans son exposé, l'Iraq a déclaré
pour la première fois qu'il était prêt à se
conformer aux dispositions des plans de contrôle et de vérification
continus telles qu'elles figurent dans la résolution 715 (1991).
Il était noté dans le rapport que les deux parties étaient
convenues de tenir des pourparlers techniques de haut niveau à New
York, au cours desquels seraient examinées en premier la nature
et la mise en oeuvre des activités de contrôle et de vérification
continus. Toutes les questions en suspens, y compris la mise en marche
des caméras, y seraient étudiées. Entre-temps, les
caméras devaient être installées, vérifiées
et maintenues en bon état. La Commission enverrait à sa guise
des inspecteurs sur les deux sites et l'Iraq l'avertirait suffisamment
à l'avance de tous les tirs d'essai afin de lui permettre de les
observer. Ces arrangements ont été respectés. Toutefois,
lors d'une manoeuvre militaire en novembre 1993, l'Iraq a effectivement
lancé des missiles à courte portée sans prévenir
la Commission. En apprenant ces tirs, la Commission a fait savoir à
l'Iraq qu'elle lui demanderait également de l'informer de tous les
lancements de ce genre. La partie iraquienne s'est engagée à
mettre en place des procédures de notification à cet effet,
conformément au plan.
13. La première série de pourparlers techniques
de haut niveau s'est déroulée à New York du 31 août
au 10 septembre 1993 et a donné lieu à un rapport conjoint
(S/26451). Durant ces pourparlers, la Commission a précisé
à l'Iraq ce qu'impliqueraient le contrôle et la vérification
continus, et l'Iraq a, semble-t-il, accepté la plupart des méthodes
qui seraient utilisées. L'Iraq se préoccupait au premier
chef de la manière dont seraient appliqués les droits et
les privilèges à caractère intrusif de la Commission
-- de durée indéfinie -- sans mettre en danger la sécurité
des dirigeants iraquiens, sans nuire à la souveraineté du
pays et sans entraver son développement économique et technique.
Pour leur part, la Commission et l'AIEA ont défini les questions
essentielles qui devaient être réglées pour que puisse
prendre fin la phase d'identification des opérations. La plupart
de ces questions concernaient les fournisseurs étrangers et les
conseils techniques, certaines portant toutefois sur les niveaux antérieurs
de production dans le domaine des armes chimiques.
14. A l'issue des pourparlers techniques de haut niveau,
il a été convenu de les reprendre peu après à
Bagdad afin de résoudre toutes les questions en suspens. L'Iraq
a promis de répondre, lors de la deuxième série de
pourparlers, à toutes les questions posées à New York
qui n'avaient pas été réglées. Toutefois, la
Commission a stipulé que cette deuxième série n'aurait
pas lieu tant que les caméras de surveillance ne seraient pas mises
en activité. Un nouvel incident s'est produit lorsque la partie
iraquienne a retardé l'installation, à bord de l'un des hélicoptères
CH53g de la Commission, des détecteurs gamma que le Gouvernement
français avait fournis pour la surveillance et la détection.
L'incident a été rapidement réglé lorsque le
général Amer, Directeur de la Société industrielle
militaire iraquienne, est revenu de New York à Bagdad, mais la campagne
de levés aériens a été réduite à
cause de ce retard. En outre, l'Iraq n'a pas immédiatement accepté
la mise en activité des caméras de surveillance : elle n'a
donné son accord que le 23 septembre 1993 et les caméras
ont commencé à fonctionner le 25 septembre 1993.
15. La mise en activité des caméras et la
réalisation des levés de détection gamma ont permis
de procéder à la deuxième série de pourparlers
de haut niveau. Une équipe réduite a tout d'abord été
envoyée à Bagdad le 27 septembre 1993 afin de recevoir de
la partie iraquienne les réponses aux questions posées à
New York. L'Iraq a répondu immédiatement à certaines
d'entre elles, mais la plupart des réponses n'ont pas été
fournies avant l'arrivée du Président exécutif le
1er octobre, l'Iraq cherchant à imposer une condition à la
fourniture des renseignements, à savoir que la Commission devait
déclarer que les informations étaient suffisantes avant même
de les avoir vues.
16. Après des discussions intenses sur toutes les
questions en suspens, l'Iraq a effectivement fourni des informations plus
détaillées sur sa production passée d'armes chimiques
ainsi que, pour la première fois, sur les fournisseurs d'équipements
ou de matières critiques dans chacune des catégories visées,
y compris les fournisseurs qui avaient donné des conseils techniques.
Toutefois, l'Iraq a cherché en échange à ce que ces
informations restent confidentielles et ne soient destinées qu'à
la Commission, et a demandé à celle-ci de déclarer
que l'Iraq s'était maintenant entièrement conformé
aux dispositions de la section C de la résolution 687 (1991), sauf
en ce qui concerne les futures activités de contrôle qui en
découlaient. La Commission n'a pas pu accepter et a souligné
dans le rapport que les nouvelles informations reçues devaient être
vérifiées. Cette démarche n'a pas donné entière
satisfaction à la partie iraquienne, qui cherchait toujours à
ce que la Commission et l'AIEA déclarent de manière définitive
que l'Iraq s'était maintenant pleinement acquitté de ses
obligations. En particulier, l'Iraq voulait que la Commission se déclare
entièrement satisfaite des nouvelles informations fournies. Reconnaissant
toutefois qu'il fallait peut-être plus de temps à la Commission
pour étudier, vérifier et évaluer les nouvelles données,
l'Iraq a accepté qu'une nouvelle série de pourparlers se
tienne à New York.
17. Cette nouvelle série a eu lieu à New
York du 15 au 30 novembre 1993 et, durant la deuxième semaine, des
pourparlers politiques se sont déroulés parallèlement
aux discussions techniques de haut niveau. Un rapport complet a été
publié à ce sujet sous la cote S/26825.
18. Durant les pourparlers techniques, la Commission a
fait savoir à l'Iraq qu'à ce stade, les informations disponibles
dans tous les domaines avaient été jugées plausibles
et qu'elle ne ménagerait aucun effort pour accélérer
la vérification complémentaire des renseignements afin d'aboutir
dans les plus brefs délais à une conclusion définitive.
Lors de réunions de groupes de travail, l'Iraq a complété
les informations fournies à Bagdad sur ses anciens programmes interdits
ainsi que sur les sites, équipements et matières devant faire
l'objet des plans de contrôle et de vérification continus.
Des discussions ont été consacrées aux divers moyens
possibles de vérification, au règlement d'anciennes difficultés
en matière de vérification et à la manière
dont le contrôle et la vérification continus seraient mis
en oeuvre.
19. Durant les pourparlers politiques, le Vice-Premier
Ministre iraquien, M. Tariq Aziz, s'est entretenu avec le Président
exécutif et a eu des consultations avec les membres du Conseil de
sécurité. A l'issue de celles-ci, l'Iraq a annoncé,
dans une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité
par le Ministre iraquien des affaires étrangères (S/26811,
annexe), que le Gouvernement iraquien avait "décidé d'accepter
les obligations énoncées dans la résolution 715 (1991)
et de se conformer aux dispositions des plans de contrôle et de vérification"
y figurant. En se félicitant de cette décision, la Commission
a demandé à l'Iraq de fournir dès que possible des
déclarations récapitulatives aux termes de la résolution
715 (1991) et des plans de contrôle et de vérification continus.
Donnant suite à cette demande, l'Iraq a présenté à
la Commission une déclaration (S/26825, pièce jointe II)
confirmant que les déclarations qu'il avait faites auparavant devaient
être considérées comme ayant été présentées
conformément aux dispositions de la résolution 715 (1991)
du Conseil de sécurité et des plans qui y ont été
approuvés.
20. En conclusion, la situation sur le plan politique
a beaucoup avancé depuis le dernier rapport. L'Iraq a reconnu les
obligations qui lui incombaient en vertu de la résolution 715 (1991)
et des plans qui y ont été approuvés. Il a confirmé
que ses déclarations précédentes concernant le contrôle
continu avaient été faites conformément aux dispositions
de la résolution 715 (1991) et des plans y figurant, et il s'est
engagé à collaborer avec la Commission spéciale à
la mise en oeuvre des plans de manière à permettre au plus
vite à la Commission et à l'AIEA d'indiquer au Conseil qu'elles
estimaient que l'Iraq s'était acquitté de toutes les obligations
qui lui incombaient conformément à la section C de la résolution
687 (1991).
