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Conseil
de sécurité
1. Le présent document contient le sixième
rapport répondant au paragraphe 8 de la résolution 715 (1991)
du Conseil de sécurité, dans laquelle le Conseil a prié
le Secrétaire général de lui rendre compte tous les
six mois de l'application du plan de contrôle et de vérification
continus de l'exécution par l'Iraq des dispositions de la section
C de la résolution 687 (1991)(1).
2. Le présent rapport marque une étape extrêmement
importante dans l'évolution des fonctions de la Commission. S'il
est particulièrement détaillé, c'est qu'il cherche
à corroborer la conclusion du chapitre VI selon laquelle le système
de contrôle et de vérification continus est actuellement opérationnel
à titre provisoire. Certains des éléments du système
ne sont pas encore en place, mais les travaux préparatoires sont
si avancés -- avec des palliatifs qui permettent pour l'instant
d'en combler les lacunes -- que la Commission peut commencer sans hésiter
à mettre à l'épreuve l'exhaustivité et l'efficacité
du système. Les éléments qui manquent encore devraient
être bientôt mis en oeuvre.
3. La pièce jointe au document S/1994/341 exposait
le principe opérationnel inspirant la mise en oeuvre par la Commission
de son plan de contrôle et de vérification continus, tel qu'il
était exposé dans le document S/22871/Rev.1. On peut dire
en quelques mots que ce plan repose sur l'inspection périodique
des installations, le recensement de tout le matériel à double
usage (c'est-à-dire qui a des applications autorisées mais
qui pourrait servir à produire des armes interdites) et le contrôle
de la destination de tous les articles répertoriés. Les opérations
d'inspection et d'enregistrement et la tenue d'inventaires précis
s'appuieront sur toute une gamme d'activités liées entre
elles : surveillance aérienne à l'aide de divers détecteurs,
télédétection, marqueurs et scellés, techniques
de détection diverses, interrogation d'autres sources et, lorsque
les restrictions imposées aux articles à double finalité
seront levées, notifications dans le cadre du régime de contrôle
des exportations et importations. Aucune de ces activités ne suffirait
à elle seule à rendre le système fiable, mais, prises
ensemble, elles devraient constituer le régime international de
surveillance le plus complet jamais institué dans le domaine du
contrôle des armements. Le degré de confiance que l'on pourra
accorder à ce régime sera, entre autres paramètres,
fonction des circonstances suivantes :
a) Le fait que la Commission dispose d'un tableau général
des programmes iraquiens du passé et d'un relevé complet
des installations, matériels, articles et matériaux qui leur
étaient liés, ainsi que des renseignements complets sur ce
qu'il advient du matériel pouvant avoir une double destination dont
l'Iraq dispose actuellement. Ce sont ces informations qui constituent les
données de base sur lesquelles s'appuient les opérations
de contrôle et de vérification continus. Si leur précision
et leur exhaustivité sont douteuses, on ne pourra être sûr
que le mécanisme touche effectivement tout le matériel qui
devrait y être soumis. Il faudra alors de nouvelles inspections,
qui permettront de réunir les données nécessaires
à la fiabilité du système. Les informations sont principalement
tirées des déclarations de l'Iraq prévues dans les
résolutions 687 (1991), 707 (1991) et 715 (1991) ou des travaux
d'analyse et d'inspection de la Commission. L'Iraq est tenu de mettre à
jour tous les six mois ses déclarations sur ses activités
et capacités pouvant avoir une double destination;
b) Le fait que seront achevés les protocoles généraux
de contrôle et de vérification pour chaque site qu'il s'agira
de surveiller parce que s'y trouve du matériel ou qui y sont entreprises
des activités pouvant avoir une double fin. Ces protocoles sont
l'aboutissement des opérations de collecte des données de
base, c'est-à-dire des inspections ayant pour but, selon les cas,
de faire mieux connaître les situations, de marquer et d'inventorier
le matériel, d'installer des détecteurs et d'élaborer
des protocoles. Ils fournissent le point de départ des futures activités
de contrôle et de surveillance sur les sites déterminés;
c) Le fait que le mécanisme de contrôle et
de vérification continus ait subi avec succès les épreuves
tendant :
i) À faire mieux comprendre du point de vue formel
et pratique comment les éléments du système doivent
fonctionner, notamment ceux qui incombent à l'Iraq;
ii) À évaluer l'efficacité de ses
divers composants, isolément et ensemble.
Le régime est fondé sur l'hypothèse
que l'Iraq fait des déclarations exactes et complètes sur
ses activités et ses capacités à double destination,
et, s'il ne peut être parfaitement efficace et le moins perturbateur
possible sans ces déclarations, il a été conçu
pour être résistant. L'expérience montre que, même
lorsqu'on lui présente au départ des déclarations
insuffisantes, la Commission est capable, en exploitant ses diverses ressources
et en exerçant ses droits d'inspection, d'obtenir les informations
qu'exige la mise en place du mécanisme. Cela dit, si l'Iraq cherche
à entraver systématiquement ses travaux, par exemple en l'empêchant
de se rendre sur certains sites, la Commission ne pourra donner au Conseil
de sécurité les assurances qu'il souhaite recevoir sur le
respect par l'Iraq des dispositions du paragraphe 10 de la résolution
687 (1991). Le cas échéant, la Commission informerait immédiatement
le Conseil de cet état de choses.
4. Une fois que les sanctions imposées à
l'Iraq par la résolution 661 (1990) auront été assouplies
ou levées selon le paragraphe 21 de la résolution 687 (1991)
et que l'exportation vers l'Iraq de matériel pouvant avoir une double
destination sera de nouveau permise, le mécanisme de contrôle
des exportations et des importations prévu au paragraphe 7 de la
résolution 715 (1991) deviendra un élément indispensable
du régime de surveillance des capacités iraquiennes pouvant
avoir une double destination.
5. La mise en oeuvre du plan suppose que la Commission
dispose de rapports complets sur les capacités iraquiennes du passé
et d'informations exhaustives sur l'état actuel des activités
ou capacités de l'Iraq pouvant avoir une double fin. Comme l'Iraq
a refusé, jusqu'au 26 novembre 1993, de reconnaître les obligations
qui lui incombaient en vertu de la résolution 715 (1991) et les
plans de contrôle et de vérification continus qu'elle contenait,
il n'a donc fait jusque-là aucune des déclarations qui y
étaient prévues. Il a également entravé ou
empêché certaines activités qui relevaient à
ses yeux de mesures de contrôle. La situation qui régnait
ainsi, jusqu'à ce que l'Iraq reconnaisse ses obligations, a fait
que la Commission n'a pu entreprendre la réalisation de son plan,
même si elle a procédé à de nombreux travaux
préparatoires.
6. Une fois que l'Iraq eut officiellement accepté,
le 26 novembre 1993, les dispositions de la résolution du 11 octobre
1991, la Commission, tout en cherchant encore à faire la lumière
sur tous les aspects des programmes iraquiens du passé, a immédiatement
affecté le gros de ses ressources à la mise en place accélérée
du mécanisme de contrôle et de vérification continus.
Elle a, d'autre part, substantiellement renforcé ses effectifs à
New York, pour que le manque de personnel ne soit pas une cause de retard
dans cette mise en place. On trouve une éloquente illustration des
effets de cette réaffectation et de cette augmentation de ressources
dans le fait que la Commission avait procédé à 44
inspections dans les 30 mois précédant novembre 1993, alors
que, dans les 10 mois qui ont suivi, elle en a commencé ou conclu
29, toutes (sauf 5) directement liées à l'instauration du
régime de contrôle et de vérification continus.
7. Le principe opérationnel et le nombre d'inspections
menées à bien montrent que la mise en place du système
de vérification est une entreprise à la fois vaste et complexe.
Elle suppose en effet l'inspection de catégories entières
de sites et d'établissements industriels qui n'avaient pas encore
reçu la visite du personnel de la Commission. Pour cela, la Commission
a dû procéder à certaines adaptations :
a) Les nouvelles inspections ont nécessité
des compétences auxquelles la Commission n'avait pas encore eu recours
et qu'elle ne pouvait trouver parmi son propre personnel. Elle a donc fait
appel aux ressources d'un grand nombre d'États Membres, de manière
à pouvoir conduire ses opérations selon les critères
les plus rigoureux. Malgré cela, elle n'a pu trouver parmi les fonctionnaires
des gouvernements amis les compétences dont elle avait besoin dans
divers domaines, et a dû procéder au recrutement de spécialistes
dans le secteur privé;
b) Il a fallu élaborer de nouvelles méthodes
d'inspection de base et évaluer la faisabilité des méthodes
de surveillance;
c) Il a fallu mettre au point de nouvelles applications
des technologies pour répondre aux besoins apparus au cours des
inspections de base.
8. Les mesures spécialement prises pour mettre
en place et faire fonctionner le mécanisme de contrôle et
de vérification continus à partir du 26 novembre 1993 sont
exposées en détail à l'annexe I du document S/1994/489,
et à l'annexe I du présent document. Les paragraphes qui
suivent exposent brièvement l'état d'avancement de ces activités.
9. Les six mois écoulés ont permis à
la Commission de connaître beaucoup mieux les programmes iraquiens
du passé, grâce à l'amélioration des déclarations
de l'Iraq et aux activités d'inspection et d'analyse de la Commission
elle-même. Aussi, est-elle sur le point de comprendre la totalité
des programmes en question.
10. Il est important de disposer d'un tableau complet
des programmes iraquiens qui concernaient les armes interdites, car c'est
est un élément déterminant des informations de base
à partir desquelles sont menées les opérations de
contrôle et de vérification. Il est indispensable de vérifier
les déclarations de l'Iraq si l'on veut que soient fiables la base
de données et, par voie de conséquence, le système
qui s'appuie sur elle. La vérification des informations présentées
par l'Iraq, en ce qui concerne notamment ses fournisseurs étrangers,
se poursuit. Comme l'Iraq n'a produit qu'un petit nombre de documents (en
arguant que toute la documentation relative aux programmes passés
avait été détruite), la vérification a dû
se faire à partir des résultats des inspections de la Commission,
des entretiens avec le personnel iraquien engagé dans ces programmes
et des entretiens avec les gouvernements à propos des fournisseurs
supposés ou déclarés. Ce travail a permis à
la Commission d'obtenir des renseignements supplémentaires, qui
exigent à leur tour de nouvelles recherches, notamment quant à
la finalité du matériel de production et à l'acquisition
et l'exploitation du matériel et des matériaux destinés
aux programmes, car les données correspondantes contredisent dans
certains cas les déclarations iraquiennes. On a ainsi pu combler
les lacunes que contenaient les déclarations de l'Iraq sur les programmes
du passé et vérifier certains aspects de ceux-ci qui avaient
fait l'objet d'une déclaration mais que rien de probant ne corroborait
jusque-là; on attend encore de l'Iraq qu'il fournisse toutes les
données nécessaires. De ce point de vue, il est indispensable
que l'Iraq donne suite à l'engagement qu'il a pris, et exprimé
à maintes occasions, de se montrer coopératif et de donner
sur ses programmes passés les renseignements et les éclaircissements
qui permettront de dégager le tableau général dont
il a été question plus haut et de rendre le système
de contrôle tout à fait fiable.
11. La situation s'est beaucoup améliorée
par rapport à novembre 1993 lorsque l'Iraq, en même temps
qu'il acceptait les dispositions de la résolution 715 (1991), a
annoncé que les rapports présentés auparavant contenant
les données et renseignements intéressant le plan de contrôle
et de vérification devaient être considérés
comme faisant réponse à la résolution 715 (1991) et
aux plans qui y étaient approuvés. La Commission a alors
répondu que les rapports en question présentaient de nombreuses
lacunes, qu'ils ne pouvaient être tenus pour les déclarations
initiales prévues par les plans et qu'ils n'offraient pas de quoi
procéder à la planification et à la mise en route
dans les conditions voulues des opérations de contrôle et
de vérification.
12. Depuis, la Commission a obtenu sur les activités
et les capacités à double usage de l'Iraq des renseignements
très abondants, dont le volume suffit à assurer le fonctionnement
provisoire du mécanisme de contrôle et de vérification.
Cela dit, certaines déclarations sont encore incomplètes
et l'Iraq doit en améliorer le contenu. Il y a des lacunes et des
contradictions dans tous les domaines, que la Commission s'est efforcée
de corriger. Il a été très difficile de réunir
les renseignements nécessaires, notamment dans le domaine des armes
biologiques. La façon dont la Commission cherche à remédier
à la situation illustre bien la manière dont elle procède
dans d'autres domaines également. On trouvera des explications détaillées
sur ce point au chapitre III de l'annexe I.
13. Au cours des pourparlers tenus à New York en
septembre 1994 entre la Commission et une délégation iraquienne
de haut niveau conduite par le Vice-Premier Ministre, M. Tariq Aziz, la
Commission a indiqué les domaines pour lesquels elle aurait besoin
d'un complément d'information. La question reste suivie en Iraq
au niveau des experts, à l'occasion des inspections et des activités
de contrôle et de vérification. La Commission a proposé
une méthode de rassemblement des données nécessaires
aux opérations de contrôle. Elle a reçu l'assurance
que les renseignements manquants lui seraient fournis.
