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Conseil
de sécurité
1. Le Secrétaire général a l'honneur
de transmettre au Conseil de sécurité un rapport présenté
par le Président exécutif de la Commission spéciale
constituée par le Secrétaire général en application
du paragraphe 9 b) i) de la résolution 687 (1991) du Conseil de
sécurité.
2. Il s'agit du premier rapport présenté
par le Président exécutif de la Commission spéciale
comme suite à la résolution 1051 (1996) du 27 mars 1996,
où, au paragraphe 16, le Conseil de sécurité a décidé
de regrouper les rapports demandés dans ses résolutions 699
(1991) du 17 juin 1991 et 715 (1991)(1) du
11 octobre 1991. Il porte sur la période qui s'est écoulée
depuis les derniers rapports présentés en application de
ces résolutions.
3. On trouvera dans le rapport au Conseil de sécurité
daté du 17 décembre 1995 (S/1995/1038) de plus amples informations
sur l'évolution de la situation depuis le dernier rapport présenté
conformément à la résolution 715 (1991).
Paragraphes Page
I. INTRODUCTION
1 - 4
3
II. ÉVOLUTION DE LA SITUATION
5 - 29
3
III. ACTIVITÉS RELATIVES AUX MISSILES
30 - 50
9
A. Les programmes interdits
31 - 41
9
B. Les activités de contrôle
42 - 47
12
C. Les activités d'acquisition en cours
48 - 50
14
IV. ACTIVITÉS DANS LE DOMAINE CHIMIQUE
51 - 70
15
A. Programmes interdits
51 - 64
15
B. Activités de contrôle continu
65 - 70
18
V. ACTIVITÉS DANS LE DOMAINE BIOLOGIQUE
71 - 79
19
A. Programme interdit
71 - 77
19
B. Activités de contrôle continu
78 - 79
20
VI. ACTIVITÉS DANS LE DOMAINE NUCLÉAIRE
80 - 85
21
VII. ARMES RADIOLOGIQUES
86 - 92
22
VIII. MÉCANISME DE CONTRÔLE DES EXPORTATIONS
ET DES
IMPORTATIONS
93 - 102
23
IX. AUTRES ACTIVITÉS
103 - 111 25
A. Inspections aériennes
103
25
B. Finance et appui
104 - 110 25
C. Centre de contrôle et de vérification
de Bagdad
111
26
X. CONCLUSIONS
112 - 120 27
Appendice. Calendrier des inspections 29
1. Le présent rapport est le premier rapport unifié
présenté par la Commission spéciale comme suite à
la résolution 1051 (1996) adoptée le 27 mars 1996, dans laquelle
le Conseil a prévu de nouvelles modalités pour la présentation
des rapports de la Commission. Avant l'adoption de cette résolution,
la Commission était tenue de présenter des rapports tous
les six mois aux termes des résolutions 699 (1991) du 17 juin 1991
et 715 (1991) du 11 octobre 1991. Ces rapports étaient consacrés
respectivement aux programmes d'armement interdits et à la mise
en oeuvre des plans de contrôle et de vérification de la Commission.
Selon la nouvelle formule, la Commission est tenue d'établir un
rapport unifié portant sur tous les aspects de la tâche qui
lui a été confiée dans les résolutions 687
(1991), 707 (1991), 715 (1991) et 1051 (1996).
2. La Commission tient à préciser que bien
qu'elle soit désormais tenue de présenter moins de rapports
au Conseil de sécurité, elle continuera, comme par le passé,
à faire rapport à ce dernier de manière ponctuelle
si les circonstances l'exigent.
3. Au cours de la période considérée
(17 décembre 1995 au 11 avril 1996), la Commission s'est consacrée
à toute la série d'activités prévues dans les
résolutions susmentionnées.
4. Des progrès ayant été réalisés
sur de nombreux fronts, la Commission a sans aucun doute beaucoup progressé
dans l'exécution de la tâche d'identification et d'élimination
des programmes iraquiens interdits qui lui a été confiée.
Malgré un bilan globalement positif, certains échecs sont
à signaler, comme on le verra dans le présent rapport.
5. Depuis la présentation au Conseil de sécurité
de son dernier rapport daté du 17 décembre 1995 (S/1995/1038),
la Commission a considérablement progressé dans l'exécution
des deux tâches qui lui ont été confiées dans
la résolution 687 (1991). La première de ces tâches,
à savoir l'identification et l'élimination de toutes les
armes chimiques et biologiques et de tous les stocks d'agents ainsi que
de tous les sous-systèmes et composants et de toutes les installations
de recherche-développement, d'appui et de production dans ces domaines
ainsi que de tous les missiles balistiques d'une portée supérieure
à 150 kilomètres et de tous les principaux composants et
des installations de réparation et de production, n'est toujours
pas complètement achevée même si de grandes quantités
ont pu être éliminées. Il reste encore à identifier
des quantités relativement négligeables mais néanmoins
extrêmement importantes. En conséquence, la Commission craint
que l'Iraq ne continue de se livrer à des activités proscrites.
6. En ce qui concerne la mise en place d'un système
de contrôle et de vérification continus du respect par l'Iraq
de l'obligation qui lui a été faite de ne pas racheter des
articles interdits, le dernier élément essentiel d'un mécanisme
de contrôle à plusieurs niveaux devant permettre de déceler
la réapparition d'armements interdits, à savoir un mécanisme
de contrôle des exportations et des importations, a été
mis sur pied. La résolution 1051 (1996) du Conseil donne à
la Commission l'instrument dont elle avait besoin pour surveiller les activités
de l'Iraq et constitue une mesure importante en vue de mener à bien
l'application des dispositions touchant les armements de la résolution
relative au cessez-le-feu.
7. Il convient de rappeler qu'en août 1995 seulement,
l'Iraq a admis officiellement qu'il avait dissimulé des informations
importantes à la Commission depuis le début de ses travaux.
Dans le présent rapport, il faut répondre à la question
de savoir si l'Iraq, depuis ses aveux en 1995, a changé d'attitude.
Depuis août 1995, après le départ de l'Iraq du général
de corps d'armée Hussein Kamel, ancien Ministre de l'industrie,
responsable et organisateur de divers programmes de production d'armes
de destruction massive, l'Iraq a communiqué une grande quantité
d'informations qui ont confirmé de nombreuses observations de la
Commission, fondées sur ses travaux analytiques antérieurs
et permis de découvrir des documents jusque-là inconnus qui
étaient importants pour déterminer si l'Iraq avait acquis
des armes de destruction massive. La Commission a obtenu de nouveaux renseignements
sur les tentatives faites par ce pays pour acquérir des capacités
chimiques et biologiques de pointe, ainsi que des systèmes de missiles
d'une portée égale et supérieure à 2 000 kilomètres.
Pour pouvoir déterminer si l'Iraq détient toujours des articles
interdits, la Commission établit pour chaque catégorie d'armements
quels sont ceux que l'Iraq a importés ou produits d'une part et
ceux qui ont été utilisés ou détruits, de l'autre.
Conformément aux résolutions 687 (1991) et 707 (1991), l'Iraq
est tenu de fournir des états définitifs, détaillés
et complets des programmes d'armement interdits qu'il appartient à
la Commission de vérifier. Comme il l'a admis en 1995, l'Iraq a
présenté pendant des années des états contenant
des indications délibérément trompeuses. En revanche,
les projets d'état récemment remis à la Commission
pour examen préliminaire se sont révélés beaucoup
plus fiables.
8. La Commission se félicite que les autorités
iraquiennes manifestent leur volonté de communiquer les informations,
notamment celles ayant trait aux missiles, concernant les fournisseurs
étrangers qui alimentent ses programmes d'armement interdits et
elle espère qu'elles poursuivront et accéléreront
leurs efforts dans ce sens. La Commission compte que les gouvernements
lui fourniront toute l'assistance nécessaire au déroulement
de ses enquêtes afin qu'elle puisse vérifier rapidement la
véracité des déclarations faites par l'Iraq.
9. Toutefois, depuis la mi-février, la qualité
des informations et le volume de la documentation fournis par l'Iraq ont
baissé. La Commission espère que ce problème, de même
que les problèmes récemment rencontrés par l'équipe
d'inspection No 143, ne signifient pas que l'Iraq cesse à nouveau
de vouloir coopérer, comme il l'avait fait jusqu'à l'été
1995.
10. Dans tous les domaines qui sont du ressort de la Commission,
l'Iraq n'a toujours pas fourni de preuves suffisantes attestant qu'il ne
détient plus d'armes ni de matières interdites. La Commission
est en particulier préoccupée par le fait qu'elle ne parvient
pas à établir l'exactitude des affirmations de l'Iraq qui
prétend qu'en 1991, en violation flagrante des obligations que lui
imposait la résolution 687 (1991), il avait secrètement détruit
de grandes quantités d'armes et de matières interdites au
lieu de les déclarer et de les remettre à la Commission pour
vérification. L'Iraq soutient maintenant que la plupart de ses systèmes
et composants de missiles interdits, les systèmes les plus perfectionnés
d'armes chimiques et toutes les armes biologiques avaient ainsi été
détruits.
11. L'Iraq a récemment admis qu'il avait pris cette
décision unilatéralement pour réduire la taille de
ses programmes interdits. Selon ses dires, le matériel en question
aurait été partiellement ou totalement dissimulé et
tous les documents attestant leur existence unilatéralement détruits
car on avait jugé que leur révélation compliquerait
la situation et prolongerait indûment le processus. Ces mesures ont
au contraire eu pour effet de compliquer énormément la tâche
de la Commission et celle de l'Iraq et de retarder le déroulement
des opérations. L'Iraq doit maintenant fournir des éléments
de preuve solides concernant le matériel interdit et sa destruction
effective.
12. En l'absence de documents ou de preuves concrètes
attestant que les armes biologiques et chimiques et les missiles et les
dispositifs de lancement ont été effectivement détruits,
la Commission continue d'avoir beaucoup de mal à dresser un bilan
exact de la situation. Afin de pouvoir indiquer au Conseil qu'il ne reste
aucun article interdit en Iraq, la Commission a effectué des fouilles
comme celle entreprise tout récemment par l'équipe d'inspection
No 143. Il est donc regrettable que les autorités iraquiennes aient
décidé d'entraver et de retarder la réalisation de
cette inspection et d'empêcher ainsi la Commission d'affirmer que
l'Iraq ne dissimule plus d'articles importants. Il faut espérer
que la réaction sans équivoque du Conseil face aux derniers
incidents encouragera les autorités iraquiennes à renoncer
à ces manoeuvres obstructionnistes. La Commission doit continuer
à obtenir des informations de l'Iraq et d'autres sources, notamment
en procédant en permanence à des inspections pour s'assurer
qu'il ne reste plus aucune capacité militaire interdite en Iraq.
Elle continuera d'inviter l'Iraq à coopérer à cet
effort et compte que les autorités iraquiennes lui apporteront leur
assistance, notamment en lui communiquant d'autres documents dont elle
a la certitude qu'ils ont été conservés par ces autorités.
13. La Commission a pris note avec intérêt
du discours prononcé par le Président Saddam Hussein le 6
janvier 1996 à l'occasion du soixante-quinzième anniversaire
de la formation de l'armée iraquienne. Dans ce discours, le Président
a donné pour instruction aux Iraquiens de faire de leur mieux, chacun
à leur manière, pour répondre aux demandes qui découlent
des résolutions pertinentes du Conseil concernant l'Iraq. De l'avis
de la Commission, c'est la première fois que le Président
iraquien prend publiquement la parole à ce sujet. La Commission
ne doute pas que, conformément à ces directives, les responsables
iraquiens se montreront plus coopératifs.
14. La Commission craint toujours que l'Iraq n'achète
à l'étranger du matériel interdit et bivalent. Elle
note en particulier le système élaboré mis en place
pour l'acquisition de composants et de machines-outils destinés
à la production de missiles en Iraq. Ce fait met en relief la nécessité
de disposer d'un solide système de contrôle et de vérification
continus en Iraq et de mettre en oeuvre au plus tôt le mécanisme
de contrôle des exportations et des importations prévu dans
la résolution 1051 (1996). En matière de contrôle,
l'Iraq n'a toujours pas adopté les mesures d'application nationales
qu'il est tenu de prendre. Le système de contrôle et de vérification
ne peut devenir pleinement opérationnel tant que ce cadre juridique
n'aura pas été mis en place.
Consultations avec l'Iraq
15. La Commission a tenu une session plénière
avec des hauts responsables iraquiens le 19 décembre 1995 sous la
conduite du Président exécutif. Le général
Amer Al Sa'adi, conseiller principal au cabinet du président Saddam
Hussein dirigeait la délégation iraquienne. Au cours des
entretiens, la Commission s'est déclarée satisfaite du fait
que l'Iraq continuait de lui fournir des documents à l'appui de
ses déclarations et elle a encouragé ce pays à poursuivre
dans cette voie. Quelques mesures importantes ont été prises
pour faire mieux connaître à la Commission les programmes
d'armement interdits.
