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Programme
« pétrole contre nourriture »
Note d’information et réponses à des questions récentes
(25 avril 2003)
Une
entreprise humanitaire unique
Le
Conseil de sécurité de l’ONU a créé le programme « pétrole
contre nourriture » (dénommé ci-après le Programme)
lorsqu’il s’est avéré que les sanctions imposées à l’Iraq
pour endiguer le régime de Saddam Hussein avaient de terribles répercussions
sur la santé et la nutrition de millions d’innocents. L’Iraq ne
pouvant ni exporter ni importer, les services essentiels (électricité,
soins hospitaliers, etc.) s’y étaient beaucoup dégradés. Créé
en 1995 par la résolution 986, le Programme a été mis à exécution
en décembre 1996.
Fonctionnement
En
vertu de la résolution 986, le Programme, sous la surveillance étroite
du Conseil de sécurité, est tenu de verser au compte-séquestre
Iraq, dont l’ONU assure l’administration, les recettes des
exportations de pétrole iraquien passant par deux voies autorisées.
Ces recettes servent à payer les importations de produits
humanitaires (72 %), les indemnités pour dommages causés par
la guerre du Golfe (25 %), les dépenses administratives et opérationnelles
des neuf organismes des Nations Unies opérant en Iraq (2,2 %)
et les inspections d’armement, faites par la COCOVINU et par
l’AIEA (0,8 %). De plus, on paie des redevances à la Turquie
pour acheminer le pétrole iraquien au port de Ceyhan, sur la côte
méditerranéenne turque, par l’oléoduc Kirkouk-Yumurtalik.
Portée
du Programme
Par
sa seule envergure et parce qu’il est en mesure de répondre à
une vaste gamme des besoins de la population civile, le Programme se
distingue de toutes les opérations de l’ONU. Son rôle initial
ayant été élargi par le Conseil de sécurité, il intervient dans
24 secteurs, dont la réfection d’équipements de base, la
production d’électricité, l’approvisionnement en eau et
l’assainissement, les télécommunications, les transports, l’éducation
et la construction d’écoles et de logements. Il a de ce fait une
incidence sur la vie de tous les ménages du pays.
Moyens
financiers
Le
Programme dispose actuellement de fonds non engagés d’un montant
de 3,2 milliards de dollars, déposés au compte-séquestre, et
de fonds engagés de près de 10 milliards de dollars, constitués
des recettes des exportations de pétrole. Il a aussi des contrats
acceptés et en attente de financement (valeur : 7 milliards
de dollars) et des contrats enregistrés (valeur totale : plus
de 7 milliards de dollars) mis en souffrance faute de fonds.
Réalisations
du Programme : exemples
Avant la
guerre actuelle, environ 560 000 tonnes de produits
alimentaires étaient importées tous les mois dans le cadre du
Programme et distribuées dans tout l’Iraq par l’intermédiaire
de 44 000 agents privés. Tous les habitants recevaient une
ration alimentaire, indispensable à leur survie dans 60 % des
cas. De 1996 à 2002, sa valeur nutritionnelle a doublé et la
malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans a été réduite
de moitié. D’autres résultats notables ont été obtenus dans
les secteurs de la santé, de l’eau et de l’assainissement, de
l’éducation, de l’agriculture, du logement, de l’électricité,
des transports et des télécommunications. Le Programme a en outre
aidé au déminage et secouru les personnes déplacées du nord du
pays.
Faits
liés à la guerre
Le
17 mars 2003, le Secrétaire général de l’ONU a annoncé
qu’il avait conclu des avertissements lancés par les
Gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni que la sûreté et
la sécurité du personnel des Nations Unies en territoire iraquien
ne pouvaient plus être garanties et décidé en conséquence de
retirer temporairement d’Iraq tout le personnel humanitaire qui
s’y trouvait encore.
Le
18 mars, le Président du Conseil de sécurité a demandé au
Secrétaire général de lui proposer des moyens de modifier le
mandat du Programme de manière à lui donner la souplesse nécessaire
face aux problèmes humanitaires à attendre de la guerre.
Le
28 mars, le Conseil a, par la résolution 1472 (2003),
autorisé le Secrétaire général jusqu’au 12 mai à accélérer
l’acheminement des secours fournis par les organismes humanitaires
et préconisé le maintien du réseau national de distribution
alimentaire, ossature de la distribution alimentaire d’après
guerre.
