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Conseil
de sécurité
1. Le Secrétaire général a l'honneur
de transmettre au Conseil de sécurité un rapport présenté
par le Président exécutif de la Commission spéciale
constituée par le Secrétaire général en application
du paragraphe 9 b) i) de la résolution 687 (1991) du Conseil.
2. Il s'agit du troisième rapport présenté
par le Président exécutif de la Commission depuis l'adoption
de la résolution 1051 (1996) du Conseil de sécurité,
en date du 27 mars 1996, où, au paragraphe 16, le Conseil a décidé
de regrouper les rapports demandés dans ses résolutions 699
(1991) du 17 juin 1991 et 715 (1991) du 11 octobre 1991(1).
Il porte sur la période du 11 octobre 1996 au 11 avril 1997.
Paragraphes Page
I. INTRODUCTION
1 - 3
1
II. ÉVOLUTION DE LA SITUATION
4 - 45
3
A. Relations avec l'Iraq
10 - 22
5
B. Contrôle et vérification continus
23 - 30
9
C. Opérations aériennes
31 - 33
10
D. Mécanisme de contrôle des exportations
et
des importations
34 - 36
11
E. Mesures nationales d'application
37 - 38
12
F. Analyse des restes de missiles
39 - 45
12
III. CONCLUSIONS
46 - 55
13
1. Le présent rapport est le troisième que
la Commission spéciale présente depuis l'adoption de la résolution
1051 (1996) du 27 mars 1996. Il s'agit d'un rapport de synthèse
portant sur tous les aspects des activités menées par la
Commission en application des résolutions 687 (1991) du 3 avril
1991, 707 (1991) du 15 août 1991, 715 (1991) du 11 octobre 1991,
1051 (1996) du 27 mars 1996 et 1060 (1996) du 12 juin 1996.
2. Le rapport porte sur la période allant du 11
octobre 1996 au 11 avril 1997. Pendant cette période, le Président
exécutif de la Commission a informé le Conseil, en octobre
et décembre 1996 et en mars 1997, de la progression des travaux
de la Commission. En outre, il a eu de nombreux entretiens avec des membres
du Conseil, en groupes ou séparément.
3. La Commission a continué de s'acquitter de son
mandat tel qu'énoncé aux paragraphes 8, 9 et 10 de la section
C de la résolution 687 (1991) et dans les autres résolutions
sur ce sujet adoptées ultérieurement par le Conseil. Ce mandat
comporte deux tâches : d'une part, l'identification et l'élimination
de toutes les armes chimiques et biologiques de destruction massive que
possède l'Iraq, de ses missiles de longue portée, ainsi que
de toutes les installations relatives aux armements interdits, et, d'autre
part, la mise en place et l'application d'un système de contrôle
et de vérification continus du respect par l'Iraq de l'obligation
qui lui incombe de ne pas acquérir d'armes et d'installations interdites.
En outre, la Commission continue d'être chargée de désigner
des emplacements non déclarés par l'Iraq, qui doivent être
soumis à l'inspection de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA) dans le domaine nucléaire, de fournir un appui aux
inspections de l'AIEA en Iraq et d'offrir certains autres services prévus
dans les résolutions pertinentes.
4. Après avoir accepté la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité, le Gouvernement iraquien
s'est mis à appliquer systématiquement une politique de dissimulation,
de démenti et de refus de révéler les aspects les
plus importants de ses programmes d'armements interdits et des installations
connexes. Face à cette politique, la Commission a dû mettre
au point des méthodes d'inspection novatrices et créatives,
planifiées, organisées et exécutées de façon
à déjouer les manoeuvres de l'Iraq. Ces inspections et les
travaux d'analyse, bénéficiant de l'utilisation de techniques
de pointe et de méthodes de sciences appliquées, ont permis
depuis 1991 de mettre à jour dans toutes ses dimensions les programmes
complexes d'armes de destruction massive que possède l'Iraq. Pendant
les deux dernières années seulement, les inspections ont
permis de découvrir ce qui suit : un programme complet de mise au
point et de production d'armes biologiques; des travaux très avancés
sur l'agent neurotoxique VX de guerre chimique, extrêmement toxique;
et un programme complexe de mise au point et de production sur place de
moteurs de missiles de type SCUD dans le cadre du projet 1728 de l'Iraq.
De grandes quantités d'armes chimiques et de matériel, ainsi
que de missiles de longue portée et de machines de précision
utilisées dans ce domaine ont été détruites
sous la supervision de la Commission en application de la résolution
687 (1991). En 1996 encore, après la découverte du programme
secret d'armes biologiques, les vastes installations de recherche-développement
et de production d'armes biologiques de Al Hakam ont été
démolies.
5. Tout cela montre que des activités internationales
d'inspection menées sous les auspices de l'Organisation des Nations
Unies, si elles bénéficient d'un personnel hautement compétent
et de techniques modernes, peuvent être très efficaces.
6. La Commission poursuit ses travaux, car elle ne peut
affirmer que l'Iraq a rendu compte de toutes les armes, de tous les composants
et de toutes les capacités interdits à la section C de la
résolution 687 (1991). Dans la plupart des cas, lorsqu'il est pris
en flagrant délit par la Commission, l'Iraq reconnaît avoir
importé ou produit les articles interdits. Toutefois, il affirme
qu'il a lui-même détruit beaucoup d'entre eux, essentiellement
en 1991 et en 1992, dans le cadre de programmes non déclarés
et secrets. Ceux-ci auraient alors été exécutés
en contravention de la résolution 687 (1991), qui stipule que de
telles activités de destruction doivent être exécutées
sous supervision internationale menée par la Commission. En outre,
la politique de dissimulation de l'Iraq, décrite en détail
dans le rapport présenté par la Commission le 11 octobre
1996 (S/1996/848), visait à induire les inspecteurs en erreur et
à garder, dans les domaines interdits, des capacités limitées
mais néanmoins relativement importantes.
7. Depuis le printemps de 1996, la Commission a mené
une série d'inspections sans précédent visant à
détecter les méthodes de dissimulation utilisées et
à avoir accès aux armes, composants et instruments de production
interdits, ainsi qu'aux documents connexes que pourrait encore posséder
l'Iraq. Toutes ces activités sont menées conformément
au programme d'action conjoint dont sont convenus le 22 juin 1996 le Président
exécutif et le Vice-Premier Ministre de l'Iraq, et selon lequel
les tâches prioritaires sont les suivantes : destruction unilatérale
non déclarée, communication de documents, identification
des mesures utilisées pour dissimuler les articles interdits, et
réalisation d'un bilan matières dans chaque domaine.
8. Aux termes des résolutions 687 et 707 (1991),
l'Iraq est censé présenter des déclarations contenant
un état complet et définitif de ses programmes dans les domaines
des armes chimiques et biologiques et des missiles, et la Commission est
censée les vérifier. Toutefois, comme les différentes
déclarations présentées par l'Iraq au fil des ans
étaient inadéquates, incomplètes et insuffisamment
documentées, la Commission n'a pas pu procéder à cette
vérification. C'est là l'une des principales raisons pour
lesquelles les questions liées aux programmes iraquiens d'armes
de destruction massive et de missiles de longue portée n'ont pas
encore été éclaircies, si bien que la Commission ne
peut pas faire savoir au Conseil de sécurité, conformément
au paragraphe 22 de la résolution 687 (1991) que, à son avis,
l'Iraq a pris toutes les mesures prévues à la section C de
cette résolution. Afin d'accélérer le processus de
vérification et d'aider l'Iraq à déterminer les mesures
qu'il doit encore prendre, un processus novateur a été mis
au point par le Vice-Premier Ministre et le Président exécutif,
selon lequel la Commission présente à l'Iraq, au niveau politique,
des constatations détaillées et une description des problèmes
restant à régler. Ce processus a commencé à
être appliqué lors de la réunion tenue en décembre
1996 entre les deux personnalités, qui portait sur la question des
missiles. Il s'est poursuivi lors des entretiens analogues consacrés
aux armes chimiques en février et avril 1997 et aux armes biologiques
en avril 1997. Des séminaires, associés à ce processus,
ont été organisés au niveau technique, avec la participation
d'experts iraquiens et d'équipes d'experts internationaux appartenant
à la Commission.
9. Ce processus exige une présentation détaillée
et systématique de la part de la Commission et une réponse
tout aussi détaillée et vérifiable de la part de l'Iraq.
La Commission considère que ce processus a permis aux dirigeants
politiques iraquiens de comprendre beaucoup plus clairement quels sont
les problèmes et ce que l'Iraq est censé faire pour chercher
à les résoudre. Elle espère que, grâce à
ce lien direct établi entre le niveau politique et le niveau technique,
les progrès pourront reprendre en ce qui concerne certaines questions
techniques essentielles. Des résultats tangibles ont déjà
été réalisés dans le domaine des missiles et
des armes chimiques. Dans celui des armes biologiques, en raison des lacunes
particulières de la déclaration portant sur ces armes --
dont il est question plus en détail ci-après --, il n'a pas
encore été possible d'appliquer pleinement le processus.
Toutefois, l'Iraq a récemment accepté la proposition de la
Commission tendant à ce qu'une nouvelle déclaration dans
le domaine des armes biologiques soit mise au point en commun par les experts
de l'un et de l'autre. La déclaration devrait être accompagnée
des documents nécessaires à sa bonne vérification.
La Commission utilise au mieux ses ressources et son temps pour accélérer
le processus de vérification, réaliser le bilan matières
et préciser les questions qui restent à régler, afin
de pouvoir faire rapport au Conseil comme prévu au paragraphe 22
de la résolution 687 (1991). Les résultats obtenus jusqu'à
maintenant pendant la période considérée indiquent
que le processus constitue une approche fructueuse, qui devrait accélérer
les choses, pour peu que l'Iraq offre son entière coopération
et réponde en toute bonne foi aux initiatives et préoccupations
de la Commission.
10. Les dispositions de la déclaration commune
et du programme d'action conjoint, en date du 22 juin 1996, prévoient
une réunion bimestrielle au niveau politique entre l'Iraq et la
Commission à Bagdad pour faire le point des progrès accomplis
et de l'orientation à donner aux travaux futurs. La première
de ces réunions tenue au cours de la période considérée
a eu lieu du 19 au 21 octobre 1996. Le Président s'est rendu en
Iraq après avoir informé le Conseil du rapport semestriel
de la Commission qui avait été présenté le
11 octobre (S/1996/848).