16. Au cours de son séjour à Bagdad du 7
au 11 mars 1996, le Président exécutif adjoint s'est entretenu
avec le général Amir Rashid, le général Amer
Al Sa'adi et d'autres représentants iraquiens concernant l'état
d'avancement des travaux de la Commission. Il a de nouveau souligné
combien il importait que l'Iraq fournisse des informations vérifiables.
En outre, il a évoqué plusieurs questions opérationnelles
avec les autorités iraquiennes et noté que de grands progrès
avaient été réalisés dans de nombreux domaines.
Toutefois, il a déclaré que l'Iraq devait se conformer plus
strictement aux obligations en matière de contrôle.
17. La partie iraquienne a réaffirmé qu'elle
était déterminée à coopérer pleinement
avec la Commission. Il convient toutefois de noter que peu après
la dernière réunion du Président exécutif adjoint
avec ces hauts responsables, les autorités iraquiennes ont retenu
l'équipe d'inspection No 143 à l'entrée d'un site
qu'elle devait inspecter.
Droits d'inspection
18. Au cours de la période considérée,
la Commission a procédé à plusieurs inspections en
Iraq qui, dans la plupart des cas, s'est acquitté de ses obligations.
À cet égard, la Commission tient à bien marquer que
l'Iraq s'est montré coopératif lors de la réalisation
de l'inspection de l'équipe No 129 (voir les paragraphes 61 à
63 pour plus de détails). Toutefois, elle se doit de signaler avec
une vive préoccupation le comportement inacceptable des autorités
iraquiennes lors des inspections récentes (équipe d'inspection
No 143). Durant la période allant du 8 au 17 mars 1996, cette équipe
s'est rendue en Iraq où elle a inspecté plusieurs installations
soupçonnées de participer aux tentatives de l'Iraq visant
à dissimuler du matériel qui aurait dû être déclaré
à la Commission. L'équipe s'est vu refuser l'entrée
dans une installation pour la première fois le 8 mars.
19. Le Président exécutif a informé
le Conseil de cet incident dans l'après-midi et de nouveau dans
la soirée du 8 mars. Le Président du Conseil a par la suite
fait une déclaration à la presse au sujet de cet incident
et des consultations du Conseil. Il a également convoqué
le Représentant permanent de l'Iraq auprès de l'Organisation
des Nations Unies pour lui faire part des préoccupations du Conseil
devant le fait que son pays manquait à ses obligations.
20. Dans la nuit du 8 mars, le Président s'est
entretenu par téléphone à plusieurs reprises avec
le Vice-Premier Ministre iraquien, M. Tariq Aziz, avec qui il a mis au
point les modalités de cette inspection. L'équipe a pu pénétrer
dans l'installation à inspecter après plus de 17 heures d'attente.
21. Dans la matinée du 9 mars, le Président
exécutif, dans une lettre au Conseil (S/1996/182), a rendu compte
des événements survenus les 8 et 9 mars.
22. Le 11 mars, après avoir mené à
bien quatre autres inspections, l'équipe d'inspection s'est une
nouvelle fois vu refuser l'accès immédiat à une installation
désignée aux fins d'inspection. De nouvelles consultations
entre le Président et M. Tariq Aziz ont permis de régler
le problème mais il avait fallu que l'équipe attende 12 heures
pour recevoir l'autorisation d'entrer sur les lieux.
23. Le 12 mars, les membres du Conseil ont adopté
d'un commun accord une lettre (S/1996/183) en réponse à celle
que lui avait adressée le Président exécutif le 9
mars, dans laquelle ils se déclaraient préoccupés
par la conduite de l'Iraq et les retards inacceptables pour autoriser l'accès
aux sites désignés par la Commission conformément
à son mandat. Il était indiqué dans cette lettre que
cette manière d'agir constituait une violation manifeste par l'Iraq
des dispositions des résolutions 687 (1991), 707 (1991) et 715 (1991).
Malgré cette déclaration du Conseil, deux autres incidents
analogues se sont produits dans des locaux situés à la sortie
de Bagdad le 14 mars, lesquels ont duré chacun environ trois heures.
24. Un autre incident grave s'est produit le 15 mars lorsque
l'équipe d'inspection a de nouveau été retenue, cette
fois pendant quatre heures, avant de pouvoir pénétrer sur
un lieu désigné aux fins d'inspection. L'accès n'a
été accordé que lorsque l'équipe en question
a signifié clairement qu'elle était prête à
ne pas procéder à l'inspection et à quitter les lieux.
Le 18 mars, le Président a informé le Conseil de la conduite
générale de la mission, soulignant que l'Iraq avait, à
cinq reprises durant les inspections de l'équipe No 143, manqué
aux obligations que lui imposaient les résolutions du Conseil d'accorder
un accès immédiat, inconditionnel et sans restriction à
tous les lieux désignés aux fins d'inspection par la Commission.
À cette occasion, le Président du Conseil a reçu du
Vice-Ministre iraquien une lettre datée du 17 mars (S/1996/204,
annexe), dans laquelle ce dernier a déclaré que l'Iraq n'avait
nullement l'intention d'empêcher la Commission de s'acquitter de
sa mission et qu'il avait affirmé au plus haut niveau qu'il était
désireux de maintenir des relations de compréhension mutuelle
et de coopération visant à permettre à la Commission
de s'acquitter de sa mission le plus vite possible. Il espérait
aussi que le Président exécutif de la Commission spéciale
et ses représentants tiendraient leurs engagements à l'égard
de l'Iraq en respectant sa souveraineté, sa dignité et sa
sécurité nationale.
25. Sur ce dernier point, le Président a confirmé,
lors de sa déclaration au Conseil, que la Commission avait toujours
agi dans le strict respect de la souveraineté, de la dignité
et des préoccupations légitimes de l'Iraq en matière
de sécurité conformément à la Charte des Nations
Unies et aux dispositions pertinentes du Conseil.
26. À l'issue des consultations officieuses tenues
par le Conseil le 18 mars, les membres ont adopté d'un commun accord
le lendemain une déclaration du Président (S/PRST/1996/11),
dans laquelle le Conseil s'est déclaré préoccupé
par la conduite de l'Iraq qui constituait, selon lui, une violation manifeste
des obligations qu'imposent à l'Iraq les résolutions 687
(1991), 707 (1991) et 715 (1991). Le Conseil a par ailleurs exigé
que le Gouvernement iraquien permette aux équipes d'inspection de
la Commission d'avoir accès immédiatement, inconditionnellement
et sans restriction à tous les lieux désignés aux
fins d'inspection par la Commission conformément aux résolutions
pertinentes du Conseil.
27. L'équipe d'inspection No 143 a visité
14 sites au total et dans un tiers des cas, après des retards considérables,
si bien que la Commission était moins certaine que les inspections
étaient menées d'une manière qui lui permette de déterminer
si les articles interdits ou les documents y afférents se trouvaient
ou non sur les lieux au moment de l'arrivée de l'équipe.
En fait, l'attitude obstructionniste de l'Iraq ne pouvait que contribuer
à accroître les soupçons quant à la présence
de matériel interdit en Iraq.
Mesures d'application nationales
28. Depuis le précédent rapport, il n'a
pas été possible d'obtenir de l'Iraq qu'il adopte les mesures
d'application nationales qu'il était tenu de prendre en vertu des
plans de contrôle et de vérification continus. L'Iraq avait
donné à maintes reprises l'assurance qu'une législation
serait promulguée prochainement pour donner effet à ces mesures
mais ces promesses n'ont pas été tenues. Il convient de rappeler
que le plan de la Commission (S/22871/Rev.1) contient les dispositions
suivantes :
"20. L'Iraq prendra toutes les mesures nécessaires
pour s'acquitter de ses obligations au titre de la section C de la résolution
687 (1991), de la résolution 707 (1991) et du présent plan,
et en particulier :
a) Pour interdire à toute personne physique ou
morale placée sous sa juridiction de se livrer à une activité
quelconque interdite par la résolution 687 (1991), par la résolution
707 (1991), par d'autres résolutions pertinentes du Conseil de sécurité,
ou par le plan;
b) Pour promulguer des lois pénales qui, conformément
au droit international, s'appliqueront aux activités, visées
à l'alinéa a) ci-dessus, entreprises où que ce soit
par toute personne physique ou morale placée sous sa juridiction.
21. L'Iraq informera la Commission spéciale de
toute mesure législative et administrative prise pour appliquer
la résolution 687 (1991), la résolution 707 (1991), d'autres
résolutions pertinentes du Conseil et le plan, 30 jours au plus
tard après l'approbation du présent plan par le Conseil de
sécurité, et par la suite, conformément à la
décision que prendra la Commission spéciale."
29. L'Iraq manque à l'obligation qui lui incombe
de donner suite à ces dispositions du plan de la Commission depuis
près de quatre ans et demi. La promulgation de la législation
requise à cette fin est manifestement l'une des mesures que l'Iraq
est tenu de prendre conformément aux dispositions du paragraphe
22 de la résolution 687 (1991) avant que la Commission puisse informer
le Conseil, qu'à son avis, l'Iraq a pris les mesures prévues
à la section C de cette résolution. La promulgation de cette
législation est désormais d'autant plus urgente que le Conseil
a adopté la résolution 1051 (1996) approuvant le mécanisme
de contrôle des exportations et des importations qui nécessitera
la prise d'une série de mesures par l'Iraq qui sembleraient devoir
être d'ordre administratif sinon législatif. La Commission
compte que l'Iraq promulguera la législation voulue sans plus tarder.
30. Au cours de la période sur laquelle porte le
présent rapport, la Commission a poursuivi des activités
intensives d'inspection et de contrôle dans le domaine des missiles.
Depuis décembre 1995, cinq équipes d'inspection et plusieurs
missions spéciales d'experts ont été dépêchées
en Iraq. Les équipes d'inspection résidentes, qui opèrent
à partir du Centre de contrôle et de vérification de
la Commission à Bagdad, ont effectué plus de 150 visites
de contrôle de plus de 50 sites. Les activités de la Commission
ont essentiellement visé à obtenir de l'Iraq un état
définitif, exhaustif et complet de ses programmes interdits, et
à s'assurer qu'il ne restait en Iraq aucun article interdit et qu'aucune
activité interdite ne s'y déroulait.
31. La période considérée a vu une
évolution positive de la situation concernant la collecte d'informations
sur les programmes iraquiens interdits relatifs aux missiles d'une portée
de plus de 150 kilomètres. La Commission a signalé en décembre
1995 que l'Iraq avait présenté un nouvel état définitif,
exhaustif et complet en novembre de la même année en déclarant
qu'il s'agissait de la version définitive de ce document et qu'il
n'y serait apporté aucune adjonction ou correction notable. Dans
son précédent rapport, la Commission a décrit les
nombreuses lacunes de ce document. Elle en a discuté avec les représentants
de l'Iraq au cours de pourparlers de haut niveau en décembre 1995
et lors d'une mission spéciale d'experts au début de février
1996. À ces occasions, l'Iraq a répondu de manière
constructive et a entrepris de travailler à un nouvel état.
Le 27 février, l'Iraq a présenté un document intitulé
"projet d'état définitif, exhaustif et complet du programme
iraquien de missiles balistiques", qui contenait d'importantes informations
nouvelles et suivait certaines recommandations qu'avait faites la Commission.
32. Ce dernier projet constituait un progrès notable
tant pour le fond que pour la présentation. Certains chapitres sur
des activités précises ont été corrigés
et substantiellement étayés de documents. L'exemple le plus
manifeste en était l'exposé des activités de l'ancien
Projet 1728, le grand projet iraquien de mise au point et de production
de moteurs à propergol liquide pour missiles de longue portée.
L'Iraq a admis pour la première fois que ce projet avait été
spécifiquement établi pour des missiles, clarifiant ainsi
les nombreuses ambiguïtés de ses déclarations antérieures.
Cela faisait longtemps que la Commission était parvenue à
la même conclusion et s'était fondée dessus pour décider
en avril 1995 de faire enlever le matériel du Projet 1728. Certaines
parties du projet de document de février, notamment celles portant
sur l'assistance étrangère, étaient également
plus satisfaisantes, et la Commission entend contacter de nouveau certains
gouvernements pour vérifier les informations fournies par l'Iraq.
Toutefois, certaines autres parties du projet n'ont pas connu la même
amélioration.
