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Conseil
de sécurité
Le Secrétaire général a l'honneur
de transmettre au Conseil de sécurité le rapport ci-joint,
présenté par le Président exécutif de la Commission
spéciale constituée conformément au paragraphe 9 b)
i) de la résolution 687 (1991) du Conseil.
1. Le présent rapport est le cinquième consacré
aux activités de la Commission spéciale constituée
par le Secrétaire général en application du paragraphe
9 b) i) de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité
soumis au Conseil par le Président exécutif de la Commission.
C'est le quatrième présenté en application du paragraphe
3 de la résolution 699 (1991) du Conseil de sécurité.
Il couvre la période allant du 14 décembre 1992 au 14 juin
1993 et fait suite aux rapports publiés sous les cotes S/23165,
S/23268, S/24108 et Corr.1 et S/24984.
2. Depuis le dernier rapport, il y a eu de nouveaux changements
dans la composition de la Commission spéciale. M. Nicola Circelli
a remplacé le colonel Armando Caputo. M. Peter Dunn a remplacé
M. John Gee, qui a été nommé Directeur de la vérification
au secrétariat technique provisoire de l'Organisation pour l'interdiction
des armes chimiques, et M. Ron Manley a remplacé M. Bryan Barrass
qui a pris sa retraite. M. Manley a depuis démissionné pour
occuper le poste de chef du Service des armes chimiques de la Division
de la vérification sous la direction de M. Gee. La Commission espère
pouvoir proposer prochainement un remplaçant au Secrétaire
général.
3. La structure organisationnelle de la Commission demeure
essentiellement celle décrite dans le quatrième rapport.
Actuellement, le Bureau du Président exécutif emploie 32
personnes, le Bureau extérieur de Bahreïn 25 et le Bureau extérieur
de Bagdad 83.
4. On n'est toujours pas parvenu à un accord sur
la vente de pétrole iraquien pour financer les activités
mandatées par la résolution relative au cessez-le-feu. Les
dépenses courantes ont été financées à
l'aide des contributions volontaires et les avances versées par
les Etats membres ainsi que de fonds prélevés sur les avoirs
iraquiens gelés conformément à la résolution
778 (1992) du Conseil de sécurité. Toutefois, l'Iraq n'ayant
pas donné son accord pour la vente de pétrole iraquien et
n'ayant pas reconnu l'obligation qui lui est faite en vertu de la résolution
699 (1991) de prendre à sa charge la totalité des dépenses
liées à l'exécution des opérations prévues
à la section C de la résolution 687 (1991), la question du
financement des travaux de la Commission demeure très préoccupante
et de nouvelles contributions en espèces des gouvernements sont
requises d'urgence. Et ce d'autant que l'on a passé un contrat en
vue d'enlever d'Iraq le combustible nucléaire irradié stocké
actuellement à Tuwaitha et au site B, de le retraiter et de stocker
définitivement les déchets. Pour ce faire, la Commission
encourra ses plus importantes dépenses à ce jour. Le coût
net du contrat s'élève à 24 565 000 dollars. Il faudra
cependant y inclure certaines dépenses secondaires de l'ordre de
800 000 dollars selon les estimations actuelles nécessitées
par la souscription d'une assurance risques spéciale, la protection
contre les rayonnements et l'acquisition d'autres équipements. L'Organisation
des Nations Unies et l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA) peuvent obtenir ces articles et services à des prix moins
élevés que le cocontractant. Le contrôleur de l'ONU
a certifié que l'Organisation est juridiquement tenue de prendre
à sa charge les coûts de ce contrat, permettant ainsi d'en
entamer l'exécution. Il a néanmoins été décidé
que toutes rentrées futures de fonds seraient affectées en
priorité au règlement des dépenses afférentes
au contrat. En conséquence, pour poursuivre ses opérations,
la Commission spéciale doit recevoir des fonds qui lui permettent
non seulement de financer ses frais de fonctionnement, mais aussi de régler
d'abord l'encours des dépenses afférentes au contrat. Les
fonds actuellement disponibles pour financer l'exécution du contrat
auront été épuisés à la fin du mois
d'août.
5. Les gouvernements ont continué à contribuer
aux activités de la Commission spéciale en lui fournissant
du personnel, des services et du matériel. La résolution
687 (1991) prévoyait cet appui financier des gouvernements, tant
sous la forme de contributions volontaires que d'avances, en attendant
que l'on ait trouvé une solution à long terme à la
question du financement. Les gouvernements contributeurs ont été
priés, en application du paragraphe 5 b) de la résolution
778 (1992), d'informer la Commission du montant des contributions qu'ils
considèrent comme des avances. Certaines réponses ont été
reçues, dont la plupart indiquent que l'appui fourni à ce
jour doit être considéré comme l'ayant été
à titre de contributions volontaires. Un état des dépenses
de fonctionnement de la Commission, accompagné de renseignements
supplémentaires sur les questions d'organisation et d'administration,
figure à l'appendice I du présent rapport.
6. Le statut, les privilèges et immunités
de la Commission spéciale, de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) et des institutions spécialisées des Nations
Unies associées à l'application de la résolution 687
(1991) du Conseil de sécurité continuent d'être régis
par les accords applicables et les résolutions et décisions
pertinentes du Conseil.
7. La Commission spéciale et l'AIEA d'une part,
et le Gouvernement du Bahreïn de l'autre, ont décidé
de proroger pour une nouvelle période de six mois, soit jusqu'au
30 septembre 1993, l'accord par l'échange de lettres relatifs aux
facilités, privilèges et immunités de la Commission
spéciale et de l'AIEA au Bahreïn.
8. En Iraq, la reconnaissance du statut, des privilèges
et immunités de la Commission spéciale a fait l'objet de
problèmes constants. La sécurité du personnel et des
biens de la Commission dans le pays s'est quelque peu améliorée,
mais la situation s'est récemment détériorée
du fait d'atteintes contre le personnel et les biens de la Commission (voir
appendice III). Elle ne laisse donc de préoccuper.
9. La Commission a continué d'inspecter les sites
déclarés par l'Iraq ou désignés par elle-même.
Toutefois, l'Iraq continue de refuser de coopérer avec la Commission
et s'est montré fort hostile à l'occasion des opérations
sur le terrain, cherchant notamment à limiter les membres de la
Commission dans l'exercice de leurs droits. Les principaux problèmes
relevés sont les suivants :
a) i) La position des autorités iraquiennes concernant
les plans de contrôle et de vérification continus que le Conseil
de sécurité a approuvés par sa résolution 715
(1991) reste celle que le Ministre iraquien des affaires étrangères
de l'époque a exposée dans la lettre datée du 19 novembre
1991 qu'il a adressée au Président du Conseil;
ii) Le 31 janvier 1993, le Gouvernement iraquien a officiellement
informé, par écrit, le Président exécutif de
la Commission spéciale, que l'Iraq considérait les nouvelles
dispositions de contrôle provisoire arrêtées à
l'installation Ibn Al-Haytham comme l'ayant été en vertu
de la résolution 687 (1991). Pour la Commission, l'Iraq veut dire
par là qu'il empêcherait cette équipe ou toute autre
équipe d'agir conformément aux plans approuvés par
la résolution 715 (1991);
iii) Le 1er avril 1993, le général Amer,
Président de la Société iraquienne d'industrialisation
militaire, muni d'un texte et soulignant que c'était là la
position officielle iraquienne sur la question du contrôle aurait,
selon le chef de l'équipe d'inspection, déclaré ce
qui suit :
"L'Iraq a accepté la première équipe
d'inspection au Centre Ibn Al-Haytham conformément à la résolution
687 (1991). Toutefois, les procédés utilisés par l'équipe
d'inspection font apparaître que la Commission spéciale essaie
de juxtaposer subrepticement les obligations iraquiennes résultant
des résolutions 687 (1991) et 715 (1991). C'est très fin
de sa part. L'Iraq sait que la Commission spéciale cherche, à
la faveur de la coopération prêtée par l'Iraq en vertu
de la résolution 687 (1991), à faire valoir les obligations
imposées à l'Iraq par la résolution 715 (1991). L'Iraq
est parfaitement au fait de cette tentative. Si la Commission spéciale
a pour objectif de faire en sorte qu'aucune activité interdite ne
soit menée, que les articles interdits soient détruits et
que l'Iraq n'ait nullement la capacité de relancer les programmes
interdits, l'Iraq n'y voit aucune objection, cela s'inscrivant dans le
cadre de la résolution 687 (1991). Toutefois, si elle cherche à
appliquer de facto la résolution 715 (1991) sans avoir attesté
devant le Conseil de sécurité que l'Iraq respecte pleinement
la résolution 687 (1991) et faute d'appliquer le paragraphe 22 de
ladite résolution, l'Iraq s'opposera à cette mission. Les
missions de contrôle ne seraient pas les bienvenues. Mais, même
dans ce cas, l'Iraq continuera de coopérer avec la Commission spéciale
afin de déterminer les objectifs véritables de ces missions
et de sonder les intentions de cette dernière. L'Iraq a fait savoir
à la Commission spéciale que la résolution 715 (1991)
ne pourrait être examinée qu'à l'occasion de l'application
du paragraphe 22 de la résolution 687 (1991). Celle-ci n'avait aucune
raison de penser qu'il en serait autrement."
