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Conseil
de sécurité
1. Le présent document est le cinquième
rapport présenté conformément au paragraphe 8 de la
résolution 715 (1991) adoptée le 11 octobre 1991 par le Conseil
de sécurité, dans laquelle celui-ci a prié le Secrétaire
général de lui présenter un rapport tous les six mois
sur l'application du plan de contrôle et de vérification continus
de l'exécution par l'Iraq des dispositions des parties pertinentes
de la section C de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité.
Il s'agit d'une mise à jour des renseignements donnés dans
les quatre premiers rapports (S/23801, S/24661, S/25620 et S/26684).
2. Des renseignements complémentaires sur l'évolution
de la situation concernant l'application du plan figurent dans les rapports
au Conseil de sécurité sur les pourparlers de haut niveau
entre la Commission spéciale des Nations Unies (CSNU) et l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'une part, et le Gouvernement
iraquien d'autre part (S/26825 et Corr.1 et S/1994/341). La pièce
jointe au document S/1994/341 donne un aperçu des activités
de contrôle et de vérification continus que la Commission
spéciale se propose d'entreprendre pour s'assurer que l'Iraq s'acquitte
bien des obligations qui lui sont faites de ne pas acquérir les
armes prohibées visées à la section C de la résolution
687 (1991). On trouvera dans le document S/1994/151 le texte d'une déclaration
commune publiée par le Vice-Premier Ministre iraquien et le Président
exécutif de la Commission spéciale, à l'issue des
pourparlers de haut niveau tenus à Bagdad en février 1994.
3. Il convient de signaler en particulier que durant la
période considérée l'Iraq a officiellement accepté
les termes de la résolution 715 (1991) du Conseil de sécurité
dans une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité
par le Ministre des affaires étrangères, M. Tariq Aziz (S/26811,
annexe). Cette décision a été prise à l'issue
d'une série de pourparlers de haut niveau qui ont eu lieu à
New York entre la Commission spéciale et l'AIEA d'une part et le
Gouvernement iraquien d'autre part, dont on trouvera le compte rendu dans
le document S/26825 et Corr.1.
4. À cette époque, l'Iraq avait fait confirmé
que ses déclarations antérieures concernant les installations
à double capacité dont il disposait devaient être considérées
comme ayant été faites ou présentées en application
de la résolution 715 (1991) du Conseil de sécurité
et des plans approuvés par ladite résolution. La Commission
avait répondu à l'Iraq que ses déclarations antérieures
étaient incomplètes et ne pouvaient être considérées
comme les déclarations initiales qu'il était tenu d'établir
en vertu des plans, pas plus qu'elles ne constituaient une base satisfaisante
pour la mise en place d'un système efficace de contrôle et
de vérification continus.
5. Pour aider l'Iraq à formuler des déclarations
recevables, la Commission a établi des modèles auxquels il
convenait de se conformer. Le premier de ces modèles concernant
les missiles balistiques et les armes chimiques a été fourni
à l'Iraq fin décembre 1993. C'est à Bagdad que la
Commission a reçu les premières déclarations de l'Iraq
le 16 janvier 1994. Ces nouvelles déclarations constituent certes
un progrès notable par rapport aux précédentes, mais
elles sont encore incomplètes, en particulier celles qui concernent
les installations chimiques. Dans certains cas, non seulement l'Iraq n'a
pas répondu aux questions figurant sur les modèles mais a
délibérément remanié ceux-ci afin d'éluder
les questions.
6. Outre ses efforts pour recueillir des renseignements
complets sur les installations à double capacité dont l'Iraq
dispose actuellement, la Commission a essayé d'obtenir un compte
rendu détaillé des programmes iraquiens interdits aux termes
de la section C de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité.
Ce n'est qu'en possession de renseignements complets sur ces programmes
et sur les installations à double capacité que la Commission
sera en mesure de formuler et d'appliquer un régime efficace de
contrôle et de vérification continus.
7. Ici les efforts se sont concentrés sur les renseignements
concernant la fourniture de précurseurs chimiques, la capacité
de production et d'utilisation d'agents chimiques, les dépenses
afférentes aux missiles dérivés des missiles SCUD
et les fournisseurs d'éléments nécessaires à
la production de missiles. Les entretiens portant sur les activités
chimiques ont eu lieu dans le cadre des pourparlers de haut niveau tenus
à Bagdad en février 1994 et à New York en novembre
1993 et en mars 1994. Les questions relatives aux missiles balistiques
ont également été examinées au cours des entretiens
de New York. Le rapport de ces pourparlers figure dans le document S/26825
et Corr.1 ainsi que dans la pièce jointe au document S/1994/341.