33. La Commission a toujours souligné qu'un bilan-matières
définitif et vérifiable concernant l'acquisition, la production,
la consommation et l'élimination des armes interdites était
un élément fondamental lorsqu'elle évaluait la mesure
dans laquelle l'Iraq appliquait les dispositions de la résolution
687 (1991) relatives aux missiles. Au cours de la période considérée,
la Commission n'a pas manqué une occasion de souligner l'importance
de cet élément auprès de l'Iraq. La question se pose
spécifiquement pour les systèmes opérationnels de
missiles interdits et leurs principaux composants (moteurs, carburants,
matériel de guidage et de commande et lanceurs), qu'ils soient importés
ou produits en Iraq. La Commission a suggéré que l'Iraq donne
la priorité à cet élément, de façon
que les questions en suspens qu'elle avait identifiées soient résolues
rapidement. En réponse, l'Iraq a explicité certaines choses
et soumis d'autres documents pour étayer sa présentation,
notamment touchant la destruction unilatérale d'articles interdits
à laquelle il avait procédé en secret au cours de
l'été 1991. D'après ses déclarations, cette
destruction unilatérale avait porté sur la plus grande partie
de son stock de missiles. Ces mesures, menées en contravention des
obligations de l'Iraq au titre de la résolution 687 (1991), entravent
la capacité de la Commission de vérifier que tous les articles
interdits ont effectivement été détruits. Comme celles
que l'Iraq déclare avoir prises dans les domaines chimique et biologique,
ces mesures compliquent sérieusement la tâche de la Commission.
Malgré les efforts de l'Iraq et de la Commission, il est encore
trop tôt pour faire rapport sur l'état complet des systèmes
d'armes interdites. L'état actuellement présenté par
l'Iraq, quoique amélioré, manque encore de cohérence
et ne présente pas les éléments de preuve nécessaires
à la vérification. En fait, ce domaine demeure au premier
plan des préoccupations de la Commission. Celle-ci a suggéré
un certain nombre de moyens susceptibles de faciliter une solution rapide
des questions pertinentes. L'Iraq s'est engagé à y travailler
de façon concrète. La question du bilan-matières des
armes interdites restera au centre de l'enquête de la Commission
dans la période à venir.
34. Lorsqu'elle vérifiera l'état définitif,
exhaustif et complet présenté par l'Iraq, la Commission devra
également aborder des questions telles que le bilan-matières
des composants de missiles importés ou fabriqués en Iraq,
l'outillage et le matériel destinés aux activités
de production, l'ampleur de plusieurs projets de missiles iraquiens et
l'assistance étrangère.
35. Les discussions touchant les états présentés
par l'Iraq dans le domaine des missiles se sont en majeure partie déroulées
de façon constructive. Il était manifeste que les interlocuteurs
iraquiens faisaient des efforts considérables pour bien rendre compte
des activités passées. Toutefois, dans certains cas, la partie
iraquienne a continué de se comporter comme avant et de se montrer
rétive à une attitude de coopération. Cela est devenu
encore plus apparent après la mi-février 1996, et est fort
préoccupant. La Commission espère que cela ne représente
pas un retournement de la politique positive et encourageante de coopération
et de franchise envers la Commission adoptée par l'Iraq depuis août
1995.
36. Comme elle en a informé le Conseil en décembre
1995, la Commission n'a pas encore reçu de l'Iraq un état
clair et définitif des armes, équipements et matériels
interdits. Cela laisse soupçonner qu'il continue d'y en avoir en
Iraq. La Commission pense également que l'Iraq s'abstient de fournir
d'importants documents touchant les activités interdites. En août
1995, l'Iraq a admis dans une lettre officielle qu'il s'était résolument
employé à cacher à la Commission des articles et des
documents interdits. Après cette date, la Commission a obtenu de
l'Iraq un nombre considérable de documents et de matériel
qui avaient été cachés pendant des années dans
différents endroits : exploitations avicoles, installations militaires,
installations de la Commission des industries militaires, résidences
privées, etc. Les articles particulièrement névralgiques
avaient été placés sous protection spéciale
pour éviter toute détection par la Commission. Grâce
à ses travaux d'analyse, celle-ci a toutefois pu identifier plusieurs
sites suspects où des articles et documents l'intéressant
auraient pu être cachés ou l'étaient encore. Le mandat
que le Conseil a confié à la Commission prévoit spécifiquement
des inspections pour pallier à ce genre de problème. C'est
à cette fin que le Conseil a imposé à l'Iraq l'obligation
spécifique d'accorder aux équipes d'inspection de la Commission
un accès immédiat, inconditionnel et sans restriction à
tout et tous endroits, installations, matériels, dossiers et moyens
de transport qu'elles souhaiteraient inspecter. La Commission s'est vu
conférer le droit correspondant de mener des inspections à
tout moment et sans entrave.
37. La Commission a toujours insisté sur son droit
de mener des inspections sans préavis, l'objectif étant ici
de traiter les situations suspectes le plus directement possible, de façon
à ce que, sur la base du résultat des inspections, les soupçons
soient confirmés ou infirmés. Dans tous les cas, ces inspections
pourraient aider matériellement la Commission à évaluer
dans quelle mesure l'Iraq respecte les dispositions du paragraphe 22 de
la résolution 687 (1991) et à en rendre compte. Le fait qu'il
demeure des soupçons n'est pas dans le meilleur intérêt
de l'Iraq, outre qu'il ne facilite guère la tâche de la Commission.
38. Comme il est décrit plus haut, une équipe
(UNSCOM 143) chargée de mener des inspections sans préavis
a été dépêchée en Iraq le 8 mars. Cette
mission avait été initialement prévue pour le début
décembre 1995, mais avait été remise pour des raisons
logistiques et techniques. L'équipe était composée
de 44 inspecteurs, dont les services étaient fournis par un certain
nombre de gouvernements, et était dotée d'une variété
d'instruments de détection lui permettant de mener des recherches
sur les sites qu'elle inspecterait.
39. L'équipe a inspecté toute une série
de sites en Iraq, dont trois complexes administratifs à Bagdad,
quatre sites militaires et un certain nombre d'installations industrielles
et d'entreposage. En outre, elle a effectué des levés de
trois emplacements en utilisant des techniques de détection avancées
pour déterminer si des articles interdits n'avaient pas été
enterrés. Toutes les inspections ont été menées
dans les formes, dans le cadre des droits et privilèges accordés
à la Commission aux termes de son mandat, y compris l'accord de
mai 1991 sur le statut et les privilèges et immunités de
la Commission.
40. L'équipe d'inspection n'a détecté
aucun article ou document interdit dans les sites inspectés. En
temps normal, la Commission aurait été convaincue qu'il n'y
avait donc pas d'articles ou de documents interdits dans ce site au moment
des inspections -- mais le fait est que l'Iraq a délibérément
entravé les activités de l'équipe dans un certain
nombre de sites. À cinq occasions, l'Iraq n'a pas immédiatement,
comme il y était tenu, accordé l'accès aux sites désignés
pour inspection, les délais allant de 2 à plus de 17 heures.
En outre, l'Iraq a imposé des restrictions aux activités
de surveillance aérienne que la Commission menait à l'appui
des inspections au sol. Dans certains cas, il a entravé les mesures
prises par l'équipe pour observer visuellement les sites, ainsi
que l'inspection elle-même. Ces actions menées par l'Iraq,
en violation de ses obligations au titre des résolutions pertinentes
du Conseil, pour entraver le processus d'inspection, ont empêché
l'équipe de parvenir définitivement à des conclusions
sans équivoque. Les actions de l'Iraq et l'obstruction des activités
d'inspection ont réduit la confiance de la Commission.
41. Dans la période à venir, la Commission
attend de l'Iraq qu'il ajoute des informations à sa dernière
déclaration, en particulier pour ce qui est des questions du bilan-matières
des armes interdites et de leurs composants, des relations avec un certain
nombre de fournisseurs étrangers et du chevauchement entre les missiles
et d'autres domaines d'activités prohibées. Elle attend toujours
de l'Iraq des preuves documentaires à l'appui de nombre de ses explications,
surtout en ce qui concerne des projets dont il n'a que récemment
admis l'existence. C'est à l'Iraq de décider quand il sera
prêt à présenter à la Commission son état
définitif, exhaustif et complet, conformément aux résolutions
du Conseil. La Commission vérifiera alors cet état et évaluera
dans quelle mesure l'Iraq s'acquitte de ses obligations. La rapidité
avec laquelle la Commission peut vérifier les déclarations
de l'Iraq et les résultats finals de la vérification dépendront
de la qualité et de l'exactitude des informations que présentera
l'Iraq dans son exposé des activités relatives aux missiles
interdites. Sur la base du mandat que lui a confié le Conseil et
des droits qui lui ont été accordés, la Commission
procédera à des inspections pour répondre aux questions
que l'on se pose actuellement ou que l'on pourra se poser ultérieurement
concernant le respect par l'Iraq de ses obligations. Ces inspections représentent
un élément crucial du processus dont l'aboutissement sera
de permettre à la Commission de présenter au Conseil, comme
l'exige le paragraphe 22 de la résolution 687 (1991), un rapport
entièrement crédible sur la question.
42. La Commission continue de gérer le système
de contrôle dans le domaine des missiles qui est devenu opérationnel
en août 1994. On trouvera une description des principaux éléments
de ce système à plusieurs volets dans le rapport présenté
au Conseil en octobre 1995 (S/1995/864, par. 29 à 36).
43. Les équipes d'inspection résidentes
qui travaillent à partir du Centre de contrôle et de vérification
de Bagdad ont activement contrôlé un grand nombre de sites
liés aux missiles. D'autres éléments du système
de contrôle, notamment plus de 40 caméras dans 16 sites, ont
continué de bien fonctionner et de fournir des données essentielles
pour analyse et intégration dans le tableau d'ensemble des activités
iraquiennes soumises à contrôle.
44. La Commission a continué d'envoyer en Iraq
des équipes spécialisées pour étoffer ses capacités
de contrôler et d'évaluer les activités iraquiennes
en cours dans le domaine des missiles. Deux de ces équipes (UNSCOM
130 et UNSCOM 137) étaient en Iraq en décembre 1995 et en
mars 1996, avec pour mission de procéder à une analyse technique
approfondie des programmes iraquiens actuels de mise au point et de fabrication
de systèmes de missiles non interdits, c'est- à-dire d'une
portée de moins de 150 kilomètres. Dans le cadre de l'examen
du projet d'état définitif, exhaustif et complet présenté
par l'Iraq en février 1996, la dernière équipe à
se rendre en Iraq a également été chargée d'enquêter
sur des questions touchant certains projets de recherche-développement
de missiles menés dans le passé. Après de longues
discussions, l'équipe est parvenue à la conclusion que les
travaux sur les missiles de longue portée (soit de plus de 1 000
kilomètres) étaient plus avancés que l'Iraq ne l'avait
déclaré auparavant. L'Iraq s'est engagé à présenter
un supplément d'information et à corriger les parties pertinentes
du document de février. L'équipe a demandé qu'on lui
explique pourquoi l'Iraq avait besoin militairement et politiquement de
missiles ayant ces portées et ces charges utiles. L'Iraq a promis
de donner ces explications à la Commission "à un niveau politique".
45. En décembre 1995, la Commission a mené
une troisième opération de vérification (pour cette
année-là) des missiles opérationnels étiquetés.
Aucune modification n'a été détectée sur les
missiles inspectés durant l'année.
46. L'Iraq a récemment admis que, après
l'adoption de la résolution 687 (1991), il avait mené un
programme non déclaré visant à modifier un système
de missiles Volga/SA2 surface-air pour en faire des missiles surface-surface
avec une portée supérieure à 100 kilomètres.
Ce programme comportait des activités de recherche-développement,
des essais en vol et la production prototype de certains composants, ce
qui signifiait que les missiles relevaient des dispositions de la résolution
715 (1991), en particulier du paragraphe 43 du plan de contrôle et
de vérification continus (S/22871/Rev.1). L'Iraq n'aurait pas dû
les mener sans les déclarer comme il le fallait à la Commission.
L'Iraq a manifestement manqué, dans ce cas particulier, à
ses obligations au titre des résolutions pertinentes du Conseil.
La Commission a donc décidé d'appliquer les modalités
de contrôle aux missiles Volga en Iraq. Il faudrait pour cela étiqueter
tous les missiles de ce type et les inspecter périodiquement pour
s'assurer qu'aucune modification n'était apportée pour en
faire des missiles surface-surface. Ce contrôle sera exercé
sans que cela n'affecte les opérations de défense aérienne
de l'Iraq. Une équipe de la Commission a examiné les questions
pertinentes avec ce pays au début mars. La Commission entend commencer
très bientôt les opérations d'étiquetage aux
fins de les terminer dans quelques mois.
47. Les équipes résidentes de contrôle
des missiles ont participé activement aux inspections interdisciplinaires
d'un certain nombre de sites en Iraq. Cela leur permet d'en évaluer
l'intérêt pour les opérations de contrôle actuelles
et futures du point de vue des besoins dans le domaine des missiles.
48. La Commission continue d'obtenir des informations
sur les efforts déployés par l'Iraq pour acquérir
des composants et des techniques à utiliser spécifiquement
dans les activités relatives aux missiles. Il apparaît à
l'évidence que ces fournitures et acquisitions sont en contravention
des sanctions décrétées aux termes des résolutions
pertinentes du Conseil. L'Iraq a argué que tous les articles achetés
ou acquis par contrat étaient destinés à des missiles
non interdits, mais le fait qu'il ne les ait pas déclarés
à la Commission et ses tentatives de cacher ses acquisitions sont
fort préoccupants. Une équipe d'inspection (UNSCOM 144) vient
de mener une autre enquête sur les déclarations de l'Iraq
concernant ses efforts d'acquisition. La Commission entend poursuivre vigoureusement
cette entreprise. La résolution 1051 (1996) que le Conseil vient
d'adopter donne à présent une base solide pour les rapports
de l'Iraq et les mesures de la Commission dans ce domaine.
