La question de Palestine

Les guerres de 1967 et 1973

La question de Palestine demeurant en suspens, une paix précaire, ponctuée par des actes de violences et des coups de force fut maintenue dans la région de 1950 à 1967, année où Israël en vint à occuper la superficie de tout l’ancien territoire de la Palestine placé sous mandat britannique.

Établissement de la FUNU-I

Un conflit armé avait éclaté en 1956 lorsque, le 29 octobre, Israël avait déclenché des opérations militaires contre l’Égypte, auxquelles s’étaient associés par la suite la France et le Royaume-Uni. Dans une atmosphère politiquement très tendue, l’Égypte avait nationalisé le canal de Suez au mois de juillet de la même année. La crise s’était achevée par un cessez-le-feu demandé par une session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale, le retrait des forces d’invasion et le déploiement de la première force de maintien de la paix de l’Organisation : la Force d’urgence des Nations Unies (FUNU-I).

Début des hostilités en 1967

La FUNU-I fut retirée en mai 1967 à la demande de l’Égypte, qui avait informé le Secrétaire général qu’elle ne donnerait plus son consentement au stationnement de la Force en territoire égyptien et à Gaza. Le 5 juin 1967, les hostilités éclatèrent entre Israël, l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. Lorsque le cessez-le-feu demandé par le Conseil de sécurité prit effet, Israël occupait le Sinaï égyptien, la bande de Gaza, la rive occidentale, y compris le secteur oriental de Jérusalem, et une partie des hauteurs syriennes du Golan.

Cessez-le-feu

Après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le Conseil de sécurité adopta sa résolution 237 (1967), dans laquelle il demandait à Israël de garantir la sûreté, le bien-être et la sécurité des habitants des régions dans lesquelles avaient eu lieu les opérations militaires et de faciliter le retour des personnes déplacées. Les gouvernements intéressés étaient invités à observer scrupuleusement les principes humanitaires régissant la protection des personnes civiles en temps de guerre contenus dans la quatrième Convention de Genève de 1949. A sa cinquième session extraordinaire d’urgence convoquée après le déclenchement des hostilités, l’Assemblée générale demanda aux gouvernements et aux organisations internationales de fournir des secours humanitaires d ’ urgence aux personnes affectées par la guerre. L’ Assemblée générale demanda par ailleurs à Israël de rapporter toutes les mesures déjà prises et de s’abstenir de prendre toutes autres mesures de nature à modifier le statut de Jérusalem .

Résolution 242 (1967) du Conseil de sécurité

La même année, le 22 novembre, le Conseil de sécurité adopta, après de longues négociations, sa résolution 242 (1967), qui posait les principes d’un règlement pacifique au Moyen-Orient.

Cette résolution stipulait que l’instauration d’une paix juste et durable devait comprendre l’application de deux principes :

  • Le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit; et
  • La cessation de toutes assertions de belligérance ou de tous états de belligérance et la reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues à l’abri de menaces ou d’actes de force.

La résolution affirmait aussi l’inviolabilité territoriale de chaque État de la région et la nécessité « de réaliser un juste règlement du problème des réfugiés ».

L’Égypte et la Jordanie acceptèrent la résolution 242 (1967) et exigèrent un retrait israélien de tous les territoires occupés lors de la guerre de 1967 comme condition préalable aux négociations. Israël, qui accepta également la résolution, déclara que la question du retrait et celle des réfugiés ne pourraient être réglées que par des négociations en direct avec les États arabes et par la conclusion d’un traité de paix global. La Syrie rejeta la décision du Conseil, faisant valoir que celui-ci avait subordonné la question centrale du retrait israélien à des concessions exigées des pays arabes. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) critiqua énergiquement la résolution qui, à son avis, ramenait la question de Palestine à un problème de réfugiés.

La guerre de 1973 et la résolution 338 (1973) du Conseil de sécurité

En octobre 1973, la guerre éclata de nouveau entre l’Égypte et Israël dans la zone du canal de Suez et du Sinaï et entre Israël et la République arabe syrienne sur les hauteurs du Golan. Alors que les combats en étaient arrivés à un stade critique, les Etats-Unis et l’Union soviétique demandèrent conjointement la convocation d’une séance d’urgence du Conseil de sécurité. Le 22 octobre, le Conseil de sécurité adopta la résolution 338 (1973) qui réaffirmait les principes de la résolution 242 (1967) et appelait à la tenue de négociations visant à « instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient ». L’appel au cessez-le-feu fut confirmé dans la résolution 339 (1973) du 23 octobre et le Secrétaire général prié d’envoyer immédiatement dans la région des observateurs des Nations Unies.

Établissement de la FUNU-II et de la FNUOD

Les combats dans la région continuant néanmoins, le président égyptien Anwar el-Sadat lança directement aux Etats-Unis et à l’Union soviétique un appel leur demandant d’intervenir militairement et de faire appliquer le cessez-le-feu. L’Union soviétique accepta cette demande, mais les Etats-Unis s’y opposèrent, ce qui conduisait les deux superpuissances à un affrontement. A la demande de l’Égypte, le Conseil de sécurité se réunit de nouveau le 24 octobre et élabora une résolution appelant à créer une nouvelle force de maintien de la paix : la deuxième Force d’urgence des Nations Unies (FUNU-II). Après que l’Égypte et Israël eurent accepté de retirer leurs forces, la FUNU-II supervisa leur redéploiement. Aux termes d’un accord distinct, conclu en mai 1974, Israël et la Syrie signèrent un accord de dégagement, qui amena à créer la Force des Nations Unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD), laquelle fut chargée d’assurer la surveillance de l’accord israélo-syrien. Le Conseil renouvela régulièrement le mandat de la FUNU jusqu’en juillet 1979, date à laquelle il le laissa expirer suite à la conclusion d’un traité de paix entre l’Égypte et Israël. La FNUOD reste active sur les hauteurs du Golan.