11. Le Président a eu des réunions plénières
avec le Vice-Premier Ministre, M. Tariq Aziz, et une importante délégation
iraquienne. Dans l'ensemble, les réunions ont porté sur l'examen
du rapport d'octobre de la Commission. Les représentants de la Commission
ont expliqué les raisons pour lesquelles ils continuaient de se
préoccuper au sujet de divers aspects du mandat de la Commission,
dont celle-ci n'avait pas pu s'acquitter et ont souligné que, sur
la base des renseignements fournis par Bagdad, ils ne pouvaient pas encore
établir que toutes les armes, composantes et matières interdites
avaient été détruites comme l'avait affirmé
l'Iraq. Cela dit, le Président a continué à insister
auprès de la partie iraquienne pour qu'elle donne davantage de renseignements,
en particulier des documents, pour étayer les déclarations
qu'elle était tenue de faire en vertu des résolutions 687,
707 et 715 (1991) et qui avaient été présentées
à la Commission en juin et juillet 1996. Toutefois, la partie iraquienne
n'avait pas fait grand-chose pour répondre aux préoccupations
exprimées par la Commission au sujet des questions en suspens, mais
s'était étendue en longueur sur des domaines où elle
estimait que la description que la Commission avait donnée de la
situation dans son rapport d'octobre était exagérément
négative. Aucun progrès n'a été accompli s'agissant
des questions de fond. Le Vice-Premier Ministre a admis que d'autres travaux
étaient nécessaires et que le degré de coopération
atteint au niveau politique devrait être traduit en résultats
concrets aux niveaux technique et opérationnel.
12. À la suite de l'accord conclu au cours du séjour
que le Président a fait à Bagdad en octobre 1996, le Président
exécutif adjoint s'est rendu à Bagdad en novembre pour s'entretenir
du système de contrôle et de vérification continus
et des moyens à mettre en oeuvre pour en améliorer le fonctionnement.
L'équipe de la Commission a présenté des questions
générales de principe ainsi que des sujets précis
de préoccupation croissante à propos de la façon dont
l'Iraq coopérait aux opérations de contrôle. La partie
iraquienne a énoncé les domaines dans lesquels il devait
donner suite à des demandes précises de la Commission. L'Iraq
a pris quelques engagements tendant à améliorer ses déclarations
concernant le contrôle et la vérification continus. La Commission
cherche à simplifier les règles de présentation de
déclarations.
13. La visite bimestrielle suivante que le Président
a effectuée à Bagdad a eu lieu du 8 au 11 décembre
1996. Dans la déclaration qu'il a faite, il a notamment précisé
ce que la Commission savait au sujet de la destruction de missiles interdits
et a souligné que l'Iraq n'avait pas rendu compte de tous les missiles
qu'il avait admis avoir importés. Les experts de la Commission ont
démontré qu'aucune des nombreuses analyses des renseignements
fournis par l'Iraq n'avait abouti à un bilan matières zéro
des missiles interdits dont on savait qu'ils existaient à la fin
de la guerre du Golfe. En outre, il restait de nombreuses autres questions
en suspens, notamment la raison d'être du programme de destruction
secrète par l'Iraq et la déclaration récente de ce
pays selon laquelle des missiles, des composantes et des outils de fabrication
avaient été détournés, même pendant cette
opération de destruction. Dans sa réponse, le Vice-Premier
Ministre a admis que, sur certains points, l'Iraq pouvait faire plus pour
étayer sa déclaration selon laquelle tous les missiles interdits
avaient été détruits et s'est engagé à
ce que l'Iraq fasse plus pour répondre aux préoccupations
de la Commission.
14. Le Président a dit clairement à la partie
iraquienne que son refus d'autoriser l'enlèvement d'Iraq des restes
de missiles aux fins d'analyse par la Commission (dont il est question
aux paragraphes 41 à 44) violait les droits de la Commission et
entravait sérieusement l'établissement d'un état des
missiles interdits. Toutefois, l'Iraq a continué à empêcher
l'enlèvement des restes de missiles. Le 17 décembre, le Président
a écrit au Vice-Premier Ministre pour lui communiquer son évaluation
des réunions et a une fois de plus invité l'Iraq, conformément
à ses obligations, à remettre les restes de missiles. Cette
lettre a été distribuée aux membres du Conseil.
15. Le Président a de nouveau séjourné
à Bagdad du 20 au 23 février 1997. Outre la question des
restes de missiles, les deux parties ont commencé à s'entretenir
des questions en suspens concernant les armes chimiques. Le Président
a expliqué pourquoi la Commission s'inquiétait que l'Iraq
n'ait toujours pas rendu compte de façon intégrale et précise
de son programme de production d'armes chimiques. Elle a notamment abordé
la question de la production de l'agent neurotoxique VX, des documents
manquants, des ogives, bombes et munitions manquantes, et de matériel
de production d'armes chimiques non déclaré. Le Vice-Premier
Ministre a entrepris de répondre aux préoccupations de la
Commission, notamment en fournissant des réponses écrites.
Il a été convenu qu'une réunion de suivi au niveau
des experts se tiendrait en mars.
16. Au cours des réunions de février, l'Iraq
a fourni des éclaircissements supplémentaires au sujet des
questions en suspens concernant les missiles. Des progrès ont été
accomplis dans le recensement de missiles, notamment en confrontant numéros
de série et autres données pour s'assurer que les deux parties
travaillaient sur les mêmes bases. Toutefois, aucun élément
nouveau n'est apparu concernant les problèmes importants tels que
la dissimulation de missiles après la guerre et leur destruction
unilatérale. Une autre question abordée par le Président
a été le refus persistant de l'Iraq d'autoriser la Commission
à enlever les restes de missiles détruits préconisé
dans la déclaration du Conseil de sécurité en date
du 30 décembre 1996 (S/PRST/1996/49). Le Vice-Premier Ministre a
cherché à obtenir que du personnel iraquien soit associé
aux enquêtes de la Commission et à l'analyse des restes de
missiles. Le Président a écarté une telle possibilité.
En fin de compte, l'Iraq a accepté que les restes de missiles soient
enlevés du pays aux fins d'analyse. À l'issue des réunions,
le 23 février 1997, les deux parties ont convenu d'une déclaration
commune (S/1997/152), dans laquelle étaient décrits les modalités
d'enlèvement des restes de missiles, les principaux résultats
de la visite et les projets pour l'avenir immédiat.
17. Le 2 mars 1997, le Président s'est entretenu
à New York avec le Ministre des affaires étrangères
de l'Iraq, M. Mohammed Saeed Al-Sahaf. Les deux parties ont convenu que
l'établissement de relations fondées sur la coopération
étaient le meilleur moyen de résoudre les questions en suspens.
Le Président a soulevé quelques problèmes auxquels
la Commission s'était récemment heurtée dans la conduite
de ses opérations de contrôle en Iraq (voir par. 26 à
29).
18. Le 3 avril 1997, au cours de la réunion bimensuelle
de Bagdad, le Président a communiqué les dernières
informations dont disposait la Commission sur les fragments de missiles
qui avaient été enlevés. Les travaux sur les éléments
considérés prioritaires avaient déjà commencé.
Il faudrait encore plusieurs semaines ou mois avant qu'ils ne soient achevés.
19. Dans le domaine des armes chimiques, on avait quelque
peu avancé sur la manière de traiter certaines questions
délicates : essentiellement le potentiel dont disposait l'Iraq et
l'existence d'armes interdites. Le Vice-Premier Ministre a déclaré
que l'Iraq ne dissimulait pas d'armes chimiques d'aucune sorte ni de précurseurs.
Il a reconnu que l'Iraq avait procédé à des opérations
de destruction d'armes sans en avoir au préalable notifié
la Commission comme il était tenu de le faire et que ces destructions
demandaient une explication. Il a soutenu que l'absence d'explications
et de documents justificatifs ne devaient pas amener la Commission à
soupçonner l'Iraq de continuer à dissimuler des éléments
interdits. Le Président a exposé les mesures que la Commission
prendrait au cours des deux prochains mois en vue d'accélérer
les vérifications permettant de régler les questions en suspens.
Le Vice-Premier Ministre a demandé que le dossier des armes chimiques
soit clos au début du mois de juin 1997. Le Président a souligné
que les problèmes qu'il avait détectés devaient être
entièrement réglés et que l'Iraq devait présenter
à l'appui de ses déclarations des documents en confirmant
la véracité.
20. Le Président a réaffirmé que
la Commission restait persuadée que l'Iraq possédait encore
des documents concernant ses programmes de fabrication d'armes interdites.
Les documents reçus à ce jour provenaient, essentiellement,
des installations extérieures. Les organes centraux du Gouvernement
tels que la Société d'industrialisation militaire, le Ministère
de la défense et le Cabinet du Président devaient encore
détenir des documents. Le Président a officiellement demandé
la remise desdits documents, ce qui permettrait dans une large mesure de
vérifier les déclarations de l'Iraq. La partie iraquienne
s'est engagée à les rechercher et a déclaré
qu'il n'entrait nullement dans la politique du Gouvernement de dissimuler
des renseignements et que les documents étaient remis à la
Commission dès qu'ils étaient découverts.
21. Le Président a exposé l'état
de la vérification dans le domaine des armes biologiques. Il a précisé
sans équivoque que la déclaration que l'Iraq avait remise
à la Commission en juin 1996 ne permettait pas de procéder
à une vérification adéquate car elle était
pleine de lacunes et d'incohérences. Il a demandé à
la partie iraquienne de reconsidérer sa position et de remettre
à la Commission une nouvelle déclaration contenant un état
complet et exact de son programme d'armes biologiques. Il a indiqué
que la Commission travaillerait activement avec les spécialistes
iraquiens à cette fin. Au cours de la séance, l'Iraq, répondant
aux évaluations du Président, a déclaré qu'il
ne présenterait aucun élément d'information nouveau
mais se bornerait à reprendre les données figurant dans la
déclaration de juin 1996. Le Vice-Premier Ministre, tout en maintenant
que l'état présenté par l'Iraq était complet,
a reconnu qu'il fallait poursuivre les travaux dans le domaine des armes
biologiques. Il a déclaré formellement que l'Iraq ne dissimulait
pas d'agents de guerre biologique ni d'éléments entrant dans
la fabrication d'armes biologiques. Par la suite, dans une lettre en date
du 5 avril 1997, le Vice-Premier Ministre a indiqué que l'Iraq acceptait
les propositions du Président concernant une nouvelle déclaration
dans le domaine des armes biologiques.
22. Les deux parties ont examiné les problèmes
rencontrés lors des activités de contrôle et de vérification
en cours (voir par. 26 à 29). Le Président a souligné
la gravité, aux yeux de la Commission, des actions de l'Iraq, notamment
les menaces contre la sécurité des opérations héliportées.
La Commission a fait remarquer que l'Iraq s'efforçait de saper l'efficacité
des activités de contrôle en recourant à diverses tactiques.