En l'absence de documentation qui pourrait l'aider à la vérification
des dernières données fournies sur le programme chimique,
la Commission envisage d'envoyer en Iraq en mai 1994 une équipe
d'experts pour interroger le personnel spécialisé qui avait
précédemment participé aux programmes.
8. Les modalités selon lesquelles la Commission
envisage de procéder au contrôle et à la vérification
continus sont indiquées dans le plan approuvé par la résolution
715 (1991) du Conseil de sécurité (S/22871/Rev.1).
9. Outre les dispositions qui précèdent,
prises pour tenter d'obtenir de nouveaux renseignements, la Commission
a poursuivi son évaluation des capacités iraquiennes en ce
qui concerne les sites, les activités, les équipements et
le matériel devant être inspectés en vertu du plan
de contrôle et de vérification continus. La conception et
la définition des moyens à employer pour ces opérations
de contrôle sont déjà bien avancées. On a tiré
parti de données d'expérience internationales échangées
au cours de séminaires thématiques tenus au siège
de la Commission. On a procédé à des essais sur certaines
techniques de marquage et de détection qui devront être appliquées
aux opérations de contrôle et de vérification continus.
Plusieurs inspections principalement axées sur le système
de contrôle et de vérification continus sont déjà
en cours ou terminées. On trouvera à l'annexe I du présent
rapport des détails sur les activités entreprises.
10. Les prochaines opérations de contrôle
et de vérification continus se dérouleront conformément
aux plans déjà indiqués dans la pièce jointe
au document S/1994/341 et compte tenu des précisions ci-après
:
a) L'équipe chargée d'établir un
protocole sur les missiles balistiques a prévu de commencer ses
travaux le 30 mars 1994. Elle se trouve actuellement en Iraq et ses activités
progressent normalement avec une coopération satisfaisante de la
part de l'Iraq;
b) Les détecteurs de substances chimiques dont
il est question au paragraphe 8 de la pièce jointe ont été
installés avec l'aide de l'Iraq et on en évalue l'efficacité;
c) L'équipe chargée d'établir le
protocole des aspects biologiques commencera sa mission à Bagdad
le 8 avril 1994;
d) Une équipe chargée d'évaluer les
plans concernant la création d'un centre de contrôle à
Bagdad est arrivée dans la capitale iraquienne le 10 avril 1994.
11. Au paragraphe 7 de la résolution 715 (1991),
la Commission spéciale est priée, en coopération avec
le Comité du Conseil de sécurité créé
par la résolution 661 (1990), et le Directeur général
de l'AIEA "de collaborer à la mise au point d'un mécanisme
qui permette de contrôler à l'avenir toute vente ou fourniture
à l'Iraq par d'autres pays d'articles relevant de l'application
de la section C de la résolution 687 (1991) et d'autres résolutions
pertinentes, y compris les plans approuvés au titre de celles-ci".
La Commission et l'AIEA ont établi un document directif dans lequel
elles ont présenté les grandes lignes d'un mécanisme
qui, à leur avis, répondrait aux critères énoncés
dans la résolution 715 (1991). La Commission et l'AIEA envisagent
de présenter officiellement ce document au Comité du Conseil
de sécurité créé par la résolution 661
(1990) d'ici la fin du mois d'avril 1994. Les trois organes présenteront
ensuite leurs recommandations communes au Conseil de sécurité
pour examen.
Perspectives d'avenir
12. Comme indiqué dans la pièce jointe au
document S/1994/341, la Commission spéciale mobilise ses ressources
et celles des gouvernements qui l'appuient pour faire en sorte qu'un système
efficace de contrôle et de vérification continus soit mis
en place le plus tôt possible. Toutefois, pour ce faire, la Commission
doit pouvoir compter sur les autres parties et principalement sur l'Iraq
lui-même. Si les autorités iraquiennes ne fournissent pas
les informations pertinentes et n'entreprennent pas les nombreuses activités
qui leur sont demandées pour mettre en place le système,
il est impossible d'assurer l'application efficace du plan.
