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Conseil
de sécurité
Le Secrétaire général a l'honneur
de transmettre au Conseil de sécurité le rapport ci-joint,
présenté par le Président exécutif de la Commission
spéciale constituée conformément au paragraphe 9 b)
i) de la résolution 687 (1991) du Conseil.
Huitième rapport du Président exécutif
de la Commission spéciale constituée par le Secrétaire
général en application du paragraphe 9 b) i) de la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité
1. Le présent rapport est le huitième que
le Président exécutif de la Commission spéciale constituée
par le Secrétaire général en application du paragraphe
9 b) i) de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité
présente à ce dernier au sujet des activités de la
Commission. C'est aussi le septième à être soumis en
application du paragraphe 3 de la résolution 699 (1991) du Conseil
de sécurité. Il porte sur la période du 10 juin au
9 décembre 1994 et fait suite aux rapports publiés sous les
cotes S/23165, S/23268, S/24108 et Corr.1, S/24984, S/25977, S/26910 et
S/1994/750.
2. Comme il est indiqué dans le rapport S/1994/1138
et Corr.1, établi au titre de la résolution 715 (1991) du
Conseil, durant le semestre mai-octobre 1994, la Commission a affecté
la plus grande partie de ses ressources à la mise en place du système
de contrôle et de vérification continus. Depuis l'établissement
de ce rapport, la Commission a été forcée de réaffecter
une part accrue de ses ressources à des activités visant
à régler des questions en suspens concernant les anciens
programmes et à la mise en place du mécanisme de contrôle
des exportations et importations prescrit au paragraphe 7 de la résolution
715 (1991) du Conseil de sécurité. Cela dit, une grande partie
des faits nouveaux relatés dans le présent rapport a déjà
été traitée dans le rapport d'octobre. Les deux rapports
recoupent donc à bien des égards.
3. Les travaux de la Commission ont beaucoup avancé
durant la période considérée. Le système de
contrôle et de vérification continus est passé de l'état
embryonnaire au stade de la mise en route provisoire et la Commission est
en train d'en tester l'efficacité. Dans le domaine des armes biologiques,
les opérations de contrôle préliminaires ont commencé
en décembre 1994. En outre, la Commission a approfondi sa connaissance
des anciens programmes et poursuivi la mise en place du mécanisme
de contrôle des exportations et importations d'articles à
double fin prévu par les plans de contrôle et de vérification
continus. Le dialogue politique entre la Commission et l'Iraq s'est poursuivi;
des entretiens de haut niveau, d'ordre général et technique,
se sont tenus à New York en juillet, septembre, octobre et novembre
1994 et à Bagdad en juillet, octobre et novembre de la même
année.
4. Durant cette période, les activités de
la Commission ont été concentrées sur la mise en place
du système de contrôle et de vérification continus.
À cet effet, il fallut recueillir et analyser des données
sur les capacités à double fin de l'Iraq, établir
des protocoles de contrôle et de vérification pour chacun
des sites à surveiller, répertorier et marquer les articles
à double usage identifiés, installer des capteurs, construire
le Centre de contrôle et de vérification continus de Bagdad
et le réseau de communications avec les capteurs télécommandés
et faire venir en Iraq les groupes de contrôleurs résidents
appelés à travailler au Centre.
5. Parallèlement à cette activité
centrale de mise en place du système de contrôle et de vérification
continus, la Commission a donné suite à l'accord conclu avec
l'Iraq en octobre 1993 en vue de régler les questions en suspens
liées aux anciens programmes désormais interdits. À
cet effet, elle a eu de nouvelles discussions avec les autorités
iraquiennes et des entretiens avec du personnel iraquien, obtenu de l'Iraq
quelques documents supplémentaires et fait de nouvelles inspections.