iv) Le 6 juin 1993, la Commission spéciale a signifié
à l'Iraq son intention d'installer dans deux sites des caméras
pour surveiller des polygones d'essai de roquettes. Le 7 juin 1993, un
haut représentant iraquien a informé le Chef de l'équipe
d'experts de la CSNU envoyés en Iraq pour installer les caméras
que l'Iraq n'accepterait aucune activité de contrôle et qu'il
insisterait auprès de la Commission spéciale pour qu'elle
se borne à procéder aux inspections prévues par la
résolution 687 (1991). Cette position a été confirmée
dans une lettre datée du 8 juin 1993, adressée au Président
exécutif adjoint de la Commission spéciale par M. Riyadh
Al-Qaysi, Vice-Ministre iraquien des affaires étrangères,
qui déclarait que l'installation de caméras loin de relever
de la résolution 687 (1991) "fait partie des questions qui continuent
de faire l'objet d'un dialogue entre les autorités iraquiennes d'une
part, et la Commission spéciale d'autre part". Dans une autre lettre
datée du 11 juin 1993, M. Al-Qaysi ajoutait que "ce que nous avons
demandé ... c'était 'qu'il soit sursis à toute décision
sur la question' jusqu'à ce que le dialogue proposé ait eu
lieu";
v) La position iraquienne n'a pas varié lors même
que la Commission a assuré l'Iraq que, si elle coopérait,
il serait tenu compte de ses préoccupations légitimes et
que les activités de la Commission seraient conduites d'une manière
qui ne soit pas indûment intrusive;
b) L'état complet et définitif de ses programmes
d'armements interdits que l'Iraq est tenu de fournir en vertu de la résolution
707 (1991) du Conseil de sécurité et les déclarations
initiales qu'il doit communiquer en vertu des plans de contrôle et
de vérification continus comportent des lacunes importantes qui
devront être comblées avant que ces documents puissent servir
de base à un inventaire précis des anciens programmes de
production d'armes de destruction massive de l'Iraq ou à un contrôle
et à une vérification efficaces du respect de ses obligations
par l'Iraq. Les informations fournies à ce jour sont présentées
en fonction de ce que les autorités iraquiennes considèrent
que la Commission sait déjà et ne constituent donc pas une
présentation sincère et véridique de l'ensemble des
faits. Une série de déclarations touchant les mesures d'ordre
juridique et administratif adoptées par l'Iraq pour donner effet
aux obligations qui lui sont imposées en matière de contrôle
et de vérification continus n'ont pas été présentées;
c) L'Iraq continue de refuser de révéler
les noms des sociétés étrangères auprès
desquelles il a acheté ses équipements et matériels,
ce qui est tout à fait inadmissible. Il est essentiel que la Commission
spéciale dispose de renseignements exacts pour pouvoir dresser l'inventaire
des articles interdits et dans le cas de l'AIEA et du Comité des
sanctions, pour définir un mécanisme pratique et réaliste
pour le contrôle des importations prescrit par le paragraphe 7 de
la résolution 715 (1991);
d) Au cours de la période considérée,
l'Iraq a gravement violé à diverses reprises les droits,
privilèges et immunités de la Commission. En janvier 1993,
ainsi qu'il est rapporté dans le document S/25172, l'Iraq a cherché
à empêcher la Commission d'utiliser son propre avion pour
transporter son personnel et son matériel d'Iraq au Bahreïn
et du Bahreïn en Iraq. En février 1993, l'Iraq a menacé
d'abattre un hélicoptère qui assurait une surveillance aérienne
d'appui pour une équipe d'inspection si l'appareil ne quittait pas
le voisinage du site. En juin, l'Iraq a bloqué l'installation des
caméras de contrôle [voir plus haut sous-paragraphe a)], manqué
à deux reprises de respecter les délais fixés pour
l'enlèvement et la remise à la Commission spéciale
du matériel de production de précurseurs d'armes chimiques
et retardé d'un jour l'inspection d'un site;
e) Les incidents évoqués plus haut au sous-paragraphe
d) cadrent avec la conduite générale observée par
l'Iraq. Ce pays, à travers la conduite qu'il a observée depuis
le dernier rapport, a systématiquement fait la preuve de sa volonté
de circonscrire les droits d'inspection et les capacités opérationnelles
de la Commission en cherchant à imposer des restrictions sur la
personne des inspecteurs dans l'exercice de leurs activités. Si
ces agissements ont pour la plupart été observés à
l'occasion des inspections menées dans le cadre de la résolution
687 (1991), la Commission ne doute pas qu'ils s'inscrivent dans le cadre
d'une campagne à long terme visant à établir une pratique
pour la conduite des inspections qui aurait pour effet de restreindre sensiblement
les droits prévus par les plans de contrôle et de vérification
continus et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.
A l'évidence, l'Iraq cherche ainsi à s'arroger le droit d'interpréter
à sa façon le mode d'application des résolutions.
S'inscrivent dans le cadre de cette campagne les tentatives iraquiennes
visant à contester les instructions données par la Commission
touchant la destruction du matériel destiné à la production
des armes interdites; à restreindre le champ des inspections et
des activités de collecte d'informations; à limiter l'accès
aux sites et à imposer des délais d'inspection; à
restreindre l'exercice de ses droits aériens par la Commission;
à limiter la durée et l'ampleur des inspections et la composition
des équipes d'inspection; à exiger un préavis en cas
d'inspection; et à limiter le droit de prendre des photographies.
Ces incidents sont évoqués plus en détail à
l'appendice III. Ils sont d'une gravité variable. Certains seraient
négligeables s'ils ne révélaient pas une tendance
générale. Toutefois, pris ensemble, ils constituent un obstacle
majeur qui aurait pour effet d'empêcher à long terme tout
contrôle et toute vérification véritable. D'où,
une fois de plus, la nécessité d'amener l'Iraq à reconnaître
officiellement dans les meilleurs délais les obligations que lui
impose la résolution 715 (1991), pour qu'il puisse être satisfait
aux prescriptions énoncées par le Conseil dans cette résolution.
10. Ainsi, la situation reste essentiellement inchangée
depuis le dernier rapport. Le Gouvernement iraquien, par ses agissements,
a continué dans une large mesure à contrecarrer l'application
des mesures prévues pour passer du stade de l'inspection et de la
surveillance à une opération continue de contrôle et
de vérification. Alors que les préparatifs de l'exécution
des plans se poursuivent, les conditions devant permettre d'exécuter
intégralement ces plans n'ont toujours pas été créées.
11. Dans le domaine des armes chimiques, on a mené
de nouvelles activités d'inspection et de destruction, l'accent
continuant d'être mis sur les destructions. Les tentatives pour obtenir
de plus amples renseignements sur le programme d'armes chimiques de l'Iraq
au cours d'un "séminaire" tenu durant une inspection n'ont donné
aucun résultat, les homologues iraquiens ne s'étant pas montré
coopératifs. Aucune arme nouvelle ni aucun matériel connexe
n'ont été découverts par les équipes d'inspection
ni déclarés par l'Iraq. On a cependant fait des progrès
dans l'identification du matériel et des installations à
détruire. On relève à cet égard que dans un
cas, l'Iraq a fortement entravé les opérations de la CSNU.
Il lui a été ordonné de transporter à Muthanna
certains matériels acquis à l'origine en vue de la production
de précurseurs chimiques pour qu'ils y soient détruits sous
la supervision de la Commission. L'Iraq a répondu qu'il souhaitait
réutiliser ces matériels pour produire des pesticides. Bien
que la Commission ait insisté sur le fait que sa décision
était définitive au motif que ces matériels avaient
été acquis expressément en vue de fabriquer des armes
chimiques et que, même modifiés pour produire des pesticides,
ils pouvaient être aisément et rapidement reconvertis à
la fabrication d'armes chimiques, l'Iraq ne les a toujours pas déplacés
comme il lui a été ordonné de le faire. On trouvera
aux appendices IV et V un compte rendu complet des activités d'inspection
et de destruction, respectivement.
12. D'autres inspections biologiques ont été
effectuées et un "séminaire" a été organisé
avec les homologues iraquiens sur les questions relatives aux armes biologiques.
Ceux-ci se sont montrés aussi peu coopératifs qu'en ce qui
concerne les armes chimiques. Les activités d'inspection ont cependant
permis de découvrir de nouvelles installations à inclure
dans le plan de contrôle et de vérification continus.
13. S'agissant des missiles balistiques, les efforts ont
essentiellement porté sur trois principaux aspects : tenter d'établir
de manière définitive l'inventaire des SCUD d'origine soviétique;
essayer d'évaluer la capacité de production iraquienne en
matière de missiles balistiques; enfin, instituer un régime
transitoire de contrôle des installations iraquiennes de recherche-développement
en matière de missiles à capacité double. Cette dernière
activité s'est révélée nécessaire devant
le refus de l'Iraq de reconnaître ses obligations au titre des plans
de contrôle et de vérification continus (voir appendice II).
14. Les activités de surveillance aérienne
ont continué au même rythme, au moyen d'avions U-2 (au total,
141 missions de ce type ont désormais été effectuées)
et par hélicoptère (236 objectifs ont été ainsi
observés). Les hélicoptères continuent d'appuyer des
inspections au sol et de photographier en séries chronologiques
des sites qui devront être contrôlés au titre des plans
de contrôle et de vérification continus. Il est également
prévu de monter des capteurs supplémentaires sur les hélicoptères
pour leur donner une plus grande capacité de contrôle et de
dissuasion. On trouvera de plus amples renseignements sur ces deux types
d'opération à l'appendice V.
