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Conseil
de sécurité
Le Secrétaire général a l'honneur
de transmettre au Conseil de sécurité le rapport ci-joint,
présenté par le Président exécutif de la Commission
spéciale constituée conformément au paragraphe 9 b)
i) de la résolution 687 (1991) du Conseil.
1. Le présent rapport est le septième que
le Président exécutif de la Commission spéciale constituée
en application du paragraphe 9 b) i) de la résolution 687 (1991)
du Conseil de sécurité présente à ce dernier
au sujet des activités de la Commission. C'est aussi le sixième
à être soumis en application du paragraphe 3 de la résolution
699 (1991) du Conseil de sécurité. Il porte sur la période
du 15 décembre 1993 au 17 juin 1994 et fait suite aux rapports publiés
sous les cotes S/23165, S/23268, S/24108 et Corr.1, S/24984, S/25977 et
S/26910.
2. Conformément à la recommandation de la
Commission qui figure au paragraphe 38 du document S/26910, selon laquelle
elle proposait de regrouper les rapports qu'elle est tenue de présenter
au titre des résolutions 699 (1991) et 715 (1991), le présent
rapport sera le dernier de la série. La recommandation en question
était inspirée par le fait que la Commission se concentrait
dorénavant, pour l'essentiel, sur les activités de contrôle
et de vérification continus, et que si les deux rapports étaient
conservés avec leurs dates de présentation respectives, ils
se chevaucheraient donc en grande partie. Le regroupement des rapports
était un moyen de tenir le Conseil au courant par écrit de
toutes les activités de la Commission, deux fois par an et de manière
plus concise, exhaustive et régulière. Sauf instruction contraire
du Conseil, un dernier rapport sera présenté en octobre 1994
au titre de la résolution 715 (1991), après quoi un rapport
unique sera présenté deux fois par an, en février
et en août, au titre des deux résolutions. La Commission continuera
de rendre compte oralement au Conseil une fois par mois, comme il le lui
a demandé, et des rapports spéciaux seront présentés
par écrit selon qu'il sera nécessaire.
3. La composition de la Commission spéciale n'a
pas changé depuis la rédaction du dernier rapport. La septième
session plénière de la Commission s'est tenue du 10 au 12
mai 1994 et a été suivie de réunions de ses groupes
de travail sur les armes chimiques et sur les activités de contrôle
et de vérification continus.
4. Le Bureau du Président exécutif à
New York compte actuellement 41 personnes, le Bureau de Bahreïn 23
et celui de Bagdad 69.
5. On n'est toujours pas parvenu à un accord sur
la vente de pétrole iraquien pour financer les activités
de l'ONU découlant de la résolution relative au cessez-le-feu.
Les dépenses courantes ont été assurées grâce
aux contributions volontaires des États Membres et aux fonds prélevés
sur les avoirs iraquiens gelés conformément à la résolution
778 (1992) du Conseil de sécurité. Toutefois, l'Iraq n'ayant
pas donné son accord pour la vente de son pétrole ni reconnu
l'obligation qui lui est faite en vertu de la résolution 699 (1991)
de prendre à sa charge la totalité des dépenses liées
à l'exécution des activités prévues à
la section C de la résolution 687 (1991), et aucun mécanisme
adéquat n'ayant été mis en place à cet effet,
la question du financement des travaux de la Commission demeure très
préoccupante. De nouvelles contributions en espèces des gouvernements
sont requises d'urgence.
6. Les gouvernements ont continué à contribuer
aux activités de la Commission spéciale en lui fournissant
du personnel, des services et du matériel. On trouvera des renseignements
supplémentaires sur les questions de financement et d'organisation
à l'appendice I du présent rapport.
7. Les accords applicables, ainsi que les résolutions
et décisions pertinentes du Conseil, continuent de régir
le statut, les privilèges et immunités de la Commission spéciale,
de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et des institutions
spécialisées des Nations Unies associées à
l'application de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité.
8. La Commission spéciale et l'AIEA, d'une part,
et le Gouvernement bahreïnite, de l'autre, ont décidé
de proroger pour une nouvelle période de six mois, jusqu'au 30 septembre
1994, l'accord sous forme d'échange de lettres relatif aux facilités,
privilèges et immunités de la Commission spéciale
et de l'AIEA au Bahreïn.
9. En Iraq, l'application du statut et des privilèges
et immunités de la Commission, de même que la sécurité
de son personnel et de ses biens, ont posé moins de problèmes
que par le passé. Les difficultés rencontrées ont
été sans gravité par rapport à ce qui s'était
passé précédemment, à deux exceptions près
: un incident, en janvier 1994, au cours duquel un Iraquien a tiré
sur un convoi de véhicules de la Commission spéciale, et
un autre, en avril 1994, au cours duquel la foule a jeté des pierres
sur un hélicoptère de la Commission qui procédait
à l'évacuation sanitaire de deux membres du contingent des
gardes des Nations Unies. L'Iraq accorde actuellement aux équipes
d'inspection tout l'appui et toute l'aide qu'elles lui demandent.
10. Du fait que l'Iraq a accepté de se conformer
aux dispositions de la résolution 715 (1991) et de respecter les
plans de contrôle et de vérification continus approuvés
dans cette résolution, il est devenu possible d'appliquer ces plans,
dont la première étape consiste à recueillir les données
de base pour les opérations de contrôle et de vérification
continus. Dès que l'Iraq a eu donné son accord, la Commission
l'a informé que les rapports qu'il avait présentés
précédemment concernant ses capacités dans le domaine
des techniques à double fin ne répondaient pas aux exigences
de la résolution 715 (1991), et qu'elle attendait donc qu'il lui
présente des déclarations initiales complètes et conformes
à ces exigences. Elle a reçu ces premières déclarations
à la mi-janvier 1994.
11. Au vu des déclarations de l'Iraq et des informations
complémentaires qu'il a fournies à sa demande, ainsi que
de renseignements puisés à d'autres sources (tout particulièrement
les résultats de ses propres inspections), et compte tenu de son
analyse, la Commission a actualisé ses listes de sites, de matériel
et de matériaux à contrôler dans le cadre de son plan.
Elle procède actuellement à l'inspection initiale de tous
les sites de sa liste, ce qui lui permettra d'établir pour chacun
d'eux un protocole d'opérations de contrôle et de vérification.
Parallèlement, elle pose des détecteurs, des étiquettes
et des scellés conformément aux décisions prises sur
la base des recommandations des équipes qui ont procédé
aux inspections initiales. L'Iraq s'est engagé publiquement à
collaborer avec la Commission et l'AIEA en la matière, et il apporte
aux équipes le soutien et l'aide qu'elles demandent à leurs
interlocuteurs iraquiens. Il convient de se féliciter de ce changement
d'attitude de sa part.
12. D'autre part, le dialogue politique engagé
au moment de la solution de la crise des caméras, en juillet 1993,
s'est poursuivi. Des entretiens de haut niveau se sont tenus à New
York en mars et en mai 1994, à Bagdad en février et avril
1994 et à Amman en mai 1994. Une autre rencontre est prévue
à Bagdad en juillet 1994.
13. Lors d'une de ces réunions tenue précédemment,
en novembre 1993, à New York, et à l'occasion d'entretiens
techniques portant sur les armes chimiques, la Commission avait suggéré
à l'Iraq, pour répondre aux préoccupations inspirées
par le flou qui entourait ses déclarations concernant les importations
destinées à son programme d'armement chimique, de réunir
des responsables participant à ce programme dans des séances
de réflexion collective afin de voir s'ils pourraient ainsi rappeler
des données plus précises et plus complètes. Lors
d'entretiens ultérieurs, entre février et avril 1994, l'Iraq,
qui avait accepté d'appliquer ce conseil, a communiqué les
résultats ainsi obtenus et ceux-ci ont fait l'objet d'une nouvelle
analyse.
14. Les entretiens de février 1994 ont porté
sur un certain nombre de questions d'ordre technique, mais leur élément
le plus marquant a été la déclaration conjointe faite
à la fin de la réunion par le Vice-Premier Ministre iraquien,
M. Tarik Aziz, et le Président exécutif. Les deux parties
y demandaient que les inspections soient effectuées sans délai,
et l'Iraq affirmait qu'il ferait bon accueil aux équipes d'inspection
et qu'il leur faciliterait le travail; cette déclaration reflétait
l'attitude de plus en plus coopérative adoptée par les autorités
iraquiennes dans leurs rapports avec la Commission.
15. Cette évolution observée sur le plan
politique s'est cependant inversée lors des entretiens de mars.
M. Aziz a alors accusé la Commission et son Président exécutif
d'être mus par des motivations politiques sans rapport avec le mandat
de la Commission et d'agir sous l'influence directe de l'un des États
Membres. Il a dit que la Commission avait perdu la confiance de l'Iraq,
et qu'il ne voyait guère de raison de continuer à collaborer
avec elle si elle se refusait à fixer une date pour la levée
de l'embargo pétrolier. Il a même menacé de cesser
toute coopération si une date n'était pas fixée. La
réunion s'est terminée sans qu'aucune date ait été
fixée pour la reprise des négociations de haut niveau. Pendant
ce temps, aucun changement n'était noté dans la qualité
de l'appui et de l'assistance fournis aux équipes d'inspection sur
le terrain.
16. La deuxième semaine d'avril, l'Iraq a demandé
la reprise des négociations de haut niveau, en raison d'"événements
importants" intervenus depuis les dernières rencontres. Ces entretiens
se sont déroulés dans une atmosphère toute différente
de celle du mois de mars. Ils ont donné lieu à une nouvelle
déclaration conjointe, dans laquelle l'Iraq s'engageait publiquement
à continuer à prêter son concours aux activités
de contrôle et de vérification continus de la Commission et
de l'AIEA et à respecter leurs droits et privilèges jusqu'à
ce que cette étape de leurs travaux soit terminée. Cet engagement
a été accueilli avec satisfaction par la Commission et par
l'AIEA, cette double assurance répondant à leur principale
préoccupation quant à la possibilité qu'ils auraient
de procéder efficacement à des opérations de contrôle
et de vérification continus après la levée de l'embargo.
17. Cette évolution favorable s'est confirmée
lors des entretiens qui se sont tenus en mai à New York et à
Amman. Par ailleurs, à Amman, la Commission et l'AIEA ont répondu
aux questions posées par l'Iraq concernant le projet de mécanisme
de contrôle des exportations et des importations prescrit au paragraphe
7 de la résolution 715 (1991).
