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Conseil
de sécurité
Pour répondre au désir du Conseil de sécurité,
j'ai effectué une mission à Bagdad du 12 au 16 décembre
1997. J'étais accompagné de mon adjoint, M. Charles Duelfer,
et de trois membres de la Commission, MM. Gennady Gatilov (Fédération
de Russie), Michel Saint-Mleux (France) et Paul Schulte (Royaume-Uni de
Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord), ainsi que de hauts fonctionnaires
permanents de la Commission, de New York.
La partie iraquienne était conduite par M. Tariq
Aziz, Vice-Premier Ministre. Il était secondé par des ministres
ainsi que par des officiers supérieurs et des hauts fonctionnaires
responsables des programmes d'armements interdits de l'Iraq.
Trois réunions plénières ont eu lieu,
l'une le 14 décembre et les deux autres, le 15 décembre.
Les experts de la Commission ont en outre eu deux réunions au niveau
technique avec leurs homologues iraquiens.
Cette visite a eu lieu avec l'appui sans réserve
des membres du Conseil de sécurité, ainsi que le Président
l'a indiqué à l'issue de consultations officieuses, le 8
décembre 1997, et a été effectuée conformément
au mandat énoncé dans la déclaration du Président
du Conseil en date du 3 décembre 1997 (S/PRST/1997/54). Dans cette
déclaration, le Conseil a notamment souligné que l'efficacité
et la rapidité avec lesquelles la Commission pouvait s'acquitter
de ses responsabilités dépendaient avant tout de la mesure
dans laquelle le Gouvernement iraquien était disposé à
dévoiler intégralement l'étendue et la configuration
de ses programmes interdits et à autoriser la Commission à
accéder sans entrave à tous les sites, documents, dossiers
et personnes dans le cadre de l'exécution de sa tâche.
Pour répondre au désir du Conseil, j'ai
demandé au Gouvernement iraquien de donner l'assurance qu'il accorderait
à la Commission l'accès immédiat, inconditionnel et
sans entrave à tous les sites qu'elle souhaite inspecter et j'ai
cherché à y voir plus clair dans la manière dont l'Iraq
conçoit ses obligations en la matière. J'ai par ailleurs
cherché à parvenir à un accord sur un programme de
travail accéléré au sujet des questions restant à
régler dans les différentes catégories d'armes interdites
relevant du mandat de la Commission. Un autre objectif était d'arriver,
avec le concours des équipes d'inspection de passage et résidentes
de la Commission, à une évaluation de la situation en ce
qui concerne l'enlèvement, la restitution et l'éventuel emploi
interdit de matériel à double usage relevant des inspections
de la Commission pendant la période au cours de laquelle l'Iraq
a empêché les équipes de la Commission d'accomplir
leur tâche.
Un rapport sur les résultats de cette visite à
Bagdad est joint en annexe. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir
porter le texte de la présente lettre et du rapport qui y est annexé
à l'attention des membres du Conseil de sécurité.
(Signé) Richard BUTLER
1. Les travaux se sont répartis entre discussions
de politique générale et discussions techniques.
2. Les discussions de politique générale
ont porté sur l'accès de la Commission spéciale à
tous les sites, documents et personnes liés au programme iraquien
d'armes de destruction massive et sur des questions apparentées
dans les domaines du désarmement et du contrôle et de la vérification
continus.
3. Les discussions techniques ont été consacrées
aux questions désignées par le Président exécutif
dans sa lettre du 29 octobre 1997 adressée au Vice-Premier Ministre,
à savoir les ogives de missiles, l'agent chimique VX, les munitions
contenant du gaz moutarde ainsi que le secteur général des
armes biologiques.
4. Le Président exécutif a ouvert ces discussions
en rappelant les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité
et le rapport sur la session d'urgence que la Commission spéciale
a tenue le 21 novembre 1997 (voir S/1997/922).
5. Le Président exécutif a souligné
qu'il avait été dépêché à Bagdad
en qualité de représentant du Conseil de sécurité
et que celui-ci attachait une très grande importance à l'exécution
par l'Iraq de l'obligation imposée par le Conseil de donner à
la Commission spéciale un accès sans condition à tous
les sites, documents et personnes pertinents en Iraq.
6. Le Président exécutif a soulevé
deux points importants découlant de l'expérience acquise
par la Commission, en particulier depuis juin 1996 :
a) L'application des "modalités d'inspection des
sites sensibles" n'a pas marché. La Commission n'a pas pu s'acquitter
de sa tâche de manière satisfaisante;
b) L'Iraq a soustrait certains sites à l'application
de ces modalités, ce qui n'avait pas été prévu.