13. À plusieurs reprises, et notamment dans la
déclaration commune (S/1994/151) publiée à l'issue
des pourparlers de haut niveau tenus à Bagdad en février
1994, l'Iraq a affirmé son intention de coopérer afin d'accélérer
le processus de mise en oeuvre du contrôle et de la vérification
continus pour que la Commission et l'AIEA puissent déclarer que
l'Iraq a bien pris toutes les mesures visées au paragraphe 22 de
la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité. La
Commission espère que tel sera le cas. Toutefois, au cours de la
dernière série de pourparlers de haut niveau qui se sont
déroulés à New York en mars 1994 entre la Commission
et l'Iraq, consignés dans le document S/1994/341, l'Iraq a mis en
doute l'objectivité de la Commission et laissé entendre que,
si la Commission n'établissait pas immédiatement les rapports
visés au paragraphe 22 de la résolution 687 (1991), la coopération
pourrait cesser.
14. Compte tenu de ces déclarations, la Commission
a exprimé sa profonde préoccupation à l'occasion d'un
incident au cours duquel la foule a lancé des pierres sur l'un de
ses hélicoptères à bord duquel on était en
train de monter des soldats blessés appartenant au contingent des
gardes de l'ONU, que l'on évacuait pour des raisons médicales.
On trouvera un compte rendu détaillé de cet incident à
l'annexe II du présent rapport.
15. Cet incident a réellement mis en danger l'appareil
et l'équipage. En vertu des obligations qui lui incombent dans le
cadre des opérations des Nations Unies en Iraq et notamment en vertu
des arrangements relatifs au statut de la Commission spéciale, défini
dans par la résolution 707 (1991) et des plans de contrôle
et de vérification continus approuvés par la résolution
715 (1991), l'Iraq est tenu d'assurer la sécurité du personnel
et des biens de la Commission spéciale. La Commission a vivement
protesté auprès des autorités iraquiennes tant à
Bagdad qu'à New York contre le fait que dans ce cas particulier
l'Iraq n'avait pas pris de mesures pour assurer la sécurité
nécessaire.
16. Dans sa réponse, le Gouvernement iraquien a fermement démenti avoir été mêlé à cette attaque et a rejeté la responsabilité sur la Commission, prétendant que celle-ci avait au dernier moment choisi un autre point d'atterrissage. La
Commission a noté toutefois que l'Iraq l'avait
priée de ne pas considérer cet incident comme politiquement
motivé, lui donnant l'assurance que cela ne se reproduirait plus.
1. L'acceptation par l'Iraq d'assumer les obligations
qui lui incombaient en vertu de la résolution 715 (1991) du Conseil
de sécurité a conduit à entreprendre un gros travail
de mise en place d'un mécanisme de contrôle des activités
missilières et des capacités à double usage de l'Iraq,
conformément au plan de contrôle et de vérification
continus des activités autres que nucléaires (S/22871/Rev.1).
On a notamment procédé à un certain nombre d'inspections,
évalué les déclarations soumises par l'Iraq en vertu
du plan, identifié des agents de coordination des activités
de contrôle ainsi que les techniques de contrôle appropriées,
notamment leur essai sur le terrain, préparé les projets
de protocole relatifs au contrôle et à la vérification
continus, et rencontré la partie iraquienne en vue de discussions
approfondies sur les questions liées au contrôle, notamment
dans le cadre des séries de pourparlers de haut niveau tenus tant
à New York qu'à Bagdad. Parallèlement, la Commission
spéciale a poursuivi l'enquête concernant les anciens programmes
missiliers interdits de l'Iraq et le respect par l'Iraq de la résolution
687 (1991).
2. La 66e équipe de la CSNU a effectué une
inspection en Iraq entre les 21 et 29 janvier 1994. Étant donné
que l'Iraq avait accepté la résolution 715 (1991), l'équipe
était chargée de s'acquitter des tâches suivantes :
a) Actualiser les données recueillies par les équipes
d'inspection précédentes sur le programme de recherche-développement
missilière de l'Iraq;
b) Examiner les questions soulevées par les renseignements
communiqués par l'Iraq sur les installations à surveiller
en vertu du plan de contrôle et de vérification continus dans
le domaine des missiles, approuvé par le Conseil de sécurité
dans sa résolution 715 (1991);
c) Entreprendre une enquête préliminaire
en vue de l'emploi éventuel des détecteurs et techniques
de contrôle appropriées.
3. La 66e équipe s'est rendue dans plusieurs installations
de recherche-développement et de fabrication à surveiller
en vertu du plan de contrôle et de vérification continus.