18. La période considérée a coïncidé
avec les opérations d'inspection les plus intensives de l'histoire
de la Commission. D'une manière générale, après
que l'Iraq eut accepté de se conformer aux dispositions de la résolution
715 (1991), les activités ont été davantage consacrées
à la mise en place du système de contrôle et de vérification
continus qu'à la recherche ou à la destruction de capacités
de fabrication d'armes. Ce processus est en cours sous la forme suivante
: efforts visant à mettre en place les données de base requises
pour lancer le contrôle et la vérification continus; analyse
des déclarations iraquiennes; et inspections sur les sites déclarés
et désignés. À New York, on a consacré beaucoup
de temps à la constitution des dossiers de sites qui, une fois terminée
la préparation des données de base, débouchera sur
des protocoles de contrôle et de vérification pour chacun
des sites concernés.
19. Dans le domaine des armes chimiques, les activités
du Groupe de la destruction des armes chimiques sur le site d'Al-Muthanna
se sont achevées le 14 juin 1994, marquant la conclusion heureuse
d'une entreprise multinationale exceptionnelle, avec l'exécution
du mandat de la Commission, qui était d'éliminer les stocks
d'armes chimiques déclarés de l'Iraq et ce, rapidement, au
moindre coût et sans dégâts pour l'environnement. Il
s'agissait d'une opération de deux ans à laquelle ont participé
une centaine d'experts et au cours de laquelle les destructions suivantes
ont été opérées : plus de 480 000 litres d'agents
chimiques (hypérite et sarin et tabun, agents neurotoxiques); plus
de 28 000 munitions (huit types différents -- fusées, obus
d'artillerie, bombes, ogives de missiles balistiques); et près de
1,8 million de litres, plus de 1 040 tonnes et 648 fûts de 45 précurseurs
différents destinés à la production d'agents chimiques.
La Commission tient à rendre hommage aux experts internationaux
et au personnel iraquien, grâce à qui cette opération
a pu être menée à bien dans un environnement des plus
pénibles.
20. L'autre grand domaine d'activité dans le secteur
des armes chimiques a consisté à faire pression sur l'Iraq
pour obtenir des renseignements complémentaires sur son programme
d'armes chimiques. Ces pressions continuent de porter leurs fruits : le
relevé le plus récent de la production passée d'armes
chimiques iraquiennes est beaucoup plus complet que les versions précédentes
et, pour la première fois, est étayé par une liste
de lettres de crédit émises en vue de l'importation du matériel
et des matériaux acquis pour le programme. La Commission devrait
ainsi, avec l'aide des gouvernements, être en mesure de confirmer
une bonne partie de l'explication fournie par l'Iraq au sujet de son programme
de fabrication d'armes chimiques. En outre, la première d'une série
d'inspections de base a été effectuée et a permis
d'établir les protocoles de contrôle et de vérification
de 15 sites. On trouvera aux appendices II et III un compte rendu détaillé
des activités d'inspection et de destruction.
21. D'autres inspections concernant les armes biologiques
ont été effectuées dans le cadre des inspections de
base. Une équipe s'est rendue sur plus de 30 sites, ce qui lui a
permis de recueillir une bonne partie des informations nécessaires
à la conception des opérations de contrôle et de vérification
continus dans le domaine biologique. Une deuxième équipe
d'inspection a inventorié et marqué le matériel biologique
à double usage, en particulier le matériel lié à
la production. Des discussions ont également eu lieu afin de préciser
certaines questions dans le domaine biologique.
22. S'agissant des missiles balistiques, les efforts ont
essentiellement porté sur trois domaines afin d'essayer d'établir
un bilan-matières définitif concernant les missiles de type
SCUD et autres articles prohibés, d'effectuer des inspections de
base des moyens de production de missiles réservés et d'appui
et des installations à double usage, ainsi que de marquer le matériel
et les missiles pertinents (voir appendice II).
23. Les activités de surveillance aérienne
ont continué au même rythme, par avion U-2 et par hélicoptère.
L'avion U-2 continue de servir à établir des relevés
et à fournir des photographies détaillées de sites
en vue des inspections au sol. Les hélicoptères continuent
d'appuyer les inspections au sol et de photographier en séquences
chronologiques les sites qui devront être contrôlés
au titre des plans de contrôle et de vérification continus.
24. Depuis qu'il a accepté de se conformer aux
dispositions de la résolution 715 (1991). l'Iraq a cherché
à répondre aux préoccupations de la Commission concernant
la fourniture de données tant pour ce qui est des états complets
et définitifs que des déclarations concernant les capacités
actuelles et récentes requises au titre des plans de contrôle
et de vérification continus. Il subsiste toutefois certains doutes
quant à la pleine coopération de l'Iraq à cet égard,
d'autant que la partie iraquienne continue d'affirmer avoir détruit
toute la documentation et ne pouvoir se rappeler certains faits essentiels.
Le manque de documentation continue de causer des difficultés à
la Commission, qui se demande comment pouvoir vérifier le relevé
des programmes présenté par l'Iraq et dans quelle mesure
elle peut avoir la certitude d'avoir relevé effectivement toutes
les capacités interdites de l'Iraq. À ce propos, le manque
de documentation a constitué l'une des principales causes des retards.
Cela étant dit, il y a eu une nette amélioration, l'Iraq
se montrant davantage disposé à rencontrer les préoccupations
de la Commission, surtout pour ce qui est des installations actuelles à
double usage.
25. On trouvera à l'appendice II une description
plus détaillée des faits nouveaux à cet égard.
26. Au paragraphe 7 de sa résolution 715 (1991),
le Conseil de sécurité a prié "le Comité du
Conseil de sécurité créé par la résolution
661 (1990) concernant la situation entre l'Iraq et le Koweït, la Commission
spéciale et le Directeur général de l'Agence de collaborer
à la mise au point d'un mécanisme qui permette de contrôler
à l'avenir toute vente ou fourniture à l'Iraq par d'autres
pays d'articles relevant de l'application de la section C de la résolution
687 (1991) et d'autres résolutions pertinentes, y compris la présente
résolution et les plans approuvés au titre de celle-ci".
27. Un projet de proposition de mécanisme de contrôle
des importations et des exportations a été préparé
par le Bureau de la Commission spéciale en consultation avec le
Groupe d'action de l'AIEA. Le texte convenu a ensuite été
soumis, le 13 mai 1994, au Comité créé par la résolution
661 (1990) (Comité des sanctions). Au moment de l'établissement
du présent rapport, on s'attend à ce que le Comité
des sanctions se prononce prochainement sur cette proposition et la soumette
à l'adoption du Conseil de sécurité par une nouvelle
résolution au titre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
28. La proposition prévoit un système de
notification en temps voulu plutôt que d'autorisation (par l'octroi
de licences) des exportations à partir d'États et des importations
vers l'Iraq d'articles qui ne sont pas visés dans les annexes aux
plans de contrôle et de vérification continus de la Commission
et de l'AIEA. L'Iraq, en tant qu'importateur, et l'État exportateur
seront l'un et l'autre requis de donner un préavis concernant l'acquisition
par l'Iraq d'articles visés par les plans. La conception de la proposition
a été dictée par le souci de prévoir un mécanisme
suffisamment vigoureux pour dissuader l'Iraq de tenter de le contourner.
Toutefois, pour être efficace, ce mécanisme devra aussi être
suffisamment simple pour ne pas imposer aux gouvernements une charge excessive
en matière de notification. À l'appui de ce mécanisme,
la Commission et l'Agence devront pouvoir effectuer sans restriction des
inspections dans tout l'Iraq.
29. La situation a beaucoup changé, généralement
en bien, depuis l'établissement du dernier rapport. L'Iran a accepté
de se conformer aux dispositions de la résolution 715 (1991) et
aux plans de contrôle et de vérification continus. Il a fourni
à la Commission de nombreuses données nouvelles au sujet
de ses anciens programmes et de ses installations à double usage.
Il s'est engagé publiquement à coopérer avec la Commission
spéciale et l'AIEA aux activités de contrôle et de
vérification continus ainsi qu'à respecter ce faisant leurs
droits et privilèges. Les équipes d'inspection ne sont plus
en butte régulièrement à des actes d'obstruction ou
d'intimidation mais bénéficient d'une manière générale
de l'appui et de l'aide qu'elles demandent à leurs homologues iraquiens.
30. La tâche n'est pas terminée pour autant.
Pour que la Commission puisse annoncer au Conseil que les buts fixés
dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité
ont été atteints, elle doit être en mesure de répondre
par l'affirmative aux deux questions suivantes :
-- La Commission a-t-elle la certitude d'avoir inventorié
et éliminé toutes les capacités interdites de l'Iraq?
-- La Commission a-t-elle la certitude qu'un système
efficace de contrôle et de vérification continus est en place
et fonctionne, c'est-à-dire un système qui puisse éviter
ou déceler à temps une tentative de relancer les programmes
interdits?
31. Il faut poursuivre les activités en vue d'éclaircir
les questions en suspens concernant les anciens programmes. Cela pourra
être réalisé plus ou moins rapidement, en fonction
de l'ouverture et de l'honnêteté dont fera preuve l'Iraq et,
dans une moindre mesure, des réponses des gouvernements fournisseurs
aux demandes d'aide de la Commission en vue de la vérification de
la comptabilité des importations iraquiennes.
32. L'établissement d'un système efficace
de contrôle et de vérification continus n'est pas une tâche
simple et exclut tout raccourci. Chacun des sites à contrôler
doit faire l'objet d'une inspection approfondie ainsi que d'un protocole
de contrôle et de vérification, ce qui exige la préparation
et le collationnement de données et d'images obtenues par toutes
les inspections terrestres et aériennes précédentes
avec les résultats de l'analyse de celles-ci par la Commission.
Il faudra identifier et installer des capteurs et des marques. Tant que
l'Iraq continue de coopérer, le système devrait toutefois
pouvoir être mis en place prochainement.
33. La mise en place d'un mécanisme de contrôle
des importations et des exportations est également loin d'être
chose faite (voir plus haut, par. 27). Une fois que le Conseil de sécurité
aura adopté la résolution par laquelle il approuve le mécanisme,
il faudra que les États prennent les mesures nécessaires
pour lui donner effet sur le plan interne.
1. Lorsque le Conseil de sécurité a créé
la Commission spéciale en avril 1991, la structure administrative
et les mécanismes de financement étaient axés sur
les phases des activités de la Commission spéciale et de
l'AIEA ayant trait à l'identification et à la destruction.
On escomptait alors que ces phases seraient de durée limitée.
