| Nations Unies | S |
Conseil
de sécurité
Conformément au paragraphe 4 c) du Mémorandum
d'accord du 23 février 1998 entre l'Organisation des Nations Unies
et le Gouvernement iraquien (voir S/1998/166) et au paragraphe 18 des procédures
établies en application dudit paragraphe (voir S/1998/208 du 9 mars
1998), j'ai l'honneur de vous faire tenir ci-joint le rapport du Groupe
spécial sur les visites des sites présidentiels qu'il a effectuées
entre le 26 mars et le 22 avril 1998.
(Signé) Kofi A. ANNAN
Conformément au paragraphe 4 c) du Mémorandum
d'accord entre l'Organisation des Nations Unies et la République
d'Iraq et au paragraphe 18 des procédures, je vous fais tenir ci-joint
mon rapport, pour transmission au Secrétaire général
(voir pièce jointe).
Le Chef du Groupe spécial,
Secrétaire général adjoint
aux affaires de désarmement
(Signé) Jayantha DHANAPALA
1. Le Groupe spécial créé conformément
au paragraphe 4 du Mémorandum d'accord du 23 février 1998
entre l'Organisation des Nations Unies et la République d'Iraq a
effectué, du 26 mars au 2 avril 1998, une série de visites
initiales des huit sites présidentiels énumérés
dans l'annexe au Mémorandum. Les membres du Groupe spécial
sont arrivés à Bagdad les 24 et 25 mars et en sont repartis
le 4 avril.
2. Le Groupe spécial se composait des 20 diplomates
de haut rang mentionnés à l'appendice I, choisis par le Secrétaire
général parmi ceux dont les noms avaient été
proposés par les gouvernements sollicités. Le reste du Groupe
était constitué des experts de la Commission spéciale
des Nations Unies et de l'Agence internationale de l'énergie atomique
(AIEA) dont le nom figure à l'appendice II. Leurs activités
et leurs conclusions sont récapitulées dans le rapport de
synthèse du Chef de l'Équipe d'experts, qui est reproduit
à l'appendice III. Le Secrétaire général a
nommé le Secrétaire général adjoint aux affaires
de désarmement, M. Jayantha Dhanapala, Commissaire et Chef du Groupe
spécial. M. Charles Duelfer, Président exécutif adjoint
de la Commission spéciale a été désigné
Chef de l'Équipe d'experts. Le 25 mars, la notification officielle
visée au paragraphe 15 des procédures a été
adressée par le Chef du Groupe spécial à M. Riyadh
Al-Qaysi, Sous-Secrétaire aux affaires étrangères,
au Ministère iraquien des affaires étrangères. Dès
réception, le Vice-Premier Ministre, M. Tariq Aziz, a invité
le Chef du Groupe spécial à examiner les procédures
à suivre pour les visites et les facilités devant être
fournies par les autorités iraquiennes.
3. Le Groupe spécial s'est conformé au Mémorandum
d'accord et aux procédures établies pour sa tâche.
L'Équipe d'experts s'est généralement subdivisée
en sous-équipes -- trois sous-équipes sectorielles, une sous-équipe
chargée de la sécurité extérieure et des sous-équipes
spécialisées. Les diplomates se sont répartis en conséquence,
de façon à pouvoir observer constamment le comportement des
experts et de leurs interlocuteurs iraquiens, qu'ils ont notamment accompagnés
lors de déplacements en hélicoptère effectués
pour les visites. Leurs observations sont consignées dans le rapport
joint.
4. Le Groupe spécial a visité les secteurs
sud et sud-est de ce site le 26 mars, et le secteur nord le 27. Au cours
de ces visites, les diplomates ont constaté que les autorités
iraquiennes considéraient que a) la prise de photographies aériennes
générales à partir de l'hélicoptère
au lieu de la prise de clichés portant sur des situations précises
et b) l'utilisation du système de positionnement universel (GPS)
soulevaient des problèmes de sécurité nationale. À
l'issue de négociations menées sur le site, le Chef de l'Équipe
d'experts a souligné que le droit de prendre des photographies aériennes
générales était reconnu à la Commission spéciale
par des résolutions du Conseil de sécurité [notamment
la résolution 707 (1991)] et les autorités iraquiennes ont
finalement accepté, à titre exceptionnel, qu'il soit procédé
à des prises de vues pendant une durée raisonnable. En ce
qui concerne l'utilisation de matériel GPS, un compromis a aussi
été trouvé également à titre exceptionnel,
eu égard aux préoccupations iraquiennes et dans un esprit
de coopération, étant entendu qu'il ne s'appliquerait qu'aux
visites initiales des sites présidentiels et ne constituerait pas
un précédent pour les visites ultérieures, la Commission
spéciale maintenant que le matériel GPS fait partie du matériel
standard qu'elle a le droit d'utiliser. Les dessins et croquis des bâtiments
demandés par la Commission spéciale dans le cadre de l'établissement
du "levé de base" a également soulevé des objections
pour des raisons de sécurité nationale. Ce problème
a également pu être réglé de manière
satisfaisante.