21. L'évolution récente de la situation
sur le plan opérationnel a également été encourageante
en ce sens que les équipes d'inspection envoyées en Iraq
depuis les pourparlers de septembre ont été bien reçues
par leurs homologues iraquiens et que l'Iraq a facilité leur tâche.
Les inspections ont été des plus intensives, en particulier
la 63e qui a été la plus importante et la plus longue que
la Commission ait entreprise jusqu'ici. L'une de ces missions, chargée
d'enquêter sur des allégations d'emploi d'armes chimiques
par l'Iraq contre les éléments d'opposition chiites vivant
dans les marais du sud, était également très délicate
sur le plan politique. L'Iraq a toutefois facilité la tâche
de l'équipe, sauf qu'il a refusé de lui permettre de s'entretenir
avec des militaires, comme il a été noté plus haut
au paragraphe 8.
22. Dans le domaine des armes chimiques, l'accent a été
mis sur les activités de destruction. Une inspection chimique --
mentionnée au paragraphe précédent -- a eu lieu pour
enquêter sur des allégations d'emploi d'armes chimiques, et
une inspection relevant à la fois du domaine chimique et du domaine
biologique a permis de dissiper les craintes que l'Iraq ait pu mettre au
point une bombe servant de vecteur d'armes chimiques ou biologiques (voir
appendice II, par. 1). Beaucoup de temps a été consacré
à la mise à jour de l'inventaire du matériel de production
chimique sur le site de Muthanna. Des exposés complets des activités
d'inspection et de destruction figurent aux appendices II et III respectivement.
23. S'agissant des missiles balistiques, les efforts ont
essentiellement porté sur trois domaines afin d'essayer d'établir
un bilan-matières définitif concernant les SCUD fournis par
l'ex-Union soviétique, d'évaluer la capacité de production
iraquienne de missiles balistiques et d'instituer un régime transitoire
de contrôle des installations iraquiennes de missiles à double
capacité. Cette dernière activité s'est avérée
nécessaire du fait que l'Iraq refusait -- jusqu'à une date
très récente -- de reconnaître les obligations qui
lui incombent en vertu des plans de contrôle et de vérification
continus (voir appendice II).
24. Les activités de surveillance aérienne
ont continué au même rythme, par avion U-2 (au total, 186
missions avaient été accomplies au 10 décembre 1993)
et par hélicoptère (335 objectifs ont été observés).
Les hélicoptères continuent d'appuyer les inspections au
sol et de photographier en séquence chronologique les sites qui
devront être contrôlés au titre des plans de contrôle
et de vérification continus.
25. Des capteurs supplémentaires (détecteurs
gamma, radar infrarouge à vision vers l'avant, géoradar)
ont été montés sur les hélicoptères
pour améliorer les opérations de contrôle et de détection
dans le cadre de missions spécifiques. Pour les détecteurs
gamma et le géoradar, il a fallu modifier les hélicoptères
pour qu'ils puissent effectuer des levés. Il s'agit dans les deux
cas d'une opération de télédétection : en ce
qui concerne les détecteurs gamma, il faut établir des mesures
du fond de rayonnement qui serviront de référence pour évaluer
les futurs levés gamma et identifier toutes les sources de rayonnement
inhabituelles susceptibles de nécessiter un levé immédiat;
dans le cas du géoradar, il s'agit de rechercher des enceintes souterraines
ou des articles cachés. Des missions de ce genre ont été
accomplies à Bagdad et aux alentours, ainsi qu'au centre, à
l'ouest et au nord-ouest du pays. L'Iraq a retiré ses objections
antérieures aux vols effectués dans la zone qui constituait
selon lui les limites de Bagdad.
26. On trouvera de plus amples renseignements sur les
opérations aériennes à l'appendice IV du présent
rapport.
27. Comme il a été noté à
l'annexe I du rapport (S/26451) sur les pourparlers techniques de haut
niveau qui ont eu lieu à New York du 31 août au 10 septembre
1993 entre, d'une part, la Commission et l'AIEA et, d'autre part, une délégation
iraquienne dirigée par le général Amer Rashid, les
deux parties ont défini les domaines critiques, essentiellement
reliés aux anciens programmes iraquiens, au sujet desquels la partie
iraquienne devait fournir d'autres informations afin que la Commission
et l'AIEA puissent accomplir leur tâche. Il a été convenu
que les questions non résolues durant la série de pourparlers
de New York seraient examinées à Bagdad. De fait, durant
sa visite à Bagdad du 1er au 8 octobre 1993, le Président
exécutif de la Commission a reçu les réponses de la
partie iraquienne aux questions de la Commission. Un rapport complet sur
cette visite est publié sous la cote S/26571. Comme il y est noté,
les nouvelles informations fournies doivent être vérifiées,
évaluées et confirmées par le personnel de la Commission
à New York avant que celle-ci ne soit en mesure de déclarer
que l'Iraq s'est acquitté de l'obligation qui lui incombait, conformément
aux paragraphes 8 et 9 a) de la résolution 687 (1991) du Conseil
de sécurité, de fournir les renseignements nécessaires
pour constituer un état complet et définitif de ses anciens
programmes -- condition essentielle pour planifier correctement le contrôle
et la vérification continus.
28. S'agissant des informations fournies dans le domaine
des armes chimiques, les états précédents de l'Iraq
concernant sa production passée n'avaient manifestement pas tenu
compte des destructions antérieures. A Bagdad, la partie iraquienne
a donné pour la première fois un état de la production
d'armes chimiques qui comblait les lacunes manifestes des déclarations
précédentes.
29. La Commission estime que les nouvelles informations
fournies dans chacun des domaines relatifs aux armes sont plausibles mais
restent incomplètes. Les chiffres indiqués par l'Iraq pour
les importations et la production correspondent effectivement à
la fourchette calculée par la Commission. Cependant, la vérification
s'est révélée difficile du fait que l'Iraq prétend
que toute la documentation concernant ses anciens programmes a été
détruite. La Commission a saisi l'occasion des pourparlers de haut
niveau à New York, en novembre 1993, pour demander instamment à
la partie iraquienne de fournir d'autres informations et de l'aider dans
la mesure du possible, de préférence avec des documents,
à vérifier les nouvelles déclarations de l'Iraq.
30. Aux termes du plan de contrôle et de vérification
continus de la Commission (S/22871/Rev.1), l'Iraq est tenu de fournir certaines
déclarations. Les premières, qui étaient dues le 10
novembre 1991, devaient comporter a) des informations initiales sur les
activités, installations et articles à double capacité
spécifiés dans le plan et dans ses annexes, et b) un rapport
sur les mesures législatives et administratives prises afin d'appliquer
les résolutions 687 (1991) et 707 (1991), les autres résolutions
pertinentes du Conseil de sécurité et le plan. L'Iraq est
tenu en outre de mettre à jour les 15 janvier et 15 juillet les
informations fournies au titre de l'alinéa a) et de présenter
de nouveaux rapports conformément à l'alinéa b) lorsque
la Commission le lui demande. Ces informations viennent en sus de celles
qui doivent être fournies en vertu des résolutions 687 (1991)
et 707 (1991).
31. S'agissant des déclarations visées à
l'alinéa a) du paragraphe 30 ci-dessus, l'Iraq a remis à
la Commission, durant sa visite à Bagdad en octobre 1993, un ensemble
de déclarations qui mettaient à jour les informations fournies
en juillet 1992 et février 1993. Il a également remis des
déclarations concernant les sites qui devraient faire l'objet d'inspections
initiales au titre du régime de contrôle. La Commission a
examiné ces déclarations avec la partie iraquienne, ainsi
que la manière dont elles pourraient être améliorées
afin de correspondre aux exigences du plan. Elle s'est également
employée, dès le retour de la délégation à
New York, à mettre au point un mode de présentation uniforme
des rapports afin de faciliter la tâche de l'Iraq et le traitement
des données fournies. Toutefois, elle a fait savoir à la
partie iraquienne que, ces déclarations n'ayant pas été
faites officiellement en vertu de la résolution 715 (1991), elles
ne pouvaient être acceptées comme preuve que l'Iraq s'était
acquitté de ses obligations en matière d'informations. Une
fois que l'Iraq aurait reconnu les obligations qui lui incombaient en vertu
de la résolution 715 (1991) et des plans qui y étaient approuvés,
il devrait présenter de manière officielle les déclarations
requises en vertu de cette résolution et conformément à
ses dispositions.