14. L'une des conséquences de la complexité
et de l'ampleur de la tâche que représente la mise en place
d'un mécanisme de contrôle et de vérification continus
est que la Commission a du mal à obtenir les données nécessaires
et que l'Iraq a du mal à les réunir. Ces difficultés
peuvent être imputées pour une bonne part au fait que les
activités actuelles de contrôle de la Commission l'amènent
à se rendre sur des sites qu'elle n'avait pas encore visités
et, donc, à entrer en relation avec des Iraquiens qui n'avaient
jamais encore traité avec elle. Ces fonctionnaires devraient faire
l'objet d'un nouvel effort d'information, d'abord de la part de l'Iraq
qui est tenu de faire des déclarations complètes, mais aussi
de la part de la Commission qui doit expliquer ce que le plan réclame.
La situation pourrait ainsi être corrigée dans les mois à
venir.
15. Les inspections initiales ont pour objet de déterminer
si un site doit faire l'objet d'un contrôle et, dans l'affirmative,
de formuler des recommandations sur la manière dont ce contrôle
doit être effectué, les articles à marquer et l'installation
de dispositifs de contrôle. Le résultat final de cette opération
initiale, une fois qu'il a été donné suite à
ces recommandations, est l'établissement de protocoles de contrôle
et de vérification pour chacun des sites à contrôler.
Ces protocoles contiennent tous les renseignements nécessaires sur
le site ainsi que ses contacts avec d'autres organisations intéressant
les activités de contrôle de la Commission.
16. Au total, 27 équipes d'inspection, en plus
des nombreuses visites effectuées par des groupes réduits
de spécialistes des technologies des capteurs, ont mené des
activités liées à la collecte des informations initiales.
Il s'agit d'un processus sans fin, dans la mesure où le système
ne cessera d'évoluer en fonction des changements intervenus dans
la base industrielle de l'Iraq et des progrès des différentes
technologies (par exemple, mise au point de nouveaux procédés
de production d'articles ou de matériaux interdits ou de nouvelles
techniques de contrôle), mais la Commission dispose désormais
des renseignements nécessaires à l'établissement de
protocoles de contrôle et de vérification applicables à
tous les sites soumis à un contrôle régulier.
17. C'est dans le domaine des missiles que le processus
est le plus avancé. Tous les protocoles envisagés ont été
établis et concernent une trentaine de sites. En ce qui concerne
les armes chimiques, les inspections initiales ont été menées
à bien et le personnel de la Commission à New York applique
actuellement les données ainsi obtenues à l'établissement
d'une cinquantaine de protocoles. Ceux qui concernent les sites les plus
importants ont déjà été achevés. Dans
le domaine biologique, il subsiste quelques lacunes dans les renseignements
relatifs aux capacités à double usage et des inspections
supplémentaires sont prévues à cet effet, mais la
Commission a mené à bien ses inspections relatives à
l'établissement des protocoles et espère disposer sous peu
d'informations suffisantes pour élaborer les quelque 75 protocoles
actuellement envisagés.
18. Les inspections initiales ont fourni à la Commission
les informations qui lui sont nécessaires pour déterminer
les types de marquage et de capteurs de contrôle à utiliser
dans le système de contrôle et de vérification continus
en général et pour en déterminer le nombre ainsi que
l'endroit où il convient de les déployer. Le marquage de
tous les articles à double usage identifiés comme tels et
des missiles à courte portée autorisés ainsi que l'installation
des capteurs sont terminés pour ce qui est des missiles. En ce qui
concerne les armes chimiques, quatre échantillonneurs d'air ont
été installés sur un site. Il est prévu d'en
installer 20 supplémentaires qui viendront s'ajouter aux caméras
de surveillance et aux débitmètres. Tous les articles à
double usage pertinents identifiés dans le domaine des armes chimiques
ont été marqués. Pour ce qui est des armes biologiques,
le marquage de tous les articles identifiés est toujours en cours,
une équipe se trouvant actuellement en Iraq à cette fin.
Un plan global d'installation et d'exploitation de caméras de contrôle
télécommandées sur les sites d'armes biologiques a
été élaboré par une équipe qui s'est
rendue en Iraq pour étudier la possibilité d'installer des
capteurs télécommandés dans les installations biologiques.
La Commission a défini les fonds et le matériel nécessaires
à l'exécution de ce plan, qui est prévu pour bientôt.
L'Iraq l'a beaucoup aidée dans l'installation des capteurs et dans
les opérations de marquage.
19. Au début de la mise en place du système
de contrôle et de vérification continus, il est apparu clairement
que la Commission devrait mettre en place un centre à Bagdad pour
faire fonctionner le système. L'intention de créer ce centre
a été communiquée au Conseil de sécurité
en mars et avril 1994 (S/1994/341 et S/1994/489). Depuis, la Commission
a procédé à une étude de faisabilité
concernant ce centre; déterminé un emplacement; obtenu l'accord
du Gouvernement iraquien pour y installer le Centre; établi des
plans en vue de transformer les locaux en fonction des besoins du Centre;
accepté l'offre du Gouvernement iraquien de procéder aux
travaux; surveillé les travaux; procédé à une
étude de sécurité à l'achèvement des
travaux effectués par le Gouvernement iraquien et établi
un programme de sécurité pour le Centre; défini les
principaux éléments du système de sécurité
(portes, serrures, grilles et caméras de surveillance); acquis une
bonne partie du mobilier et du matériel nécessaires au Centre;
et commencé à installer le matériel de télécommunications
et autre. La Commission prend note de l'apport de l'Iraq et de sa collaboration
aux travaux de construction requis pour mettre en place le système
de contrôle. S'agissant en particulier de l'érection d'un
pylône de télécommunications et de la rénovation
du bâtiment où sera installé le Centre de contrôle
et de vérification continus de Bagdad, l'Iraq a largement contribué
à accélérer la mise en place du système. On
trouvera à ce sujet des informations complètes à l'annexe
II.
20. Une fois opérationnel, le Centre sera composé
des éléments suivants : bureaux du Directeur et du Directeur
adjoint; spécialistes du contrôle dans chacun des domaines
à contrôler (missiles, agents chimiques, agents biologiques
et -- à partir de l'AIEA -- nucléaires); spécialistes
du contrôle des exportations et importations; laboratoires biologiques
et chimiques; équipe d'inspection aérienne et laboratoire
photographique et photothèque; télécommunications
avec New York, Vienne et tous les capteurs télécommandés
installés par les équipes d'inspection; matériel d'examen
des images fournies par les caméras de surveillance télécommandées;
appui médical et logistique, dont transport par hélicoptère
et par route; services d'interprétation et de traduction. On prévoit
que le Centre aura un effectif d'environ 80 personnes.
21. Le recrutement du personnel est en cours. En ce qui
concerne les spécialistes du contrôle, de l'inspection aérienne
et des exportations et importations, la Commission met en place un fichier
d'experts que les gouvernements fournissant un appui pourraient mettre
à la disposition du Centre pendant un minimum de 90 jours, l'objectif
étant d'assurer une relève tous les trois ou six mois, les
experts effectuant plusieurs séjours au Centre, ce qui permettra
de bénéficier aussi bien d'approches neuves que des avantages
de la continuité.
22. En ce qui concerne les missiles, le premier groupe
de contrôleurs est arrivé sur place et a commencé ses
travaux le 17 août 1994. La première relève devrait
avoir lieu le 14 octobre 1994. La première équipe de chimistes
est arrivée en Iraq le 2 octobre 1994 pour commencer à travailler
immédiatement. La première équipe de biologistes devrait
arriver prochainement. L'équipe chargée des inspections aériennes
fonctionne en Iraq depuis juin 1992. Les spécialistes du contrôle
des exportations et importations seront recrutés lorsqu'il apparaîtra
que les sanctions imposées par la résolution 661 (1990) du
Conseil de sécurité doivent être allégées
ou levées conformément au paragraphe 21 de la résolution
687 (1991).
23. En vertu des paragraphes 20 et 21 du plan de contrôle
de la Commission, l'Iraq est tenu d'adopter les mesures nécessaires
pour s'acquitter de ses obligations au titre de la section C de la résolution
687 (1991), de la résolution 707 (1991) et du plan proprement dit.
Ces mesures doivent consister à interdire, par la promulgation de
lois pénales, à toutes personnes physiques ou morales placées
sous la juridiction de l'Iraq de se livrer à une activité
quelconque interdite par la résolution 687 (1991) et toutes les
autres résolutions pertinentes.
24. L'Iraq a communiqué à la Commission
spéciale et à l'AIEA un projet de décision du Conseil
de commandement de la révolution visant à donner effet à
ces obligations. Les membres de la Commission ont examiné ce projet
de décision de façon officieuse avec des responsables iraquiens
et ont formulé certaines suggestions. La Commission a précisé
qu'il importait de prévoir des mesures rapides concernant tout changement
dans les articles interdits ou contrôlés en vertu des annexes
au plan de la Commission, étant donné que celles-ci peuvent
être mises à jour et révisées. Il semblerait
préférable d'inclure les listes de ces matériaux et
de ce matériel dans les dispositions administratives plutôt
que dans la loi proprement dite. La partie iraquienne s'est engagée
à examiner cet aspect du projet de décret, qui comportait
en annexe les listes des articles avant qu'ils ne soient soumis pour adoption
au Conseil de commandement de la révolution.
25. La Commission a également indiqué qu'il
était souhaitable que la législation précise bien
que la coopération des personnes physiques ou morales avec la Commission,
en Iraq, est requise pour l'exécution de ses tâches et que
cette coopération ne doit pas en soi faire l'objet de mesures légales
ou autres sanctions.
26. Comme il est indiqué dans le dernier rapport
(S/1994/489), la Commission spéciale et l'AIEA ont établi,
en application du paragraphe 7 de la résolution 715 (1991), un document
directif présentant dans ses grandes lignes leur proposition de
mécanisme de surveillance des exportations et importations concernant
toutes ventes ou fournitures futures d'autres pays à l'Iraq portant
sur des articles visés par l'application de la section C de la résolution
687 (1991) et d'autres résolutions. Ce document expose les procédures
de notification à la Commission et à l'Agence d'exportations
à destination de l'Iraq d'articles à double usage. Ces notifications
seraient effectuées par le pays exportateur et par l'Iraq pour les
articles visés dans les annexes pertinentes des plans de la Commission
et de l'AIEA concernant le contrôle et la vérification continus
déjà approuvés par la résolution 715 (1991).
27. Le 13 mai 1994, le Président exécutif
de la Commission a adressé au Président du Comité
du Conseil de sécurité créé par la résolution
661 (1990) -- le Comité des sanctions -- une lettre lui transmettant
le document directif à examiner et approuver par ce comité.
On se rappellera qu'au paragraphe 7 de la résolution 715 (1991),
le Comité des sanctions, la Commission et le Directeur général
de l'AIEA étaient priés de mettre au point en coopération
le mécanisme relatif aux exportations et importations à approuver
par le Conseil.
28. Dans sa lettre d'envoi, le Président exécutif
indiquait que le paragraphe 7 prévoyait un mécanisme de surveillance
dont la durée devait être indéterminée. Il était
donc entendu que le paragraphe 7 de la résolution 715 (1991) avait
pour objet de prévoir la surveillance des ventes ou fournitures
à l'Iraq par d'autres pays d'articles à double usage pertinent
après la levée des sanctions de caractère général
imposées par la résolution 661 (1990) concernant les divers
types, en application du paragraphe 21 de la résolution 687 (1991).
29. Afin d'éviter toute confusion entre le régime
des sanctions et le mécanisme de contrôle, le Président
exécutif a proposé que les deux régimes restent entièrement
séparés. Le rôle du Comité des sanctions serait
prioritaire aussi longtemps que les articles couverts par les plans de
contrôle et de vérification continus seraient frappés
par les sanctions de caractère général en vertu de
la résolution 661 (1990). Toute demande de vente à l'Iraq
de ces articles, indispensables à des fins civiles, continuerait
d'être adressée au Comité des sanctions conformément
aux procédures en vigueur. Une fois levées les sanctions
prévues par la résolution 661 (1990) frappant tous les articles
ou catégories d'articles à double usage, ceux-ci tomberaient
sous le coup du mécanisme proposé pour la surveillance des
exportations et importations.
30. Le document directif commun de la Commission et de
l'AIEA et la lettre d'envoi du Président exécutif ont été
soumis au Comité des sanctions par son Président. Il ressort
des discussions officieuses au sein de ce comité que l'on pourrait
parvenir à un consensus sur la proposition figurant dans le document
directif. Toutefois, avant de soumettre la proposition tripartite requise
de mécanisme de surveillance des exportations et importations au
Conseil de sécurité, les membres du Comité ont préféré
que l'on présente une liste d'articles plus détaillée
que celle qui apparaissait déjà dans les annexes pertinentes
du plan de la Commission concernant le contrôle et la vérification
continus.
31. En conséquence, la Commission a décidé
de réviser les annexes dans son plan de manière à
y inclure des renseignements plus détaillés et des listes
plus complètes sur les articles visés par les procédures
de notification. Ces listes révisées sont achevées
et des discussions officieuses d'experts auront lieu prochainement afin
de déterminer si les révisions conviennent à l'application
d'une procédure de notification des exportations. Ces discussions
devraient être menées à bien prochainement, après
quoi les révisions proposées aux annexes seront communiquées
au Comité des sanctions et transmises au Conseil de sécurité.
On se souviendra que les plans de la Commission et de l'AIEA concernant
le contrôle et la vérification continus permettent à
la Commission et à l'Agence de mettre à jour et de réviser
les annexes à leurs plans sur la base des informations et de l'expérience
découlant de l'application des résolutions 687 (1991) et
707 (1991) ainsi que des plans, après avoir informé le Conseil
de ces révisions. C'est donc la procédure qui sera suivie.
