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« Pétrole contre nourriture »

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25 Mars 2003

Point hebdomadaire   

                            

               (15 au 21 mars 2003) 

  Chute des exportations de pétrole iraquien causée par le déclenchement de la guerre 

Pendant la semaine du 15 au 21 mars, les exportations de pétrole iraquien effectuées au titre du programme pétrole contre nourriture ont baissé, atteignant juste 25 % du niveau enregistré la semaine précédente. Les exportations et les recettes se sont élevées à 3,1 millions de barils et 63 millions de dollars, respectivement, contre 12,7 millions de barils et 340 millions de dollars pour la semaine du 8 au 14 mars. En moyenne, 443 000 barils ont été exportés chaque jour, contre 1,8 million de barils la semaine précédente.

Le 17 mars, le Secrétaire général a annoncé le retrait temporaire de tout le personnel humanitaire présent en Iraq car il n’était plus en mesure de garantir leur sécurité. Bien que le pétrole ait continué de couler dans l’oléoduc reliant le nord de l’Iraq au port turc de Ceyhan sur la Méditerranée, les superviseurs indépendants de l’ONU ont reçu pour instructions de quitter la plate-forme pétrolière iraquienne située à Mina al-Bakr, dans le sud. Il s’agissait là des seuls débouchés prévus pour les exportations de pétrole iraquien autorisées dans le cadre du programme pétrole contre nourriture.

Pendant la semaine à l’examen, trois chargements ont été effectués à partir des terminaux autorisés : un depuis Mina al-Bakr (2 millions de barils) et deux depuis Ceyhan (1,1 million de barils). Le dernier chargement enregistré à Ceyhan a eu lieu le 20 mars et représentait sur 625 000 barils. Aucun navire n’est actuellement attendu à Ceyhan, bien que les réservoirs du terminal soient presque pleins.

Le volume total des exportations pour la semaine (3,1 millions de barils) a rapporté 60 millions d’euros, soit 63 millions de dollars, aux prix et au taux de change actuels. Le prix moyen du brut iraquien pendant la période à l’examen était d’environ 20,8 euros, soit 22 dollars, le baril.

Les superviseurs de l’ONU ont approuvé un nouveau contrat d’achat de pétrole durant la semaine à l’examen. Au total, 141 contrats, portant sur 380,4 millions de barils, sont actuellement approuvés. Les recettes recueillies depuis le début de la phase XIII (5 décembre 2002-3 juin 2003) sont estimées, aux prix et au taux de change actuels, à 4,4 milliards de dollars pour 169,6 millions de barils.

Contrats approuvés 

Sur un total de 6 314 contrats d’achat de fournitures humanitaires, d’une valeur de 11,9 milliards de dollars, traités par le Secrétariat de l’ONU sur la base de la liste des articles sujets à examen et dans le cadre des nouvelles procédures établies par la résolution 1409 (2002) du Conseil de sécurité, le Bureau chargé du Programme Iraq a approuvé 5 039 contrats d’une valeur d’environ 8,2 milliards de dollars (68,2 % en valeur) après que la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (COCOVINU) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) eurent vérifié qu’ils ne portaient pas sur des articles visés par la liste susmentionnée.

Parmi les contrats approuvés figurent 1 146 contrats, d’une valeur d’environ 2,3 milliards de dollars, qui avaient été placés en attente par le Comité des sanctions créé par la résolution 661 (1990) du Conseil de sécurité et qui ont été réexaminés par la COCOVINU et l’AIEA en vertu du paragraphe 18 des procédures définies par la résolution 1409 (2002).

Liste d’articles sujets à examen 

La COCOVINU et l’AIEA ont classé 987 contrats, d’une valeur de 3 milliards de dollars (25,2 % en valeur), comme étant non conformes aux procédures fixées pour les marchandises figurant sur la liste et devant faire l’objet d’un complément d’information technique de la part des fournisseurs pour donner lieu à une décision définitive.

À ce jour, 332 contrats, d’une valeur de plus de 1,2 milliard de dollars, ont été considérés par la COCOVINU et l’AIEA comme portant sur des articles figurant sur la liste. Cent soixante-dix-neuf de ces contrats, d’une valeur de 239 millions de dollars, ont été réexaminés par le Comité des sanctions créé par la résolution 661 (1990) du Conseil de sécurité, et 34 d’entre eux, d’une valeur de 16,4 millions de dollars, ont été approuvés. Cinquante et un contrats, d’une valeur de 56,9 millions de dollars, ont été réputés caducs car les fournisseurs n’avaient pas présenté de requête dans les 30 jours ouvrables suivant le refus d’autorisation. Trente des 332 contrats, d’une valeur de 60,6 millions de dollars, ont été rejetés en raison du « risque élevé de détournement à des fins militaires ». Cinquante autres contrats, d’une valeur de 100,8 millions de dollars, n’ont pas été approuvés par le Comité des sanctions, en attendant un jugement en appel.

Les contrats portant sur des marchandises figurant sur la liste d’articles sujets à examen représentent 10 %, en valeur, de toutes les demandes traitées jusqu’ici par les experts de l’ONU.

Déficit des recettes humanitaires 

En raison du déficit cumulé des recettes pétrolières depuis la phase VIII (9 juin-5 décembre 2000) jusqu’à la phase XII du programme, on compte actuellement 2 755 contrats d’achat de fournitures humanitaires, d’une valeur de quelque 5,6 milliards de dollars, qui ont été approuvés par l’ONU mais qui ne peuvent pas être financés. Ce déficit touche les secteurs suivants : traitement des aliments (986 millions de dollars); agriculture (859 millions de dollars); logement (830 millions de dollars); électricité (563 millions de dollars); télécommunications et transports (540 millions de dollars); eau et assainissement (514 millions de dollars); nourriture (426 millions de dollars); santé (410 millions de dollars); éducation (408 millions de dollars).

Programme pétrole contre nourriture 

Le programme pétrole contre nourriture a été créé par le Conseil de sécurité le 14 avril 1995. Quelque 3,4 milliards de barils de pétrole iraquien, d’une valeur de 64 milliards de dollars environ, ont été exportés dans le cadre de ce programme depuis décembre 1996. Depuis décembre 2000, 72 % de ce montant a été utilisé pour répondre aux besoins humanitaires à l’échelle du pays. Le reste est consacré à la réparation des dommages subis pendant la guerre du Golfe, une action menée par le Fonds d’indemnisation (25 % depuis décembre 2000); aux frais administratifs et opérationnels de l’ONU liés à l’exécution du programme (2,2 %); et aux coûts du programme d’inspection relatif aux armements (0,8 %).

Depuis décembre 1996, plus de 44 milliards de dollars de fournitures humanitaires, dont 3,8 milliards de dollars de pièces de rechange se rapportant à l’industrie pétrolière, ont été approuvés par le Comité des sanctions et le Bureau chargé du Programme Iraq. Sur ce montant, presque 27 milliards de dollars de fournitures et de matériel humanitaires ont été livrés en Iraq au titre du programme pétrole contre nourriture, dont 1,6 milliard de dollars de pièces détachées et de matériel se rapportant à l’industrie pétrolière. En outre, 10,1 milliards de dollars de fournitures sont actuellement dans la filière, tant pour la production que pour la livraison.