32. Comme il est noté plus haut au paragraphe 19,
l'Iraq a depuis lors accepté les obligations énoncées
dans la résolution 715 (1991) et affirmé que les déclarations
précédentes relatives au contrôle devraient être
considérées comme ayant été faites conformément
aux dispositions de la résolution 715 (1991) et des plans qui y
ont été approuvés. La question du statut juridique
des déclarations précédentes de l'Iraq est donc réglée,
mais il n'en va pas de même pour les problèmes soulevés
par les lacunes des déclarations, que la Commission devra examiner
avec la partie iraquienne avant de pouvoir mettre pleinement en oeuvre
le plan de contrôle et de vérification continus.
33. S'agissant des déclarations visées à
l'alinéa b) du paragraphe 30 ci-dessus, la Commission n'a encore
rien reçu de l'Iraq. Il va de soi que ces déclarations doivent
être fournies avant qu'il ne puisse être conclu que l'Iraq
a communiqué les rapports qui sont attendus de lui.
34. Avant que la Commission puisse annoncer au Conseil
de sécurité que l'Iraq s'est pour l'essentiel acquitté
de ses obligations, les plans de contrôle et de vérification
continus visant à s'assurer que l'Iraq ne se dote pas de nouveau
d'armes prohibées devraient être mis en place et bien rôdés,
c'est-à-dire que l'Iraq devrait :
a) Compléter et réviser ses déclarations
jusqu'à ce qu'elles constituent, de l'avis de la Commission, l'état
complet et définitif requis par la résolution 707 (1991),
et les déclarations initiales requises au titre des plans de contrôle
et de vérification continus adoptés par le Conseil dans la
résolution 715 (1991). En ce qui concerne ces dernières,
la présentation de nouvelles pièces justificatives serait
évidemment la solution la plus satisfaisante; toutefois, comme indiqué
plus haut au paragraphe 18, la Commission a examiné avec l'Iraq
d'autres méthodes qui permettraient à ce pays d'aider la
Commission à vérifier les déclarations de la partie
iraquienne;
b) Dresser un inventaire des mesures prouvant que l'Iraq
accepte toutes les clauses prévues dans les plans et coopère
à leur application, y compris la reconnaissance et l'octroi de tous
les privilèges et immunités dont la Commission a besoin pour
s'acquitter efficacement de ses tâches de contrôle et de vérification,
la garantie de la sécurité et de la protection du personnel
et du matériel de la Commission ainsi que des droits d'atterrissage
pour ses aéronefs, et la non-obstruction des activités d'inspection
et de logistique.
Pour sa part, la Commission doit établir, sur la
base des déclarations révisées de l'Iraq, une liste
de sites qui feraient l'objet d'inspections initiales en vue de déterminer
si ces sites doivent être surveillés et avec quelle fréquence.
Il conviendra d'établir pour chaque site un protocole contenant
les renseignements nécessaires à des contrôles efficaces
ainsi que le détail des opérations de vérification
et de contrôle qui devront être effectuées. Lorsque
ces préliminaires auront été réglés,
les inspections initiales pourront avoir lieu et les équipes d'inspection
présenteront au Président exécutif les projets de
protocoles définitifs aux fins d'approbation.
35. Par ailleurs, la Commission, l'AIEA et le Comité
des sanctions créé par la résolution 661 (1990) sont
tenus, conformément au paragraphe 7 de la résolution 715
(1991) du Conseil de sécurité, de collaborer à la
mise au point d'un mécanisme qui permette de contrôler à
l'avenir toute vente ou fourniture à l'Iraq par d'autres pays d'articles
relevant de l'application de la section C de la résolution 687 (1991)
et d'autres résolutions pertinentes, y compris la résolution
715 (1991) et les plans approuvés au titre de celle-ci.
36. D'autres activités d'inspection sont prévues
pour chaque catégorie d'armes, l'accent portant maintenant toutefois
sur le contrôle et la vérification continus. Les activités
de destruction se concentrent dorénavant sur les armes et les précurseurs
chimiques et le matériel destiné à leur production
sur le site de Muthanna. Les préparatifs de l'exécution des
plans de contrôle et de vérification continus sont en cours
et les idées émises sur la forme que pourrait prendre un
régime de contrôle des importations après la levée
des sanctions ont été examinées avec l'AIEA. Le nouveau
personnel recruté actuellement est appelé surtout à
vérifier l'exactitude des rapports présentés par l'Iraq
sur ses programmes antérieurs et sur ses réseaux de fournisseurs,
à préparer les activités de contrôle et de vérification
continus et à développer les propositions émises en
matière de contrôle des importations.
37. Les objectifs prioritaires de la Commission sont actuellement
les suivants :
a) Vérifier et mettre à jour les déclarations
présentées par l'Iraq afin de déterminer si elles
sont acceptables, c'est-à-dire dans quelle mesure elles répondent
aux dispositions des résolutions pertinentes;
b) Entreprendre les inspections de contrôle;
c) Mettre au point les mécanismes de contrôle
des importations et des exportations;
d) Déterminer les pratiques et les précédents
permettant à la Commission de jouir des privilèges, immunités
et facilités indispensables à l'accomplissement efficace
de ses tâches dans le cadre du plan de contrôle et de vérification
continus;
e) Parachever les activités de destruction, notamment
en ce qui concerne l'ancien programme iraquien d'armement chimique à
Muthanna.
38. L'Iraq ayant accepté de se conformer aux dispositions
de la résolution 715 (1991) et les plans de contrôle et vérification
continus ayant été approuvés, la Commission se concentrera
pour l'essentiel sur les activités de contrôle et de vérification
continus. Il serait donc opportun de regrouper les rapports que la Commission
est tenue de présenter tous les six mois au Conseil de sécurité,
d'une part en vertu de la résolution 699 (1991) sur l'ensemble de
ses activités, et d'autre part en vertu de la résolution
715 (1991) sur le contrôle et la vérification continus. Actuellement,
ces rapports sont à présenter respectivement les 17 juin
et 17 décembre, et les 10 avril et 10 octobre. Etant donné
que l'Iraq est tenu, au titre des plans de contrôle et de vérification
continus, de faire des déclarations tous les 15 janvier et 15 juillet,
il conviendrait que la Commission présente ses rapports au Conseil
tous les 15 février et 15 août, de manière à
pouvoir y incorporer les déclarations les plus récentes de
l'Iraq. La Commission spéciale recommande au Conseil de sécurité
d'adopter ce système de présentation des rapports sans préjudice
des rapports spéciaux qu'elle serait tenue de présenter le
cas échéant ou quand le Conseil le lui demanderait.
1. La Commission dispose actuellement d'un total de 135
postes répartis entre ses trois bureaux. Cinquante postes sont intégralement
financés par la Commission. Le reste du personnel est détaché
par les gouvernements pour des missions allant de trois à 12 mois.
Les pays suivants ont fourni du personnel, du matériel et des services
à la Commission : Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Australie,
Autriche, Belgique, Canada, Etats-Unis d'Amérique, Fédération
de Russie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Inde, Indonésie,
Iran (République islamique d'), Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande,
Pays-Bas, Pologne, République de Corée, République
tchèque, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du
Nord, Suède, Suisse et Thaïlande. L'AIEA a un total de sept
fonctionnaires imputés sur le budget de la Commission au titre des
activités prévues à la section C de la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité.
2. Au 31 décembre 1993, les dépenses s'élèveront
à 56 millions de dollars des Etats-Unis. Sur ce montant, un total
de 11,6 millions de dollars a été utilisé en 1993
pour financer le contrat d'enlèvement du combustible nucléaire.
Le montant nécessaire en 1994 pour couvrir les opérations
de la Commission spéciale et de l'AIEA est estimé à
environ 35 millions de dollars, dont 9,3 millions de dollars pour l'enlèvement
du combustible nucléaire en 1994.