La mauvaise volonté croissante manifestée par l'Iraq avait
conduit la Commission à mettre en doute la sincérité
de son engagement envers le processus de contrôle et cette tendance,
si elle n'était inversée, pourrait déboucher sur une
situation lourde de conséquences politiques, car on considérerait
que le système de contrôle ne pouvait plus fonctionner. Le
Vice-Premier Ministre a déclaré formellement que l'Iraq n'était
pas opposé au processus de contrôle ni en désaccord
de principe avec ses objectifs, mais restait attaché au système
de contrôle et de vérification en cours et ne changerait pas
de ligne de conduite. La mise en oeuvre par le Conseil de sécurité
du paragraphe 22 de sa résolution 687 (1991) était la clef
de voûte de la politique de l'Iraq. Son but était de voir
les activités de contrôle se dérouler de manière
à donner pleine satisfaction à la Commission, à l'AIEA
et au Conseil de sécurité. Le général Amer
Rashid, Ministre du pétrole, a traité des aspects pratiques
des activités de contrôle et avancé quelques suggestions
dans un esprit constructif dont le Président s'est félicité.
23. La création et le fonctionnement efficace d'un
système de contrôle et de vérification continus du
respect par l'Iraq de ses obligations constituent la condition nécessaire
pour que la Commission puisse faire rapport au Conseil en application du
paragraphe 22 de la résolution 687 (1991). Pour s'acquitter de sa
tâche, la Commission doit contrôler sur tout le territoire
iraquien les sites et facilités dotés de matériel
permettant de produire des armes interdites et rechercher les sites clandestins
où seraient menées des activités interdites. Pour
que le système de contrôle soit efficace, il doit donc avoir
une vaste portée et couvrir les principales installations, telles
que les usines pétrochimiques et biopesticides où des agents
de guerre chimiques ou biologiques pourraient être produits. Toutefois,
de tels agents peuvent aussi être produits clandestinement par l'Iraq
dans des installations telles que des brasseries, des usines fabriquant
du liquide pour les freins et même des laboratoires universitaires
de microbiologie possédant du matériel bivalent autorisé.
Ces derniers établissements doivent donc être également
couverts. À l'heure actuelle, la Commission contrôle régulièrement
plus de 300 sites en Iraq.
24. Depuis avril 1995, la Commission a maintenu en Iraq
un dispositif de contrôle continu dans tous les secteurs relevant
de sa compétence. Ce dispositif comprend divers processus interdépendants,
prévoyant des inspections sur place par des équipes résidentes,
des inspections aériennes et l'utilisation de moyens de télédétection,
y compris des caméras et des détecteurs chimiques.
25. L'efficacité du dispositif de contrôle
dépend de plusieurs facteurs. Parmi les plus importants sont l'exactitude
et l'exhaustivité des déclarations faites par l'Iraq en vertu
des plans de contrôle. Le système repose aussi sur l'hypothèse
que la Commission comprend clairement la portée et l'historique
des programmes d'armements interdits en Iraq. C'est dans ces conditions
seulement que la Commission peut avoir la conviction qu'elle contrôle
effectivement tous les emplacements et activités pertinents.
26. Comme indiqué dans le rapport précédent
de la Commission au Conseil (S/1996/848), le comportement de l'Iraq et
les irrégularités constatées en ce qui concerne l'exécution
de ses obligations ont eu un effet négatif sur la confiance que
l'on peut avoir dans le dispositif de contrôle. On a relevé
au cours des six derniers mois des efforts délibérés
de la part de l'Iraq pour limiter les activités de contrôle
de la Commission.
27. Les déclarations faites par l'Iraq aux fins
du contrôle devraient être très sensiblement améliorées.
Il semble que les problèmes rencontrés pour compiler ces
déclarations ne sont pas dus à ceux qui fournissent les faits
bruts, mais qu'ils proviennent de la Direction nationale de contrôle
de l'Iraq, qui est le service administratif créé pour assurer
la liaison avec les travaux de la Commission. La Commission a souvent découvert
que les intéressés avaient fourni des renseignements exacts
à la Direction nationale de contrôle mais que ces renseignements
avaient été ensuite falsifiés, si bien que les déclarations
présentées à la Commission prêtaient à
confusion et étaient inexactes. En outre, l'Iraq n'a pas fourni
des informations sur tous les sites et sur toutes les installations qui
possèdent du matériel bivalent devant être déclaré.
Pendant la période considérée, les équipes
de la Commission ont inspecté des sites où plusieurs centaines
d'articles bivalents n'avaient pas été déclarés.
28. Une des tâches de la Direction est de fournir
des accompagnateurs qui voyagent avec les équipes d'inspection de
la Commission pour veiller à ce qu'elles aient immédiatement
et inconditionnellement accès aux sites qu'elles contrôlent.
La Direction a essayé d'entraver les activités de la Commission
en limitant les heures et les jours où elle donne suite aux demandes
d'accompagnateurs. Lorsque des accompagnateurs de la Direction escortent
les inspecteurs de la Commission, ils interrompent souvent les interviews
et donnent au personnel iraquien se trouvant sur place des instructions
pour qu'il fournisse des informations erronées ou refuse de répondre
aux questions posées.
29. L'Iraq s'est efforcé en outre d'entraver les
activités de contrôle en appliquant une nouvelle politique
dans le cadre de laquelle tous les sites et installations ont pour ordre
de refuser l'accès aux inspecteurs en l'absence de représentants
de la Direction. Une autre tendance préoccupante a été
constatée, à savoir que l'Iraq a essayé de mettre
en oeuvre de nouvelles procédures aux termes desquelles une approbation
préalable doit être demandée à la Direction
pour obtenir communication des documents trouvés par les inspecteurs
sur les sites. Ces violations des droits de la Commission ont fait l'objet
de protestations de la part du Président dans une série de
lettres adressées à de hauts fonctionnaires iraquiens et
au Vice-Premier Ministre, et elles ont été mentionnées
également au cours des rencontres bimensuelles entre le Président
et le Vice-Premier Ministre.
30. Il s'agit là de problèmes graves et
la Commission continuera à travailler avec l'Iraq pour atteindre
les objectifs assignés au dispositif de contrôle. Toutefois,
les perspectives à long terme de l'établissement d'un climat
de confiance dépendent de la volonté de l'Iraq de s'acquitter
de ses responsabilités et de ses obligations dans le cadre du plan
de contrôle. Il faut maintenant que l'Iraq prenne rapidement des
mesures pour remédier à ces carences et qu'il fasse preuve
d'une discipline stricte pour s'acquitter de ses obligations, et ce de
façon continue. La Commission espère sincèrement que
les assurances données par le Vice-Premier Ministre lors de la visite
du Président à Bagdad en avril 1997 se concrétiseront
par des actes.
31. Durant la période considérée,
des incidents graves ont marqué les opérations aériennes
de la Commission. On se souviendra que la Commission a le droit, conformément
aux résolutions du Conseil et textes apparentés, de se déplacer
en avion et en hélicoptère, n'importe où en Iraq,
à toutes fins pertinentes, y compris d'inspection, surveillance,
relevés aériens, transport et logistique, sans obstruction
d'aucune sorte et conformément aux clauses et conditions qui peuvent
être déterminées par la Commission spéciale.
Ces droits ne peuvent être modifiés que par le Conseil. Les
violations de l'Iraq ont consisté en tentatives pour interdire le
survol de secteurs importants du territoire et pour refuser aux appareils
l'autorisation d'atterrir et de se ravitailler, ainsi qu'en menaces à
la sécurité et à l'intégrité des appareils
et de leurs équipages. L'Iraq a aussi menacé à de
multiples reprises d'abattre l'appareil de la Commission s'il ne suivait
pas l'itinéraire souhaité par l'Iraq. Au cours d'autres incidents,
l'hélicoptère iraquien s'est dangereusement approché
en cours de vol de l'appareil de la Commission pour le forcer à
dévier de son itinéraire et des Iraquiens se trouvant à
bord de cet appareil ont tenté par la force de s'emparer des commandes.
32. Le Président a soulevé ces questions
au cours des réunions qu'il a eues à Bagdad en février
puis il a adressé, le 14 mars 1997, une lettre au Vice-Premier Ministre
pour protester contre les actions de l'Iraq. Le 16 mars 1997, le Vice-Premier
Ministre a répondu à la lettre du Président. Il a
déclaré que l'Iraq avait coopéré avec la Commission
et qu'il ne fallait pas voir dans les incidents survenus récemment
un plan délibéré pour entraver le travail de la Commission.
Il a informé la Commission qu'il avait chargé les responsables
de faire le nécessaire pour que de tels incidents ne se renouvèlent
pas.
33. Pendant la visite à Bagdad du Président,
au mois d'avril, ces questions ont été à nouveau examinées.
Les deux parties ont reconnu qu'il fallait tenir pleinement compte des
droits de la Commission et des inquiétudes légitimes de l'Iraq
en matière de défense. Les discussions ont été
constructives et des arrangements ont été conclus en vue
de tenir compte dans la pratique des droits et des inquiétudes susmentionnés.
34. Le mécanisme de contrôle des exportations
et des importations, que gèrent conjointement la Commission et l'AIEA,
est pleinement opérationnel depuis six mois. Pendant cette période,
l'Iraq et les gouvernements des fournisseurs ont fourni un certain nombre
de notifications des exportations envisagées et effectives à
destination de l'Iraq d'articles identifiés dans les annexes aux
plans de contrôle et de vérification continus établis
par la Commission et l'AIEA.
35. L'introduction d'un système complet de contrôle
des exportations et des importations, avant l'assouplissement ou la levée
des sanctions, s'est révélée extrêmement utile
pour déterminer l'efficacité pratique du dispositif, en particulier
s'agissant des opérations à l'intérieur de l'Iraq.
On a créé l'infrastructure nécessaire pour assurer
le caractère confidentiel des informations commerciales fournies
dans le cadre du mécanisme.
36. Le groupe résident chargé du contrôle
des exportations et des importations continue à effectuer des inspections
en Iraq, souvent en association avec les experts d'autres équipes
de contrôle. En novembre 1996, une troisième équipe
non résidente de contrôle des exportations et des importations,
CSNU 165, a effectué des inspections dans un certain nombre de sites
pour obtenir des renseignements supplémentaires sur les procédures
d'importation.