La dotation en effectifs et le financement ont fait l'objet de mesures
ponctuelles, énoncées notamment dans deux résolutions
du Conseil de sécurité, la résolution 706 (1991) et
la résolution 712 (1991), autorisant des ventes limitées
de pétrole iraquien. L'Iraq ayant refusé de se conformer
à ces résolutions, le Conseil a adopté, en octobre
1992, la résolution 778 (1992), dans laquelle il a demandé
que les avoirs iraquiens soient virés, sous supervision d'une tierce
partie, à un compte séquestre administré par le Secrétaire
général. Les fonds virés à ce compte ont permis
à la Commission spéciale et à l'AIEA de couvrir leurs
dépenses de fonctionnement qui, à la fin de 1993, s'élevaient
à 55,2 millions de dollars, dont 13 millions de dollars correspondaient
à la première phase du contrat relatif à l'enlèvement
du combustible nucléaire.
2. Jusqu'à présent, la Commission et l'AIEA
ont réussi à fonctionner sur ces bases financières
tout à fait incertaines. Toutefois, comme elles s'engagent maintenant
dans le contrôle et la vérification continus, qui seront de
durée indéterminée, il faudra créer une base
financière solide garantissant un financement continu qui ne soit
pas soumis au contrôle iraquien. C'est une question que le Conseil
devra examiner lorsqu'il envisagera la suite à donner aux paragraphes
21 et 22 de la résolution 687 (1991).
3. L'Iraq ayant accepté la résolution 715
(1991), la Commission s'est attachée de plus en plus à mettre
en place les plans de contrôle et de vérification continus.
Aux termes de ces plans, l'Iraq doit notamment fournir régulièrement
des informations détaillées sur les activités, équipements
et programmes relevant du régime. En vertu d'un nouveau système
de contrôle des exportations et des importations, les États
Membres devront en outre fournir une grande quantité de données.
La Commission pour sa part vérifiera ces informations grâce
à des inspections sur place et des inspections aériennes,
des informations obtenues d'autres sources et divers mécanismes
de surveillance placés dans les installations.
4. Sur le plan de l'organisation et de l'administration,
on est en train d'adapter la structure de la Commission à New York
et en Iraq, de manière à ce qu'elle puisse maintenir au niveau
actuel son appui aux opérations menées sur place et en même
temps s'acquitter de ses obligations de contrôle et de vérification
continus.
i) New York
5. Les gouvernements qui apportent leur appui ont mis
à la disposition de la Commission du personnel supplémentaire
spécialisé dans les questions chimiques, biologiques et balistiques
et dans le domaine du contrôle des exportations et des importations,
afin de vérifier les déclarations de l'Iraq, de rédiger
des protocoles de contrôle et de vérification et de définir
le fonctionnement du mécanisme de contrôle des exportations
et importations. On prévoit qu'au cours des six mois à venir,
la Commission aura besoin de 6 spécialistes des questions chimiques,
de 6 spécialistes de la balistique et de 4 spécialistes des
questions biologiques. Les spécialistes des questions nucléaires
resteront au nombre de deux. Il y a au total cinq fonctionnaires chargés
de l'analyse des données et de la photographie. La mise au point
de plans opérationnels de contrôle des exportations et importations
exigera aussi du personnel supplémentaire.
ii) Centre de contrôle et de vérification
continus à Bagdad
6. Il faudra agrandir les locaux de la Commission à
Bagdad, compte tenu de ses activités en matière de contrôle
et de vérification continus. Des plans ont été établis
pour la création du Centre de contrôle et de vérification
continus à Bagdad. La partie iraquienne en a été informée
et elle a réagi favorablement, désignant comme siège
du Centre les locaux de l'ONU dans l'hôtel du Canal.
7. On a désigné les locaux supplémentaires
qui serviront de bureau à un personnel renforcé. On a commandé
du matériel de communication, de manière à porter
à cinq le nombre de liaisons téléphoniques avec New
York, ce qui permettra la transmission de données entre Bagdad et
New York. Des données provenant des sites surveillés par
caméra ou autres détecteurs seront transmises au centre d'opérations
par téléphone et radio selon que de besoin. À cet
effet, on est en train de monter à l'hôtel du Canal un mât
de communications de 100 mètres, qui a été fourni
par l'Iraq. Le Centre sera équipé pour analyser les données
reçues des sites surveillés et pour archiver l'information
essentielle à Bagdad. On installera des ordinateurs capables de
garder en mémoire l'information nécessaire sur les protocoles.
L'équipe d'inspection aérienne pourra développer les
photographies à Bagdad et intégrer les images obtenues dans
des protocoles de contrôle et de vérification.
8. On s'est attaché à assurer la plus grande
sécurité possible au Centre, de manière à protéger
l'information obtenue et à permettre aux inspecteurs et aux analystes
de travailler dans un environnement protégé.
9. Une fois les travaux de construction de l'hôtel
du Canal terminés, le Centre d'opérations quittera l'hôtel
Sheraton. On gardera à l'hôtel Sheraton, à l'intention
des équipes d'inspection, un poste téléphonique sûr.
10. On renforcera le personnel d'appui chargé d'entretenir
et d'utiliser le matériel de communication, d'acquisition de données
et d'analyse que la Commission aura acheté. Les gouvernements seront
invités à mettre à la disposition de la Commission
non seulement le personnel d'appui, mais aussi des spécialistes
résidents des questions suivantes : imagerie aérienne, missiles
balistiques, armes chimiques et industrie chimique, microbiologie, technique
nucléaire et contrôle des exportations et importations. Ils
seront envoyés à Bagdad pour des périodes de trois
à six mois. Une formation aux techniques de surveillance et à
l'entretien du matériel de surveillance sera offerte.
11. La Commission espère que tout le matériel
nécessaire pour le fonctionnement du Centre (matériel de
communication, mobilier de bureau, caméras vidéo, détecteurs
de mouvements, échantillonneurs chimiques et biologiques, matériel
photographique et ordinateurs pour la gestion de la base de données)
sera donné ou prêté par les gouvernements participants
ou encore fournis contre remboursement lorsque des fonds iraquiens seront
disponibles.
12. Alors que l'on recrute le personnel et on achète
le matériel pour le contrôle et la vérification continus,
on a dissous le Groupe de la destruction des armes chimiques, lequel a
terminé sa tâche. Les experts sont rentrés dans leur
pays d'origine et la plupart du matériel mis à la disposition
du Groupe a aussi été rapatrié.
1. L'acceptation par l'Iraq des obligations qui lui incombent
en vertu de la résolution 715 (1991) du Conseil de sécurité
a donné lieu à des travaux intensifs visant à établir
un mécanisme de contrôle des activités relatives aux
missiles et des capacités à double fin de l'Iraq conformément
au plan de contrôle et de vérification continus dans le domaine
non nucléaire (S/22871/Rev.1 en date du 2 octobre 1991). Ces travaux
ont consisté à effectuer un certain nombre d'inspections,
à évaluer les déclarations présentées
par l'Iraq conformément au plan, à identifier les points
de contrôle principaux et les techniques de contrôle appropriées,
y compris les essais pratiques, à élaborer des projets de
protocoles de contrôle et de vérification et à examiner
en profondeur avec la partie iraquienne les questions relatives au contrôle,
notamment durant les séries de pourparlers de haut niveau qui ont
eu lieu à New York et à Bagdad. Parallèlement, la
Commission a poursuivi ses enquêtes sur les anciens programmes iraquiens
de missiles désormais interdits et le respect par l'Iraq des dispositions
de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité.
a) CSNU 66/MB 20
2. La 66e équipe de la CSNU (la 20e pour les missiles
balistiques) a opéré en Iraq du 21 au 29 janvier 1994. Du
fait que l'Iraq a accepté les dispositions de la résolution
715 (1991), elle a été chargée des tâches suivantes
:
a) Mettre à jour les données recueillies
par les précédentes équipes d'inspection sur le programme
iraquien de recherche-développement en matière de missiles;
b) Examiner les questions relatives aux informations fournies
par l'Iraq sur les installations qui doivent être contrôlées
au titre du plan de contrôle et de vérification continus dans
le domaine des missiles, comme il a été approuvé dans
la résolution 715 (1991) du Conseil de sécurité;
c) Effectuer une étude préliminaire sur
la possibilité d'utiliser divers capteurs et techniques de contrôle.
3. La CSNU 66/MB 20 s'est rendue dans un certain nombre
d'établissements de recherche-développement et d'installations
industrielles qui tombent sous le coup du plan de contrôle et de
vérification continus. L'Iraq lui a fourni des informations détaillées
et à jour sur ses programmes actuels concernant les missiles surface-surface
d'une portée supérieure à 50 kilomètres.
4. La CSNU 66/MB 20 a effectué des travaux étendus
en ce qui concerne les informations que doit fournir l'Iraq conformément
au plan de contrôle et de vérification continus. Elle a examiné
les renseignements communiqués par l'Iraq sur les installations
à surveiller, ainsi que les déclarations présentées
par l'Iraq en janvier 1994 conformément au plan, et a étudié
sur place les questions pertinentes. Ces activités ont permis de
mettre au point, à l'intention de l'Iraq, un projet de modèle
de présentation des informations sur les installations de recherche-développement
et de fabrication de missiles qui seraient soumises au régime de
contrôle le plus intensif. Durant l'inspection et peu après
son achèvement, l'Iraq a présenté à la Commission,
en suivant ce modèle, des informations sur toutes les installations
pertinentes. À l'issue de la mission, l'Iraq a également
apporté des corrections aux déclarations relatives aux missiles
qu'il avait faites en janvier au titre du plan. Il n'a pas encore fourni
les données requises sur certains de ses projets balistiques.
5. La CSNU 66/MB 20 a commencé à étudier
les emplacements où il pourrait être approprié d'installer
des capteurs et d'utiliser diverses techniques de contrôle. Elle
a examiné à cette occasion des questions concernant le contrôle
des stocks de matériel à double fin, le non-enlèvement
du matériel des installations déclarées et le contrôle
des activités dans les installations. L'emploi de divers capteurs
et appareils d'enregistrement pourrait constituer un élément
important des procédures de contrôle au titre du plan.
b) CSNU 69/MB 21
6. La 69e équipe de la CSNU (la 21e pour les missiles
balistiques) a opéré en Iraq du 17 au 25 février 1994
et était chargée des tâches suivantes :
a) Évaluer les capacités industrielles à
double fin qui pourraient servir à fabriquer des missiles;
b) Continuer à établir la base de données
sur les machines-outils et le matériel iraquiens utilisables pour
fabriquer des missiles;
c) Évaluer les possibilités d'installation
de capteurs et d'utilisation de diverses techniques pour contrôler
les activités industrielles ayant trait aux missiles.
7. La CSNU 69/MB 21 a visité 15 installations,
a déterminé un certain nombre de points de contrôle
principaux dans ces installations et a étudié l'utilisation
de capteurs. La base de données sur les machines-outils constituée
par la CSNU 57/ECP-1C a été mise à jour, de nouvelles
machines ont été enregistrées et certains articles
ont été marqués.