49. La Commission a fait rapport au Conseil sur les efforts
déployés par l'Iraq pour acquérir des articles à
l'étranger lorsqu'il y avait lieu de croire que ces efforts portaient
sur des articles et matériels destinés à des activités
interdites. Elle continue de suivre ces cas de très près.
Elle s'est en particulier inquiétée de la livraison récente
à l'Iraq d'un grand nombre de composants de systèmes de guidage
et de commande de missiles extrêmement sophistiqués, du genre
utilisé pour des missiles d'une portée dépassant 1
000 kilomètres. La Commission a lancé une enquête sur
l'affaire et envoyé une équipe spéciale (UNSCOM 120)
en Iraq en janvier 1996. Il convient de rappeler qu'en décembre
1995, le Gouvernement iraquien avait nié publiquement avoir acquis
ce type d'articles ou passé des contrats les concernant. L'Iraq
a communiqué à l'équipe UNSCOM 120 les rapports issus
des deux enquêtes officielles qu'il avait menées sur l'affaire,
et accepté aussi que l'équipe interroge un certain nombre
de personnes en Iraq. Les enquêtes iraquiennes ont confirmé
que les autorités et installations de missiles iraquiennes avaient
été impliquées dans l'acquisition de ces composants
en passant par un certain intermédiaire, lequel résidait
actuellement en Iraq. L'Iraq a déterminé que ces composants
relevaient des articles interdits aux termes de la résolution 687
(1991). L'intermédiaire en question a admis avoir conclu un certain
nombre de contrats avec l'Iraq concernant la livraison de ces articles
et d'autres composants et équipements de missiles et avoir reçu
des sommes d'argent considérables du Gouvernement iraquien. Il a
été établi que certains éléments de
systèmes de guidage et de commande avaient été livrés
à l'Iraq en juillet 1995, et que d'autres, de même que du
matériel d'essai, avaient été entreposés en
transit dans un port franc en Jordanie avant d'être expédiés
en Iraq. Une personne en Iraq (le Directeur général d'un
important établissement de missiles), qui aurait été
responsable de cette acquisition, a déclaré avoir détruit,
en août 1995, tous les composants de système de guidage et
de contrôle reçus et avoir à deux occasions, en août
et en octobre 1995, informé les autorités gouvernementales
iraquiennes de la réception de ces articles interdits. Malgré
tout cela, et bien qu'en ayant largement eu le temps, le Gouvernement iraquien
n'a présenté à la Commission aucune déclaration
sur les activités touchant les articles interdits jusqu'à
la mi-décembre 1995 et le mois de janvier 1996. L'équipe
UNSCOM 120 a obtenu de l'Iraq d'importants documents et éléments
d'information touchant l'affaire en cours. Pendant la mission, les interlocuteurs
iraquiens ont tendu à faire preuve de bonne volonté et de
coopération. L'Iraq a inclus un compte rendu sommaire de la question
dans son projet d'état définitif, exhaustif et complet de
février. Néanmoins, en dépit des efforts déployés
tant par l'Iraq que par l'équipe, il demeure des contradictions
et des ambiguïtés dans le compte rendu des événements
et de la nature et l'ampleur de cet effort d'acquisition. L'Iraq répugne
toujours à élargir la portée de l'enquête, comme
le demandent les circonstances. La Commission poursuivra son enquête
approfondie sur cette affaire d'acquisition et de livraison d'articles
interdits à l'Iraq. Pour aider à la vérification,
la Commission a demandé l'aide de certains gouvernements susceptibles
de détenir des informations pertinentes, en particulier ceux qui
ont juridiction sur les fournisseurs dont l'Iraq a révélé
l'identité. La Commission attend toujours leurs réponses.
50. L'évaluation générale des progrès
au cours de la période considérée est positive. La
Commission a pu faire considérablement progresser son enquête
et ses activités de vérification des activités interdites
en Iraq. Toutefois, quelques incidents récents, où les représentants
de l'Iraq ont semblé moins coopératifs dans leur interaction
avec la Commission, laissent craindre un retournement de cette tendance
encourageante. La Commission est convaincue que, si la politique de coopération
et de franchise est maintenue et si on la laisse mûrir, il sera possible
de résoudre rapidement les questions, même les plus ardues,
qui restent en suspens dans le domaine des missiles.
51. Durant la période à l'examen, la Commission
s'est employée, dans le domaine des armes chimiques, à évaluer
les déclarations de l'Iraq sur ses activités interdites ainsi
que les documents reçus de ce pays, et à recueillir d'autres
documents en effectuant des inspections sur le terrain.
Déclarations de l'Iraq
52. Pour qu'elle puisse s'acquitter de son mandat dans
deux domaines importants, il est essentiel que la Commission connaisse
parfaitement les activités de l'Iraq concernant les armes chimiques.
Il lui faut en effet, d'une part, vérifier qu'il ne reste plus dans
le pays d'agents, de munitions, d'équipements et de matières
interdits, et, d'autre part, s'assurer que le régime de contrôle
qu'elle applique dans le domaine chimique englobe la totalité des
équipements et des matières qui se trouvent en Iraq et qui
pourraient être utilisés pour fabriquer des armes chimiques.
Aucun de ces deux objectifs ne peut être atteint si l'Iraq ne fournit
pas un état définitif et complet, comme il est demandé
dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.
Au cours des cinq dernières années, des progrès ont
été accomplis dans ce sens du fait que la quantité
de renseignements contenus dans les rapports successifs de l'Iraq s'est
sensiblement accrue.
53. Le premier état dans le domaine chimique a
été présenté en 1992. En 1993 et 1994, la Commission
a obtenu des gouvernements qui lui apportent leur concours de nombreux
renseignements sur les fournitures à l'Iraq de matières associées
aux armes chimiques. Ces informations contredisaient les déclarations
figurant dans l'état de 1992 et faisaient également apparaître
d'importantes lacunes dans ce document. L'Iraq a alors présenté
un nouvel état en mars 1995. La Commission a estimé que tout
en constituant une amélioration par rapport à la version
précédente, ce nouveau document restait incomplet.
54. L'un des aspects très importants des états
définitifs et complets est que la Commission doit pouvoir vérifier
leur contenu. Lorsque l'Iraq soutient que les preuves matérielles
ont disparu, le seul moyen de vérification est d'obtenir les documents
originaux. Jusqu'en août 1995, l'Iraq avait prétendu que tous
les documents relatifs aux programmes interdits avaient été
détruits. Cette affirmation a été contredite par la
présentation d'un grand nombre de documents en août 1995 et
l'Iraq a donc beaucoup progressé dans le respect de ses obligations.
55. Comme il a été signalé dans les
rapports au Conseil de sécurité publiés en octobre
et en décembre 1995 (S/1995/864 et S/1995/1038), les documents obtenus
en août ont montré que le programme d'armes chimiques était
plus avancé et plus vaste que l'Iraq ne l'avait admis auparavant.
Ils ont aussi permis de constater que l'Iraq avait utilisé des installations
chimiques militaires pour appuyer d'autres programmes d'armes de destruction
massive, notamment pour la production d'enveloppes de bombes radiologiques,
le processus d'enrichissement chimique de l'uranium et le programme d'armes
biologiques. Ils ont également fait état d'une plus grande
participation de l'étranger aux programmes d'armes chimiques. Néanmoins,
ils n'étaient pas complets et il y manquait des renseignements sur
certains domaines importants. Par exemple, la Commission n'a obtenu que
les relevés de production d'agents de guerre chimique portant sur
une période de sept mois en 1988; elle ne dispose pas de relevés
de production pour les années d'activités déclarées,
y compris la phase la plus importante après 1988 lorsque l'Iraq
a notamment effectué des travaux de recherche-développement
sur des agents de guerre chimique et des vecteurs plus perfectionnés.
56. Confronté aux nouveaux renseignements provenant
des documents obtenus en août 1995, l'Iraq a accepté de fournir
un autre état définitif et complet, qui a été
présenté en novembre 1995 sous forme de projet. Celui-ci
a été examiné à New York, en décembre
1995, avec des représentants iraquiens de haut niveau. Au cours
des discussions, les experts de la Commission ont souligné les problèmes
que soulevait le projet et les domaines dans lesquels il conviendrait de
fournir un plus grand nombre de pièces justificatives, principalement
des documents originaux, notamment en ce qui concerne les activités
de destruction unilatérale d'articles interdits que l'Iraq aurait
effectuées durant l'été de 1991 (voir plus haut le
paragraphe 33).
57. Les discussions qui ont eu lieu en décembre
1995 ont été fructueuses. L'Iraq a accepté toutes
les recommandations de la Commission et a présenté en février
1996 un nouveau projet d'état définitif et complet (le quatrième).
Des progrès ont encore été réalisés
lorsque l'Iraq a fourni, après août 1995, de nouveaux documents
sur les activités concernant les armes chimiques.
58. L'évaluation de ce dernier projet d'état
définitif et complet se poursuit, et les experts de la Commission
se rendront sous peu à Bagdad pour s'entretenir avec leurs homologues
iraquiens. Il est à ce stade prématuré de donner une
appréciation finale du document, mais on peut déjà
tirer certaines grandes conclusions. La déclaration s'est améliorée
à certains égards, mais elle reste incomplète dans
des domaines importants, tels que le niveau de compétence acquis
en ce qui concerne la recherche-développement sur les agents de
guerre chimique, les méthodes de synthèse, les techniques
de production à grande échelle, la fabrication de l'arme
nucléaire et les vecteurs. On n'y trouve pas non plus de renseignements
complets sur les capacités de production de précurseurs et
le matériel à double fin existant dans l'industrie chimique
civile, ni sur les fournisseurs étrangers.
59. De plus, l'Iraq a modifié, dans ce dernier
projet de texte, les chiffres concernant les précurseurs d'armes
chimiques, les agents et les munitions fabriqués, achetés
et détruits, et les dates des activités. On ne connaît
pas exactement la provenance de ces nouvelles données produites
par l'Iraq étant donné qu'aucune documentation n'a été
fournie pour expliquer les changements qui ont été apportés.
On suppose que ceux-ci s'expliquent par les renseignements que l'Iraq n'a
pas encore divulgués à la Commission.
60. Une autre partie de la déclaration qui reste
insuffisante concerne les activités relatives aux agents supertoxiques
V. L'Iraq avait au départ déclaré n'avoir entrepris
qu'une synthèse en laboratoire. En mars 1995, il a admis avoir produit
260 kilogrammes d'agents et les avoir incorporés dans trois bombes
d'aviation. En novembre 1995, le volume produit qui avait été
déclaré est monté à 3,3 tonnes et ce chiffre
a encore augmenté de 20 % dans le dernier projet d'état définitif
et complet. Comme il a été indiqué dans les rapports
précédents au Conseil de sécurité, l'Iraq disposait
au début de 1989 de la quantité de précurseurs voulue
pour fabriquer du VX à grande échelle. L'Iraq a déclaré
que ces précurseurs avaient été détruits unilatéralement,
mais tant qu'il ne produira pas davantage de preuves à l'appui,
la Commission ne pourra être certaine qu'il ne reste pas dans le
pays des capacités de production de VX, des stocks de précurseurs
et des munitions appropriées.
Collecte d'informations supplémentaires
61. Étant donné qu'il est important d'obtenir
des documents pour appuyer les déclarations de l'Iraq sur ses activités
chimiques, la Commission a pris l'initiative de rechercher ces documents.
Il s'agissait d'examiner les emplacements où certains documents
relatifs aux armes chimiques pourraient encore se trouver dans le pays.
62. Il a donc été décidé de
fouiller les décombres de plusieurs bâtiments d'Al Muthanna,
qui était l'installation de production et de recherche la plus importante
dans le domaine des armes chimiques. Depuis le bombardement aérien
de cette installation en février 1991, il était considéré
comme impossible d'accéder aux bâtiments en raison de l'insécurité.
La Commission a néanmoins décidé d'entreprendre un
gros effort pour déblayer le site. Du 24 février au 10 mars
1996, l'équipe 129B de la Commission spéciale, composée
de 26 inspecteurs internationaux, a fouillé six corps de bâtiment
à Al Muthanna et inspecté un certain nombre d'autres zones
et installations.
63. Durant cette mission dangereuse et pénible,
l'équipe a découvert et récupéré quelque
5 000 pages de documents imprimés (volumes reliés, mémorandums,
pièces administratives, brochures, lettres, archives, livres, catalogues
et revues publiées) ainsi qu'une centaine de disques d'ordinateur.
