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Conseil
de sécurité
À la suite de l'exposé technique que j'ai
présenté au Conseil de sécurité les 3 et 4
juin 1998, je me suis rendu à Bagdad du 11 au 15 juin pour examiner
avec le Vice-Premier Ministre iraquien, M. Tariq Aziz, les questions prioritaires
qui restent à résoudre dans les divers domaines du désarmement.
Comme l'avaient suggéré plusieurs membres du Conseil, j'ai
proposé à la partie iraquienne d'engager avec la Commission
un dialogue technique, scientifique et objectif en vue de trouver ensemble
une solution aux questions du désarmement en suspens.
Les discussions ont revêtu un caractère cordial
et professionnel, qui était l'expression du nouvel esprit de coopération
qui s'est instauré entre les deux parties à la suite de la
signature du Mémorandum d'accord du 23 février 1998 entre
le Secrétaire général et le Gouvernement iraquien
(voir S/1998/208).
À l'issue de ces pourparlers, le Vice-Premier Ministre
et moi-même sommes convenus d'un programme de travail à mener
à bien par les deux parties au cours des deux prochains mois pour
essayer de résoudre la plupart des questions prioritaires dans le
domaine du désarmement.
À mon avis, si le Gouvernement iraquien coopère
pleinement, comme il s'est engagé à le faire dans le Mémorandum
d'accord entre l'Organisation des Nations Unies et l'Iraq, la Commission
devrait pouvoir résoudre les questions en suspens et commencer à
formuler des rapports sur ses travaux au titre du paragraphe 22 de la résolution
687 (1991).
Vous trouverez ci-joint un rapport sur les résultats
de ma visite à Bagdad. Je vous serais très reconnaissant
de bien vouloir porter le texte de la présente lettre et de son
annexe à l'attention des membres du Conseil de sécurité.
Je reste à votre disposition et à celle
du Conseil pour de plus amples informations, après mon retour à
New York.
(Signé) Richard BUTLER
1. Le Président exécutif de la Commission
spéciale des Nations Unies (CSNU) a séjourné à
Bagdad du 11 au 15 juin 1998. Il était accompagné du Vice-Président
exécutif, M. Charles Duelfer, et de quatre commissaires : M. Benson
Agu (Nigéria), M. Gennady Gatilov (Fédération de Russie),
M. Roberto Sanchez (Venezuela) et M. Émile Vanden Bemden (Belgique),
ainsi que d'une équipe de hauts fonctionnaires techniques et politiques
du Bureau exécutif de la Commission à New York.
2. Quatre réunions plénières et deux
réunions au niveau des experts, représentant environ 14 heures
de discussions, ont eu lieu les 13 et 14 juin. Ces pourparlers ont été
précédés d'une journée de consultations avec
le personnel résident du Centre de contrôle et de vérification
de Bagdad. La délégation iraquienne était conduite
tout au long de ces pourparlers par le Vice-Premier Ministre, M. Tariq
Aziz, qui était secondé par de nombreux collaborateurs, dont
M. Muhammad Saeed Al-Sahaf, Ministre des affaires étrangères,
le général Amer Rashid, Ministre du pétrole, le général
Amer Al Sa'adi, Conseiller à la présidence, M. Abdel Diaf
Taiwiesh, Directeur de la Société des industries militaires,
le général Hossam Amin, Chef de la Direction nationale iraquienne
du contrôle, ainsi que d'autres responsables chargés des diverses
activités liées aux programmes iraquiens interdits.
3. La visite du Président exécutif à
Bagdad faisait suite à l'exposé technique fait par la Commission
devant le Conseil de sécurité les 3 et 4 juin 1998. Après
un exposé analogue à l'intention de la partie iraquienne,
la Commission a sollicité la coopération de l'Iraq pour que
soient réunies les conditions qu'elle estime nécessaires
pour pouvoir présenter au Conseil des rapports crédibles
sur la vérification et l'adéquation des déclarations
de l'Iraq concernant ses programmes d'armes interdites.
4. À cette fin, le Président exécutif
a proposé au Vice-Premier Ministre que les discussions entre les
deux parties soient concentrées sur la liste figurant dans le document
officieux présenté au Conseil le 4 juin et intitulé
"Questions de désarmement" (voir appendice I).