La Commission et l'AIEA espèrent qu'il sera alors possible de présenter
au Conseil de sécurité une proposition concernant le mécanisme
de surveillance des exportations et importations arrêté par
le Comité des sanctions, la Commission et l'AIEA.
32. Les activités de contrôle et autres de
la Commission spéciale et de l'AIEA menées en application
des résolutions pertinentes du Conseil doivent être d'une
durée indéterminée et planifiées en partant
du principe qu'il y aura à long terme une source de financement
suffisante et assurée. Comme le décrit en détail l'annexe
III au présent rapport, les contraintes financières imposées
par les dispositions légales et autres actuellement en vigueur ont
failli retarder l'acquisition de tous les articles et fournitures dont
le système de contrôle a besoin pour bien fonctionner. Cela
étant, la nécessité de rechercher en permanence des
contributions en espèces et en nature auprès des divers gouvernements
se révèle une tâche prenante et onéreuse pour
la direction exécutive de la Commission, qui absorbe des ressources
qui pourraient être consacrées aux opérations. Les
crédits disponibles pour financer les opérations de la Commission
et de l'AIEA seront épuisés à la fin de 1994 et, au
moment de l'établissement du présent rapport, il n'y a aucune
garantie ferme que ces fonds seront reconstitués. Le Conseil doit
sans tarder examiner la question du financement aussi bien à court
terme qu'à long terme s'il veut disposer d'un système de
contrôle garanti et efficace.
33. Si les ressources financières sont suffisantes
et s'il ne surgit pas de difficultés imprévues, la Commission
compte que tous les marquages et capteurs envisagés seront mis en
place et que le Centre de contrôle et de vérification de Bagdad
sera entièrement équipé et doté en effectifs
pour la fin de 1994. Les travaux du Centre consisteront à poursuivre
les activités de contrôle et de vérification déjà
lancées. À New York, les efforts se poursuivront pour régler
les questions en suspens concernant les anciens programmes de l'Iraq et
terminer les installations des éléments actuellement envisagés
du système de contrôle et de vérification continus;
en outre, les ressources seront réaffectées des tâches
de contrôle et de vérification continus à l'organisation
et à l'analyse des données obtenues grâce au processus
de contrôle et à la préparation des activités
du mécanisme de contrôle des exportations et importations.
34. En attendant la mise en place du mécanisme
de contrôle des exportations et importations, les activités
de contrôle et de vérification continus seront essentiellement
les suivantes :
a) Inspections ayant pour but de s'assurer que la liste
de sites contrôlés et les inventaires sont complets, vérifier
les déclarations relatives aux activités sur les sites ou
donner suite aux informations obtenues pouvant mettre en question le respect
par l'Iraq des obligations que lui impose le paragraphe 10 de la résolution
687 (1991);
b) Surveillance aérienne à l'aide de l'avion
de reconnaissance volant à haute altitude (U-2) et des hélicoptères
de la Commission;
c) Application des protocoles de contrôle et de
vérification des sites par les contrôleurs au Centre de contrôle
et de vérification de Bagdad;
d) Opérations de contrôle menées par
des spécialistes envoyés expressément en Iraq du fait
que le personnel du Centre ne possède pas les compétences
requises à cet effet ou parce que l'ampleur de la tâche dépasse
la capacité du personnel du Centre;
e) Examen et analyse des données fournies par les
capteurs installés sur les différents sites.
35. L'exécution des activités en Iraq a
fait apparaître que certaines révisions devaient être
apportées aux annexes du plan de la Commission concernant le contrôle
et la vérification continus, et ce, pour plusieurs raisons :
a) Comme indiqué au chapitre IV, il ressort des
discussions avec le Comité des sanctions au sujet du document directif
relatif au mécanisme de contrôle des exportations et importations
que les États exportateurs devaient disposer de définitions
techniques plus précises des articles à double usage et dont
l'exportation à destination de l'Iraq devrait faire l'objet d'une
notification au groupe mixte Commission-AIEA prévue dans le document
directif;
b) L'expérience acquise par la Commission au cours
de ses activités d'inspection et de la mise en place du système
de contrôle et de vérification continus;
c) Demandes de l'Iraq tendant à ce que les annexes
au plan de la Commission contiennent des données plus précises
afin de lui permettre de bien comprendre ce que recouvrent les plans.
36. Comme on l'a indiqué plus haut, la Commission
a établi des révisions aux annexes qui devraient faciliter
le respect par tous les intéressés des obligations que leur
imposent le plan de la Commission et le mécanisme de contrôle
des exportations et importations, contribuant ainsi à améliorer
l'efficacité du régime global de contrôle du respect
par l'Iraq du paragraphe 10 de la résolution 687 (1991).
37. La mise en place du système de contrôle
et de vérification continus a constitué une entreprise complexe
et de taille, qui n'est pas allée sans difficulté. La Commission
est persuadée que les éléments de base d'un système
complet sont désormais en place. Il est prévu d'introduire
dans l'immédiat des compléments techniques au système
afin de le rendre plus efficace et plus commode. Compte tenu des progrès
signalés plus haut, le système de contrôle et de vérification
continus de la Commission est provisoirement opérationnel. On a
commencé à procéder aux essais nécessaires
pour déterminer s'il est complet et efficace.
38. Il faudra accumuler une expérience pratique
suffisante avant de pouvoir déterminer si le système intégré
donnera au Conseil la garantie qu'il est effectivement possible de vérifier
que l'Iraq s'acquitte de ses obligations et ne se dote pas de nouveau d'armes
interdites. Après la levée des sanctions, le système,
si l'on veut qu'il soit efficace et durable, devra être dynamisé,
affiné et élargi sur la base de l'expérience, des
progrès technologiques et de la croissance de l'économie
iraquienne.
39. Le bon fonctionnement du système exigera que
l'Iraq agisse conformément aux obligations que lui imposent les
plans approuvés en vertu de la résolution 715 (1991). Si
l'Iraq coopère pour ce qui est des activités de contrôle
et de vérification continus autant qu'il l'a fait jusqu'à
présent pour la mise en place du système, on peut avoir des
raisons d'être optimiste. Le Président exécutif informera
le Conseil de sécurité oralement tous les mois du fonctionnement
du système de manière que le Conseil puisse tirer en temps
voulu les conclusions qui s'imposent.
1. Depuis le dernier rapport, des efforts considérables
ont été déployés pour mettre sur pied le système
de contrôle et vérification continus des activités
balistiques et des installations à double capacité. Ceci
a permis de mettre en place les éléments essentiels du système,
et notamment de créer un groupe d'experts résidents au Centre
de contrôle et de vérification continus à Bagdad. Des
protocoles ont été mis au point pour les installations associées
aux missiles. Ils servent de directives pour des activités de contrôle
et vérification continus dans ces installations, outre qu'ils constituent
des sources de renseignements sur les activités passées et
présentes de l'Iraq. Les déclarations présentées
par l'Iraq conformément au plan de contrôle et de vérification
continus, y compris les déclarations semestrielles obligatoires
présentées en juillet 1994, font l'objet d'une évaluation
continue. Parallèlement, la Commission a poursuivi son étude
sur les programmes balistiques passés de l'Iraq, qui sont désormais
interdits, et sur le respect par l'Iraq de la résolution 687 (1991).
2. Après avoir reçu, en janvier 1994, et
analysé la déclaration initiale présentée par
l'Iraq en vertu du plan de contrôle et de vérification continus,
la Commission a été en mesure de passer à la préparation
des protocoles de contrôle et de vérification pour les installations
qu'il a identifiées comme associées aux missiles. La 71e
équipe de la CSNU (la 22e pour les missiles balistiques) a été
chargée de cette mission. Elle a mené à bien ses activités
en Iraq du 30 mars au 20 mai 1994. Elle a visité plus de 30 installations
pour vérifier sur place les déclarations faites par l'Iraq
concernant ses installations et pour identifier des interlocuteurs pour
les futures activités de contrôle.
3. Pour chaque installation, la CSNU 71/MB22 a établi
des protocoles de contrôle et de vérification contenant des
recommandations précises concernant les arrangements en matière
de contrôle et d'inspection. Les régimes de contrôle
sont différents selon la nature des installations et des activités,
prévoyant notamment la collecte de renseignements, l'installation
de caméras et autres capteurs, le marquage et les inspections sur
place du matériel à double usage. Les protocoles contiennent
en outre, pour chaque installation, des schémas de programmes d'inspection
sur place. L'aboutissement de la CSNU 71/MB22 a marqué un progrès
décisif dans la création, en matière balistique, d'un
système de contrôle et de vérification continus des
installations de recherche, de développement, de modification, de
production et autres, des bancs d'essai ainsi que des articles se rapportant
expressément aux missiles et des articles à double usage.
4. Les activités de contrôle et de vérification
continus prévoient également le contrôle d'engins,
soit conçus comme des missiles sol-sol d'une portée supérieure
à 50 kilomètres, soit susceptibles d'être modifiés
dans ce sens. La CSNU 80/MB24 a été chargée de marquer
un certain nombre de systèmes de missiles opérationnels en
Iraq tombant sous le coup du plan, le but étant d'aider la Commission
à s'assurer que les systèmes de missiles n'ont pas été
modifiés et à procéder à un contrôle
fiable des stocks de missiles.
5. La CSNU 80/MB24 a effectué sa mission en Iraq
du 10 au 24 juin 1994. Au total, elle a marqué plus de 1 300 missiles
de différents types de manière à empêcher toute
modification des missiles qui passerait inaperçue et qui leur permettrait
de dépasser la portée autorisée. Tous les missiles
ont été marqués par les inspecteurs de la Commission,
tandis que les autorités iraquiennes ont assuré des préparatifs
et l'appui nécessaire pour la sûreté et l'efficacité
des opérations. La CSNU 80/MB24 s'est également rendue dans
plusieurs sites afin de s'assurer que des modifications interdites ne pouvaient
pas y être effectuées.
6. Quand les activités initiales concernant les
missiles opérationnels seront terminées, la Commission demandera
à l'Iraq, jusqu'à trois fois par an, de regrouper un nombre
limité de missiles marqués afin de les inspecter et de s'assurer
qu'on ne les a pas modifiés pour leur donner une portée supérieure
à 150 kilomètres. Pour chaque inspection, la Commission choisira
jusqu'à 10 % des missiles qui ont été marqués.
La première inspection de ce type aura lieu prochainement.
7. Le marquage de missiles opérationnels doit être
longuement préparé et il faut former le personnel et élaborer
des modalités d'inspection et de procédures garantissant
la sûreté. La CSNU 79/MB23 s'est trouvée en Iraq du
23 au 28 mai 1994, pour préparer les activités de la CSNU
80/MB24. Elle a inspecté des périmètres de travail
sur place pour les opérations de marquage et pour les travaux préparatoires
effectués par les autorités iraquiennes. Elle s'est attachée
surtout à la question de la sûreté de la manipulation
de missiles opérationnels. La Commission a défini des procédures
spéciales répondant au caractère exceptionnel des
activités de marquage.
8. La CSNU 79/MB23 a également établi une
base de référence technique pour les systèmes de missiles
iraquiens intéressant la Commission. Pour chaque système,
elle a rassemblé des données de base, comprenant des mesures
et des photographies des principaux éléments et composantes.
En se fondant sur les données réunies, on établira
la configuration "officielle" de chaque système de missiles, qui
sera utilisée pour les inspections futures et pour le traitement
automatique des données fournis par les caméras de surveillance.
9. La CSNU 81/MB25 a séjourné en Iraq du
14 au 22 juin 1994. Elle avait un double objectif : d'une part, présenter
aux experts iraquiens les définitions que la Commission élaborait
pour les articles à double usage et les technologies figurant à
l'annexe IV du plan de contrôle et de vérification continus,
d'autre part, examiner avec eux certains aspects des activités passées,
désormais interdites, notamment la production de missiles, les projets
de modification et les approvisionnements extérieurs. Dans le cadre
de la vérification du respect par l'Iraq de la résolution
687 (1991), l'équipe avait pour tâche spéciale d'obtenir
des informations sur l'utilisation présumée, en décembre
1990, d'un radar de poursuite à l'appui de tirs de missiles interdits.
Les responsables iraquiens ont catégoriquement nié que le
radar ait été utilisé au cours des essais en question
ou même qu'il ait été prévu de l'utiliser dans
des activités liées à des missiles interdits. Ces
délégations vont à l'encontre des renseignements obtenus
par la Commission, qui poursuit actuellement ses investigations en vue
d'une décision finale quant à l'utilisation de ce radar.
10. La Commission a décidé d'utiliser des
caméras et autres capteurs pour accroître l'efficacité
des activités de contrôle dans diverses installations associées
aux missiles qu'elle a décidé de contrôler. Le travail
de plusieurs équipes d'inspection (dont les CSNU 66, 69 et 71) a
permis de définir différents secteurs équipés
du matériel ou des technologies indispensables pour acquérir
certains éléments clefs des mécanismes interdits.
De plus, on a déterminé dans quelle mesure des activités
dans ces secteurs se prêtaient à une surveillance par caméra.
Au total, plus de 30 secteurs dans 13 installations ont été
retenus pour la surveillance par caméra.
