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Conseil de sécurité
1. Le Secrétaire général a l'honneur
de transmettre au Conseil de sécurité un rapport présenté
par le Président exécutif de la Commission spéciale
constituée par le Secrétaire général en application
du paragraphe 9 b) i) de la résolution 687 (1991) du Conseil, en
date du 3 avril 1991.
2. Il s'agit du sixième rapport soumis par le Président
exécutif de la Commission depuis l'adoption de la résolution
1051 (1996) du Conseil de sécurité, en date du 27 mars 1996,
au paragraphe 16 de laquelle le Conseil a décidé de regrouper
les rapports demandés dans ses résolutions 699 (1991) du
17 juin 1991 et 715 (1991) du 11 octobre 1991(1).
I. INTRODUCTION
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1
II. ÉVOLUTION DES RELATIONS
ENTRE L'IRAQ ET LA
COMMISSION SPÉCIALE
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3 - 23
III. DÉSARMEMENT : QUESTIONS
PRIORITAIRES .
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24 - 45
A. Les missiles
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24 - 26
B. Les armes chimiques
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27 - 29
C. Les armes biologiques
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30 - 35
D. Dissimulation, destruction unilatérale
et documents
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36 - 45
IV. CONTRÔLE ET VÉRIFICATION
CONTINUS .
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46 - 60
A. La période considérée
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46 - 53
B. Conditions nécessaires pour l'avenir
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54 - 60
V. QUESTIONS DIVERSES
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61 - 66
A. Informations sur les fournisseurs
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61 19
B. Opérations aériennes
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62 - 64
C. Appui matériel
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65
D. Locaux
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66
VI. CONCLUSIONS
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67 - 78
1. Le présent rapport porte sur la période
du 16 avril au 11 octobre 1998. Il décrit les activités menées
par la Commission spéciale en vertu des mandats qui lui ont été
conférés par les résolutions 687 (1991), 707 (1991),
715 (1991) et 1051 (1996); rappelle les faits nouveaux majeurs intervenus
dans les relations entre l'Iraq et la Commission; traite certaines questions
prioritaires dont s'est occupée la Commission et examine le fonctionnement
du système de contrôle et de vérification continus
mis en place par la Commission. Les conclusions figurent aux paragraphes
67 à 78.
2. Aux termes des résolutions 1115 (1997) et 1134
(1997), le Président exécutif de la Commission spéciale
était prié d'inclure, dans les rapports de situation unifiés
qu'il présente, une annexe évaluant l'application des paragraphes
2 et 3 de la résolution 1115 (1997) par l'Iraq. Étant donné
que les activités en matière de désarmement que la
Commission menait en Iraq ont été interrompues par suite
d'une décision que l'Iraq a prise le 5 août 1998, et dont
il est question plus loin, le corps du présent rapport pourrait
être considéré comme répondant aux dispositions
stipulées concernant l'établissement d'un rapport sur l'application
par l'Iraq des résolutions en question. Le Conseil de sécurité
a déjà déclaré à l'unanimité
dans sa résolution 1194 (1998) que la décision de l'Iraq
"constitue un manquement totalement inacceptable aux obligations qui lui
incombent" en vertu des résolutions du Conseil.
3. Le 6 mai 1998, le Président exécutif
a informé le Conseil de sécurité (S/1998/377) que
les dispositions stipulées concernant l'accès de la Commission
aux sites et aux équipements qu'elle souhaitait inspecter étaient
suffisamment appliquées pour que soient levées les mesures
énoncées aux paragraphes 4 et 5 de la résolution 1137
(1997) relatifs aux restrictions imposées sur les déplacements
des fonctionnaires iraquiens et des membres des forces armées iraquiennes.
Il a également informé le Conseil que l'Iraq n'avait pas
encore permis à la Commission d'accéder aux dossiers, comme
elle l'avait précédemment demandé. Il a été
mis fin depuis aux restrictions sur les déplacements.
4. Les 3 et 4 juin, la Commission, à la demande
du Conseil de sécurité, a fait un exposé technique
aux membres du Conseil sur l'état d'avancement de ses activités
en matière de désarmement. À l'issue de cet exposé,
le Président exécutif a distribué aux membres du Conseil
un document officieux indiquant les tâches qui devaient être
achevées et les informations qui devaient être vérifiées
avant que la Commission puisse faire un rapport sur ses travaux au titre
du paragraphe 22 de la résolution 687 (1991) du Conseil. Ce texte
officieux est reproduit dans le document S/1998/529.
5. Le Président exécutif s'est rendu à
Bagdad, où il a séjourné du 11 au 15 juin, pour étudier
avec le Vice-Premier Ministre d'Iraq les questions restées en suspens
sur les diverses questions relatives au désarmement. Les experts
de la Commission ont fait à leurs homologues iraquiens un exposé
semblable à celui qui avait été présenté
au Conseil de sécurité les 3 et 4 juin. Bien que l'Iraq ait
rejeté la liste que la Commission lui avait soumise et ait refusé
de débattre de certaines questions figurant sur cette liste (l'agent
de guerre chimique VX, le propergol et les activités de dissimulation
menées par l'Iraq), les deux parties sont convenues d'un programme
de travail portant sur certaines questions de désarmement en suspens
dans les trois catégories d'armes. Il a été convenu
que ce travail serait effectué au cours des six semaines suivantes.
Les deux parties sont également convenues que le Président
exécutif reviendrait à Bagdad au début du mois d'août
pour examiner les résultats accomplis dans le cadre du programme
de travail et, au besoin, envisager un programme de travail complémentaire.
6. Le Président exécutif a souligné
que l'ampleur des progrès qui pourraient être réalisés
par suite des travaux envisagés dépendrait du degré
de coopération dont l'Iraq ferait preuve, notamment en fournissant
à la Commission les documents qu'il lui fallait, et dont certains
avaient été demandés depuis longtemps. Il a également
exprimé la conviction que, si le Gouvernement iraquien coopérait
pleinement avec la Commission, comme le lui demandaient les résolutions
pertinentes du Conseil et comme l'Iraq l'avait promis dans le Mémorandum
d'accord conclu en février 1998 entre l'Organisation des Nations
Unies et l'Iraq, il devrait être possible à la Commission
de résoudre toutes les questions en suspens. La Commission pourrait
alors commencer à établir des rapports sur ses travaux au
titre du paragraphe 22 de la résolution 687 (1991). Le rapport du
Président exécutif sur la mission qu'il avait effectuée
à Bagdad (S/1998/529, annexe) a été présenté
au Conseil le 16 juin.
7. Conformément au programme de travail convenu,
la Commission a ensuite entrepris un programme intensif d'inspections,
de réunions et de discussions avec les autorités iraquiennes.
Elle s'est acquittée de toutes les tâches qui lui avaient
été confiées au titre du programme de travail. Bien
qu'elle ait bénéficié dans ses travaux d'un certain
degré de coopération de la part de l'Iraq, la Commission
n'a pas eu communication des informations et des documents qu'elle avait
demandés.
8. Dans le cadre de ce processus, et comme suite à
une demande expresse de l'Iraq, une équipe d'experts des armes biologiques
appartenant à un certain nombre d'États et à la Commission
s'est rendue à Bagdad à la fin du mois de juillet pour évaluer
(pour la quatrième fois en 18 mois) l'état complet et définitif
de l'armement biologique iraquien. Ainsi qu'il avait été
convenu lors des discussions au cours desquelles le programme de travail
avait été établi, les experts ont fait porter leur
attention sur les bilans matières figurant dans l'état complet
et définitif et étaient prêts à examiner toute
information nouvelle que l'Iraq serait disposé à leur fournir
pour les aider à vérifier ces bilans et l'état complet
et définitif. L'Iraq n'a fourni aucune information nouvelle, mais
il a apporté de nouvelles précisions sur certaines questions
en suspens. L'équipe est parvenue à la conclusion que, tels
qu'ils étaient présentés dans l'état complet
et définitif de l'armement biologique iraquien, aucun des composants
du bilan matières ne pouvait être vérifié, ni
les munitions d'armes biologiques, ni la production en masse d'agents biologiques
ni les milieux de culture microbiologique.