3. On signale en outre de nombreuses contributions en
nature et services provenant de divers gouvernements. L'Allemagne a indiqué
que sa contribution à la Commission spéciale, qui se traduit
par la fourniture d'aéronefs et d'équipages, s'élèverait
à près de 30 millions de dollars d'ici à la fin de
1993. Environ 17,5 millions de dollars de ce montant sont considérés
comme une avance à rembourser.
| Pays | Dollars E.-U. | |
| Etats-Unis | 2 000 000
2 000 000(1) |
|
| Japon | 2 500 000(1) | |
| Koweït | 1 000 000 | |
| Royaume-Uni | 175 400 | |
| Arabie saoudite | 1 730 000
30 000 000 |
|
| Divers | 16 647 300 |
|
| Montant total des contributions | 56 052 700 | |
| 1991-1992 | ||
| Montant des dépenses au
31 décembre 1992 |
27 625 200 | |
| 1993 | ||
| Montant estimatif des dépenses pour 1993 | 28 427 500(2) | |
| 1994 | ||
| Prévision des dépenses pour 1994 | 35 000 000(3) |
Inspections relatives aux armes chimiques et biologiques
1. La 60e équipe de la CSNU, composée d'experts
déjà présents en Iraq, a notamment enquêté
sur des indices laissant supposer que l'Iraq possédait un stock
de bombes DB-0 plus important que celui qui avait été déclaré
à l'origine et que ces munitions pouvaient avoir des applications
de guerre biologique. Au cours de cette inspection, l'Iraq a déclaré
des stocks plus importants, affirmant que cette bombe était un prototype
de munition chimique dont les essais n'avaient pas été concluants
et que la nouvelle quantité déclarée englobait des
munitions qui avaient été détruites au cours des phases
de fabrication et d'essai.
2. La 63e équipe de la CSNU s'est principalement
intéressée à la recherche d'éventuels entrepôts
souterrains de missiles balistiques mais a également tenté
de découvrir d'éventuels stocks d'armes chimiques et fabriques
d'armes biologiques dissimulés. Comme indiqué au paragraphe
23, il n'a été découvert aucun élément
ou activité interdits à cet égard.
3. La 65e équipe de la CSNU a été
constituée à bref délai pour enquêter sur des
rumeurs persistantes selon lesquelles des armes chimiques avaient été
utilisées par les troupes du Gouvernement iraquien contre les éléments
d'opposition vivant dans les marais du sud de l'Iraq. L'équipe a
été formée initialement en tant que mission d'établissement
des faits et s'est rendue dans la République islamique d'Iran pour
obtenir des éclaircissements sur les allégations de personnes
affirmant avoir été témoins de l'incident, dans le
but précis de déterminer l'endroit exact où aurait
eu lieu cette attaque chimique. Une fois ces renseignements obtenus, l'équipe
est revenue à Bahreïn pour procéder à d'autres
préparatifs puis s'est rendue en Iraq, en tant que 65e équipe
de la CSNU, le 19 novembre 1993.
4. Au cours de son inspection, l'équipe a examiné
le site de manière approfondie et prélevé de nombreux
échantillons de terre, d'eau, de flore et de faune qui seront analysés
dans divers laboratoires spécialisés. L'équipe a aussi
inspecté les alentours du site de l'attaque présumée.
Des véhicules, des navires et des hélicoptères ont
été utilisés au cours de cette enquête. L'équipe
n'a découvert aucun élément de preuve directe de l'utilisation
d'armes chimiques. Un engin non explosé a été découvert
sur place mais il était dans un état trop dangereux pour
permettre le prélèvement d'échantillons. En conséquence,
une deuxième équipe d'experts de la neutralisation des explosifs
appartenant au Groupe de la destruction chimique de Muthanna a été
envoyée sur place le 25 novembre 1993; ces experts sont parvenus
à la conclusion qu'il ne s'agissait pas d'une munition chimique
mais d'une puissante grenade à tube, qu'ils ont détruite.
5. Au cours de son enquête, la Commission s'est
également procurée certains documents qui font actuellement
l'objet d'une expertise légale.
6. On s'attend à ce que l'analyse des échantillons
prenne un certain temps. Tant que les résultats de ces analyses
ne seront pas disponibles, la Commission ne sera pas en mesure d'arriver
à une conclusion définitive sur la question de savoir si
des armes chimiques ont été utilisées ou non.
Inspections relatives aux missiles balistiques
7. La Commission a poursuivi vigoureusement et sur divers
plans ses efforts d'inspection en matière de missiles balistiques.
Une troisième mission de contrôle intérimaire (ECP-1c)
a été effectuée en juin. Des dispositifs de caméras
de contrôle ont été installés et mis en service
dans deux bancs d'essai de missiles et des levés de génie
civil détaillés de tous les polygones d'essais de missiles
connus en Iraq ont été établis. La CSNU 63 -- l'équipe
d'inspection la plus importante jamais constituée à ce jour
--, a effectué des inspections en Iraq aux mois de septembre et
d'octobre.
Contrôle intérimaire
8. Le refus persistant de l'Iraq, jusqu'au 26 novembre
1993, de reconnaître les obligations qui lui incombaient en vertu
de la résolution 715 (1991) du Conseil de sécurité
a empêché la Commission d'appliquer aux activités visées
en Iraq le plan de contrôle et de vérification continus approuvé
dans cette résolution. Ce plan devait être appliqué
avec effet immédiat dès octobre 1991. Dans l'intervalle,
comme l'ont montré les inspections relatives aux missiles balistiques
menées en application de la résolution 687 (1991), les activités
de l'Iraq en matière de missiles sont allées bon train. C'est
pourquoi la Commission a lancé en janvier 1993 un nouveau type d'activité
d'inspection en Iraq, le contrôle intérimaire.
9. Les principaux objectifs de contrôle intérimaire
étaient les suivants : continuer de collecter des informations sur
les programmes de missiles en Iraq et dissuader l'Iraq de lancer des programmes
secrets de fabrication de systèmes de missiles prohibés.
Le contrôle intérimaire n'était pas censé remplacer
le contrôle et la vérification continus prévus par
la résolution 715 (1991). Il s'agissait pour les équipes
de contrôle intérimaire de rassembler des renseignements techniques
et de présenter des évaluations approfondies à la
Commission pour l'aider à préparer l'exécution effective
du plan de contrôle et de vérification continus une fois que
l'Iraq aurait reconnu les obligations qui lui incombaient en vertu de la
résolution 715 (1991).
10. Les activités des deux premières équipes
de contrôle intérimaire ont été décrites
dans le rapport précédent (S/25977). Une troisième
équipe de contrôle intérimaire des missiles, la CSNU
57/ECP-1c, a exercé ses activités en Iraq du 4 au 28 juin
1993. Sa mission principale était d'évaluer l'état
des capacités iraquiennes en matière d'usinage de précision
lié à la fabrication de missiles balistiques, notamment la
fabrication d'instruments de guidage gyroscopique et de propulseurs à
combustible liquide. L'équipe a inspecté 16 installations
industrielles et deux polygones militaires.
11. Les inspections de contrôle intérimaire
ont permis d'établir des évaluations techniques globales
des programmes de missiles iraquiens en cours qui tombent sous le coup
des résolutions 687 (1991), 707 (1991) et 715 (1991), notamment
des capacités de recherche-développement et de fabrication.
Les équipes ont pu recueillir de précieuses informations
et données techniques qui leur étaient nécessaires
pour planifier et exécuter les activités de contrôle
et de vérification continus en Iraq prévues par la résolution
715 (1991).
Système de caméras dans les bancs d'essai
de missiles
12. Le 6 juin 1993, la Commission a informé l'Iraq
de son intention d'installer des systèmes de caméras télécommandées
dans deux bancs d'essai de moteurs de missile, Al-Yawm Al-Azim et Al-Rafah.
L'objectif de cette opération d'inspection était de vérifier
qu'aucune activité interdite n'avait lieu dans ces bancs d'essai.
Le système de caméras était conçu de manière
à surveiller continuellement les activités et à enregistrer
tous les essais effectués dans ces sites. L'Iraq a répondu
qu'il n'accepterait aucune activité de contrôle et insisté
pour que la Commission se limite aux activités d'inspection prévues
par la résolution 687 (1991). Dans le rapport qu'il a présenté
au Conseil (S/25960), le Président exécutif a déclaré
qu'en faisant de l'obstruction, l'Iraq manquait une nouvelle fois aux obligations
que lui imposaient les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité
et les accords conclus avec la Commission. Le 18 juin 1993, le Président
du Conseil de sécurité, au nom du Conseil, a déclaré
que l'Iraq devait accepter l'installation par la CSNU de dispositifs de
contrôle dans les bancs d'essai.
13. Nonobstant cette déclaration du Conseil de
sécurité, l'Iraq a continué de s'opposer à
l'installation des caméras. Le 5 juillet 1993, le Président
exécutif a donné l'ordre à la première mission
d'installation de se retirer après qu'elle eut passé plus
d'un mois en Iraq en attendant que le Gouvernement iraquien change d'avis
et lui permette de s'acquitter de sa mission. A titre de mesure conservatoire,
la Commission, après en avoir informé le Conseil, a envoyé,
le 10 juillet, en Iraq, une équipe (la CSNU 60) chargée d'apposer
des scellés sur le matériel et les installations en cause
dans les deux sites pour veiller à ce qu'ils ne soient pas utilisés
tant que les caméras ne seraient pas installées. Les autorités
iraquiennes ont empêché cette équipe d'accomplir sa
mission. Le 12 juillet 1993, le Président exécutif a rendu
compte de ces événements au Président du Conseil de
sécurité. Le Président exécutif a déclaré
que l'Iraq avait fait de cette affaire, qui n'était à l'origine
qu'un problème particulier de contrôle des polygones d'essais
de missiles en cause, une question de principe concernant l'acceptation
par l'Iraq du contrôle et de la vérification continus prévus
par la résolution 715 (1991).