5. Les experts ont pu sans difficulté prélever
des échantillons du sol et utiliser divers matériels. L'hélicoptère
a pu finir de prendre tous les clichés requis. En ce qui concerne
le levé de base effectué par les experts, des écarts
sont apparus entre les résultats du levé réalisé
antérieurement et la réalité du terrain, mais après
discussion les différences ont été élucidées.
L'hélicoptère utilisé par la Commission spéciale
a pu se poser à l'intérieur du site présidentiel de
Radwaniyah pour permettre au diplomate se trouvant à bord, à
l'Ambassadeur Antonio Monteiro du Portugal, de consulter le Chef du Groupe
spécial, qui a également pu procéder à une
observation aérienne du site.
6. Le 28 mars, le Groupe spécial s'est rendu par
la route au site présidentiel de Tikrit qu'il a atteint en plus
de trois heures et qu'il a visité le jour même. La question
des ajustements nécessités en rapport avec le levé
du périmètre a été soulevée et réglée
au tout début de la visite, signe que les leçons des visites
antérieures avaient été tirées. On a ainsi
gagné beaucoup de temps. La prise de vues aériennes n'a pas
soulevé de difficultés, pas plus que l'utilisation de matériel
GPS. La prise de photographies sur le site, à l'endroit du prélèvement
d'un échantillon du sol, a d'abord soulevé des objections,
mais des arrangements acceptables ont pu être trouvés après
discussion.
7. Le Groupe spécial a passé la nuit du
28 mars dans un hôtel de Mossoul et a visité le site présidentiel
de cette ville le 29 mars. Les dispositions qui avaient été
prises ont été dérangées par la pluie. En raison
du mauvais temps, les clichés aériens se sont révélés
médiocres et les autorités iraquiennes ont accepté
qu'un hélicoptère de la Commission spéciale ayant
à son bord un diplomate de haut rang survole à nouveau le
site le vendredi 3 avril. La Commission spéciale avait demandé
à rencontrer le responsable du site le jour de la visite mais cela
n'a pas été possible. Une nouvelle visite a donc été
organisée le 31 mars pour que les fonctionnaires compétents
puissent discuter du plan du site avec les experts de la Commission spéciale.
Cette visite n'a soulevé aucun autre problème majeur.
8. Le Groupe spécial s'est rendu sur ce site tout
de suite après avoir quitté Mossoul et l'a visité
l'après-midi du 29 mars. Les experts de la Commission spéciale
ont demandé que l'hélicoptère se pose sur le site,
mais les autorités iraquiennes ont proposé qu'il atterrisse
juste en dehors. L'examen détaillé des installations souterraines
d'évacuation des eaux pluviales a pu être effectué
sans difficultés. La visite a duré environ trois heures et
le Groupe spécial est rentré à Bagdad tard dans la
nuit du 29 mars. La visite de ce site a été conduite par
un nombre réduit d'experts et de diplomates, l'Équipe devant
se rendre à Bassorah étant partie pour Bagdad une fois la
visite de Mossoul terminée. Une nouvelle visite a été
organisée le 31 mars, pour examiner en présence d'un diplomate
de haut rang le plan du système de chauffage et de climatisation
du site.
9. Une grande partie du Groupe spécial a visité
ce site le 30 mars. Des photographies aériennes ont été
prises. Le relevé du périmètre a soulevé une
question qui a pu être réglée de manière satisfaisante,
les autorités iraquiennes ayant proposé d'éloigner
les batteries de défense anti-aérienne pour éviter
ultérieurement tout risque de confusion. Les responsables de la
gestion technique du site se tenaient à la disposition du Groupe
pour lui fournir des renseignements.
10. Trois diplomates de haut rang et 21 experts de la
Commission spéciale et de l'AIEA se sont rendus par la route à
Bassorah, ce qui a pris six heures, et ont visité le site présidentiel
le 30 mars. Ils ont passé la nuit à Bassorah et sont rentrés
à Bagdad le 31. Le Chef du Groupe spécial était à
bord de l'hélicoptère avec les experts. Les experts de la
Commission spéciale ont officiellement demandé à se
poser sur le site mais les autorités iraquiennes n'ont pas accepté,
invoquant la nature spéciale du site et la dignité nationale.
L'hélicoptère s'est donc posé tout près et
un véhicule a été mis à la disposition du Chef
du Groupe spécial, qui a retrouvé les experts et les diplomates
sur le site.