8. Les travaux de la 69e équipe ont permis à
la Commission d'obtenir les données de base requises pour améliorer
la liste des moyens nécessaires pour le contrôle et la vérification
continus au titre du plan.
c) CSNU 71/MB 22
9. À la suite de la CSNU 66/MB 20 et de la CSNU
69/MB 21, la 71e équipe de la CSNU (la 22e pour les missiles balistiques)
a été chargée d'élaborer des projets de protocoles
de contrôle et de vérification pour les installations que
la Commission a identifiées jusqu'à présent comme
devant faire l'objet du contrôle et de la vérification continus.
Cette équipe était la première à être
chargée de cette mission en Iraq. Les protocoles doivent définir
les procédures détaillées ainsi que les informations
nécessaires pour les diverses activités de contrôle
sur les sites iraquiens relevant du plan. De même, ils énuméreront
systématiquement les renseignements connus qui sont jugés
nécessaires pour le contrôle et la vérification efficaces.
Par la suite, chaque protocole concernant un site donné sera mis
à jour en tant que de besoin sur la base des résultats des
activités de contrôle et de vérification.
10. La CSNU 71/MB 22 s'est rendue plusieurs fois en Iraq
entre le 30 mars et le 20 mai 1994. Elle a visité plus de 30 installations
qui doivent être soumises à différents régimes
de contrôle suivant la nature de leurs activités. Au cours
de ces visites, elle a vérifié les déclarations faites
sur place par l'Iraq au sujet de ces installations. Elle a également
étudié les sites afin de déterminer les points de
contrôle principaux. Elle a présenté à la Commission,
aux fins d'approbation, des projets de protocoles de contrôle et
de vérification continus ainsi que des recommandations concernant
les modalités de contrôle et d'inspection dans les installations
à surveiller. Ces recommandations comprennent notamment des suggestions
concernant l'installation de caméras de divers types ainsi que le
marquage et le contrôle de matériels associés aux missiles
et de matériels à double fin. Elles contiennent également
des propositions concernant les programmes d'inspection sur place pour
chaque installation -- le nombre de visites d'inspection devant s'élever
au total à plus de 100 par an. Les travaux de la 71e équipe
ont constitué une étape essentielle pour la mise au point
d'un régime de contrôle et de vérification dans le
domaine des missiles.
d) CSNU 79/MB 23 et CSNU 80/MB 24
11. La 80e équipe (la 24e pour les missiles balistiques)
a commencé ses travaux en Iraq le 10 juin 1994. Elle était
chargée d'effectuer le marquage d'un certain nombre de systèmes
de missiles opérationnels relevant du plan de contrôle et
de vérification continus, qui prévoit le contrôle des
missiles d'une portée supérieure à 50 kilomètres
conçus pour être utilisés en mode surface-surface ou
pouvant être modifiés à cette fin.
12. Le but de cette opération de marquage est d'aider
la Commission à vérifier que divers systèmes de missiles
n'ont pas été modifiés et à contrôler
les stocks de missiles à surveiller. La 80e équipe a marqué
au total plus de 1 300 missiles de différents types. Toutes les
activités de marquage ont été réalisées
par les inspecteurs de la CSNU, tandis que les autorités iraquiennes
ont assuré les préparatifs et l'appui nécessaires
pour la sûreté et l'efficacité des opérations.
L'équipe s'est également rendue dans un certain nombre de
sites afin de vérifier qu'ils ne pouvaient pas servir à effectuer
des modifications interdites.
13. Lorsque les activités initiales concernant
les missiles opérationnels seront achevées, la Commission
demandera à l'Iraq -- jusqu'à trois fois par an -- de regrouper
un nombre limité de missiles marqués afin de les inspecter
et de s'assurer qu'ils n'ont pas été modifiés pour
atteindre une portée supérieure à 150 kilomètres.
La Commission choisira pour chaque inspection jusqu'à 10 % du nombre
de missiles marqués.
14. Au moment de la rédaction du présent
rapport, la 80e équipe achevait sa mission et son départ
était prévu pour le 24 juin 1994.
15. L'élaboration des modalités de contrôle
des missiles opérationnels, y compris leur marquage, a exigé
des travaux importants. La CSNU 79/MB 23 a réalisé en Iraq,
du 23 au 28 mai 1994, les préparatifs nécessaires pour la
80e équipe. Elle a vérifié sur place les périmètres
de travail pour les opérations de marquage et les travaux préparatoires
effectués par les autorités iraquiennes. Elle s'est attachée
avant tout à vérifier la sécurité des opérations
devant être réalisées sur des missiles opérationnels.
La Commission a élaboré à cette fin des procédures
spéciales.
16. La 79e équipe a également établi
une base de référence technique pour les systèmes
de missiles iraquiens intéressant la Commission. Elle a rassemblé
des données de référence pour chaque système
de missile, comprenant des mesures et des photographies des principaux
éléments et composants. Ces données seront utilisées
pour élaborer des configurations "officielles" de la CSNU pour chaque
système de missile, qui serviront aux inspections futures, et pour
appuyer le traitement automatique des données provenant des caméras
de surveillance.
e) CSNU 81/MB 25
17. La 81e équipe (la 25e pour les missions balistiques)
est arrivée à Bagdad le 14 juin 1994 et ses travaux devraient
durer jusqu'au 22 juin. Son objectif est double : d'une part, présenter
aux experts iraquiens les définitions élaborées par
la Commission pour les articles à double fin figurant à l'annexe
IV du plan de contrôle et de vérification continus et, d'autre
part, examiner certains aspects des anciennes activités de l'Iraq
désormais interdites, y compris les projets de fabrication et de
modification de missiles.
f) Capteurs et marquage
18. Les caméras de télésurveillance
continuent de fonctionner de manière satisfaisante sur le site des
deux bancs d'essai de missiles et les données obtenues permettent
à la CSNU de contrôler en permanence le programme iraquien
d'essais statiques.
19. En décembre 1993, une équipe a été
envoyée à Bagdad pour installer des caméras à
plus haute résolution afin d'améliorer les outils d'analyse
de la CSNU. Elle a également replacé les caméras dans
différentes parties des sites afin de disposer d'un meilleur champ
de visée. La transmission par ligne téléphonique des
signaux des sites au bureau de la CSNU à Bagdad a été
remplacée par la transmission par radio afin d'accroître la
fiabilité des communications.
20. Comme on l'a mentionné plus haut, la CSNU 66/MB
20, la CSNU 69/MB 21 et la CSNU 71/MB 22 ont étudié les sites
de recherche-développement et de fabrication de missiles en Iraq
afin de déterminer les endroits où il faudrait installer
les capteurs et apposer les marques de contrôle. Leurs recommandations
ont porté sur l'utilisation de caméras de surveillance dans
les zones des installations considérées comme étant
critiques. Un certain nombre de propositions ont été faites
concernant l'emploi de marques et de capteurs de différents types
afin d'aider à identifier et à surveiller divers équipements
et activités.
21. Des experts se rendront en Iraq en juillet 1994 afin
de mettre en place les caméras et de marquer le matériel
désigné aux fins de contrôle. Ils installeront également
au Centre de Bagdad pour le contrôle et la vérification continus
du matériel de commande pour ces systèmes. On utilisera au
départ deux types principaux de caméra vidéo à
accéléré vue par vue, l'un étant muni de capteurs
de mouvement. Tous les systèmes de caméra seront capables
de transmettre les données au Centre.
22. La Commission a tenu un certain nombre de réunions
avec des experts internationaux à l'appui de ses activités
visant à mettre en place un mécanisme de contrôle et
de vérification continus. Les questions examinées durant
ces réunions ont porté sur l'évaluation des déclarations
iraquiennes, la détermination des points de contrôle principaux
pour les missiles et le choix des techniques appropriées, y compris
les capteurs, afin d'assurer une surveillance efficace. On a également
examiné les listes de matériel à double fin, de techniques
et d'autres équipements qui pourraient être utilisés
pour mettre au point, fabriquer, modifier ou acquérir des missiles
balistiques d'une portée supérieure à 150 kilomètres.
23. La Commission a continué d'examiner les questions
en suspens concernant l'ancien programme balistique iraquien interdit en
vertu de la résolution 687 (1991). Cette activité est essentielle
pour établir une base de référence solide et vérifiée
permettant d'assurer le contrôle et la vérification continus
conformément à la résolution 715 (1991). En particulier,
la Commission pourra ainsi obtenir un tableau complet des connaissances
que l'Iraq a obtenues dans le domaine des missiles grâce à
ses activités passées.
24. Les questions relatives aux programmes interdits en
vertu de la section C de la résolution 687 (1991) ont fait l'objet
de discussions suivies avec l'Iraq, en particulier durant les séries
de pourparlers de haut niveau qui ont eu lieu en novembre 1993 et mars
1994 à New York. L'Iraq a fourni des détails supplémentaires
sur ses achats à l'étranger d'éléments indispensables
pour les missiles balistiques ainsi que sur les dépenses consacrées
aux missiles de portée supérieure à 150 kilomètres.
La vérification de ces informations ainsi que des autres renseignements
fournis par l'Iraq s'est poursuivie, notamment grâce à des
contacts avec les gouvernements qui possèdent des données
pertinentes.
25. La Commission a continué de demander à
l'Iraq de fournir la documentation originale permettant d'étayer
les déclarations que ce pays a faites en ce qui concerne ses anciens
programmes de missiles désormais interdits. Lors de la visite du
Président exécutif à Bagdad en février 1994,
l'Iraq a finalement accepté de livrer à la Commission les
dossiers sur les dépenses relatives aux missiles interdits. Cette
documentation porte sur la période allant de 1977 à décembre
1990 et rend compte de près des trois quarts des missiles tombant
sous le coup de la résolution 687 (1991) et déclarés
par l'Iraq. À l'heure actuelle, la Commission effectue une étude
approfondie de ces documents et des informations qui y sont contenues.
Les résultats de cette étude seront essentiels pour que la
Commission présente au Conseil de sécurité le rapport
qui lui est demandé au titre du paragraphe 22 de la résolution
687 (1991).
26. La mission AC 12/CSNU 65 a été constituée
très rapidement pour mener l'enquête suite à des informations
persistantes selon lesquelles les troupes gouvernementales iraquiennes
auraient utilisé des armes chimiques contre des éléments
de l'opposition dans les régions marécageuses du sud de l'Iraq.
Au départ, l'équipe a été formée comme
mission d'établissement des faits et s'est rendue en République
islamique d'Iran pour obtenir, auprès de personnes qui disaient
avoir assisté à l'incident, des précisions concernant
les allégations, plus particulièrement pour déterminer
l'emplacement exact du site où l'attaque aux armes chimiques était
censée avoir eu lieu. Une fois cette information obtenue, l'équipe
est revenue au Bahreïn pour finir de se préparer, et est arrivée
en Iraq en tant que AC 12/CSNU 65 le 19 novembre 1993.