L'Iraq lui a fourni une mise à jour détaillée de ses
programmes missiliers actuels concernant les missiles surface-surface d'une
portée supérieure à 50 kilomètres.
4. L'équipe a accompli un gros travail lié
aux obligations incombant à l'Iraq en matière de communication
de renseignements en vertu du plan de contrôle et de vérification
continus. Elle a notamment eu des entretiens concernant les renseignements
fournis par l'Iraq sur les installations à surveiller, examiné
les déclarations soumises par l'Iraq en janvier 1994 conformément
au plan de contrôle et de vérification continus, et procédé
à des enquêtes sur place concernant les questions en jeu.
Elle a établi à cet égard un projet de formule type
à utiliser par l'Iraq pour communiquer des renseignements sur les
installations de recherche-développement et de fabrication de missiles
qui relèveraient du régime de surveillance le plus poussé.
Pendant et peu après l'inspection, l'Iraq a présenté
à la Commission spéciale des rapports qu'il avait établis
conformément à la formule type pour toutes les installations
visées. À la suite de la mission de la 66e équipe,
l'Iraq a également apporté des corrections aux déclarations
qu'il avait présentées en janvier en vertu du plan de contrôle
et de vérification continus dans le domaine des missiles.
5. L'équipe a entrepris une enquête des sites
où il pourrait s'avérer opportun, à des fins de surveillance,
d'installer des détecteurs et de mettre en oeuvre d'autres techniques.
Cette enquête portait sur le contrôle des stocks de matériel
pouvant servir à un double usage, le non-enlèvement de matériel
d'installations déclarées et la surveillance des activités
se déroulant dans les installations. Toute une gamme de détecteurs
et d'appareils enregistreurs pourrait être largement utilisée
aux fins de surveillance en vertu du plan de contrôle et de vérification
continus
6. La 69e équipe de la CSNU s'est rendue en Iraq
entre les 17 et 25 février afin de s'acquitter des tâches
suivantes :
a) Évaluer les capacités industrielles de
l'Iraq en matière de missiles à double usage, qui pourraient
être exploitées pour appuyer la fabrication de missiles;
b) Poursuivre l'élaboration de la base de données
sur les machines-outils et le matériel que l'Iraq pourrait utiliser
pour fabriquer des missiles;
c) Évaluer les possibilités d'installation
de détecteurs et de mise en oeuvre d'autres techniques afin de surveiller
les activités missilières.
7. L'équipe s'est rendue dans 15 installations
iraquiennes, a identifié plusieurs agents de coordination de la
surveillance des activités menées sur ces sites et a réalisé
une enquête en vue de l'utilisation de détecteurs. La base
de données sur les machines-outils construite par la précédente
mission d'inspection (CSNU 57) a été actualisée, de
nouvelles machines ont été enregistrées et certains
éléments ont été marqués.
8. Les résultats de la 69e mission ont fourni à
la Commission les données de base nécessaires pour définir
de façon plus précise un ensemble d'installations à
surveiller en vertu du plan de contrôle et de vérification
continus.
9. Les résultats des 66e et 69e missions ont servi
à organiser la 71e, qui était chargée de préparer
les projets de protocole concernant les installations dont la Commission
avait d'ores et déjà déterminé qu'elles devaient
être soumises à un contrôle et à une vérification
continus. Un protocole de contrôle et de vérification énoncerait
des modalités détaillées de contrôle des activités,
celui-ci mettant en oeuvre différents moyens sur les sites iraquiens
visés par le plan de contrôle et de vérification continus.
Par ailleurs, il présenterait sous une forme systématique
toutes les informations disponibles sur un site donné afin de maximiser
l'efficacité du contrôle et de la vérification. Une
fois établi, le protocole concernant un site donné serait
mis à jour sur la base des résultats des activités
de contrôle et de vérification menées sur le site en
question.
10. La 71e équipe a commencé à travailler
en Iraq le 30 mars. Elle poursuivra ses travaux en organisant une série
de séjours en Iraq qui se succéderont jusqu'à ce qu'elle
ait accompli l'intégralité de sa mission. On prévoit
que celle-ci durera au moins deux mois.