15. Le fait que l'Iraq n'a pas présenté
de déclarations complètes et honnêtes a été
évoqué au paragraphe 9 b) ci-dessus. Le 14 février
1993, l'Iraq a présenté un deuxième ensemble de déclarations
intitulé "Informations actualisées sur les opérations
de contrôle. Rapport No 2". Celles-ci n'ajoutent pas grand-chose
à ses premières déclarations. Les tentatives pour
obtenir de plus amples renseignements sur les questions chimiques et biologiques
se sont heurtées à un comportement totalement inacceptable
et non coopératif, comme on l'a noté plus haut. Malgré
les preuves internationalement vérifiées du contraire, l'Iraq
nie avoir jamais utilisé des armes chimiques. Il refuse de remettre
les documents où sont consignés les tirs de missiles, dont
la Commission a absolument besoin pour vérifier les affirmations
de l'Iraq selon lesquelles tous les missiles SCUD d'origine soviétique
ont été déclarés.
16. Il ressort de ce qui précède qu'en dépit
des progrès réalisés, aucune percée majeure
ne s'est produite qui permettrait de modifier la conclusion du précédent
rapport. Les événements les plus importants ont eu lieu dans
le domaine de la destruction des matériels prohibés, mais
il reste encore beaucoup à faire. Les principaux domaines dans lesquels
des mesures doivent être prises avant que la Commission ne puisse
annoncer au Conseil de sécurité que l'Iraq s'est pour l'essentiel
acquitté de ses obligations sont les suivants :
a) Reconnaissance par l'Iraq des obligations que lui imposent
les résolutions 707 (1991) et 715 (1991) du Conseil;
b) L'Iraq doit compléter et réviser ses
"déclarations" jusqu'à ce qu'elles constituent, de l'avis
de la Commission, l'état complet et définitif requis par
la résolution 707 (1991) notamment en ce qui concerne ses
anciens fournisseurs et les déclarations initiales requises
au titre des plans de contrôle et de vérification continus
adoptés par la résolution 715 (1991);
c) Destruction de tous les matériels désignés
par la Commission spéciale comme devant être détruits;
d) Mise en oeuvre puis bonne exécution des plans
de contrôle et de vérification continus pour s'assurer que
l'Iraq ne se dote pas à nouveau d'armes prohibées;
e) Reconnaissance et octroi par l'Iraq de tous les privilèges
et immunités de la Commission; l'Iraq doit à cet égard
assurer la sécurité et la sûreté du personnel
et du matériel de la Commission spéciale, lui accorder des
droits d'atterrissage pour ses avions et ne pas faire obstacle à
ses opérations d'inspection et de logistique.
17. D'autres activités d'inspection sont prévues
pour chacune des catégories d'armes. Les activités de destruction
se concentrent dorénavant sur les armes chimiques et le matériel
destiné à leur production. Les préparatifs de l'exécution
des plans de contrôle et de vérification continus sont en
cours et les idées émises sur la forme que pourrait prendre
un régime de contrôle des importations après la levée
des sanctions ont été examinées. Les domaines d'intérêt
de la Commission ayant changé, du personnel nouveau a été
recruté pour tenter d'établir si l'Iraq possède toujours
des matériels qui devraient être déclarés, dépister
ses réseaux de fournisseurs, procéder au contrôle transitoire,
préparer les activités de contrôle et de vérification
continus et développer les propositions émises en matière
de contrôle des importations.
18. Les objectifs prioritaires restent d'obtenir de l'Iraq
qu'il reconnaisse les obligations qui lui incombent en vertu des résolutions
707 (1991) et 715 (1991) et modifie de manière satisfaisante ses
diverses déclarations, notamment celles qui concernent ses fournisseurs.
1. La Commission dispose actuellement d'un total de 140
postes répartis entre ses trois bureaux. Cinquante postes sont financés
par la CSNU. Le reste des effectifs est détaché par les gouvernements
pour des missions allant de 3 à 12 mois. Les pays suivants ont fourni
du personnel, du matériel et des services pour les activités
de la Commission : Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Belgique,
Canada, Chine, Espagne, Etats-Unis d'Amérique, Fédération
de Russie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Inde, Indonésie,
Iran (République islamique d'), Italie, Japon, Nigéria, Norvège,
Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, République de Corée,
République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne
et d'Irlande du Nord, Suède, Suisse, Thaïlande, Ukraine et
Venezuela. Le mandat du Directeur général de l'AIEA est rempli
par le Groupe d'action mis en place dans le cadre de l'AIEA, dont les postes
sont imputés au budget de la Commission comme indiqué au
paragraphe 3 ci-après. Le Groupe d'action utilise les services à
temps partiel de nombreux agents de divers départements de l'AIEA,
qui sont imputés au budget ordinaire de l'Agence.
2. Les effectifs de la Commission se répartissent
comme suit :
a) Siège de la Commission à New York.
Trente-deux personnes sont affectées au siège de la Commission
à New York : 18 postes (8 administrateurs et 10 agents auxiliaires)
sont actuellement imputés au budget de fonctionnement de la CSNU;
14 postes sont occupés par des agents affectés à la
Commission par divers Etats Membres. Ces postes se répartissent
comme suit :
Service
Poste
Bureau du Président 1 président exécutif
1 président adjoint
1 conseiller juridique
1 conseiller politique et porte-parole
3 agents auxiliaires
Service administratif 3 administrateurs
2 agents auxiliaires
Division des opérations
7 experts (chimie, biologie, balistique
et énergie nucléaire)
1 agent auxiliaire
Groupe de l'évaluation des
5 experts (chimie, biologie, balistique
informations
et énergie nucléaire)
2 conseillers en matière de photographie
aérienne
5 agents auxiliaires
b) Bureau de la Commission à Bahreïn.
Vingt-cinq personnes sont affectées en permanence au bureau extérieur
de Bahreïn pour fournir des services d'appui financier, administratif,
logistique et en matière de formation aux activités d'inspection
de la Commission et de l'AIEA en application de la section C de la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité. Onze postes (3 administrateurs
et 8 agents auxiliaires recrutés sur le plan local) sont imputés
au budget de fonctionnement de la Commission. Ces postes se répartissent
comme suit :
Administration et appui
3 administrateurs
logistique
8 agents recrutés sur le plan local
Surveillance aérienne et
1 conseiller
photographique
Transport aérien
13 membres d'équipage de Transall C-160
c) Bureau de la Commission à Bagdad. Quatre-vingt-trois
personnes sont actuellement affectées à long terme au bureau
de la Commission à Bagdad pour fournir un appui logistique, médical
et en matière de communications aux équipes d'inspection
de la CSNU et de l'AIEA et fournir des services d'appui au programme de
destruction des armes chimiques et aux activités de contrôle
transitoire. Quatorze postes 9 administrateurs, 1 agent auxiliaire
recruté sur le plan international et 4 agents auxiliaires recrutés
sur le plan local sont imputés au budget de fonctionnement
de la CSNU. Les 69 autres personnes sont détachées par leurs
gouvernements.
Administration et appui
8 administrateurs et agents du Service
logistique
mobile
4 agents recrutés sur le plan local
1 agent auxiliaire recruté sur le plan
international
Surveillance aérienne et
4 conseillers
photographique
Service médical
5 agents
Destruction des armes chimiques
23 conseillers (y compris 3 agents du
service médical affectés au programme
de destruction des armes chimiques)
Contrôle
8 conseillers
Transport aérien
30 membres d'équipage d'hélicoptère
3. Le Groupe d'action de l'AIEA comprend au total sept
personnes, dont les postes sont imputés au budget de fonctionnement
de la Commission (voir aussi plus haut) :
Appui opérationnel et technique
5 administrateurs
Appui administratif 1 administrateur
1 agent auxiliaire
4. En vertu de la résolution 699 (1991) du Conseil
de sécurité, l'Iraq est tenu de prendre à sa charge
la totalité des dépenses liées à l'exécution
des opérations de l'Organisation des Nations Unies prévues
à la section C de la résolution 687 (1991). A ce jour, l'Iraq
n'a versé aucune contribution aux dépenses de la Commission
spéciale. En fait, l'Iraq a rejeté deux résolutions
du Conseil de sécurité, les résolutions 706 (1991)
et 712 (1991), qui tentaient d'apporter une solution provisoire à
la question financière.
5. La Commission a donc dû faire appel à
des contributions volontaires, en espèces et en nature, ainsi qu'à
des avances en espèces. Depuis le début de ses opérations,
en avril 1991, un nombre limité de pays ont versé au total
42,4 millions de dollars pour appuyer les opérations de la Commission
spéciale. Ce montant comprend une somme totale de 33 millions de
dollars à virer du compte séquestre créé par
la résolution 778 (1992) du Conseil de sécurité et
le montant des prêts qui doivent être remboursés au
Japon (2,5 millions de dollars) et aux Etats-Unis (2 millions de dollars).
6. Dans la résolution 778 (1992), le Conseil de
sécurité a prié le Secrétaire général
de déterminer le coût des activités de l'ONU relatives
à l'élimination des armes de destruction massive. Le 3 novembre
1992, la Commission spéciale a écrit aux gouvernements qui
ont appuyé les opérations de la Commission en lui fournissant
du matériel, des services, du personnel et des moyens de transport
pour déterminer s'ils voyaient dans leur appui une contribution
volontaire ou une avance dont ils attendaient le remboursement. L'Allemagne
a indiqué qu'elle considérait qu'une partie de ses contributions
10 millions de dollars constituait une avance à rembourser.