5. Le Président exécutif a clairement indiqué
à la délégation iraquienne que la liste de questions
prioritaires de la Commission figurant dans ledit document énumérait
toutes les grandes questions en suspens intéressant l'achèvement
du travail de désarmement et ne recelait aucune "intention cachée".
6. Sans accepter le document de la Commission, le "road
map", le Vice-Premier Ministre a fait en sorte que les discussions de Bagdad
puissent effectivement se concentrer sur les questions de désarmement
prioritaires recensées par la Commission dans ledit document, mais
en faisant valoir que toutes n'étaient pas des questions de désarmement.
7. Au cours de ces réunions, les experts principaux
de la Commission ont fait des exposés sur l'état d'avancement
du processus de vérification concernant les questions de désarmement
prioritaires. Les experts ont exposé à la partie iraquienne
les divers problèmes rencontrés par la Commission pour établir
un bilan matériel des armes interdites ainsi que pour clarifier
des questions qui se posent à cet égard. Ces problèmes
étaient imputables, en particulier, aux destructions unilatérales
effectuées par l'Iraq. La partie iraquienne a présenté
son propre bilan de l'état d'avancement de la vérification
pour la plupart de ces questions.
8. L'on a beaucoup débattu de l'importance de certains
des sujets étudiés. Le Vice-Premier Ministre a déclaré
que la Commission s'intéressait à de nombreux sujets de peu
d'importance et sans lien avec le désarmement qui ne faisaient que
retarder la levée de l'embargo prévue au paragraphe 22 de
la résolution 687 (1991). L'Iraq avait détruit ses armes
interdites et les points de détail étaient sans importance
eu égard à l'étendue des souffrances que les sanctions
faisaient subir à l'Iraq. Le Président exécutif a
fait remarquer que le travail de la Commission avait été
à la fois prolongé et grandement compliqué depuis
1991 à cause des déclarations inexactes de l'Iraq, des destructions
unilatérales et des politiques et actes de dissimulation. Souvent,
les preuves matérielles ou écrites directes faisaient défaut.
De ce fait, pour s'acquitter de l'obligation qui lui incombe de vérifier
les déclarations de l'Iraq, la Commission avait dû recourir
à des méthodes moins directes.
9. Les experts de la Commission ont souligné combien
était particulièrement importantes les mesures visant à
vérifier la quantité totale d'armes interdites produites
par l'Iraq. La Commission était certes parvenue à vérifier
la destruction d'armes connues mais elle devait pouvoir vérifier
les quantités totales qui avaient été produites. Dans
un certain nombre de cas, il s'était avéré nécessaire
d'enquêter sur des points de détail pour bien s'assurer que
l'on appréhendait la réalité dans sa totalité.
Comme il avait été indiqué au Conseil les 3 et 4 juin,
la Commission avait constaté que certains éléments
des déclarations iraquiennes n'étaient pas corrects.
10. Dans le domaine des missiles, les discussions ont
essentiellement porté sur : l'inventaire des ogives de missile,
en particulier les résultats des travaux d'excavation et d'analyse
en laboratoire des restes d'ogives; la production locale de composants
pour missile; et l'inventaire des charges propulsives pour missiles. La
Commission a souligné combien il importait de disposer des documents
qui aideraient à résoudre les questions en suspens dans le
domaine des missiles.
11. Les préoccupations de la Commission concernant
la vérification de ces questions ont été examinées.
S'agissant des charges propulsives, le Vice-Premier Ministre a déclaré
que la question n'était pas essentielle pour le processus de désarmement,
qu'elle pouvait être réglée dans le cadre du processus
de contrôle continu par la Commission et que l'Iraq n'accepterait
pas qu'elle figure dans un programme de travail en cours quel qu'il soit.
12. Concernant l'inventaire de la production locale iraquienne
de missiles, et de leurs principaux composants, l'Iraq a réitéré
sa position, à savoir qu'il n'avait pas tout à fait acquis
la capacité de produire, localement, des moteurs et des gyroscopes
pour des missiles interdits. Il n'était donc pas nécessaire
de procéder à un inventaire complet de ces composants. La
Commission, de son côté, a fait valoir que cet inventaire
était nécessaire en raison des grandes incertitudes qui entourent
ce programme, notamment l'absence de preuves physiques et vérifiables
de la destruction desdits composants.