11. Au moment où le présent document a été
établi, la 71e équipe avait achevé sa première
série d'activités en Iraq. À cette occasion, elle
s'est rendue dans neuf installations auxquelles il conviendrait d'appliquer
des régimes de contrôle différents suivant la nature
des activités qui y sont menées. Par ailleurs, l'équipe
a vérifié les déclarations et rapports présentés
sur place par l'Iraq aux fins de l'établissement des protocoles
de contrôle et de vérification concernant les installations
où l'équipe s'est rendue. Celle-ci travaille actuellement
aux projets de protocole concernant ces installations. Elle retournera
en Iraq le 18 avril pour entamer la deuxième série de ses
activités d'inspection. Au total, elle se rendra dans plus de 30
sites.
12. À l'appui des efforts qu'elle déployait
pour mettre en place un mécanisme de contrôle et de vérification
continus, la Commission a organisé plusieurs rencontres avec des
experts internationaux, au cours desquelles ont été abordées
des questions touchant l'évaluation des déclarations de l'Iraq,
l'identification des agents de coordination du contrôle des activités
missilières et les techniques de contrôle appropriées,
en particulier les détecteurs, ce afin d'organiser un contrôle
efficace. Ces rencontres ont également été l'occasion
d'examiner la question des listes de matériel à double usage,
des techniques et de divers éléments pouvant servir à
mettre au point, fabriquer, modifier ou acquérir des missiles balistiques
d'une portée supérieure à 150 kilomètres.
13. La Commission a continué d'examiner les questions
non réglées relatives au programme missilier antérieur,
interdit par la résolution 687 (1991). Ce travail d'examen est indispensable
pour constituer des données de base solides et vérifiées
aux fins du contrôle continu visé par la résolution
715 (1991). En particulier, la Commission disposera ainsi d'un tableau
complet et détaillé des compétences et du savoir-faire
que l'Iraq a acquis dans le domaine des missiles dans le cadre de ses activités
antérieures.
14. Les questions relatives aux programmes interdits en
vertu de la section C de la résolution 687 (1991) ont été
examinées sans discontinuer avec l'Iraq, en particulier pendant
les séries de pourparlers de haut niveau qui ont eu lieu en novembre
1993 et mars 1994 à New York. L'Iraq a fourni des détails
supplémentaires sur l'acquisition à l'étranger d'éléments
critiques de missiles balistiques et sur les dépenses engagées
pour des missiles balistiques d'une portée supérieure à
150 kilomètres.
15. La Commission a redemandé à l'Iraq de
produire les documents originaux à l'appui de ses déclarations
sur ses programmes missiliers antérieurs interdits. Pendant le séjour
que le Président exécutif de la Commission spéciale
a fait à Bagdad en février, l'Iraq a fini par accepter de
remettre à la Commission la documentation relative aux dépenses
engagées pour des missiles interdits. Couvrant la période
comprise en 1977 et décembre 1990, cette documentation porte sur
près des trois quarts des missiles visés par la résolution
687 (1991) et déclarés par l'Iraq. Actuellement, la Commission
conduit une enquête approfondie sur ces documents et les informations
qu'ils contiennent. Les résultats de cette enquête seront
essentiels pour que la Commission puisse faire rapport au Conseil de sécurité
conformément au paragraphe 22 de la résolution 687 (1991).
16. Parallèlement aux diverses séries d'entretiens
politiques de haut niveau, les experts de la CSNU ont eu trois réunions
techniques avec l'Iraq sur les questions relatives aux armes chimiques.
17. Au cours de la réunion tenue à New York
en novembre 1993, l'Iraq a souligné qu'il avait essayé de
se conformer à tous les critères fixés par la Commission
en matière de fourniture d'informations. Cependant, l'Iraq a accepté
de s'efforcer de répondre à toute question qui pourrait se
poser au cours des activités de vérification de la Commission.
Celle-ci, pour sa part, a informé l'Iraq qu'elle considérait
comme crédibles les informations communiquées au cours des
entretiens tenus à Bagdad en octobre 1993 au sujet du programme
d'armes chimiques qu'avait eu l'Iraq dans le passé. Mais en l'absence
de documentation, une vérification indépendante de ces données
restait difficile. La Commission a proposé que l'Iraq, afin de résoudre
en partie ce problème, convie les fonctionnaires ayant participé
au programme d'armes chimiques à des séminaires visant à
raviver leur mémoire collective pour qu'ils puissent se souvenir
de détails susceptibles de faciliter une vérification indépendante.