14. Le Président exécutif s'est rendu à
Bagdad du 15 au 19 juillet 1993 pour demander à l'Iraq de se conformer
pleinement à la décision prise par le Conseil le 18 juin
1993. Sur la question du contrôle des deux bancs d'essai de missiles,
l'Iraq a accepté, à la suite de cette visite d'autoriser
à titre provisoire l'installation de caméras à Al-Yawn
Al-Azim et Al-Rafah. Il était aussi entendu qu'on aborderait la
question d'une solution à long terme, et notamment de la mise en
activité de ces caméras, lors d'entretiens techniques à
un échelon élevé qui se tiendraient à New York.
En attendant de connaître le résultat de ces entretiens, le
Vice-Premier Ministre iraquien a donné au Président exécutif
l'assurance que l'Iraq notifierait à la Commission tout tir d'essai
suffisamment à l'avance pour qu'elle puisse l'observer et que l'Iraq
faciliterait l'inspection des deux sites par la Commission aussi souvent
que celle-ci le jugerait nécessaire et au moment qu'elle choisirait.
On trouvera un compte rendu complet de cette visite dans le rapport présenté
par le Président exécutif au Conseil de sécurité
(S/26127).
15. Conformément aux arrangements susmentionnés,
la Commission a envoyé à Bagdad le 25 juillet une petite
équipe technique chargée d'installer les systèmes
de caméras dans les sites d'Al-Yawn Al-Azim et Al-Rafah. L'installation
et l'essai de ces caméras ont été achevés le
3 août 1993. Dans le cadre des arrangements provisoires, la Commission
a envoyé un certain nombre d'experts balistiques à Bagdad
pour qu'ils observent tout essai de missiles que l'Iraq pourrait notifier
à la Commission. La CSNU 62 a opéré en Iraq à
cette fin du 23 août au 27 septembre 1993. La CSNU 62 a également
procédé à des levés de génie civil détaillés
dans les installations d'essai d'Al-Yawn Al-Azim et Al-Rafah et dans cinq
autres bancs d'essai de missiles et de moteurs de fusée.
16. Après une première série d'entretiens
de haut niveau à New York, le Gouvernement iraquien a informé
la Commission qu'il avait donné son assentiment à la mise
en activité des systèmes de caméras à Al-Rafah
et Al-Yawn Al-Azim. Le 25 septembre 1993, ces caméras ont été
mises en marche. Depuis, elles fonctionnent en permanence. Elles sont disposées
de telle manière que la CSNU est en mesure de déterminer
si l'essai porte sur un missile, un moteur ou un propulseur interdit. Conformément
aux procédures de fonctionnement établies par la Commission,
ces systèmes assurent une surveillance 24 heures sur 24, sept jours
par semaine, des bancs d'essai de missiles d'Al-Rafah et Al-Yawn Al-Azim.
La Commission a élaboré des manuels de contrôle des
essais de missiles comprenant des levés de génie civil concernant
les polygones d'essais, des listes de vérification et des formulaires
d'établissement de rapports à usage des Iraquiens. Du 2 au
10 décembre 1993, on a entrepris de perfectionner les systèmes
de caméras en y incorporant des liaisons radio et en améliorant
les objectifs.
CSNU 63
17. La 63e mission d'inspection de la CSNU en Iraq s'est
déroulée du 30 septembre au 30 octobre 1993. Elle avait un
double objectif : d'une part, enquêter sur l'information reçue
par la Commission faisant état d'activités interdites qui
auraient eu lieu en Iraq et d'articles interdits, notamment des missiles
qui continueraient d'être dissimulés; d'autre part, vérifier
les informations fournies par l'Iraq sur les activités interdites
auxquelles il s'était livré par le passé, particulièrement
en ce qui concerne l'utilisation opérationnelle de missiles d'une
portée supérieure à 150 kilomètres. L'accomplissement
de ces tâches était considéré comme indispensable
pour permettre à la Commission d'achever la phase d'identification
de ses travaux conformément à la résolution 687 (1991).
18. Vu l'ampleur des objectifs de la CSNU 63, il a fallu
réunir l'équipe d'inspecteurs la plus nombreuse à
ce jour, consacrer beaucoup de temps aux préparatifs et à
une formation intensive, effectuer des analyses approfondies, trouver de
nouvelles manières d'utiliser des capteurs perfectionnés
et déployer des moyens aériens supplémentaires.
19. Pour cette mission, il a fallu recourir non seulement
aux méthodes d'inspection déjà éprouvées,
mais aussi à de nouvelles techniques, car une grande partie de l'information
que l'équipe devait vérifier se rapportait au stockage souterrain
d'articles interdits. C'est pourquoi un géoradar a été
monté sur un hélicoptère afin de permettre de mieux
examiner les zones à inspecter. Ce dispositif avait été
conçu spécialement pour pouvoir détecter les articles
interdits, particulièrement les missiles, les lanceurs de missiles
et les endroits où ils pourraient être cachés.
20. Pour appuyer l'inspection, deux hélicoptères
supplémentaires Bell 412 ont été déployés
en Iraq, leur équipage et leur matériel ayant été
spécialement adaptés aux besoins de la CSNU 63. Leur tâche
principale était d'effectuer des relevés au géoradar.
Ils ont également procédé à l'inspection aérienne
de certains sites et fourni un moyen supplémentaire de repérer
les sites à inspecter, de nuit le cas échéant, à
l'aide d'un radar infrarouge à vision vers l'avant.
21. La CSNU 63 a commencé ses inspections en Iraq
le 30 septembre 1993. Jusqu'à l'arrivée des deux hélicoptères
Bell, le 3 octobre, l'équipe a effectué des inspections au
sol dans un certain nombre de sites situés autour de Bagdad. La
première série d'inspections au géoradar a eu lieu
du 4 au 7 octobre. Plusieurs sites ont été examinés
dans le centre de l'Iraq pour vérifier s'il s'y trouvait des articles
interdits. Le 9 octobre, la mission a gagné l'ouest de l'Iraq. A
ce stade, il s'agissait de vérifier l'exactitude de certains renseignements
essentiels concernant l'utilisation opérationnelle des missiles
Al Hussein pendant la guerre du Golfe. Les zones inspectées au géoradar,
dont la surface variait de 20 à 45 kilomètres carrés,
étaient centrées sur des positions connues de lancement de
missiles Al Hussein. Ces sites ont été examinés intensivement
au géoradar et par des équipes au sol afin de trouver les
emplacements où étaient dissimulés les lanceurs. En
outre, deux sites ont été examinés au sol et par aéronef
pour savoir si des activités prohibées s'y déroulaient
ou s'y étaient déroulées. Le 25 octobre, la mission
a gagné le nord-ouest de l'Iraq pour vérifier des renseignements
concernant des activités interdites et la présence d'articles
prohibés. Il a fallu fouiller une surface très étendue
(1 000 kilomètres carrés) et inspecter, notamment au géoradar,
des emplacements que l'équipe connaissait déjà ou
qui avaient été choisis à la suite de l'examen de
la zone. Lorsque l'inspection effectuée dans le nord-ouest de l'Iraq
s'est achevée le 28 octobre, certaines zones avaient été
examinées de près et des sites sélectionnés
avaient fait l'objet de levés aériens et d'inspections au
sol. Parallèlement, l'équipe s'est rendue sur des sites où
se trouvaient des articles interdits qui avaient été déclarés,
afin de vérifier qu'ils avaient été détruits
par l'Iraq comme la Commission en avait donné l'ordre précédemment.
22. Pendant son séjour en Iraq, la CSNU 63 a inspecté
plus de 30 sites et zones. Au total, 28 missions de détection au
géoradar ont été effectuées, ce qui a représenté
plus de 56 heures de vol. Les autorités iraquiennes ont eu à
coeur de veiller à ce que l'inspection se déroule sans incident
: l'Iraq a fourni toute l'assistance demandée par l'équipe
d'inspecteurs; l'accès a été accordé à
tous les sites et à toutes les zones à inspecter; l'équipe
n'a eu aucune difficulté à exécuter son plan opérationnel
ni à acheminer et utiliser ses moyens aériens; les autorités
iraquiennes ont respecté les droits d'inspection invoqués
par la mission.