Certains articles étaient intacts tandis que d'autres étaient
très endommagés. De plus, l'équipe a récupéré
quelque 80 munitions et composants, dont des ogives chimiques d'artillerie
de 122 mm et des obus d'artillerie "binaires" de 155 mm. L'Iraq a contribué
au succès de cette inspection en assurant un appui technique, notamment
de la main-d'oeuvre et du matériel de génie lourd. Cette
assistance a été fournie sans problème ni retard.
Les experts de la Commission s'emploient actuellement à traduire
et à analyser ces nouveaux documents. Les résultats obtenus
permettront sans doute d'accélérer la vérification
des déclarations de l'Iraq dans le domaine des armes chimiques.
64. Dans un nouvel effort de vérification, la Commission
a également tenu des consultations avec les anciens fournisseurs
du Gouvernement iraquien en matières associées aux armes
chimiques. Certains aspects de la déclaration de l'Iraq ne peuvent
être vérifiés qu'à l'aide des informations que
doivent encore communiquer les gouvernements de ces fournisseurs. La Commission
poursuivra ses efforts dans ce sens étant donné qu'il s'agit
d'un domaine capital pour les activités de vérification.
65. Depuis son rapport de décembre 1995, l'équipe
de contrôle chimique basée à Bagdad a inspecté
plus de 50 emplacements en Iraq. Des missions conjointes avec d'autres
équipes de contrôle ont été effectuées
à ce titre dans des emplacements nouveaux et dans d'autres emplacements
déjà connus. Ces inspections conjointes ont permis aux équipes
non seulement de mieux connaître les emplacements susceptibles d'intéresser
leur domaine, mais aussi de mieux exploiter les ressources limitées.
66. L'équipe de contrôle chimique continue
à découvrir du matériel à double usage qui
n'a pas été déclaré. Conformément au
plan de contrôle, l'Iraq est tenu de déclarer tout le matériel
de fabrication de produits chimiques à double fin. Les mouvements
et l'utilisation de ces produits doivent être également notifiés.
L'Iraq persiste à ne pas fournir de déclarations précises
et complètes comme il est demandé dans le plan, et les explications
qu'il donne au sujet d'articles et d'activités non déclarées
sont dans bien des cas insuffisantes. Ces retards et ces lacunes font douter
des intentions de l'Iraq dans le domaine chimique. La Commission surveillera
de près les mesures que l'Iraq prendra pour améliorer ses
procédures concernant les déclarations qu'il est tenu de
fournir conformément au plan de contrôle.
67. La Commission a continué de s'efforcer à
améliorer le système de contrôle et de vérification
afin de tenir compte des résultats des enquêtes menées
sur le programme d'armes chimiques iraquien. Ces améliorations ont
notamment consisté à renforcer les capacités d'analyse
chimique du Centre de contrôle et de vérification de Bagdad.
68. Les premiers essais de caméra de contrôle
mobile temporaire effectués par l'équipe chimique ont été
couronnés de succès. Ce système trouvera de nouvelles
applications dans un avenir proche. À compter de mai 1996, la Commission
effectuera également une série d'essais de nouveaux types
de capteurs et de méthodes de détection afin d'évaluer
leur possibilité d'emploi dans le système de contrôle.
69. À la fin d'avril, l'équipe de contrôle
chimique du centre de Bagdad sera renforcée par du personnel supplémentaire.
Depuis le milieu de février 1996, elle a pu disposer des services
d'un spécialiste permanent de la neutralisation des explosifs qui
connaît également le domaine des munitions non classiques.
Cette contribution est très importante pour assurer la sécurité
des opérations de la Commission en Iraq.
70. La Commission a demandé à 60 gouvernements
de fournir du personnel qualifié à l'équipe de contrôle
chimique à Bagdad, essentiellement afin de contrôler les installations
chimiques civiles de l'Iraq. Elle espère ainsi être bientôt
en mesure de mettre en place une réserve internationale d'inspecteurs
dans le domaine chimique qui pourront travailler à tour de rôle
au Centre de Bagdad.
71. La Commission a indiqué dans ses rapports au
Conseil datés d'octobre et de décembre 1995 (S/1995/864 et
S/1995/1038) ses principales conclusions et évaluations du programme
interdit de l'Iraq dans le domaine des armes biologiques. Au cours de la
période à l'examen, elle a accompli de nouveaux progrès
dans la définition du programme. Néanmoins, elle continue
à estimer que l'Iraq n'a pas encore fourni un état complet
et exact de ses activités interdites sous tous leurs aspects.
72. Afin de tenir compte des nouvelles données
révélées en août et septembre 1995, l'Iraq a
présenté le 5 novembre 1995 un projet d'état définitif
et complet dans le domaine biologique. La Commission a indiqué au
Conseil ce qu'elle pensait de ce document dans son rapport de décembre
1995 (S/1995/1038). Dans le cadre des pourparlers de haut niveau et des
réunions d'experts avec l'Iraq, la Commission a signalé les
graves lacunes du projet. L'Iraq s'est engagé à poursuivre
ses travaux en vue de présenter une version améliorée
de la déclaration.
73. Afin d'aider l'Iraq dans ce domaine, des équipes
d'inspection de la Commission (UNSCOM 133 et 139) se sont rendue dans le
pays pour y avoir des entretiens approfondis sur les questions de production
d'armes biologiques et d'agents en vrac à des fins militaires. Ces
visites ont eu lieu du 12 au 18 janvier et du 24 février au 1er
mars 1996.
74. Les discussions de janvier ont été fructueuses
et l'équipe iraquienne a fait preuve d'un esprit de coopération.
L'Iraq a produit un certain nombre de documents afin d'appuyer certaines
parties de sa déclaration. Il a divulgué de nouveaux renseignements
concernant son programme d'armes biologiques. Il a révélé
qu'Al Hakam devait devenir une installation de remplissage de munitions
de guerre biologique et que les bombes d'aviation R-400 destinées
à la guerre biologique étaient en fait assemblées
dans cette installation. Il a également déclaré que
certains essais d'armes avaient été effectués à
Al Hakam. Les réunions de janvier ont permis d'éclaircir
plusieurs points importants, notamment en ce qui concerne la destruction
de certains types de munitions de guerre biologique. On s'est sérieusement
efforcé de résoudre la question fondamentale du remplissage
et de la prétendue destruction clandestine des ogives de guerre
biologique destinées à des missiles. Aucun résultat
n'a été obtenu étant donné que les déclarations
de l'Iraq ne correspondaient pas à la documentation dont disposait
la Commission. Celle-ci a toutefois été encouragée
par l'issue positive des discussions de janvier.
75. Toutefois, la visite qui a eu lieu en février
pour examiner la production d'agents de guerre biologique a été
moins fructueuse. L'Iraq n'a pas fourni de documentation supplémentaire.
Il avait présenté auparavant des documents pour appuyer ses
chiffres de production déclarés pour 1990. Toutefois, l'équipe
a jugé trop faibles les données relatives à la production
des années antérieures que l'Iraq lui avait présentées.
Selon elle, les homologues iraquiens avaient tendance à modifier
les chiffres de production pour tenir compte des faits récemment
découverts au sujet du programme d'armes biologiques. L'Iraq apportait
des changements sans aucune pièce justificative ou explication convaincante.
76. Le 8 mars 1996, l'Iraq a présenté à
la Commission un autre projet d'état définitif et complet.
Ce nouveau texte incorpore certaines explications fournies par l'Iraq depuis
novembre et tient compte d'un certain nombre de suggestions faites par
la Commission en ce qui concerne le contenu et la présentation de
la déclaration. À ce titre, le nouveau texte constituait
une amélioration par rapport à la version précédente.
La Commission tient maintenant tout particulièrement à recevoir
de l'Iraq un état définitif et cohérent concernant
l'intégration du programme d'armes biologiques dans le dispositif
militaire iraquien ainsi qu'un bilan-matières confirmé pour
les agents et munitions de guerre biologique, allant du stade de la production
à celui de la destruction. Dans un certain nombre de domaines importants,
les informations figurant dans le projet de texte récent ne correspondent
pas aux constatations actuelles de la Commission. Si l'Iraq ne rectifie
pas de façon convaincante cette situation, de grands problèmes
se poseront pour la vérification de sa déclaration officielle.
77. Grâce à ses enquêtes sur le programme
d'armes biologiques, la Commission a pu identifier un certain nombre d'installations
qui ont joué un rôle essentiel à cet égard.
Il s'agit en particulier de l'usine d'Al Hakam -- établissement
spécialisé dans la recherche-développement, la production
et le remplissage de munitions dans le domaine de la guerre biologique
-- et de la fabrique de vaccin contre la fièvre aphteuse à
laquelle l'Iraq a fait très largement appel pour produire des agents
de guerre biologique. En attendant une décision quant à la
neutralisation de ces installations et de leur matériel, ainsi qu'il
est requis dans la résolution 687 (1991), la Commission a demandé
à l'Iraq de cesser toute activité dans ces deux emplacements.
L'Iraq a accepté et a fourni une aide pour prendre les mesures voulues
en matière de neutralisation et de surveillance.
78. La Commission continue de mettre en oeuvre son système
de contrôle continu dans le domaine biologique. Ce système
porte actuellement sur 82 emplacements, trois ayant été ajoutés
depuis octobre 1995. Les installations contrôlées comprennent
des établissements de production et de recherche, des centres de
lutte contre les maladies, des instituts universitaires et des organismes
d'exportation et d'importation. Depuis octobre 1995, plus de 170 visites
ont été effectuées par les équipes de contrôle
biologique opérant à partir du Centre de contrôle et
de vérification de Bagdad. Plus de 20 caméras de télésurveillance
sont employées dans trois emplacements afin d'accroître les
capacités de contrôle.
79. La coopération de l'Iraq aux activités
de contrôle de la Commission a généralement été
bonne depuis que le système a été mis en place en
avril 1995. Toutefois, la Commission a récemment noté des
cas de négligence de la part du personnel iraquien, qui n'a pas
répondu pleinement à ce qu'elle attendait de lui. C'est ainsi
que ce personnel n'a pas fourni tous les mois des informations sur certains
emplacements, n'a pas répondu aux demandes de la Commission concernant
des déclarations sur certaines installations ou activités,
a enlevé ou brisé les marques et les scellés de la
Commission et n'a pas notifié en temps voulu certaines activités.
La Commission est préoccupée par le fait que ces incidents,
s'ils se poursuivaient, risqueraient d'entraver gravement les activités
de contrôle.
80. Le Directeur général de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) présente des rapports séparés
sur les activités du Groupe d'action créé pour appliquer
les dispositions des paragraphes 12 et 13 de la résolution 687 (1991)
et du Plan de contrôle et de vérification continus de l'AIEA
approuvé par la résolution 715 (1991) (S/22872/Rev.1 et Corr.1).
81. Conformément au paragraphe 9 b) iii) de la
résolution 687 (1991) et au paragraphe 4 b) de la résolution
715 (1991), la Commission continue d'assurer son concours et sa coopération
au Groupe d'action de l'AIEA en assurant un soutien logistique et un appui
opérationnel pour la mise en oeuvre du Plan de contrôle et
de vérification continus de l'AIEA. Conformément au paragraphe
9 b) i) de la résolution 687 (1991) et au paragraphe 4 a) de la
résolution 715 (1991), elle continue à désigner des
emplacements aux fins d'inspection. Conformément au paragraphe 3
c) de la résolution 707 (1991), elle continue à prendre des
décisions au sujet des demandes faites par l'Iraq en vue de déplacer
ou de détruire tout matériel ou équipement lié
à ses programmes d'armes nucléaires ou à ses autres
activités nucléaires. En outre, conformément au paragraphe
4 c) de la résolution 715 (1991), elle continue d'exercer, en coopération
avec le Directeur général de l'AIEA dans le domaine nucléaire,
les autres fonctions qui pourraient être nécessaires à
la coordination des activités au titre des plans de contrôle
et de vérification continus, notamment en tirant parti dans toute
la mesure possible des services et de l'information couramment disponibles
afin d'atteindre l'efficacité maximum et d'utiliser au mieux les
ressources.
82. Durant la période considérée,
la Commission a examiné et approuvé un certain nombre d'évaluations
de l'AIEA concernant des demandes iraquiennes visant à déplacer
des matières et des équipements à l'intérieur
du pays ou à utiliser certaines matières mises sous scellés;
elle a participé avec des équipes de l'AIEA à des
inspections régulières; elle a fourni, par l'intermédiaire
du Gouvernement allemand, un avion C-160 et un hélicoptère
CH-53G pour assurer les déplacements des inspecteurs de l'AIEA entre
Bahreïn et l'Iraq et entre divers points à l'intérieur
du pays; elle a fourni au Groupe d'action des salles de travail et des
moyens d'appui au Centre de contrôle et de vérification de
Bagdad.
83. Les rapports entre les activités nucléaires
et les activités balistiques ont été étudiés
durant une inspection conjointe effectuée en février 1996.
Cette mission a examiné les plans d'un missile devant servir de
vecteur pour une ogive nucléaire. Ces inspections seront reprises
à l'avenir. D'autres inspections interdisciplinaires sont également
prévues.