La question du matériel et des produits chimiques qui se trouvent
toujours dans l'établissement d'État de Muthanna a également
été examinée. Il a été convenu que la
Commission devrait dépêcher à Bagdad en janvier 1994
une mission chargée de marquer ce matériel afin d'en établir
un inventaire aux fins de remise en service ou d'élimination. D'autres
discussions ont été consacrées à la réutilisation
ou à la destruction des produits chimiques restant au site.
18. Au cours de la réunion tenue à Bagdad
en février 1994, l'Iraq a informé la Commission des résultats
du séminaire rassemblant de hauts fonctionnaires iraquiens qui avaient
participé au programme d'armes chimiques. Des informations supplémentaires
sur les questions pendantes, par exemple le programme de recherche-développement
et les importations de précurseurs chimiques, ont été
fournies.
19. Au cours de la réunion tenue à New York
en mars 1994, la Commission a demandé à l'Iraq des renseignements
complémentaires afin de combler des lacunes dans les renseignements
donnés précédemment. En réponse, l'Iraq a communiqué
les résultats d'un autre séminaire qu'il avait convoqué
rassemblant cette fois d'anciens fonctionnaires à la retraite. Il
a ainsi été possible d'établir notamment une ventilation
des quantités de précurseurs chimiques importés, par
année et par contrat. en outre, l'Iraq a pu produire, sur une base
annuelle, une corrélation entre les quantités d'agents produites,
les précurseurs chimiques disponibles, les agents stockés
et consommés et la capacité de production chimique disponible.
L'Iraq a également fourni une vue d'ensemble de tous les aspects
de son programme de recherche-développement en matière d'armes
chimiques, y compris les calendriers d'exécution.
20. Les renseignements supplémentaires obtenus
au cours de ces réunions ont été essentiels pour les
efforts déployés par la Commission en vue d'obtenir un tableau
aussi complet que possible du programme iraquien d'armes chimiques. Ainsi,
en octobre 1993, l'Iraq a déclaré 13 221 tonnes de précurseurs
chimiques importés dont on pouvait retrouver la trace; en février
1994, 15 037 tonnes; en mars 1994, 17 657 tonnes. Les quantités
déclarées d'agents fabriquées sont cependant restées
inchangées : 4 430,5 tonnes.
21. Le tableau créé par ces renseignements
supplémentaires est plus cohérent sur le plan interne que
les descriptions précédentes de l'Iraq. L'ordre de grandeur
des chiffres déclarés reste crédible. Toutefois, en
l'absence de pièces justificatives, la question d'une vérification
indépendante continue de se poser. Dans ce cadre, la Commission
projette d'interroger en avril 1994 le personnel ayant participé
aux séminaires de "remémoration des données" organisés
par l'Iraq.
22. En décembre 1993, la Commission a fourni à
l'Iraq des modèles de déclaration initiale, qu'il doit remettre
dans le cadre du plan de contrôle et de vérification continus,
des installations chimiques à double usage. Le 16 janvier 1994,
l'Iraq a remis au bureau de la Commission à Bagdad des modèles
partiellement remplis. Au cours des réunions ultérieures
des deux parties, l'Iraq a été informé par la Commission
de l'insuffisance des informations fournies et de ce qu'il convenait qu'il
fasse pour remplir les conditions énoncées par la Commission.
Il a été dit à l'Iraq que des déclarations
initiales complètes étaient l'une des principales conditions
préalables à la procédure d'élaboration du
protocole, et donc au lancement de l'opération de contrôle
et de vérification continus.
23. Dans la période allant du 1er au 11 février
1994, la CSNU 67/CW 13 a inventorié et marqué environ 240
pièces de matériel de production chimique à double
usage. Ce matériel avait été acheté dans le
cadre du programme de guerre chimique de l'Iraq. Le 14 mars 1994, l'Iraq
a été informé que 44 pièces qui avaient été
utilisées pour la fabrication d'agents et de précurseurs
chimiques devaient être détruites. Des descriptions détaillées
de ces articles ont été données à l'Iraq. En
outre, l'Iraq a été prié de fournir avant le 30 avril
1994 une description détaillée de l'utilisation autorisée
qu'il se proposait de faire du matériel estampillé restant
pour qu'une décision définitive soit prise à son sujet.
Les articles non détruits seraient ensuite soumis au contrôle
et à la vérification continus.
24. Au cours de la CSNU 67/CW 13, une équipe s'est
également rendue dans l'installation Ibn al Baytar afin d'établir
un protocole de contrôle et de vérification pour ce site.