La Commission a été ainsi empêchée d'exécuter
sa tâche à tous égards sur ces sites.
7. Pour ce qui est des modalités d'inspection des
sites sensibles, le Président exécutif a déclaré
qu'il fallait les réexaminer. Cet examen était prévu
dans le document relatif aux modalités.
8. À propos du fait que l'Iraq déclare certains
sites exclus de toute modalité d'inspection, le Président
exécutif a dit qu'il s'agissait d'une question très grave
qu'il importait d'examiner. Dans ce contexte, il a renvoyé à
la décision du Conseil de sécurité tendant à
ce que l'Iraq laisse la Commission avoir accès sans condition à
tous les sites qu'elle souhaite inspecter. Il a également souligné
que la Commission spéciale, à sa session extraordinaire,
et le Conseil de sécurité avaient tous deux pris acte du
fait que la Commission respectait les préoccupations légitimes
de l'Iraq quant à sa sécurité, sa souveraineté
et sa dignité nationales.
9. Répondant à ces observations, le Vice-Premier
Ministre a exposé en détail ce qu'avaient été,
selon lui, les relations entre l'Iraq et la Commission spéciale.
Il a ajouté que, pour son gouvernement, il existait cinq catégories
de sites en Iraq :
a) Les sites normaux. Usines, sites appartenant
à la Société d'industrialisation militaire, sites
où des activités interdites avaient ou auraient été
menées, entrepôts militaires et camps militaires;
b) Sites relevant de la sécurité nationale.
Il s'agissait de sites importants du point de vue de la sécurité
de l'État : sites de la Garde républicaine et de la Garde
républicaine spéciale, sites des services de renseignement
militaires et civils et sites où se trouvait du matériel
de sécurité;
c) Sites présidentiels et relevant de la souveraineté
nationale. Ces sites n'ont pas été clairement définis;
on a simplement dit qu'il s'agissait de sites bien connus qui étaient
en rapport avec la Présidence. Il s'agirait de sites, bureaux et
lieux de villégiature où travaille ou réside le chef
de l'État;
d) Sites privés ou résidences privées;
e) Sites étrangers en Iraq. Sociétés
étrangères, bureaux et résidences du corps diplomatique.
10. Lors des échanges de vues qui ont suivi, les
éclaircissements suivants ont été donnés par
la partie iraquienne concernant l'accès aux sites et leur inspection.
11. Les sites normaux pouvaient être visités
et inspectés sans restrictions.
12. Les sites importants pour la sécurité
nationale étaient ceux auxquels s'appliqueraient les modalités
d'inspection des sites sensibles, à l'exception des locaux les plus
secrets dont l'accès serait interdit.
13. Les sites présidentiels et relevant de la souveraineté
nationale comprenaient les sièges des ministères, mais aucun
service auxiliaire. Tous ces sites étaient entourés d'une
enceinte de hauts murs et fermés par des grilles. Aucune autre précision
n'a été donnée. Ces sites ne pourraient en aucun cas
être inspectés ou survolés.
14. Les sites civils ne pourraient être inspectés
que si les propriétaires en donnaient l'autorisation. L'Iraq serait
peu disposé à les solliciter à cet égard car,
selon lui, il n'était pas légalement habilité à
le faire.
15. Pour ce qui est des sites étrangers, c'est-à-dire
des biens ou entreprises appartenant à des entités étrangères
en Iraq, y compris des organisations internationales arabes, il appartiendrait
à la Commission spéciale de traiter directement avec ces
entités. L'Iraq ne voulait en aucun cas intervenir en la matière.
16. Pour ce qui est de la troisième catégorie
-- les sites présidentiels et relevant de la souveraineté
nationale -- le Président exécutif a fait observer que soustraire
cette catégorie de sites aux inspections de la Commission spéciale
contrevenait aux décisions du Conseil de sécurité.
Il a ajouté qu'il doutait que le refus persistant de l'Iraq d'autoriser
l'accès à ces sites et leur inspection soit acceptable pour
le Conseil.
17. Le Président exécutif a demandé
si l'Iraq serait disposé à accepter des arrangements spéciaux
aux fins de l'inspection des sites présidentiels et relevant de
la souveraineté nationale. Ces arrangements pourraient faire l'objet
de discussions avec la partie iraquienne, afin de tenir compte des préoccupations
légitimes de l'Iraq quant à sa sécurité, sa
souveraineté et sa dignité. Le Vice-Premier Ministre a dit
qu'une telle approche ne pouvait être acceptée. Aucun arrangement
spécial ne pouvait répondre aux préoccupations du
Gouvernement iraquien concernant cette catégorie de sites.