9. En plus des activités qu'elles ont menées
au titre du programme de travail, les équipes d'experts ont effectué
un certain nombre d'inspections, notamment pour découvrir davantage
d'informations sur les programmes interdits. Le 18 juillet, un fonctionnaire
iraquien a repris à un inspecteur principal un document portant
sur les munitions d'armes chimiques qui avait été découvert
lors d'une inspection au siège des forces aériennes iraquiennes.
Le document avait été examiné brièvement. Il
présentait de l'intérêt pour les travaux de la Commission.
L'Iraq a promis de discuter de ce document avec le Président exécutif
la prochaine fois que celui-ci se rendrait à Bagdad. Cet incident
a été porté à l'attention du Conseil de sécurité
dans une lettre du Président exécutif datée du 22
juillet 1998.
10. Le 2 août, le Président exécutif
est retourné à Bagdad pour évaluer l'état d'avancement
de l'application du programme de travail. Il lui est apparu que des progrès
importants avaient été faits en particulier dans le domaine
des missiles, mais que les progrès réalisés dans d'autres
domaines étaient bien en deçà de ce que l'on avait
espéré. Le Président exécutif a proposé
que l'Iraq et la Commission élaborent un programme de travail intensif
pour les quatre semaines suivantes. Le but serait d'achever l'examen des
questions en suspens dans le domaine des missiles et dans celui des armes
chimiques avant que la Commission ne soumette son rapport au Conseil de
sécurité en octobre. Il a préconisé des réunions
d'experts et des inspections bien précises et demandé que
lui soient communiquées des documents sur plusieurs points ayant
trait aux programmes de missiles et aux armes chimiques interdits, y compris
le document qui avait été repris à l'inspecteur principal
le 18 juillet.
11. Le Vice-Premier Ministre a rejeté les propositions
du Président exécutif. Il tenait à ce que celui-ci
fasse immédiatement rapport au Conseil de sécurité
pour l'informer que l'Iraq ne possédait plus d'armes ni de matériels
et capacités connexes interdits. Il a également déclaré
que l'Iraq ne donnerait pas, qu'il ne donnerait même jamais, à
la Commission le document qui avait été repris à l'inspecteur
principal. Le Président exécutif a indiqué qu'il n'était
pas en mesure de faire le rapport tel qu'il lui était maintenant
demandé étant donné que la Commission ne disposait
pas encore des éléments nécessaires pour confirmer
que l'Iraq avait pris toutes les mesures prévues dans les paragraphes
de la résolution 687 (1991) relatifs au désarmement de ce
pays. Le Vice-Premier Ministre a répondu en déclarant qu'il
serait "inutile" de poursuivre plus avant les discussions. Sur quoi, la
réunion a pris fin. Le Président exécutif est retourné
à New York le 5 août et a fait rapport au Conseil le 6 août
sur l'issue de la réunion qu'il avait eue à Bagdad (S/1998/719).
12. Le 5 août, le commandement du Conseil révolutionnaire
et le commandement pour l'Iraq du Parti socialiste arabe Baas ont publié
une déclaration (S/1998/718, appendice V), dans laquelle ils invitaient
le Conseil de sécurité à appliquer le paragraphe 22
de la résolution 687 (1991) comme premier pas avant la levée
complète de l'embargo. Ils demandaient par ailleurs au Conseil de
réorganiser la Commission spéciale et d'en transférer
ailleurs le bureau. L'Iraq envisageait de suspendre complètement
sa coopération avec la Commission, mais en attendant que le Conseil
donne suite à ses demandes, il acceptait que les activités
de surveillance prévues par la résolution 715 (1991) se poursuivent.
13. Ayant examiné les incidences des décisions
de l'Iraq, le Président exécutif, par une lettre datée
du 12 août (S/1998/767), a informé le Conseil que, contrairement
à la déclaration de l'Iraq concernant le contrôle,
et outre qu'elles interrompaient toutes les activités de la Commission
dans le domaine du désarmement, les décisions de l'Iraq limitaient
le droit de la Commission d'effectuer des opérations de contrôle.
Dans ces conditions, la Commission ne pouvait pas donner au Conseil l'assurance
que l'Iraq respectait l'obligation qui lui incombait de ne pas rétablir
ses programmes d'armements interdits. Le Président exécutif
souhaitait que le Conseil lui donne des indications sur ce qu'il y avait
lieu de faire.
14. Dans une lettre datée du 18 août (S/1998/769),
le Président du Conseil de sécurité a, en réponse,
informé le Président exécutif que le Conseil réaffirmait
son appui total à la Commission dans l'exercice plein et entier
de son mandat et notait que l'Iraq était tenu d'apporter à
la Commission la coopération nécessaire pour lui permettre
de s'acquitter de toutes les activités prévues, y compris
les inspections.
15. Guidé par cette lettre, le Président
exécutif, dans une lettre datée du 19 août adressée
au Vice-Premier Ministre, a proposé que l'Iraq et la Commission
spéciale reprennent toutes les activités prévues et
que l'Iraq confirme qu'il était disposé à apporter
à la Commission la coopération qui lui était nécessaire
à cette fin. Le Président exécutif n'a pas reçu
de l'Iraq une réponse officielle à sa proposition.
16. À l'issue d'un débat qui a eu lieu au
Conseil de sécurité le 1er septembre, le Président
exécutif a adressé au Conseil des notes d'information portant
sur trois sujets précis : la découverte sur des débris
d'ogives de produits provenant de la dégradation de l'agent VX et
de produits provenant de la dégradation de stabilisants du VX; le
bilan matières des munitions spéciales déclarées
par l'Iraq; et la modification de la comptabilité des agents de
guerre biologiques destinés à des fins d'armement.
17. Le 3 septembre, le Président exécutif
a mis les membres du Conseil de sécurité au courant de l'état
d'avancement des activités de contrôle de la Commission. Il
a résumé la situation qui avait fait suite à la décision
prise par l'Iraq le 5 août et a signalé trois cas dans lesquels
l'Iraq avait fait obstacle à des opérations de contrôle
de la Commission.
18. Le 9 septembre, le Conseil de sécurité
a adopté à l'unanimité la résolution 1194 (1998),
dans laquelle il a entre autres condamné la décision que
l'Iraq avait prise le 5 août de suspendre la coopération avec
la Commission, disant qu'elle constituait un manquement totalement inacceptable
aux obligations qui incombaient à ce pays, et a exigé que
l'Iraq revienne sur cette décision. Le Conseil a par ailleurs décidé
de ne procéder à aucun réexamen prévu en vertu
des paragraphes 21 et 28 de la résolution 687 (1991) tant que l'Iraq
ne serait pas revenu sur sa décision et que la Commission n'aurait
pas fait savoir au Conseil qu'elle estimait avoir pu exercer toutes les
activités prévues dans son mandat, y compris les inspections.
19. Dans le préambule à la résolution
1194 (1998), le Conseil de sécurité s'est déclaré
disposé à procéder à un examen d'ensemble du
respect par l'Iraq des obligations qui lui incombaient en vertu de toutes
les résolutions pertinentes, une fois que l'Iraq serait revenu sur
sa décision du 5 août et aurait montré qu'il était
prêt à s'acquitter de toutes ses obligations, y compris en
particulier en matière de désarmement, en coopérant
à nouveau pleinement avec la Commission spéciale, conformément
au Mémorandum d'accord. La Commission est prête à contribuer
à un tel examen si le Conseil le souhaite.