L'Arabie saoudite a fait une contribution de 30 millions de dollars au
compte séquestre pour les activités de la Commission spéciale.
Un montant supplémentaire de 3 millions de dollars a été
imputé sur le compte séquestre au bénéfice
de la Commission spéciale, qui dispose ainsi d'un total général
de 33 millions de dollars.
7. Les dépenses ont dépassé la barre
des 40 millions de dollars à la fin de mai 1993. Ce montant comprend
le coût des grands projets tels que l'opération, couronnée
de succès en 1992, d'enlèvement de combustible nucléaire
non irradié hors d'Iraq aux termes d'un contrat signé entre
l'AIEA et la Fédération de Russie à hauteur de 2 millions
de dollars. Il comprend également le premier versement de 6 millions
de dollars au titre du contrat d'enlèvement de combustible nucléaire
irradié dont le coût devra être acquitté dans
les prochains mois. Le solde de 32 millions de dollars a été
utilisé pour couvrir le coût de toutes les autres activités
et opérations de la Commission et de l'AIEA.
8. Un montant supplémentaire de 35 à 40
millions de dollars sera nécessaire d'ici à la fin de 1993
pour maintenir le rythme actuel des activités :
a) Contrat d'enlèvement de combustible nucléaire.
Le solde de 18 565 millions de dollars servira à couvrir le contrat
de 24 565 millions de dollars. Une somme supplémentaire estimée
à 0,8 million de dollars sera nécessaire pour couvrir le
coût des pièces détachées, de l'appui logistique,
des assurances, etc;
b) Opérations en cours. Il faudra
entre 10 et 15 millions de dollars pour maintenir le rythme d'exécution
des programmes en cours et couvrir le coût des opérations
projetées;
c) Prêts. Un montant de 4,5 millions
de dollars sera nécessaire pour couvrir le remboursement des prêts
octroyés par les Etats-Unis et le Japon, si ceux-ci en font la demande.
Le montant donné plus haut ne tient pas compte des 10 millions de
dollars que l'Allemagne a versés jusqu'à la fin de 1992 au
titre de l'appui aérien à la Commission spéciale.
L'Allemagne a indiqué qu'elle considérait cette somme comme
une avance à rembourser.
9. Les dépenses de la Commission ont toujours été
maintenues au strict minimum et l'on peut considérer qu'elle a pour
l'essentiel fonctionné avec un budget extrêmement limité
par manque d'un mécanisme de financement approprié. L'aptitude
de la Commission à exécuter efficacement les opérations
planifiées se ressent actuellement de l'incertitude de son avenir
financier. L'application de la résolution 715 (1991) du Conseil
de sécurité nécessitera une réévaluation
des besoins en effectifs et appui logistique tant au siège que sur
le terrain. Un plan d'opérations en règle pourrait entraîner
au minimum un doublement des dépenses opérationnelles actuelles.
| Liste des contributions | Dollars des Etats-Unis | |
| Etats-Unis | 2 000 000
2 000 000 |
|
| Japon | 2 500 000 | (prêt) |
| Koweït | 1 000 000 | |
| Royaume-Uni | 175 400 | |
| Arabie saoudite | 1 730 000 | |
| (Compte fiduciaire bloqué) | 30 000 000 | |
| Divers (compte fiduciaire bloqué) | 3 000 000 | |
| Montant total des contributions, y compris les prêts | 42 405 400 | |
| Montant des dépenses au 31 mai 1993 | 39 815 000 | |
| Montant estimatif des besoins pour la période 1er juin-31 décembre 1993 | 37 810 000 | |
| Total | 77 625 000 | |
| Déficit projeté des opérations de 1993 | 35 219 600 | |
Note : Si l'on tient compte des prêts de
4,5 millions de dollars accordés par le Japon et les Etats-Unis
et de la contribution de 10 millions de dollars de l'Allemagne, le déficit
s'élève à 50 millions de dollars au total.
1. La 47e équipe de la CSNU, qui comprenait deux
sous-équipes (ACB3 et AIEA16) a mené des activités
d'inspection du 5 au 14 décembre 1992, principalement dans le domaine
des armes chimiques et bactériologiques. Les résultats n'avaient
pas encore été évalués lorsque le dernier rapport
soumis au Conseil en application de la résolution 699 (1991) a été
établi. L'équipe a visité sept sites qui pourraient
se rapporter aux armes chimiques, dont une usine de produits pharmaceutiques.
Elle n'y a rien trouvé qui se rapporte à la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité.
2. Ensemble les deux sous-équipes ont fouillé
le siège de Petrochemical-3. Un incident s'est produit à
l'arrivée : on a constaté que des documents étaient
emportés. Certains documents ont ensuite été rapportés
et il a été établi qu'ils ne relevaient pas de la
résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité. Toutefois,
l'équipe n'a pas été en mesure d'établir si
ces documents étaient bien ceux qui avaient été enlevés.
3. Trois séances de questions et réponses
ont été tenues avec le personnel iraquien, expressément
sur le "rapport complet et définitif" de l'Iraq concernant les armes
chimiques. Elles n'ont pas permis d'obtenir beaucoup d'informations. De
fait, la partie iraquienne a indiqué qu'elle ne répondrait
à aucune question qu'elle jugerait "triviale, non conforme aux principes
établis ou ne relevant pas de la résolution 687 (1991) du
Conseil de sécurité".
4. La 55e équipe de la CSNU a procédé
à des activités d'inspection dans le domaine chimique du
6 au 18 avril 1993. Elle a visité plusieurs sites pouvant se rapporter
aux armes chimiques, y compris Fallujah, qui faisait autrefois partie de
l'Etablissement d'Etat Muthanna.
5. Le 15 avril 1993, pendant l'inspection de la CSNU55,
l'inspecteur principal a remis à la partie iraquienne une lettre
exigeant que certains équipements utilisés dans l'usine de
production de PCl3/POCl3 à Fallujah soient
transférés à Muthanna pour y être détruits
sous le contrôle de la CSNU. L'Iraq avait acquis ces équipement
exprès pour produire des précurseurs d'armes chimiques dans
le cadre de son programme relatif aux armes chimiques. La Commission a
donc décidé qu'ils devaient être détruits puisqu'une
conversion irréversible n'était pas possible et que, de toute
manière, l'Iraq continuait de ne pas accepter le contrôle
du matériel à double usage prévu dans le plan de contrôle
et de vérification continus approuvé par le Conseil de sécurité
dans sa résolution 715 (1991), adoptée à l'unanimité
en vertu du Chapitre VII de la Charte. Dans ces conditions, la Commission
ne peut garantir l'usage qui sera fait du matériel redéployé
par l'Iraq.
6. Dans une réponse datée du 29 avril 1993,
l'Iraq a indiqué qu'il souhaitait réutiliser ces matériaux
pour fabriquer des insecticides. Le 14 mai 1993, la Commission lui a fait
savoir qu'elle avait tenu compte de cette demande mais qu'elle confirmait
sa décision antérieure, à savoir que les éléments
en question devaient être enlevés et détruits puisqu'ils
avaient été expressément acquis dans le but de fabriquer
des armes chimiques. Répondant à cette lettre le 27 mai 1993,
l'Iraq a indiqué que la Commission donnait de son mandat l'interprétation
qui lui était la plus défavorable et il a critiqué
la Commission, le Comité des sanctions et le Conseil de sécurité
pour les décisions qu'ils avaient adoptées concernant, respectivement,
la destruction du matériel se rapportant au programme d'armement,
les importations demandées par l'Iraq et le maintien des sanctions.
Il a accusé la Commission et le Comité de suivre une politique
vengeresse à l'égard du peuple iraquien et a demandé
que la Commission revienne sur sa décision. Dans sa réponse
datée du 4 juin 1993, la Commission a rappelé à l'Iraq
les obligations qui lui incombaient en vertu des résolutions pertinentes,
ainsi que ses propres droits et devoirs. Elle a précisé que
le matériel en question ne pouvait pas être rendu inoffensif
et que, de par sa nature même, il pouvait être utilisé
à des fins interdites ou rapidement reconverti à de telles
fins. Elle a donné à l'Iraq jusqu'au 10 juin 1993 pour mener
à bien le transport du matériel et l'a averti que, dans le
cas contraire, l'affaire serait portée à l'attention du Conseil.
Le 11 juin 1993, l'Iraq a répondu qu'il "[restait] disposé
à donner à la Commission spéciale, dans le cadre de
consultations techniques bilatérales, des garanties concrètes
de l'utilisation pacifique de ce matériel à long terme".
La Commission a informé l'Iraq que sa décision concernant
la destruction était finale. Au 14 juin, une partie du matériel
avait été transférée à Muthanna mais
beaucoup restait à Fallujah. Aucune communication officielle n'a
été reçue des autorités iraquiennes quant à
leurs intentions concernant le reste du matériel. L'affaire a été
portée à l'attention du Président du Conseil de sécurité
et un rapport officiel a été soumis au Conseil le 16 juin
1993 (S/25960).
7. La CSNU47 a également inspecté trois
sites biologiques, dont le Centre Al Hakim de reproduction d'organes unicellulaires.
Elle n'a rien trouvé qui relève de la résolution 687
(1991) du Conseil de sécurité. Toutefois, certains de ces
sites devront être soumis à des activités de contrôle.
8. Deux séances de questions et réponses
ont été consacrées aux armes biologiques. Pas plus
que pour les armes chimiques, elles n'ont permis d'obtenir aucune information
utile.