11. La CSNU 82/MB26 a été chargée
de monter les systèmes de surveillance par caméra. En règle
générale, un système capable de recueillir des données
en permanence comprend : au site surveillé, une ou plusieurs caméras
avec, le cas échéant, des capteurs déclencheurs, une
unité de contrôle, un enregistreur, un groupe d'alimentation
et un émetteur et, au Centre de contrôle et de vérification
de Bagdad, un récepteur, une unité de contrôle et un
enregistreur. Chacun de ces systèmes est autonome, à redondance
intégrée et c'est la Commission qui en assure la sécurité.
Pour les communications qui s'enchaînent, on utilise un système
spécifique.
12. L'équipe a travaillé en Iraq du 3 au
28 juillet 1994 et elle a installé plus de 50 caméras avec
l'équipement associé. Elle a également apposé
des marques et des étiquettes d'inventaire sur le matériel
devant être contrôlé. Elle a utilisé des marques
inviolables, spécialement conçues pour être très
fiables, durables et utiles pour le contrôle des stocks.
13. Après une période de mise en service
des systèmes de caméra, une équipe spéciale
chargée de tester les capteurs s'est rendue en Iraq du 8 au 16 août
1994. Elle avait pour mission de valider les fonctions opérationnelles
des systèmes de caméra de surveillance (par des contrôles
de la technologie des capteurs et des communications), les procédures
d'utilisation et d'entretien et les modalités de traitement. Elle
a formulé des recommandations permettant de mieux tirer parti de
toutes les possibilités des systèmes de contrôle par
capteur dans le secteur des missiles.
14. À ce jour, un mécanisme de collecte
et d'analyse des données des systèmes de caméras a
été mis en service à titre provisoire.
15. L'équipe a séjourné en Iraq du
15 au 24 juillet 1994, sa mission principale étant de mettre à
jour les informations fournies par l'Iraq ainsi que les évaluations
faites par la Commission des activités de recherche-développement
menées en Iraq sur les missiles. La Commission procède à
de telles mises à jour, sur la base des déclarations et des
rapports spéciaux de l'Iraq et des données rassemblées
par les équipes d'inspection, deux fois par an. La CSNU 85/MB27
était la deuxième équipe à effectuer ce travail.
16. Elle a eu de longues discussions avec des responsables
et des spécialistes des missiles iraquiens pour obtenir des informations
pertinentes. L'Iraq a présenté un rapport détaillé
sur ses programmes balistiques actuels applicables à des missiles
surface-surface d'une portée supérieure à 50 kilomètres.
L'équipe a réaffirmé les restrictions imposées
par la Commission sur certaines caractéristiques des missiles qui
permettraient d'atteindre une portée interdite.
17. La CSNU 85/MB27 était également chargée
d'examiner diverses questions se rapportant aux activités de recherche-développement
menées par l'Iraq dans le cadre des programmes balistiques passés
désormais interdits.
18. Une fois terminée l'opération initiale
dans le domaine des missiles, la Commission a décidé d'envoyer
au Centre de contrôle et de vérification de Bagdad le premier
groupe balistique (GB 1), composé d'inspecteurs résidents.
De tels groupes, qui seront un élément essentiel du système
de contrôle et de vérification continus, seront basés
en permanence au Centre. Ils sont chargés de diverses missions importantes
dans le cadre du plan de contrôle et de vérification continus
et devront notamment :
a) Procéder à des inspections de contrôle
régulières à tous les sites associés aux missiles
qui sont soumis au contrôle;
b) Vérifier les missiles opérationnels marqués;
c) Procéder aux premières évaluations
et vérifications des déclarations et rapports de l'Iraq;
d) Tenir à jour l'inventaire des articles soumis
au contrôle;
e) Superviser le fonctionnement du système de contrôle
par capteurs et procéder à une première sélection
des produits.
19. Le premier groupe de contrôle, arrivé
en Iraq le 17 août, est composé de quatre experts. Le personnel
sera relevé tous les trois mois, la première relève
étant prévue pour le 14 octobre 1994. À ce jour, le
GB 1 s'est rendu dans plus de 40 installations surveillées et il
a présenté plusieurs rapports à la Commission.
20. Pour établir une base de référence
solide et vérifiée permettant un contrôle et une vérification
continus, la Commission doit obtenir un tableau complet et détaillé
des capacités balistiques de l'Iraq, à la fois passées
et présentes. En vertu des résolutions 687 (1991), 707 (1991)
et 715 (1991) du Conseil de sécurité, l'Iraq est tenu de
fournir un état complet et définitif de tous les aspects
de ses programmes interdits et d'apporter promptement des réponses
complètes à toute question ou demande de la Commission. Grâce
à ses activités d'inspection, aux longues discussions techniques
qu'elle a eues avec les autorités iraquiennes et à ses analyses
approfondies, la Commission dispose à présent d'un tableau
beaucoup plus complet et précis, par rapport à celui que
l'Iraq avait présenté dans son rapport officiel "complet
et définitif", soumis en mai 1992.
21. La Commission a poursuivi l'examen des questions relatives
aux programmes balistiques antérieurs qui sont désormais
interdits, en mettant l'accent sur la vérification des informations
fournies par l'Iraq, concernant l'acquisition à l'étranger
de missiles interdits -- leurs éléments et les installations
de fabrication connexes. Elle a vérifié activement ces informations
ainsi que d'autres renseignements communiqués par l'Iraq.
22. Les questions relatives aux programmes antérieurs
ont également été examinées avec l'Iraq pendant
les séries de pourparlers de haut niveau qui ont eu lieu en avril
et en septembre 1994. Au cours de la période considérée,
plusieurs équipes d'inspection ont aussi abordé ces questions
avec des responsables iraquiens. L'Iraq ne fournissait pas spontanément
les renseignements mais il ne refusait pas non plus de répondre
aux questions posées par la Commission. En général,
les informations communiquées par ce pays concordaient avec celles
que la Commission a obtenues auprès d'autres sources. Il reste encore
certaines explications à obtenir et des points à éclaircir.
23. Le programme de contrôle actuellement en place
pour les activités balistiques est un dispositif à plusieurs
niveaux qui doit permettre d'accomplir, de manière efficace et pratique,
les tâches prévues dans le plan de contrôle et de vérification
continus. Il comprend notamment :
a) Un ensemble de sites et d'installations actuellement
impliqués dans des activités balistiques et dotés
de capacités correspondantes. À l'heure actuelle, plus de
30 installations sont ainsi placées sous surveillance;
b) Des activités jouant un rôle crucial pour
la réacquisition de missiles interdits. Des dispositifs de contrôle
spéciaux -- systèmes de caméras -- ont été
mis en place. Parmi les principaux éléments qui doivent faire
l'objet d'un contrôle, on peut citer les mélangeurs/extrudeuses
pour propergols, le matériel employé pour la fabrication
de moteurs à combustible liquide et l'équilibrage gyroscopique,
les chaînes de montage de missiles/d'ogives, les souffleries et les
bancs d'essais statiques;
c) Des matériels spécialisés et à
double usage. Un système de contrôle des stocks adéquat
a été mis en place. Par exemple, la Commission a marqué
près de 200 articles, et de nombreux autres tombent sous le coup
des protocoles qui ont été établis pour les installations;
d) Les engins opérationnels, soit conçus
comme des missiles sol-sol d'une portée supérieure à
50 kilomètres, soit susceptibles d'être modifiés dans
ce sens. La Commission a marqué plus de 1 300 missiles et des vérifications
auront lieu régulièrement afin de s'assurer qu'ils n'ont
pas été modifiés.
24. Dans le cadre de son programme de contrôle en
cours, la Commission aurait recours à des modalités d'inspection
diverses, notamment :
a) Des contrôleurs résidents (groupes balistiques)
affectés au Centre de contrôle et de vérification de
Bagdad pour mener à bien diverses tâches en matière
de surveillance et de vérification. Il est prévu que ces
groupes effectueraient plus de 150 visites d'inspection par an dans les
installations placées sous surveillance;
b) Un dispositif de surveillance par caméras et
par capteurs dans certains secteurs pour recueillir continuellement des
données sur les activités observées;
c) Des équipes d'inspection spéciales chargées
d'étudier des aspects particuliers, par exemple les activités
de recherche-développement, les essais balistiques statiques et
en vol;
d) Des équipes d'inspection chargées de
contrôler le respect des dispositions pertinentes de la résolution
687 (1991) par l'Iraq;
e) Des activités de contrôle balistique complétées
par des inspections et une surveillance aériennes menées
par la Commission.
25. Il convient de noter que l'application des dispositions
du plan de contrôle et de vérification continus relatives
aux missiles exigera, de la part de l'Iraq, une transparence à l'égard
des activités qui doivent faire l'objet d'un contrôle dans
le cadre du plan.
26. En résumé, les éléments
requis pour le contrôle et la vérification sont en place et
ont commencé à fonctionner.
27. Depuis le dernier rapport, la Commission a déployé
des activités dans quatre domaines afin de mettre en oeuvre les
aspects du plan relatifs au contrôle des armes chimiques. En premier
lieu, elle continue d'enquêter sur les anciens programmes de l'Iraq
en organisant des séminaires avec les responsables iraquiens compétents
et en leur posant des questions. Il est en effet essentiel, pour mener
à bien la conception et l'application du régime de contrôle
et de vérification continus, de connaître parfaitement les
capacités techniques et les fournisseurs de l'Iraq en matériel
de fabrication et en précurseurs, ainsi que les activités
passées de production d'armes chimiques. En deuxième lieu,
la Commission a procédé au nettoyage de l'établissement
d'État de Muthanna et à son transfert à l'Iraq. Cette
installation constituait la clef de voûte de l'ancien programme d'armement
chimique de l'Iraq et contenait la majeure partie des agents chimiques
déclarés ou découverts, des munitions remplies et
du matériel de production et de remplissage des munitions. Les équipes
chargées de l'étude du site et de son transfert ont établi
que l'installation ne contenait aucune matière interdite et que
tout le matériel à double usage était bien marqué
et enregistré. En troisième lieu, la Commission a envoyé
dans un certain nombre de sites trois missions chargées de mettre
au point les protocoles. En quatrième et dernier lieu, le groupe
chimique, qui fait partie du Centre de contrôle et de vérification
de Bagdad, est arrivé en Iraq et a commencé à opérer.
28. Les activités de la CSNU 67/AC13 concernant
l'établissement d'inventaires et la mise au point des protocoles,
et celles de la CSNU 70/AC14 concernant l'installation d'échantillonneurs
d'air, ont été décrites en détail au chapitre
II.2.B de l'annexe I du document D/1994/489.
29. La 75e équipe de la CSNU (la 16e consacrée
aux armes chimiques) a procédé du 25 mai au 5 juin 1994 à
la première série d'inspections dans le domaine des armes
chimiques. Elle était chargée d'effectuer des inspections
initiales et d'établir des protocoles pour les sites chimiques généraux
dont on sait qu'ils étaient reliés aux anciens programmes
d'armement chimique iraquiens ou qu'ils ont des capacités à
double fin particulièrement importantes pour le futur système
de contrôle et de vérification continus.
30. L'équipe a élaboré des protocoles
pour 14 sites, qui comprennent des données sur la disposition des
lieux, les procédés mis en oeuvre, les précurseurs
utilisés et les déchets produits. Elle a pu faire des recommandations
concernant la fréquence des inspections de contrôle de ces
sites. Elle a pu également apporter des précisions aux données
de base nécessaires qui avaient été établis
par la CSNU 67/AC13.
31. La destruction des armes chimiques déclarées
ou découvertes ainsi que des équipements et matières
associés avait commencé dans l'établissement d'État
de Muthanna au début de l'été de 1992. Le Groupe de
destruction des agents chimiques a achevé ses travaux au printemps
de 1994. Du fait que le site de Muthanna avait servi à l'Iraq d'installation
principale de production d'armes chimiques et que les articles interdits
en attente de destruction y avaient été rassemblés,
une équipe a été envoyée sur les lieux afin
de certifier que les opérations de destruction avaient été
menées à bien.
32. La 76e mission de la CSNU (la 17e consacrée
aux armes chimiques) a étudié le site de Muthanna du 31 mai
au 12 juin 1994. Elle a effectué d'importantes activités
d'échantillonnage et d'analyse des agents chimiques afin d'être
en mesure de déclarer que le site ne se prêtait pas à
la production d'armes chimiques. Au cours de ses travaux, l'équipe
a noté l'existence de plusieurs équipements et matières
qui appelaient une décision de la Commission sur leur statut. Une
description complète de ces articles a été remise
à l'équipe chargée du transfert de l'installation.
33. En plus des travaux effectués par l'équipe
chargée des levés de site, une autre mission, la CSNU 77/AC18,
a évalué le rapport sur l'analyse de l'environnement effectuée
par la première équipe et a notamment marqué plusieurs
matériels de fabrication d'agents chimiques ainsi que les outils
de travail des métaux à double usage.
34. Une réunion officielle s'est tenue à
la Direction nationale du contrôle à Bagdad le 13 juin 1994.
Les représentants de l'Iraq et de la Commission spéciale
ont signé un protocole décrivant les activités effectuées
par la Commission à Muthanna et les obligations futures de l'Iraq
concernant le site. Cette inspection a mis fin au contrôle de l'installation
par la Commission, qui a duré deux ans.