13. Dans le domaine des armes chimiques, les discussions
ont essentiellement porté sur l'inventaire des munitions chimiques
spéciales et le bilan physique du matériel nécessaire
à la production d'agents pour la guerre chimique. Les experts de
la Commission ont présenté quelques mesures pratiques propres
à régler ces questions, notamment la fourniture par l'Iraq
de renseignements et de documents supplémentaires. Les deux parties
sont convenues que des progrès rapides devraient être réalisés
sur ces questions.
14. Au cours des discussions, la Commission a présenté
les résultats préliminaires de l'analyse chimique de certains
restes d'ogives spéciales de missile découverts par excavation.
La partie iraquienne a rejeté ces résultats. Les deux parties
sont convenues de procéder à de nouvelles discussions sur
cette question.
15. Bien qu'au fait des préoccupations de la Commission,
l'Iraq a refusé de s'engager à prendre de nouvelles mesures
pour que soit mieux connue l'ampleur de ses efforts de production de l'agent
chimique VX. L'Iraq a déclaré que le sujet était clos
et qu'il était tout au plus disposé à discuter des
éléments de preuve dont la Commission disposerait à
propos de déclarations inexactes concernant le VX. La Commission
a souligné que cette importante question de désarmement devait
être totalement éclaircie et que de nouveaux efforts s'imposaient
en matière de vérification.
16. Dans le domaine des armes biologiques, les experts
de la Commission ont présenté un rapport intérimaire
sur la vérification des déclarations iraquiennes. Une importance
particulière a été accordée aux problèmes
créés par l'absence de preuves physiques ou vérifiables
pour la plupart des aspects du programme d'armes biologiques. L'Iraq a
déclaré qu'il avait déjà présenté
toutes les preuves dont il disposait et qu'aucun renseignement ou document
supplémentaire ne serait fourni à la Commission.
17. L'Iraq a de nouveau déclaré que le programme
d'armes biologiques avait été réduit à néant.
Il a déclaré également qu'il ne réviserait
pas l'état définitif et complet présenté à
ce sujet. La Commission a proposé de changer de méthode et
de se concentrer sur l'aspect munitions du programme. L'Iraq a demandé
une réunion à Bagdad avec les experts de la Commission et
d'autres experts recrutés au plan international pour revoir la totalité
de l'état. L'Iraq a en outre demandé que cette réunion
se poursuive jusqu'à ce que les problèmes en suspens soient
réglés. La Commission a accepté la tenue de cette
réunion, ainsi que le recours à des experts internationaux
qui seraient choisis parmi ceux qui étaient présents à
la réunion d'évaluation technique des armes biologiques à
Vienne. La durée de la réunion serait laissée à
l'appréciation de la personne qui dirigerait les débats.
18. Le Président exécutif a ausi abordé
un certain nombre d'autres sujets importants. Il a informé le Vice-Premier
Ministre qu'un surcroît de surveillance aérienne était
envisagé par la France. Des discussions en vue d'accroître
les capacités dans ce domaine étaient en cours avec la Fédération
de Russie, qui fournirait un nouvel aéronef, si les dispositions
voulues pour le stationnement de cet appareil recevaient l'assentiment
de l'Iraq. La Commission a proposé que l'aéronef russe et
son équipage soient basés à l'aéroport Rasheed,
à l'extérieur de Bagdad, où l'unité héliportée
chilienne de la Commission était actuellement basée. Ceci
faciliterait la coordination et la logistique des divers moyens aériens
de la Commission.