20. Au cours de la période considérée,
la Commission a procédé à des discussions techniques
avec la Fédération de Russie en vue de l'obtention d'un d'avion
AN-30, qui lui permettrait d'accroître ses capacités de surveillance
aérienne en Iraq. Une délégation composée de
représentants de la Commission et de la Russie s'est rendue à
Bagdad en juin 1998 afin d'évaluer les besoins opérationnels
et logistiques du déploiement en Iraq d'un avion AN-30, de son équipage
et du personnel d'appui. La délégation a rencontré
les autorités iraquiennes pour demander l'appui technique et logistique
de l'Iraq en vue de ce déploiement.
21. Pour des raisons d'ordre opérationnel, la Commission
a demandé que l'unité d'AN-30 soit basée à
la base aérienne de Rasheed, près de Bagdad, où l'unité
d'hélicoptères de la Commission était elle-même
déjà basée. Les autorités iraquiennes ont rejeté
cette demande, invoquant des problèmes de sécurité.
L'Iraq a proposé que l'unité d'AN-30 soit basée plutôt
à la base aérienne de Habbaniyah, située à
120 kilomètres de Bagdad. La Commission n'a pas accepté cette
solution, pour des raisons d'ordre opérationnel et parce qu'elle
contrevenait à ses droits.
22. Au cours de la période considérée,
la Commission a organisé à New York un certain nombre de
réunions d'experts internationaux qui étaient chargés
d'examiner certaines questions de désarmement en suspens, dont les
explosifs utilisés par l'Iraq pour la destruction unilatérale
d'ogives de missiles et les déclarations iraquiennes sur le chargement
des ogives spéciales.
23. La seizième session plénière
de la Commission spéciale s'est tenue à New York du 28 septembre
au 1er octobre 1998. Des exposés techniques ont été
présentés aux membres de la Commission. Les éléments
qui devaient être inclus dans le présent rapport de la Commission
ont été examinés et discutés à cette
occasion.
24. Dans le domaine des missiles, le programme de travail
porte sur les domaines relatifs aux missiles et à la production
locale de missiles. L'Iraq a refusé de discuter de la question du
propergol liquide interdit et n'a pas donné de réponse positive
lorsque la Commission a demandé à avoir accès à
certains documents qui lui permettraient de terminer l'opération
de vérification des questions en suspens concernant le désarmement
dans le domaine des missiles.
25. On trouvera ci-après le compte rendu des progrès
réalisés dans le domaine des missiles et l'état d'avancement
des questions restant à régler :
-- La Commission a pu établir la destruction d'entre
43 et 45 des 45 ogives opérationnelles spéciales dont l'Iraq
avait déclaré la destruction unilatérale en 1991.
C'est là une réussite majeure;
-- La Commission doit encore résoudre la question
de l'agent chimique VX pour pouvoir évaluer si la comptabilisation
actuelle des ogives spéciales est suffisamment complète pour
vérifier pleinement à la fois la production déclarée
des ogives spéciales interdites et leur soi-disant destruction unilatérale
[voir par. 29 b)];
-- La Commission estime, en se fondant sur des discussions
avec des experts internationaux, que les déclarations iraquiennes
sur la destruction unilatérale des ogives spéciales ne concordent
pas avec les éléments de preuve matériels rassemblés
sur les sites de destruction. Le 3 août, la Commission a demandé
à l'Iraq d'examiner cette question;
-- La Commission et l'Iraq ont pu définir ensemble
des mesures visant à clarifier certains des problèmes liés
aux actions prises par l'Iraq en 1991 pour dissimuler les ogives spéciales.
La Commission a rendu compte de cette question au Conseil de sécurité
les 3 et 4 juin. L'Iraq a mis fin à cet effort le 30 juillet lorsqu'il
a refusé de donner accès aux sites pertinents et de discuter
davantage de la question;
-- La comptabilisation des ogives classiques interdites,
qui relève de la résolution sur la question globale des ogives
interdites, a bien avancé. Quelques questions concernant les restes
non récupérés d'une cinquantaine d'ogives classiques
(tant importées que produites localement par l'Iraq) demeurent en
suspens, et la Commission a demandé des éclaircissements
à l'Iraq. Elle lui a aussi demandé de donner son avis sur
la question de savoir si, nonobstant les lacunes restantes, l'on devait
considérer la comptabilisation actuelle comme étant définitive,
ou si l'Iraq et la Commission pouvaient poursuivre utilement les travaux
pour combler lesdites lacunes. Aucune réponse n'a été
reçue;
b) La production locale de missiles. Des progrès
considérables ont été accomplis dans ce domaine grâce
à la tenue, comme convenu dans le programme de travail, de réunions
d'experts à Bagdad en juillet 1998 pour faire le point de la production
locale, du bilan matières, et de la destruction unilatérale
des missiles. Afin d'obtenir suffisamment d'informations pour évaluer
la vérification dans ce domaine, il a été décidé
de se concentrer uniquement sur les missiles complets et sur des composants
essentiels de missiles comme les réacteurs, les gyroscopes et les
ogives;
-- Les missiles. La question de sept missiles produits
localement, qui appartenaient à la force de missiles iraquienne
en 1991, reste non résolue. L'Iraq soutient qu'il s'agissait là
de missiles d'entraînement, qui avaient été détruits
unilatéralement en 1991. La Commission n'a pas trouvé de
restes de missiles fabriqués localement ni de leurs réacteurs
dans les sites de destruction déclarés;
-- Les réacteurs pour missiles. L'équipe
d'experts internationaux, que la Commission avait invitée à
participer à la réunion de juillet sur cette question, a
estimé qu'à la fin de 1990, l'Iraq avait la capacité
d'assembler un nombre limité de réacteurs pour ses missiles
interdits produits localement. Les experts étaient d'avis que l'Iraq
devait rendre compte des composants essentiels de ce programme. Des progrès
ont été réalisés dans l'établissement
d'un bilan matières estimatif des composants nécessaires
à la production de réacteurs destinés aux missiles
interdits. Il a été recommandé de poursuivre les travaux
de vérification;
-- Les gyroscopes pour missiles. L'équipe
d'experts internationaux est parvenue à la conclusion selon laquelle,
à la fin de 1990, l'Iraq ne possédait pas la capacité
de fabriquer localement, ou d'assembler à partir de composants importés,
des gyroscopes pour les missiles qu'il produisait sur place. Bien que l'équipe
ait recommandé à la Commission de procéder à
de nouvelles vérifications, elle estimait que, vu les méthodes
utilisées par l'Iraq pour ses activités de destruction unilatérale,
et le fait que les inventaires de destruction présentés par
l'Iraq étaient incomplets, il pouvait se révéler impossible
d'établir un bilan matières même grossier des composants
de systèmes de guidage et de commande interdits;
-- Les ogives de missiles classiques. Travaillant
de concert, l'Iraq et la Commission ont été à même
de comptabiliser la plus grande partie des ogives interdites. Toutefois,
l'on n'a pas encore retrouvé les restes d'une trentaine d'ogives
classiques produites localement, que l'Iraq a déclaré avoir
détruites unilatéralement;
c) Les propergols liquides pour missiles interdits.
L'Iraq refuse d'aborder cette question. La Commission continue d'estimer
que l'on pourrait trouver une solution aux questions liées à
la destruction unilatérale de propergols liquides pour missiles
interdits si l'Iraq présentait la documentation existante. Avec
cette documentation, la vérification pourrait être faite immédiatement.