En outre, elle a considérablement intensifié ses relations
avec les pays donneurs d'aide et les pays fournisseurs dans le but de corroborer,
en l'absence de pièces justificatives directes provenant d'Iraq
même, la comptabilité fournie par l'Iraq en ce qui concerne
ses importations destinées aux anciens programmes. L'analyse des
données que la Commission a pu obtenir de toutes ces sources a indiqué
de nouveaux axes d'enquête qu'il conviendrait d'explorer pour obtenir
des confirmations indépendantes. Dans de nombreux cas, les nouveaux
renseignements obtenus par la Commission contredisaient la comptabilité
fournie par l'Iraq. La Commission a besoin de données détaillées,
complètes et exactes sur les importations antérieures d'articles
interdits et d'articles à double usage pour faire un bilan complet
et exact des capacités antérieures de l'Iraq dans le domaine
des programmes désormais interdits et pour pouvoir mettre en place
un système global de contrôle et de vérification continus
couvrant toutes les capacités à double fin de l'Iraq.
6. La Commission a aussi consacré des efforts considérables
à un autre aspect de son travail, auquel est subordonnée
la possibilité de satisfaire aux conditions fixées pour la
levée des sanctions, à savoir la conception et la mise en
place du mécanisme de contrôle des exportations et importations
prescrit au paragraphe 7 de la résolution 715 (1991) du Conseil.
Elle a organisé de nouveaux séminaires avec des experts internationaux
en vue de préciser quels seraient les articles visés par
le mécanisme et de créer un système pratique, efficace
et durable.
7. Durant la période considérée,
l'Iraq s'est montré généralement coopératif
avec la Commission en ce qui concerne la mise en place des éléments
matériels du système de contrôle et de vérification
continus. Le personnel intéressé a pu accéder à
tous les sites retenus par la Commission pour inspection. L'Iraq a fourni
une grande aide pour l'installation des capteurs, l'inventaire et le marquage
des articles à double usage, la construction du Centre de contrôle
et de vérification de Bagdad et la mise en place d'un réseau
de communications entre le Centre et les capteurs télécommandés.
8. Toutefois, l'attitude de l'Iraq en ce qui concerne
la fourniture de données et de pièces justificatives est
restée encore très en deçà de son obligation
de divulgation intégrale et concluante de ses anciens programmes
désormais interdits et de ses capacités à double fin
actuelles et récentes assujetties au contrôle et à
la vérification continus. Beaucoup de déclarations iraquiennes
paraissent incomplètes et parfois contradictoires. La Commission
dispose d'éléments montrant directement et indirectement
que l'Iraq continue de ne pas déclarer tous les équipements
et matières acquis en vue de programmes interdits ou pouvant être
utilisés dans ces programmes, et que la description qu'il donne
de certains de ses projets ne reflète pas leur véritable
but ni leur rôle dans le cadre de programmes d'armement interdits.
De façon générale, en ce qui concerne les anciens
programmes, l'Iraq n'a donné aucune information de sa propre initiative
et a eu une attitude très peu transparente, ne fournissant de renseignements
que lorsque la Commission lui montrait qu'elle possédait des preuves.
L'Iraq continue de prétendre, sans convaincre la Commission, qu'il
a détruit toute la documentation relative aux anciens programmes
et qu'il n'existe pas d'autres pièces justificatives. En fait, les
événements des six derniers mois ont renforcé la conviction
de la Commission qu'il existe encore une documentation importante et que
les autorités iraquiennes ont délibérément
décidé de ne pas la communiquer spontanément à
la Commission. En tout état de cause, l'Iraq n'a pas tenu son engagement
de régler toutes les questions en suspens concernant les anciens
programmes, parallèlement à la mise en place du système
de contrôle et de vérification continus. L'importance de cet
engagement a été rappelée à l'Iraq à
chacune des réunions de haut niveau mentionnées plus haut,
de même que la nécessité de fournir de la documentation
et des pièces justificatives.
9. La situation est plus satisfaisante en ce qui concerne
les déclarations requises par le plan de contrôle et de vérification
continus. De façon générale, en dépit de certaines
omissions et contradictions, ces déclarations ont été
suffisantes pour permettre de commencer les opérations de contrôle
et de vérification continus. Cependant, au début de la période
considérée, il y a encore eu des problèmes majeurs
dans le domaine des armes biologiques -- déclarations incomplètes,
déclaration partielle des équipements et matières
à contrôler et non-déclaration de déplacements,
réparations ou modifications d'équipement intervenus entre
les inspections -- si bien qu'il n'a pas été possible d'établir
une base de données fiable permettant de mener les opérations
de contrôle. Cela a évidemment retardé le contrôle
et la vérification continus dans le domaine des armes biologiques.