37. Selon les plans de contrôle et de vérification
continus, l'Iraq doit prendre des mesures législatives interdisant
à toutes les personnes physiques et morales relevant de sa compétence
ou de son contrôle d'entreprendre en quelque lieu que ce soit des
activités qu'interdisent à l'Iraq les résolutions
687 et 707 (1991), d'autres résolutions connexes du Conseil ou les
plans de contrôle. L'Iraq doit aussi promulguer des lois pénales
pour poursuivre les personnes qui violent cette interdiction. Ces dispositions
sont analogues en nature à celles qui ont été acceptées
par les quelque 70 États qui sont actuellement parties à
la Convention sur les armes chimiques.
38. Au cours de la période considérée,
aucun progrès n'a été réalisé pour obtenir
de l'Iraq qu'il s'acquitte des obligations qui lui incombent à cet
égard. Chaque fois que la question est soulevée avec des
représentants iraquiens, la réponse est que ces mesures ne
posent aucun problème pour l'Iraq, qui va faire le nécessaire
pour adopter les textes législatifs pertinents. L'adoption des dispositions
législatives nécessaires est manifestement l'une des mesures
que l'Iraq doit prendre en vertu du paragraphe 22 de la résolution
687 (1991) avant que la Commission puisse faire rapport au Conseil conformément
à ce paragraphe.
39. Dans le cadre des efforts qu'elle déploie en
vue d'élucider les questions en suspens, la Commission a décidé
de soumettre les restes de missiles interdit à des analyses de laboratoire
approfondies. Le principal objectif visé était de recueillir
des données fiables concernant la quantité de missiles dont
l'Iraq s'était défait, en particulier dans le cadre des opérations
de destruction menées secrètement en 1991. Une équipe
(CSNU 158) a été envoyée en Iraq au début de
novembre 1996 afin de retirer du pays les restes de missiles qui y avaient
été enfouis. Des arrangements avaient été pris
avec le Gouvernement, qui avait accepté d'aider la Commission à
effectuer ses analyses dans un établissement spécialisé.
40. La mission CSNU 158 devait avoir lieu avant la réunion
entre le Vice-Premier Ministre et le Président de la Commission
prévue pour la mi-décembre 1996, dont il avait précédemment
été convenu qu'elle serait l'occasion d'essayer de régler
les questions en suspens touchant l'inventaire des missiles. On avait espéré
que certaines des principales conclusions de l'analyse faciliteraient les
réunions de décembre, dont les résultats finals devaient
être consignés dans le rapport attendu de la Commission en
avril 1997.
41. Les activités d'excavation ont débuté
le 6 novembre 1996 au site où les restes avaient été
enfouis. L'équipe et les représentants de l'Iraq ont photographié
et filmé sur bande vidéo tous les restes récupérés.
Une évaluation préliminaire a été conjointement
effectuée sur place par les experts de la Commission et leurs homologues
iraquiens. Le 14 novembre, la moitié environ des restes avaient
été retirés du site et transportés au Centre
de contrôle et de vérification de Bagdad, d'où ils
devaient être préparés en vue de leur exportation.
C'est alors que le général Amer Rashid avait subitement informé
l'Inspecteur principal que l'Iraq ne permettrait pas à la Commission
d'exporter les restes récupérés.
42. Le 15 novembre, le Président de la Commission
a averti le général Amer Rashid que les agissements de l'Iraq
contrevenaient de façon patente aux dispositions de la résolution
687 (1991). Il a indiqué qu'il était techniquement impossible
de procéder aux travaux de laboratoire requis dans le pays, comme
l'Iraq l'avait proposé, du fait du manque d'installations et de
moyens techniques. Il a réaffirmé que la Commission entendait
communiquer les résultats de son enquête à l'Iraq.
43. Le 16 novembre, le général Amer Rashid
a informé le Président par téléphone que l'Iraq
n'était pas disposé à revenir sur sa position et que
l'affaire resterait en suspens jusqu'à son prochain passage à
Bagdad. Le Président l'a avisé (de même que le Vice-Premier
Ministre, dans une lettre du même jour) que tout retard dans le règlement
de la question des missiles serait imputable à l'Iraq.
44. Au cours des réunions tenues à Bagdad
en décembre 1996, l'Iraq est resté sur sa position et a refusé
d'autoriser l'enlèvement des restes. Le 18 décembre, le Président
a informé le Conseil que l'affaire piétinait. Le 30, le Conseil
a adopté une déclaration de son président (S/PRST/1996/49),
dans laquelle, entre autres dispositions, il déplorait que l'Iraq
ait refusé d'autoriser la Commission à enlever les restes
aux fins d'analyse.
45. En dépit de la déclaration du Président
du Conseil, l'Iraq a continué de refuser à autoriser l'enlèvement
des restes. Lors de son passage à Bagdad en février 1997,
le Président a appelé l'attention sur la déclaration
du Conseil. À l'issue de discussions laborieuses, l'Iraq a accepté
que les restes de missiles soient enlevés, ce qui a été
fait au début de mars 1997. L'analyse des restes est actuellement
effectuée sous la supervision d'équipes de la Commission
dans des laboratoires en France et aux États-Unis.
46. Compte tenu de l'effet cumulatif des travaux accomplis
au cours des six années qui se sont écoulées depuis
que le cessez-le-feu a pris effet entre l'Iraq et la Coalition, il ne reste
pas grand-chose à découvrir sur les capacités conservées
par l'Iraq en matière de fabrication d'armes interdites.
47. On ne saurait toutefois négliger les éléments
qui n'ont pas encore été identifiés. L'existence d'un
stock limité de missiles à longue portée serait une
source de grave préoccupation si ceux-ci étaient équipés
d'ogives contenant l'agent neurotoxique le plus létal, l'agent VX.
Si une seule ogive était remplie de l'agent biologique Anthrax,
plusieurs millions de doses létales pourraient être répandues
lors d'une attaque menée entre n'importe quelle ville de la région.
Consciente de ce danger, la Commission spéciale a déployé
des efforts extraordinaires pour identifier la totalité des armes
de destruction massive et missiles à longue portée dont dispose
l'Iraq, afin de s'assurer que tous les éléments interdits
ont été détruits.
48. Le présent rapport décrit les diverses
activités menées par la Commission au cours des six derniers
mois pour s'acquitter pleinement de son mandat. Cette période a
été une période d'activité intense. Les questions
prioritaires exposées dans le programme d'action conjoint du 22
juin 1996 ont été étudiées à fond, l'accent
étant mis sur les questions difficiles que posent les opérations
de destruction menées secrètement, la fourniture de documents,
les activités de dissimulation et le bilan matières.
49. On a essayé de faire la fusion des travaux
d'experts techniques et du dialogue politique au niveau du Vice-Premier
Ministre et du Président exécutif. La transformation de leurs
réunions bimensuelles en un séminaire politique et technique
auquel participent les experts scientifiques et techniques de la Commission
et de l'Iraq a pour objectif de ramener à une dimension plus facilement
maîtrisable les principales questions non réglées.
En ce qui concerne les missiles et les armes chimiques, cet objectif a
été réalisé. En revanche, en ce qui concerne
les armes biologiques, à propos desquelles l'Iraq a présenté
des informations plutôt chaotiques, la situation est loin d'être
claire. Pour remédier à ce problème, les deux parties
ont récemment conclu un accord en vertu duquel elles collaboreraient
à la mise au point d'une déclaration bien structurée
qui pourrait servir de base aux opérations de vérification.
50. Au cours de la période considérée,
l'Iraq a de façon générale coopéré avec
les équipes de visite de la Commission. Il a cependant longtemps
refusé d'autoriser la Commission à retirer les restes de
missiles que ses excavations avaient mis à jour au début
de novembre 1996 et qu'elle souhaitait faire analyser à l'étranger.
À la suite du retard de quatre mois entraîné par ce
refus, il n'a pas été possible de présenter la question
au Conseil de sécurité dans le cadre du présent rapport.
51. Pour que les dispositions du paragraphe 22 de la résolution
687 (1991) puissent être mises en oeuvre, il faut que la Commission
puisse confirmer que le mécanisme de contrôle des avoirs industriels,
chimiques et biologiques de l'Iraq, destiné à empêcher
ce pays d'acquérir des armes interdites et les moyens d'en fabriquer,
est pleinement opérationnel. Si le système continue à
fonctionner, certaines activités menées par l'Iraq pour faire
obstacle aux activités d'inspection, restreindre leur portée
et mettre en danger les opérations aériennes suscitent des
doutes quant aux intentions à long terme de l'Iraq et constituent
un défi à l'ensemble du système.
52. Compte tenu de l'engagement ferme que le Vice-Premier
Ministre a pris récemment de se conformer au système de contrôle
de manière à donner satisfaction à la Commission,
à l'AIEA et au Conseil de sécurité, il y a lieu d'espérer
que la situation cessera de se détériorer et que le système
pourra de nouveau engendrer la confiance requise pour convaincre la communauté
internationale que l'Iraq n'a pas repris ses activités concernant
les armes interdites.
53. Les fournitures et autres formes d'appui que l'Iraq
reçoit de l'étranger jouent un rôle important dans
l'acquisition par l'Iraq d'armes de destruction massive. De nombreux gouvernements
ont fait le maximum pour permettre à la Commission d'avoir accès
aux personnes, aux données et aux documents qui revêtent de
l'importance du point de vue des efforts déployés par l'Iraq
pour acquérir de telles armes. Leur concours contribue à
accélérer la mise en oeuvre du mandat de la Commission. Un
petit nombre de gouvernements cependant ont préféré
jusqu'ici ne pas répondre aux demandes d'information répétées
que la Commission leur a adressées, dans certains cas depuis longtemps,
pour obtenir des informations concernant des achats en provenance de leur
pays. Tant que la Commission n'aura pas de réponse à ce sujet,
la vérification de certaines parties des programmes interdits de
l'Iraq sera retardée. Il serait tout à fait regrettable que
la Commission se trouve, de ce fait, dans l'impossibilité de faire
rapport en application du paragraphe 22 de la résolution 687 (1991).
54. L'évaluation de la politique menée par
l'Iraq au cours de la période considérée fait nécessairement
ressortir des éléments contradictoires. D'un côté,
l'Iraq n'a présenté pratiquement aucun élément
nouveau. D'un autre côté, le Vice-Premier Ministre a déployé
des efforts constructifs pour mettre au point des méthodes novatrices
permettant de progresser et pour appliquer les arrangements convenus entre
les deux parties. Un exemple significatif à cet égard concerne
l'autorisation récemment accordée aux inspecteurs qui cherchaient
à identifier certaines activités de dissimulation de l'Iraq
d'accéder à des sites sensibles, conformément aux
modalités définies par la Commission.