Le
24 avril, par la résolution 1476, cette autorisation a été
prorogée jusqu’au 3 juin, date d’expiration du mandat du
Programme pour sa phase XIII, en cours. Cette prorogation donne au
Bureau chargé du Programme Iraq et aux organismes des Nations Unies
le temps de recenser et d’expédier plus de produits et de
fournitures.
Critiques
récentes
Le
Programme s’est toujours inscrit dans un environnement extrêmement
politisé mais, en dépit de son ampleur, il a fonctionné sans que
les médias y prêtent beaucoup d’attention ou claironnent ses résultats.
Mais avec la guerre, l’avenir de l’Iraq et de sa population et
l’utilisation de ses ressources sont au coeur de l’actualité.
Depuis six ans, le Programme gère les exportations iraquiennes de pétrole
(64 milliards de dollars depuis décembre 1996), exécute des
contrats d’importation (plus de 36 000) et achemine des
produits et fournitures humanitaires (valeur : près de 29 milliards
de dollars), auxquels s’en ajoutent 10 milliards de dollars
en instance. Sa place parmi les opérations des Nations Unies est
donc unique mais l’ampleur de ces opérations en fait une cible de
choix.
Le
Programme fonctionne-t-il sous le sceau du secret?
Le
Programme est l’une des opérations du système des Nations Unies
les plus surveillées. Depuis cinq ans, il a fait l’objet de près
de 100 audits internes et externes. Le Comité des commissaires aux
comptes de l’ONU – qui se compose d’auditeurs de grande valeur,
publics, externes et indépendants proposés par les États Membres
et nommés par l’Assemblée générale – vérifie tous les six
mois les opérations du compte Iraq ouvert par l’ONU. Ses
conclusions sont communiquées à tous les États Membres dont, bien
sûr, les États-Unis. Le Bureau des services de contrôle interne
de l’ONU qui, jusqu’au mois dernier, avait des auditeurs résidents
à Baghdad et à Erbil, dans le nord de l’Iraq, assure les audits
internes.
De
plus, le Conseil de sécurité et son Comité des sanctions reçoivent
tous les 90 jours des notes d’information et des rapports de
synthèse sur tous les aspects du Programme. La plupart des rapports
écrits paraissent au site Web du Bureau chargé du Programme Iraq
(<www.un.org/Depts/oip>).
Les
contrats proposés doivent subir une série d’examens mettant en
jeu le Bureau chargé du Programme Iraq, la COCOVINU et l’AIEA.
Ils sont alors communiqués au Comité des sanctions, dont
l’attention est appelée en particulier sur ceux qui en sont
justiciables de la liste d’articles sujets à examen, c’est-à-dire
pouvant servir à des fins militaires.
Est-il
vrai que l’ONU s’approprie 2,2 % du budget du Programme?
Non.
Les 2,2 % en question servent à financer les dépenses opérationnelles
du Programme.
Dans
la résolution 986 portant création du Programme, le Conseil de sécurité
a, en répartissant les recettes pétrolières iraquiennes, décidé
que 2,2 % en serviraient à surveiller le Gouvernement iraquien
sous le régime des sanctions et, à ce titre, financeraient :
– Les opérations des Nations Unies (neuf institutions spécialisées
et programmes). L’ONU a mis le Programme à exécution dans le
nord du pays au nom du Gouvernement iraquien. Dans le centre et le
sud, les organismes des Nations Unies devaient surtout mener des
activités d’observation et de surveillance afin de pouvoir dire
au Conseil si les fournitures et le matériel fournis selon le
Programme étaient utilisés aux fins autorisées et les fournitures
distribuées de manière satisfaisante et équitable;
– La surveillance permanente aux deux terminaux de chargement de pétrole
autorisés et aux cinq postes frontière;
– Le traitement des 900 fonctionnaires internationaux et des 3 400
employés nationaux iraquiens.
Toute
entreprise privée menant une opération humanitaire de plusieurs
milliards de dollars aussi importante et complexe que le Programme
avec 2,2 % à peine de ses frais généraux s’en vanterait
auprès de ses actionnaires. Le Programme, d’une extrême rigueur,
n’a jamais laissé un sou inemployé. En six ans, par exemple, il
a consacré 272 millions de dollars de son budget opérationnel à
l’achat de produits et fournitures humanitaires supplémentaires.