23. La CSNU 63 n'a relevé aucun article prohibé
ni aucune activité interdite, et n'a découvert aucun fait
qui contredise les renseignements fournis par l'Iraq sur les questions
qui faisaient l'objet de sa mission.
Levés de détection gamma
24. La première mission spéciale de l'équipe
d'inspection aérienne, qui a été axée sur la
détection d'émissions gamma, s'est déroulée
du 10 au 25 septembre 1993. L'Iraq ayant fait des difficultés au
début, les vols n'ont pu commencer que le 15 septembre, ce qui a
considérablement réduit la portée de la mission. Des
relevés partiels ont été effectués à
Al-Tuwaitha, Al-Atheer et Al-Jezira. Des émissions gamma ont été
détectées en plusieurs points de chacun de ces sites. Cette
technique paraît utile en ce sens qu'elle permet de repérer
les zones où il y a lieu de procéder à des inspections
au sol plus poussées. Elle sera utilisée à l'avenir.
25. La deuxième inspection aérienne à
l'aide du matériel de détection gamma s'est déroulée
du 2 au 15 décembre 1993. Les sites qui avaient déjà
été examinés l'ont été de façon
plus poussée, et de nouveaux sites ont été inspectés.
Des émissions gamma ont été détectées
dans tous les sites, mais les conclusions à en tirer ne seront claires
qu'au vu des résultats de l'analyse.
1. On trouvera dans les précédents rapports
un historique complet des activités de destructions des armes chimiques.
Le présent rapport porte essentiellement sur les faits nouveaux
survenus depuis juin 1993.
Effectifs
2. Les pays contributeurs ont continué d'appuyer
le Groupe de la destruction des armes chimiques. Toutefois, le problème
des effectifs n'a toujours pas été résolu car les
experts ayant les qualifications requises sont peu nombreux et doivent
travailler pour les pays fournisseurs. Ces pays devront poursuivre leur
aide jusqu'à ce que le Groupe de la destruction chimique achève
ses travaux. En décembre 1993, le Groupe comptait 27 experts de
12 pays.
Problèmes de protection et de sécurité
3. Sur le site d'Al-Muthanna, les normes de sûreté
extrêmement rigoureuses qui avaient été établies
par le Groupe consultatif sur la destruction et par la Commission ont été
maintenues. Les demandes de la partie iraquienne, qui avait recommandé
que l'on assouplisse certaines de ces normes pour accélérer
les opérations de destruction, ont été rejetées.
Des prélèvements réguliers d'échantillons d'air
ont été effectués. Pour renforcer les mesures de sûreté,
on a installé de nouveaux dispositifs d'alerte, tels que des détecteurs
d'ypérite télécommandés. Ces mesures ont été
efficaces car elles ont permis d'éviter que différents incidents
mineurs ne prennent de l'ampleur. La nature des travaux est telle que si
les consignes de sûreté n'avaient pas été suivies,
certains des incidents survenus auraient pu avoir des conséquences
très graves. Toutefois, les conditions de travail restent extrêmement
dangereuses car l'équipe est quotidiennement exposée à
des agents chimiques.
Activités de destruction
4. Les principaux facteurs qui influent sur le rythme
de travail du Groupe de la destruction des armes chimiques n'ont pas changé.
Ce sont :
a) Les conditions météorologiques et environnementales;
b) La fiabilité et l'état du matériel
de destruction;
c) Le degré de coopération de la partie
iraquienne;
d) L'état du matériel qui doit être
détruit (conteneurs attaqués par la corrosion, ypérite
polymérisée, etc.).
5. On trouvera à la section C ci-après une
liste du matériel qui avait été détruit sur
le site d'Al-Muthanna au 6 décembre 1993. Les données fournies
sont des chiffres absolus. Toutefois, certaines incertitudes subsistent
quant aux quantités exactes d'agent chimique détruites, car
des fuites ont été détectées dans certains
conteneurs et certains agents chimiques étaient déjà
détériorés avant que la destruction ne commence.
6. Pendant la période considérée,
les activités de destruction se sont poursuivies sans heurt, mais
ont dû être parfois interrompues pour les raisons suivantes
:
a) Travaux d'entretien effectués dans l'incinérateur
et dans les installations d'hydrolyse;
b) Manque de pièces de rechange;
c) Conditions météorologiques défavorables,
dues principalement à la vitesse et à la direction du vent.
7. D'après les plans, environ 3 500 litres d'ypérite
et 350 litres de tabun doivent être détruits chaque jour.
Toutefois, à Al-Muthanna, l'ypérite polymérisée
entreposée dans des conteneurs d'une tonne continue de poser des
problèmes. Les travaux de destruction risquent de prendre beaucoup
de temps.
8. Les travaux de destruction des précurseurs,
des agents chimiques et des munitions devraient s'achever d'ici au mois
de mars ou avril 1994. En outre, il reste à déterminer :
a) Le type de matériel de production chimique qu'il
faudra détruire;
b) Les méthodes qu'il faudra utiliser pour détruire
ce matériel;
c) Comment entreposer les déchets chimiques qui
résultent des opérations de destruction;
d) Comment apposer les scellés sur les casemates
qui figurent sur la liste du matériel à sceller;
e) Le type de produits chimiques que l'Iraq pourrait être
autorisé à utiliser dans d'autres domaines;
f) Les mesures qu'il conviendra de prendre pour procéder
à la vérification finale des activités de destruction,
avant le retrait du Groupe de la destruction des armes chimiques.
On est en train d'élaborer, à l'intention
du Groupe de la destruction des armes chimiques, un plan de travail qui
traitera de toutes ces questions.
9. D'après les prévisions, le Groupe de
la destruction des armes chimiques devrait achever ses travaux au milieu
de l'année 1994. Pour établir ces estimations, on a tenu
compte du calendrier de travail du Groupe, du temps requis pour mener à
bien les opérations de fermeture et des retards à prévoir.
Les délais fixés devraient demeurer assez souples pour que
l'on puisse éventuellement les modifier.
Munitions
283 fusées et ogives de 122 mm
6 410 ogives de fusées de 122 mm
863 moteurs de fusées
16 695 grains (unité de mesure) de propergol de
fusées de 122 mm
2 388 tubes de moteurs de fusées de 122 mm
12 638 obus d'artillerie de 155 mm remplis d'ypérite
34 projectiles de 155 mm vides
2 projectiles de 155 mm remplis de carburant
29 ogives à GB/GF Al Hussein
337 bombes R400
333 assemblages d'empennage de R400
471 assemblages d'empennage de bombes d'aviation de calibre
250
4 bombes d'aviation de calibre 250 remplies de carburant
5 172 bombes d'aviation de calibre 250 vides
1 097 bombes d'aviation de calibre 250 partiellement remplies d'ypérite
polymérisée
4 bombes d'aviation de calibre 500 remplies de carburant
675 bombes d'aviation de calibre 500 partiellement remplies d'ypérite
polymérisée
1 115 bombes DB 2
61 bombes DB 0
28 332 total des munitions détruites
Agents chimiques
17 815 litres d'agent neurotoxique GA
330 litres d'agent neurotoxique GB
60 498 litres d'agent neurotoxique GB/GF
247 966 litres d'ypérite
326 609 litres total des agents chimiques détruits
Précurseurs
123 722 litres de D4
14 600 litres de DF
1 120 litres de dichloroéthane
211 023 litres d'isopropyle
153 980 litres de thiodiéthylèneglycol
1 200 litres de cyclohexanol/isopropylalcool
297 400 litres d'oxychlorure de phosphore
148 800 litres de chlorure de thionyle
415 000 litres de trichlorure de phosphore
30 000 litres de diisopropylamine
3 000 litres de morpholine
53 000 litres de chlorobenzaldéhyde
1 900 litres d'éthylchlorohydrine
16 000 litres de monoéthylèneglycol
1 470 745 litres total des précurseurs détruits
1. Au cours des six derniers mois, le Groupe d'évaluation
de l'information a continué de s'adapter aux besoins des travaux
de la Commission. A cet égard, sa principale activité consiste
à préparer les opérations de surveillance à
grande échelle en Iraq qui concernent tous les aspects du travail
entrepris par le Groupe.