55. Un cadre solide assorti de procédures éprouvées
et efficaces a été mis en place. Il est temps maintenant
que l'Iraq s'en serve pleinement et fournisse les documents et les données
voulus pour concrétiser l'engagement qu'il a pris de coopérer
pleinement avec la Commission. Vu la nature des problèmes qui subsistent,
ceux-ci ne peuvent être résolus uniquement au moyen d'un processus
technique. Leur solution exige l'adoption, par les dirigeants du pays,
de la décision politique majeure de renoncer une fois pour toutes
aux moyens et à l'ambition de conserver ou d'acquérir des
armes interdites. La Commission dispose en pareil cas des moyens nécessaires
pour s'acquitter rapidement et efficacement de ses obligations. En attendant,
elle poursuivra ses activités d'inspection visant à exposer
étape par étape les divers éléments des programmes
d'armement de l'Iraq.
Paragraphes Page
I. ACTIVITÉS DANS LE DOMAINE BIOLOGIQUE
1 - 11
17
II. ACTIVITÉS DANS LE DOMAINE CHIMIQUE
12 - 23 18
III. ACTIVITÉS RELATIVES AUX MISSILES
24 - 41 20
IV. ACTIVITÉS DANS LE DOMAINE NUCLÉAIRE
42 - 43 25
V. ENQUÊTE SUR L'OPÉRATION DE DISSIMULATION
44 - 51 25
VI. QUESTIONS DIVERSES
52 - 59 27
1. En juin 1996, l'Iraq a présenté ce qu'il
a déclaré être un état définitif et complet
du programme biologique interdit. On trouvera une première évaluation
de ce document dans le rapport présenté par la Commission
en octobre 1996 (S/1996/848). Depuis lors, la Commission a conclu, sur
la base de cinq inspections de contrôle, des informations obtenues
et des évaluations d'un groupe international d'experts, que la déclaration
de juin 1996 ne présente pas un bilan exact et complet du programme
relatif aux armes biologiques interdites.
2. Des inspections de vérification ont été
effectuées en Iraq tous les mois entre octobre 1996 et mars 1997.
Elles ont continué à révéler des lacunes dans
les explications données du programme relatif aux armes biologiques
ainsi que des indices selon lesquels l'Iraq dissimule des aspects importants
de ce programme. L'inspection d'octobre (CSNU 159) était axée
sur les essais effectués par l'Iraq sur le terrain. D'après
les informations recueillies au cours des entretiens et d'après
les documents, il y a eu davantage d'essais sur le terrain que ne le reconnaît
l'Iraq. Un incident troublant s'est produit en octobre 1996; au cours d'une
pause dans un entretien, un haut fonctionnaire iraquien a tenté
de persuader l'expert iraquien interrogé de modifier ses déclarations.
3. En novembre 1996, une équipe d'inspection (CSNU
163) n'a pas réussi à prélever d'échantillons
des agents de guerre biologiques utilisés au cours des essais parce
que l'Iraq ne semblait pas décidé à indiquer les emplacements
précis des essais. En décembre 1996, la déclaration
de l'Iraq concernant la destruction d'ogives contenant des agents biologiques
a été soumise à vérification. La Commission
dispose d'indices montrant clairement que des ogives n'ont pas été
détruites à la date et à l'emplacement indiqués
par l'Iraq. Les récentes explications données par l'Iraq
n'ont pas permis de clarifier cette question.
4. Une mission effectué en janvier 1997 (CSNU 169)
avait pour but de vérifier la déclaration concernant la production
en vrac d'agents de guerre biologiques. Des incohérences dans la
déclaration rendaient cette vérification difficile. Aucun
document n'avait été communiqué à l'appui des
affirmations iraquiennes qui ne cadrent pas avec les informations que la
Commission tient d'autres sources. Dans plusieurs domaines, le personnel
essentiel n'a pas été mis à la disposition de la Commission
pour les entretiens. Compte tenu de ces problèmes, il n'a pas été
possible de procéder à la vérification.
5. En février 1997, une équipe (CSNU 173)
a procédé à une excavation à l'un des emplacements
où des destructions auraient eu lieu secrètement. Cette excavation
a fait apparaître notamment trois bombes pratiquement intactes du
type que l'Iraq a déclaré être des armes biologiques.
Une équipe d'experts prélèvera des échantillons
de ces bombes.
6. En février et mars 1997, une équipe d'inspection
(CSNU 174) a tenté d'établir les faits concernant le processus
décisionnel de l'Iraq visant à dissimuler le programme relatif
aux armes biologiques. De même qu'en janvier 1997, certains agents
essentiels n'ont pas pu être interrogés, bien que des demandes
aient été présentées à l'avance, et
certains de ceux qui ont été interrogés ont tenté
de dissimuler la nature et l'ampleur des décisions prises en la
matière.
7. En mars 1997, la Commission a réuni un groupe
international d'experts pour examiner et évaluer l'exactitude de
la déclaration concernant le programme relatif aux armes biologiques
interdites. Des experts ont conclu notamment que l'Iraq avait omis de signaler
certaines importations de matériel et d'équipements, notamment
de milieux de culture. Il avait sous-évalué dans ses rapports
la production d'agents de guerre biologiques en vrac. La production d'aflatoxine
telle qu'elle a été déclarée était impossible.
Les déclarations concernant les destructions n'étaient pas
étayées de suffisamment de preuves et ne contenaient pas
de décompte détaillé des activités d'achat
pour le programme relatif aux armes biologiques.
8. Au cours des réunions qui ont eu lieu à
Bagdad au mois d'avril, le Président a indiqué clairement
que les déclarations fournies par l'Iraq en juin 1996 ne pouvaient
pas servir de base pour les activités de vérification nécessaires.
Ainsi qu'il est dit dans le corps du rapport, l'Iraq a accédé
à la suggestion du Président concernant l'établissement
de nouvelles déclarations.
Activités de contrôle
9. Les équipes de contrôle biologique de
la Commission basées à Bagdad suivent actuellement régulièrement
86 emplacements. En outre, la Commission a envoyé en Iraq des équipes
spécialisées pour des inspections axées sur les documents
et le matériel. Des inspections multidisciplinaires ont eu lieu.
Elles ont permis de découvrir plusieurs articles importants ainsi
que des pièces détachées et des fournitures, qui n'avaient
pas été déclarées.
10. L'Iraq n'a toujours pas déclaré tous
les emplacements où se trouve du matériel biologique à
double usage. L'équipe de contrôle basée à Bagdad
continue de repérer de tels emplacements que l'Iraq aurait dû
déclarer.
11. Pour plusieurs sites biologiques importants, l'Iraq
doit fournir mensuellement des informations sur les activités en
cours. Or, à plusieurs reprises, l'Iraq n'a pas fourni les informations
requises sur des modifications qui ont été découvertes.
Bien que le processus de contrôle en cours ait démarré
en avril 1995, l'équipe de contrôle continue de trouver des
divergences dans ce qui a été signalé à la
Commission.
12. Au cours de la période considérée,
quatre inspections ont été effectuées par des équipes
de la Commission qui ne sont pas basées à Bagdad. En décembre
1996, l'équipe de la CSNU 170 a effectué une mission d'échantillonnage
en Iraq pour tenter d'établir si des composés entrant dans
la composition des armes chimiques avaient été détruits
secrètement. Une autre équipe, la CSNU 171, a découvert
des quantités notables de cartouches vides à double usage,
que l'Iraq avait évaluées pour utilisation dans son arsenal
chimique mais qu'il n'avait pas déclarées à la Commission.
Six articles ont été transportés au Centre de contrôle
et de vérification de Bagdad et seront exportés pour analyse
plus poussée à l'étranger.
13. Les efforts déployés par la Commission
pour vérifier l'état complet et définitif dans le
domaine chimique, que l'Iraq avait présenté à la Commission
en juin 1996, ont fait apparaître des inexactitudes et la nécessité
d'informations complémentaires sur certains points. Après
avril 1991, l'Iraq a conservé une partie de ses moyens dans le domaine
des armes chimiques, notamment du matériel qu'il a déclaré
avoir détruit secrètement ou transféré en vue
d'utilisation pour des activités non liées aux objectifs
interdits. Toutefois, la Commission n'a pas pu vérifier la destruction
secrète et elle a découvert que, contrairement aux assertions
de l'Iraq, certains moyens avaient effectivement été utilisés
dans son programme relatif aux armes chimiques.
14. S'agissant des ogives spéciales pour missiles
interdits, fabriquées aussi bien pour les armes chimiques que pour
les armes biologiques, l'Iraq n'a pas encore fourni un décompte
détaillé des quantités et types d'ogives fabriqués,
ni un calendrier de leur fabrication et remplissage et de leur destruction
secrète présumée. La Commission dispose d'indices
selon lesquels l'Iraq a fourni des informations inexactes dans ce domaine.
L'analyse des documents obtenus au cours d'inspections a montré
que l'Iraq n'avait pas encore déclaré toutes les bombes chimiques.
C'est pourquoi, le problème du décompte des munitions chimiques
n'est pas encore résolu.
15. La question de l'élimination définitive
du programme de production de l'agent neurotoxique extrêmement puissant
VX n'a pas encore été réglée. L'Iraq a nié
toutes activités dans ce domaine jusqu'en 1995, lorsque la Commission
lui a présenté des preuves contraires. Même après
avoir reconnu les faits, l'Iraq continue à sous-évaluer les
résultats obtenus dans la production de l'agent VX, affirmant que
ses activités n'ont été menées qu'en laboratoire/usine
pilote. Il affirme avoir détruit secrètement en 1991 des
centaines de tonnes de précurseurs de l'agent VX. La Commission
dispose d'indices selon lesquels l'Iraq a acquis la technologie et conserve
du matériel pour la production de l'agent VX à grande échelle.
16. Le matériel à double usage qui avait
été utilisé pour la production d'armes chimiques et
de matériel d'analyse pour les contrôles de qualité
des agents de guerre chimiques produits est également un sujet de
préoccupation. Plusieurs articles restent encore en Iraq.
17. L'Iraq a reconnu qu'en été 1988 une
décision importante avait été prise au niveau le plus
élevé concernant l'amélioration de ses capacités
en ce qui concerne les armes chimiques. En l'absence de certains documents
essentiels, la Commission ne connaît pas exactement l'ampleur et
les buts du programme relatif aux armes chimiques au cours de la dernière
phase. Le régime de contrôle en souffre.
18. L'Iraq n'a pas communiqué de documents sur
les connaissances techniques, par exemple des manuels de production des
armes chimiques, ou de contrats commerciaux intéressant le programme
relatif aux armes chimiques. Dans ces conditions, la Commission ne peut
que considérer que ces documents sont conservés en vue d'une
reprise de la production interdite.