L'objectif était de chercher à savoir si le modèle
général des protocoles de contrôle et de vérification
élaboré au siège de la Commission à New York
était en fait applicable en pratique aux installations chimiques
à double usage.
25. Dans la période allant du 20 au 26 mars 1994,
la CSNU 70/CW 14 a installé quatre échantillonneurs d'air
au site de Muthanna. Ces appareils sont conçus pour déterminer
les types et doses de substances chimiques présentes dans l'atmosphère
à ce site. L'équipe a également utilisé des
appareils portables qui ont permis de faire des prélèvements
supplémentaires afin d'étudier de manière encore plus
approfondie la composition de l'air à Muthanna. Ces échantillonneurs
ont été disposés de manière à pouvoir
étudier la qualité de l'air sur le site quelle que soit la
direction des vents. Une équipe iraquienne d'entretien et de construction
a érigé les poteaux sur lesquels sont montés ces appareils.
Ces derniers ont été programmés pour pouvoir prélever
des échantillons d'air 24 heures sur 24, à intervalles irréguliers,
sur une période de 30 jours. Les éprouvettes d'échantillons
doivent être enlevées et remplacées par de nouvelles
éprouvettes tous les 30 jours et envoyées au laboratoire
pour analyse. Le mécanisme d'échantillonnage est contrôlé
par micro-ordinateur et actionné par une batterie solaire. Une station
météorologique contrôlée par micro-ordinateur
est montée sur l'un des échantillonneurs de manière
à enregistrer d'heure en heure la direction des vents, leur vitesse,
la température et le degré d'humidité. Ces données
météorologiques seront transférées à
chaque changement d'éprouvettes et deviendront partie intégrante
de l'enregistrement permanent du jeu d'échantillons.
26. La première série d'inspections biologiques
a commencé avec l'arrivée en Iraq, le 8 avril 1994, de la
quatrième équipe d'inspection, qui doit mener ses activités
pendant trois semaines. Son but principal est de vérifier les déclarations
soumises par l'Iraq en janvier 1994, conformément au plan approuvé
par le Conseil de sécurité dans sa résolution 715
(1991) en vue de la vérification et du contrôle continus du
respect par l'Iraq de ses obligations, s'agissant de ne pas racheter les
articles interdits par la résolution 687 (1991). Cette inspection
avait également pour but d'évaluer les travaux effectués
dans les installations biologiques déclarées par l'Iraq (dont
beaucoup n'avaient jamais été inspectées par la Commission
spéciale) et le matériel qui s'y trouve, de dresser l'inventaire
du matériel, qui sera étiqueté ultérieurement
et de préparer un modèle pour les rapports périodiques
que l'Iraq présentera en vertu du plan de contrôle et de vérification.
27. Les discussions, entamées en octobre 1993,
au sujet de la présentation des rapports à soumettre en vertu
du plan se sont poursuivies en novembre. Il s'agissait de fournir au Gouvernement
iraquien un cadre qui, grâce à des questions appelant des
réponses courtes (oui/non ou choix multiple), faciliterait l'établissement
des rapports.
28. L'Iraq ayant soumis ses déclarations en janvier
1994, des entretiens de haut niveau se sont déroulés avec
des responsables iraquiens en février et mars. Ils étaient
axés sur les renseignements que l'Iraq devait fournir pour permettre
un contrôle efficace et rationnel dans le domaine biologique. À
l'issue de ces entretiens, l'Iraq a présenté les déclarations
requises en vertu du plan sous une nouvelle forme permettant de déterminer
si les renseignements sont clairs et complets.
29. En mars 1994, un séminaire d'experts internationaux
avait été organisé à New York, en préparation
des inspections ayant pour but l'établissement de données
de base dans le domaine biologique. Il est prévu de tenir d'autres
séminaires pour examiner les programmes déjà exécutés,
les déclarations présentées par l'Iraq en application
du plan de contrôle et vérification continus ayant trait aux
armes biologiques, les détecteurs et autres techniques de contrôle,
les modalités de contrôle et la formation à donner
aux inspecteurs.
30. On s'efforce actuellement d'établir des protocoles
pour chaque site biologique. Les données concernant l'implantation
géographique ont été rassemblées ou le seront
au cours de la première inspection, prévue pour avril 1994.