11. Le Palais de la République situé à
Bagdad a été visité les 1er et 2 avril. Outre le Vice-Premier
Ministre, le Ministre du pétrole et le secrétaire du Président,
qui sont régulièrement présents sur tous les sites,
cette visite s'est effectuée en la présence du Ministre des
affaires étrangères et du Ministre de l'information. Le levé
aérien réalisé par hélicoptère avait
été reporté au 2 avril; ce jour-là l'hélicoptère,
qui avait à son bord deux diplomates, a survolé le site pendant
45 minutes et des photographies aériennes ont été
prises. Les autorités iraquiennes se sont déclarées
préoccupées par le survol de zones fortement peuplées,
ce qui avait été évité jusqu'alors, estimant
qu'il n'était peut-être pas indispensable de prendre d'autres
photographies aériennes dans la mesure où l'on disposait
des prises de vues de l'U2. Elles ont néanmoins accepté finalement
que ce vol soit maintenu tout en soulignant que cela ne devait pas faire
précédent. Les experts ont effectué ce qu'ils considéraient
comme un levé de base du site avec la coopération des autorités
iraquiennes. La question de l'entrée dans les quartiers réservés
aux familles du personnel du Palais et diverses autres questions ont été
rapidement réglées soit directement sur le terrain soit grâce
à l'intervention de plus hautes autorités. Les différences
constatées entre le précédent levé et la réalité
du terrain ont été élucidées à l'aide
de matériel GPS. Les documents qui se trouvaient sur le site ont
fait, sans aucun problème, l'objet de contrôles par sondage.
Des vérifications sur place des ordinateurs ont été
effectuées avec la coopération des autorités iraquiennes.
12. Ce site qui se trouve également à Bagdad
a été visité les 1er et 2 avril, visite qui s'est
effectuée sans problème avec la coopération des autorités
iraquiennes. Le désaccord initial entre la Commission spéciale
et les autorités iraquiennes quant au périmètre du
site a été réglé à l'aide de matériel
GPS. Dans un cas isolé, la présentation d'un dossier que
l'on avait demandé à consulter s'est fait attendre.
13. D'une manière générale, les diplomates
de haut rang ont constaté que les relations entre la Commission
spéciale et les experts de l'AIEA, d'une part, et leurs interlocuteurs
iraquiens, d'autre part, étaient correctes et que les deux parties
se comportaient avec le professionnalisme et la réserve souhaitables.
Assez souvent les uns et les autres travaillaient ensemble depuis longtemps
et avaient appris à s'estimer. Pour ce qui concerne les fonctionnaires
iraquiens d'un niveau inférieur qui, pour la première fois,
se trouvaient en présence des experts de la Commission spéciale
et de l'AIEA, une réserve compréhensible s'était parfois
traduite par une certaine réticence à coopérer jusqu'à
ce que des ordres précis parviennent des autorités supérieures,
ordres qui ont toujours été donnés en temps utile.
Il a pu arriver que les différences culturelles et des difficultés
de communication entraînent des malentendus, malentendus qui ont
été prestement réglés, souvent grâce
aux bons offices des diplomates de haut rang. La pertinence des questions
posées par les experts de la Commission spéciale et de l'AIEA
au regard des objectifs fixés par les résolutions du Conseil
de sécurité n'était pas toujours perçue de
la même façon et les officiels iraquiens ont fait de temps
à autre objection à certaines de ces questions.
14. La présence régulière de hauts
fonctionnaires iraquiens sur les sites présidentiels témoignait
du sérieux que le Gouvernement iraquien apportait à la mise
en oeuvre du Mémorandum d'accord. Le processus de prise de décisions
s'en est trouvé facilité. Le Vice-Premier Ministre, M. Tariq
Aziz, le Ministre du pétrole, le général Amir Muhammed
Rashid Al-Ubeidi et le secrétaire du Président, M. Abed Hamid
Mohmood, étaient présents sur la plupart des sites, ainsi
que le général Hussam Amin, Directeur de l'Office national
de contrôle. Outre ceux-ci, étaient également présents
lors de la visite du site présidentiel du Palais de la République
à Bagdad le Ministre des affaires étrangères, M. Mohammed
Saaed Al-Sahaf, et le Ministre de l'information, M. Humam Abdul-Khaliq.
15. Aux termes du paragraphe 3 du Mémorandum d'accord,
le Gouvernement iraquien s'est engagé à accorder "immédiatement,
inconditionnellement et sans restrictions à la Commission spéciale
des Nations Unies et à l'AIEA les facilités d'accès
prévues" par les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité
tandis que la Commission spéciale "s'engageait à respecter
les préoccupations légitimes de l'Iraq concernant sa sécurité,
sa souveraineté et sa dignité nationale". Dès qu'ont
commencé les visites des sites présidentiels et régulièrement
par la suite, les autorités iraquiennes ont fait part de leurs préoccupations
concernant la sécurité nationale, se référant
aux modalités d'inspection des sites sensibles, de juin 1996, modalités
qui, selon l'Iraq, avaient été convenues entre le Gouvernement
iraquien et la Commission spéciale, arguant que les sites présidentiels
devaient être considérés comme particulièrement
sensibles et faire l'objet de modalités d'inspection spéciales.
On invoquait en particulier des raisons de sécurité nationale
pour faire objection au survol par des hélicoptères des zones
fortement peuplées aux abords des sites présidentiels, à
la pratique générale de la photographie aérienne de
ces sites, aux facilités d'accès sans restriction aucune
aux documents de l'État, à l'examen des ordinateurs, à
l'utilisation de matériel GPS et à l'établissement
de croquis et plans détaillés des bâtiments. La Commission
spéciale a insisté, pour sa part, sur le fait que son autorité
découlait strictement des résolutions du Conseil de sécurité
et qu'aucune des activités qui soulevaient des objections n'était
spécifiquement exclue des procédures qui avaient été
arrêtées pour l'application du Mémorandum d'accord
le 23 février 1998. En dépit de cette divergence d'opinions
entre les deux parties, on a constaté que sur le plan pratique des
dispositions étaient prises au cas par cas pour que les visites
initiales des sites présidentiels puissent se poursuivre. On ne
sait pas exactement si ces dispositions vaudront pareillement pour les
visites ultérieures.