84. L'AIEA et la Commission ont renforcé l'intégration
de leurs méthodes de contrôle. Des réunions de coordination
se tiennent régulièrement, alternativement à New York
et à Vienne, afin d'échanger des informations et de préparer
des inspections interdisciplinaires. Les experts de la Commission se rendent
régulièrement à Vienne afin de mettre à jour
la photothèque de l'AIEA.
85. Les experts de la Commission continuent à participer
aux négociations de l'AIEA avec la Fédération de Russie
concernant la vente de combustible nucléaire enlevé en Iraq
et retraité dans la Fédération. Diverses solutions
sont actuellement examinées afin de régler cette question
au plus tôt.
86. Dans son rapport précédent (S/1995/1038),
la Commission a fait quelques observations préliminaires sur l'étendue
des activités déclarées par l'Iraq dans le domaine
des armes radiologiques. La Commission et l'AIEA ont demandé à
l'Iraq de divulguer tous les détails de ce programme.
87. En annexe au projet d'état définitif
et complet dans le domaine chimique, en date de février 1996, l'Iraq
a fourni la copie d'un rapport sur les activités entreprises par
la Commission de l'énergie atomique et la Commission de l'industrialisation
militaire iraquiennes. Ce document porte sur la période allant d'août
à décembre 1987.
88. Conformément à la déclaration
de l'Iraq, le projet avait pour but de se servir de munitions aériennes
classiques pour disperser des matières radioactives. L'irradiation
se serait produite par inhalation des matières en suspension dans
l'air.
89. Le rapport contient des informations détaillées
sur l'irradiation du zirconium dans un réacteur nucléaire
de Tuwaitha, les calculs de l'effet biologique des matières irradiées,
la réalisation d'expériences sur le terrain concernant la
répartition des isotopes et la conception des munitions. Il renferme
également des informations sur la bombe aérienne spéciale
connue sous le nom de Qa-Qa-28, dont quatre prototypes ont été
construits aux fins de cette expérience. L'armée de l'air
iraquienne et l'Établissement d'État de Muthanna ont essayé
ces munitions sur le terrain.
90. La conclusion du rapport est que les commissions iraquiennes
de l'énergie atomique et de l'industrialisation militaire avaient
la capacité de fabriquer une bombe contenant des matières
irradiées. L'armée de l'air iraquienne avait toutefois suggéré
de réaliser une étude afin d'envisager la possibilité
de réduire le poids de la bombe Qa-Qa-28 (1 400 kilogrammes).
91. L'Iraq a déclaré qu'aucun ordre n'avait
été donné en vue de produire des armes radiologiques
et que le projet avait été abandonné. Toutefois, il
était admis dans l'état définitif et complet que 100
enveloppes vides de la bombe aérienne de calibre inférieur
avaient été produites à des fins de guerre radiologique.
Suivant l'Iraq, 75 bombes avaient été envoyées à
l'Établissement d'État d'Al-Qa-Qa et les 25 autres avaient
été détruites unilatéralement à Al Muthanna
durant l'été de 1991. Le rapport ne mentionne pas ce qu'il
est advenu des 75 bombes d'Al-Qa-Qa.
92. On ne sait pas vraiment à quelle date ou à
quel stade d'exécution du projet ces munitions ont été
produites. De même, on ignore si elles ont été fabriquées
à la suite du rapport susmentionné. La Commission continue
de demander instamment des documents supplémentaires afin de vérifier
la production, l'essai et la destruction unilatérale de ces munitions.
93. Le 27 mars 1996, le Conseil de sécurité
a adopté à l'unanimité la résolution 1051 (1996),
par laquelle il a approuvé le mécanisme de contrôle
des exportations et des importations en provenance ou à destination
de l'Iraq. On se rappellera que la Commission et l'AIEA étaient
d'avis que la mise en place d'un mécanisme qui permette de contrôler
toutes ventes ou fournitures à l'Iraq d'articles relevant de l'application
de la section C de la résolution 687 (1991) constituaient une étape
cruciale vers la pleine application de leurs plans de contrôle et
de vérification continus. Le Conseil lui-même avait demandé
la mise au point d'un tel mécanisme au paragraphe 7 de sa résolution
715 (1991).
94. L'entrée en Iraq d'articles à double
usage pouvant servir dans des programmes d'armement interdits constitue,
depuis un certain temps, une source d'inquiétude. Cela avait d'ailleurs
été signalé dans les rapports précédents
de la Commission. Faute d'un mécanisme leu permettant d'obtenir
à temps les renseignements leur permettant de vérifier ce
qui est advenu de l'article en question, la Commission et l'AIEA sont moins
en mesure de s'assurer s'il y a eu ou non abus.
95. Ce mécanisme ayant été adopté,
il ne serait pas inutile d'en rappeler les principaux éléments.
Mis au point par le Comité des sanctions, la Commission spéciale
et le Directeur général de l'AIEA, il repose sur deux éléments,
à savoir la notification par l'Iraq et par l'État qui compte
fournir à ce dernier des articles à doubles usage, l'inspection
desdits articles à l'entrée et leur contrôle dans les
locaux de l'usager final. L'Iraq sera tenu de faire, au préalable,
des déclarations circonstanciées concernant toute importation
envisagée d'articles à double usage. Le gouvernement du fournisseur
sera tenu de faire connaître au préalable son intention de
fournir de tels articles et de confirmer par la suite ces exportations
en fournissant tous les documents requis. Une fois ces articles arrivés
en Iraq, celui-ci est tenu de faire une déclaration analogue. Par
ailleurs, les gouvernements seraient tenus de fournir tous renseignements
dont ils disposent indiquant que l'Iraq cherche à se procurer des
articles qui lui sont prohibés par les résolutions du Conseil
et les plans de vérification.
96. Comme indiqué plus haut, le mécanisme
a pour objet de compléter les autres éléments des
plans de contrôle et de vérification continus déjà
en place en Iraq, le but étant de créer un système
de contrôle efficace sans porter atteinte aux activités commerciales
et industrielles légitimes. Il ne s'agit pas en effet d'un régime
d'octroi de licences. Une fois les articles en question arrivés
en Iraq, les inspections prévues dans le cadre du système
de contrôle et de vérification continus permettront de s'assurer
de leur utilisation effective dans les locaux des usagers finals.
97. Les notifications seront adressées au groupe
mixte mis en place à New York et composé d'experts de la
Commission et de l'AIEA. Des effectifs supplémentaires seront affectés
au Centre de contrôle et de vérification de Bagdad pour se
charger des notifications reçues de l'Iraq. Des modalités
seront définies pour que tous les éléments d'information
soient traités de façon strictement confidentielle.
98. Comme c'est le cas du budget de fonctionnement actuel
de la Commission, les dépenses du groupe ne seront pas imputées
sur le budget ordinaire de l'Organisation des Nations Unies ni financées
par les quotes-parts des États Membres. En principe, les dispositions
administratives que les États Membres seront appelés à
prendre au plan intérieur pour se conformer aux conditions posées
par le mécanisme sont minimes.
99. Dans sa résolution 1051 (1996), le Conseil
a demandé à tous les États d'adopter, au plus tôt,
les mesures éventuellement requises au plan interne pour mettre
en oeuvre le mécanisme. D'après cette résolution,
l'Iraq est tenu de notifier le groupe mixte de son intention d'importer
des articles visés par le mécanisme, à compter d'une
date convenue avec l'Iraq et, en tout état de cause, à partir
du soixantième jour suivant l'adoption de la résolution.
Avant cette date, la Commission a l'intention d'envoyer une équipe
d'experts en Iraq pour s'assurer que le fonctionnement du mécanisme
est bien compris.
100. Tous les autres États doivent notifier le
groupe mixte, à compter de la date à laquelle le Secrétaire
général et le Directeur général de l'AIEA,
après avoir consulté les membres du Conseil et les autres
États intéressés, lui auront fait savoir qu'ils ont
la conviction que les États sont prêts à mettre en
oeuvre le mécanisme. Avant cette date, la Commission projette d'organiser
à l'intention des États Membres des réunions d'information
sur le mécanisme et s'est, par ailleurs, déclaré disposée
à s'entretenir bilatéralement avec les États ayant
des questions ou des préoccupations particulières.
101. La Commission et l'AIEA publieront sous peu, à
l'intention des gouvernements, un manuel expliquant les modalités
à suivre et précisant les pièces justificatives requises
en vertu de la résolution. Les listes d'articles visés par
le mécanisme ont déjà été publiées
dans les annexes révisées aux plans de contrôle et
de vérification continus (documents S/1995/208 et Corr.1 et S/1995/215
et Corr.1 et 2). Ces annexes seront incorporées au manuel ainsi
que les formulaires de notification à utiliser par les États,
et un recueil des définitions des termes utilisés dans les
annexes.
102. L'adoption et la mise en oeuvre du mécanisme
ne modifient en rien le régime de sanctions décrété
en vertu de la résolution 661 (1990). Jusqu'à décision
contraire du Conseil, le Comité des sanctions continuera à
exercer les mêmes fonctions.
103. Les moyens d'inspection aérienne dont dispose
la Commission, à savoir l'avion de surveillance à haute altitude
(U-2) et l'équipe d'inspection établie à Bagdad, continuent
à jouer un rôle capital dans l'application du régime
de contrôle et d'inspection de nouveaux sites. À ce jour,
l'équipe d'inspection aérienne a plus de 650 missions à
son actif et l'avion U-2 a effectué 290 sorties.
104. La situation financière de la Commission demeure
précaire. Depuis la présentation de son dernier rapport en
décembre 1995, deux contributions additionnelles ont été
versées aux fonds de la Commission par le Japon et l'Arabie saoudite.
Le Koweït s'est expressément engagé à verser
une contribution. Les activités de la Commission en 1996 ont été
essentiellement financées par des économies réalisées
en 1995, qui seront épuisées d'ici à la mi-1996. Or,
le mécanisme de contrôle des exportations et des importations
ne fera qu'alourdir la note. Aussi, si on ne trouve pas une solution rapidement,
cette situation aura pour effet de réduire sérieusement la
capacité de la Commission à s'acquitter du mandat qui lui
avait été confié par le Conseil.
105. Les locaux de la Commission sont devenus trop exigus
pour que les fonctionnaires puissent travailler efficacement. Qui plus
est, les conditions de sécurité sont, de ce fait, déplorables,
notamment en cas d'incendie. Le mécanisme de contrôle des
exportations et des importations suppose le traitement d'informations hautement
confidentielles, et les considérations de sécurité
sont telles qu'il faudrait trouver des locaux à l'intérieur
même du Siège de l'ONU. À moins de remédier
à cette situation, la Commission ne sera pas à même
de respecter les délais prescrits dans la résolution 1051
(1996). De plus, l'analyse des documents récemment obtenus de l'Iraq
s'en trouvera retardée.
106. L'Armée de l'air allemande continue à
fournir à la Commission et à l'AIEA un soutien aérien
essentiel au succès de leurs missions sur le terrain. La Commission
remercie le Gouvernement allemand d'avoir fourni un tel appui au cours
des quatre dernières années. Cet effort, de la part d'un
seul État Membre, représente le principal élément
d'appui "en nature" fourni à la Commission. Le Gouvernement allemand
vient d'ailleurs de communiquer à la Commission des chiffres indiquant
qu'à la fin de 1994, le montant de sa contribution s'élevait
à 65 138 000 dollars.
107. Moyen de transport de charges lourdes, l'hélicoptère
CH-53G, a donné à la Commission une très grande souplesse,
lui permettant d'accomplir des missions très diverses, allant du
transport, à travers l'Iraq, d'équipes d'inspection chargées
de la prise de photographies aériennes au déploiement d'équipes
d'inspection et de leurs véhicules dans des sites situés
loin de Bagdad, renforçant ainsi grandement la capacité de
la Commission à mener des inspections sans avertissement partout
en Iraq. C'est essentiellement grâce à cette souplesse que
la Commission a pu s'acquitter du mandat qui lui avait été
confié en vertu des résolutions 687 (1991) et 715 (1991).
Chargé de fournir à la Commission et à l'AIEA tout
l'appui logistique dont ils ont besoin dans leur déplacement à
destination et en provenance de l'Iraq, le C-160 a, lui aussi, continué
à fournir à la Commission un appui exemplaire. Comme prévu
dans le rapport de la Commission de décembre dernier, en la privant,
début 1996, d'un avion et d'un hélicoptère, la Commission
a dû opérer des choix difficiles, cette réduction se
traduisant en effet par une perte de souplesse et une augmentation des
risques liés aux missions. À moins qu'il ne soit remédié
à cette situation, la Commission ne sera pas à même
d'assurer le Conseil que ses opérations seront toujours menées
aussi efficacement.
