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Conseil
de sécurité
Pendant la période qui a suivi les consultations
officieuses que le Conseil de sécurité a tenues le 6 août
1998, j'ai examiné les incidences que les récentes décisions
du Gouvernement iraquien, qui figurent dans sa communication au Conseil
en date du 5 août 1998 (voir S/1998/718), auront sur les activités
de la Commission. La présente lettre a pour objet de vous informer
et d'informer, par votre intermédiaire, les membres du Conseil des
principales conclusions de cet examen. Les indications du Conseil seraient
également utiles.
Dans la communication qu'il a adressée au Conseil
le 5 août, l'Iraq a indiqué qu'il suspendait sa coopération
avec la Commission spéciale et l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) et que seules les activités de contrôle seraient
autorisées en attendant que le Conseil accède à ses
demandes.
Les deux types d'activités d'inspection entreprises
en Iraq (désarmement et contrôle) sont menées sur les
sites déclarés par l'Iraq et/ou désignés par
la Commission. Les inspections aux fins de désarmement concernent
les activités proscrites. Le contrôle vise à empêcher
la reprise de ces activités.
Cette décision de l'Iraq interrompt toutes les
activités de désarmement de la Commission et limite le droit
de celle-ci de mener les opérations de contrôle prévues
par les résolutions 687 (1991) et 715 (1991) du Conseil de sécurité
ainsi que par le plan de contrôle de la Commission, approuvé
par le Conseil.
En exigeant l'arrêt de toutes les activités
de désarmement, l'Iraq a contraint la Commission à suspendre,
dans l'ensemble du pays, ses activités qui ne peuvent pas être
menées sans la coopération de l'Iraq. Il s'agit notamment
des discussions menées aux niveaux politique et technique en vue
de résoudre les problèmes en suspens. Un certain nombre d'inspections
prévues dans les domaines des armes chimiques, des armes biologiques
et des missiles seront reportées en attendant de trouver une solution
à la situation actuelle. Les discussions et inspections susmentionnées
visaient à régler les questions de désarmement en
suspens, sans quoi la Commission ne peut affirmer que l'Iraq s'est acquitté
des obligations en matière de désarmement imposées
par le Conseil de sécurité.
L'Iraq a également restreint les activités
de contrôle de la Commission. Du fait des restrictions imposées
par les autorités iraquiennes, ces activités sont limitées
aux sites précédemment déclarés par l'Iraq
ou désignés par la Commission aux fins du contrôle.
Ainsi, la Commission n'a pas le droit d'inspecter de nouveaux sites non
déclarés, qui pourraient contenir des installations permettant
de mener des activités proscrites ou soumises au contrôle,
ce qui réduit sensiblement l'efficacité des activités
de contrôle.
Dans ces conditions, la Commission ne peut pas continuer
à donner au Conseil les mêmes assurances concernant le respect
par l'Iraq de son obligation de ne pas rétablir ses programmes d'armement
proscrits. Sur ce point, la Commission approuve pleinement les conclusions
que le Directeur général de l'AIEA a communiquées
au Conseil dans la lettre qu'il vous a adressée le 11 août
1998 (S/1998/766, annexe).
(Signé) Richard BUTLER