26. Le 3 août 1998, le Président exécutif
a énoncé à l'Iraq les mesures spécifiques qu'il
fallait prendre pour régler les questions en suspens, à savoir
: que l'Iraq donne des éclaircissements sur les questions non réglées
concernant les ogives; que l'on tienne une réunion d'experts sur
la question; et que l'on mène une inspection pour vérifier
les aspects comptables du bilan matières et de la destruction unilatérale
des principaux composants servant à la production locale de missiles.
Le Président exécutif a aussi proposé d'entreprendre,
au cours de son séjour en Iraq, un examen approfondi de la question
de la destruction unilatérale des ogives spéciales. Ces propositions
n'ont pas été acceptées par l'Iraq.
27. La Commission spéciale a cherché à
résoudre les plus importantes des questions en suspens, parmi lesquelles
la vérification du bilan matières des munitions spéciales,
y compris la comptabilisation de 550 obus d'artillerie remplis de gaz moutarde,
la vérification de la destruction unilatérale de bombes aériennes
chimiques et biologiques R-400, et la remise par l'Iraq du document aperçu
lors de l'inspection du quartier général de l'armée
de l'air iraquienne; la comptabilisation de la production de l'agent de
guerre chimique VX; et la vérification du fait que les déclarations
fournies par l'Iraq sur le bilan matières du matériel de
production d'armes chimiques étaient complètes.
28. La Commission a défini ces questions comme
étant prioritaires pour deux raisons. Tout d'abord, résoudre
ces questions particulières permettrait à la Commission de
vérifier ce qu'il était advenu des armes et des capacités
iraquiennes interdites les plus sophistiquées et, ensuite, les résoudre
donnerait une confiance considérablement plus grande à la
comptabilisation dans d'autres domaines où il demeurait des lacunes
et des disparités.
29. Au cours de la période considérée,
l'on a réalisé quelques progrès. L'Iraq a présenté
des documents et des éclaircissements sur un certain nombre de questions
que la Commission cherchait à vérifier. On trouvera ci-dessous
l'état des questions non réglées :
-- Les obus de 155 mm remplis de gaz moutarde.
L'Iraq a déclaré que 550 obus remplis de gaz moutarde avaient
été perdus peu après la guerre du Golfe. On n'a trouvé
à ce jour aucune trace des munitions manquantes. Une douzaine d'obus
remplis de gaz moutarde ont été recouvrés dans un
ancien entrepôt d'armes chimiques au cours de la période 1997-1998.
L'analyse chimique d'échantillons de ces munitions en avril 1998
a révélé que le gaz moutarde était encore de
la plus haute qualité. Après sept ans, la pureté de
ce gaz se situait entre 94 % et 97 %. L'Iraq n'avait toujours pas rendu
compte des obus manquants, ni présenté de preuves fiables
de leur destruction. En juillet 1998, l'Iraq a promis de donner des éclaircissements
sur la question. À ce jour, il n'a présenté que des
informations préliminaires sur l'enquête interne en cours;
-- Les bombes aériennes R-400. Sur les 1
550 bombes R-400 produites par l'Iraq, plus de 1 000 ont été
déclarées détruites unilatéralement par l'Iraq,
y compris 157 bombes déclarées avoir été remplies
d'agents de guerre biologique. Il n'a pas été possible de
comptabiliser environ 500 bombes détruites unilatéralement
étant donné l'état et l'ampleur de la destruction.
Pour combler cette lacune, la Commission a prié l'Iraq de présenter
des documents sur ce qu'il était advenu des parachutes d'empennage
des bombes R-400. La comptabilisation de ces composants permettrait à
la Commission de vérifier le maximum de bombes R-400 que l'Iraq
aurait pu fabriquer. Certes, cela ne résoudrait pas la question
spécifique de la quantité et de la composition des bombes
biologiques, y compris la répartition des agents de guerre biologique,
mais cela pourrait faciliter la comptabilisation finale des bombes chimiques
R-400. L'Iraq a présenté les informations demandées
sur ce qu'il était advenu des empennages, mais il faudrait encore
mener des inspections sur place;
-- Le bilan des munitions. Le document mentionné
au paragraphe 9 du présent rapport donne le détail de la
consommation de munitions spéciales par l'Iraq dans les années
80. Les chiffres qui y figurent font apparaître de fortes disparités
par rapport aux déclarations iraquiennes. Si l'Iraq communiquait
ce document, comme le demande la Commission, cela aiderait à vérifier
la comptabilisation des avoirs totaux de l'Iraq en armes chimiques;
-- D'après l'Iraq, 3,9 tonnes d'agent VX ont été
produites en tout : environ 2,4 tonnes en 1988, le reste en 1990. L'Iraq
a présenté des documents sur la production de 1988, mais
pas suffisamment d'éléments de preuve vérifiables
sur le statut de sa production de 1990. Il a toutefois fait valoir que
son programme de production de VX avait échoué du fait que
l'agent produit n'était pas très pur et était très
instable. La Commission estime que l'Iraq était certainement capable
de produire l'agent VX, et en avait probablement produit en quantité.
Toutefois, le niveau de vérification réalisé sur la
quantité précise d'agent VX produit par l'Iraq n'est pas
satisfaisant. En outre, l'Iraq affirme n'avoir pas utilisé cet agent
chimique pour fabriquer des armes. Après avoir analysé des
échantillons d'ogives spéciales, la Commission a de fortes
raisons de douter de cette affirmation;
-- En avril 1998, la Commission a décidé
d'enlever certains restes d'ogives spéciales détruites unilatéralement
par l'Iraq et d'en faire analyser des échantillons dans un laboratoire
hors d'Iraq, le but étant de vérifier les déclarations
iraquiennes sur le remplissage des ogives spéciales. On a choisi
44 fragments métalliques de différents types d'ogives pour
analyse. Initialement, l'Iraq n'a pas autorisé l'enlèvement
d'échantillons à cette fin. En mai 1998, les échantillons
ont été envoyés à un laboratoire aux États-Unis
d'Amérique, qui a terminé l'analyse à la mi-juin.
Des produits de dégradation de l'agent de guerre chimique VX ont
été trouvés dans certains échantillons. Comme
jusqu'ici l'Iraq avait nié avoir fabriqué des armes avec
l'agent VX, on lui a demandé des éclaircissements. Aucun
n'a été donné à ce jour;
-- En juillet 1998, à la demande de l'Iraq, la
Commission a tenu une réunion internationale d'experts à
Bagdad pour présenter aux autorités iraquiennes les résultats
de l'analyse menée antérieurement dans le laboratoire américain
et en discuter avec elles. L'Iraq n'a pas contesté les résultats
de l'analyse présentés, mais continue d'affirmer n'avoir
jamais utilisé l'agent VX pour fabriquer des armes;
-- En juin et juillet 1998, la Commission a prélevé
différents frottis d'autres restes d'ogives spéciales qui
restaient en Iraq afin de rassembler davantage de données sur les
types de produits chimiques dont elles avaient été remplies.
On en a envoyé 43 échantillons au même laboratoire
aux États-Unis, 40 à un laboratoire français et 40
à un laboratoire suisse. Leur analyse n'est pas encore terminée;
-- En septembre 1998, la Commission a tenu une réunion
internationale d'experts, à laquelle ont participé des spécialistes
des laboratoires ayant procédé à l'analyse des échantillons.
En outre, des experts de la Chine, de la Fédération de Russie
et du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord ont assisté
à la réunion. Les experts réunis ont estimé
que tous les résultats des analyses obtenus jusque-là étaient
valides. La Commission pense recevoir les rapports finals des laboratoires
au milieu d'octobre 1998.
c) Le bilan matières du matériel de production
d'armes chimiques. La Commission a déterminé que l'Iraq
avait enlevé 197 pièces en verre de matériel de production
d'armes chimiques de l'établissement d'État de Muthanna,
le principal site de production d'armes chimiques iraquien, en 1991, avant
l'arrivée en Iraq de la première équipe d'inspection.