Toutefois, en novembre 1994, l'Iraq a présenté de nouvelles
déclarations sur les armes biologiques et s'est engagé à
collaborer avec la Commission pour continuer d'améliorer ces déclarations.
Grâce à ces progrès, les opérations de contrôle
ont pu commencer, à titre provisoire, dans le secteur des armes
biologiques.
10. Au début, les retards ont été
dus en partie au fait que les principaux responsables des sites surveillés
n'étaient pas suffisamment informés de la nature des opérations
de contrôle et de vérification continus et des droits de la
Commission concernant la conduite de ces opérations. Cependant,
la situation paraît s'améliorer sensiblement à mesure
que l'Iraq se familiarise avec le système de contrôle et de
vérification continus, ce qui l'amène à mieux comprendre
la nécessité de mettre au courant les principaux responsables
des sites contrôlés.
11. Les obstacles à l'exercice des privilèges
et immunités de la Commission se sont atténués durant
la période considérée : les refus d'admettre que telle
ou telle activité de la Commission relevait effectivement de la
résolution 715 (1991) (c'est-à-dire du mandat de contrôle
et de vérification continus) ont été moins nombreux
et l'on n'a enregistré qu'un petit nombre de tentatives mineures
de restreindre ou de retarder l'accès aux sites ou au personnel
et quelques cas de falsification des marques apposées. Le harcèlement
du personnel de la Commission a quasiment cessé et, même si
l'on a rencontré quelques problèmes mineurs en ce qui concerne
les inspections aériennes, l'Iraq n'a plus essayé d'empêcher
la Commission de prendre les photographies qu'elle a pour instruction d'obtenir.
12. Néanmoins, durant l'automne, les autorités
iraquiennes ont provoqué une crise grave liée à l'application
de la résolution 687 (1991). Le 22 septembre 1994, elles ont commencé
à menacer de bloquer les travaux de la Commission. Le Président
exécutif s'est rendu à Bagdad au début d'octobre 1994
afin d'essayer de régler la situation. Durant les entretiens qu'il
a eus avec le Ministre des affaires étrangères et d'autres
représentants de l'Iraq les 4 et 5 octobre 1994, la partie iraquienne
a opposé une fin de non-recevoir à tous les appels formulés
par le Président afin qu'elle retire ces menaces. À cette
date, les mouvements de troupes iraquiennes en direction du Koweït
avaient déjà commencé.
13. Le 6 octobre 1994, à l'issue d'une réunion
conjointe, le Conseil de commandement de la Révolution et le commandement
iraquien du parti Baath iraquien ont déclaré que si le Conseil
de sécurité ne concluait pas dans un sens favorable à
l'Iraq son examen du rapport semestriel de la Commission sur la mise en
oeuvre du contrôle et de la vérification continus (S/1994/1138
et Corr.1), prévu aux alentours du 10 octobre 1994, l'Iraq pourrait
cesser de coopérer avec la Commission. Le Conseil de sécurité
a condamné cette menace le 8 octobre 1994, sous forme d'une déclaration
faite par le Président au nom du Conseil (S/PRST/1994/58). Le 15
octobre, le Conseil de sécurité a adopté la résolution
949 (1994) dans laquelle il exigeait que l'Iraq "coopère sans réserve
avec la Commission" et retire "toutes les unités militaires récemment
déployées dans le sud de son territoire pour les ramener
à leurs positions d'origine".
14. Il est devenu clair, ultérieurement, que l'Iraq
n'a pas donné suite à ses menaces et, en même temps
que se déroulaient tous les événements liés
aux mouvements de troupes d'octobre 1994, la Commission a pu poursuivre
ses opérations comme à l'accoutumée. Cet épisode
a souligné à quel point il importait de surveiller étroitement
et sans discontinuer les intentions et actions de l'Iraq liées aux
travaux de la Commission. Toute modification de l'attitude de l'Iraq envers
la Commission sera immédiatement signalée au Conseil.