35. La 89e équipe de la CSNU (la 19e consacrée
aux armes chimiques) a effectué ses activités en Iraq du
10 au 23 août 1994. Elle était chargée d'élaborer
des protocoles pour 22 installations pétrochimiques. Ces sites présentaient
de l'intérêt en raison de la présence éventuelle
d'équipements ou de matières susceptibles de servir à
produire des agents de guerre chimiques ou du matériel pouvant être
utilisé pour stocker de tels agents.
36. L'équipe a vérifié, sur les sites
indiqués aux fins de contrôle, le matériel et les procédés
déclarés, notamment l'alkylation des oléfines catalysée
par l'acide fluorhydrique afin de produire des détergents. Elle
a rassemblé les informations nécessaires pour établir
les protocoles concernant chacun de ces sites et a entrepris une grande
partie des travaux requis à cette fin.
37. La 91e équipe de la CSNU (la 20e consacrée
aux armes chimiques) a effectué ses activités en Iraq du
13 au 24 septembre 1994. Elle était principalement chargée
d'inspecter, aux fins de l'élaboration des protocoles, 12 sites
essentiellement liés à l'industrie des engrais chimiques
afin de relever la présence éventuelle de matériel
à double fin et de matériel ou d'installations redondants,
la capacité des installations et leur utilisation normale, l'emploi
de procédés chimiques inhabituels et les méthodes
d'évacuation des déchets, et d'éclaircir les anomalies
contenues dans les déclarations de l'Iraq concernant ces sites.
L'équipe a pu obtenir les informations nécessaires pour élaborer
les protocoles.
38. Le premier groupe de contrôle dans le domaine
chimique (GC 1), composé de quatre experts, est arrivé en
Iraq le 2 octobre 1994. L'équipe a commencé immédiatement
les inspections. Ces activités serviront à apporter des améliorations
au processus de contrôle des armes chimiques et à préciser
les informations nécessaires pour les protocoles de contrôle
et de vérification et la base de référence.
39. Sous la direction du personnel de la Commission à
New York, le groupe de contrôle chimique basé à Bagdad
sera chargé :
a) D'élaborer et de réviser les protocoles
de contrôle et de vérification des installations;
b) D'effectuer des inspections dans des établissements
de recherche-développement et des établissements universitaires;
c) De marquer et de contrôler le matériel
de traitement chimique à double fin;
d) D'effectuer des inspections de nouveaux sites qui peuvent
être importants pour le régime de contrôle des agents
chimiques;
e) De recueillir, d'évaluer et d'enregistrer les
données provenant des capteurs de contrôle;
f) De fournir des avis techniques au groupe chargé
de contrôler les importations/exportations.
40. Comme on l'a souligné à plusieurs reprises
dans le présent rapport, il est essentiel d'avoir une connaissance
approfondie des anciens programmes iraquiens pour pouvoir avoir confiance
dans les informations de base qui permettront d'effectuer les activités
de contrôle et de vérification continus. La Commission a continué
de s'employer à combler les lacunes des déclarations de l'Iraq
concernant ses anciens programmes d'armement chimique, en particulier en
ce qui concerne les fournisseurs et les quantités d'équipements
et de matières obtenus, et à vérifier de manière
indépendante la comptabilité de l'ancien programme iraquien.
41. Lors des pourparlers politiques de haut niveau tenus
à New York en novembre 1993 entre la Commission et le représentant
de l'Iraq, il a été suggéré d'organiser des
séminaires entre les fonctionnaires anciennement chargés
des programmes d'armement chimique iraquiens et les experts de la Commission
afin d'obtenir un tableau plus complet, plus précis et plus détaillé
de ces programmes.
42. Un grand progrès a été accompli
à cet égard en avril 1994 lorsqu'une équipe (CSNU
74/AC15) envoyée en Iraq pour étudier ces problèmes
a obtenu une liste manuscrite des lettres de crédit autorisées
pour l'importation d'articles destinés aux programmes d'armement
chimique. L'Iraq a affirmé que cette liste couvrait tous les achats
pour lesquels on utilisait des lettres de crédit dans le cadre de
ses anciens programmes d'armement chimique. La vérification de ces
nouvelles données sur les achats iraquiens est compliquée
par le fait que les articles en question sont parfois décrits d'une
manière par trop générale. Il est aussi difficile
d'obtenir des confirmations auprès des gouvernements des fournisseurs
présumés. La Commission continue à s'employer activement
à étudier de plus près et à vérifier
ces nouvelles informations qui peuvent être d'une grande importance.
Une fois vérifiées, elles devraient permettre de connaître
avec précision les capacités acquises par l'Iraq et de comptabiliser
les matières et les équipements fournis. La Commission pourrait
ainsi être certaine qu'elle assure le contrôle effectif de
tous les articles à double fin ainsi visés dans le domaine
chimique. Une autre inspection est prévue à cet égard
durant la deuxième quinzaine d'octobre 1994.
43. Outre les activités de contrôle et de
vérification continus effectuées sur les sites pour lesquels
des protocoles ont été mis au point, les membres du groupe
de contrôle chimique (le GC 1) se rendront également dans
divers établissements de recherche chimique qu'il n'est peut-être
pas nécessaire de soumettre à un contrôle régulier.
Ces visites auront pour but de connaître l'orientation et le niveau
de la recherche fondamentale que l'Iraq consacre à la chimie et
aux procédés susceptibles de servir à produire des
agents de guerre chimique et leurs précurseurs.
44. L'équipe cherchera également à
expliquer les anomalies qui persistent dans les déclarations de
l'Iraq concernant ses capacités à double fin. La Commission
a apporté de légères modifications aux modèles
de rapports utilisés par l'Iraq pour indiquer ses capacités
afin de permettre à l'Iraq de rassembler plus facilement les données
voulues et à la Commission de mieux les analyser. L'équipe
expliquera ces modifications à ses homologues iraquiens et fournira
à l'Iraq tous les éclaircissements nécessaires pour
en obtenir des déclarations complètes et cohérentes.
45. La Commission a l'intention d'installer d'autres capteurs
afin de faciliter les activités de contrôle et de vérification
continus dans le domaine chimique. Il est envisagé d'installer 20
autres échantillonneurs d'air dans diverses installations de production
chimique qui présentent un intérêt particulier. Dans
un site au moins, les points de mesure principaux seront équipés
de débitmètres et plusieurs sites seront contrôlés
par des caméras télécommandées.
46. Les échantillons d'air prélevés
seront analysés au début dans des laboratoires situés
à l'extérieur de l'Iraq. Il est toutefois envisagé
d'effectuer ces analyses dans le laboratoire de chimie du Centre de Bagdad,
lorsque celui-ci aura été entièrement équipé.
Seuls les échantillons qui s'écartent de la norme seront
envoyés dans des laboratoires internationaux approuvés afin
d'obtenir confirmation auprès d'un établissement indépendant.
Des opérations d'étalonnage seront entreprises de temps à
autre afin de garantir l'exactitude des analyses effectuées dans
les divers laboratoires.
47. En prévision du contrôle des activités
de l'Iraq dans le domaine biologique, la CSNU a étudié les
sites ou installations concernés et évalué les divers
éléments qui constituent les capacités iraquiennes.
Ces travaux sont fondés sur les déclarations de l'Iraq, dont
la Commission vérifie l'exhaustivité et l'exactitude pour
pouvoir procéder à une analyse complète des moyens
biologiques iraquiens relevant du contrôle et de la vérification
continus.
48. À la suite des discussions tenues à
Bagdad et à New York durant l'automne de 1993, des modèles
de rapports à présenter au titre du plan ont été
fournis à l'Iraq en décembre 1993. Ces modèles visaient
à faciliter la communication d'informations sur les sites ou installations
à double fin, les activités, le matériel, les importations
et exportations et les compétences techniques. En janvier 1994,
l'Iraq a envoyé à la Commission des rapports sur 35 sites
biologiques, mais les réponses qui y figuraient n'étaient
pas toutes complètes et n'ont donc pas permis d'obtenir un aperçu
général des capacités.
49. À l'issue des discussions tenues en février
1994 sur la portée des informations de l'Iraq dans le domaine biologique,
la Commission a présenté, en mars 1994, un modèle
de rapport révisé afin de recueillir plus facilement les
renseignements nécessaires et d'incorporer des questions visant
à combler les lacunes précédentes. Au cours de deux
inspections ultérieures (CSNU 72/AB4 et CSNU 78/AB5), qui ont eu
lieu en avril et mai 1994 respectivement, des équipes de la Commission
se sont rendues sur les sites déclarés par l'Iraq afin de
se familiariser avec les lieux en prévision de l'élaboration
ultérieure des protocoles et de procéder à l'inventaire
et au marquage des articles à double fin déclarés.
Durant ces inspections, de nouveaux entretiens ont eu lieu avec l'Iraq
au sujet des informations requises. Des renseignements complémentaires
ont été obtenus, mais on a découvert par ailleurs
des articles à double fin qui n'avaient pas été déclarés
-- alors qu'ils auraient dû l'être -- et on a noté des
contradictions dans les diverses déclarations iraquiennes. En bref,
les informations contenues dans l'ensemble des déclarations étaient
toujours incomplètes.
50. En conséquence, une équipe (CSNU 86/AB7)
a été envoyée en Iraq en juin 1994 afin de régler
le problème des lacunes, des contradictions et des anomalies figurant
dans les déclarations iraquiennes. À la suite des pourparlers
qui ont eu lieu, l'Iraq a été prié de fournir des
renseignements complémentaires sur 24 sites ayant des activités
et des capacités biologiques. Les discussions ont été
centrées sur les laboratoires d'université, les installations
de production, les brasseries, les sociétés d'importation
et les usines fabriquant en Iraq du matériel susceptible de servir
à produire des agents biologiques.
51. Ce nonobstant, l'équipe d'inspection suivante
(CSNU 84/AB6), qui avait été chargée en juin 1994
d'inspecter divers sites déclarés et non déclarés
afin d'évaluer la nécessité de les contrôler
et les moyens éventuellement requis, a conclu qu'il fallait surveiller
huit des sites non déclarés visités en raison de la
présence d'articles ou d'activités devant faire l'objet de
déclarations. L'Iraq a été à nouveau prié
de compléter et d'expliciter ses déclarations antérieures.
Cette question a été examinée plus avant lors des
pourparlers techniques tenus à New York en juillet 1994.
52. L'étape suivante a consisté à
établir les protocoles de contrôle et de vérification
au cours d'une inspection de deux mois (CSNU 87/AB8) qui s'est déroulée
de juillet à septembre 1994. Durant cette mission, l'équipe
a inspecté d'autres sites non déclarés, a constaté
qu'ils devaient faire l'objet de déclarations et a noté de
nouvelles contradictions entre les déclarations précédentes
et la situation observée sur place par l'équipe, qui avait
découvert du matériel et des activités qui auraient
dû être déclarés et ne l'avaient pas été.
Une inspection de suivi (CSNU 92/AB10) a été organisée
en septembre 1994 afin de régler les questions qui étaient
restées en suspens durant l'inspection consacrée à
l'établissement des protocoles. Les résultats de cette mission
ont été examinés à New York en septembre 1994.
La Commission a alors informé la délégation iraquienne
de haut niveau des diverses mesures prises afin d'obtenir les données
nécessaires pour le contrôle et des difficultés rencontrées
à cet égard, tout en constatant que l'Iraq avait facilité
l'accès aux sites. Il a été convenu qu'une nouvelle
équipe (CSNU 96/AB12) devrait être envoyée en Iraq
afin de présenter une liste de renseignements complémentaires
à fournir. Cette équipe s'est entretenue avec la Direction
nationale du contrôle de l'Iraq du 23 au 26 septembre 1994 et a souligné
que le contrôle exigeait une connaissance approfondie des anciens
programmes iraquiens et qu'il était nécessaire de procéder
à un inventaire complet des articles à double fin. Elle a
proposé des moyens par lesquels l'Iraq pourrait aider la Commission
en étoffant indirectement le relevé de ses anciens programmes
et en fournissant des rapports exacts sur ses activités et ses capacités
à double fin de manière que la Commission s'acquitte plus
rapidement de son mandat. L'Iraq a répété qu'il était
prêt à coopérer et a promis de répondre promptement
à toutes les questions dès qu'il recevrait la liste des renseignements
complémentaires requis.
53. D'avril à octobre 1994, neuf inspections ont
été menées dans le domaine biologique. L'accent a
été mis sur les travaux d'analyse nécessaires pour
assurer l'efficacité du contrôle.
54. L'équipe a mené ses activités
en Iraq du 8 au 26 avril 1994 dans le but d'évaluer les renseignements
fournis par l'Iraq concernant les 35 sites qu'il avait déclarés
en janvier 1994 et les 2 sites désignés par la Commission
: laboratoires d'université, laboratoires de vérification
normale des diagnostics médicaux et vétérinaires et
de contrôle des produits alimentaires, brasseries et fabriques d'alcool,
et installations de production de vaccins, de protéines monocellulaires,
d'engrais, de pesticides et d'huile de ricin.
55. Comme on l'a noté plus haut au paragraphe 49,
cette équipe a également mené des entretiens consacrés
au contenu des déclarations iraquiennes. Juste avant que l'équipe
quitte Bagdad, l'Iraq a présenté à sa demande les
copies des déclarations, informations et données envoyées
à l'ONU en application des accords sur les mesures de confiance
pour l'année 1994, conformément au document BWC/Conf.III/23/II
et à son annexe sur les mesures de confiance.