Ce matériel avait été transporté à plusieurs
reprises dans des conteneurs entre diverses installations en Iraq au cours
de la période 1991-1996. Sous la supervision de la Commission spéciale
des Nations Unies, 197 pièces de ce matériel ont été
détruites en 1997. Pour assurer que tout le matériel de production
d'armes chimiques enlevé de Muthanna a été comptabilisé,
la Commission a demandé à l'Iraq de donner des précisions
sur le mouvement de tout ce matériel. L'Iraq a présenté
ses précisions à la Commission en juillet 1998. Toutefois,
la vérification sur place, qui est requise, est bloquée depuis
la décision prise par l'Iraq le 5 août.
30. Les problèmes non réglés dans
le domaine des armes biologiques ont été exposés dans
le rapport que la Commission spéciale a soumis au Conseil de sécurité
le 16 avril 1998 (S/1998/332). Les questions prioritaires avaient trait
aux principaux éléments du programme iraquien relatif aux
armes biologiques.
31. Comme indiqué au paragraphe 8 du présent
rapport, l'Iraq a demandé que son état complet et définitif
de septembre 1997 soit de nouveau évalué par des experts
internationaux; cela a été fait au cours d'une réunion
spéciale qui a eu lieu à Bagdad en juillet 1998. Il convient
de noter que les experts internationaux réunis par la Commission
avaient déjà examiné à trois occasions les
déclarations de l'Iraq sur les armes biologiques et qu'ils avaient
déclaré à l'unanimité que les états
présentés étaient incomplets, insuffisants et techniquement
défectueux.
32. Cette fois, le Président exécutif a
proposé que la réunion de juillet 1998 soit consacrée
principalement au bilan matières des armes biologiques produites
et détruites par l'Iraq. Il voulait susciter ainsi une démarche
nouvelle face à ce qui était devenu un problème sérieux.
L'Iraq a accepté cette proposition. Cela impliquait l'examen et
l'analyse des éléments clefs ci-après du bilan matières
: munitions produites aux fins d'armes biologiques, munitions remplies
d'agents de guerre biologique, munitions, remplies et non remplies, munitions
détruites; agents de guerre biologique produits en masse, quantités
d'agents de guerre biologique intégrés dans des armes, quantités
d'agents de guerre biologique qui restaient en masse, et quantités
détruites
33. À la réunion de juillet 1998, l'Iraq
a été invité à expliquer ou modifier l'information
concernant les bilans matières figurant dans son état complet
et définitif et à fournir de nouvelles données, avec
pièces justificatives pour faciliter le processus de vérification.
L'Iraq n'a pas fourni de nouvelles informations significatives ou de documents.
34. Chaque composant des bilans matières présentés
par l'Iraq dans son état complet et définitif concernant
les armes biologiques a été examiné :
a) Munitions d'armes biologiques. L'Iraq a déclaré
avoir produit et rempli d'agents biologiques des ogives spéciales
pour les missiles Al Hussein et les bombes aériennes R-400. L'Iraq
a également révélé la mise au point de pulvérisateurs
d'armes chimiques et de plusieurs autres systèmes de vecteurs d'agents
biologiques. On trouvera ci-après le résumé de l'évaluation
par les experts des principaux systèmes déclarés d'armes
biologiques :
-- Ogives de missile Al Hussein : La Commission
n'a pas été en mesure de vérifier le bilan matières,
y compris la production et la destruction, des ogives biologiques. L'équipe
d'experts internationaux fait la même constatation. Une semaine après
la réunion de juillet, un haut fonctionnaire iraquien a déclaré
qu'au lieu des 5 ogives au charbon et 16 ogives à la toxine botulique
qui avaient été déclarées, c'est en fait 16
ogives au charbon et 5 ogives à la toxine botulique qui avaient
été remplies, soulignant que ce changement dans l'état
n'affectait en rien la déclaration de l'Iraq concernant la quantité
totale d'agents de guerre biologique produite et intégrée
à des armes. L'Iraq n'a présenté aucune pièce
justificative ou autre élément d'information précis
à l'appui de sa nouvelle déclaration, qui contredisait toutes
les descriptions de la destruction unilatérale d'ogives spéciales,
y compris d'ogives biologiques, données depuis trois ans par des
agents iraquiens travaillant directement au remplissage et à la
destruction des ogives;
-- Bombes aériennes R-400. Ainsi que l'a
déterminé l'équipe d'experts internationaux, aucun
des sous-composants du bilan matières des bombes R-400 n'a pu être
vérifié. Il n'existe aucune preuve au nombre total d'armes
remplies et aucune explication logique n'a été donnée
concernant la répartition des agents biologiques entre les armes;
-- Réservoirs largables. Il semble que l'Iraq
ait travaillé avec acharnement à mettre au point des réservoirs
largables pour la dispersion d'agents biologiques. L'équipe d'experts
internationaux a déterminé qu'il était impossible
de vérifier la description du projet relatif aux réservoirs
largables figurant dans l'état complet et définitif;
-- Générateur d'aérosol. L'Iraq
a mis au point des générateurs d'aérosol pour les
agents biologiques en modifiant des dispositifs héliportés
commerciaux existant pour les insecticides. L'Iraq a soumis un document
selon lequel ils ont été testés avec succès
en août 1988. L'Iraq n'a pas rendu compte de la destruction finale
des dispositifs produits. L'équipe d'experts a déterminé
qu'il était impossible de vérifier la description des générateurs
d'aérosol pour agents biologiques;
b) Agents de guerre biologique. Le niveau de production
d'agents biologiques en masse demeure impossible à vérifier.
Les experts internationaux ont conclu qu'il était impossible de
vérifier le bilan matières des agents biologiques produits
en masse, y compris de ceux qui ont été intégrés
à des armes. Il est impossible de déterminer si des agents
biologiques produits ont été déshydratés pour
plus de stabilité à l'entreposage;
c) Milieux de culture. Les incertitudes ne manquent
pas dans le bilan matières donné par l'Iraq dans ce domaine.
On ne peut pas vérifier les achats de milieux de culture par l'Iraq.
Il n'y a que peu, voire aucune pièce justificative à l'appui
des chiffres donnés dans l'état complet et définitif
pour les milieux utilisés dans la production d'agents biologiques.
L'équipe d'experts internationaux a déterminé qu'il
était impossible de vérifier le bilan matières pour
les milieux de culture.
35. À la réunion de juillet 1998, l'équipe
d'experts internationaux a conclu à l'impossibilité de vérifier
l'état complet et définitif dans sa totalité. Elle
a recommandé en outre qu'aucune nouvelle vérification de
l'état complet et définitif actuel concernant les armes biologiques
ne soit entreprise au niveau des experts internationaux tant que l'Iraq
ne s'est pas engagé à fournir des informations nouvelles
significatives.
36. Le travail entrepris par la Commission pour dresser
un bilan définitif des armes interdites et capacités connexes
de l'Iraq a été fortement influencé par trois comportements
de l'Iraq :
a) La politique et la pratique de la dissimulation;
b) Les opérations collectivement appelées
"destruction unilatérale", par lesquelles l'Iraq a détruit
en secret, en violation de la résolution 687 (1991), des armes et
du matériel connexe;
c) L'entêtement de l'Iraq à nier l'existence
de documents concernant les activités interdites, à l'exception
de ceux que l'Iraq décide unilatéralement de fournir à
la Commission.