16. Les autorités iraquiennes, soucieuses de préserver
la dignité et la souveraineté nationales eu égard
au caractère particulier des sites présidentiels ont fait
objection à l'atterrissage sur ces sites des hélicoptères
de la Commission spéciale et à l'entrée dans les bureaux
et les quartiers réservés aux dirigeants iraquiens. Les experts
de la Commission spéciale et de l'AIEA ont d'une manière
générale fait droit à ces préoccupations, mais
la Commission spéciale s'est réservée le droit de
faire atterrir ses hélicoptères sur les sites.
17. Il est arrivé, lors des visites des sites présidentiels,
que les experts de la Commission spéciale et de l'AIEA aient eu
des difficultés à pénétrer dans certains bâtiments
du fait de la présence d'un trop grand nombre de représentants
des autorités iraquiennes. Il a donc été nécessaire
dans certains cas de demander que le nombre des représentants iraquiens
accompagnant les experts de la Commission spéciale et de l'AIEA
et les diplomates de haut rang soit restreint, en particulier dans les
endroits où l'espace manquait.
18. Au paragraphe 17 des procédures, il est prévu
que les observations des représentants iraquiens seront prises en
considération dans la mesure où l'accomplissement de la tâche
confiée à l'Équipe d'experts ne s'en trouve pas compromis.
Les diplomates de haut rang ont constaté que cette disposition était
respectée, précisant qu'eux-mêmes étaient toujours
prêts à entendre les observations des autorités iraquiennes.
Dans un cas précis, ils ont, à la demande de ces dernières,
assisté au Ministère des affaires étrangères
à une séance d'information organisée par le Ministre
du pétrole.
19. Il a été noté que les autorités
iraquiennes avaient volontiers accepté le renouvellement de visites
dans certains des sites présidentiels, renouvellement nécessité
par les conditions atmosphériques ou le besoin pour les experts
de la Commission spéciale et de l'AIEA d'éclaircir certains
points.
20. Les diplomates de haut rang étaient présents
sur tous les sites présidentiels où ils ont pu observer la
façon dont les experts de la Commission spéciale et de l'AIEA
s'acquittaient de leurs tâches, même lorsque ceux-ci se subdivisaient
en sous-équipes. Il est arrivé, exceptionnellement, qu'ils
n'aient pas pu se rendre sur ces sites, par suite de difficultés
de transport. L'attention du chef du Groupe spécial ayant été
attirée sur ce fait, des dispositions ont été prises
immédiatement pour que cela ne se reproduise plus.
21. Il est aussi arrivé parfois que, lors des visites
des sites présidentiels, les experts aient dû patienter parce
que des clefs manquaient, encore que fort souvent, les autorités
iraquiennes se soient montrées disposées à enfoncer
les portes, y compris des portes blindées, afin de leur donner accès
aux locaux. Les Iraquiens ont pu aussi quelquefois manifester une certaine
irritation devant le renouvellement des visites en un même endroit,
ce qui est dû à une incompréhension des différentes
tâches qu'effectuaient les diverses équipes d'experts.
22. Les autorités iraquiennes se sont déclarées
très préoccupées de la confidentialité de l'information
réunie par les experts de la Commission spéciale et de l'AIEA,
qui, de leur côté, ont réaffirmé à leur
intention que cette information était en toute sécurité
entre les mains de la Commission spéciale.
23. La série des visites initiales des huit sites
présidentiels devait, c'était là l'objectif déclaré
de la Commission spéciale, aboutir à l'établissement
d'un "levé de base". Les autorités iraquiennes, pour leur
part, n'admettaient pas que ces visites soient ainsi caractérisées
en fonction de leur objet. Le Mémorandum d'accord prévoit
des "visites initiales et ultérieures destinées à
l'accomplissement des tâches prévues dans les huit sites présidentiels".
24. En ma qualité de chef du Groupe spécial, je tiens à remercier le Gouvernement iraquien pour sa coopération, sa courtoisie et toutes les facilités dont les membres du Groupe et moi-même avons bénéficié. Je tiens également à remercier M. Charles Duelfer, Chef de l'Équipe d'experts de la Commission spéciale et de l'AIEA ainsi que tous les membres de l'Équipe, le Directeur et le personnel du Centre de contrôle et de vérification de Bagdad et le Bureau de Bahreïn de la Commission spéciale pour l'assistance qu'ils nous ont apportée dans l'accomplissement de notre tâche. Ont droit aussi à notre gratitude les gouvernements des États Membres qui ont détaché des diplomates de haut rang pour cette importante mission. Je tiens à remercier personnellement ces derniers de la conscience avec laquelle ils se sont acquittés de leurs fonctions dans des conditions délicates. Le rôle qu'a d'autre part joué le Représentant du Secrétaire général, M. Prakash Shah, qui a pris ses fonctions dès avant que les visites ne commencent, a également été précieux.