15. Dans le domaine des missiles, la Commission a un tableau
plus complet des anciens programmes de l'Iraq, mais la question de la vérification
n'est toujours pas réglée. Les aspects les plus préoccupants
sont liés à la comptabilité des importations connues
de composants et de matériel de production. Les activités
menées à cet égard ont été axées
sur l'intensification des échanges avec les pays donneurs d'aide
et les pays fournisseurs et sur la poursuite des discussions avec l'Iraq.
Toutefois, à plusieurs reprises, l'Iraq n'a pas déclaré
l'intégralité des faits lorsque telle ou telle question était
soulevée pour la première fois. L'un des exemples les plus
flagrants concerne un radar d'instrumentation de haute précision,
au sujet duquel la Commission avait des preuves incontestables qu'il avait
été importé et utilisé pour les essais de missiles
balistiques interdits. L'Iraq a nié purement et simplement et a
offert de nombreuses explications contradictoires au sujet du but et de
l'emploi de ce radar. Le 14 décembre 1994, la Commission a informé
par écrit l'Iraq qu'elle avait décidé que le radar
devait être détruit, dans les termes suivants :
"Les enquêtes et les opinions de la Commission se
sont fondées sur les informations provenant de sources diverses
et sur les déclarations des autorités iraquiennes elles-mêmes.
D'après celles-ci, le radar a été utilisé à
l'époque des deux lancements de missiles Al Abbas le 28 décembre
1990. L'Iraq a reconnu ultérieurement que le radar avait été
installé sur le terrain d'essais de Bassorah le 26 décembre
1990, que les activités de mise au point et les opérations
initiales avaient commencé le 27 décembre, que les essais
s'étaient poursuivis le 28 et que le radar avait été
démonté et empaqueté le 29. Plus récemment,
l'Iraq a admis que le radar et son antenne avaient été pointés
dans la direction des missiles durant les deux lancements d'essai. Sur
la base de toutes les informations disponibles, la Commission a conclu
que le radar avait effectivement servi à la poursuite des systèmes
de missiles interdits le 28 décembre 1990. Par conséquent,
ce radar constitue un article qui est interdit en vertu du paragraphe 8
de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité.
Le radar et le matériel associé doivent donc être neutralisés
conformément à ce paragraphe."
16. Le contrôle et la vérification continus
ont bien avancé dans ce domaine. Les protocoles ont été
terminés pour tous les sites à surveiller et tous les missiles,
composants et équipements identifiés à cet effet ont
été marqués et répertoriés. Cinquante
caméras de surveillance ont été installées
sur 15 sites et le groupe de contrôle des missiles poursuit ses activités.
De façon générale, les déclarations fournies
par l'Iraq aux fins du contrôle des missiles ont été
suffisantes, malgré quelques omissions concernant par exemple l'entreposage
de certains équipements à double usage qui n'ont pas été
déclarés. La Commission s'emploie à combler ces lacunes
dans le cadre des opérations de contrôle.
17. Dans le secteur des armes chimiques, la Commission
a rencontré des problèmes similaires en ce qui concerne les
anciens programmes. La liste des lettres de crédit obtenue de l'Iraq
en avril 1994, malgré des inexactitudes et des lacunes, a fourni
à la Commission beaucoup d'éléments nouveaux et lui
a indiqué de nouveaux axes d'enquête. Cependant, la Commission
ne peut pas encore être certaine d'avoir retrouvé la trace
de tous les précurseurs et équipements de production importés.
En raison de ces incertitudes et du fait que l'élimination des munitions
chimiques n'a pas été confirmée, il est encore impossible
d'établir un bilan-matières complet pour les programmes d'armes
chimiques.
18. Les opérations de contrôle et de vérification
continus avancent bien dans ce domaine également, même si
elles ont moins progressé que dans le domaine des missiles. Les
protocoles sont terminés pour tous les sites principaux et les articles
essentiels ont été marqués et répertoriés.