Le
Programme s’est-il transformé en une « grosse affaire »?
Le
Programme a été élargi par des résolutions successives du
Conseil de sécurité en fonction des besoins, dans 24 secteurs
d’activité, des 27 millions d’habitants d’un pays grand comme
la Suède. Vu l’ampleur des besoins de la population civile, le
Conseil de sécurité a été amené à déplafonner le volume de pétrole
pouvant être vendu selon le Programme. Depuis 1996, les recettes pétrolières
s’élèvent à quelque 64 milliards de dollars, ce qui n’est
certes pas une petite affaire. On pourrait dire que l’achat et la
distribution, tous les mois et dans tout le pays par l’intermédiaire
de 44 000 agents, de 560 000 tonnes de rations
alimentaires sont une « grosse affaire », mais l’Iraq
n’est certes pas un petit pays.
Le
Programme a-t-il créé une pléthore de postes ou un empire
commercial?
Dans
les conditions normales d’avant guerre, le Programme avait environ
900 fonctionnaires internationaux dont plus de la moitié ont
été dans le nord de l’Iraq, où neuf organismes des Nations
Unies l’exécutent au nom du Gouvernement iraquien. À cela
s’ajoutent quelque 3 400 ressortissants iraquiens, dont
beaucoup sont venus travailler pendant la guerre, malgré les grands
dangers qu’ils couraient. Contrairement à certains bruits, les
activités d’observation et de surveillance menées par les
organismes des Nations Unies ont été confiées à des
fonctionnaires internationaux de l’ONU et non à des
ressortissants iraquiens.
Est-il
vrai que les partenaires commerciaux préférés de Saddam Hussein
ont été nettement favorisés dans les transactions?
Dans
toutes ses résolutions, le Conseil de sécurité a reconnu la
souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iraq. Par sa résolution
986 (1995), il a autorisé le Gouvernement iraquien à vendre son pétrole
et à acheter ses fournitures à qui il voudrait, tout en se réservant
de surveiller de près le volume et le prix du pétrole vendu avec
l’approbation du Comité des sanctions, où siègent les États-Unis.
Sont également soumis à une étroite surveillance et à
l’approbation du Comité – ou, en son nom, du Secrétariat –
le choix et l’utilisation des produits et des fournitures importés.
Le Comité des sanctions contrôle et observe.
Comment
expliquer que des produits sont achetés dans des pays qui ne les
fabriquent pas – des Toyota en Syrie et du savon en Libye,par
exemple?
Combien
d’Américains ou d’Européens achètent directement leur Toyota
au Japon? Certains demandent aussi pourquoi la Syrie, le Liban, la
Libye, l’Algérie, le Yémen et le Soudan sont inscrits sur la
liste des fournisseurs de détergents et de savon. Pourquoi pas? Il
n’est pas anormal que l’Iraq préfère traiter avec des
fabricants, des concessionnaires automobiles et des fournisseurs de
détergents et de lait en poudre régionaux, installés à une
distance qui facilite l’expédition. L’ONU ne joue en tout cas
aucun rôle dans le choix des fournisseurs de l’Iraq, dont toutes
les résolutions du Conseil de sécurité reconnaissent la
souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. Le
Gouvernement iraquien est donc autorisé à choisir ses fournisseurs
et à vendre son pétrole à qui il veut, sous la surveillance étroite
de l’ONU, qui en rend compte, et sous réserve de l’approbation
du prix de vente du pétrole par le Comité des sanctions.
Comment
expliquer l’achat de produits tels que des bateaux et des articles
de sport?
L’achat
de ces produits n’a été interdit ni par le Conseil de sécurité
dans ses résolutions, ni par le Comité des sanctions, qui aurait
pu s’y opposer puisqu’il a la copie de tous les contrats. Il
faut aussi noter que Bagdad, où passe le Tigre, n’est pas loin de
l’Euphrate, deux grands fleuves, et que les sports sont aussi
importants et bénéfiques pour les jeunes Iraquiens que pour les
jeunes d’autres pays.
Reprocher
au Programme le favoritisme à l’égard de certains pays dans
l’octroi de contrats ou d’avoir toléré l’importation de
produits revient à dire que les membres du Conseil de sécurité,
qui ont participé de si près et si publiquement aux efforts pour
endiguer le régime de Saddam Hussein, sont défaillants depuis sept
ans. C’est d’une absurdité évidente pour quiconque a observé
le contrôle scrupuleux et équilibré exercé par le Conseil.