56. Cette inspection avait pour but d'identifier et d'inventorier
le matériel devant faire l'objet de déclarations au titre
du plan. Il s'agissait de matériel déclaré par l'Iraq
ou de sites observés par la CSNU 72/AB4. Les informations ainsi
obtenues sont traitées par la suite dans une base de données
informatisée qui permettra aux inspecteurs futurs d'y accéder
et de les analyser.
57. La CSNU 78/AB5 a mené ses activités
en Iraq du 28 mai au 7 juin 1994. Elle a visité quelque 31 sites,
dans lesquels elle a identifié, décrit en détail,
marqué et photographié 330 pièces de matériel.
58. Outre l'établissement des inventaires, l'équipe
a examiné avec l'Iraq la question des modifications apportées
à la configuration du matériel à double fin. Il a
été souligné que le contrôle de ce matériel
constituait un élément essentiel du régime de contrôle
des sites et que la Commission devait avoir connaissance de toute modification
apportée à l'emplacement et à la configuration du
matériel. L'équipe a établi une procédure de
préavis de 30 jours pour le transfert ou la modification du matériel
inventorié. L'Iraq a été informé que ces notifications
seraient examinées par la Commission au titre de la procédure
d'approbation tacite. Aucune notification de ce genre n'a encore été
reçue.
59. Des pourparlers techniques (CSNU 86/AB7) se sont tenus
à Bagdad du 5 au 8 juin 1994 dans le but de trouver une explication
aux contradictions et aux anomalies que contiennent les déclarations
soumises par l'Iraq dans le domaine biologique en janvier et avril 1994.
Les résultats de cette mission sont indiqués plus haut au
paragraphe 50.
60. Cette mission avait pour tâche d'inspecter 35
sites biologiques à titre préparatoire ou en prévision
de l'établissement des protocoles. Il s'agissait d'identifier et
d'évaluer les activités réalisées et le matériel
sur place afin de voir si les sites, activités et matériel
en question devaient faire l'objet de déclarations et, partant,
d'un contrôle. La mission a mené ses activités du 24
juin au 9 juillet 1994. En outre, afin de faciliter l'établissement
ultérieur des protocoles concernant les sites biologiques à
contrôler, des protocoles ont été mis au point pour
quatre sites afin de vérifier la viabilité des projets de
document les concernant. Les sites choisis à cet effet avaient déjà
été visités et correspondaient à quatre secteurs
d'activité : fabrique de vaccins, établissement fournisseur,
laboratoire de recherche--développement et installation de production
de protéines monocellulaires.
61. Cette équipe était chargée d'établir
les protocoles des sites identifiés comme devant faire l'objet d'activités
de contrôle et de vérification continus. Elle devait mettre
au point des directives, des questionnaires et des instructions détaillées
à l'intention des inspecteurs qui seraient basés au Centre
de contrôle et de vérification de Bagdad.
62. L'équipe a effectué ses activités
en Iraq du 25 juillet au 8 septembre 1994. Elle devait établir des
protocoles pour 55 sites. Elle a effectué trois séjours d'une
durée de 10 jours chacun et s'est rendue dans les installations
désignées par la Commission. Chacun de ces séjours
a été suivi, au Bureau de Bahreïn, d'une session de
six jours consacrée à la mise au point des protocoles.
63. Avant l'inspection, la Commission avait fourni à
l'équipe une grande quantité d'informations de base provenant
de déclarations précédentes et de rapports spéciaux
ainsi que des résultats d'inspection et des travaux d'évaluation
effectués par les experts de la Commission. L'équipe a dû
néanmoins recueillir de nombreux renseignements complémentaires
afin de pouvoir établir les protocoles, en raison des contradictions
constatées entre le contenu des déclarations et la situation
observée sur le terrain (voir plus haut le paragraphe 52). Au cours
de ces inspections, l'Iraq a fourni les plans de site et les organigrammes
qui avaient été demandés lors d'inspections précédentes
et qui n'avaient pas été reçus.
64. Cette équipe avait pour tâche d'effectuer
une étude de faisabilité de la télésurveillance
dans le domaine biologique et, pour les sites retenus à cet égard,
de définir la portée et les conditions appropriées
pour l'installation des appareils.
65. L'équipe a effectué sa tâche en
Iraq du 20 au 25 août 1994 et a visité cinq installations
biologiques. Elle a conclu que du matériel de télésurveillance
pouvait constituer dans ces emplacements un moyen efficace de compléter
les inspections sur place.
66. Cette équipe avait pour but de visiter des
sites entrant dans le cadre des deux grands types d'inspection ci-après
:
a) Inspection initiale de sites supplémentaires
afin d'évaluer les activités qui s'y déroulent et
d'identifier le matériel à double fin qui s'y trouve, en
vue d'établir ultérieurement les protocoles;
b) Inspection de suivi de sites déclarés
afin de compléter les protocoles applicables.
67. L'équipe a effectué sa tâche en
Iraq du 29 août au 3 septembre 1994. Elle a visité sept sites,
ce qui lui a permis d'acquérir des informations plus détaillées
ou nouvelles. Ces informations sont en cours d'analyse par le personnel
de la Commission à New York.
68. Cette équipe a tenu à Bagdad, du 23
au 26 septembre 1994, de nouveaux pourparlers techniques dans le domaine
biologique. Les résultats sont indiqués au paragraphe 52
ci-dessus.
69. En l'absence proclamée de documents d'appui,
il a été difficile de vérifier le relevé par
l'Iraq de son ancien programme militaire dans le domaine biologique. Divers
aspects du programme n'ont pas encore été vérifiés,
tels que le stockage de matériel et d'organismes, le personnel,
les rapports entre les sites déclarés de recherche en matière
de guerre biologique et les autres organisations et installations, et l'acquisition
de biotechnologies. Des renseignements complémentaires ont été
obtenus dans un grand nombre de ces domaines au cours des inspections initiales,
mais ils restent insuffisants. La Commission continue de suivre activement
cette question dans le cadre de ses contacts avec l'Iraq.
70. La CSNU 94/AB11 a été envoyée
en Iraq le 29 septembre 1994 afin de poursuivre les activités d'inventaire
et de marquage du matériel biologique à double fin, que la
CSNU 78/AB5 avait entamées en mai 1994. Du fait que des renseignements
complémentaires ont été reçus et que du matériel
qui aurait dû être déclaré a été
découvert durant les inspections effectuées depuis le premier
inventaire, il est devenu nécessaire de réaliser de nouveaux
inventaires dans une cinquantaine de sites. L'équipe cherchera également,
en vue de remédier au problème, à déterminer
les circonstances dans lesquelles des dispositifs de marquage ont été
endommagés ou perdus, comme il a été constaté
durant des inspections récentes. L'équipe doit rester environ
deux semaines en Iraq et visiter divers sites relevant du secteur de la
recherche-développement (universités et instituts de recherche)
et de l'industrie (fabriques de vaccins et usines pharmaceutiques).
71. Lorsque la mise au point des protocoles pour chacun
des sites biologiques à contrôler sera achevée dans
un avenir proche, le contrôle dans le domaine biologique sera effectué
suivant les mêmes principes que dans les secteurs balistique et chimique,
une équipe d'experts résidents étant basée
au Centre de contrôle et de vérification de Bagdad. Il est
actuellement envisagé que cette équipe comprenne quatre experts.
72. Le Directeur général de l'Agence internationale
de l'énergie atomique (AIEA) doit présenter séparément
un rapport sur les activités du groupe d'action créé
pour appliquer les paragraphes 12 et 13 de la résolution 687 (1991)
du Conseil de sécurité ainsi que le plan de contrôle
et de vérification continus de l'AIEA approuvé par le Conseil
de sécurité dans sa résolution 715 (1991).
73. La Commission spéciale continue, conformément
au paragraphe 9 b) iii) de la résolution 687 (1991) et au paragraphe
4 b) de la résolution 715 (1991), de faire bénéficier
de son assistance et de sa coopération le groupe d'action de l'AIEA
en lui fournissant les connaissances spécialisées et les
services logistiques, les informations et les autres formes d'appui opérationnel
nécessaires pour l'exécution du plan de contrôle et
de vérification continus de l'AIEA. Conformément au paragraphe
9 b) i) de la résolution 687 (1991) et au paragraphe 4 a) de la
résolution 715 (1991), elle continue de désigner des sites
devant faire l'objet d'inspections. Conformément au paragraphe 3
iii) de la résolution 707 (1991), elle continue de recevoir des
demandes de l'Iraq visant à déplacer ou détruire du
matériel ou des équipements liés à son programme
d'armes nucléaires ou autres activités nucléaires,
et de prendre une décision à cet égard. En outre,
conformément au paragraphe 4 c) de la résolution 715 (1991),
elle continue d'exercer, en coopération avec le Directeur général
de l'AIEA dans le domaine nucléaire, les autres fonctions qui pourraient
être nécessaires à la coordination des activités
au titre des plans de contrôle et de vérification continus,
notamment en tirant parti dans toute la mesure du possible des services
ou de l'information couramment disponibles afin d'atteindre à l'efficacité
maximum et d'utiliser au mieux les ressources.
74. Conformément à ses obligations pour
ce qui est de désigner des sites devant faire l'objet d'inspections,
la Commission a effectué à la fin de 1993 un deuxième
levé aérien de détection gamma au-dessus de certains
emplacements en Iraq. Les résultats de l'analyse de ce levé
ont été examinés lors d'une réunion tenue en
septembre 1994 à New York. L'évaluation du système
de détection et de levés gamma a permis de conclure que le
matériel pouvait grandement aider la Commission à appuyer
les travaux du Groupe d'action de l'AIEA.
75. L'équipe d'inspection aérienne continue
d'inspecter les sites faisant l'objet d'un contrôle ainsi que de
nouvelles installations susceptibles d'entrer dans le cadre du mandat de
la Commission. Elle fournit aussi, le cas échéant, un appui
aux inspections terrestres. Toutes les inspections aériennes continuent
d'être effectuées sans préavis. À ce jour, l'équipe
a entrepris quelque 500 inspections de ce genre.
76. Face à l'évolution des besoins concernant
le contrôle et la vérification continus, l'équipe d'inspection
aérienne apporte actuellement un certain nombre de modifications
à ses méthodes de travail. Des membres des groupes d'experts
actuellement mis en place au Centre de Bagdad participent aux travaux de
l'équipe d'inspection aérienne. Ces experts peuvent ainsi
conseiller les inspecteurs en mission aérienne quant à certains
aspects particulièrement importants dans les installations.
77. La photothèque de l'équipe d'inspection
aérienne, qui se trouve actuellement au Bureau de la Commission
à Bahreïn, sera transférée sous peu au Centre
de Bagdad. Elle contient des reproductions de toutes les images et de tous
les rapports établis par l'équipe depuis le début
de ses inspections en juin 1992. L'accès immédiat à
ces archives facilitera la tâche des équipes aériennes
et terrestres en leur permettant d'étudier à l'avance les
sites à inspecter et de mieux détecter toute modification
extérieure apportée à une installation depuis l'inspection
précédente. Outre la photothèque, le laboratoire photographique
de l'équipe d'inspection aérienne sera également transféré
au Centre, ce qui permettra d'accéder rapidement aux résultats
des missions aériennes. Au cours des trois prochains mois, du matériel
supplémentaire sera fourni à l'équipe afin de l'aider
à améliorer les résultats des inspections aériennes.
78. L'avion de reconnaissance à haute altitude
de la Commission (U-2) continue d'effectuer en moyenne un ou deux vols
par semaine. À ce jour, 224 missions ont été effectuées.
Les images ainsi obtenues sont indispensables à la Commission pour
analyser les capacités de l'Iraq et pour planifier ses opérations.
Les moyens de photo-interprétation de la Commission ont encore été
améliorés au cours de la période considérée.
1. L'idée de créer un Centre pour appuyer
l'exécution du programme de contrôle et de vérification
continus est devenu un objectif opérationnel au début de
1994. À la demande du Président exécutif, le Chef
du Bureau extérieur de la Commission spéciale à Bagdad
a étudié comment disposer d'une zone sûre pour la collecte
des données provenant du système de surveillance des missiles
balistiques par caméra. Le 7 février, il a présenté
un rapport dans lequel il recommandait les locaux de l'Organisation des
Nations Unies à l'hôtel du Canal. Le 7 mars, le Président
exécutif a officiellement approuvé le site choisi ainsi qu'un
plan d'action détaillé prévoyant l'acquisition de
15 chambres au 2e étage de l'hôtel.
2. L'hôtel du Canal a été affecté
à l'usage exclusif de l'ONU au milieu des années 80. Il était
exploité comme établissement de formation depuis 1978, parallèlement
à une école hôtelière qui continue de fonctionner
dans des bâtiments contigus. L'hôtel est géré
par le Groupe administratif des Nations Unies à Bagdad pour le compte
de diverses institutions des Nations Unies dont la Commission spéciale.
Le complexe est gardé par un petit contingent de l'armée
iraquienne. L'entrée principale et ses environs immédiats
sont gardés par des gardes du Groupe administratif, dont tous sont
des nationaux iraquiens dont le Ministère iraquien des affaires
étrangères a approuvé le recrutement par l'ONU. La
Commission s'est efforcée d'obtenir des locaux pour maintenir une
présence continue en Iraq (outre la présence au sein du Bureau
extérieur de la Commission d'un petit contingent pour l'appui logistique,
le service médical et les communications), et d'y ménager
une zone sûre pour conserver les informations confidentielles provenant
des inspections et des activités de contrôle.