| 1. | L'Ambassadeur Roberto Garcia-Moritan | Argentine | ||
| 2. | Le Conseiller Hassan M. Al-Ansari | Bahreïn | ||
| 3. | Le Ministre Conseiller Oswaldo E. Portella | Brésil | ||
| 4. | L'Ambassadeur Michael Bell | Canada | ||
| 5. | Le Ministre Conseiller Tiankai Cui | Chine | ||
| 6. | L'Ambassadeur Marcel Laugel | France | ||
| 7. | Le Conseiller Afred M. Moussotsi | Gabon | ||
| 8. | L'Ambassadeur Horst Hosthoff | Allemagne | ||
| 9. | Le Conseiller Josef Papp | Hongrie | ||
| 10. | L'Ambassadeur Pietro Cordone | Italie | ||
| 11. | Le Conseiller Tsukasa Uemura | Japon | ||
| 12. | L'Ambassadeur Antonio Monteiro | Portugal | ||
| 13. | Le Ministre Conseiller Woong-Nam Kim | République de Corée | ||
| 14. | Le Conseiller Gheorghe Tsarlescu | Roumanie | ||
| 15. | Le Ministre A. Kalugin | Fédération de Russie | ||
| 16. | L'Ambassadeur Andrej Zlebnik | Slovénie | ||
| 17. | L'Ambassadeur Saeed Saad | Soudan | ||
| 18. | L'Ambassadeur Johan Nordenfelt | Suède | ||
| 19. | Le Conseiller Simon Collis | Royaume-Uni de Grande-
Bretagne et d'Irlande du Nord |
||
| 20. | L'Ambassadeur Ryan Crocker | États-Unis d'Amérique |
| 1. | Charles Duelfer | (Chef de l'Équipe d'experts) | ||
| 2. | Roger Hill | (Expert en chef) | ||
| 3. | Jacques Baute | (Expert principal) | ||
| 4. | Bill McLaughlin | (Expert principal) | ||
| 5. | Chris Cobb-Smith | |||
| 6. | Ragab El-Shaer | |||
| 7. | Gavin Newson | |||
| 8. | Lesley Rose | |||
| 9. | Wayne Goodman | |||
| 10. | Steven Frerk | |||
| 11. | Steve Elliot | |||
| 12. | Simon Thommason | |||
| 13. | John Sim | |||
| 14. | Greg Owen | |||
| 15. | Patrick Hamzadeh | |||
| 16. | Craig Johnson | |||
| 17. | Ken Norman | |||
| 18. | Oliver Schacht | |||
| 19. | Hosni Baderddine | |||
| 20. | Alexandre Jassani | |||
| 21. | Patrick Walker | |||
| 22. | Genc Osmani | |||
| 23. | Cui Xinshui | |||
| 24. | Ali Adam | |||
| 25. | George Healey | |||
| 26. | Michio Hosoya | |||
| 27. | Ibrahim Cherradi | |||
| 28. | Nam Zhang | |||
| 29. | Diane Seaman | |||
| 30. | Gustavo Diedrichs | |||
| 31. | Daniel Clemments | |||
| 32. | Esteban Mackay | |||
| 33. | Niall Creed | |||
| 34. | Oliver Desmandryl | |||
| 35. | Mohamed Amayreh | |||
| 36. | Jiachang Pei | |||
| 37. | Steven Scagnelli | |||
| 38. | Andre Lagattu | |||
| 39. | Mikhail Rijinski | |||
| 40. | Alain Bernard | |||
| 41. | Alex Macdonald | |||
| 42. | Andrzej Grezelka | |||
| 43. | Andrzej Lajourdie | |||
| 44. | Jerzy Deren | |||
| 45. | Colin Mills | |||
| 46. | Taisseer El-Shamy | |||
| 47. | John Senchak | |||
| 48. | Francis Towndrow | |||
| 49. | Tainmi Chen | |||
| 50. | Andrew Jones | |||
| 51. | Frank Pabian | |||
| 52. | Neville Whiting | |||
| 53. | Samir Morsy | |||
| 54. | Jess Foxx | |||
| 55. | Martin Frankl | |||
| 56. | Ngemar Vintersved | |||
| 57. | James Lee | |||
| 58. | Siegfred Ruzicka | |||
| 59. | Wladislaw Bury | |||
| 60. | Ruifu Yang | |||
| 61. | Vin Murphy | |||
| 62. | Michale Burkland | |||
| 63. | Craig Murray | |||
| 64. | Peter Hubbard | |||
| 65. | Jack Lennox | |||
| 66. | William Olcott | |||
| 67. | Yuri Rudakov | |||
| 68. | Gerard Essertel | |||
| 69. | Vladimir Lisenko | |||
| 70. | Viacheslav Slastionov | |||
| 71. | Vitaly Agababyan | |||
| 72. | Alan Earle | |||
| 73. | Chris Webb | |||
| 74. | Louis Briscese | |||
| 75. | Lawrence Meledeth | |||
| 76. | Helgard Du Preez | |||
| 77. | Gregg Whitaker |
1. La 243e mission de la Commission spéciale des
Nations Unies a effectué, comme l'en avait chargée le Président
exécutif de la Commission, une visite initiale des huit sites présidentiels
iraquiens entre le 25 mars et le 4 avril 1998. Cette visite a été
réalisée aux termes du Mémorandum d'accord conclu
le 23 février 1998 entre l'Iraq et le Secrétaire général.