19. Le Vice-Premier Ministre est convenu que l'Iraq rencontrerait
les experts de la Fédération de Russie et de la Commission
pour examiner la question plus avant. Tout en se félicitant de la
fourniture d'appareils par la Russie et la France, le Vice-Premier Ministre
a exigé que la Commission cesse d'utiliser l'appareil de surveillance
aérienne U-2 en raison de la politique hostile à l'égard
de l'Iraq du gouvernement qui fournit cet aéronef, à savoir
les États-Unis d'Amérique. Le Directeur exécutif a
rappelé au Vice-Premier Ministre qu'à sa session d'urgence
du 21 novembre 1997, la Commission spéciale avait noté que
des moyens accrus de surveillance aérienne, par des appareils supplémentaires
pouvaient améliorer l'efficacité du travail de la Commission.
Les appareils russes et français étaient donc censés
compléter l'U-2. Il a indiqué qu'il étudierait la
demande du Vice-Premier Ministre mais que sa décision sur le sujet
serait avant tout fonction des besoins opérationnels de la Commission
en matière de désarmement et de surveillance.
20. En ce qui concerne le contrôle dans le domaine
des missiles, le Président exécutif a réitéré
la grave préoccupation de la Commission devant l'emploi par l'Iraq
de certains composants essentiels prélevés sur des missiles
sol-air (VOLGA) et leur modification en vue de leur utilisation dans des
systèmes de missiles de faible portée. Ces modifications
pourraient en effet permettre à l'Iraq de transformer les missiles
VOLGA en engins sol-sol interdits.
21. Le Vice-Premier Ministre a souligné qu'à
cause des sanctions, l'Iraq devait tirer le meilleur parti possible des
ressources limitées dont il disposait pour sa défense nationale
et que tous les systèmes de missiles en Iraq étaient assujettis
au contrôle de la Commission, ce qui permettrait à celle-ci
de détecter toute modification interdite d'un missile.
22. Le Directeur exécutif a pris note de cette
position mais a réitéré que, dans le cadre du plan
de contrôle continu adopté par le Conseil dans sa résolution
715 (1991), la Commission ne permettrait ni l'emploi ni la modification
de certains composants pour la mise au point de missiles non interdits.
Le Vice-Premier Ministre n'a pas accepté la position de la Commission.
23. À l'issue des pourparlers, le Vice-Premier
Ministre et le Président exécutif ont convenu pour les deux
mois à venir d'un calendrier de travail sur certaines questions
de désarmement non réglées (voir appendice II). Plusieurs
réunions se tiendraient à Bagdad entre les experts iraquiens
et la Commission dans le but d'en régler certaines. L'Iraq a exigé
en particulier que des experts de Chine, de Fédération de
Russie et de France participent à ces réunions avec les experts
de la Commission et d'autres experts internationaux en vue d'examiner la
déclaration sur les armes biologiques et de contrôler l'analyse
chimique des ogives spéciales. Les deux parties procéderaient
à d'autres analyses de laboratoire et excavations, et comptabiliseraient
les armes interdites.
24. Les résultats des travaux menés selon
ce calendrier seraient évalués par le Vice-Premier Ministre
et le Président exécutif durant la série suivante
de pourparlers, qui se déroulerait à Bagdad durant la deuxième
semaine d'août 1998. En fonction de l'issue de ces pourparlers, les
deux parties pourraient convenir de la suite des travaux avant la présentation
du rapport semestriel de la Commission au Conseil en octobre 1998.
25. Le Président exécutif a fait valoir
au Vice-Premier Ministre que ce serait directement en fonction des progrès
concrets concernant les questions prioritaires de désarmement que
la Commission serait ou non en mesure de présenter un rapport favorable
au Conseil de sécurité en application du paragraphe 22 de
la résolution 687 (1991). Le Président exécutif a
insisté auprès du Vice-Premier Ministre sur le fait qu'il
serait fondamental à cet égard que l'Iraq communique les
documents demandés par la Commission relatifs aux problèmes
prioritaires. La Commission y voit un point crucial, l'Iraq ayant affirmé
ne plus détenir aucun autre élément physique ou vérifiable
de preuve à l'appui de ses déclarations selon lesquelles
il ne conserverait plus ni armes, ni composants ni équipements prohibés.
26. Dans pratiquement tous les cas, l'Iraq a continué
à affirmer qu'aucun document pertinent n'était disponible.