18. Compte tenu de cette réponse, le Président
exécutif a demandé si l'Iraq serait disposé à
mettre à la disposition de la Commission spéciale et du Conseil
de sécurité une liste ou une carte de ces sites, de sorte
qu'il soit possible de déterminer l'ampleur de l'exclusion proposée.
Le Vice-Premier Ministre a répondu que cela n'était pas possible
car une telle carte faciliterait le bombardement de ces sites par les États-Unis
d'Amérique. Il a ajouté que si le Président exécutif
pouvait obtenir que le Président du Conseil de sécurité
garantisse par écrit qu'un tel bombardement n'aurait jamais lieu,
une liste ou une carte pourrait alors être fournie. Il a ajouté
que ces sites étaient bien connus de tout le monde, y compris des
diplomates qui se trouvaient sur place.
19. Le Vice-Premier Ministre a dit qu'il n'ignorait pas
que le refus de l'Iraq d'autoriser l'inspection des sites présidentiels
et relevant de la souveraineté nationale risquait d'être inacceptable
pour le Conseil, mais la position de l'Iraq était inébranlable.
Le Président exécutif a demandé par deux fois que
cette position soit formulée, ce qui fut fait. En réponse
à une nouvelle question du Président exécutif, le
Vice-Premier Ministre a dit que la position de l'Iraq se justifiait du
fait de la déclaration du 3 décembre 1997 du Président
du Conseil de sécurité, vu la mention qui y était
faite du respect de la sécurité nationale, vu la mention
qui y était faite du respect de la sécurité, de la
souveraineté et de la dignité nationales de l'Iraq, et qu'elle
allait dans le sens de cette déclaration.
20. S'agissant de la deuxième catégorie,
celle des sites importants pour la sécurité nationale, le
Président exécutif a dit qu'il serait nécessaire d'améliorer
sensiblement les modalités d'inspection de tout site que l'Iraq
déciderait de déclarer site sensible. Il a évoqué
en particulier les points suivants : nombre des membres des équipes
qui auraient accès à ces sites, délais d'obtention
de l'autorisation d'accès, nécessité de faire en sorte
que les activités dans ces sites soient immédiatement gelées
dès que les sites sont déclarés sensibles et nécessité
de garantir le droit de surveillance photographique, par la Commission,
du site désigné aux fins d'inspection. Le Vice-Premier Ministre
a donné son accord sur l'amélioration des arrangements régissant
l'inspection des sites relevant de la sécurité nationale.
21. En conséquence, le Vice-Premier Ministre a
accepté, pour l'inspection des sites relevant de la sécurité
nationale, les modifications suivantes :
a) La Commission spéciale augmenterait le nombre
des membres des équipes d'inspection (la limite actuellement fixée
pour celles-ci étant de quatre personnes). Le nombre définitif
d'inspecteurs serait fixé au cas par cas par l'Inspecteur principal
et le représentant de rang le plus élevé de l'Iraq.
Le nombre de membres de l'équipe serait fonction de la grandeur
et de la complexité du site;
b) L'Iraq prendrait des dispositions pour réduire
sensiblement les délais d'accès à ces sites et l'attente
fréquemment imposée aux équipes de la Commission spéciale
aux points de contrôle sur les routes qui mènent aux sites
à inspecter;
c) Dès qu'un site serait déclaré
sensible, l'Inspecteur principal et le représentant iraquien qui
l'accompagne pourraient accéder au site pour s'assurer que toute
activité y a été gelée et que, par exemple,
des documents n'ont pas été brûlés ou détruits.
22. Le Président exécutif a déclaré
que ces arrangements seraient mis à l'essai immédiatement,
puis passés en revue au bout d'un mois environ. Entre-temps, il
en rendrait compte au Conseil de sécurité et solliciterait
son avis. Le Vice-Premier Ministre a souscrit à cette approche.
23. En ce qui concerne les sites civils et les résidences
privées, le Président exécutif a émis des réserves
quant à la position de l'Iraq selon laquelle, fondamentalement,
il n'avait aucun pouvoir, sur le plan national, en ce qui concerne ces
sites.
24. Le Vice-Premier Ministre a également formulé
des propositions concernant la conduite des opérations aériennes
par hélicoptère. Le Président exécutif a accepté
d'étudier les propositions de l'Iraq.