9. La CSNU53/AB3 a mené des activités d'inspection
du 11 au 18 mars 1993. Elle a inspecté sept sites, dont un qui n'avait
pas été déclaré et n'avait jamais été
visité par la Commission. L'inspection a porté notamment
sur le matériel de recherche, les munitions et le matériel
de garniture des munitions (il est apparu qu'il s'agissait de matériel
classique). Elle n'a trouvé aucune trace d'activités visées
par la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité
mais, tout comme pour la plupart des activités ayant trait aux armes
biologiques, nombre de sites étaient à double usage. En conséquence,
l'équipe a recommandé des activités de contrôle.
10. La CSNU50 s'est déroulée du 12 au 21
février 1993. L'équipe d'inspection a relevé les numéros
de série de certaines machines ainsi que des précisions concernant
les matières premières (pour aider à déterminer
le réseau d'approvisionnement de l'Iraq) et elle a évalué
les capacités de certains établissements et centres en Iraq,
notamment l'Etablissement d'Etat Nassr, le Centre Yawm Al Azim et le banc
d'essai TECO à Zaafaraniyah. L'équipe a également
supervisé la destruction, à Taji, de moules utilisés
ou destinés à être utilisés pour des activités
interdites dans le domaine des missiles.
11. La CSNU51 avait pour tâche de vérifier
certaines informations selon lesquelles des articles interdits par la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité se trouvaient dans un secteur
à l'ouest de Bagdad. Ces articles se rapporteraient aux missiles
balistiques d'une portée supérieure à 150 kilomètres
et aux lanceurs correspondants. L'équipe a inspecté en détail
trois sites non déclarés où ces articles seraient
dissimulés : une grosse usine de production de munitions militaires
et deux unités militaires. La Commission avait désigné
chacun de ces sites pour une inspection avec délai de préavis
très court par la CSNU51. L'équipe a procédé
à cette inspection le 22 février, suivant à la fois
des pratiques opérationnelles établies et diverses formules
nouvelles. L'équipe d'inspection a été constituée
et envoyée en Iraq très rapidement; elle a été
renforcée par du personnel d'inspection de la CSNU50, qui se trouvait
déjà en Iraq. Les sites désignés ont été
inspectés dès l'arrivée de l'équipe en Iraq.
L'utilisation d'hélicoptères et d'avions de surveillance
à haute altitude a été pleinement intégrée
au programme d'inspection. Aucun élément de la mission n'a
observé d'activités ou d'articles interdits.
12. Toutefois, pendant l'inspection, il s'est produit
une violation grave des droits de surveillance aérienne de la Commission.
On a d'abord empêché un hélicoptère de procéder
à la surveillance aérienne au-dessus d'un site. Les fonctionnaires
iraquiens ont eu recours à des menaces répétées
non voilées pour faire obstacle à la mission de l'hélicoptère.
Une fois, cette menace était d'autant plus sérieuse que les
Iraquiens ont visé et pointé leurs armes antiaériennes
sur l'hélicoptère. Outre qu'elles constituaient une violation
flagrante des droits et immunités de la Commission, ces actions
ont mis le personnel de la Commission en danger réel. Le Président
exécutif a signalé cet incident grave au Conseil de sécurité
le 24 février 1993. On trouvera ci-après un récit
détaillé, contenu dans la note qui avait été
remise au Président du Conseil à cette occasion.
"Incident arrivé à un hélicoptère
de la Commission le 22 février 1993
1. Le 22 février 1993, un des hélicoptères
de la Commission spéciale a été utilisé à
l'appui d'une inspection de trois sites par des équipes d'inspection
au sol de la Commission. Ce vol avait été notifié
aux autorités iraquiennes, qui avaient dit en avoir pris bonne note
suivant les modalités établies.
2. La Commission disposait d'informations suivant lesquelles
des missiles et des lanceurs interdits par la résolution 687 (1991)
pourraient être dissimulés sur les sites concernés
et a fait procéder à l'opération de surveillance aérienne
par hélicoptère pour s'assurer que rien ne serait enlevé
des sites pendant la durée de l'inspection au sol à préavis
très court.
3. A 13 h 20, alors qu'il approchait de l'un des sites,
l'équipage de l'hélicoptère de la Commission spéciale
a été informé par radio par l'hélicoptère
iraquien qui l'escortait que l'hélicoptère de la Commission
ne serait pas autorisé à survoler le site et il a été
contraint à tourner en rond à un ou 2 kilomètres au
nord-ouest du site. L'équipage s'est mis en contact avec l'inspecteur
principal de la Commission en l'informant du refus opposé par les
autorités iraquiennes. L'inspecteur principal a donné l'ordre
à l'équipage de se diriger à nouveau vers le site.
Alors que l'équipage exécutait cet ordre, il a été
informé par l'hélicoptère iraquien d'escorte que si
l'hélicoptère de la Commission ne quittait pas le site, il
serait abattu. Des observations visuelles effectuées depuis l'hélicoptère
ont confirmé que les canons antiaériens au sol étaient
braqués sur l'hélicoptère et en suivaient les mouvements.
Recevant cette information, l'inspecteur principal a donné l'ordre
à l'hélicoptère de se retirer et de se diriger vers
les autres sites à inspecter.
4. Alors qu'il tournait en rond au-dessus des autres sites
à inspecter, l'hélicoptère a reçu l'ordre des
autorités iraquiennes de rentrer à sa base de Rasheed et
a de nouveau été menacé d'être abattu s'il ne
rentrait pas à Rasheed. Vu les circonstances, le commandant n'avait
pas d'autre choix que de mettre le cap vers Rasheed. Alors qu'il volait
vers cette base, il a reçu des autorités iraquiennes un nouveau
message suivant lequel l'inspection aérienne du site pouvait à
présent avoir lieu. L'hélicoptère s'est alors dirigé
vers le site, pour se voir imposer de nouvelles restrictions par les autorités
iraquiennes : il ne pouvait survoler le site que dans sa partie occidentale.
Peu après, l'hélicoptère a dû rentrer à
Rasheed parce qu'il était à court de carburant; il s'y est
posé à 15 h 12.
5. A la base de Rasheed, l'inspecteur principal chargé
des inspections aériennes a élevé une vive protestation
auprès des responsables iraquiens locaux au sujet de l'incident
susvisé et indiqué que celui-ci avait eu notamment pour résultat
que les inspecteurs n'avaient pas pu mener à bien leur mission.
Il a indiqué qu'il avait l'intention de faire le plein de carburant
et de retourner sur place pour achever l'inspection du site. Après
en avoir référé à leurs supérieurs par
téléphone, les responsables iraquiens locaux n'ont élevé
aucune objection et le vol a donc pu avoir lieu.
6. Lors d'un entretien ayant ultérieurement eu
lieu entre l'inspecteur principal de la Commission spéciale et le
général Amer Rashid, celui-ci, en réponse à
la vive protestation que le premier avait élevée au sujet
des menaces iraquiennes tendant à abattre un hélicoptère
de la Commission spéciale alors qu'il effectuait une opération
de surveillance aérienne destinée à appuyer une inspection
au sol en vertu de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité,
a indiqué que les déclarations suivant lesquelles l'hélicoptère
serait abattu étaient une pratique militaire courante."
13. Le fait que l'Iraq continue de ne pas reconnaître
les obligations qui lui incombent en vertu de la résolution 715
est un facteur important qui empêche la Commission d'entreprendre
le contrôle à long terme des activités de l'Iraq. Entre-temps,
comme l'ont montré les récentes inspections des activités
de l'Iraq liées aux missiles balistiques auxquelles la Commission
a procédé, ces activités vont bon train dans des domaines
couverts par le plan de contrôle à long terme. L'Iraq a notamment
ouvert au nord-ouest de Bagdad un centre spécialisé dans
la conception et la recherche missilières.
14. Connu sous le nom de Centre de recherche et de conception
missilières Ibn Al Haytham, il a été ouvert par l'Iraq
le 4 avril 1992 et est destiné à servir de principal centre
de recherche et de conception en Iraq dans le domaine des missiles balistiques
non interdits par la résolution 687 (1991). Ce centre participe
non seulement à l'entretien des systèmes de missiles existants
autorisés, mais aussi à la conception de nouveaux systèmes
de missiles, comme l'Abali 100, d'une portée voisine de 150 km.
Le Centre emploie un grand nombre des scientifiques et des techniciens
qui avaient participé aux programmes relatifs aux missiles balistiques
interdits avant la guerre du Golfe et l'adoption de la résolution
687 (1991).
15. L'Iraq ne reconnaissant pas la résolution 715
(1991), ce qui retarde l'instauration d'un contrôle à long
terme de l'ensemble des activités iraquiennes dans le domaine des
missiles, la Commission a institué un contrôle provisoire
du Centre Ibn Al Haytham pour suivre les programmes iraquiens relatifs
aux missiles balistiques de façon à s'assurer qu'ils ne donnent
lieu à aucune activité interdite. La première équipe
de contrôle provisoire, ECP1a, a été envoyée
en Iraq le 25 janvier 1993; elle y a passé huit semaines à
enquêter sur les travaux menés au Centre Ibn Al Haytham. Elle
s'est surtout intéressée aux systèmes de propulsion
liquide et techniques connexes.