Dans quelques cas limités, il vérifierait à nouveau
s'il pouvait s'en trouver. Dans un cas, il a refusé de communiquer
des documents qu'il avait reconnu détenir (montrés une fois
à la Commission) en donnant comme motif qu'il avait lui-même
établi que les informations qu'ils renfermaient étaient sans
rapport avec les activités de la Commission.
27. Le calendrier de travail comporte certes la plupart
des problèmes prioritaires énumérés par la
Commission dans sa communication orale et son rapport d'avril 1998 au Conseil
(S/1998/332), mais l'Iraq a refusé d'y inscrire certains des problèmes
prioritaires relevés par la Commission. Il s'agissait notamment
de l'ampleur de la production iraquienne d'agent VX, de la comptabilisation
des propergols de missiles interdits, et de la reconstitution claire des
opérations de dissimulation menées par l'Iraq et des politiques
appliquées à cet égard. S'agissant de la comptabilisation
des propergols destinés aux missiles interdits de type Scud, la
Commission a indiqué qu'elle n'acceptait pas les affirmations iraquiennes,
et qu'elle continuerait à enquêter sur la question parallèlement
aux activités inscrites au calendrier de travail convenu. Il en
allait de même pour les problèmes de vérification posés
par l'agent VX.
28. Durant les pourparlers, le Président exécutif
a évoqué les opérations et les politiques de dissimulation
menées par l'Iraq, et les conséquences pour la vérification
et le contrôle. Il a souligné que la Commission jugeait une
enquête exhaustive sur ce point indispensable avant de pouvoir dire
au Conseil sans trop craindre de se tromper que tous les programmes d'armement
iraquiens interdits avaient été éliminés, supprimés
ou neutralisés.
29. Le Président exécutif a proposé
au Vice-Premier Ministre de tenir une réunion spéciale pour
évoquer en particulier les événements qui avaient
porté la Commission à s'inquiéter d'éventuelles
opérations iraquiennes de dissimulation. Le Vice-Premier Ministre
n'a pas accepté la proposition, préférant se concentrer
sur le calendrier des travaux consacrés aux autres questions de
désarmement non réglées, pour n'évoquer qu'ensuite
la question de la dissimulation. Le Président exécutif a
déclaré que la Commission devrait continuer à enquêter
sur la manière dont l'Iraq s'était comporté (décision
de conserver des matières interdites et la documentation correspondante)
afin de contrôler que ce comportement avait effectivement pris fin.
30. Le Président exécutif a rappelé au Vice-Premier Ministre que tout en exécutant les travaux inscrits au calendrier, la Commission mènerait ses autres activités et se pencherait sur tous les problèmes qu'elle jugeait avoir à étudier pour accomplir son mandat. Le Vice-Premier Ministre a déclaré que l'Iraq coopérerait avec la Commission.
On trouvera énumérées ci-après
des tâches qu'il est indispensable d'accomplir et des informations
qu'il est impératif de contrôler pour que la Commission puisse
déclarer dans le rapport prévu au paragraphe 22 de la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité qu'à son avis, l'Iraq
a mené à bien les activités de désarmement
prévues dans ladite résolution. Pour cela, il faudra que
l'Iraq s'acquitte intégralement de ses obligations s'agissant d'ouvrir
l'accès à toutes les matières, documentations et informations
nécessaires.
Pour pouvoir établir un tel rapport, il faudra
aussi que la Commission puisse conclure que la dissimulation par l'Iraq
de programmes interdits a pris fin.