27. Au cours de la mission, l'équipe a effectué
une inspection détaillée du site et a prélevé
un grand nombre d'échantillons de sol, d'eau, de flore et de faune,
dont l'analyse a été confiée à divers laboratoires
spécialisés. L'équipe a également inspecté
la zone autour du site de l'attaque présumée, en utilisant
pour ce faire des véhicules, bateaux et hélicoptères.
Elle n'a pas trouvé de preuve directe de l'utilisation d'armes chimiques.
Elle a découvert sur le site une munition qui n'avait pas explosé,
mais qui présentait des conditions trop dangereuses pour qu'elle
puisse prélever des échantillons. En conséquence,
une deuxième équipe de spécialistes de la neutralisation
d'explosifs venant du Groupe de la destruction des armes chimiques (CDG)
de Muthanna, qui relève de la Commission, a été dépêchée
sur place le 25 novembre 1993, a déterminé qu'il ne s'agissait
pas d'une munition chimique mais d'une grenade à tube hautement
explosive, et l'a détruite.
28. Au cours de l'enquête, la Commission a aussi
obtenu certains documents, qu'elle a étudiés et gardés
pour examen médico-légal et analyse.
29. L'analyse chimique des échantillons, entreprise
dans des laboratoires du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du
Nord et des États-Unis d'Amérique, n'a révélé
aucune preuve de la présence d'agents de guerre chimique et a donc
permis de conclure que les armes chimiques n'avaient pas été
utilisées au cours des deux dernières années dans
la zone inspectée (les régions marécageuses du sud
de l'Iraq). Les conditions écologiques (la flore et la faune) observées
et notées par l'équipe ont confirmé les résultats
de l'analyse. Compte tenu de ces résultats, l'examen médico-légal
des documents -- qui, selon l'opposition iraquienne, auraient prouvé
l'utilisation d'agents de guerre chimique -- a été annulé.
30. Au cours de la période du 1er au 11 février
1994, la mission AC 13/CSNU 67 a inventorié et étiqueté
environ 240 pièces d'équipement de production chimique à
double fin. Cet équipement avait été acheté
dans le cadre du programme iraquien de guerre chimique.
31. L'équipe s'est également rendue à
l'installation d'Ibn al Baytar pour établir un protocole de contrôle
et de vérification continus relatif à ce site. Il s'agissait
de déterminer si le modèle général des protocoles
de contrôle et de vérification continus mis au point au siège
de la Commission à New York était effectivement applicable
dans la pratique aux installations chimiques à double fin.
32. Après la mission AC 13/CSNU 67, la partie iraquienne
a reçu, le 14 mars 1994, une lettre officielle précisant
les pièces de l'équipement de production chimique qui, par
décision de la Commission, devaient être détruites.
L'Iraq a reçu des descriptions précises de ces pièces.
En outre, on lui a demandé de donner, avant le 30 avril 1994, une
description détaillée de l'usage autorisé qu'il prévoyait
de faire du reste des pièces étiquetées, pour décision
finale quant à leur dévolution. Autrement, la Commission
devrait aussi déterminer si ces pièces ne devraient pas être
détruites elles aussi. Les pièces non détruites seraient
alors soumises au processus de contrôle et de vérification
continus.
33. Au cours de la période du 20 au 26 mars 1994,
la mission AC 14/CSNU 70 a installé quatre échantillonneurs
d'air au site de Muthanna. Ces appareils doivent permettre de déterminer
le type et la concentration de produits chimiques dans l'air à ce
site. L'équipe a également utilisé des échantillonneurs
portatifs pour prélever des échantillons supplémentaires
afin d'effectuer une analyse encore plus détaillée de l'atmosphère
à Muthanna. Les appareils en question ont été installés
en une configuration leur permettant d'analyser la qualité de l'air
sur le site quelle que soit la direction du vent. Une équipe iraquienne
de maintenance et de construction a préparé les poteaux sur
lesquels monter les échantillonneurs. Ceux-ci sont programmés
pour analyser l'atmosphère 24 heures sur 24, en mode discontinu,
sur 30 jours. Les tubes d'échantillons doivent être enlevés
et remplacés tous les 30 jours et envoyés à des laboratoires
pour analyse. Le mécanisme d'échantillonnage est contrôlé
par microprocesseur et alimenté par un accumulateur chargé
par un panneau photovoltaïque. Une station météorologique
actionnée par microprocesseur est montée sur l'un des échantillonneurs
et enregistre toutes les heures la vitesse et la direction du vent, la
température et l'humidité. Ces données météorologiques
doivent être récupérées chaque fois que l'on
change les tubes d'échantillons et feront partie du dossier permanent
de l'ensemble d'échantillons.
34. La mission AC 15/CSNU 74 a mené ses activités
en Iraq du 19 au 21 avril 1994. Elle était chargée de vérifier
les informations supplémentaires fournies par l'Iraq au cours de
la partie technique des entretiens de haut niveau tenus à la mi-mars
1994 à New York. L'Iraq ayant déclaré que tous les
documents relatifs aux programmes passés concernant les armes de
destruction massive avaient été détruits en 1991 et
1992, l'équipe a dû recourir à des preuves indirectes
(entretiens avec le personnel de direction ayant participé à
l'ancien programme iraquien de fabrication d'armes chimiques et séminaires
de rappel des données tenus par l'Iraq au cours de la période
de janvier à mars 1994 notamment).
35. La partie iraquienne a été en mesure
de donner un aperçu crédible des activités passées
concernant les armes chimiques entre 1980 et 1988 et en 1990. La présentation
d'une copie manuscrite de l'inventaire des activités d'achat entre
1982 et 1988 a constitué un très grand progrès à
cet égard. Ce document contenait la liste des numéros des
lettres de crédit, ainsi que des détails supplémentaires
sur les fournisseurs, le montant des contrats et la description générale
des produits. Selon l'Iraq, cette liste couvrirait toutes les activités
d'achat du programme concernant les armes chimiques. D'après une
évaluation initiale, la présentation iraquienne semble crédible
et pourrait être complète. Cela dit, il faudra beaucoup de
travail, et une autre série de contacts avec les gouvernements fournisseurs,
pour procéder à un examen détaillé.
36. L'Iraq a déclaré au cours de cette inspection
que, lorsque le programme d'armement chimique a été repris
en 1980, le "Projet" a pu compter au cours des deux premières années
sur les ressources d'une précédente entreprise qui avait
échoué et qui avait cessé ses activités en
1978. Toutes les activités d'achat touchant le programme iraquien
d'armement chimique auraient, aux dires de l'Iraq, été annulées
lors de l'été 1988, à la fin de la guerre entre l'Iran
et l'Iraq. En 1989, l'installation de l'Entreprise d'État pour la
production de pesticides/Établissement d'État de Muthanna
travaillait uniquement à la formulation et à la production
de pesticides. Selon l'Iraq, la production d'agents biologiques n'a été
reprise que pendant un mois en 1990. Il a également admis, pour
la première fois, qu'il avait reçu l'appui direct d'un pays
étranger dans son programme d'armement chimique.
37. Au cours de l'inspection, l'Iraq a aussi fait état
de son intention de réutiliser le matériel de production
chimique à double fin dans des projets civils, comme la production
de phénol et d'aniline. Le Ministère iraquien de l'industrie
chimique entend utiliser l'infrastructure des anciens sites de fabrication
d'armes chimiques à Fallujah 1, 2 et 3 pour établir un centre
chimique servant à la production de produits chimiques généraux
et de produits chimiques fins. La production serait de l'ordre de plusieurs
centaines à quelques milliers de tonnes par an. À toute première
vue, cet usage proposé de l'équipement semble raisonnable.
Il est toujours possible à la Commission de déterminer la
situation concernant le matériel de production.
38. La mission CSNU 75/AC 16 était une mission
d'"établissement de protocoles" qui s'est rendue dans 14 sites de
production chimique entre le 25 mai et le 5 juin 1994. Le protocole pour
chaque site est un dossier complet contenant des informations sur le site,
les déclarations de l'Iraq, les évaluations de la Commission
et des directives pour les futurs inspecteurs. Les sites visités
présentaient un intérêt varié pour les futures
inspections d'armes chimiques. Certains sont d'un grand intérêt
car ils conservent la possibilité de redevenir des sites de production
de précurseurs d'armes chimiques. Ils possèdent le matériel,
le personnel et les compétences voulues pour pouvoir, le cas échéant,
fabriquer de nouveau des armes chimiques en un temps relativement court.
D'autres sites visités présentent moins de possibilité
de transformation pour usage dans un programme d'armement chimique. Il
y a au total 47 sites pour lesquels il faudra établir des protocoles.
Les autres seront étudiés au cours de deux autres missions.
39. Pour information sur les missions AC 17/CSNU 76, AC
18/CSNU 77 et la conclusion de la mission CDG/CSNU 38, voir appendice III.
40. Parallèlement aux diverses séries de
négociations politiques de haut niveau, les experts de la Commission
ont tenu trois réunions techniques avec l'Iraq sur les questions
concernant les armes chimiques.
a) Les anciens programmes
41. Lors de la réunion tenue à New York
en novembre 1993, l'Iraq a souligné qu'il avait essayé de
satisfaire à toutes les conditions avancées par la Commission
concernant la fourniture d'informations, et a convenu en outre de s'efforcer
d'examiner toute question susceptible de se poser au cours des activités
de vérification de la Commission. Cette dernière, pour sa
part, a informé l'Iraq qu'elle avait jugé crédibles
les renseignements donnés lors des entretiens tenus à Bagdad
en octobre 1993 concernant les anciens programmes iraquiens de fabrication
d'armes chimiques. Mais, en l'absence de documentation, une vérification
indépendante des données continuait de poser problème.
La Commission a suggéré que l'Iraq, pour résoudre
en partie ce problème, organise des séminaires réunissant
les fonctionnaires ayant participé au programme d'armement chimique,
de façon à raviver leur mémoire collective, ce qui
leur permettrait de se rappeler des détails susceptibles de faciliter
une vérification indépendante. L'on a également examiné
la question du matériel et des produits chimiques laissés
à l'Établissement d'État de Muthanna. Il a été
convenu que la Commission enverrait une mission à Bagdad en janvier
1994 pour marquer le matériel en question aux fins d'en dresser
l'inventaire et de déterminer s'il fallait en autoriser l'utilisation
ou le détruire. Il a été convenu d'examiner ultérieurement
la question de savoir si les produits chimiques qui restaient à
ce site seraient remis en utilisation ou détruits.