16. S'appuyant sur les résultats de l'ECP1a, la
Commission a envoyé en Iraq, le 27 mars 1993, une nouvelle équipe
de contrôleurs provisoires, l'ECP1b, pour relever l'ECP1a. L'équipe
était principalement chargée d'étudier et d'évaluer
les capacités de l'Iraq en matière de production de systèmes
de missiles à poudre et d'établir le rapport entre les différentes
installations associées à ces activités au sein de
la Société d'industrialisation militaire. La mission a travaillé
pendant 52 jours, du 27 mars au 17 mai 1993, en se concentrant sur deux
installations : l'usine Al Rasheed (trois installations) et l'établissement
Al Qa'qaa'. De plus, l'équipe s'est rendue au Centre de recherche
Ibn Al Haytham, sur lequel la précédente équipe de
contrôle avait concentré son activité, et dans d'autres
sites voués à la recherche-développement dans le domaine
des missiles à Bagdad et dans les environs.
17. Avec ses homologues iraquiens, l'équipe a surtout
abordé la conception de missiles par l'Iraq, dans le cadre de discussions
approfondies; la connaissance que ce pays a de la technologie des poudres;
ses capacités générales en matière de fabrication
de missiles, qu'il s'agisse de systèmes complets ou d'éléments;
sa capacité d'accroître la portée des systèmes
existants; la situation actuelle de ses installations de fabrication; et
ses plans en matière de recherche-développement, d'essai
et de fabrication de missiles.
18. Les informations obtenues par l'équipe ont
permis à la Commission de mieux comprendre les programmes d'armements
antérieurs de l'Iraq et la technologie de base qu'il a utilisée.
Elles devraient aussi être utiles lorsque la Commission pourra entreprendre
les activités de contrôle et de vérification continus
prévues dans le plan que le Conseil de sécurité a
approuvé dans sa résolution 715 (1991).
19. Une troisième équipe de contrôle
provisoire s'est rendue en Iraq le 5 juin 1993. Elle s'intéresse
surtout à la capacité de production de l'Iraq dans le domaine
des missiles balistiques. Elle procédera à une évaluation
exhaustive des machines-outils de précision de l'Iraq et en dressera
l'inventaire. L'équipe était accompagnée d'une équipe
secondaire moins nombreuse chargée d'installer des caméras
de surveillance des bancs d'essai de fusées sur les deux sites.
L'Iraq a été informé le 6 juin 1993 que la Commission
comptait installer ces caméras mais, comme on l'a dit dans le corps
de ce rapport, il s'est jusqu'à ce jour opposé à leur
installation en arguant du fait qu'elles sont équipées de
détecteurs de surveillance conformes aux dispositions de la résolution
715 (1991), résolution que l'Iraq dit refuser d'accepter, bien qu'elle
ait été adoptée à l'unanimité par le
Conseil de sécurité agissant en vertu du Chapitre VII de
la Charte.
20. Chaque équipe de contrôle provisoire
a été initialement accompagnée d'une équipe
spécialisée chargée par la Commission de superviser
la mise en oeuvre des modalités d'inspection et de mener les discussions
préparatoires avec les représentants officiels de l'Iraq
concernant l'application du régime du contrôle provisoire.
Le contrôle provisoire des installations concourant à la fabrication
de missiles de l'Iraq continuera aussi longtemps que la Commission le jugera
nécessaire.
21. Aux termes du paragraphe 12 de la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité, l'Iraq est tenu de placer
tous matériaux en sa possession qui pourraient servir à la
production d'armes nucléaires sous le contrôle exclusif de
l'AIEA pour qu'elle en assure la garde et l'enlèvement avec le concours
et la coopération de la Commission spéciale. Il s'est d'ores
et déjà avéré possible d'enlever d'Iraq tous
les montages d'éléments combustibles à uranium neuf
qui devaient être utilisés dans les réacteurs de Tuwaitha.
22. Toutefois, la complexité des problèmes
juridiques et pratiques que soulèvent l'enlèvement, le retraitement
et le stockage permanent des déchets provenant des montages de combustible
irradié utilisés dans les réacteurs et à présent
stockés à Tuwaitha et à l'emplacement B continue de
retarder l'enlèvement de ce combustible nucléaire.
23. A la fin de 1992, l'AIEA a de nouveau demandé
aux Etats dotés d'armes nucléaires de présenter des
propositions pour l'enlèvement des montages de combustible irradié
et le retraitement et le stockage permanent des déchets. Sur la
base des réponses reçues, on a entrepris de négocier
avec CIR Minatom, de la Fédération de Russie, un contrat
qui porterait sur tous les aspects de l'enlèvement, du retraitement
et du stockage permanent des déchets. La Commission spéciale,
qui devra financer le contrat, a participé activement à ces
négociations.
24. Du 19 au 24 avril 1993, une mission d'enquête
de l'AIEA, à laquelle participaient des représentants de
l'Organisation des Nations Unies, de la Commission spéciale, de
CIR Minatom et de son principal sous-traitant pour les opérations
en Iraq la Nuclear Assurance Corporation des Etats-Unis s'est
rendue en Iraq pour examiner les sites où l'enlèvement du
combustible sera entrepris et s'entendre avec le Gouvernement iraquien
quant à la fourniture de services, de matériel et de main-d'oeuvre
pour la préparation et l'enlèvement d'Iraq des 208 montages
de combustible irradié.
25. Un contrat a été signé à
Vienne le 14 juin 1993. L'AIEA, l'ONU et la Commission spéciale
ont insisté pour que les montages de combustible soient manipulés
conformément à toutes les règles de sécurité
internationales et nationales et que le contrat ait un prix fixe excluant
la possibilité de dépassements de coûts importants.
1. Au cours de la première mission de contrôle
intérimaire, plusieurs autres discussions ont révélé
que l'Iraq, de façon délibérée ou non, avait
mal compris certaines choses. Les interlocuteurs iraquiens ont mis en doute
le droit de l'équipe d'inventorier ou de marquer certains articles
d'équipement dans les sites inspectés, et ont demandé
que l'on fixe des critères précis pour déterminer
quels articles pouvaient faire l'objet de ces procédures. L'équipe
n'a pas accepté cette position. L'Iraq a avancé que certains
articles n'intéressaient pas la Commission spéciale, alors
qu'il est manifeste que c'est à la Commission qu'il revient de décider
ce qui l'intéresse. En outre, certains des articles en question
étaient susceptibles d'être utilisés à des fins
interdites. Les Iraquiens se sont également plaints de l'objectif
de l'équipe, arguant que celle-ci cherchait non pas à contrôler
mais à régenter les activités de l'Iraq.
2. A quatre occasions, l'Iraq a cherché à
nier à la Commission l'exercice de ses droits fondamentaux de circulation
aérienne une fois en ce qui concerne l'entrée et la
sortie d'avions de transport d'Iraq (voir S/25172) et trois fois en ce
qui concerne le survol de sites pour surveillance aérienne par hélicoptère.
A l'exception du survol de deux sites de la périphérie de
Bagdad (voir S/24985), la Commission a finalement pu effectuer les vols.
Néanmoins, comme elle l'a déjà signalé au Conseil,
l'un de ces vols a dû être effectué sur un itinéraire
très limité, non sans que l'Iraq eût d'abord menacé
d'abattre l'hélicoptère s'il ne quittait pas le voisinage
du site.
3. L'Iraq a également entravé l'accès
des équipes d'inspection, tentant parfois, sous des prétextes
fallacieux, de le leur refuser carrément. L'une des équipes
s'est vu initialement refuser l'accès parce que l'inspection "porterait
atteinte au caractère sacré des universités et troublerait
les étudiants". A chaque fois, l'inspection a finalement eu lieu.
Au cours de la période considérée, au total huit activités
d'inspection de la Commission ont été sérieusement
retardées, dans un cas de plus de quatre heures. L'une d'entre elles,
la surveillance aérienne de la périphérie de Bagdad,
a été bloquée.
4. On trouve au paragraphe 11 [al. f) et h)] du rapport
semestriel du 17 décembre 1992 (S/24984, annexe) une longue description
des problèmes auxquels s'est heurtée la Commission spéciale
jusqu'à cette date. Les problèmes ont continué depuis.
Outre les incidents mentionnés au paragraphe 2 de la présente
annexe, l'Iraq a soulevé d'autres difficultés touchant les
droits de circulation aérienne de la Commission.
5. Dans sa lettre du 5 août 1992, M. Al-Zahawi,
Conseiller au Ministère iraquien des affaires étrangères,
a informé le Président exécutif de la Commission spéciale
que sa demande d'utiliser l'aérodrome d'Al-Rasheed comme point d'arrivée
et de départ des équipes d'inspection était impraticable
car l'aérodrome était inutilisable. Le Président exécutif
adjoint a répondu le lendemain, exprimant le souhait d'utiliser
ledit aérodrome à cette fin dès qu'il serait opérationnel.
Récemment, un Boeing 707 de la Sudanese Airways y avait été
observé. Mais lorsque le personnel de la Commission s'est enquis
de la possibilité de l'utiliser comme point d'entrée et de
sortie, on lui a répondu qu'une telle décision revêtirait
un caractère politique. Aucun progrès n'a été
enregistré sur la question.
6. L'Iraq a mis des obstacles aux opérations de
l'équipe d'inspection aérienne. Il a cherché, notamment,
à établir des "zones interdites" que l'équipe ne pouvait
pas survoler et qui n'avaient pas toujours été indiquées
dans les cases désignées la veille des inspections aériennes;
à empêcher l'équipe de prendre des photographies et
d'utiliser des jumelles lorsqu'elle était en vol entre des sites
désignés et même au-dessus du site désigné;
et à exiger un préavis de 10 minutes avant le démarrage
d'une inspection aérienne.