Un groupe de contrôle chimique est arrivé en Iraq où
il opère à partir du Centre de contrôle et de vérification
de Bagdad. Il est en train d'achever le processus d'établissement
des protocoles et de marquage pour les sites secondaires, tels que les
universités, tout en poursuivant les opérations de contrôle
et de vérification continus des sites principaux. Quatre capteurs
chimiques ont été installés sur un site et 20 autres
devraient être mis en place sur divers sites en janvier 1995, de
même que des caméras de surveillance et des débitmètres.
Un petit laboratoire chimique sera installé au Centre en février
1995.
19. La Commission va expérimenter différentes
configurations pour les capteurs chimiques, certains étant placés
à l'intérieur des bâtiments et d'autres à l'extérieur,
afin de déterminer quelle est la meilleure combinaison de capteurs
en fonction des processus chimiques, du nombre de bâtiments concernés
et des vents dominants. Ces expériences devraient prendre environ
six à huit semaines.
20. C'est la reconstitution du programme iraquien qui
concernait les armes biologiques qui pose les plus grandes difficultés
à la Commission. Les indications données par l'Iraq sont
minimalistes et dépourvues de toute logique interne. Il a certes
été possible d'interroger le personnel qui avait participé
au programme déclaré, mais les intéressés ont
refusé de répondre aux questions portant sur le programme
et n'ont fourni que des renseignements incomplets et trompeurs. Bien que
l'Iraq maintienne que le programme en était aux premiers stades
de la recherche et que ses objectifs étaient défensifs, tout
porte à croire qu'il s'agissait d'un programme offensif. Dans ces
conditions, la Commission n'est pas encore en mesure de présenter
un bilan-matières pour ce programme.
21. De même, en tentant de mettre en place un mécanisme
de contrôle et de vérification continue, la Commission s'est
heurtée à plus de difficultés dans le domaine des
armes biologiques que dans les autres domaines. Jusque récemment,
les déclarations de l'Iraq concernant les articles à double
usage étaient souvent fort incomplètes, contradictoires et
incompatibles avec les conclusions des équipes d'inspection, et
l'information n'était pas tenue à jour par des modifications
de déplacement des articles d'un site à un autre.
22. Afin de remédier à cette situation,
la Commission a demandé à l'Iraq de fournir de nouvelles
déclarations exhaustives concernant tous les sites à contrôler,
en lui indiquant comment les présenter. L'Iraq a soumis de nouvelles
déclarations en novembre 1994 et il s'emploie actuellement, avec
les équipes d'inspection, à les améliorer. D'autre
part, un groupe de contrôle provisoire a été envoyé
en Iraq pour obtenir pour les principaux sites, l'information que l'Iraq
aurait dû communiquer dans ses déclarations et dont on a besoin
pour établir les protocoles de contrôle et de vérification
de ces sites. Le groupe contrôlera ensuite les sites en question.
Cette procédure nécessite cependant beaucoup de temps et
de moyens; on ne peut donc pas l'appliquer aux nombreux sites à
contrôler.
23. Entre-temps, la Commission a repéré,
inventorié et marqué de nombreux articles à double
usage qu'il faudra surveiller. Il a fallu dresser un deuxième inventaire,
l'Iraq ayant omis de déclarer tous les articles de cette catégorie
et de notifier les mouvements et les marques déjà apposées
ayant été endommagées. Il est prévu d'équiper
plusieurs sites de caméras de surveillance afin de contrôler
les niveaux d'activités et d'installer un laboratoire biologique
au Centre du contrôle et de vérification de Bagdad.
24. La surveillance aérienne, à la fois
par hélicoptère et par avion volant à haute altitude,
demeure essentielle pour l'efficacité de l'ensemble des travaux
de la Commission en matière de contrôle et vérification
continus. Sans cette surveillance, ses moyens de repérer les installations
non déclarées qui pourraient présenter un intérêt
pour les activités de contrôle et de vérification continus
seraient considérablement réduits et la Commission serait
aussi bien moins à même de surveiller les nombreux sites déclarés.