3. Au milieu du mois d'avril 1994, le Président
exécutif a reçu un rapport final d'une équipe technique,
qui concernait la conception et l'installation sur 14 (à l'époque)
sites en Iraq d'un système de surveillance des missiles par caméra,
le raccordement de ces caméras au Centre, la transmission de données
de New York et Vienne au Centre et vice versa, et les installations nécessaires
aux analyses. L'équipe technique a également mené
une nouvelle évaluation des besoins du Centre en matière
de communications et de sécurité. Les plans concernant le
transfert du Bureau extérieur de la Commission de l'hôtel
Ishtar Sheraton au Centre ont en outre été achevés.
4. En mai 1994, dans le cadre d'un échange de lettres,
le Ministre iraquien des affaires étrangères a accepté
une proposition du Président exécutif tendant à ce
que l'hôtel du Canal soit désigné comme Centre de contrôle
et de vérification de Bagdad. Le Président a aussi nommé
le contre-amiral (retraité) Göran Wallén (Suède)
comme premier Directeur du Centre. Le 20 mai 1994, la Commission a présenté
une évaluation de ses besoins en personnel et en matériel
aux représentants de 20 missions permanentes auprès de l'ONU,
et demandé que les États Membres intéressés
fassent connaître leur intention de fournir leur appui au plus tard
le 1er juillet 1994.
5. À côté du petit groupe de fonctionnaires
internationaux de l'ONU affectés au Bureau extérieur de la
Commission, le Centre accueillerait des groupes de contrôle et du
personnel d'appui technique, soit environ 50 personnes au total. Le personnel
serait recruté pour une période minimum de 90 jours dans
les États dont les gouvernements fournissent un appui à la
Commission. Celle-ci a essayé d'obtenir des engagements de la part
des gouvernements pour pourvoir certains postes pour des périodes
définies ou à titre permanent. Certains gouvernements ont
rapidement manifesté leur appui, par exemple celui de la Nouvelle-Zélande
qui fournit du personnel médical et des spécialistes des
communications. Si l'on inclut l'unité héliportée
mise à la disposition de la Commission par l'armée allemande
et stationnée sur la base aérienne Al-Rasheed dans les ressources
du Centre, l'effectif total du Centre serait d'environ 80 personnes. Tandis
que les gouvernements évaluaient l'état des besoins présenté
par la Commission le 20 mai 1994, le personnel de la Commission à
New York a commencé, auprès des gouvernements fournissant
des contributions, le processus de recrutement de personnes connues pour
leurs compétences techniques et qui, dans de nombreux cas, avaient
une expérience des inspections de la Commission. Dans le cadre de
ce processus, plusieurs gouvernements ont proposé du personnel à
la Commission, à savoir des spécialistes de toute une gamme
de disciplines susceptibles d'être affectés au Centre ou dans
les équipes d'inspection.
6. Comme la Commission établissait ses besoins
en matériel pour le programme de contrôle et de vérification
continus, plusieurs gouvernements contributeurs ont mis à sa disposition
des systèmes informatiques et de communication, des stations de
prélèvement d'atmosphère et des caméras et
autres matériels de détection, ainsi que des experts techniques
chargés d'installer et de faire initialement fonctionner ce matériel
sur des sites éloignés et dans les locaux du Centre. Un gouvernement
a par exemple fourni des caméras de détection des intrusions
et de surveillance pour l'intérieur des locaux du Centre. Un autre
gouvernement a donné plus de 50 caméras pour la surveillance
des sites éloignés. Un autre encore a financé l'achat
de matériel informatique destiné à être utilisé
au Centre.
7. En juin 1994, le Groupe administratif des Nations Unies
à Bagdad a aidé la Commission à procéder à
une évaluation préliminaire des travaux d'aménagement
nécessaires pour permettre l'exécution des diverses activités
du Centre. Afin de mieux utiliser la superficie disponible, par exemple,
le Groupe administratif des Nations Unies à Bagdad a, à titre
expérimental, enlevé les cloisons des salles de bains dans
plusieurs chambres. Chaque chambre comprenait une salle de bains. On a
calculé qu'en supprimant la salle de bains on augmentait de 27 %
la superficie disponible dans chaque chambre. Sur cette base, et compte
tenu d'autres considérations, les allocations initiales de superficie
à l'intérieur du Centre ont montré qu'il faudrait
plus de chambres que les 15 prévues initialement. Les besoins des
contrôleurs de l'AIEA ont été inclus dans ceux du Centre.
Ces études ont aussi montré qu'il fallait que la Commission
s'assure les services d'ingénieurs civils pour évaluer les
systèmes électriques, de chauffage et de climatisation et
pour superviser les travaux de rénovation.
8. Le Groupe administratif, le Bureau extérieur
de la Commission et les institutions des Nations Unies installées
à l'hôtel du Canal ont élaboré un plan de redistribution
des superficies pour tenir compte des besoins croissants de la Commission.
Au milieu de juillet, la Commission s'est vu attribuer la plus grande partie
du 2e étage, avec possibilité d'expansion si nécessaire.
9. Le Gouvernement iraquien a offert de construire près
du Centre un mât de communications de 92 mètres pour répondre
aux besoins de la Commission en la matière, afin qu'il ne lui soit
plus nécessaire de recourir aux transmissions à distance
par l'intermédiaire de l'antenne installée sur le toit de
l'hôtel Ishtar Sheraton. Ce mât a été érigé
en deux semaines, du 13 au 25 juin 1994, et a été rapidement
mis en service par la Commission. Par sa hauteur, cette antenne répond
pleinement aux besoins de la Commission s'agissant de communiquer avec
des sites isolés. En outre, la taille des plate-formes du mât
(environ une tous les 2 mètres) offre à la Commission et
aux autres institutions des Nations Unies la possibilité d'ajouter
du matériel pour compléter le système.
10. Le rythme de la construction du Centre s'est accéléré
lorsque la Commission, l'AIEA et le Gouvernement iraquien ont annoncé
conjointement, le 5 juillet 1994, que le Centre de contrôle et de
vérification continus de Bagdad serait provisoirement opérationnel
en septembre 1994. Au milieu du mois de juillet 1994, le Président
exécutif a accepté, sur l'offre du Gouvernement iraquien,
que celui-ci exécute les plus gros travaux de rénovation
à l'intérieur du Centre afin que ce dernier soit comme prévu
prêt pour septembre. Le Gouvernement a chargé l'entreprise
Al-Fao de la conception et de l'exécution des aménagements
nécessaires pour répondre aux besoins du Centre. Les travaux
de démolition et de construction ont été effectués
entre le 8 août et le 27 septembre 1994. Ces importants travaux de
rénovation ont été exécutés sous la
supervision d'ingénieurs des travaux publics d'un gouvernement fournissant
son appui.
11. Comme les travaux s'organisaient, le personnel du
Centre s'est installé dans le bâtiment de l'hôtel du
Canal. Le 31 juillet 1994, le personnel de la salle d'opérations
de la Commission à l'hôtel Ishtar Sheraton a déménagé
à l'hôtel du Canal. Le 1er août 1994, le Directeur a
été investi de la responsabilité des activités
de la Commission à Bagdad. Le Chef de l'ancien Bureau extérieur
a été nommé Chef des services logistiques du Centre.
12. Le premier groupe de contrôle résident
du Centre est arrivé à Bagdad le 17 août. Cette équipe
de quatre personnes, des experts de la surveillance des missiles (le "MG1"),
a bientôt été suivie par le groupe de contrôle
nucléaire (le "NMG 94-01"), une équipe de deux personnes,
le 22 août 1994. (Le nombre des membres du NMG 94-01 est passé
à trois le 29 septembre). Le 2 octobre 1994, les premiers membres
du groupe chargé des armes chimiques sont arrivés à
Bagdad. Les premiers membres du groupe chargé des armes biologiques
devraient y arriver sous peu.
13. Le groupe du contrôle des missiles et le groupe
de contrôle nucléaire ont commencé à contrôler
des activités sur divers sites dans l'ensemble du pays. Les systèmes
de télésurveillance par caméra ont fait l'objet d'essais,
et l'on a examiné les scellés de la Commission et de l'AIEA
pour vérifier que le matériel n'avait pas été
touché ni endommagé au cours du transport. Plusieurs équipes
d'inspection ont utilisé les installations temporaires situées
à l'intérieur du Centre.
14. Comme le personnel commençait à arriver,
l'on a poursuivi les préparatifs du transport des bureaux et des
fonctions du Centre vers leurs locaux permanents. Les portes de sécurité
du Centre contrôlent l'accès à 49 chambres au 2e étage
de l'hôtel du Canal. Du mobilier a été donné
pour le Centre par les ambassades australienne et américaine. Du
mobilier de bureau a aussi été acheté à l'ex-Commission
économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO) à Bagdad.
15. Durant les derniers jours de la période couverte
par le présent rapport, une équipe de spécialistes
de la sécurité a longuement examiné les installations
pour faire des recommandations quant à la sécurité
du Centre. Plusieurs gouvernements contributeurs se sont engagés
à donner du matériel et à prêter des techniciens
pour faire en sorte que le programme de sécurité fasse partie
intégrante du programme d'activités du Centre. Ces engagements
concernent notamment la fourniture, pour l'entretien, la réparation
et la rénovation du Centre, de ressources renouvelables qui doivent
permettre d'assurer la viabilité de celui-ci aussi longtemps que
ses activités demeureront nécessaires.
1. La question du financement des activités de
la Commission et de l'AIEA au titre de la section C de la résolution
687 (1991) du Conseil de sécurité et les autres résolutions
pertinentes continue d'être extrêmement préoccupante.
La résolution 699 (1991) du Conseil dispose expressément
que l'Iraq "prendra à sa charge la totalité du coût
de l'exécution des tâches autorisées par la section
C". Toutefois, les seuls fonds iraquiens disponibles pour financer les
activités en question sont les avoirs iraquiens gelés que
les États Membres ont, en vertu du paragraphe 1 de la résolution
778 (1992), versés au compte séquestre ouvert par l'Organisation
des Nations Unies en application de la résolution 706 (1991) du
Conseil de sécurité. Dans la mesure où ces fonds n'ont
pas été suffisants pour satisfaire à tous les besoins
de la Commission d'indemnisation, de la Commission spéciale, de
l'AIEA et des autres activités menées par les Nations Unies
en Iraq en application des résolutions du Conseil, toutes ces activités
ont dû être financées par des contributions volontaires
des États. À cet égard, on se souviendra que dans
sa résolution 699 (1991), le Conseil, outre qu'il énonçait
les obligations de l'Iraq, encourageait "tous les États Membres
à fournir l'assistance la plus large possible, en espèces
et en nature, pour faire en sorte que les activités prévues
à la section C de la résolution 687 (1991) soient menées
efficacement et rapidement". Le Conseil a complété cette
demande dans sa résolution 715 (1991) lorsque, approuvant les plans
de contrôle et de vérification continus soumis par la Commission
et par l'AIEA, il a demandé qu'une telle assistance soit fournie
"afin d'aider [la Commission et l'AIEA] à mener à bien leurs
activités au titre des plans approuvés par la présente
résolution, sans préjudice de l'obligation qui incombe à
l'Iraq de défrayer intégralement le coût de ces activités".
2. Un certain nombre de gouvernements ont répondu
généreusement aux appels ainsi lancés par le Conseil
et ont fourni des espèces, du matériel, des services et du
personnel. On ne peut toutefois compter que la générosité
des gouvernements continuera indéfiniment, ou que les fonds versés
au compte séquestre seront suffisants, même dans un avenir
immédiat, pour exécuter les diverses activités financées
par prélèvement sur ce compte, le Fonds de la Commission
d'indemnisation ayant la priorité à cet égard.
3. D'ici la fin de 1994, la Commission spéciale
et l'AIEA auront dépensé un total de 81,5 millions de dollars
pour leurs activités, y compris le coût des contrats d'enlèvement
du combustible nucléaire neuf et irradié. Soixante et onze
millions quatre cent mille dollars ont été prélevés
sur le compte séquestre et 9,4 millions de dollars correspondent
à des contributions directes et des prêts. Les dépenses
de fonctionnement de la Commission aux fins du contrôle à
long terme se composeront essentiellement des frais de voyage et de l'indemnité
de subsistance des experts et des traitements du personnel administratif
et d'appui fourni par l'Organisation des Nations Unies. On estime que la
Commission et l'AIEA auront besoin de 25 millions de dollars en 1995 pour
financer leurs activités. Cette prévision postule que les
gouvernements prendront à leur charge la rémunération
des experts et du personnel technique et que le matériel de contrôle,
c'est-à-dire les caméras, les détecteurs et le matériel
de traitement et d'analyse des données, sera fourni par des pays
donateurs. Toutefois, si les États Membres ne versent pas de nouveaux
fonds réservés à la Commission au compte séquestre,
ceux dont elle dispose actuellement sur ce compte seront épuisés
à la fin de l'année 1994.
4. Les contributions en espèces ou en nature fournies
par les gouvernements peuvent être soit des dons, soit des contributions
remboursables lorsque l'on disposera de fonds iraquiens suffisants. En
conséquence, la Commission spéciale, agissant en vertu des
résolutions du Conseil de sécurité, a sollicité
directement auprès de gouvernements, à titre de contributions,
les services, le matériel et le personnel qui lui sont nécessaires
pour s'acquitter de son mandat. Elle a aussi pris à l'égard
des gouvernements les engagements voulus pour le cas où ces derniers
indiqueraient qu'ils ont l'intention de demander le remboursement de leurs
contributions en vertu des résolutions du Conseil lorsque les fonds
provenant de la vente du pétrole iraquien seront disponibles. Cette
procédure directe, autorisée par le Conseil, est essentielle
pour que la Commission puisse s'acquitter de son mandat en temps voulu,
et la Commission continuera de l'utiliser.