108. La Commission poursuit ses efforts en vue de remplacer
les moyens aériens allemands, qu'il est prévu de retirer
d'ici à la fin de juin 1996. À ce propos, deux États
Membres seraient disposés à assurer la relève. La
Commission a envoyé une mission technique en Iraq et à Bahreïn
pour évaluer les besoins logistiques ayant trait au remplacement
de l'avion, et compte en envoyer une deuxième pour évaluer
les besoins ayant trait au remplacement des hélicoptères.
Au cas où ces solutions se révéleraient peu pratiques,
la Commission espère que le Gouvernement allemand continuera à
fournir un appui aérien jusqu'à ce que l'on parvienne à
un autre arrangement. Autrement, il serait pratiquement impossible pour
la Commission et l'AIEA de continuer leurs activités de façon
tant soit peu crédible.
109. L'appui fourni par le Gouvernement bahreïnite
au bureau de la Commission à l'aéroport de Muharraq a été
remarquable et demeure, d'un point de vue logistique, essentiel aux activités
de la Commission et de l'AIEA en Iraq. L'infrastructure mise actuellement
à la disposition de la Commission dans l'aéroport est idéale,
tant sur le plan de la sécurité physique que de la proximité
des axes de vol, tout en répondant parfaitement aux besoins de la
Commission en locaux à usage de bureau, et en installations de stockage
et autres pour le personnel. La Commission est très redevable au
Gouvernement bahreïnite et à son ministère de la défense
pour leur appui indéfectible.
110. Outre le soutien mentionné plus haut, la Commission
tient à remercier une cinquantaine de gouvernements d'avoir contribué
à ses activités en fournissant experts et matériels
ainsi que d'autres apports essentiels à ces opérations.
111. Le Centre de contrôle et de vérification
de Bagdad a pu, au fil du temps, s'organiser et s'équiper de façon
à mieux s'acquitter de ses fonctions, et le recrutement de plusieurs
éléments clefs ne peut qu'en renforcer les capacités
techniques. L'installation de nouvelles lignes téléphoniques
et l'acquisition d'un matériel de communication par satellite plus
performant permettent de meilleures liaisons avec le siège de la
Commission à New York et le groupe d'action de l'AIEA à Vienne.
Le répéteur dont on vient d'achever l'installation permet
au Centre de suivre la situation en direct, les caméras fournissant
aux inspecteurs des images nettes en temps réel du site critique
surveillé. L'augmentation prévisible des opérations
de contrôle des exportations/importations exigera encore des ressources
additionnelles que le Centre n'est pas en mesure d'accueillir. À
condition de disposer des fonds nécessaires, le Centre continuera
à aménager ses locaux, ses entrepôts et ses réseaux
de communication pour mieux faire face au surcroît d'activité.
112. Au cours de la période considérée,
les résultats signalés dans le rapport de la Commission de
décembre 1995 ont été consolidés. L'Iraq a
révélé des informations particulièrement intéressantes
car elles permettent de se faire une idée sur la portée et
l'ampleur de ses programmes d'armement prohibés. Fait particulièrement
important, des documents, qui auraient été, d'après
les premières déclarations iraquiennes, détruits,
ont été remis à la Commission, permettant ainsi à
cette dernière de vérifier le bien-fondé des déclarations
iraquiennes.
113. Il convient de noter que si l'Iraq n'avait pas recouru
à des manoeuvres évasives, notamment en dissimulant des preuves
documentaires et en détruisant d'autres, la Commission aurait déjà
fort probablement établi un rapport définitif. Au cours des
derniers mois, la Commission a axé ses efforts sur le traitement
et l'analyse des documents obtenus depuis août 1995. Ces travaux
ont donné d'importants résultats et la Commission dispose
maintenant de données qui contribuent à jeter la lumière
sur bien des aspects des programmes d'armement interdits de l'Iraq et d'avoir
une meilleure idée sur ce qui reste à faire. Fait important,
les projets de déclaration récemment présentés
par l'Iraq comportent des données permettant une meilleure vérification,
ce que la Commission demandait depuis longtemps. Cela étant, la
Commission est convaincue que l'Iraq détient encore d'autres documents.
Aussi engage-t-il l'Iraq à lui remettre ces documents.
114. La Commission s'est particulièrement efforcée,
au cours de la période considérée, à déterminer
les éléments qui lui manquent pour compléter la liste
des articles relevant des trois catégories d'armement et les mesures
à prendre pour résoudre les problèmes en suspens.
S'il est vrai que l'Iraq peut grandement contribuer à cerner et
à clarifier les problèmes en suspens, il n'en demeure pas
moins que la Commission ne saurait faire de progrès sans procéder
à des inspections, lesquelles ont pour objet de mettre au jour des
articles dissimulés relevant du mandat de la Commission et/ou de
s'assurer que l'Iraq respecte pleinement, comme il l'affirme, les règles
du jeu. Ces inspections visant à accélérer le processus
de vérification, il était d'autant plus décevant que
l'Iraq ait décidé d'en empêcher une (UNSCOM 143) qui
avait pour unique mission de procéder à des vérifications
et des clarifications. Aussi, l'Iraq a été soupçonné
de chercher ainsi à dissimuler des articles interdits. En appuyant
fermement les droits d'inspection de la Commission et en rappelant à
l'Iraq ses obligations en la matière, le Conseil de sécurité
a grandement aidé la Commission à mener à bien ses
travaux d'inspection.
115. L'adoption par le Conseil de sécurité
de la résolution 1051 (1996) concernant la mise en place d'un mécanisme
de contrôle des exportations et des importations et la mise en oeuvre
de celle-ci auront pour résultat de rendre le régime de contrôle
et de vérification continus encore plus efficace et pleinement opérationnel.
C'est là un événement marquant pour ce qui est de
l'exécution des dispositions relatives au cessez-le-feu adoptées
au lendemain du conflit.
116. La Commission note que les États Membres peuvent
contribuer à accélérer le processus de vérification
en fournissant les informations dont ils disposent concernant les programmes
d'armement interdits de l'Iraq. Un tel concours a été des
plus utiles pour les travaux de la Commission.
117. Dans l'immédiat, la Commission s'inquiète
de ne pas pouvoir disposer des moyens financiers requis. Par ailleurs,
elle tient à appeler l'attention du Conseil sur le fait que l'indispensable
soutien aérien dont elle dispose n'est plus sûr. Si ces problèmes
ne sont pas résolus, la Commission se trouvera dans l'impossibilité
de s'acquitter de ses fonctions.
118. Comme indiqué clairement dans la partie technique
du présent rapport, les révélations de l'Iraq concernant
les armes chimiques et biologiques, les missiles balistiques et autres
moyens de combat prohibés présentent encore d'importantes
lacunes. La Commission a donc de bonnes raisons de croire qu'il n'a pas
été encore rendu compte pleinement et de façon circonstanciée
des articles prohibés détenus par l'Iraq.
119. La Commission est convaincue que, si le Gouvernement
iraquien coopérait sincèrement, elle pourrait agir de façon
à résoudre rapidement et efficacement toutes les questions
en suspens. La Commission invite donc le Gouvernement iraquien à
se joindre à elle pour mettre en oeuvre un programme d'action visant
à résoudre ce qui reste à résoudre dans le
cadre du mandat que le Conseil lui avait confié. Elle tient à
réaffirmer que son objectif ultime est d'en arriver à la
conviction que l'Iraq a satisfait aux conditions posées à
la section C de la résolution 687 (1991), qui sont exposées
au paragraphe 22 de cette résolution.
120. Conformément aux nouvelles règles régissant
l'établissement des rapports de la Commission, le prochain rapport
officiel concernant la mise en oeuvre des résolutions pertinentes
du Conseil de sécurité sera présenté le 11
octobre 1996. La Commission s'est toutefois engagée, si l'évolution
de la situation le justifie, à présenter au Conseil un rapport
spécial.
| Armes nucléaires | |
| 15 mai-21 mai 1991 | IAEA 1/UNSCOM 1 |
| 22 juin-3 juillet 1991 | IAEA 2/UNSCOM 4 |
| 7 juillet-18 juillet 1991 | IAEA 3/UNSCOM 5 |
| 27 juillet-10 août 1991 | IAEA 4/UNSCOM 6 |
| 14 septembre-20 septembre 1991 | IAEA 5/UNSCOM 14 |
| 21 septembre-30 septembre 1991 | IAEA 6/UNSCOM 16 |
| 11 octobre-22 octobre 1991 | IAEA 7/UNSCOM 19 |
| 11 novembre-18 novembre 1991 | IAEA 8/UNSCOM 22 |
| 11 janvier-14 janvier 1992 | IAEA 9/UNSCOM 25 |
| 5 février-13 février 1992 | IAEA 10/UNSCOM 27 |
| 7 avril-15 avril 1992 | IAEA 11/UNSCOM 33 |
| 26 mai-4 juin 1992 | IAEA 12/UNSCOM 37 |
| 14 juillet-21 juillet 1992 | IAEA 13/UNSCOM 41 |
| 31 août-7 septembre 1992 | IAEA 14/UNSCOM 43 |
| 8 novembre-19 novembre 1992 | IAEA 15/UNSCOM 46 |
| 6 décembre-14 décembre 1992 | IAEA 16/UNSCOM 47 |
| 22 janvier-27 janvier 1993 | IAEA 17/UNSCOM 49 |
| 3 mars-11 mars 1993 | IAEA 18/UNSCOM 52 |
| 30 avril-7 mai 1993 | IAEA 19/UNSCOM 56 |
| 25 juin-30 juin 1993 | IAEA 20/UNSCOM 55 |
| 23 juillet-25 juillet 1993 | IAEA 21/UNSCOM 61 |
| 1er novembre-9 novembre 1993 | IAEA 22/UNSCOM 64 |
| 4 février-11 février 1994 | IAEA 23/UNSCOM 65 |
| 11 avril-22 avril 1994 | IAEA 24/UNSCOM 73 |
| 21 juin-1er juillet 1994 | IAEA 25/UNSCOM 53 |
| 22 août-2 septembre 1994 | IAEA 26/UNSCOM 90 |
| 7 septembre-29 septembre 1994 | NMG 94-01 |
| 14 octobre-21 octobre 1994 | IAEA 27/UNSCOM 93 |
| 29 septembre-21 octobre 1994 | NMG 94-02 |
| 21 octobre-9 novembre 1994 | NMG 94-03 |
| 8 novembre-29 novembre 1994 | NMG 94-04 |
| 29 novembre-16 décembre 1994 | NMG 94-05 |
| 16 décembre 1994-13 janvier 1995 | NMG 94-06 |
| 12 janvier-2 février 1995 | NMG 95-01 |