2. Les activités de collecte de l'information du
Groupe se sont développées grâce au concours de la
Commission et d'autres organisations. Les gouvernements et les institutions
qui apportent leur appui au Groupe demeurent une importante source d'information
et d'évaluation des anciens programmes iraquiens interdits. Au cours
des six mois écoulés, le Groupe a établi des contacts
avec d'autres gouvernements et d'autres institutions. Ces contacts sont
importants non seulement pour obtenir des renseignements sur les activités
antérieures, mais aussi pour établir des liens aux fins du
contrôle et de la vérification continus. Les organisations
externes jouent également un rôle important en fournissant
au Groupe des données techniques sur les équipements et les
systèmes en Iraq, permettant ainsi à ses analyses d'évaluer
de manière approfondie leurs capacités et leurs fonctions.
3. Le Groupe continue de tirer le plus grand profit de
son système de surveillance aérienne, dont le rôle
et les activités se sont développés au cours des derniers
mois. L'avion de reconnaissance à haute altitude (U-2) dont dispose
la Commission effectue trois vols par semaine et 186 missions avaient été
effectuées au 13 décembre 1993. Ces missions sont définies
par le Groupe et répondent actuellement à un certain nombre
d'objectifs. L'avion U-2 survole régulièrement des sites
reconnus comme nécessitant un contrôle et une vérification
continus, ainsi que de nouveaux sites considérés comme potentiellement
intéressants par le Groupe. Par ailleurs, cet appareil a pris des
photographies de certaines zones iraquiennes qui intéressent particulièrement
le travail de la Commission. Des mosaïques de ces zones sont produites
et fournissent aux analyses une couverture photographique de grande surface.
Enfin, l'avion U-2 assure la surveillance aérienne des sites d'inspection
avant et pendant le passage des équipes au sol, afin de vérifier
qu'aucune activité prohibée ni aucune activité de
dissimulation n'ont eu lieu.
4. Le Groupe d'évaluation de l'information dispose
également des services de l'équipe d'inspection aérienne.
Cette équipe est composée de trois inspecteurs basés
en Iraq et opérant à partir d'hélicoptères
CH-53g. A ce jour, cette équipe a effectué 215 vols au-dessus
de 335 sites. Actuellement, elle concentre ses activités sur des
sites jugés importants pour les opérations de contrôle
et de vérification continus. Les photographies détaillées
provenant de ces missions permettent aux analyses du Groupe de constater
les éventuels changements intervenus dans une installation donnée.
L'équipe d'inspection aérienne joue également un rôle
important en assurant une surveillance aérienne des sites d'inspection.
5. En septembre et décembre 1993, l'équipe
d'inspection aérienne a entrepris une nouvelle fonction avec l'introduction
d'un programme de détection gamma utilisant un matériel monté
sur hélicoptère CH-53g. Cette activité est décrite
aux paragraphes 24 et 25 de l'appendice II du présent rapport. Deux
systèmes supplémentaires de détection aérienne
ont été récemment introduits en Iraq; il s'agit du
géoradar et du radar infrarouge à vision vers l'avant. Ces
deux systèmes ont été montés sur des hélicoptères
Bell 412. Le géoradar, qui peut détecter des objets cachés
et des cavités souterraines, a été un élément
essentiel des activités d'inspection de la CSNU 63 dont le rapport
figure à l'appendice II. Le radar infrarouge à vision vers
l'avant a également été utilisé pour les activités
de surveillance aérienne au cours des premières opérations
de nuit. Sa principale fonction consiste à "garder" de nuit les
sites devant être inspectés.
6. Les photographies obtenues à partir de tous
ces systèmes de surveillance aérienne sont à la disposition
du Groupe d'évaluation de l'information à New York, où
elles sont examinées par ses photo-interprètes et ses analystes.
La documentation concernant les installations nucléaires est partagée
avec l'AIEA. C'est ainsi qu'une bibliothèque complète a été
constituée qui peut être consultée par les analystes
pour l'évaluation et la surveillance ainsi que pour la préparation
des inspections.
7. La capacité de traitement des données
écrites par le Groupe a également été renforcée
par l'introduction d'un nouveau matériel informatique qui permet
aux analystes de stocker, rechercher et manipuler ces données.
8. La travail d'analyse entrepris par le Groupe sert de
base à la plupart des activités de la Commission. Outre l'évaluation
du respect par l'Iraq des dispositions de la résolution 687 (1991)
sur le cessez-le-feu, le travail du Groupe consiste également à
préparer le programme d'inspection. Dans son travail d'évaluation,
le Groupe s'attache de plus en plus à déterminer les sites,
les installations et le matériel visés par le contrôle
et la vérification continus, ainsi que les modalités et les
techniques à utiliser. Un personnel supplémentaire a été
recruté pour s'occuper de certains aspects spécifiques de
la surveillance, par exemple le contrôle des importations. Le Groupe
bénéficie d'un personnel expérimenté qui a
accumulé des connaissances considérables sur les programmes
iraquiens interdits.
1. Le contrôle et la vérification continus
ont commencé. Les activités concernant les trois domaines
qui relèvent directement de la Commission (missiles balistiques,
armes chimiques et biologiques) font l'objet d'une coordination afin d'assurer
la continuité et l'harmonie du système. Diverses tâches
ont déjà été entreprises à cet égard.
2. En attendant que l'Iraq communique les informations
complètes requises aux termes de la résolution 715 (1991)
et du plan de contrôle et de vérification continus, on a dressé
une liste des sites et installations soumis à une inspection initiale.
Des protocoles de surveillance et de vérification sont actuellement
élaborés pour chaque site et comprendront tous les documents
et renseignements nécessaires (nom du site ou de l'installation,
fonction générale, emplacement, coordonnées géographiques,
données concernant la surveillance aérienne). Des modalités
ont été établies pour les inspections de contrôle
et de vérification continus, qui prévoient des inspections
annoncées et des inspections inopinées. Une évaluation
préliminaire des besoins en matière d'opérations et
de planification a été faite en ce qui concerne le personnel
(durée du séjour, expérience, connaissances, formation
nécessaire), le matériel (détecteurs et techniques
de surveillance et matériel opérationnel standard) et les
moyens (terrestres et aériens) nécessaires aux activités
de surveillance. Conformément au paragraphe 8 de la résolution
715 (1991), un mécanisme de contrôle des importations et exportations
sera mis en place. Les modalités de planification et les besoins
concernant ce mécanisme sont actuellement à l'étude.
3. La base de données pour la surveillance, qui
constituera l'épine dorsale du contrôle et de la vérification
continus, sera organisée au niveau géographique et contiendra
toutes les informations pertinentes qu'elle qu'en soit la forme (images
aériennes, plan de situation, plans au sol, schémas du matériel,
photographies, rapports d'inspection, textes des déclarations iraquiennes,
etc.).
4. Des modèles ont été mis au point
pour les déclarations que doit faire l'Iraq conformément
à son obligation de présenter des rapports au titre du plan
de contrôle et de vérification continus. Des protocoles de
surveillance et de vérification pour les sites à inspecter
sont en préparation. Ils serviront de base aux inspections qui seront
effectuées sur les sites considérés comme nécessitant
une inspection régulière dans le cadre du régime de
contrôle et de vérification continus.
1. La Commission et l'AIEA insistent depuis longtemps
pour que l'Iraq fournisse des informations sur ses fournisseurs de matériels
et de technologie pour ses anciens programmes d'armement désormais
interdits. Les pourparlers techniques de haut niveau qui se sont déroulés
à New York en septembre ont permis de définir des articles
essentiels, dont il était indispensable que l'AIEA et la Commission
connaissent les fournisseurs pour pouvoir s'acquitter de leur mandat. L'Iraq
s'est engagé à fournir ces précisions lors de la deuxième
série de pourparlers de haut niveau à Bagdad, ce qu'il a
effectivement fait le dernier jour de cette série, le 8 octobre
1993.
2. Ces informations répondaient à un double
but :
a) Etablir la liste complète des fournisseurs de
l'Iraq, afin de permettre à la Commission et à l'AIEA d'établir,
en enquêtant sur les sociétés fournisseuses par l'intermédiaire
du gouvernement concerné, un bilan-matières pour chacun des
programmes d'armement, au moyen de l'équation suivante :
b) Déterminer comment l'Iraq s'est procuré
des articles dont l'exportation était réglementée,
afin de faciliter la mise au point, par la Commission et l'AIEA, du mécanisme
de contrôle des importations et exportations de l'Iraq qui doit être
mis en place avant que les sanctions soient levées, conformément
au paragraphe 8 de la résolution 715 (1991).