Les autres données seront réunies tout au long du processus
initial. Un projet de modèle pour les renseignements que l'Iraq
doit communiquer en vertu du protocole sera mis au point pendant l'inspection
en avril 1994.
31. Au cours de l'inspection du mois d'avril, on procédera
à une étude de faisabilité du contrôle par caméra.
On poursuivra des efforts dans ce domaine dans le cadre de séminaires
pendant le mois qui vient. Des techniques d'étiquetage ont déjà
été définies et elles sont jugées appropriées
pour le matériel biotechnologique.
32. Les activités menées dans le domaine
nucléaire depuis le 10 octobre 1993 sont décrites dans le
rapport de l'AIEA (S/1994/490, appendice). Étant tenue de désigner
des sites, notamment dans le domaine nucléaire, la Commission spéciale
a procédé à un levé en rayons gamma pendant
la période considérée.
33. Le deuxième levé aérien en rayons
gamma a été effectué du 2 au 15 décembre 1993.
Six sites ont fait l'objet de levés. Des spectres gamma détaillés
ont été obtenus pour des sites d'élimination de déchets
radioactifs à Tuwaitha ainsi qu'à deux emplacements à
Al Atheer. Des levés gamma ont aussi été effectués
à Rashdiya, à Al Hadre, en un site près de Tikrit,
et à l'établissement d'État Al Din (SAAD-13). L'analyse
des données se poursuit encore mais d'après les premières
indications, ce procédé permet d'examiner rapidement des
zones relativement étendues et de déterminer précisément
les sites appelant une enquête plus détaillée. La mise
au point du procédé se poursuit et on apporte des modifications
qui sont de toute évidence des améliorations.
34. Au cours de la période considérée, la Commission a poursuivi ses inspections aériennes, à l'aide aussi bien d'hélicoptères que de l'avion de surveillance à haute altitude (U-2). Ce dernier fait maintenant un ou deux vols par semaine, ce qui représente 201 missions au total depuis qu'il est utilisé à l'appui des opérations de la Commission. Les hélicoptères de la Commission ont maintenant effectué 273 missions, survolant environ 395 sites. L'équipe d'inspection aérienne effectue actuellement trois à quatre missions par semaine.
1. Un hélicoptère de la Commission spéciale,
qui effectuait, à la demande du contingent des gardes de l'ONU en
Iraq, une mission humanitaire d'évacuation de deux soldats de l'ONU
blessés dans une embuscade dans le nord de l'Iraq, a été
attaqué à coup de pierres par une foule massée là
où il s'est posé pour embarquer les blessés.
2. Pour cette opération, la Commission avait suivi
les procédures habituelles, informant les autorités iraquiennes
d'abord oralement puis, à 11 heures le jour de la mission, par écrit
du plan de vol et du site d'atterrissage retenu (un terrain de jeux à
proximité de l'hôpital Mosul Saddam). L'Iraq avait officiellement
donné son accord à ces plans(1).
3. Lorsqu'il s'est posé à l'hôpital
à 16 heures, l'hélicoptère a été entouré
d'une foule et quand l'ambulance est arrivée avec les deux gardes,
la foule a essayé de l'empêcher d'arriver à l'hélicoptère
et a commencé à lancer des pierres. Quelques-uns seulement
des militaires iraquiens qui se trouvaient là ont tenté d'intervenir,
inefficacement.
4. Une fois les blessés embarqués, les soldats
iraquiens n'ont plus cherché à maîtriser la foule,
qui a bombardé l'hélicoptère de pierres. Les six lames
du rotor ont été endommagées et les pierres qui sont
entrées dans les arrivées d'air ont abîmé les
paliers du moteur et la turbine. Les fenêtres et le fuselage ont
également subi des dommages. L'hélicoptère a donc
été immobilisé pendant trois semaines pour les réparations,
qui ont coûté environ 1,5 million de dollars.
5. Le pilote de l'hélicoptère a décidé
que, malgré les dommages subis, le décollage immédiat
était le moyen le plus sûr de protéger la vie des membres
de l'équipage et des passagers et d'échapper à une
situation dangereuse.
1. Contrairement au communiqué de presse iraquien daté du 29 mars 1994, il n'y a pas eu de changement de dernière minute dans le plan de vol ou le site d'atterrissage. De fait, à Mosul, les Iraquiens avaient aidé à préparer le lieu d'atterrissage à 11 h 30 et Bagdad avait reçu par écrit un plan de vol donnant l'itinéraire et le site d'atterrissage.