Cet accord et ses modalités d'exécution prévoyaient
des procédures spéciales au titre desquelles l'Iraq accepterait
que la Commission spéciale et l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) aient accès aux huit sites présidentiels.
Auparavant, et contrairement aux résolutions du Conseil de sécurité,
les inspecteurs des Nations Unies avaient été empêchés
d'y accéder. Comme on le verra plus loin, un aspect majeur de l'accord
-- portant sur la continuité de l'accès aux sites -- n'est
toujours pas réglé et la question a été simplement
reportée à plus tard.
2. La visite initiale de ces sites avait des objectifs
limités qui ont été atteints. Il importe de souligner
que la mission n'avait pas pour but de procéder à des recherches
et qu'elle n'a pas eu lieu sans préavis. L'Iraq a disposé
de plus d'un mois pour effectuer tous les préparatifs qu'il voulait.
3. Les homologues iraquiens ont coopéré
de façon satisfaisante. La présence d'observateurs diplomatiques
de haut rang n'a généralement pas soulevée de difficultés.
Il convient de noter en particulier la présence constructive du
Secrétaire du Président, M. Abid Hamoud, et du général
Amer Rashid, Ministre du pétrole, durant les visites.
4. L'Équipe était dirigée par M.
Charles Duelfer (Président exécutif adjoint de la Commission
spéciale) et se composait d'un expert en chef, M. Roger Hill, et
d'environ 71 inspecteurs de 17 pays. L'AIEA participait conjointement à
la mission et était représentée par un expert en chef
adjoint, M. Jacques Baute, et par 14 experts.
5. L'Équipe s'est réunie à Bahreïn
le 21 mars et a reçu des instructions jusqu'au 25 mars, date à
laquelle elle s'est rendue à Bagdad. Des plans détaillés
ont été élaborés à l'avance afin de
définir les itinéraires d'accès aux sites et les procédures
d'inspection. La planification opérationnelle et logistique a été
faite à Bahreïn et n'a rencontré aucune difficulté.
En Iraq, l'Équipe a également apporté un soutien opérationnel
et logistique aux diplomates, ce qui a imposé des responsabilités
supplémentaires aux 243 planificateurs logistiques et opérationnels
de la Commission spéciale. Ces derniers ont remarquablement accompli
leur tâche et les diplomates n'ont guère eu à se plaindre
d'eux.
6. La visite des huit sites présidentiels a commencé
le 26 mars. Les activités se sont déroulées suivant
le calendrier ci-après :
26-27 mars Trois sites à Radwaniyah
28 mars Tikrit
29 mars Mossoul et Jabal Makhul
30 mars Lac Tharthar et Bassorah
31 mars Rédaction du rapport et réalisation
de nouveaux relevés des périmètres
1er-2 avril Palais de la République et Sijood
3-4 avril Rédaction du rapport et réalisations
de nouveaux relevés des périmètres
7. L'Équipe a été scindée
en trois sous-équipes de visite et autres sous-groupes de soutien,
dont une équipe de détection spéciale, une équipe
chargée de la sécurité extérieure et une équipe
d'état-major. Les sites ont été divisés en
secteurs, chacun étant confié à une équipe
de visite.
8. Un levé de base a été effectué
dans tous les sites présidentiels et a permis à la Commission
de connaître l'emplacement, l'utilisation générale
et la disposition d'ensemble de la plupart des bâtiments. Il a fallu
à cet effet visiter brièvement un millier de bâtiments
en huit jours. Il est évident que le temps consacré à
chacun a été restreint et que les évaluations ont
dû être rapides. Les recherches concernant les documents et
les ordinateurs ont dû être limitées à des vérifications
par sondage dans le but d'établir un précédent.
9. L'Iraq a assuré en fin de compte la coopération
nécessaire pour accomplir ces tâches. Le général
Amer Rashid a été présent durant toutes les activités
de la mission et le Secrétaire du Président, M. Abid Hamoud,
a assisté à la plupart des visites. Le Vice-Premier Ministre,
M. Tariq Aziz, a été présent lors de toutes les visites
des sites, mais a évité de s'adresser aux membres de la Commission
spéciale.
10. Cette mission limitée a été utile
à trois égards. En premier lieu, la base de données
acquise permettra à la Commission spéciale et à l'AIEA
d'effectuer ultérieurement des inspections plus ciblées qui
appuieront les activités de contrôle continu ainsi que la
recherche de matériels interdits et documents connexes. En deuxième
lieu, les visites ont permis aux inspecteurs de beaucoup mieux comprendre
la nature des installations dans les zones en question, ce qui contribuera
à dissiper bien des incertitudes et des préoccupations. Enfin,
un précédent a été créé en ce
qui concerne l'accès de ces sites et le recours aux techniques d'inspection
normales de la Commission spéciale et de l'AIEA.