3. Les renseignements fournis par l'Iraq répondaient
aux questions posées à New York. Dans le domaine des armes
chimiques, l'Iraq a fourni les indications suivantes : quantités
globales de précurseurs importés, par entreprise et pays
d'origine; quantités globales de munitions vides importées,
par entreprise et pays d'origine; quantités globales de matériel
de production importé, par type, capacité, matériau,
entreprise et pays d'origine. En ce qui concerne les armes biologiques,
l'Iraq a répondu aux questions sur la provenance des milieux complexes,
des toxines, des micro-organismes, des générateurs d'aérosols
et des chambres d'incubation, en quantités globales par entreprise
et pays d'origine. Dans le domaine des missiles balistiques, les questions
de la Commission étaient axées sur les articles indispensables
pour la production de ces engins, à savoir les gyroscopes et les
composants du combustible. L'Iraq a indiqué le nom des fournisseurs,
le pays d'origine, les quantités fournies, les points d'entrée
dans le pays et les destinataires.
4. La Commission est en train de vérifier les déclarations
de l'Iraq, d'une part en demandant, par l'intermédiaire du gouvernement
concerné, aux fournisseurs indiqués de confirmer les articles
et quantités fournis à l'Iraq et d'autre part en analysant
des échantillons de matériaux, tels que l'acier maraging,
pour déterminer s'ils proviennent bien des sources indiquées
par l'Iraq.
5. Il faut remarquer que certains des articles qui intéressent
la Commission et l'AIEA pouvaient être à l'époque exportés
sans licence. Lorsqu'une licence était exigée, l'Iraq avait
mis au point des moyens pour contourner l'obstacle. Schématiquement,
les itinéraires d'approvisionnement étaient les suivants
:
a) Fourniture directe par le fabricant;
b) Utilisation d'un intermédiaire. Dans de nombreux
cas de ce genre, les fournisseurs ignoraient l'utilisation finale de leurs
produits (certains auraient toutefois pu s'en douter);
c) Fourniture par le biais d'un pays tiers;
d) Fourniture par le biais d'une deuxième entreprise
dans le même pays. En général, ce type de transaction
ne nécessite pas de licence d'exportation.
6. En vertu du paragraphe 7 de la résolution 715
(1991) la Commission est tenue de mettre au point, en coordination avec
l'AIEA et le Comité des sanctions créé en application
de la résolution 661 (1990), un mécanisme pour contrôler
les importations et les exportation iraquiennes de certains articles énumérés.
Afin d'employer au mieux les ressources et les efforts de la Commission,
il faudra déterminer les maillons critiques du processus de mise
au point et de production des armes interdites, sur la base des annexes
jointes au plan de contrôle et de vérification continus. Il
faut noter qu'il est demandé, au paragraphe 12 du plan (S/22871/Rev.1),
que ce mécanisme soit élaboré "dans les plus brefs
délais possibles et en tout cas avant la levée des sanctions"
frappant les articles visés.
7. La Commission a l'intention de tenir à New York,
au début de 1994, des réunions avec des spécialistes
des armements et du contrôle des exportations des principaux pays
fournisseurs, afin d'établir à partir des annexes une liste
des articles à contrôler dans le cadre du mécanisme.
A l'issue de ces réunions, elle consultera l'AIEA et le Comité
des sanctions en vue de poursuivre l'élaboration du mécanisme
et de le présenter au Conseil de sécurité.
Armes nucléaires
15-21 mai 1991 IAEA1/UNSCOM 1
22 juin-3 juillet 1991 IAEA2/UNSCOM 4
7-18 juillet 1991 IAEA3/UNSCOM 5
27 juillet-10 août 1991 IAEA4/UNSCOM 6
14-20 septembre 1991 IAEA5/UNSCOM 14
21-30 septembre 1991 IAEA6/UNSCOM 16
11-22 octobre 1991 IAEA7/UNSCOM 19
11-18 novembre 1991 IAEA8/UNSCOM 22
11-14 janvier 1992 IAEA9/UNSCOM 25
5-13 février 1992 IAEA10/UNSCOM 27
5-13 février 1992 IAEA10/UNSCOM 30
7-15 avril 1992 IAEA11/UNSCOM 33
26 mai-4 juin 1992 IAEA12/UNSCOM 37
14-21 juillet 1992 IAEA13/UNSCOM 41
31 août-7 septembre 1992 IAEA14/UNSCOM 43
8-19 novembre 1992 IAEA15/UNSCOM 46
6-14 décembre 1992 IAEA16/UNSCOM 47
22-27 janvier 1993 IAEA17/UNSCOM 49
3-11 mars 1993 IAEA18/UNSCOM 52
30 avril-7 mai 1993 IAEA19/UNSCOM 56
25-30 juin 1993 IAEA20/UNSCOM 58
23-28 juillet 1993 IAEA21/UNSCOM 61
1er-9 novembre 1993 IAEA22/UNSCOM 64
Armes chimiques
9-15 juin 1991 CWI/UNSCOM 2
15-22 août 1991 CW2/UNSCOM 9
31 août-8 septembre 1991 CW3/UNSCOM 11
31 août-5 septembre 1991 CW4/UNSCOM 12
6 octobre-9 novembre 1991 CW5/UNSCOM 17
22 octobre-2 novembre 1991 CW6/UNSCOM 20
18 novembre-1er décembre 1991 CBW1/UNSCOM 21
27 janvier-5 février 1992 CW7/UNSCOM 26
21 février-24 mars 1992 CD1/UNSCOM 29
5-13 avril 1992 CD2/UNSCOM 32
15-29 avril 1992 CW8/UNSCOM 35
18 juin 1992 CDG/UNSCOM 38
26 juin-10 juillet 1992 CBW2/UNSCOM 39
21-29 septembre 1992 CW9/UNSCOM 44
6-14 décembre 1992 CBW3/UNSCOM 47
6-18 avril 1993 CW10/UNSCOM 55
27-30 juin 1993 CW11/UNSCOM 59
19-22 novembre 1993 CW12/UNSCOM 65
Armes biologiques
2-8 août 1991 BW1/UNSCOM 7
20 septembre-3 octobre 1991 BW2/UNSCOM 15
11-18 mars 1993 BW3/UNSCOM 53
Missiles balistiques
30 juin-7 juillet 1991 BM1/UNSCOM 3
18-20 juillet 1991 BM2/UNSCOM 10
8-15 août 1991 BM3/UNSCOM 8
6-13 septembre 1991 BM4/UNSCOM 13
1er-9 octobre 1991 BM5/UNSCOM 18
1er-9 décembre 1991 BM6/UNSCOM 23
9-17 décembre 1991 BM7/UNSCOM 24
21-29 février 1992 BM8/UNSCOM 28
21-29 mars 1992 BM9/UNSCOM 31
13-21 avril 1992 BM10/UNSCOM 34
14-22 mai 1992 BM11/UNSCOM 36
11-29 juillet 1992 BM12/UNSCOM 40A+B
7-18 août 1992 BM13/UNSCOM 42
16-30 octobre 1992 BM14/UNSCOM 45
25 janvier-23 mars 1993 IMT1a/UNSCOM 48
12-21 février 1993 BM15/UNSCOM 50
22-23 février 1993 BM16/UNSCOM 51
27 mars-17 mai 1993 IMT1b/UNSCOM 54
5-28 juin 1993 IMT1c/UNCOM 57
10-11 juillet 1993 BM17/UNSCOM 60
24-15 septembre 1993 BM18/UNSCOM 62
28 septembre-1er novembre 1993 BM19/UNSCOM 63
Recherche informatique
12 février 1992 UNSCOM 30
Missions spéciales
30 juin-3 juillet 1991
11-14 août 1991
4-6 octobre 1991
11-15 novembre 1991
27-30 janvier 1992
21-24 février 1992
17-19 juillet 1992
28-29 juillet 1992
6-12 septembre 1992
4-9 novembre 1992
4-8 novembre 1992
12-18 mars 1993
14-20 mars 1993
19-24 avril 1993
4 juin-5 juillet 1993
Missions spéciales
15-19 juillet 1993
25 juillet-5 août 1993
9-12 août 1993
10-24 septembre 1993
27 septembre-1er octobre 1993
1er-8 octobre 1993
5 octobre 1993
2-10 décembre 1993
2-16 décembre 1993
2. Y compris un montant de 11,6 millions de dollars affecté à l'enlèvement du combustible nucléaire.
3. Y compris 9,3 millions de dollars qui seront affectés à l'enlèvement du combustible nucléaire en 1994.