25. La partie iraquienne a par ailleurs soulevé
la question des vols de reconnaissance de l'appareil U-2 utilisé
par la Commission et a demandé s'il ne serait pas possible d'utiliser
plutôt du matériel iraquien ou appartenant à d'autres
États. Le Vice-Premier Ministre a déclaré que cette
proposition s'expliquait par l'hostilité dont, selon l'Iraq, les
États-Unis faisaient preuve à son endroit. Il a ajouté
que des propositions similaires avaient été faites au prédécesseur
du Président exécutif et qu'elles étaient étayées
par des documents. Ceux-ci ont été remis au Président
exécutif.
26. S'agissant des opérations aériennes,
le Président exécutif a appelé l'attention du Vice-Premier
Ministre sur les passages du rapport de la session d'urgence de la Commission
spéciale dans lesquels il était fait mention des droits de
la Commission spéciale en ce qui concerne l'utilisation d'avions,
y compris l'accès aux aéroports de Rasheed (Bagdad) et de
Bassorah. Le Vice-Premier Ministre a répondu qu'il reviendrait sur
cette question lors de la visite que ferait le Président exécutif
à Bagdad.
27. Il a été décidé que le
Président exécutif se rendrait de nouveau à Bagdad
pendant la semaine du 19 janvier 1998 et qu'à cette occasion, les
résultats de l'application des nouveaux arrangements applicables
à l'inspection des sites relevant de la sécurité nationale
seraient passés en revue.
28. Le Président exécutif s'est engagé
à rendre compte fidèlement au Conseil de sécurité
de tous ces échanges de vues, en soulignant une fois de plus que
certains aspects de la position iraquienne, en particulier ceux qui avaient
trait au refus d'autoriser l'accès aux sites présidentiels
et relevant de la souveraineté nationale, risquaient de ne pouvoir
être acceptés par le Conseil. Le Vice-Premier Ministre a souscrit
à cette approche.
29. Lors d'une discussion préparatoire, le Président
exécutif et le Vice-Premier Ministre sont convenus que les discussions
techniques seraient axées sur les sujets que le Président
exécutif avait proposés dans sa lettre du 27 octobre 1997,
à savoir des sujets relevant du domaine des ogives de missiles et
des armes chimiques et biologiques.
30. Lors de la première réunion technique,
seul le domaine des missiles a été abordé. Le Vice-Premier
Ministre a ensuite demandé la convocation d'une réunion plénière
afin de présenter la position de l'Iraq sur les trois catégories
d'armes interdites.
31. À cette réunion plénière,
les représentants de l'Iraq ont donné lecture de quatre déclarations,
qui reprenaient toutes l'argument suivant lequel l'Iraq avait détruit
toutes les armes de destruction massive et/ou n'en possédait plus;
lorsque la Commission et l'Iraq étaient en désaccord sur
ces questions de fond, ces désaccords devraient être réglés
dans le cadre de "séminaires" techniques auxquels participeraient
à la fois des experts internationaux et des experts iraquiens. La
Commission pourrait poursuivre ses activités normales, à
la réalisation desquelles l'Iraq coopérerait pleinement,
et l'Iraq répondrait, le moment venu, à toutes questions
que lui poserait la Commission, mais ne proposerait pas lui-même
de fournir des informations nouvelles quelles qu'elles soient. Il préférait
une situation lui permettant de vérifier les informations détenues
par la Commission.
32. Le Vice-Premier Ministre a rappelé que l'Iraq
s'était déjà dessaisi de toutes ses armes de destruction
massive. Le Vice-Premier Ministre a en particulier déclaré,
"de façon qu'il en soit pris acte", que le Gouvernement iraquien
avait pris la décision, en 1991, de nier l'existence de son programme
d'armes biologiques et d'en faire disparaître toutes les traces,
décision que le Vice-Premier Ministre a estimé justifiée
pour des raisons de sécurité nationale, et de survie. Le
Vice-Premier Ministre a également indiqué que "le Gouvernement
iraquien n'avait entre ses mains, sur le territoire de l'Iraq, pas un gramme
d'agents biologiques et pas un gramme d'armes biologiques". Il a dit que
telle était la réalité d'aujourd'hui.
33. Dans le débat qui a suivi, la partie iraquienne
a décliné l'invitation faite par la Commission d'élaborer
ensemble un programme de travail complémentaire, pour toutes les
catégories d'armes pour les mois de janvier et février 1998.
Elle n'avait pas d'objection à opposer aux mesures que prendrait
la Commission pour réaliser les objectifs définis et elle
répondrait à ses questions, mais elle ne participerait pas
elle-même à l'élaboration d'un programme spécifique
d'activités intensives.
34. La principale proposition de l'Iraq consistait à
organiser des "séminaires" techniques auxquels participeraient des
experts internationaux, afin d'expliquer la position de l'Iraq sur ses
programmes d'armes interdits, uniquement sur la base des informations existantes.