Il est inquiétant à cet égard que l'Iraq élève
encore des objections à chaque vol de l'avion de reconnaissance
de la Commission.
25. L'équipe d'inspection aérienne continue
à rendre de grands services avec ses photographies détaillées
des sites surveillés. En outre, avec l'arrivée des groupes
de contrôle résidant en Iraq, les inspections aériennes
mixtes -- des inspecteurs de l'équipe de l'inspection aérienne
et des experts des armements d'un ou plusieurs groupes de contrôle
-- se traduisent par une nouvelle complémentarité qui augmente
l'efficacité des missions. Les trois hélicoptères
CH-53G fournis par le Gouvernement allemand avec équipage et personnel
d'entretien jouent un rôle clef en la matière et dans d'autres
tâches importantes. Ils aident énormément la Commission
et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à
s'acquitter de leur mandat, s'agissant notamment des zones éloignées
de Bagdad.
26. Les travaux d'aménagement du Centre de contrôle
et de vérification de Bagdad se poursuivent. Il a fallu, pendant
la période considérée, reporter certains travaux faute
de ressources. Des assurances ayant été données récemment
concernant de nouvelles contributions financières, les travaux ont
pu reprendre et on espère que le Centre sera entièrement
équipé et doté en personnel d'ici à la fin
de février 1995. Après cela, on n'apporterait que des changements
mineurs aux effectifs, compte tenu de l'expérience acquise, jusqu'à
la mise en place du groupe de contrôle des importations et exportations,
qui complétera les groupes de contrôle.
27. Les activités de la Commission sont à
l'origine d'une grande quantité de données. Avec l'aide d'un
gouvernement fournissant un appui, elle a conçu et elle continue
de mettre au point le logiciel pour une base de données relationnelles
unique qui permettra d'analyser facilement toutes les données obtenues
des différentes sources. En outre, un autre gouvernement aide à
personnaliser une autre base de données compatible, spécifiquement
pour le traitement des données sur les importations et les exportations.
Ce système devrait être mis en place avant la fin de février
1995.
28. La Commission a tenu d'autres séminaires avec
les spécialistes internationaux pour mettre au point le mécanisme
de contrôle des importations/exportations. L'accord semble s'être
fait au Comité des sanctions sur le principe de base du rapport
qui lui a été soumis par la Commission et l'AIEA en mai 1994.
La Commission espère reprendre son séminaire d'experts internationaux
au début de janvier 1995 et pouvoir donc présenter un rapport
définitif vers la fin de janvier 1995. Ensuite, ce rapport sera
transmis aussi rapidement que possible au Conseil de sécurité
pour examen. Les annexes révisées aux plans de contrôle
et de vérification continus de la Commission et de l'AIEA seront
également portées à l'attention du Conseil avant d'être
appliquées. Ces annexes révisées contiendront des
listes détaillées d'articles dont les gouvernements devront
notifier l'exportation en vertu du mécanisme.
29. L'Iraq doit rendre compte de manière crédible,
pièces justificatives à l'appui, de tous ses anciens programmes
et moyens désormais interdits, de façon à permettre
à la Commission de procéder à une vérification
indépendante de ses déclarations et ainsi établir
un bilan-matières des anciens programmes, ce qui lui permettra de
s'assurer du bon fonctionnement du système de contrôle et
de vérification continus. Faute de cette confiance, la Commission
ne peut avoir aucune certitude qu'elle contrôle effectivement toutes
les installations et articles se trouvant en Iraq qui doivent l'être
conformément aux exigences du Conseil de sécurité.
En outre, à ne pas fournir une comptabilité complète
et transparente de ses anciens programmes, l'Iraq ne peut que nuire à
la crédibilité de ses intentions et susciter des doutes quant
à l'exhaustivité de ses déclarations à cet
égard. La rapidité avec laquelle cette question pourra être
réglée est essentiellement fonction de l'ouverture et de
l'honnêteté de l'Iraq, encore que les pays fournisseurs puissent
également jouer un rôle non négligeable en aidant la
Commission, à sa demande, à vérifier la comptabilité
de ses importations tenue par l'Iraq. En ne répondant pas à
ces demandes, les pays intéressés ne peuvent que retarder
l'obtention par la Commission d'un bilan- matières crédible
concernant les anciens programmes de l'Iraq. Certains pays fournisseurs
se sont montrés très coopératifs et la Commission
poursuit ses démarches auprès de ceux qui n'ont pas encore
répondu à ses demandes.