| 2 février-28 février 1995 | NMG 95-02 |
| 28 février-16 mars 1995 | NMG 95-03 |
| 16 mars-6 avril 1995 | NMG 95-04 |
| 6 avril-26 avril 1995 | NMG 95-05 |
| 27 avril-10 mai 1995 | NMG 95-06 |
| 11 mai-30 mai 1995 | NMG 95-07 |
| 31 mai-20 juin 1995 | NMG 95-08 |
| 21 juin-9 juillet 1995 | NMG 95-09 |
| 10 juillet-30 juillet 1995 | NMG 95-10 |
| 31 juillet-10 août 1995 | NMG 95-11 |
| 11 août-29 août 1995 | NMG 95-12 |
| 30 août-11 septembre 1995 | NMG 95-13 |
| 9 septembre-19 septembre 1995 | IAEA 28/UNSCOM 131 |
| 12 septembre-3 octobre 1995 | NMG 95-14 |
| 4 octobre-22 octobre 1995 | NMG 95-15 |
| 17 octobre-25 octobre 1995 | IAEA 29/UNSCOM 132 |
| 22 octobre-9 novembre 1995 | NMG 95-16 |
| 9 novembre-20 novembre 1995 | NMG 95-17 |
| 20 novembre-12 décembre 1995 | NMG 95-18 |
| 12 décembre 1995-4 janvier 1996 | NMG 95-19 |
| 4 janvier-27 janvier 1996 | NMG 96-01 |
| 27 janvier-12 février 1996 | NMG 96-02 |
| 12 février-5 mars 1996 | NMG 96-03 |
| 5 mars-25 mars 1996 | NMG 96-04 |
| Armes chimiques | |
| 9 juin-15 juin 1991 | CW 1/UNSCOM 2 |
| 15 août-22 août 1991 | CW 2/UNSCOM 9 |
| 31 août-8 septembre 1991 | CW 3/UNSCOM 11 |
| 31 août-5 septembre 1991 | CW 4/UNSCOM 12 |
| 6 octobre-9 novembre 1991 | CW 5/UNSCOM 17 |
| 22 octobre-2 novembre 1991 | CW 6/UNSCOM 20 |
| 18 novembre-1er décembre 1991 | CBW 1/UNSCOM 21 |
| 27 janvier-5 février 1992 | CW 7/UNSCOM 26 |
| 21 février-24 mars 1992 | CD 1/UNSCOM 29 |
| 5 avril-13 avril 1992 | CD 2/UNSCOM 32 |
| 15 avril-29 avril 1992 | CW 8/UNSCOM 35 |
| 18 juin 1992-14 juin 1994 | CDG /UNSCOM 38 |
| 26 juin-10 juillet 1992 | CBW 2/UNSCOM 39 |
| 21 septembre-29 septembre 1992 | CW 9/UNSCOM 44 |
| 6 décembre-14 décembre 1992 | CBW 3/UNSCOM 47 |
| 6 avril-18 avril 1993 | CW 10/UNSCOM 55 |
| 27 juin-30 juin 1993 | CW 11/UNSCOM 59 |
| 19 novembre-22 novembre 1993 | CW 12/UNSCOM 65 |
| 1er février-14 février 1994 | CW 13/UNSCOM 67 |
| 20 mars-26 mars 1994 | CW 14/UNSCOM 70 |
| 18 avril-22 avril 1994 | CW 15/UNSCOM 74 |
| 25 mai-5 juin 1994 | CW 16/UNSCOM 75 |
| 31 mai-12 juin 1994 | CW 17/UNSCOM 76 |
| 8 juin-14 juin 1994 | CW 18/UNSCOM 77 |
| 10 août-23 août 1994 | CW 19/UNSCOM 89 |
| 13 septembre-24 septembre 1994 | CW 20/UNSCOM 91 |
| 2 octobre 1994-14 janvier 1995 | CG 1 |
| 23 octobre-27 octobre 1994 | CW 21/UNSCOM 95 |
| 11 janvier-21 janvier 1995 | CW 23/UNSCOM 108 |
| 16 janvier-22 janvier 1995 | CW 22/UNSCOM 107 |
| 14 janvier-15 avril 1995 | CG 2 |
| 16 avril-26 septembre 1995 | CG 3 |
| 16 septembre-20 septembre 1995 | CW 25/UNSCOM 124 |
| 9 décembre-15 décembre 1995 | CW 26A/UNSCOM 129A |
| 24 février-10 mars 1996 | CW 26/UNSCOM 129B |
| Armes biologiques | |
| 2 août-8 août 1991 | BW 1/UNSCOM 7 |
| 20 septembre-3 octobre 1991 | BW 2/UNSCOM 15 |
| 11 mars-18 mars 1993 | BW 3/UNSCOM 53 |
| 8 avril-26 avril 1994 | BW 4/UNSCOM 72 |
| 28 mai-7 juin 1994 | BW 5/UNSCOM 78 |
| 24 juin-7 juillet 1994 | BW 6/UNSCOM 84 |
| 5 juin-8 juin 1994 | BW 7/UNSCOM 86 |
| 19 juillet-16 septembre 1994 | BW 8/UNSCOM 87 |
| 20 août-24 août 1994 | BW 9/UNSCOM 88 |
| 29 août-3 septembre 1994 | BW 10/UNSCOM 92 |
| 29 septembre-14 octobre 1994 | BW 11/UNSCOM 94 |
| 23 septembre-26 septembre 1994 | BW 12/UNSCOM 96 |
| 15 novembre-20 novembre 1994 | BW 15/UNSCOM 104 |
| 2 décembre-10 décembre 1994 | BW 16/UNSCOM 105 (IMT) |
| 2 décembre-13 décembre 1994 | BW 13/UNSCOM 99 (IMT) |
| 9 décembre-18 décembre 1994 | BW 17/UNSCOM 106 (IMT) |
| 28 décembre 1994-31 janvier 1995 | IBG 1 |
| 9 janvier-20 janvier 1995 | BW 18/UNSCOM 109 |
| 13 janvier-27 février 1995 | BW 19/UNSCOM 110 |
| 25 janvier-30 janvier 1995 | BW 22/UNSCOM 113 |
| 1er février-3 avril 1995 | IBG 2 |
| 7 février-16 février 1995 | BW 20/UNSCOM 111 |
| 4 février-17 février 1995 | BW 21/UNSCOM 112 |
| 12 mars-18 mars 1995 | BW 23/UNSCOM 115 |
| 24 mars-6 avril 1995 | BW 24/UNSCOM 116 |
| 4 avril-7 août 1995 | BG 1 |
| 27 avril-16 mai 1995 | BW 25/UNSCOM 118 |
| 17 juillet-23 juillet 1995 | BW 26/UNSCOM 121 |
| 8 août-9 novembre 1995 | BG 2 |
| 22 août-31 août 1995 | BW 27/UNSCOM 125 |
| 27 septembre-11 octobre 1995 | BW 28/UNSCOM 126 |
| 5 décembre-17 décembre 1995 | BW 29/UNSCOM 127 |
| 12 janvier-18 janvier 1996 | BW 30/UNSCOM 133 |
| 23 janvier-30 janvier 1996 | BW 32/UNSCOM 136 |
| 24 février-1er mars 1996 | BW 33/UNSCOM 139 |
| Missiles balistiques | |
| 30 juin-7 juillet 1991 | BM 1/UNSCOM 3 |
| 18 juillet-20 juillet 1991 | BM 2/UNSCOM 10 |
| 8 août-15 août 1991 | BM 3/UNSCOM 8 |
| 6 septembre-13 septembre 1991 | BM 4/UNSCOM 13 |
| 1er octobre-9 octobre 1991 | BM 5/UNSCOM 18 |
| 1er décembre-9 décembre 1991 | BM 6/UNSCOM 23 |
| 9 décembre-17 décembre 1991 | BM 7/UNSCOM 24 |
| 21 février-29 février 1992 | BM 8/UNSCOM 28 |
| 21 mars-29 mars 1992 | BM 9/UNSCOM 31 |
| 13 avril-21 avril 1992 | BM 10/UNSCOM 34 |
| 14 mai-22 mai 1992 | BM 11/UNSCOM 36 |
| 11 juillet-29 juillet 1992 | BM 12/UNSCOM 40A+B |
| 7 août-18 août 1992 | BM 13/UNSCOM 42 |
| 16 octobre-30 octobre 1992 | BM 14/UNSCOM 45 |
| 25 janvier-23 mars 1993 | IMT1A/UNSCOM 48 |
| 12 février-21 février 1993 | BM 15/UNSCOM 50 |
| 22 février-23 février 1993 | BW 16/UNSCOM 51 |
| 27 mars-17 mai 1993 | IMT1B/UNSCOM 54 |
| 5 juin-28 juin 1993 | IMT1C/UNSCOM 57 |
| 10 juillet-11 juillet 1993 | BM 17/UNSCOM 60 |
| 24 août-15 septembre 1993 | BM 18/UNSCOM 62 |
| 28 septembre-1er novembre 1993 | BM 19/UNSCOM 63 |
| 21 janvier-29 janvier 1994 | BM 20/UNSCOM 66 |
| 17 février-25 février 1994 | BM 21/UNSCOM 69 |
| 30 mars-20 mai 1994 | BM 22/UNSCOM 71 |
| 20 mai-8 juin 1994 | BM 23/UNSCOM 79 |
| 10 juin-24 juin 1994 | BM 24/UNSCOM 80 |
| 14 juin-22 juin 1994 | BM 25/UNSCOM 81 |
| 3 juillet-28 juillet 1994 | BM 26/UNSCOM 82 |
| 15 juillet-24 juillet 1994 | BM 27/UNSCOM 85 |
| 17 août-9 octobre 1994 | MG 1 |
| 2 octobre-6 octobre 1994 | BM 28/UNSCOM 98A |
| 23 octobre-28 octobre 1994 | BM 29/UNSCOM 98B |
| 14 octobre 1994-21 février 1995 | MG 2 |
| 19 octobre-22 octobre 1994 | MG 2A |
| 2 décembre-6 décembre 1994 | MG 2B |
| 9 décembre-14 décembre 1994 | BM 29/UNSCOM 101 |
| 9 décembre-16 décembre 1994 | BM 30/UNSCOM 102 |
| 27 janvier-31 janvier 1995 | MG 2C |
| 22 février-30 mai 1995 | MG 3 |
| 6 mars-14 mars 1995 | BM 31/UNSCOM 103 |
| 25 mai-1er juin 1995 | BM 32/UNSCOM 100 |
| 30 mai-27 août 1995 | MG 4 |
| 25 juillet-30 juillet 1995 | BM 33/UNSCOM 122 |
| 20 août-24 août 1995 | MG 4A |
| 27 août-12 novembre 1995 | MG 5 |
| 27 septembre-1er octobre 1995 | BM 34/UNSCOM 123 |
| 16 novembre 1995-13 février 1996 | MG 6 |
| 9 décembre-15 décembre 1995 | BM 36/UNSCOM 130 |
| 14 décembre-17 décembre 1995 | MG 6A |
| 14 janvier-18 janvier 1996 | BM 35/UNSCOM 120 |
| 1er février-5 février 1996 | FFCD/M 1 Mission |
| 14 février-11 mars 1996 | MG 7 |
| 5 mars-7 mars 1996 | Expert Mission |
| 8 mars-17 mars 1996 | BM 39/UNSCOM 143 |
| 20 mars-23 mars 1996 | FFCD/M 2 Mission |
| 25 mars-2 avril 1996 | BM 37/UNSCOM 137 |
| 2 avril-6 avril 1996 | BM 40/UNSCOM 144 |
| Recherche informatique | |
| 12 février 1992 | UNSCOM 30 |
| Mission export/import | |
| 22 avril-6 mai 1995 | UNSCOM 119 |
| Missions spéciales | |
| 30 juin-3 juillet 1991 | |
| 11 août-14 août 1991 | |
| 4 octobre-6 octobre 1991 | |
| 11 novembre-15 novembre 1991 | |
| 27 janvier-30 janvier 1992 | |
| 21 février-24 février 1992 | |
| 17 juillet-19 juillet 1992 | |
| 28 juillet-29 juillet 1992 | |
| 6 septembre-12 septembre 1992 | |
| 4 novembre-9 novembre 1992 | |
| 12 mars-18 mars 1993 | |
| 14 mars-20 mars 1993 | |
| 19 avril-24 avril 1993 | |
| 4 juin-5 juillet 1993 | |
| 15 juillet-19 juillet 1993 | |
| 25 juillet-5 août 1993 | |
| 9 août-12 août 1993 | |
| 10 septembre-24 septembre 1993 | |
| 27 septembre-1er octobre 1993 | |
| 1er octobre-8 octobre 1993 | |
| 5 octobre 1993-15 février 1994 | |
| 2 décembre-10 décembre 1993 | |
| 2 décembre-16 décembre 1993 | |
| 21 janvier-27 janvier 1994 | |
| 2 février-6 février 1994 | |
| 10 avril-14 avril 1994 | |
| 24 avril-26 avril 1994 | |
| 28 mai-29 mai 1994 | |
| 4 juillet-6 juillet 1994 | |
| 8 août-16 août 1994 | |
| 15 septembre-19 septembre 1994 | |
| 21 septembre-25 septembre 1994 | |
| 23 septembre-26 septembre 1994 | |
| 3 octobre-6 octobre 1994 | |
| 4 novembre-20 novembre 1994 | |
| 7 novembre-12 novembre 1994 | |
| 14 novembre-17 novembre 1994 | |
| 4 décembre-18 décembre 1994 | |
| 14 décembre-20 décembre 1994 | |
| 7 janvier-31 janvier 1995 | |
| 7 janvier-21 janvier 1995 | |
| 13 janvier-26 janvier 1995 | |
| 13 janvier-16 mars 1995 | |
| 12 janvier-28 janvier 1995 | |
| 23 janvier-14 février 1995 | |
| 25 janvier-4 février 1995 | |
| 19 février-23 février 1995 | |
| 22 février-28 février 1995 | |
| 28 février-18 mars 1995 | |
| 16 mars-29 mars 1995 | |
| 24 mars-27 mars 1995 | |
| 4 mai-23 mai 1995 | |
| 14 mai-17 mai 1995 | |
| 29 mai-1er juin 1995 | |
| 19 juin-22 juin 1995 | |
| 22 juin-2 juillet 1995 | |
| 30 juin-2 juillet 1995 | |
| 2 juillet-10 juillet 1995 | |
| 4 août-6 août 1995 | |
| 7 août-12 août 1995 | |
| 17 août-20 août 1995 | |
| 24 août-2 septembre 1995 | |
| 24 août-18 septembre 1995 | |
| 5 septembre-14 septembre 1995 | |
| 17 septembre-20 septembre 1995 | |
| 29 septembre-1er octobre 1995 | |
| 19 octobre-25 octobre 1995 | |
| 24 novembre-26 novembre 1995 | |
| 27 novembre-29 novembre 1995 | |
| 29 novembre-3 décembre 1995 | |
| 26 décembre-30 décembre 1995 | |
| 7 mars-10 mars 1996 |
1 Les 18 rapports précédents de la Commission sont parus sous les cotes ci-après : S/23165, S/23268, S/23801, S/24108 et Corr.1, S/24661, S/24984, S/25620, S/25977, S/26684, S/26910, S/1994/489, S/1994/750, S/1994/1138 et Corr.1, S/1994/1422 et Add.1, S/1995/284, S/1995/494, S/1995/864 et S/1995/1038.