Pétrole contre nourriture

 

Point hebdomadaire
10 décembre 2002

Exportations de pétrole en légère baisse

Le 4 décembre, le Conseil de sécurité a décidé de proroger le programme « pétrole contre nourriture » pour une nouvelle période de 180 jours qui doit prendre fin le 3 juin 2003. Il s’agit de la treizième phase du programme depuis sa mise en oeuvre, en décembre 1996.

Le programme a été créé par le Conseil de sécurité le 14 avril 1995 afin de soulager une crise humanitaire liée aux sanctions générales imposées à l’Iraq.

Depuis lors, 3 milliards 260 millions de barils de pétrole iraquien évalués à environ 59,7 milliards de dollars ont été exportés au titre de ce programme, dont 72 % du montant total (depuis décembre 2000) ont été affectés à des besoins humanitaires dans l’ensemble du pays. Les 28 % restants se répartissent comme suit : réparations après la guerre du Golfe par voie d’un fonds d’indemnisation (25 %), dépenses administratives et opérationnelles du programme (2,2 %), coûts du programme d’inspection des armements (0,8 %).

À ce jour, des fournitures et du matériel humanitaires pour une valeur de 25,6 milliards de dollars ont été livrés à l’Iraq au titre du programme « pétrole contre nourriture », dont l’équivalent de 1,6 milliard de dollars en pièces de rechange et matériel destinés à l’industrie pétrolière. D’autres fournitures d’une valeur de 10,5 milliards de dollars sont en cours de production ou de livraison.

Exportations de pétrole en baisse

Le montant total des exportations de pétrole dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture » a atteint 10,8 millions de barils pour la semaine se terminant le 6 décembre, en légère baisse par rapport aux 11,9 millions de barils de la semaine précédente. Les exportations pour la semaine ont couvert la phase XII (8,8 millions) et la phase XIII (2 millions).

Plusieurs facteurs ont contribué à la fluctuation des exportations iraquiennes de pétrole au titre du programme, parmi lesquels il y a lieu de mentionner : la suspension périodique par l’Iraq de ses exportations de pétrole; l’absence d’accord entre l’Iraq et le Comité des sanctions de l’ONU quant au prix du pétrole; et les inquiétudes des acheteurs concernant la fiabilité des approvisionnements iraquiens, du fait notamment des perturbations pouvant résulter de la situation politique actuelle.

Les chargements pour la semaine (30 novembre au 6 décembre) ont atteint en moyenne 1,5 million de barils par jour. Neuf chargements ont été effectués à partir des terminaux autorisés, à savoir trois depuis le terminal de Mina al-Bakr (Iraq) (5 570 000 barils) et six depuis celui de Ceyhan (Turquie) (5 260 000 barils). Selon les estimations, les exportations pour la semaine ont rapporté 240 millions d’euros, soit 238 millions de dollars, aux prix et taux de change actuels. Le prix moyen du brut iraquien était d’environ 22,05 euros, soit 22 dollars le baril.

À la demande des parties contractantes, 25 contrats approuvés d’achat de pétrole ont été transférés de la phase XII sur l’actuelle phase XIII du programme.

Déficit de 3,2 milliards de dollars des recettes humanitaires

Au cours de la phase XII qui s’est achevée le 4 décembre, les acheteurs de pétrole iraquien ont pris livraison de 234,2 millions de barils de pétrole en provenance d’Iraq, évalués à près de 5 milliards 490 millions de dollars. Toutefois, pour pouvoir financer le budget du programme humanitaire de plus de 5 milliards de dollars annoncé par le Gouvernement iraquien dans son plan de distribution pour la phase XII, il aurait fallu que l’Iraq exporte l’équivalent de 7 milliards de dollars de pétrole.

Avec le déficit cumulé des recettes du pétrole depuis la phase VIII du programme (9 juin-5 décembre 2000), on compte actuellement 1 692 contrats de fournitures humanitaires d’une valeur de quelque 3,2 milliards de dollars qui ont été approuvés par l’ONU mais qui ne peuvent être financés. Les secteurs touchés par ce déficit sont l’agriculture (587 millions de dollars), le traitement des aliments (469 millions de dollars), l’électricité (458 millions de dollars), la santé (375 millions de dollars), l’eau et l’assainissement (381 millions de dollars), le logement (351 millions de dollars), l’éducation (293 millions de dollars), les télécommunications et les transports (252 millions de dollars).

Contrats approuvés

Sur un total de 4 189 contrats portant sur des fournitures humanitaires d’une valeur d’environ 7 milliards 970 millions de dollars, traités par le Secrétariat de l’ONU dans le cadre des nouvelles procédures établies par la résolution 1409 (2002) du Conseil de sécurité, sur la base de la liste des articles sujets à examen, 2 849 contrats d’une valeur d’environ 3,8 milliards de dollars (soit 48 %) ont été approuvés par le Bureau chargé du Programme Iraq, après avoir été examinés par la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations Unies (COCOVINU) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour vérifier qu’ils ne comportaient pas d’articles figurant sur la liste des articles sujets à examen.

Parmi les contrats approuvés figurent 909 contrats d’une valeur d’environ 1,4 milliard de dollars précédemment placés en attente par le Comité créé par la résolution 661 (1990) et qui ont été réexaminés par la COCOVINU et l’AIEA en vertu du paragraphe 18 des procédures définies par la résolution 1409 (2002).

La COCOVINU et l’AIEA ont classé 1 193 contrats d’une valeur de 3,6 milliards de dollars (45,7 % en valeur) comme étant non conformes aux procédures fixées pour les marchandises figurant sur la liste et devant faire l’objet d’un complément d’information technique de la part des fournisseurs pour donner lieu à une décision définitive.

À ce jour, 161 contrats d’une valeur de 532,6 millions de dollars (soit 6,5 % de la valeur totale) ont été considérés par la COCOVINU et l’AIEA comme portant sur des articles figurant sur la liste, parmi lesquels 72 contrats d’une valeur de 107,3 millions de dollars ont été réexaminés par le Comité créé par la résolution 661 (1990). Sur ces 72 contrats, 14 d’une valeur de 4 170 000 dollars ont été approuvés, cinq ont été réputés caducs du fait que les fournisseurs n’avaient pas présenté de requête dans les 10 jours ouvrables suivant le refus d’autorisation, et 49 d’une valeur de 90 370 000 dollars ont été rejetés en raison du « risque élevé de détournement à des fins militaires ».

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