37. Pris ensemble, ces trois comportements ont pour effet
de rendre bien plus difficile que nécessaire la vérification
des différentes déclarations fournies par l'Iraq, d'où
un retard sérieux dans les travaux de la Commission. Progressivement,
celle-ci se fait une idée plus précise en ce qui concerne
chaque catégorie d'arme, en utilisant pour beaucoup des méthodes
scientifiques et techniques qu'elle aurait pu éviter si l'Iraq avait
fourni toutes les informations exigées par le Conseil de sécurité.
38. L'Iraq reconnaît avoir pris des mesures de dissimulation
pendant la période 1991-1995. Il cherchait ainsi à tranquilliser
les premiers inspecteurs en révélant des capacités
limitées de missiles et d'armes chimiques, qui ont été
dûment détruites conformément aux résolutions
du Conseil de sécurité. Toutefois, comme la Commission restait
attachée aux objectifs de ces résolutions, le Gouvernement
iraquien a pris de nouvelles mesures, dont la destruction unilatérale
secrète des armes qu'il avait gardées.
39. La diversité et l'ampleur des mesures prises
par l'Iraq pour dissimuler les armes interdites, les capacités de
production et les documents pertinents, et pour limiter l'information concernant
l'état d'avancement de ses efforts de développement d'armement
sont devenues évidentes après le départ d'Iraq du
général de corps d'armée Hussein Kamal en août
1995. La Commission a été placée devant le succès
de l'Iraq dans son travail de dissimulation à grande échelle.
40. Il existe des exemples dans toutes les catégories
d'armes. Parmi les programmes dissimulés, on peut mentionner le
programme de production locale de missiles, le programme relatif à
l'agent VX et tout le programme relatif aux armes biologiques. Plus de
150 boîtes de documents préservant les techniques des activités
interdites avaient été soigneusement mises à part
et dissimulées à la Commission pendant des années.
41. C'est sur cette toile de fond que la Commission a
cherché à se faire une idée de l'ampleur des efforts
de dissimulation de l'Iraq, et ce fut une cause de bien des frictions avec
l'Iraq au cours des deux dernières années. Les inspections
axées sur les mesures de dissimulation ainsi que les autres inspections
ayant pour but la découverte de matériaux ou documents interdits
que l'Iraq aurait gardés ont posé le problème de la
liberté d'accès. Il convient de noter que ce ne serait pas
arrivé si l'Iraq avait fourni des déclarations complètes
et crédibles après 1995. Pour surmonter ces obstacles, la
Commission a été obligée de déployer des efforts
extraordinaires, qui nécessitaient beaucoup de temps et d'argent.
42. La Commission a soulevé la question de la dissimulation
au cours d'entretiens de haut niveau avec l'Iraq. Invité à
fournir des preuves que la dissimulation avait cessé, l'Iraq a refusé
d'examiner cette question.
43. Les déclarations de l'Iraq concernant sa destruction
unilatérale des armes interdites sont fausses sur certains points
essentiels. L'impossibilité de vérifier les éléments
essentiels des destructions d'armes qu'il revendique est d'autant plus
importante que l'incertitude subsiste au sujet de certaines armes.
44. Les opérations de contrôle ne seront
crédibles que si l'on connaît toute l'ampleur des mesures
de dissimulation prises par l'Iraq, qui a réussi à dissimuler
une grande partie de ses capacités interdites même une fois
que le système de contrôle de la Commission était en
place. Il est essentiel de comprendre exactement comment il a procédé
pour pouvoir donner au Conseil de sécurité l'assurance que
de telles mesures pourront être décelées à l'avenir.
45. Une réponse claire à ces questions (dissimulation,
destruction unilatérale et documentation) donnerait plus de poids
à toute évaluation, par la Commission, des activités
de vérification des déclarations iraquiennes concernant les
programmes d'armes interdites et la destruction de ces armes.
46. Jusqu'au 5 août 1998, les activités de
contrôle se sont déroulées sans incident majeur. La
décision prise par l'Iraq le 5 août prévoyait expressément
la poursuite des activités de contrôle en vertu de la résolution
715 (1991) du Conseil de sécurité. La déclaration
ne devrait pas, en elle-même, limiter en quoi que ce soit la capacité
de la Commission de procéder à des activités de contrôle
à n'importe quel site en Iraq. Pourtant ce n'est pas le cas. Les
autorités iraquiennes ont indiqué clairement qu'elles n'autoriseraient
pas la poursuite des inspections de sites susceptibles d'être utilisés
pour des activités interdites, car ces inspections pourraient, à
leur avis, se rapporter à la phase des travaux de la Commission
concernant le désarmement. La preuve a été donnée
le 23 septembre, lorsqu'une équipe chargée du contrôle
a voulu inspecter une installation non déclarée, considérée
comme pouvant être utilisée pour des activités proscrites
(en d'autres termes, la Commission cherche à établir que
ce site ne possédait pas de capacité à double usage)
et qu'elle en a été empêchée.
47. De telles actions de l'Iraq sont contraires au plan
de contrôle de la Commission, approuvé par la résolution
715 (1991). Aux termes de cette résolution, la Commission demeurera
chargée de désigner les nouveaux emplacements devant faire
l'objet d'inspections et de survols. De plus, à plusieurs occasions,
les groupes de contrôle n'ont pas pu obtenir des informations ayant
trait au contrôle. La raison invoquée par les représentants
du Gouvernement iraquien était qu'à leur avis l'information
demandée ne concernait pas le contrôle.
48. Les paragraphes ci-après donnent un aperçu
de ce qui est fait pour le contrôle de chaque catégorie d'armes
et des activités entreprises au cours des six derniers mois.
Contrôle des missiles
49. Le groupe de contrôle des missiles au Centre
de contrôle et vérification de Bagdad compte actuellement
six inspecteurs venant de cinq États. Il contrôle actuellement
63 sites et 159 articles étiquetés. Plus de 2 000 missiles
opérationnels ont été étiquetés pour
qu'ils ne puissent pas être modifiés à des fins interdites.
50. L'Iraq a poursuivi le développement du système
de missiles Al-Samoud, qui ont une portée déclarée
de moins de 150 kilomètres. La question de la réutilisation
par l'Iraq d'éléments provenant des missiles sol-air Volga
pour la fabrication des missiles Al-Samoud n'a toujours pas été
réglée, ainsi qu'il est dit dans le rapport de la Commission
en date du 16 avril 1998 (S/1998/332).
Contrôle chimique
51. Le groupe de contrôle chimique compte 10 inspecteurs,
trois chimistes de laboratoire et un spécialiste de la neutralisation
des explosifs et munitions, venant de 11 États. Le groupe inspecte
régulièrement 120 sites soumis au contrôle et, à
l'occasion, d'autres sites (52 à ce jour), depuis des installations
pétrochimiques jusqu'à des stations de traitement de l'eau.
Il contrôle actuellement 518 articles à double usage ainsi
que des milliers de tonnes de produits chimiques à double usage.
Le groupe continue à découvrir des articles et des matériaux
à double usage non déclarés (c'est-à-dire du
matériel soumis au contrôle qui n'a pas été
déclaré par l'Iraq). Ces articles, que l'Iraq aurait dû
déclarer selon le plan de contrôle de la Commission, ont,
pour la plupart, été étiquetés par la suite.
Contrôle biologique
52. Le groupe de contrôle biologique compte actuellement
11 inspecteurs venant de neuf États. L'Iraq fournit des déclarations
semestrielles pour 91 sites. En vertu du plan de contrôle biologique
de la Commission, 1 335 articles étiquetés sont actuellement
soumis au contrôle. De même que le groupe de contrôle
chimique, le groupe de contrôle biologique continue à découvrir
des matériels à double usage que l'Iraq aurait dû déclarer.