19. Le Président a porté ces questions à
l'attention du Vice-Premier Ministre lors de la rencontre de février
1997. Au cours des discussions, le Vice-Premier Ministre a reconnu que
l'Iraq devait tenir compte des préoccupations de la Commission et
il a promis de clarifier certains des problèmes. Par la suite, l'Iraq
a fourni quelques éclaircissements par écrit. À la
fin du mois de mars 1997, une équipe internationale de chimistes
a tenu des entretiens techniques avec la partie iraquienne, en préparation
de la visite du Président à Bagdad au mois d'avril. Le Président
et le Vice-Premier Ministre ont examiné les résultats de
la réunion technique. Le Président a souligné qu'il
était important de résoudre le petit nombre de questions
en suspens et il a engagé l'Iraq à apporter des clarifications
nécessaires ainsi que des éléments de preuve vérifiables.
L'Iraq s'est engagé à répondre.
Activités de contrôle
20. Depuis sa création en octobre 1994, le Groupe
de contrôle chimique basé à Bagdad a procédé
à plus de 550 inspections. Quelque 150 installations en Iraq font
actuellement l'objet d'inspections régulières. Le Groupe
multinational actuel est composé de 11 inspecteurs et techniciens
de laboratoire ayant une expérience de la chimie analytique, de
la chimie des procédés, de la destruction de munitions et
d'explosifs, et de la production d'armes chimiques.
21. La Commission a récemment installé un
système de contrôle de l'air avec spectromètres infrarouges
de Fourier afin d'enregistrer des signatures spectrales dans l'infrarouge
de plusieurs installations industrielles et sites d'entreposage de produits
chimiques. Cette technologie de télédétection aidera
la Commission en complétant ses informations de référence
ainsi que sa base de données historiques sur les émissions.
22. Le 16 janvier 1997, l'Iraq a présenté
la déclaration semestrielle qu'il doit soumettre en vertu du plan
de contrôle et de vérification continus. On a constaté
certaines améliorations par rapport à la déclaration
précédente mais elle ne remplit pas encore toutes les conditions.
23. Les équipes de contrôle de la Commission
ont découvert quelque 200 articles de matériel à double
usage non déclaré, notamment des échangeurs de chaleur,
des récipients de réacteur en verre et des colonnes de distillation
pouvant être utilisés pour des activités relatives
aux armes chimiques interdites. Quelque 800 articles de matériel
connexe ont également été trouvés. Ces découvertes
montrent que l'Iraq ne s'acquitte pas pleinement de ses obligations en
matière d'information sur le matériel à double usage.
24. Durant la période considérée,
la Commission a continué de s'attacher à vérifier
la déclaration présentée par l'Iraq en juillet 1996,
qui contient l'état définitif et complet de ce pays dans
le domaine des missiles. Les principales questions en suspens ont été
examinées lors de deux séries de pourparlers au niveau politique
entre le Vice-Premier Ministre et le Président. Durant les pourparlers
de décembre, la Commission a présenté sous forme très
détaillée les points qui la préoccupaient, c'est-à-dire
essentiellement l'inventaire des missiles opérationnels interdits.
À la suite des enquêtes de la Commission, il est apparu que
l'Iraq n'avait pas présenté suffisamment d'éléments
d'information concernant la destruction de tous les missiles interdits.
Les déclarations de l'Iraq sur les opérations secrètes
de destruction ne correspondaient pas aux faits établis par la Commission.
S'efforçant de tromper celle-ci, l'Iraq avait essayé de falsifier
les documents pertinents. Les enquêtes de la Commission ont également
permis de déceler un certain nombre d'autres domaines qui demandaient
des explications et des éclaircissements supplémentaires.
Le Président a souligné les préoccupations de la Commission
quant à la décision prise par l'Iraq de procéder en
1991 à la destruction secrète des missiles opérationnels
interdits, en violation de la résolution 687 (1991). En particulier,
ces préoccupations portaient sur les décisions politiques
qui avaient été prises à cet égard, la diffusion
des ordres de destruction et leur application effective. Dans une lettre
du 4 novembre 1996, le Président a demandé à l'Iraq
de fournir des documents spécifiques concernant les opérations
secrètes de destruction afin d'accélérer la vérification.
Aucune réponse n'a été reçue jusqu'à
présent.
25. Les arguments avancés par l'Iraq lors des réunions
de décembre, qui visaient à prouver qu'il avait déjà
été rendu compte de tous les missiles opérationnels
interdits, n'étaient pas satisfaisants. Le Vice-Premier Ministre
a reconnu que l'Iraq devait consacrer d'autres travaux à la question
et a suggéré que celle-ci soit réexaminée lors
de la prochaine série de pourparlers au niveau politique en février
1997.
26. Durant les pourparlers de février, l'Iraq a
présenté des explications qui ont permis d'avancer dans l'inventaire
des missiles interdits. Il a offert de nouveaux éclaircissements
sur le nombre de missiles et de lanceurs qui avaient été
secrètement détruits en 1991, ainsi que sur les procédés
et méthodes employés. Après les pourparlers de février,
l'Iraq a présenté, à la demande de la Commission,
de nouvelles explications sur le bilan matières dans des domaines
tels que les carburants et les systèmes de guidage. Ces explications
feront l'objet de nouvelles vérifications. La Commission attend
toujours un rapport sur les sites où ont été effectuées
les opérations secrètes de destruction, ainsi que des documents
apportant une réponse aux demandes qu'elle a faites.
27. Afin d'obtenir des données concrètes
sur les missiles détruits, la Commission a décidé
de récupérer les restes des missiles enfouis afin de procéder
à des analyses techniques. Après un retard prolongé
qui est décrit dans le corps du présent rapport, l'Iraq est
finalement convenu, le 23 février 1997, de présenter ces
restes. La Commission a alors convoqué, du 17 au 21 mars 1997, un
séminaire d'experts internationaux qui a été suivi
par les représentants des laboratoires nationaux ayant offert d'effectuer
les analyses techniques, ainsi que par les experts constituant les équipes
de supervision de la Commission dans ces laboratoires. Les participants
ont examiné chaque moteur afin de déterminer la tâche
spécifique de chaque laboratoire. Ils ont mis au point des procédures
afin d'analyser de manière rapide et efficace les restes des missiles
et ont établi des modalités concrètes pour la supervision
de ces travaux par la Commission. Les analyses ont commencé dans
les laboratoires des États-Unis et de la France les 24 mars et 7
avril 1997 respectivement. La Commission estime qu'elles fourniront des
données précieuses pour vérifier les méthodes
et procédés employés pour les opérations secrètes
de destruction, qu'elles feront la lumière sur les efforts déployés
par l'Iraq pour produire des moteurs de missiles et leurs composants et
qu'elles contribueront ainsi à résoudre les questions relatives
à l'inventaire des missiles.
28. Par ailleurs, la récupération des restes
des missiles a repris en janvier 1997 sous la supervision d'une nouvelle
équipe (CSNU 177). Les recherches ont été cette fois
étendues aux emplacements déclarés des opérations
secrètes de destruction. À la suite de cette activité
qui a duré deux mois, l'équipe a trouvé quatre autres
moteurs complets que l'Iraq n'avait pas encore déclarés jusqu'ici
à la Commission. Cette découverte a prouvé que la
Commission avait eu raison d'estimer, lors des réunions de décembre,
que tous les moteurs n'avaient pas été inventoriés
et présentés aux fins de vérification.
29. La Commission a poursuivi ses inspections afin de
vérifier l'état définitif et complet présenté
par l'Iraq en juillet 1996. Conformément au programme d'action conjoint
du 22 juin 1996, cette activité a été axée
sur les bilans matières concernant les missiles et équipements
associés, ainsi que sur les outils spécialisés utilisés
par l'Iraq pour produire les missiles interdits. Afin de vérifier
les bilans matières, la Commission a cherché à établir
le dispositif de "garde permanente" qui permettrait de comptabiliser les
articles pertinents durant la période écoulée entre
l'adoption de la résolution 687 (1991) et le moment où l'Iraq
a déclaré que les articles avaient été détruits.
Faute de documents, la Commission doit continuer à s'entretenir
avec le personnel responsable.
30. Durant la période considérée,
la Commission a effectué deux missions de vérification de
l'état définitif et complet. Durant la première --
CSNU 168 -- qui a eu lieu en novembre 1996, elle s'est efforcée
de repérer les mouvements et les lieux d'entreposage des articles
interdits principalement associés au projet 1728, qui constituait
la principale activité de l'Iraq visant à produire des moteurs
de missiles interdits. Grâce à des entretiens et à
des inspections sur place, y compris des fouilles sur les lieux d'un emplacement
secret, la Commission a pu obtenir des éléments d'information
qui ont corroboré certaines parties des déclarations iraquiennes
sur les opérations secrètes de destruction. Toutefois, de
nombreuses contradictions sont apparues entre les informations figurant
dans l'état définitif et complet et les faits dont disposait
la Commission. L'Iraq devra consentir des efforts supplémentaires
afin de rendre pleinement compte des articles et équipements interdits
concernant le projet 1728. L'équipe a également relevé
des contradictions dans le bilan matières des composants interdits
relatifs au projet Karama, qui constituait la principale activité
de l'Iraq visant à produire des systèmes de guidage et de
commande pour les missiles interdits. L'équipe de la CSNU 168 a
entrepris des préparatifs pour les pourparlers au niveau politique
de décembre, notamment en s'entretenant avec le personnel chargé
de l'entreposage, du mouvement, de la destruction et de l'inventaire des
missiles interdits que l'Iraq a déclaré avoir secrètement
détruits en 1991.
31. En janvier 1997, l'équipe de la CSNU 176 a
été envoyée afin de recueillir diverses explications
précédemment demandées, de les examiner avec les homologues
iraquiens et d'effectuer des entretiens afin de vérifier les parties
pertinentes de l'état définitif et complet. Il s'est toutefois
avéré que la plupart des explications nécessaires
n'étaient pas prêtes, quoique certaines aient été
sollicitées bien à l'avance. Malgré des demandes répétées
depuis septembre 1996, l'Iraq n'a pas permis à l'équipe d'avoir
accès au personnel qui était au courant de certains événements
reliés aux opérations secrètes de destruction. La
situation s'est détériorée au point où l'équipe
a dû suspendre ses activités. Bien que l'Iraq ait ultérieurement
fourni ou offert de fournir les documents requis, les efforts de la CSNU
176 n'ont généralement pas abouti et du temps précieux
a été perdu.
32. Lors de la vérification des déclarations
iraquiennes, la Commission a déployé des efforts considérables
pour reconstituer le programme de l'Iraq relatif aux missiles interdits.
Dans un esprit de coopération, elle a même entrepris en 1994
d'établir la chronologie du programme afin que l'Iraq puisse l'authentifier
en tant que description officielle des activités iraquiennes pertinentes.