35. Devant le rappel par l'Iraq qu'il n'apporterait de
lui-même aucune information supplémentaire sur aucune des
catégories d'armes, le Président exécutif est passé
à l'examen de la proposition de l'Iraq concernant les "séminaires".
36. Le Président exécutif a précisé
qu'aucune disposition qui remettrait en question la responsabilité
de la CSNU vis-à-vis du Conseil de sécurité, son professionnalisme
ou son objectivité ne serait acceptable.
37. Le Vice-Premier Ministre a accepté cette position.
38. Le Président exécutif a ensuite indiqué
que, dans le cadre de la vérification de questions spécifiques,
la Commission serait disposée à tenir des réunions
d'évaluation technique avec la partie iraquienne, sur les bases
suivantes :
a) Le Président exécutif inviterait des
experts internationaux agréés et objectifs à participer
aux activités de l'équipe de la Commission. Ils seraient
choisis dans les pays disposant des compétences techniques nécessaires;
b) La Commission établirait un dossier pour l'équipe,
dans lequel on trouverait toutes les informations pertinentes. Ce dossier
serait mis à la disposition de la partie iraquienne pour lui permettre
de répondre aux questions posées lors de la réunion
d'évaluation technique;
c) Les débats de ces réunions seraient conduits
d'une façon ouverte et continue, afin de permettre l'évaluation
conjointe des questions techniques.
d) L'équipe de la Commission aviserait le Président
exécutif des conclusions des réunions. Ce dernier insérerait
lesdites conclusions dans les rapports appropriés qu'il présenterait
au Conseil de sécurité et au Gouvernement iraquien.
39. Le Vice-Premier Ministre a accepté ces propositions.
Il a fait observer que, d'après lui, les experts internationaux
formeraient bloc avec la CSNU, ce qui permettrait aux réunions d'évaluation
technique de réunir deux parties au lieu de trois. En cas d'opinions
divergentes, il appartiendrait au Président exécutif de décider
ce qu'il consignerait dans son rapport, quitte à le soumettre au
préalable aux membres de la CSNU pour examen et avis.
40. Il a ensuite été décidé
que des réunions d'évaluation technique seraient programmées
pour janvier 1998 pour ce qui concerne les ogives de missiles et l'agent
chimique VX, et qu'une autre serait convoquée dans les meilleurs
délais sur les armes biologiques.
41. À la troisième réunion plénière,
le Président exécutif a donné lecture de la déclaration
ci-après concernant les conclusions préliminaires de la Commission
sur l'élimination du matériel à double usage surveillé
par la Commission :
"Il est important que la Commission enquête sur
l'enlèvement non autorisé de matériel et de matières
sous surveillance pour s'assurer que ce matériel n'a pas fait l'objet
d'utilisations abusives à des fins interdites. Les articles et installations
à double usage ont été mis sous surveillance précisément
parce qu'ils peuvent intrinsèquement être utilisés
aux fins d'activités interdites. Il s'ensuit que l'enlèvement
non autorisé de ces articles a de lourdes répercussions sur
l'efficacité de cette surveillance.
La Commission a pris note de la déclaration de
l'Iraq suivant laquelle tout le matériel retiré a été
restitué là où il se trouvait initialement. Les inspections
qui ont été réalisées jusqu'à présent
ont permis à la Commission de confirmer qu'il en est bien ainsi
dans les installations où elle s'est rendue. La Commission n'a trouvé
aucune trace d'activités interdites dans les installations qui ont
été inspectées ni dans les sites d'évacuation
déclarés. On n'a à ce jour découvert aucune
trace d'utilisation abusive d'articles à double usage, à
l'exception peut-être d'un cas relevé dans une installation
chimique. Ce cas fait actuellement l'objet d'une enquête.
La tâche et le travail de vérification de
la Commission auraient été grandement facilités si
l'Iraq avait fourni toutes les informations et données sur l'enlèvement
du matériel que la Commission lui avait demandées dans sa
lettre du 26 novembre. Elle poursuivra ses efforts pour déterminer
s'il y a eu utilisation abusive de matériel et de matières
sous surveillance."
42. Le Vice-Premier Ministre s'est déclaré
satisfait de cette déclaration. La partie iraquienne a présenté
une explication préliminaire concernant le cas de l'installation
d'armes chimiques signalé par la Commission. Le Président
exécutif a prié le Gouvernement iraquien de présenter
par écrit une explication complète de ce cas, de sorte que
la Commission puisse se prononcer définitivement.