Contrôle de exportations et des importations
53. Le groupe de contrôle des exportations et des
importations compte cinq inspecteurs venant de cinq États. Le but
principal de leurs inspections est de vérifier les importations
d'articles à double usage soumis à la déclaration
en vertu du mécanisme de contrôle des importations et des
exportations. Il a inspecté séparément les douanes
iraquiennes et la structure générale des importations en
vue d'identifier les éléments du mécanisme de contrôle
des exportations et des importations en général, qui serait
possible de redéfinir compte tenu du système et des procédures
actuellement en place en Iraq. Au cours de la période considérée,
le groupe mixte, constitué par la Commission spéciale et
l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a reçu
notification d'une soixantaine de transactions potentielles ou effectives
impliquant l'importation en Iraq d'articles à double usage soumis
à déclaration. Le mécanisme de contrôle des
importations et des exportations est en cours de réévaluation,
ce qui permettra d'éviter les difficultés liées à
la définition des articles soumis à déclaration.
54. Il y a maintenant quatre ans que la Commission spéciale
contrôle et vérifie le respect par l'Iraq de l'engagement
inconditionnel qu'il a pris de n'employer, garder, posséder, mettre
au point, construire ou acquérir aucune arme ou aucun élément
s'y rapportant dont l'interdiction est visée aux paragraphes 8 et
9 de la résolution 687 (1991). Elle a donc acquis une expérience
pratique considérable et est en mesure d'évaluer les conditions
qui seront nécessaires pour pouvoir exécuter efficacement
le mandat énoncé par le Conseil de sécurité.
Ces conditions peuvent entrer dans deux grandes catégories pareillement
importantes : d'une part, les ressources et, de l'autre, l'application
intégrale des résolutions du Conseil de sécurité,
y compris la présentation par l'Iraq d'un état complet et
définitif de tous les programmes d'armement interdits et la vérification
de leur élimination.
Ressources
55. Le plan de contrôle de la Commission porte sur
une très large gamme d'articles et de matières à double
finalité. Tout en figurant séparément dans divers
autres régimes de maîtrise des armements et de non-prolifération,
ces éléments ne se trouvent regroupés que dans le
plan de la Commission. L'énumération qui en est donnée
a été établie également à partir des
programmes d'armement interdits de l'Iraq. La liste, en particulier dans
le domaine du contrôle chimique et biologique, comprend une vaste
gamme d'articles à double capacité, dont un petit nombre
se trouve en Iraq en quantités importantes. Par exemple, l'Iraq
détient actuellement plus de 2 millions de tonnes de soufre, qui
est un produit chimique à double usage. Des articles de ce genre
existent aussi en toute légitimité un peu partout dans le
pays. Par exemple, la liste des équipements soumis à un contrôle
dans le domaine biologique inclut des pulvérisateurs, dont l'emploi
par de nombreux agriculteurs est tout à fait normal.
56. Il est prévu d'apporter éventuellement
des modifications à la description des articles et matières
aux fins d'une plus grande clarté et aussi, dans certains cas, lorsqu'il
est jugé possible, du point de vue de la sécurité,
de relever le seuil au-delà duquel les articles doivent être
déclarés. De plus, la confiance continuera à dépendre
dans une certaine mesure du niveau de vérification atteignable en
ce qui concerne l'utilisation non interdite d'articles à double
capacité. Au moment de la modification du régime des sanctions,
il est supposé que l'acquisition d'articles de ce genre augmentera
considérablement, ce qui aura un impact sur la vérification.
Par ailleurs, il faut constater que, durant les sept années écoulées
depuis l'adoption du plan de contrôle, il n'a été réalisé
aucun progrès technique qui puisse permettre d'acquérir plus
facilement qu'auparavant certains articles et matières.
57. La Commission évalue actuellement les ressources
supplémentaires qui seront nécessaires à l'avenir
pour que le système de contrôle soit efficace, notamment en
ce qui concerne le personnel, la formation, le matériel, le soutien
logistique, l'infrastructure et les bâtiments. Dans ce contexte,
il faut noter que ce sont pour le moment les gouvernements qui prennent
entièrement à leur charge une grande partie de l'appui à
la Commission. Toutefois, cette situation ne saurait être permanente.
De plus, les dispositions relatives au financement de la Commission qui
sont énoncées dans la résolution 986 (1995) et autres
résolutions sur la question ne sont que partielles et temporaires.
Le Conseil de sécurité devra donc examiner, peut-être
dans un avenir relativement proche, la mesure dans laquelle les activités
de contrôle de la Commission pourront bénéficier par
la suite d'un financement suffisant et sûr.
Application intégrale des décisions du
Conseil de sécurité
58. L'autre élément essentiel pour le succès
des opérations de contrôle est l'exécution intégrale
du mandat défini par le Conseil de sécurité. La condition
la plus importante à cet égard est que l'Iraq applique à
la lettre toutes les résolutions pertinentes, c'est-à-dire
non seulement qu'il fournisse en temps voulu des informations complètes
mais aussi qu'il permette aux équipes d'inspection d'accéder
sans condition à tous les sites et emplacements que la Commission
a désignés. Comme il est indiqué plus haut, le Gouvernement
iraquien empêche actuellement la Commission de mener à bien
ses inspections. La confiance dans le système de contrôle
diminue à mesure que cette situation se poursuit. Un régime
de vérification perdra toute crédibilité s'il est
impossible ou presque à ceux qui l'appliquent de désigner
les sites à inspecter.
59. La confiance dans l'engagement pris par l'Iraq de
coopérer avec la Commission est également entamée
par le fait que le Gouvernement iraquien n'a pas pris les mesures d'exécution
au niveau national qui sont demandées dans le plan de contrôle
et de vérification continus, et que le Conseil de sécurité
a approuvées dans sa résolution 715 (1991), afin de veiller
à ce que l'Iraq et, en particulier, ses ressortissants ne procèdent
pas de nouveau à des activités interdites.
60. Enfin, le régime de contrôle de la Commission
a été fondé sur l'hypothèse que l'Iraq appliquerait
intégralement les résolutions du Conseil de sécurité,
en particulier la section C de la résolution 687 (1991). Il était
donc supposé que l'Iraq mettrait entièrement fin à
tous ses programmes interdits et que les problèmes de désarmement
ne seraient que très rarement en cause. Au cas où ces conditions
ne seraient pas remplies, il conviendrait d'envisager un système
de contrôle beaucoup plus intrusif que celui qui existe actuellement
pour que la Commission puisse fournir au Conseil les assurances voulues.
61. Comme il a été noté à
plusieurs reprises dans de précédents rapports au Conseil
de sécurité, la Commission spéciale a sollicité
l'aide de nombreux gouvernements afin d'obtenir des données sur
les fournitures de matières et d'équipements destinés
aux programmes d'armement interdits de l'Iraq. Ces données sont
extrêmement utiles pour les activités de vérification
de la Commission. Certains gouvernements ont bien voulu aider la Commission
à cet égard, mais d'autres n'ont pas donné suite à
ses demandes.
62. Durant la période considérée,
l'Iraq a refusé à plusieurs reprises d'autoriser la Commission
spéciale à utiliser ses propres aéronefs, comme elle
en a le droit. Ainsi :
a) L'Iraq a refusé d'accepter que les avions de
transport de la Commission (L-100) utilisent régulièrement
la base aérienne de Rasheed, au lieu de la base aérienne
d'Habbaniyah, qui est située à 120 kilomètres environ
de Bagdad;
b) L'Iraq n'a pas autorisé ces mêmes appareils
à utiliser au besoin d'autres aéroports, tels que celui de
Bassorah;
c) L'Iraq a refusé d'accepter qu'une unité
d'AN-30 stationne à la base aérienne de Rasheed où
se trouve actuellement l'unité d'hélicoptères de la
Commission spéciale (voir les paragraphes 20 et 21 ci-dessus).