11. La mission n'avait pas pour objet de rechercher du
matériel interdit et n'en a pas trouvé. En fait, les sites
ne contenaient que très peu d'équipements et de documents.
Il était manifeste que tous les sites avaient été
largement évacués. Par exemple, aucun site à l'extérieur
de Bagdad ne contenait de documents ou d'ordinateurs et les bâtiments
étaient en grande partie vides. Dans la région de Bagdad,
certains édifices publics, tels que le Diwan présidentiel,
ne renfermaient qu'un petit nombre de documents et d'ordinateurs. Toutefois,
comme dans les autres zones, la plupart des bâtiments avaient été
vidés de leur contenu. Le Palais de la République, y compris
la zone décrite comme appartenant au Président, avait été
évacué. L'Iraq a expliqué que de telles mesures avaient
été prises en prévision d'une attaque militaire. Les
missions de suivi en acquerront d'autant plus d'importance.
12. L'un des résultats essentiels de la mission
a été de démarquer avec une plus grande précision
les limites des sites présidentiels. Des changements ont été
apportés à quatre des sites et des travaux de levé
importants ont été effectués. Les discussions consacrées
aux limites exactes des sites se sont déroulées principalement
avec le général Amer Rashid, avec des interventions épisodiques
du Secrétaire du Président, M. Abid Hamoud. La présence
de ces hautes personnalités a permis de prendre rapidement les décisions
qui s'imposaient. Les périmètres révisés des
sites sont maintenant définis dans la note signée par le
Président exécutif adjoint, M. Charles Duelfer, et le général
Amer Rashid.
13. Les discussions consacrées aux périmètres
établis ont également porté sur les modifications
ultérieures des zones présidentielles. La Commission est
préoccupée par le fait que l'Iraq pourrait modifier des parties
de ces sites sans en aviser la Commission, ce qui pourrait poser des problèmes
lors d'inspections futures. L'Équipe a cherché à obtenir
que la Commission soit prévenue 24 heures à l'avance de toute
modification de ce genre. Toutefois, le général Amer Rashid
a demandé que cette clause ne figure pas dans le document signé
étant donné qu'elle impliquerait un droit d'accès
permanent de la Commission aux sites. Il a souligné que cela ne
correspondait pas à la position de l'Iraq.
14. Le général Amer Rashid a déclaré
que le Président exécutif adjoint savait très bien
que l'Iraq avait accepté uniquement des visites de durée
limitée. C'était, selon lui, ce qui avait été
convenu dans le Mémorandum d'accord du 23 février. Il a reconnu
par ailleurs que le Président exécutif adjoint estimait que
l'accès aux sites serait nécessaire pour le contrôle
à long terme. Le Président exécutif adjoint a déclaré
que, selon lui, le Secrétaire général partageait cette
opinion. Toutefois, étant donné que la mission n'avait pas
pour but de régler le problème de la durée de l'accès,
il a été convenu de supprimer les références
à toute procédure de contrôle continu. Il est cependant
essentiel de noter que la question fondamentale de l'accès continu
n'est nullement réglée et a été simplement
reportée à plus tard.
15. La caractéristique la plus frappante de la
mission a été la présence d'un contingent de diplomates
de haut rang et du Commissaire désigné par le Secrétaire
général pour diriger le Groupe spécial. Les travaux
ont été organisés de manière à ce que
les diplomates soient présents durant toutes les visites des bâtiments
et des zones des sites présidentiels. Dans la plupart des cas, les
diplomates ne sont pas intervenus dans les activités de la Commission
spéciale et de l'AIEA. Ils ont accompli leur tâche d'observateurs
de façon satisfaisante et avec zèle.
16. Néanmoins, dans un nombre limité de
cas, des diplomates ont formulé des objections et des critiques
à l'égard des travaux des experts de la Commission spéciale,
en soutenant les opinions de l'Iraq contre celles de la Commission. Il
est apparu parfois que l'Iraq usait d'arguments fallacieux avec les diplomates
afin de mettre sur la défensive les experts de la Commission. Ceux-ci
pouvaient alors se plaindre à leur tour, ce qui risquait de dégénérer
en récriminations stériles. Toutefois, cette attitude négative
semble s'être calmée au fil de la mission. Il importe cependant
de reconnaître que de tels problèmes risquent fort de se poser
de nouveau à l'avenir, en particulier lorsque de vraies inspections
sans préavis auront lieu.
17. La coopération des Iraquiens a permis de mener
à bien la mission. Néanmoins, cela n'a pas toujours été
sans mal et, dans certains cas, la Commission spéciale et l'AIEA
se sont vu refuser des droits, qui n'ont toutefois pas été
jugés essentiels pour l'accomplissement de la mission.