7. A chaque vol de l'avion U-2 de surveillance à
haute altitude, l'Iraq dépose une plainte officielle concernant
ses activités. L'Iraq persiste à appeler cet appareil un
avion espion américain et a récemment déclaré
qu'il était utilisé à de "méprisables fins
criminelles", malgré son immatriculation et son mandat onusiens.
Le 10 mars 1993, le Ministre iraquien des affaires étrangères,
M. Al-Shahaf, a adressé une lettre au Secrétaire général
(S/25387, annexe) dans laquelle il affirmait que l'appareil avait été
utilisé dans le cadre de la planification d'une opération
visant à assassiner le Président Saddam Hussein.
8. L'Iraq a cherché à limiter la durée
des activités tant de contrôle que de surveillance aérienne,
indiquant, en ce qui concerne les premières, qu'elles devaient être
de durée déterminée et, touchant les secondes, que
les inspections ne devaient pas dépasser 15 minutes.
9. L'Iraq a de même cherché à limiter
l'importance numérique des équipes d'inspection à
certains sites qu'il estime névralgiques, les universités
notamment, et à intervenir dans la composition de l'équipe,
par exemple en cherchant à en exclure les interprètes de
la Commission. Il a en outre cherché à établir que
les personnes ayant fait partie du groupe de destruction chimique d'Al
Muthanna n'étaient pas autorisées à participer à
d'autres activités d'inspection, et à limiter la rotation
du personnel de la Commission dans les équipes d'appui des hélicoptères.
10. Il ressort clairement de l'Accord sur le statut de
mai 1991 que la Commission a le droit de décider des compétences
qui lui sont nécessaires pour mener les inspections et, de ce fait,
le droit de choisir le nombre et le type d'experts dont elle a besoin dans
chaque équipe et pour inspecter chaque site. L'Iraq est tenu d'accorder
aux personnes dont la Commission lui donne le nom la possibilité
de s'acquitter de leur tâche.
11. Pour les activités de surveillance aérienne,
l'Iraq a cherché à établir qu'il devait recevoir notification
préalable du site à inspecter. Or, les inspections sans préavis
sont essentielles à l'efficacité de la Commission.
12. Comme aux paragraphes 9 b) et 15 dans le corps du
texte du présent rapport, l'Iraq n'a pas fourni suffisamment d'informations
dans ses déclarations, que ce soit sur les programmes interdits
qu'elle a menés dans le passé ou sur ses installations à
double capacité qu'il faudrait inscrire dans les plans de contrôle
et de vérification continus. La Commission a cherché à
compléter ces déclarations lors de chacune de ses inspections.
Toutefois, l'Iraq donne ces renseignements de très mauvaise grâce,
ou refuse carrément d'en donner dans certains domaines cruciaux,
par exemple sur ses réseaux de fournisseurs ou ses utilisations
antérieures d'armes chimiques. Les Iraquiens se sont également
déclarés consternés devant le fait que la Commission
continue de poser des questions sur les programmes passés, alors
que ces questions sont posées justement parce que l'Iraq n'a pas
respecté son obligation de révéler de façon
définitive et complète tous les aspects de ses programmes
passés (voir par. 6 du présent rapport).
13. En outre, l'Iraq n'a pas pu ou pas voulu produire
certains articles d'équipement précis dont la Commission
a des preuves qu'ils lui ont été fournis. Les équipes
continuent de trouver du matériel et des documents contenant des
informations relevant de leur mandat au titre des résolutions et
du plan de contrôle et de vérification continus.
14. L'Iraq a cherché à limiter le droit
absolu de la Commission de photographier tout article ou activité
qu'elle estime relever de sa tâche. Il a retardé la prise
de photographies jusqu'à ce qu'une "permission" eût été
obtenue de fonctionnaires de rang plus élevé. Il a cherché
à empêcher la prise de photographies au-dessus d'un site désigné;
et il a cherché à limiter la prise de photographies par les
équipes aériennes à des articles se trouvant à
l'intérieur d'un périmètre déterminé
et par les équipes au sol à des articles qu'il estime relever
de la résolution 687 (1991). Si l'on appliquait cette dernière
règle, cela ouvrirait la possibilité que l'Iraq décide
ce qui "relève de la 687" et qu'il l'utilise pour exclure toutes
les installations, articles et activités à double fin couverts
par les plans approuvés au titre de la résolution 715 (1991).
15. La question de la sécurité a été
examinée en détail à l'appendice II du document S/24984.
Depuis ce rapport, et outre les menaces mentionnées plus haut à
l'encontre des aéronefs de la Commission, le vandalisme contre les
véhicules de la Commission n'a pas discontinué : pare-brise,
vitres et miroirs brisés, antennes cassées, etc. Quatre de
ces incidents se sont produits alors que des membres du personnel de la
Commission étaient au volant. Dans l'un des cas, les chauffeurs
étaient des infirmiers et le véhicule portait l'insigne du
Croissant-Rouge. Ces ambulances ont également fait l'objet d'une
attaque alors qu'elles étaient garées dans le parking de
l'hôtel.
16. Des articles continuent de disparaître des bureaux
et des quartiers personnels de la Commission. De temps à autre,
les membres du personnel continuent de recevoir des appels téléphoniques
importuns ou menaçants dans leur chambre d'hôtel en pleine
nuit. Le 8 juin 1993, des ampoules électriques ont été
lancées sur des membres d'une équipe d'inspection alors qu'ils
se rendaient dans un restaurant de Bagdad.
1. Le présent rapport porte essentiellement sur
les faits nouveaux survenus depuis le dernier rapport.
2. Le 21 février 1993, les activités ont
démarré au site de stockage d'armes chimiques de Muhammadiyat,
situé à l'ouest de Bagdad. La plupart des munitions stables
et remplies ont été transportées à Muthanna
(99 bombes de calibre 250, 21 bombes de calibre 500 et 9 bombes DB0). On
a commencé la destruction sur place de munitions vides (52 bombes
DB0 et 1 105 bombes DB2) et de munitions remplies instables (81 bombes
de calibre 250 et 6 bombes de calibre 500). Il reste à Muhammadiyat
5 127 bombes 250 et 1 094 bombes 500 (vides), et 20 bombes 250 remplies
d'ypérite.
3. L'incinérateur fonctionne à des températures
dépassant 1 100 C et répond donc aux spécifications
fixées par le Groupe consultatif sur la destruction pour la destruction
d'ypérite et de précurseurs. Au cours de la troisième
semaine de mars 1993, on a mis en place un système de surveillance
de l'efficacité de la combustion, pour suivre l'opération
en mesurant continuellement les concentrations de gaz de combustion.
4. L'ypérite est détruite, soit par injection
directe dans le fourneau, soit dans un mélange toluène/benzine/diesel.
Il faut polymériser certains agents, ce qui complique le processus
d'extraction et de destruction.
5. La neutralisation d'agents neurotoxiques par hydrolyse
s'est poursuivie. Au début de février 1993, on a terminé
l'hydrolyse des stocks de sarin en vrac, et peu après, le 14 février
1993, on a terminé l'incinération explosive de roquettes
de 122 mm remplies de sarin. Le 23 avril, on a fini de détruire
ce qui restait de sarin provenant des ogives Al Hussein. Le 15 février,
l'usine d'hydrolyse a été affectée à la destruction
du précurseur D4 du tabun.
6. Au cours de la période que couvre le présent
rapport, on a terminé la destruction des munitions suivantes : moteurs
et composantes de roquettes de 122 mm, assemblages d'empennage et bombes
d'aviation R.400, bombes de calibre 250 vides (par découpage) et
bombes DB2 vides (par broyage). On a continué de vider les bombes
d'aviation de calibre 250 et 500, et on a mis au point et adopté
une technique d'aspiration des projectiles de 155 mm remplis d'ypérite
comme principale mesure initiale de destruction de ces projectiles.
265 roquettes et ogives de 122 mm
6 152 ogives de roquettes de 122 mm
873 moteurs de roquettes
16 885 grains (unité de mesure) de propulsifs de
roquettes de 122 mm
1 977 tubes de moteurs de roquettes de 122 mm
1 492 projectiles d'ypérite de 155 mm
21 projectiles de 155 mm vides
29 ogives à GB/GF Al Hussein
347 bombes R.400
333 assemblages d'empennage de R.400
1 473 bombes d'aviation à ypérite de calibre
250 et 500 partiellement remplies et polymérisées
120 litres de GB
61 273 litres de GB/GF
69 328 kilos d'ypérite
73 005 litres de D4
14 600 litres de DF
1 120 litres de dichloréthane
107 148 litres d'isopropyl
28 730 litres de thio-diethyleneglycol
1 200 litres de cyclohexanol/isopropyl
297 400 litres d'oxychlorure de phosphore
134 200 litres de chlorure de thionyl
415 000 litres de trichlorure de phosphore
32 conteneurs de stockage en vrac de 2 tonnes
1. Au cours de la période considérée,
le Groupe d'évaluation de l'information a été renforcé,
et la Commission a pu faire bon usage de ses capacités améliorées.
2. Le Groupe est chargé de la collecte et de la
gestion de l'information et de l'évaluation des données disponibles,
afin d'établir une base solide permettant à la Commission
spéciale de s'acquitter des tâches que lui a confiées
le Conseil de sécurité.
3. Pour ce qui est de la collecte d'informations, le Groupe
travaille, entre autres choses, à identifier les lacunes de l'information
et à établir des propositions sur la façon dont on
pourrait les combler en faisant appel aux moyens de collecte de la Commission.