63. La Commission continuera de demander à exercer
ses droits afin d'améliorer ses opérations aériennes
en Iraq, compte tenu en particulier de leur importance pour un contrôle
efficace.
64. L'équipe aérienne de la Commission continue
d'inspecter des sites soumis au contrôle et d'assurer un soutien
aux équipes d'inspection au sol. Les images obtenues à partir
de l'avion de surveillance à haute altitude (U-2) de la Commission
continuent de fournir des informations importantes pour les activités
d'inspection de la Commission et de l'AIEA. La mise à disposition
d'un appareil de surveillance Mirage-IV a également permis à
la Commission de mieux contrôler le respect par l'Iraq des résolutions
du Conseil de sécurité. Les capacités de la Commission
et de l'AIEA seraient davantage renforcées si l'on pouvait disposer
d'un nouvel appareil de surveillance AN-30. Toute décision à
ce sujet a été jusqu'à présent différée
du fait que l'Iraq a refusé d'autoriser le stationnement de cet
avion à l'emplacement désigné par la Commission.
65. La Commission est reconnaissante à tous les
États qui n'ont pas cessé de lui apporter un appui matériel
pour la conduite de ses opérations. On mentionnera tout particulièrement
la contribution extrêmement généreuse de Bahreïn,
qui continue d'accueillir les bureaux extérieurs de la Commission.
Le Secrétaire général et le Directeur général
de l'AIEA ont récemment écrit au Ministre bahreïnite
des affaires étrangères pour proposer une nouvelle prorogation
de six mois -- jusqu'à la fin de mars 1999 -- de l'accord relatif
aux locaux, car ils estiment que l'apport de Bahreïn constitue un
élément essentiel pour les opérations de la Commission
et de l'AIEA.
66. L'insuffisance extrême des locaux du siège
de la Commission à New York continue de poser un problème
considérable, comme il est déjà mentionné dans
le rapport de la Commission spéciale en date du 11 avril 1997 (S/1997/301).
Il serait opportun que le Conseil de sécurité s'efforce de
régler ce problème.
67. Trois faits principaux ressortent du présent
rapport quant aux travaux effectués par la Commission en Iraq au
cours des six derniers mois : en premier lieu, la phase de désarmement
prévue par le Conseil de sécurité est sans doute près
de s'achever dans le domaine des missiles et dans celui des armes chimiques,
mais tel n'est pas le cas pour les armes biologiques; en deuxième
lieu, l'Iraq n'autorise pas la Commission à effectuer ses activités
de contrôle au niveau voulu, alors que cet aspect est essentiel pour
l'avenir; en troisième lieu, la divulgation intégrale par
l'Iraq de tous les documents et informations nécessaires demeure
l'élément indispensable pour que prenne fin le processus
de désarmement et que commencent le contrôle et la vérification
continus.
68. L'Iraq justifie sa position actuelle en soutenant
qu'il a déjà satisfait à toutes les conditions posées
par le Conseil de sécurité dans le domaine du désarmement.
Il a demandé au Conseil de confirmer immédiatement cette
allégation.
69. Poussant son argumentation, l'Iraq demande à
la Commission de lui fournir la preuve qu'il continue à détenir
des armes interdites et des capacités s'y rapportant. Il s'ensuivrait
que c'est à la Commission, et non à l'Iraq, comme l'y oblige
le Conseil de sécurité, qu'il incomberait de produire un
état complet des articles interdits. On peut alors se demander à
quoi cela servirait que la Commission remplace la déclaration de
l'Iraq par la sienne propre. Serait-il alors exigé de l'Iraq qu'il
vérifie la déclaration de la Commission?
70. Le secteur des armes biologiques est un exemple révélateur
à cet égard. Pendant la moitié des huit années
qu'ont duré les relations entre l'Iraq et la Commission spéciale,
l'Iraq a déclaré qu'il n'avait pas de programme d'armement
biologique. Lorsque cette affirmation n'a plus été soutenable,
l'Iraq a présenté une série de déclarations
qui, comme l'ont constaté à de nombreuses reprises les experts
internationaux, n'étaient ni crédibles ni vérifiables.
71. La Commission a travaillé avec l'Iraq de la
manière la plus constructive possible afin d'essayer de faire la
lumière sur le secteur des armes biologiques, notamment en suggérant
une nouvelle approche en juin de cette année. L'Iraq n'a toutefois
pas saisi cette occasion et n'a pas divulgué les informations indispensables
pour que soient menées à bien les tâches de désarmement
dans le domaine biologique.
72. Comme il est indiqué dans le présent
rapport, les questions prioritaires qu'il reste à régler
dans le domaine des missiles et des armes chimiques, tout en étant
importantes, ne sont pas nombreuses. La coopération de l'Iraq et
la divulgation de toutes les informations requises pourraient permettre
d'envisager à cet égard de passer dans un avenir relativement
proche au stade du contrôle et de la vérification à
long terme.
73. Il faut toutefois souligner que, pour qu'il en soit
ainsi, la question de l'agent de guerre chimique VX doit être réglée
de façon satisfaisante en raison de ses conséquences pour
le dossier des armes chimiques et celui des missiles. Il ne s'agit pas
seulement de l'emploi de VX en tant qu'arme, mais aussi de la question
beaucoup plus importante des relevés iraquiens de production de
cette substance. De nouveau, rien ne saurait se substituer à la
divulgation par l'Iraq de toutes les informations nécessaires --
ce qu'il n'a jamais fait.
74. Le présent rapport examine aussi les autres
obstacles majeurs aux activités de désarmement de la Commission,
à savoir que l'Iraq a effectué des opérations de destruction
unilatérale et de dissimulation et a conservé par devers
soi les documents pertinents.
75. Le Conseil de sécurité voudra peut-être
considérer, au moment opportun que cette attitude de l'Iraq risque
d'aboutir à ce que la Commission soit obligée de conclure
qu'elle n'est pas en mesure de vérifier à 100 % les dires
de l'Iraq concernant l'état ou l'élimination des armes interdites.
76. Au cas où le Conseil de sécurité
viendrait à accepter une telle conclusion, il serait encore plus
important que le système de contrôle continu fonctionne avec
efficacité et que la Commission ait pleinement accès à
tous les sites voulus. Comme il est noté dans le présent
rapport, la Commission étudie la nature du système de contrôle
continu ainsi que les moyens nécessaires à son fonctionnement.
Elle devrait demander sous peu l'avis du Conseil à ce sujet.
77. Comme il est indiqué dans le présent
rapport, la Commission spéciale est prête, selon ce que le
Conseil de sécurité pourra lui demander, à aider à
examiner sous tous ses aspects la question du respect par l'Iraq des obligations
que lui imposent les résolutions du Conseil. En ce qui concerne
son mandat relevant de la section C de la résolution 687 (1991),
la Commission pourrait dresser le bilan complet de la situation en matière
de désarmement, en indiquant le niveau de vérification atteint.
78. La Commission spéciale est reconnaissante au
Conseil de sécurité de l'attention soutenue dont il n'a cessé
de faire preuve à son égard et à celui de la tâche
qui lui a été confiée.
1. Les 23 rapports antérieurs demandés par ces résolutions sont parus sous les cotes suivantes : S/23165, S/23268, S/23801, S/24108 et Corr.1, S/24661, S/24984, S/25620, S/25977, S/26684, S/26910, S/1994/489, S/1994/750, S/1994/1138 et Corr.1, S/1994/1422 et Add.1, S/1995/284, S/1995/494, S/1995/864, S/1995/1038, S/1996/258, S/1996/848, S/1997/301, S/1997/774 et S/1998/332.