18. La question la plus litigieuse a été
le survol et la photographie des sites présidentiels par l'hélicoptère
de la Commission spéciale. Les prises de vues étaient nécessaires
pour le levé de base destiné à vérifier la
position et la structure des bâtiments qui avaient été
déterminées par les inspecteurs au sol. L'Iraq a opposé
au départ une fin de non-recevoir. Le Chef de l'Équipe a
insisté sur cet aspect de la mission et a déclaré
que l'inspection ne se poursuivrait pas si ce refus était maintenu;
pour leur part, les Iraquiens n'ont pas discuté avec l'Équipe
de la Commission spéciale, mais se sont adressés aux représentants
du Secrétaire général ainsi qu'au Secrétaire
général lui-même.
19. En fin de compte, le Secrétaire général
a soutenu la Commission spéciale et l'Iraq est revenu sur sa position.
Cette situation a d'importantes conséquences pour l'autorité
de la Commission spéciale et de ses inspecteurs principaux lorsqu'ils
s'adressent à leurs homologues iraquiens, et traduit peut-être
un changement fondamental dans les rapports entre l'Iraq et la Commission
spéciale. Il sera important que le représentant du Secrétaire
général appuie la démarche des équipes d'inspection
de la Commission spéciale car, dans le cas contraire, les efforts
déployés par l'inspecteur principal pour que l'Iraq s'acquitte
de ses obligations concernant l'accès aux sites ou autres questions
risqueront d'être sapés au cours de différends futurs.
20. Deux autres problèmes sont apparus en ce qui
concerne les opérations aériennes. D'une part, l'Équipe
avait cherché à poser un hélicoptère de la
Commission spéciale à l'intérieur des sites présidentiels.
L'Iraq s'y est opposé dans tous les cas sauf un. D'autre part, la
Commission avait prévu de transporter par voie aérienne les
inspecteurs et les diplomates d'un site du nord (Mossoul) dans un site
du sud (Bassorah), ce qui aurait fait gagner du temps et épargné
de la fatigue aux intéressés étant donné que
le parcours prend plusieurs heures par voie terrestre. Durant les récentes
réunions à Bagdad avec le Président exécutif,
le Vice-Premier Ministre iraquien a de nouveau refusé que l'appareil
de la Commission se rende ailleurs qu'à la base aérienne
de Habbaniya, en violation des résolutions du Conseil de sécurité.
21. Un autre problème risque de se poser au sujet
des procédures et des besoins déclarés concernant
la présence de diplomates de haut rang dans certains emplacements.
L'Iraq a déclaré que le personnel de la Commission spéciale
et de l'AIEA ne pouvait pas entrer dans des bâtiments en l'absence
d'un diplomate. Cela n'a pas créé de problèmes durant
la présente mission étant donné que de nombreux diplomates
étaient présents et qu'il ne s'agissait pas d'une visite-surprise.
Toutefois, il convient de noter que les procédures ne contiennent
aucune clause de ce genre et autorisent en fait le Chef de l'Équipe
d'experts à scinder comme il l'entend son équipe en sous-groupes.
Il n'est précisé nulle part qu'un diplomate de haut rang
doive être présent dans chaque équipe. À cet
égard, il risque de se poser un problème à l'avenir
étant donné que des visites sans préavis exigent souvent
que de nombreuses sous-équipes se déplacent rapidement pour
atteindre l'emplacement visé. Le fait d'assurer la présence
de plusieurs diplomates dans tous les emplacements nuira à l'effet
de surprise étant donné que des diplomates de haut rang qui
ne sont pas en poste à Bagdad risquent alors d'être nécessaires.
L'Équipe ne s'est pas élevée contre la demande faite
par l'Iraq pour qu'un diplomate soit présent dans chaque bâtiment
auquel elle a eu accès, sans toutefois préjuger des missions
futures.
22. Un autre trait caractéristique de la mission
a été le nombre extrêmement élevé d'accompagnateurs
iraquiens présents à tout instant. Les travaux s'en sont
trouvés ralentis. Il a été difficile d'organiser en
convoi les véhicules de l'ONU (environ 25) et les véhicules
iraquiens (de 40 à 50 et plus). La longueur des convois a parfois
dépassé un kilomètre. À l'entrée des
sites et des bâtiments, les Iraquiens étaient souvent au moins
cinq fois plus nombreux que les inspecteurs. Ceux-ci ont parfois demandé
aux accompagnateurs de rester à l'extérieur des bâtiments
étant donné que leur multitude empêchait que les travaux
ne soient accomplis avec tout le sérieux nécessaire.
23. Tout bien considéré, la mission a été
couronnée de succès, mais il apparaît que certains
problèmes essentiels resurgiront dans un avenir proche et que le
Conseil devrait être prêt à y faire face le cas échéant.
Il est certain que la question de l'accès continu n'est pas réglée
et se posera à nouveau du fait que la partie iraquienne estime manifestement
que les termes "visites initiales et ultérieures" figurant dans
le Mémorandum d'accord du 23 février se réfèrent
uniquement à une période de durée limitée.
Le Président exécutif adjoint,
Chef de l'Équipe
(Signé) Charles DUELFER