Au milieu de 1995, ce travail était près d'être achevé,
de nombreuses parties ayant été certifiées exactes
par l'Iraq. Toutefois, il est apparu peu après que, dans de nombreux
domaines importants, l'Iraq avait fourvoyé la Commission en fournissant
des informations inexactes afin de cacher les progrès importants
accomplis dans les programmes relatifs aux missiles interdits. Il a donc
fallu que la Commission reprenne ses activités de vérification.
33. Durant la période examinée, la Commission
a progressé dans la vérification du nouvel état définitif
et complet de juillet 1996. Elle a toutefois constaté que cet état
était incorrect et incomplet dans un certain nombre de cas. Un nouvel
élan a été donné en décembre grâce
à la série de pourparlers au niveau politique entre le Vice-Premier
Ministre et le Président, l'Iraq s'étant engagé à
tenir pleinement compte des préoccupations de la Commission. Après
décembre, l'Iraq a présenté plusieurs documents nouveaux
concernant les questions examinées lors de la réunion. Ces
documents sont actuellement à l'étude.
Activités de contrôle
34. Durant la période considérée,
les équipes chargées du contrôle des missiles ont effectué
plus de 250 inspections et ont activement participé avec les autres
équipes résidentes à des inspections communes d'emplacements
présentant un intérêt dans divers domaines. De plus,
la Commission a mené deux inspections spéciales concernant
les systèmes de missiles non interdits, c'est-à-dire ceux
dont la portée est inférieure à 150 kilomètres.
En novembre et décembre 1996, les équipes de contrôle
ont effectué les deuxième et troisième vérifications
annuelles des systèmes de missiles opérationnels non interdits.
Elles ont constaté que ces missiles n'avaient pas été
modifiés à des fins interdites. En mars 1997, la CSNU 181
a inspecté diverses unités militaires afin de vérifier
que les emplacements pertinents n'étaient pas consacrés à
l'entretien ou à l'exploitation des systèmes de missiles
interdits, ni à l'entraînement les concernant. Aucun élément
de preuve concernant des activités interdites n'a été
trouvé.
35. Depuis l'adoption de la résolution 687 (1991),
l'Iraq a poursuivi des programmes de missiles non déclarés.
La Commission a découvert des cas spécifiques d'activités
relatives aux missiles interdits. L'Iraq s'est également efforcé
d'acquérir secrètement des composants et des techniques concernant
ces missiles. Les activités iraquiennes dans ce domaine continuent
d'être suivies de près grâce aux activités de
contrôle continu et à des inspections spéciales.
36. En octobre 1996, l'équipe de la CSNU 164 a
mené une enquête sur les opérations d'achat reliées
aux missiles que l'Iraq a effectuées depuis 1991. À la fin
de 1995, l'Iraq a reconnu certaines de ces opérations, y compris
des livraisons effectives, et a fourni des informations sur les commandes
faites par des intermédiaires et des entreprises prête-noms
afin d'acquérir du matériel, des techniques et des équipements
interdits ou à double usage pour ses installations de missiles.
Grâce à l'inspection d'un certain nombre d'emplacements industriels
et de sociétés de commerce, l'équipe de la CSNU 164
a recueilli des informations sur ces opérations qui lui ont permis
de combler diverses lacunes. Certaines questions préoccupantes n'en
continuent pas moins à se poser, y compris une tentative non déclarée
visant à obtenir une aide étrangère concernant un
composant essentiel de moteur de missile interdit. La Commission entend
continuer à mener, dans le cadre de son contrôle continu,
des inspections et des enquêtes en ce qui concerne les opérations
d'achat actuelles ou récentes de l'Iraq.
37. La Commission continue à envoyer en Iraq des
équipes spécialisées qui effectuent des analyses techniques
des programmes actuels de l'Iraq visant à mettre au point et à
fabriquer des systèmes de missiles non interdits. En janvier 1997,
la CSNU 166 a examiné les activités relatives au missile
Samoud qui a une portée déclarée de moins de 150 kilomètres
et qui n'est donc pas interdit en vertu de la résolution 687 (1991).
Cet examen, venant s'ajouter aux contrôles réalisés
par l'équipe résidente chargée des missiles, a permis
de corroborer les déclarations iraquiennes concernant ce projet.
38. L'équipe de la CSNU 166 a découvert
des éléments d'information concernant les activités
consacrées par l'Iraq à un lanceur spatial après l'adoption
de la résolution 687 (1991). Elle a obtenu des preuves concluantes
au sujet d'un essai effectué en 1992 afin de simuler un engin de
ce genre à partir d'un système de missile non interdit. Les
lanceurs spatiaux sont interdits à l'Iraq.
39. L'équipe de la CSNU 166 a demandé à
plusieurs reprises à l'Iraq de fournir les logiciels et documents
concernant les questions relevant de ses enquêtes. Dans un certain
nombre de cas, l'Iraq a refusé de communiquer les renseignements
demandés. Bien que la plupart des documents aient été
fournis par la suite, le manque de coopération de la part de l'Iraq
durant l'inspection a considérablement empêché l'équipe
de mener à bien sa tâche.
40. Depuis que le système de contrôle de
la Commission concernant les missiles est devenu opérationnel en
août 1994, les activités non interdites de l'Iraq dans ce
domaine se sont rapprochées de la phase de production. Il est donc
nécessaire de modifier les modalités actuelles de contrôle
afin de permettre à la Commission d'accomplir efficacement sa tâche.
Il sera nécessaire de resserrer la coordination avec le mécanisme
de contrôle des exportations et des importations depuis que celui-ci
est devenu pleinement opérationnel. Un examen du régime et
des modalités de contrôle est actuellement en cours. La Commission
étudie un certain nombre de questions spécifiques afin d'assurer
l'efficacité de son système de contrôle et de pouvoir
résoudre de nouvelles difficultés.
41. Dans l'ensemble, des progrès substantiels ont
été accomplis dans le domaine des missiles durant la période
examinée. Toutefois, les activités n'ont pas pleinement répondu
aux attentes de la Commission en raison de l'absence de coopération
de l'Iraq et de son refus de fournir avec franchise et transparence les
déclarations requises, y compris les pièces justificatives.
La Commission poursuivra ses efforts intensifs de vérification conformément
aux priorités et aux méthodes définies dans le programme
d'action conjoint du 22 juin 1996.
42. La Commission spéciale continue de fournir
un appui logistique et d'autres formes d'appui opérationnel aux
opérations de l'AIEA en Iraq, de désigner des sites à
inspecter et de recevoir les demandes présentées par l'Iraq
lorsque celui-ci souhaite déplacer ou utiliser toute matière
ou tout équipement liés à son programme d'armement
nucléaire ou à d'autres activités nucléaires
et d'aviser l'AIEA sur la suite à donner à ces demandes.
Les spécialistes nucléaires de la Commission participent
aux activités touchant les aspects nucléaires du mécanisme
de contrôle des exportations et des importations en analysant la
teneur des formulaires de notification, en coordination et en coopération
avec l'AIEA.
43. Les experts de la Commission ont participé
à certaines des activités de contrôle et de vérification
continus de l'AIEA en décembre 1996 et mars 1997. Des inspections
multidisciplinaires ont été effectuées, et d'autres
missions de ce type sont prévues dans l'année qui vient.
L'on poursuit les travaux d'intégration des systèmes de la
Commission et de l'AIEA. Les deux organismes se réunissent régulièrement
tant à Vienne qu'à New York pour échanger des informations
et planifier des inspections interdisciplinaires. Les experts de la Commission
continuent de participer aux négociations que mène l'AIEA
avec la Fédération de Russie concernant la vente du combustible
nucléaire venant d'Iraq et retraité en Russie.
44. Dans son rapport d'octobre 1996, la Commission a fait
savoir qu'"il existait un réseau organisé de dissimulation
grâce auquel l'Iraq rendait inaccessibles des documents imprimés
et matériels prohibés qu'il conservait depuis l'adoption
de la résolution 687 (1991)" et déclaré qu'elle entendait
poursuivre, sous tous ses aspects, son enquête sur l'opération
de dissimulation.
45. En novembre 1996, l'équipe No 158 de la Commission
spéciale a établi un levé cartographique géophysique
d'une villa où du matériel, des outils et des matières
prohibés relatifs aux missiles avaient été enfouis.
La villa appartenait à un membre de la Garde républicaine
qui, dans le courant de l'été 1991, avec plusieurs de ses
collègues, avait réceptionné plusieurs camionnées
de matières prohibées afin de les dérober aux inspections
de la Commission. Il est vrai que les autorités iraquiennes ont
admis que de telles activités se déroulaient, mais leurs
réponses aux questions posées par la Commission sur l'ampleur
de l'effort, son échelonnement dans le temps et la structure de
commandement ont été évasives. La Commission a pu
déterminer avec précision où les articles avaient
été enfouis, et des excavations effectuées par la
suite ont permis de découvrir quelques vestiges de ces matières.
46. Les sites non déclarés qu'a inspectés
l'équipe No 158 sont les installations de la Garde républicaine
et une résidence utilisée dans le passé pour des achats.
L'équipe n'a trouvé de matières interdites à
aucun de ces sites. Dans le cas de l'un des sites de la Garde républicaine,
les inspecteurs se sont vu refuser l'accès pendant plusieurs heures.
L'équipe d'inspection aérienne de la Commission spéciale
s'est de même vu refuser l'autorisation de survoler l'installation.
Ces actes constituent une violation des obligations revenant à l'Iraq
aux termes des résolutions pertinentes du Conseil.
47. En décembre 1996, la Commission a poursuivi
son enquête en examinant, de concert avec l'AIEA, les opérations
de dissimulation entre janvier et juillet 1991, concernant le Centre d'études
techniques (EDC) où se déroulent les projets iraquiens d'enrichissement
de l'uranium par centrifugation et diffusion gazeuse. Les résultats
de cette mission sont encore en cours d'évaluation, mais il convient
de noter que le comportement de l'Iraq dans ce domaine semble similaire
à celui qu'il a adopté lors d'opérations de dissimulation
dans d'autres secteurs. En mars 1997, l'AIEA a procédé à
des excavations de trois sites déclarés où du matériel
avait été enfoui, au sud du lac Tharthar, et a ramené
en surface des centaines d'articles utilisés dans les opérations
de l'EDC. Certes, nombre de ces articles concordent avec les déclarations
iraquiennes, mais on a aussi découvert une cache qui n'avait pas
été déclarée et contenait des vannes spéciales
résistant à la corrosion, de très grande valeur, et
qui n'avaient pas été utilisées. L'opération
d'excavation a été facilitée par l'utilisation de
détecteurs géophysiques obtenus par l'intermédiaire
de la Commission spéciale.