42. À la réunion tenue à Bagdad en
février 1994, l'Iraq a informé la Commission des résultats
du séminaire qu'il avait organisé avec de hauts fonctionnaires
iraquiens ayant participé au programme d'armement chimique, et a
fourni des données supplémentaires sur les questions en suspens,
comme le programme de recherche-développement et les importations
de précurseurs chimiques.
43. À la réunion tenue à New York
en mars 1994, la Commission a demandé à l'Iraq de plus amples
détails pour combler les lacunes des informations données
précédemment. En réponse, l'Iraq a présenté
les résultats d'un autre séminaire qu'il avait convoqué,
qui rassemblait cette fois d'anciens fonctionnaires à la retraite.
Il s'agissait notamment d'une ventilation des quantités de précurseurs
chimiques importés, par année et par contrat. En outre, l'Iraq
a été à même de présenter une corrélation,
année par année, entre les quantités d'agents produits,
les précurseurs chimiques disponibles, les agents stockés
et utilisés, et la capacité de production chimique dont il
disposait. Il a également brossé un tableau complet de son
programme de recherche-développement sur les armes chimiques, y
compris les calendriers d'exécution.
44. Les informations supplémentaires acquises au
cours de ces réunions étaient essentielles aux efforts déployés
par la Commission pour obtenir un tableau aussi complet que possible du
programme iraquien d'armement chimique. Par exemple, en octobre 1993, l'Iraq
a déclaré 13 221 tonnes de précurseurs chimiques importés
dont on pouvait retrouver la trace, en février 1994, 15 037 tonnes,
et en mars 1994, 17 657 tonnes. Les quantités déclarées
d'agents produits (4 340,5 tonnes) sont toutefois restées inchangées.
45. La mission AC 15/CSNU 74 a estimé que, au cours
des entretiens tenus en avril à Bagdad, l'Iraq avait présenté
du mieux de ses possibilités l'historique de son programme d'armement
chimique. L'ordre de grandeur des chiffres déclarés semble
crédible, et l'exposé présenté est cette fois-ci
plus cohérent que les précédents. Bien que peu de
nouvelles informations aient été divulguées sur la
recherche-développement iraquienne en matière d'armes chimiques,
certaines des conclusions antérieures de la Commission sur ces questions
ont été corroborées.
46. Pour étayer ses déclarations, l'Iraq
a communiqué un extrait manuscrit d'une liste de lettres de crédit
délivrées à des fins d'achat dans le cadre du programme
d'armement chimique. Cette liste permettra dans une certaine mesure de
vérifier les importations iraquiennes déclarées, car
l'on pourra contacter les gouvernements des sociétés qui
y figurent. Ce processus de contact des gouvernements intéressés
est bien enclenché, mais la Commission est ici lourdement tributaire
de la rapidité de l'assistance que voudront bien lui accorder les
gouvernements.
b) Déclarations concernant les installations
à double fin
47. En décembre 1993, la Commission a communiqué
à l'Iraq des formulaires modèles pour les déclarations
initiales de ce dernier, requises au titre du plan de contrôle et
de vérification continus, concernant les installations chimiques
à double fin. Le 16 janvier 1994, l'Iraq à transmis au Bureau
de la Commission à Bagdad des formulaires partiellement remplis.
Lors de réunions subséquentes entre les deux parties, la
Commission a fait savoir à l'Iraq que ces réponses étaient
insuffisantes et l'a informé de ce qui était nécessaire
pour les conformer aux exigences de la Commission. Elle a rappelé
à l'Iraq que des déclarations initiales complètes
étaient l'une des conditions préalables essentielles de la
procédure d'établissement de protocoles et, par voie de conséquence,
du lancement du processus de contrôle et de vérification continus.
Depuis, des experts des deux côtés se sont réunis à
plusieurs reprises pour étudier la question, grâce à
quoi la Commission dispose à présent d'un ensemble plus complet
de déclarations concernant lesdites installations.
48. Les premières inspections relatives aux armes
biologiques organisées dans le cadre du processus d'inspections
initiales ont été entamées par la quatrième
équipe d'experts des armes biologiques (AB 4/CSNU 72), qui a séjourné
à cette fin en Iraq du 8 au 26 avril 1994. Cette équipe a
vérifié les déclarations fournies par l'Iraq en janvier
1994 aux termes du plan de contrôle et de vérification continus.
Cette mission d'inspection avait également les objectifs suivants
: évaluer les activités en cours et le matériel existant
dans les installations biologiques déclarées par l'Iraq,
dont une grande partie n'avaient pas encore été inspectées
par la CSNU; dresser un inventaire dudit matériel en vue de son
marquage; élaborer un modèle pour les rapports périodiques
que l'Iraq est tenu de présenter aux termes du plan de contrôle
et de vérification continus; et établir une étude
de faisabilité préliminaire sur le contrôle à
distance de certaines installations.
49. Durant la période allant du 28 mai au 7 juin
1994, une mission d'inspection (AB 5/CSNU 78) a été chargée
de faire l'inventaire du matériel biologique à double usage.
Le matériel visé se trouvait dans un certain nombre d'installations
destinées principalement à la fabrication de produits biologiques
ou à la recherche-développement dans ce domaine. Pour dresser
cet inventaire, l'équipe a procédé en trois temps
: marquage des articles concernés à l'aide de ruban inviolable
enduit de polymère et portant un code à barres; photographie
en gros plan desdits articles; inscription desdits articles et de leurs
codes dans l'inventaire. Celui-ci donnera un aperçu des capacités
de l'Iraq dans le domaine des armes biologiques en permettant de justifier
l'utilisation, le transfert ou la modification du matériel.
50. À la suite de la présentation par l'Iraq
de ses déclarations en janvier 1994, des pourparlers de haut niveau
ont eu lieu avec des représentants officiels iraquiens en février
et mars 1994. Ces pourparlers étaient axés sur les renseignements
que l'Iraq devait communiquer pour qu'un contrôle efficace et rationnel
du domaine des armes biologiques puisse être organisé. À
la suite de ces pourparlers, l'Iraq a fourni une version révisée
des déclarations qu'il est tenu de faire conformément au
plan selon des modalités permettant l'analyse de l'exactitude et
de l'exhaustivité des renseignements fournis.
51. Pendant la mission AB 4/CSNU 72, il y a eu de nouvelles
discussions avec l'Iraq concernant d'autres installations devant faire
l'objet de déclarations aux termes du plan de contrôle et
de vérification continus. Par la suite, l'Iraq a fait des déclarations
supplémentaires concernant les sites en question. Au début
du mois de juin 1994, une équipe d'experts a eu à Bagdad
des entretiens de caractère technique avec l'Iraq sur les questions
biologiques afin d'éclaircir ou de compléter les informations
déjà fournies conformément au plan, ce qui devait
permettre de faciliter l'analyse préalable à l'élaboration
d'un régime de contrôle applicable à l'ensemble des
sites.
52. En mars 1994, un séminaire d'experts internationaux
a été organisé à New York pour préparer
les inspections devant permettre de déterminer les sites qui devront
faire l'objet d'une surveillance dans le domaine des armes biologiques.
En mai 1994, un nouveau séminaire s'est tenu dans le cadre des activités
déployées par la Commission spéciale pour examiner
toutes les déclarations et données relatives aux capacités
de l'Iraq dans ce domaine. Les travaux ont été axés
sur la définition de critères à utiliser pour évaluer
les données relatives aux activités de l'Iraq dans le domaine
visé et sur l'identification des articles à surveiller par
le truchement du mécanisme de contrôle des exportations et
des importations. Il est prévu d'organiser de nouveaux séminaires
pour examiner les aspects suivants des éléments du plan se
rapportant aux armes biologiques : les détecteurs et autres techniques
de contrôle; les modalités de contrôle; et la formation
que doivent suivre les inspecteurs.
53. On procède actuellement à l'élaboration
des protocoles correspondant à chaque site biologique. Les renseignements
relatifs à la situation géographique ont été
rassemblés. Des renseignements complémentaires seront fournis
pendant le processus d'inspections initiales. Un projet de modèle
pour les renseignements que l'Iraq est tenu de fournir a été
mis au point.
54. L'équipe d'inspection AB 4/CSNU 72 a réalisé
une étude de faisabilité concernant la surveillance à
l'aide de caméras. Dans un premier temps, ces activités seront
poursuivies dans le cadre de séminaires. Les techniques de marquage
déjà identifiées ont été jugées
appropriées pour le matériel biotechnologique. Sur la base
des résultats de ces séminaires et des informations rassemblées
pendant les inspections, des caméras et des marqueurs supplémentaires
pourront être installés à une date ultérieure.
55. Les activités relevant du domaine des armes
nucléaires font l'objet d'un rapport distinct de l'AIEA. Toutefois,
la Commission spéciale a réalisé une deuxième
inspection aérienne à l'aide du matériel de détection
d'émissions gamma du 2 au 15 décembre 1993. Six sites ont
ainsi été examinés. La mission a obtenu des spectres
gamma détaillés pour les sites d'évacuation des déchets
radioactifs de Tuwaitha et deux sites de Al Atheer. En outre, des levés
de détection gamma ont été réalisés
à Rashdiya, Al Hadre -- site proche de Tikrit -- et à l'Établissement
d'État Al Din (SAAD-13). L'analyse des données n'est pas
terminée, mais selon des indications préliminaires, il apparaît
que cette technique permet d'examiner une surface relativement étendue
et de repérer les sites où il pourrait y avoir lieu de procéder
à un examen plus poussé. Le système utilisé
est en cours de mise au point et des améliorations lui seront apportées.
56. Au cours de la période considérée,
la Commission a poursuivi ses inspections aériennes à l'aide
d'hélicoptères et d'avions de surveillance volant à
haute altitude. L'avion de reconnaissance volant à haute altitude
(U-2) de la Commission a d'ores et déjà effectué 209
missions d'appui à ses activités. Les hélicoptères
de la Commission ont accompli plus de 300 missions et examiné quelque
450 sites. L'Équipe d'inspection aérienne effectue actuellement
trois ou quatre vols par semaine. Au total, les hélicoptères
de la Commission ont volé plus de 2 000 heures pour appuyer ses
activités.
1. On trouvera dans les précédents rapports
un historique complet des activités de destruction des agents de
guerre chimique. Le présent rapport porte essentiellement sur les
faits nouveaux survenus depuis décembre 1993 et sur l'achèvement
des travaux du Groupe de la destruction des agents chimiques.
Problèmes de protection et de sécurité
2. Les normes de sûreté à Muthanna
ont été maintenues à un niveau élevé
durant la période examinée. Comme par le passé, on
a rejeté les demandes de la partie iraquienne visant à assouplir
certaines d'entre elles pour accélérer les travaux. On n'a
guère réussi à faire comprendre à la partie
iraquienne l'importance de la sûreté. Toutefois, les problèmes
qui se sont posés de temps à autre ont tous été
réglés sans accident grave grâce à l'intervention
rapide du Groupe.