5. L'établissement d'un contrôle et d'une
vérification continus ont nécessité une restructuration
reflétant l'élargissement des activités de la Commission.
Celles-ci seront maintenant axées sur le contrôle, mais la
Commission conservera la capacité de réagir si elle obtient
de nouvelles informations relatives aux programmes d'armes prohibées
de l'Iraq. La Commission ainsi restructurée aura aussi pour mandat,
le moment venu, de mettre en oeuvre le mécanisme de contrôle
des exportations et des importations prévu au paragraphe 7 de la
résolution 715 (1991).
6. On a retracé dans les paragraphes ci-après
comment la structure de la Commission a évolué ou évoluera
face au changement de circonstances auquel cet organe est maintenant confronté.
7. Au siège de la Commission, les activités
sont maintenant axées sur l'élaboration de protocoles, la
constitution de bases de données et l'analyse d'informations --
écrites et visuelles. Des compétences techniques supplémentaires
ont été demandées aux gouvernements, afin de renforcer
la capacité de la Commission de faire face à l'accroissement
de ses tâches. Le nombre total d'experts techniques est passé
de 12 à la fin de 1993 à 23 au début de septembre
1994. C'est dans le domaine des armes biologiques que le changement était
le plus spectaculaire : la Commission n'avait qu'un biologiste en octobre
1993, elle en a maintenant cinq.
8. La constitution d'une base de données spécialisée
aux fins de la collecte et de l'analyse des données a été
possible grâce à la générosité de divers
gouvernements qui ont fourni du matériel, des progiciels et une
formation. Des crédits ont été ouverts au budget d'exploitation
pour améliorer la liaison satellite entre New York et Bagdad et
pour accroître le nombre de lignes de manière à améliorer
l'efficience et la sûreté des transmissions.
9. Les fonctions du Bureau de la Commission spéciale
à Bagdad, qui auparavant consistaient pour l'essentiel à
fournir un appui logistique aux inspections, ont été révisées
pour répondre aux nouveaux besoins créés par le contrôle
et la vérification continus. Le Président exécutif
a décidé que le Bureau serait remplacé par un Centre
de contrôle et de vérification de Bagdad, dirigé par
un directeur, qui serait son représentant personnel en Iraq. On
trouvera des détails sur ce point à l'annexe II.
| Armes nucléaires | ||
| 15-21 mai 1991 | IAEA1/UNSCOMM | 1 |
| 22 juin-3 juillet 1991 | IAEA2/UNSCOMM | 4 |
| 7-18 juillet 1991 | IAEA3/UNSCOMM | 5 |
| 27 juillet-10 août 1991 | IAEA4/UNSCOMM | 6 |
| 14-20 septembre 1991 | IAEA5/UNSCOMM | 14 |
| 22-30 septembre 1991 | IAEA6/UNSCOMM | 16 |
| 11-22 octobre 1991 | IAEA7/UNSCOMM | 19 |
| 11-18 novembre 1991 | IAEA8/UNSCOMM | 22 |
| 11-14 janvier 1992 | IAEA9/UNSCOMM | 25 |
| 5-13 février 1992 | IAEA10/UNSCOMM | 27 |
| 7-15 avril 1992 | IAEA11/UNSCOMM | 33 |
| 26 mai-4 juin 1992 | IAEA12/UNSCOMM | 37 |
| 14-21 juillet 1992 | IAEA13/UNSCOMM | 41 |
| 31 août-7 septembre 1992 | IAEA14/UNSCOMM | 43 |
| 8-18 novembre 1992 | IAEA15/UNSCOMM | 46 |
| 5-8 décembre 1992 | IAEA16/UNSCOMM | 47 |
| 25-31 janvier 1993 | IAEA17/UNSCOMM | 49 |
| 3-11 mars 1993 | IAEA18/UNSCOMM | 52 |
| 30 avril-7 mai 1993 | IAEA19/UNSCOMM | 56 |
| 25-30 juin 1993 | IAEA20/UNSCOMM | 58 |
| 23-28 juillet 1993 | IAEA21/UNSCOMM | 61 |
| 1er-15 novembre 1993 | IAEA22/UNSCOMM | 64 |
| 4-11 février 1994 | IAEA23/UNSCOMM | 68 |
| 11-22 avril 1994 | IAEA24/UNSCOMM | 73 |
| 21 juin-1er juillet 1994 | IAEA25/UNSCOMM | 83 |
| 22 août-2 septembre 1994 | IAEA26/UNSCOMM | 90 |
| 3-29 septembre 1994 | NMG 94-01 | |
| 29 septembre-21 octobre 1994 | NMG 94-02 | |
| 14-21 octobre 1994 | IAEA27/UNSCOMM | 93 |
| Armes chimiques | ||
| 9-15 juin 1991 | CW1/UNSCOMM | 2 |
| 15-22 août 1991 | CW2/UNSCOMM | 9 |
| 31 août-8 septembre 1991 | CW3/UNSCOMM | 11 |
| 31 août-5 septembre 1991 | CW4/UNSCOMM | 12 |
| 6 octobre-9 novembre 1991 | CW5/UNSCOMM | 17 |
| 22 octobre-2 novembre 1991 | CW6/UNSCOMM | 20 |
| 18 novembre-1er décembre 1991 | CBW1/UNSCOMM | 21 |
| 27 janvier-5 février 1992 | CW7/UNSCOMM | 26 |
| 21 février-24 mars 1992 | CD1/UNSCOMM | 29 |
| 5-13 avril 1992 | CD2/UNSCOMM | 32 |
| 15-29 avril 1992 | CW8/UNSCOMM | 35 |
| 18 juin 1992-14 juin 1994 | CDG/UNSCOMM | 38 |
| 26 juin-10 juillet 1992 | CBW2/UNSCOMM | 39 |
| 21-29 septembre 1992 | CW9/UNSCOMM | 44 |
| 6-14 décembre 1992 | CBW3/UNSCOMM | 47 |
| 6-18 avril 1993 | CW10/UNSCOMM | 55 |
| 27-30 juin 1993 | CW11/UNSCOMM | 59 |
| 19-22 novembre 1993 | CW12/UNSCOMM | 65 |
| 1er-14 février 1994 | CW13/UNSCOMM | 67 |
| 20-26 mars 1994 | CW14/UNSCOMM | 70 |
| 18-22 avril 1994 | CW15/UNSCOMM | 74 |
| 25 mai-5 juin 1994 | CW16/UNSCOMM | 75 |
| 31 mai-12 juin 1994 | CW17/UNSCOMM | 76 |
| 8-14 juin 1994 | CW18/UNSCOMM | 77 |
| 10-23 août 1994 | CW19/UNSCOMM | 89 |
| 13-24 septembre 1994 | CW20/UNSCOMM | 91 |
| 2 octobre 1994 (en cours) | CG1 | |
| Armes biologiques | ||
| 2-8 août 1991 | BW1/UNSCOMM | 7 |
| 20 septembre-3 octobre 1991 | BW2/UNSCOMM | 15 |
| 11-18 mars 1993 | BW3/UNSCOMM | 53 |
| 8-26 avril 1994 | BW4/UNSCOMM | 72 |
| 28 mai-7 juin 1994 | BW5/UNSCOMM | 78 |
| 24 juin-8 juillet 1994 | BW6/UNSCOMM | 84 |
| 5-8 juin 1994 | BW7/UNSCOMM | 86 |
| 25 juillet-8 septembre 1994 | BW8/UNSCOMM | 87 |
| 20-25 août 1994 | BW9/UNSCOMM | 88 |
| 29 août-3 septembre 1994 | BW10/UNSCOMM | 92 |
| 29 septembre-14 octobre 1994 | BW11/UNSCOMM | 94 |
| 23-26 septembre 1994 | BW12/UNSCOMM | 96 |
| Missiles balistiques | ||
| 30 juin-7 juillet 1991 | BM1/UNSCOMM | 3 |
| 18-20 juillet 1991 | BM2/UNSCOMM | 10 |
| 8-15 août 1991 | BM3/UNSCOMM | 8 |
| 6-13 septembre 1991 | BM4/UNSCOMM | 13 |
| 1er-9 octobre 1991 | BM5/UNSCOMM | 18 |
| 1er-9 décembre 1991 | BM6/UNSCOMM | 23 |
| 9-17 décembre 1991 | BM7/UNSCOMM | 24 |
| 21-29 février 1992 | BM8/UNSCOMM | 28 |
| 21-29 mars 1992 | BM9/UNSCOMM | 31 |
| 13-21 avril 1992 | BM10/UNSCOMM | 34 |
| 14-22 mai 1992 | BM11/UNSCOMM | 36 |
| 11-29 juillet 1992 | BM12/UNSCOMM | 40A+B |
| 7-18 août 1992 | BM13/UNSCOMM | 42 |
| 16-30 octobre 1992 | BM14/UNSCOMM | 45 |
| 25 janvier-23 mars 1993 | IMT1a/UNSCOMM | 48 |
| 12-21 février 1993 | BM15/UNSCOMM | 50 |
| 22-23 février 1993 | BM16/UNSCOMM | 51 |
| 27 mars-17 mai 1993 | IMT1b/UNSCOMM | 54 |
| 5-28 juin 1993 | IMT1c/UNSCOMM | 57 |
| 10-11 juillet 1993 | BM17/UNSCOMM | 60 |
| 24 août-15 septembre 1993 | BM18/UNSCOMM | 62 |
| 28 septembre-1er novembre 1993 | BM19/UNSCOMM | 63 |
| 21-29 janvier 1994 | BM20/UNSCOMM | 66 |
| 17-25 février 1994 | BM21/UNSCOMM | 69 |
| 30 mars-20 mai 1994 | BM22/UNSCOMM | 71 |
| 23-28 mai 1994 | BM23/UNSCOMM | 79 |
| 10-24 juin 1994 | BM24/UNSCOMM | 80 |
| 14-19 juin 1994 | BM25/UNSCOMM | 81 |
| 3-28 juillet 1994 | BM26/UNSCOMM | 82 |
| 15-24 juillet 1994 | MB27/UNSCOMM | 85 |
| 17 août-9 octobre 1994 | MG1 | |
| 3-6 octobre 1994 | BM28/UNSCOMM | 98A |
| 21-31 octobre 1994 | BM28/UNSCOMM | 98B |
| 14 octobre 1994 (en cours) | MG2 | |
| 14-19 octobre 1994 | MG2A | |
| Recherche informatique | ||
| 12 février 1992 | UNSCOMM | 30 |
| Mission spéciales | ||
| 30 juin-3 juillet 1991 | ||
| 11-14 août 1991 | ||
| 4-6 octobre 1991 | ||
| 11-15 novembre 1991 | ||
| 27-30 janvier 1992 | ||
| 21-24 février 1992 | ||
| 17-19 juillet 1992 | ||
| 28-29 juillet 1992 | ||
| 6-12 septembre 1992 | ||
| 4-9 novembre 1992 | ||
| 4-8 novembre 1992 | ||
| 12-18 mars 1993 | ||
| 14-20 mars 1993 | ||
| 19-24 avril 1993 | ||
| 4 juin-5 juillet 1993 | ||
| 15-19 juillet 1993 | ||
| 25 juillet-5 août 1993 | ||
| 9-12 août 1993 | ||
| 10-24 septembre 1993 | ||
| 27 septembre-1er octobre 1993 | ||
| 1er-8 octobre 1993 | ||
| 5 octobre 1993-16 février 1994 | ||
| 2-10 décembre 1993 | ||
| 2-16 décembre 1993 | ||
| 21-27 janvier 1994 | ||
| 2-6 février 1994 | ||
| 10-14 avril 1994 | ||
| 24-26 avril 1994 | ||
| 28-29 mai 1994 | ||
| 4-6 juillet 1994 | ||
| 8-16 août 1994 | ||
| 15-19 septembre 1994 | ||
| 21-25 septembre 1994 | ||
| 23-26 septembre 1994 | ||
| 3-6 octobre 1994 |
1. Le présent rapport met à jour les informations fournies par les cinq rapports précédents publiés sous les cotes S/23801, 24661, 25620, 26684 et S/1994/489. On trouvera d'autres explications sur le déroulement du plan dans les rapports présentés au Conseil de sécurité sous les cotes S/1994/520, 750 et 860. Le premier de ces documents contient une déclaration commune publiée à l'issue des pourparlers de haut niveau tenus à Bagdad du 24 au 26 avril 1994, entre l'Iraq d'une part et de l'autre la Commission spéciale et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Le deuxième document contient le sixième rapport présenté en réponse au paragraphe 3 de la résolution 699 (1991); la pièce jointe II qui y est annexée expose en détail l'ensemble des activités de contrôle et de vérification continus menées par la Commission de décembre 1993 à juin 1994. Le troisième document contient la lettre adressée au Président du Conseil de sécurité et distribuée par la suite sur instruction de celui-ci. Il présente en appendice le texte de la déclaration commune publiée à l'issue des pourparlers de haut niveau de juillet 1994 et rend compte de la manière dont s'était déroulée à cette date la mise en place du système de contrôle et de vérification continus.