Parmi ces moyens, on peut citer l'avion de reconnaissance à haute
altitude (U-2), qui effectue actuellement jusqu'à trois missions
de surveillance par semaine au-dessus de l'Iraq. Les images prises par
cet appareil appartiennent à la Commission. Elles sont traitées
avec l'aide du Gouvernement des Etats-Unis pour utilisation par la Commission
(et l'AIEA). Le Groupe est chargé de déterminer les tâches
de l'U-2, d'en coordonner les opérations et, avec l'appui de spécialistes
américains, d'évaluer et d'interpréter les images.
4. Le Groupe est en outre chargé des activités
d'inspection aérienne avec les hélicoptères de la
Commission à Bagdad. Ainsi, le Groupe détermine les objectifs
des inspections aériennes menées par l'équipe d'inspection
aérienne qui est basée en permanence à Bagdad. Les
inspections aériennes utilisent d'abord et principalement les photographies,
mais on prévoit aussi d'autres moyens. Les images obtenues sont
analysées par les photo-interprètes du Groupe. Les images,
de même que les autres données acquises grâce aux activités
de surveillance aérienne, servent aussi à la planification
des opérations.
5. Le Groupe entretient des contacts avec les organismes
compétents au sein des gouvernements participants; il leur demande
et obtient d'eux les informations qui intéressent les travaux de
la Commission.
6. Gérer les grandes quantités de données
communiquées à la Commission est une responsabilité
croissante du Groupe. Les sources de données qu'il doit traiter
sont, outre les déclarations de l'Iraq, les rapports d'inspection,
les résultats de la surveillance aérienne et les informations
que lui communiquent les gouvernements.
7. Le Groupe a consacré un temps considérable
à l'élaboration de méthodes de gestion efficace et
dynamique de la multitude de données rassemblées. Un évaluateur
de la gestion de l'information aide la Commission à mettre au point
un système de gestion des données correspondant aux besoins
du Groupe. Au sein du Groupe, un système de gestion des données
entièrement fonctionnel a été mis en place. Il faut
encore acheter du matériel, et on recrute actuellement du personnel
supplémentaire pour les opérations.
8. L'évaluation ou l'analyse des données
qu'effectue le Groupe constitue, à maints égards, le coeur
des activités de la Commission. C'est ce travail qui détermine
les opérations et donne au Président exécutif la substance
et le fondement technique pour l'établissement des rapports au Conseil
de sécurité, qui permet d'effectuer une évaluation
politique de la mesure dans laquelle l'Iraq s'acquitte de ses obligations
au titre des dispositions de cessez-le-feu, et d'évaluer l'ampleur
des tâches qui restent. L'intérêt et l'importance du
travail analytique ne feront que croître avec l'introduction progressive
du contrôle et de la vérification dans les activités
de la Commission.
9. On voudrait pouvoir garder en permanence dans les effectifs
du Groupe des analystes connaissant bien toutes les catégories d'armes
et de productions étudiées ici. Mais, pour des raisons pratiques
aussi bien que des raisons de principe, pour leur permettre d'élargir
le champ de leur expérience sur le terrain, les analystes participeront
régulièrement aux équipes d'inspection.
10. Au 15 juin 1993, 236 objectifs avaient fait l'objet
d'une surveillance par hélicoptère, et l'U-2 avait mené
141 missions.
La surveillance à haute altitude
11. A mesure que le Groupe a étoffé ses
effectifs, en particulier en acquérant de nouveaux photo-interprètes,
il a pu définir de plus en plus d'objectifs précis pour les
missions de l'U-2. Avant cela, cet appareil opérait essentiellement
à partir d'une liste générale de priorités,
au lieu de photographier spécifiquement tel ou tel site déterminé.
La surveillance par hélicoptère
12. Au cours des quelques derniers mois, le programme
de surveillance photographique par hélicoptère s'est concentré
sur des sites qui, au moins potentiellement, sont soumis à un contrôle
à long terme. Une soixantaine de missions de contrôle ont
été effectuées. La première de ces missions
d'étude d'un site donné est censée en fournir une
couverture photographique globale; les missions suivantes ne comporteraient
normalement de photographie que si l'observation visuelle faisait apparaître
des changements évidents.
13. Les missions de surveillance par hélicoptère
continuent d'être exécutées en conjonction avec des
inspections au sol; en général, l'équipe de surveillance
aérienne à bord de l'hélicoptère s'occupe de
"garder" un site devant faire l'objet d'une inspection surprise. Dans ce
contexte, "garder" un site signifie le tenir sous surveillance de façon
à repérer toute tentative des autorités iraquiennes
d'en enlever des articles prohibés avant que l'équipe d'inspection
au sol n'en boucle l'accès. Ensuite, l'équipe d'inspection
aérienne peut mener une étude photographique normale du site.
14. Au cours de la cinquante et unième mission,
par exemple, on a fait appel à la fois à l'équipe
de surveillance aérienne héliportée et à l'U-2
pour surveiller les sites inspectés par les équipes au sol.
Armes nucléaires
15 mai-21 mai 1991 IAEA1/UNSCOM 1
22 juin-3 juillet 1991 IAEA2/UNSCOM 4
7 juillet-18 juillet 1991 IAEA3/UNSCOM 5
27 juillet-10 août 1991 IAEA4/UNSCOM 6
14 septembre-20 septembre 1991 IAEA5/UNSCOM 14
21 septembre-30 septembre 1991 IAEA6/UNSCOM 16
11 octobre-22 octobre 1991 IAEA7/UNSCOM 19
11 novembre-18 novembre 1991 IAEA8/UNSCOM 22
11 janvier-14 janvier 1992 IAEA9/UNSCOM 25
5 février-13 février 1992 IAEA10/UNSCOM 27
5 février-13 février 1992 IAEA10/UNSCOM 30
7 avril-15 avril 1992 IAEA11/UNSCOM 33
26 mai-4 juin 1992 IAEA12/UNSCOM 37
14 juillet-21 juillet 1992 IAEA13/UNSCOM 41
31 août-7 septembre 1992 IAEA14/UNSCOM 43
8 novembre-19 novembre 1992 IAEA15/UNSCOM 46
5 décembre-14 décembre 1992 IAEA16/UNSCOM 47
22 janvier-27 janvier 1993 IAEA17/UNSCOM 49
3 mars-11 mars 1993 IAEA18/UNSCOM 52
30 avril-7 mai 1993
IAEA19/UNSCOM 56
Armes chimiques
9 juin-15 juin 1991 CW1/UNSCOM 2
15 août-22 août 1991 CW2/UNSCOM 9
31 août-8 septembre 1991 CW3/UNSCOM 11
31 août-5 septembre 1991 CW4/UNSCOM 12
6 octobre-9 novembre 1991 CW5/UNSCOM 17
22 octobre-2 novembre 1991 CW6/UNSCOM 20
27 janvier-5 février 1992 CW7/UNSCOM 26
15 avril-29 avril 1992 CW8/UNSCOM 35
21 septembre-29 septembre 1992 CW9/UNSCOM 44
6 avril-18 avril 1993 CW10/UNSCOM 55
18 novembre-1er décembre 1991 CBW1/UNSCOM 21
26 juin-10 juillet 1992 CBW2/UNSCOM 39
6 décembre-14 décembre 1992 CBW3/UNSCOM 47
21 février-24 mars 1992 CD1/UNSCOM 29
5 avril-13 avril 1992 CD2/UNSCOM 32
18 juin-
CDG/UNSCOM 38
Armes biologiques
2 août-8 août 1991 BW1/UNSCOM 7
20 septembre-3 octobre 1992 BW2/UNSCOM 15
11 mars-18 mars 1993
BW3/UNSCOM 53
Missiles balistiques
30 juin-7 juillet 1991 BM1/UNSCOM 3
18 juillet-20 juillet 1991 BM2/UNSCOM 10
8 août-15 août 1991 BM3/UNSCOM 8
6 septembre-13 septembre 1991 BM4/UNSCOM 13
1er octobre-9 octobre 1991 BM5/UNSCOM 18
1er décembre-9 décembre 1991 BM6/UNSCOM 23
9 décembre-17 décembre 1991 BM7/UNSCOM 24
21 février-29 février 1992 BM8/UNSCOM 28
21 mars-29 mars 1992 BM9/UNSCOM 31
13 avril-21 avril 1992 BM10/UNSCOM 34
14 mai-22 mai 1992 BM11/UNSCOM 36
11 juillet-29 juillet 1992 BM12/UNSCOM 40A+B
7 août-18 août 1992 BM13/UNSCOM 42
16 octobre-30 octobre 1992 BM14/UNSCOM 45
25 janvier-23 mars 1993 IMT1a/UNSCOM 48
12 février-21 février 1993 BM15/UNSCOM 50
22 février-23 février 1993 BM16/UNSCOM 51
27 mars-17 mai 1993 IMT1b/UNSCOM 54
5 juin 1993-
IMT1c/UNSCOM 57
Missions spéciales
30 juin-3 juillet 1991
11 août-14 août 1991
4 octobre-6 octobre 1991
11 novembre-15 novembre 1991
27 janvier-30 janvier 1992
21 février-24 février 1992
17 juillet-19 juillet 1992
28 juillet-29 juillet 1992
6 septembre-12 septembre 1992
4 novembre-9 novembre 1992
13 mars-22 mars 1993
19 avril-24 avril 1993