3. La CSNU a observé que les pressions s'étaient
accrues sur la direction de Muthanna depuis novembre 1993, lorsque les
Iraquiens ont commencé à accélérer leur appui
aux activités de destruction. La plupart des incidents mineurs se
sont produits entre novembre 1993 et avril 1994 et peuvent être considérés
comme résultant directement des pressions exercées par le
Gouvernement iraquien sur la direction de Muthanna. La CSNU a fourni aux
travailleurs iraquiens de Muthanna une centaine de vêtements de protection,
qui ont été acceptés avec beaucoup de réticence.
En résumé, l'application de normes de sûreté
élevées s'est révélée payante.
Activités de destruction
4. Les activités de destruction des agents de guerre
chimique et de leurs précurseurs se sont achevées au début
d'avril 1994. On trouvera ci-après un bilan chiffré dans
ce domaine. Un certain nombre d'éléments de propergol solide
pour missiles ont été également détruits en
mai 1994.
5. Après le 6 avril 1994, le Groupe s'est concentré
sur la destruction de matériel de production de substances chimiques
à double usage. En janvier et février 1994, la 67e équipe
de la CSNU s'est essentiellement employée à identifier et
à marquer ce matériel. La mission a élaboré
à l'intention du Président exécutif des recommandations
concernant les catégories de matériel qui devait être
détruit ou rendu à l'Iraq. Comme il est noté dans
la section B de l'appendice II, à l'occasion des pourparlers de
haut niveau tenus à New York en mars 1994, l'Iraq a reçu
une lettre contenant la décision du Président exécutif
relative à la destruction du matériel. Ce document a constitué
la référence de base pour les activités du Groupe.
Outre les divers équipements, les principales installations qui
ont été détruites et en partie condamnées sont
l'installation d'hydrolyse, les unités de production pilotes, la
chambre d'essai des aérosols, l'installation de production d'agent
DF et l'installation de production d'ypérite.
6. Les enceintes et les lagunes spécialement conçues
et revêtues intérieurement de béton qui ont été
utilisées pour stocker les déchets chimiques provenant des
activités de destruction ont été recouvertes de béton
armé suivant les instructions du Groupe consultatif de la destruction.
L'incinérateur a été remis aux autorités iraquiennes.
Toutes les canalisations et soupapes entourant la chambre de combustion,
qui étaient fortement contaminées, ont été
démantelées et entreposées dans des enceintes.
Achèvement des travaux du Groupe de la destruction
des agents chimiques
7. La fermeture de Muthanna a donné lieu aux activités suivantes :
a) Nettoyage. Le gros des travaux a porté sur les
zones où le Groupe avait principalement opéré, notamment
l'incinérateur, l'installation d'hydrolyse et les zones d'accumulation.
Parallèlement, une documentation complète sur la fermeture
des enceintes a été établie. De vastes opérations
de contrôle et de nettoyage ont été effectuées
ensuite et cette étape s'est achevée à la mi-mai 1994;
b) Deux inspections de la CSNU. La première (CSNU
76/AC 17) a été réalisée du 31 mai au 12 juin
1994. Il s'agissait de prélever des échantillons et de les
analyser en temps réel à Muthanna afin d'obtenir des données
factuelles sur l'état du site lorsqu'il a été remis
aux autorités iraquiennes. Ces résultats ont été
incorporés dans le protocole de transfert de Muthanna établi
par l'inspection de suivi (CSNU 77/AC 18), qui a eu lieu du 8 au 14 juin
1994. Afin d'assurer la transmission correcte des résultats et la
coordination voulue, ces deux inspections se sont chevauchées durant
trois jours. La CSNU 77/AC 18 a effectué une inspection finale et
a remis le contrôle de Muthanna aux autorités iraquiennes.
Le 14 juin 1994, le Groupe de la destruction des agents chimiques (CSNU
38) et la CSNU 77/AC 18 ont quitté l'Iraq et le Groupe a été
dissous. Au total, 100 experts ont participé à l'ensemble
de ses travaux;
c) Mise au point à New York de la documentation
finale concernant le Groupe de la destruction des agents chimiques. Tous
les dossiers du Groupe seront conservés à New York. Une équipe
chargée de la documentation étudiera chaque aspect des opérations
du Groupe et formulera des observations sur les leçons de l'expérience,
ainsi que des recommandations pour toute opération analogue future.
Résumé
8. Le Groupe de la destruction des agents chimiques a
accompli sa mission avec succès. Sa dissolution, le 16 juin 1994,
a marqué l'achèvement de l'une des tâches principales
qui avaient été confiées à la Commission en
vertu de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité.
| Description | ||||
| Fusées et ogives de 122 mm | 319 | |||
| Ogives de 122 mm | 6 454 | |||
| Obus d'artillerie de 155 mm vides | 12 | |||
| Obus d'artillerie de 155 mm remplis d'ypérite | 12 792 | |||
| Obus d'artillerie de 155 mm remplis de phosphore blanc | 45 | |||
| Ogives Al Hussein (GB/GF) | 16 | |||
| Ogives Al Hussein vides | 13 | |||
| Bombes R400 | 337 | |||
| Bombes de calibre 250 remplies de carburant | 5 176 | |||
| Bombes de calibre 250 partiellement remplies d'ypérite polymérisée | 703 | |||
| Bombes de calibre 250 vides | 12 | |||
| Bombes de calibre 250 remplies de phosphore blanc | 8 | |||
| Bombes de calibre 500 remplies de carburant | 4 | |||
| Bombes de calibre 500 partiellement remplies d'ypérite polymérisée | 980 | |||
| Bombes de calibre 500 remplies de GA | 2 | |||
| Bombes DB 2 non remplies | 1 115 | |||
| Bombes DB 0 non remplies | 61 | |||
| Total, munitions | 28 049 | |||
| Ypérite | 398 046 litres | |||
| Agent neurotoxique (GA) | 21 365 | |||
| Agent neurotoxique (GB/GF) | 61 633 | |||
| Total, agents de guerre chimique | 481 044
litres |
|||
| DF | 14 600
litres |
|||
| D4 | 121 675 | |||
| Thiodiéthylèneglycol | 153 980 | |||
| Oxychlorure de phosphore | 344 800 | |||
| Chlorure de thionyle | 169 980 | |||
| Trichlorure de phosphore | 415 000 | |||
| Alcool d'isopropyle | 250 888 | |||
| Alcool de cyclohexanol/isopropyle | 5 200 | |||
| Dichloroétane | 4 120 | |||
| Diisopropylamine | 30 000 | |||
| Morpholine | 10 000 | |||
| Chlorobenzaldéhyde | 41 800 | |||
| Hydrure de chloro-éthyle | 1 900 | |||
| Monoéthylèneglycol | 49 600 | |||
| Malononitrile | 200 | |||
| Éthanol | 112 700 | |||
| Thiokolpolysulfure | 60 | |||
| 3-Hydroxy 2-méthyle pipéridine | 50 | |||
| Sulfure d'hydrogène | 160 | |||
| Méthanol | 42 000 | |||
| Toluène | 10 800 | |||
| Pyridine | 19 000 | |||
| Total, produits chimiques précurseurs | 1 798 513
litres |
|||
| Diméthylamine, HCl | 238 500 kg | |||
| Cyanure de sodium | 180 000 | |||
| Cyanure de potassium | 3 000 | |||
| Difluorure d'hydrogène de potassium | 450 000 | |||
| Fluorure de sodium | 135 000 | |||
| Trichlorure d'arsenic | 1 850 | |||
| Fluorure d'hydrogène | 7 000 | |||
| Acide mandélique | 1 650 | |||
| Triéthanolamine | 511 | |||
| Dichlorure de méthyle | 2 250 | |||
| Acide glycolique | 50 | |||
| Diéthylaminoéthanol thiol, HCl | 10 | |||
| 2-éthylaminoéthanol | 180 | |||
| Acide chloracétique | 2 500 | |||
| Diméthylamine | 7 210 | |||
| Iodure de méthyle | 2 000 | |||
| Fluorure de potassium | 600 | |||
| Chloroacétate de sodium | 250 | |||
| Trichlorure d'aluminum | 2 800 | |||
| Iodure de potassium | 3 000 | |||
| Trichlorure d'arsenic | 75 | |||
| 2, 4-dichlorophénol | 2 250 | |||
| Trichlorophénol | 150 | |||
| Total, précurseurs chimiques | 1 040 836
kg |
|||
| Phosphore blanc | 648
fûts |
|||
| Conteneurs de stockage en vrac (2 tonnes) | 32 | |||
1. À la suite de l'acceptation par l'Iraq de la
résolution 715 (1991) du Conseil de sécurité, le Groupe
de l'évaluation de l'information a de plus en plus axé ses
travaux sur la mise en oeuvre du contrôle et de la vérification
continus. Les anciens programmes n'ont toutefois pas été
négligés et des efforts importants ont été
consacrés à la vérification des déclarations
de l'Iraq sur ses anciens programmes relatifs aux armes de destruction
massive. Le Groupe continue également d'analyser et d'évaluer
les informations fournies par les gouvernements coopérants et d'autres
sources dans le cadre du dossier concernant ces programmes.
2. Les mesures prises dans les différents domaines
afin de mettre en oeuvre le contrôle et la vérification continus
sont décrites en détail dans d'autres parties du présent
rapport. Pour ce qui est du Groupe de l'évaluation de l'information,
l'acceptation par l'Iraq de la résolution 715 (1991) a eu pour principale
conséquence pratique d'accroître considérablement le
nombre et la longueur des déclarations fournies par la partie iraquienne.
Par exemple, un jeu de déclarations a dépassé 2 000
pages.
3. Les déclarations actuelles sont établies
conformément aux modèles élaborés par la Commission,
qui indiquent en détail les informations nécessaires pour
le contrôle et la vérification continus. Ces déclarations
demandent à être évaluées sous plusieurs angles.
En effet, il convient d'évaluer l'exactitude des données
fournies ainsi que l'importance et le type des installations déclarées.
Les déclarations doivent porter aussi sur un certain nombre de sites
qui n'ont pas encore été inspectés par la CSNU : il
s'agit donc de les identifier et de préparer les inspections initiales
à entreprendre. Il convient également d'évaluer si
les modèles eux-mêmes doivent être modifiés,
et c'est là un aspect important de l'analyse étant donné
que la version définitive des modèles et les déclarations
ultérieures constitueront un élément important de
l'architecture du contrôle et de la vérification continus.