30. L'Iraq devrait fournir des données complètes
sur toutes ses capacités actuelles à double destination,
conformément à la définition donnée dans le
plan de contrôle et de vérification continus figurant dans
le document S/22871/Rev.1. En l'absence de déclarations complètes
de l'Iraq, la Commission pourrait procéder à des inspections
inquisitoriales de toutes les installations pertinentes pour découvrir
toutes ces capacités, mais ce ne serait pas la manière la
plus efficace d'utiliser ses ressources ni le moyen le plus rapide d'appliquer
les dispositions du paragraphe 22 de la résolution 687 (1991) du
Conseil de sécurité.
31. On sait que les textes nécessaires sont en
préparation, mais l'Iraq n'a pas encore adopté les dispositions
légales et administratives qui doivent donner effet aux obligations
que lui impose le plan de contrôle et de vérification continus.
32. La mise en place d'un système efficace de contrôle
et de vérification continus est bien avancée. Le système
fonctionne à titre provisoire et les essais ont commencé.
Avec l'installation de nouveaux éléments, la Commission pourra
se familiariser avec le système et s'assurer de son efficacité.
À la fin février 1995, le Centre de contrôle et de
vérification continus de Bagdad devrait être doté de
tous les effectifs nécessaires à ses opérations courantes.
33. Une part de plus en plus importante des ressources
de la Commission sera affectée à la mise en place, puis,
avec la réduction des sanctions conformément au paragraphe
21 de la résolution 687 (1991) du Conseil de sécurité,
au fonctionnement du mécanisme de contrôle des exportations
et importations. Ce mécanisme constitue un élément
clef du système global de contrôle et de vérification
continus, sans lequel, une fois que l'Iraq pourra importer des articles
à double destination, le système ne saurait être efficace.
Ce mécanisme doit impérativement être opérationnel
avant la réduction des sanctions, dans la mesure où l'Iraq
est en mesure d'importer ces articles. La Commission insiste pour que tous
les éléments juridiques et pratiques soient adoptés
au plus vite.
34. Le financement est actuellement un sujet de vive préoccupation
pour la Commission. L'équipement du Centre de contrôle et
de vérification continus de Bagdad a déjà été
retardé à cause de l'absence de fonds garantis pour acquérir
le matériel nécessaire. En outre, si la crise financière
à court terme signalée en octobre 1994 semble avoir été
réglée grâce à la promesse de fonds en provenance
du Koweït et des États-Unis d'Amérique, la Commission
ne peut compter que sur des promesses de financement jusqu'à la
fin mars 1995. L'incertitude quant au financement à moyen terme
empêche la Commission de planifier sérieusement à long
terme, ce qui est certainement une source d'inefficacité. Dans le
pire des cas, l'efficacité du régime de contrôle et
de vérification continus de la Commission risque d'en souffrir et
la poursuite même de ses opérations risque d'être remise
en question. Il faut trouver une solution à long terme au problème
du financement de la Commission si l'on veut assurer l'exécution
du mandat énoncé à la section C de la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité.
35. Les paragraphes qui précèdent concernent
inévitablement les questions en suspens, mais d'importants progrès
ont été accomplis pendant la période considérée
dans l'accomplissement du mandat de la Commission. Tous les articles dont
l'interdiction a été vérifiée ont été
détruits. Le système de contrôle et de vérification
continus fonctionne à titre provisoire. Les principaux éléments
du contrôle dans le domaine chimique et dans celui des missiles sont
en place. Pour ce qui est du domaine biologique, les activités de
surveillance vont commencer à titre provisoire. Les essais du système
ont commencé et un mécanisme de contrôle du commerce
d'articles à double destination de l'Iraq (mécanisme de contrôle
des exportations et importations) a été élaboré
et semble être approuvé.