Missiles
Ogives
-- Achèvement des balances-matières concernant
les ogives
-- Mise en oeuvre des recommandations issues de la réunion
d'évaluation technique consacrée aux missiles
-- Communication de la documentation demandée dans
les lettres de la Commission en date du 4 novembre 1996 et du 1er août
1997
Propergols
-- Communication du compte rendu de destruction unilatérale
des propergols
-- Divulgation complète des activités de
destruction unilatérale de propergols
Fabrication sur place
-- Établissement des balances-matières des
principaux composants
-- Communication de la documentation d'appui, notamment
des états de production mensuelle
Contrôle et évaluation des points ci-dessus
par la Commission
Armes chimiques
Comptabilisation des ogives spéciales
-- Communication des documents et éclaircissements
sur la production, le remplissage et le déploiement des ogives
Balances-matières des munitions spéciales
-- Communication d'éléments de preuve vérifiables
sur le sort des munitions dont il n'a pas été rendu compte,
notamment les obus de 155 mm à gaz moutarde et les bombes aériennes
chimiques/biologiques R-400
Ampleur des tentatives iraquiennes de production d'agent
de guerre chimique VX
-- Mise en oeuvre des recommandations issues de la réunion
d'évaluation technique
-- Communication de documents et d'éléments
de preuve vérifiables à l'appui des déclarations iraquiennes
Balances-matières des équipements de fabrication
d'armes chimiques
-- Communication d'informations sur l'utilisation et l'état
des équipements évacués des usines de fabrication
d'armes chimiques avant l'adoption de la résolution 687 (1991) du
Conseil de sécurité
Contrôle et évaluation des points ci-dessus
par la Commission
Armes biologiques
Balances-matières
Concernant l'acquisition et la fabrication
-- De matières et d'équipements
-- D'agents
-- De munitions
Concernant la destruction
-- De matières et d'équipements
-- D'agents
-- De munitions
Autres mesures nécessaires
-- Communication des informations et des éléments
définis par la réunion d'évaluation technique
Contrôle et évaluation des points ci-dessus par la Commission
Le 14 juin 1998
Missiles
Ogives
1. Achèvement du contrôle des balances-matières
concernant les ogives :
a) Achèvement de l'étude des ogives et des
travaux d'excavation sur les sites de destruction par l'Iraq, avant le
18 ou le 21 juin;
b) Classement des débris d'ogives et collecte de
données par l'équipe d'évaluation de la Commission
en Iraq (18 au 24 juin);
c) Achèvement de l'analyse par la Commission des
44 échantillons d'ogives enlevés d'Iraq, avant le 19 juin,
et communication des résultats à l'Iraq avant le 22 juin.
2. Contrôle de la mise en oeuvre des éventuelles
recommandations restantes de la réunion d'évaluation technique
concernant les ogives entre le 18 et le 24 juin, et accord sur toutes mesures
supplémentaires à prendre par l'Iraq, dans les deux semaines.
3. Réunion entre l'Iraq et la CSNU sur la question
des ogives, si nécessaire (fin juillet à Bagdad).
Fabrication sur place
Réunion d'experts des deux parties (mi-juillet
à Bagdad), pour examiner la situation concernant la fabrication
sur place (réacteurs, gyroscopes, ogives), les balances-matières
et la destruction unilatérale.
Armes chimiques
1. Prélèvement par la Commission d'échantillons
supplémentaires (échantillons pédologiques, débris
d'ogives) sur les sites de destruction -- le plus tôt possible.
2. Réunion d'experts (première semaine de
juillet à Bagdad) consacrée
-- Aux résultats disponibles de l'analyse chimique
des échantillons de débris d'ogives;
-- Aux résultats de l'analyse chimique des échantillons
prélevés sur le site de déversement d'agent VX (y
compris stabilisateurs) de Muthanna. Ces résultats seront communiqués
à l'Iraq avant le 23 juin.
3. Balances-matières des munitions spéciales
Obus de 155 mm à gaz moutarde
a) Éclaircissements à fournir par l'Iraq
avant le 21 juillet sur les sites où des obus de 155 mm à
gaz moutarde ont été perdus pendant la guerre. L'Iraq préviendra
la Commission deux semaines à l'avance au cas où il lui demanderait
de déployer des équipements d'étude et de vérification.
b) Réunion d'experts sur la comptabilisation des
obus de 155 mm (dernière semaine de juillet à Bagdad).
Bombes aériennes R-400
Présentation par l'Iraq de documents rendant compte
des bombes aériennes classiques BRIP 400 (empennage) -- première
semaine de juillet.
4. Balances-matières des équipements de
fabrication des armes chimiques
Éclaircissements à fournir par l'Iraq (dans
les deux à trois semaines) sur le mouvement des conteneurs d'expédition
de verrerie chargés d'équipements de fabrication d'armes
chimiques.
Armes biologiques
Réunion d'experts Iraq-CSNU sur le dossier des
armes biologiques (à partir du 11 juillet, à Bagdad).