4. Outre l'examen des déclarations, le Groupe de
l'évaluation de l'information a entrepris une tâche importante
consistant à mettre au point un dossier pour chaque site à
contrôler, qui fait notamment appel aux rapports des inspections
passées, aux renseignements fournis par les pays coopérants
et aux photographies. Ces dossiers permettront aux analystes d'avoir un
tableau synoptique de chaque site à contrôler.
5. Le concours d'organisations extérieures et autres
organes continue d'être extrêmement utile. Par exemple, au
cours des six prochains mois, le Groupe disposera d'un nouveau système
informatique qui pourra traiter les textes aussi bien que les graphiques,
ce qui permettra d'avoir une version informatisée des dossiers sur
les sites mentionnés au paragraphe 4 ci-dessus. Le système
est mis au point par un organisme extérieur de manière à
répondre aux besoins actuels de la Commission et pourra être
adapté aux besoins évolutifs du contrôle et de la vérification
continus; par exemple, un système sera mis au point pour traiter
l'information qui sera communiquée par l'Iraq et les gouvernements
fournisseurs dans le cadre du mécanisme de contrôle des exportations
et des importations.
6. Les moyens de surveillance aérienne -- l'avion
de reconnaissance à haute altitude (U-2) et l'équipe d'inspection
héliportée -- continuent de jouer leur rôle, tout en
constituant une source utile d'informations pour préparer des inspections
initiales dans les nouveaux sites déclarés au titre du plan
de contrôle et de vérification continus. L'équipe d'inspection
héliportée effectue un travail particulièrement utile
pour élaborer les diagrammes des sites des nouvelles installations
avant la réalisation des inspections au sol.
7. À la suite du succès du géoradar
et du matériel de détection gamma employés en 1993,
on continue à étudier la possibilité d'utiliser d'autres
capteurs aéroportés. On examine également d'autres
moyens d'exploiter les moyens photographiques actuels de la Commission,
ainsi que de nouvelles sources éventuelles d'informations. On envisage
ainsi la transmission directe des photographies.
8. Afin de répondre au volume accru de données
et de faciliter la mise en oeuvre du contrôle et de la vérification
continus, cinq autres experts ont été détachés
cette année au Groupe de l'évaluation de l'information. On
a également créé deux postes d'assembleurs qui assureront
le lien entre les agents de saisie des données et les analystes.
Un deuxième informaticien est également en cours de recrutement.
Outre les experts résidents, des experts connaissant bien le processus
d'inspection sont détachés pour de courtes périodes
à la Commission et lui rendent de grands services.
| Armes nucléaires | ||
| 15 mai-21 mai 1991 | IAEA1/UNSCOMM | 1 |
| 22 juin-3 juillet 1991 | IAEA2/UNSCOMM | 4 |
| 7-18 juillet 1991 | IAEA3/UNSCOMM | 5 |
| 27 juillet-10 août 1991 | IAEA4/UNSCOMM | 6 |
| 14-20 septembre 1991 | IAEA5/UNSCOMM | 14 |
| 21-30 septembre 1991 | IAEA6/UNSCOMM | 16 |
| 11-22 octobre 1991 | IAEA7/UNSCOMM | 19 |
| 11-18 novembre 1991 | IAEA8/UNSCOMM | 22 |
| 11-14 janvier 1992 | IAEA9/UNSCOMM | 25 |
| 5-13 février 1992 | IAEA10/UNSCOMM | 27 |
| 7-15 avril 1992 | IAEA11/UNSCOMM | 33 |
| 26 mai-4 juin 1992 | IAEA12/UNSCOMM | 37 |
| 14-21 juillet 1992 | IAEA13/UNSCOMM | 41 |
| 31 août-7 septembre 1992 | IAEA14/UNSCOMM | 43 |
| 8-19 novembre 1992 | IAEA15/UNSCOMM | 46 |
| 6-14 décembre 1992 | IAEA16/UNSCOMM | 47 |
| 22-27 janvier 1993 | IAEA17/UNSCOMM | 49 |
| 3-11 mars 1993 | IAEA18/UNSCOMM | 52 |
| 30 avril-7 mai 1993 | IAEA19/UNSCOMM | 56 |
| 25-30 juin 1993 | IAEA20/UNSCOMM | 58 |
| 23-28 juillet 1993 | IAEA21/UNSCOMM | 61 |
| 1er-9 novembre 1993 | IAEA22/UNSCOMM | 64 |
| 4-11 février 1994 | IAEA23/UNSCOMM | 68 |
| 11-22 avril 1994 | IAEA24/UNSCOMM | 73 |
| 21 juin-1er juillet 1994 | IAEA25/UNSCOMM | 83 |
| Armes chimiques | ||
| 9-15 juin 1991 | CW1/UNSCOMM | 2 |
| 15-22 août 1991 | CW2/UNSCOMM | 9 |
| 31 août-8 septembre 1991 | CW3/UNSCOMM | 11 |
| 31 août-5 septembre 1991 | CW4/UNSCOMM | 12 |
| 6 octobre-9 novembre 1991 | CW5/UNSCOMM | 17 |
| 22 octobre-2 novembre 1991 | CW6/UNSCOMM | 20 |
| 18 novembre-1er décembre 1991 | CBW1/UNSCOMM | 21 |
| 27 janvier-5 février 1992 | CW7/UNSCOMM | 26 |
| 21 février-24 mars 1992 | CDG1/UNSCOMM | 29 |
| 5-13 avril 1992 | CDG2/UNSCOMM | 32 |
| 15-29 avril 1992 | CW8/UNSCOMM | 35 |
| 18 juin 1992 (en cours) | CDG/UNSCOMM | 38 |
| Armes chimiques (suite) | ||
| 26 juin-10 juillet 1992 | CBW2/UNSCOMM | 39 |
| 21-29 septembre 1992 | CW9/UNSCOMM | 44 |
| 6-14 décembre 1992 | CBW3/UNSCOMM | 47 |
| 6-18 avril 1993 | CW10/UNSCOMM | 55 |
| 27-30 juin 1993 | CW11/UNSCOMM | 59 |
| 19-22 novembre 1993 | CW12/UNSCOMM | 65 |
| 1er-14 février 1994 | CW13/UNSCOMM | 67 |
| 20-26 mars 1994 | CW14/UNSCOMM | 70 |
| 18-22 avril 1994 | CW15/UNSCOMM | 74 |
| 25 mai-5 juin 1994 | CW16/UNSCOMM | 75 |
| 31 mai-12 juin 1994 | CW17/UNSCOMM | 76 |
| 8 juin-14 juin 1994 | CW18/UNSCOMM | 77 |
| Armes biologiques | ||
| 2-8 août 1991 | BW1/UNSCOMM | 7 |
| 20 septembre-3 octobre 1991 | BW2/UNSCOMM | 15 |
| 11-18 mars 1993 | BW3/UNSCOMM | 53 |
| 8-26 avril 1994 | BW4/UNSCOMM | 72 |
| 28 mai-7 juin 1994 | BW5/UNSCOMM | 78 |
| 24 juin-5 juillet 1994 | BW6/UNSCOMM | 84 |
| 5-8 juin 1994 | BW7/UNSCOMM | 86 |
| Missiles balistiques | ||
| 30 juin-7 juillet 1991 | BM1/UNSCOMM | 3 |
| 18-20 juillet 1991 | BM2/UNSCOMM | 10 |
| 8-15 août 1991 | BM3/UNSCOMM | 8 |
| 6-13 septembre 1991 | BM4/UNSCOMM | 13 |
| 1er-9 octobre 1991 | BM5/UNSCOMM | 18 |
| 1er-9 décembre 1991 | BM6/UNSCOMM | 23 |
| 9-17 décembre 1991 | BM7/UNSCOMM | 24 |
| 21-29 février 1992 | BM8/UNSCOMM | 28 |
| 21-29 mars 1992 | BM9/UNSCOMM | 31 |
| 13-21 avril 1992 | BM10/UNSCOMM | 34 |
| 14-22 mai 1992 | BM11/UNSCOMM | 36 |
| 11-29 juillet 1992 | BM12/UNSCOMM | 40A+B |
| 7-18 août 1992 | BM13/UNSCOMM | 42 |
| 16-30 octobre 1992 | BM14/UNSCOMM | 45 |
| 25 janvier-23 mars 1993 | IMT1a/UNSCOMM | 48 |
| 12-21 février 1993 | BM15/UNSCOMM | 50 |
| 22-23 février 1993 | BM16/UNSCOMM | 51 |
| 27 mars-17 mai 1993 | IMT1b/UNSCOMM | 54 |
| 5-28 juin 1993 | IMT1c/UNSCOMM | 57 |
| 10-11 juillet 1993 | BM17/UNSCOMM | 60 |
| 24 août-15 septembre 1993 | BM18/UNSCOMM | 62 |
| Missiles ballistiques (suite) | ||
| 28 septembre-1er novembre 1993 | BM19/UNSCOMM | 63 |
| 21-29 janvier 1994 | BM20/UNSCOMM | 66 |
| 17-25 février 1994 | BM21/UNSCOMM | 69 |
| 30 mars-20 mai 1994 | BM22/UNSCOMM | 71 |
| 20 mai-8 juin 1994 | BM23/UNSCOMM | 79 |
| 10-24 juin 1994 | BM24/UNSCOMM | 80 |
| 14-19 juin 1994 | BM25/UNSCOMM | 81 |
| Recherche informatique | ||
| 12 février 1992 | UNSCOMM | 30 |
| Mission spéciales | ||
| 30 juin-3 juillet 1991 | ||
| 11-14 août 1991 | ||
| 4-6 octobre 1991 | ||
| 11-15 novembre 1991 | ||
| 27-30 janvier 1992 | ||
| 21-24 février 1992 | ||
| 17-19 juillet 1992 | ||
| 28-29 juillet 1992 | ||
| 6-12 septembre 1992 | ||
| 4-9 novembre 1992 | ||
| 4-8 novembre 1992 | ||
| 12-18 mars 1993 | ||
| 14-20 mars 1993 | ||
| 19-24 avril 1993 | ||
| 4 juin-5 juillet 1993 | ||
| 15-19 juillet 1993 | ||
| 25 juillet-5 août 1993 | ||
| 9-12 août 1993 | ||
| 10-24 septembre 1993 | ||
| 27 septembre-1er octogre 1993 | ||
| 1er-8 octobre 1993 | ||
| 5 octobre 1993-16 février 1994 | ||
| 2-10 décembre 1993 | ||
| 2-16 décembre 1993 | ||
| 21-27 janvier 1994 | ||
| 2-6 février 1994 | ||
| 10-14 avril 1994 | ||
| 24-26 avril 1994 | ||
| 28-29 mai 1994 |