48. En novembre 1996 et mars 1997, les équipes
Nos 158 et 179 ont mené une série d'études sous-marines
en Iraq à l'aide d'un ensemble d'appareils sonar et de détecteurs
électromagnétiques.
49. En mars 1997, la Commission a entrepris une vaste
enquête sur le mécanisme de dissimulation. L'équipe
d'inspection No 182 s'est rendue sur 17 sites, à la recherche de
liens éventuels entre les opérations de dissimulation et
des éléments de la Garde républicaine. Parmi les autres
sites visités on peut citer ceux appartenant au Service iraquien
de renseignements (Mukhabarat), à l'Organisation de sécurité
spéciale, au Service de sécurité générale
et aux Services de renseignements militaires. Aucune matière ou
activité prohibée n'a été décelée.
La Commission se félicite de la coopération dont a fait preuve
l'Iraq en permettant l'accès des inspecteurs à des sites
névralgiques.
50. Lors de réunions au niveau politique et d'activités
d'inspection, la Commission a continué à demander à
l'Iraq de répondre à ses questions concernant les opérations
de dissimulation. Le rapport d'octobre 1996 mentionnait des questions comme
le mouvement d'objets "scudoïdes" au voisinage d'un site désigné
pour inspection par l'équipe No 155 en juillet 1996, la dissimulation
de documents dans l'"entreprise d'élevage de poulets", et les activités
de diversion autour des grands projets de missiles prohibés de l'Iraq.
Le fait que l'Iraq n'ait pas répondu retarde le processus de vérification.
51. L'enquête sur l'opération de dissimulation
en Iraq est un processus continu. Dans le programme d'action conjoint du
22 juin 1996, ce secteur a été sélectionné
comme prioritaire et fondamental pour la vérification. Il est impossible
de dresser le bilan final des matières et activités prohibées
tant que l'on n'aura pas entièrement saisi les procédures
et la structure des activités de dissimulation en Iraq. L'on ne
peut pas être totalement sûr du processus de contrôle
continu tant que la Commission ne sera pas convaincue que l'opération
de dissimulation a été entièrement démantelée
et a cessé de fonctionner. La Commission poursuivra son enquête
dans ce domaine comme partie intégrante de ses activités.
52. Les conditions de travail au Centre de Bagdad continuent
de s'améliorer depuis qu'il dispose de six pièces supplémentaires.
Il y a désormais plus d'espace et les locaux sont plus sûrs.
La Commission est particulièrement reconnaissante au Gouvernement
suisse qui a offert à plusieurs reprises les services d'ouvriers
spécialisés pour rénover les installations.
53. L'armée de l'air chilienne assure un appui
aérien à la Commission depuis le mois d'août 1996.
Elle a mis à sa disposition une escadrille de cinq hélicoptères
Bell UH-1H et un effectif de 41 personnes qui ont effectué plus
de 1 000 heures de vol en Iraq sans accident. Grâce au nouveau type
d'hélicoptère utilisé et au nombre d'appareils disponibles,
les opérations de contrôle peuvent être menées
avec plus de souplesse. Il est désormais possible d'effectuer plusieurs
missions par jour. L'unité héliportée chilienne s'est
résolument acquittée de sa mission en faisant preuve de hautes
qualités professionnelles face aux tentatives de plus en plus nombreuses
menées par les Iraquiens pour harceler, intimider, voire menacer,
les opérations aériennes de la Commission. La Commission
souhaite exprimer sa gratitude au Gouvernement chilien et au personnel
qu'il a détaché en Iraq pour la précieuse contribution
qu'ils apportent à ses travaux. Le Président de la Commission
s'est rendu en mars 1997 au Chili où il a eu des entretiens avec
des hauts fonctionnaires au sujet de la contribution que le Chili apportait
à la Commission et à l'AIEA.
54. L'équipe d'inspection aérienne basée
à Bagdad s'est bien adaptée aux nouveaux hélicoptères
et la qualité des images qu'elle a produites est toujours très
élevée. Elle continue à fournir un appui aux équipes
de contrôle et aux équipes d'inspection non résidentes.
À ce jour, elle a quelque 800 missions à son actif. Comme
il est indiqué plus haut, elle a été en butte à
de nombreuses tentatives faites par l'Iraq pour restreindre ses activités.
55. Les images provenant de l'avion de surveillance à
haute altitude (U-2) de la Commission continuent à constituer un
élément important des activités d'inspection de la
Commission et de l'AIEA. À la fin du mois de mars 1997, l'U-2 avait
effectué quelque 350 sorties.
56. La situation financière de la Commission est
restée précaire, en particulier en 1996. Dans une lettre
datée du 5 novembre 1996 qu'il a adressée au Président
du Conseil de sécurité, le Président a fait observer
qu'au cours des six mois précédents, aucune nouvelle contribution
en espèces n'avait été versée à la Commission.
Durant une visite qu'il a effectuée dans les États membres
du Conseil de coopération du Golfe en novembre 1996, ceux-ci lui
ont donné des assurances fermes concernant leur appui politique
résolu en faveur des activités de la Commission et se sont
engagés à apporter un appui financier à cette dernière.
Deux États membres du Conseil de coopération du Golfe ont
versé à la Commission en janvier 1997 des contributions volontaires
d'un montant total de 5 millions de dollars. La Commission est particulièrement
reconnaissante à ces gouvernements de l'appui continu qu'ils apportent
à ses travaux.
57. La Commission reçoit actuellement des fonds
au titre de l'application de la résolution 986 (1995). Ceux-ci devraient
lui permettre de couvrir ses dépenses de fonctionnement jusqu'au
milieu de 1997. Elle utilisera les contributions volontaires mentionnées
dans le paragraphe précédent si le financement prévu
au titre de l'application de la résolution 986 (1995) n'était
plus assuré.
58. La Commission est reconnaissante à tous les
États qui ont continué à lui fournir l'appui matériel
dont elle a besoin pour ses opérations. Les locaux que Bahreïn
continue généreusement à lui fournir pour ses bureaux
sur le terrain représentent une contribution précieuse à
cet égard. Le Secrétaire général et le Directeur
général de l'AIEA ont récemment écrit au Ministre
des affaires étrangères de Bahreïn pour proposer de
proroger d'une nouvelle période de six mois, jusqu'à la fin
de septembre 1997, l'accord relatif auxdits bureaux, car ils considèrent
que la contribution de Bahreïn joue un rôle capital dans les
opérations menées par la Commission et l'AIEA en application
des résolutions du Conseil de sécurité.
59. Le problème des locaux du siège de la
Commission à New York reste grave. Des locaux supplémentaires
viennent toutefois d'être mis à sa disposition au 30e étage,
à côté des bureaux qu'elle y occupe déjà.
Ceci devrait remédier quelque peu aux problèmes actuels de
la Commission en matière de locaux, mais ne répond pas à
tous ses besoins urgents.
Armes nucléaires
1er octobre-22 octobre 1996 NMG 96-14
22 octobre-11 novembre 1996 NMG 96-15
11 novembre-2 décembre 1996 NMG 96-16
2 décembre-19 décembre 1996 NMG 96-17
19 décembre-6 janvier 1997 NMG 96-18
6 janvier-30 janvier 1997 NMG 97-01
30 janvier-20 février 1997 NMG 97-02
20 février-13 mars 1997 NMG 97-03
13 mars-3 avril 1997
NMG 97-04
Armes chimiques
29 novembre-11 décembre 1996 CW 27/UNSCOM 135
2 décembre-6 décembre 1996 CW 33/UNSCOM 170
18 décembre-15 janvier 1997 CG 8
10 janvier-15 janvier 1997 CW 34/UNSCOM 171
27 mars-31 mars 1997 CW 35/UNSCOM 172
16 janvier-à ce jour
CG 9
Armes biologiques
29 septembre-7 janvier 1997 BG 7
14 octobre-23 octobre 1996 BW 41/UNSCOM 159
11 novembre-18 novembre 1996 BW 43/UNSCOM 163
2 décembre-8 décembre 1996 BW 42/UNSCOM 160
12 décembre-17 décembre 1996 BW 44/UNSCOM 167
7 janvier-1er avril 1997 BG 8
9 janvier-20 janvier 1997 BW 45/UNSCOM 169
12 février-19 février 1997 BW 46/UNSCOM 173
24 février-3 mars 1997 BW 47/UNSCOM 174
2 avril-à ce jour
BG 9
Missiles balistiques
9 août-22 novembre 1996 MG 10
21 octobre-28 octobre 1996 BM 44/UNSCOM 164
4 novembre-16 novembre 1996 BM 46/UNSCOM 168
6 novembre-16 novembre 1996 BM 45/UNSCOM 158
11 novembre-16 novembre 1996 MG 10B
22 novembre-25 février 1997 MG 11
18 novembre-30 novembre 1996 BM 38D/UNSCOM 141D
27 novembre-2 décembre 1996 MG 11A
11 décembre-14 décembre 1996 Mission spéciale 4
6 janvier-25 janvier 1997 BM 47/UNSCOM 177
10 janvier-20 janvier 1997 BM 48/UNSCOM 166
20 janvier-27 janvier 1997 BM 49/UNSCOM 176
6 février-26 février 1997 BM 47A/UNSCOM 177A
26 février-à ce jour MG 12
2 mars-13 mars 1997 BM 51/UNSCOM 179
4 mars-13 mars 1997 BM 52/UNSCOM 181
7 mars-17 mar 1997
BM 53/UNSCOM 182
Missions export/import
3 août-20 novembre 1996 EG-2
14 novembre-25 novembre 1996 EXIM-3/UNSCOM 165
21 novembre-8 janvier 1997 EG-3
9 janvier-à ce jour
EG-4
Missions spéciales
19 octobre-21 octobre 1996
21 novembre-25 novembre 1996
8 décembre-11 décembre 1996
20 février-23 février 1997
3 avril-5 avril 1997
On trouvera dans le rapport de la Commission daté
du 11 octobre 1996 (S/1996/848) la liste complète des inspections
effectuées par la Commission avant la période couverte par
le présent rapport.
1. Les 20 rapports périodiques semestriels déjà soumis par la Commission sont parus sous les cotes suivantes : S/23165, S/23268, S/23801, S/24108 et Corr.1, S/24661, S/24984, S/25620, S/25977, S/26684, S/26910, S/1994/489, S/1994/750, S/1994/1138 et Corr.1, S/1994/1422 et Add.1, S/1995/284, S/1995/494, S/1995/864, S/1995/1038, S/1996/258 et S/1996/848.