Pourquoi
la quasi-totalité des informations sur les contrats affichées au
site Web du Programme sont-elles générales et le montant de chaque
contrat est-il secret?
Dans
toutes ses activités commerciales, l’ONU suit des procédures
normalisées garantissant la confidentialité des transactions entre
acheteur et vendeur. Cela étant, les membres du Conseil de sécurité
reçoivent copie de toutes les offres de contrat et, au niveau
national, les ministères du commerce ont connaissance des contrats
et des procédures d’appel d’offres. Ils sont même les premiers
à vérifier les types de produit que les entreprises de leur pays
pourraient soumissionner. De plus, tous les fournisseurs soumettent
leur offres de contrat au Bureau chargé du programme Iraq en
passant par la mission permanente de leur pays auprès de l’ONU.
Pourquoi
est-ce une banque française qui émet des lettres de crédit pour
le Programme?
La
BNP Paribas, comme toutes les banques intervenant dans le cadre du
Programme, a été choisie par concours. Le premier appel d’offres
a été clos avant la fusion de la BNP avec la Banque Paribas,
c’est-à-dire avant que ne commencent les exportations de pétrole
autorisées par la résolution 986 (1995) portant création du
Programme. Il y a eu depuis lors quatre appels d’offres et l’ONU
envisage actuellement d’en lancer encore un pour mieux diversifier
le portefeuille.
L’ONU
a depuis longtemps pour politique de ne pas divulguer le nom des
banques où elle dépose ou place des fonds et d’interdire à ses
fournisseurs de se proclamer comme tels. Les banques ne perçoivent
aucune commission au titre du Programme, les décisions de placement
étant prises par la Trésorerie de l’ONU. Les fonds sont placés
sur le marché au meilleur taux concurrentiel et tous les intérêts
créditeurs sont versés au Programme.
Est-il
vrai que les Kurdes ne peuvent savoir combien d’intérêts leur
seraient dus sur le compte Iraq à 13 %?
Le
Conseil de sécurité ne reconnaît qu’un gouvernement en Iraq,
mais le Bureau chargé du Programme Iraq, le Coordonnateur des
Nations Unies pour les affaires humanitaires en Iraq et les neuf
institutions et programmes des Nations Unies opérant dans le nord
du pays coopèrent étroitement avec les autorités kurdes locales,
les consultant en tout sur leurs besoins, leurs objectifs et leurs
priorités de développement. Malgré ces consultations, l’ONU a
l’entière responsabilité du Programme, qui répond aux multiples
besoins de la région : vivres et médicaments, éducation,
agriculture, électricité, eau, assainissement, aide aux personnes
déplacées et aux groupes les plus vulnérables et déminage. Les
intérêts créditeurs du compte à 13 % des trois gouvernorats
du nord y sont versés. Toutes les informations financières le
concernant sont communiquées aux membres du Conseil de sécurité
et au Gouvernement iraquien à toutes les étapes du Programme.
En
quoi la résolution 1472 (2003) a-t-elle modifié le fonctionnement
du Programme?
L’autorité
accordée au Secrétaire général par la résolution 1472 (2003) a
habilité le Programme à :
–
Établir les différents endroits, tant en Iraq que dans
d’autres pays, où les produits et le matériel humanitaires
fournis au titre du Programme pourront être livrés, inspectés et
certifiés conformes et réacheminer les marchandises vers ces
endroits, selon qu’il conviendra. Il s’agit du port turc
d’Iskenderun et du port syrien de Lattaquié sur la Méditerranée,
du port jordanien d’Aqaba sur la mer Rouge, du port du Koweït
dans le Golfe et d’un autre endroit, à déterminer, en Iran.
Chacun a l’avantage de disposer d’installations de manutention
du vrac, d’entrepôts et de bonnes liaisons routières avec
l’Iraq;
–
Examiner d’urgence les contrats approuvés, qu’ils soient
financés ou non, afin de fixer l’ordre d’expédition des vivres,
des médicaments, des fournitures sanitaires et des fournitures et
du matériel d’approvisionnement en eau et d’assainissement.
Toujours
selon cette résolution, l’autorité de l’ONU pour exécuter le
Programme a été étendue aux 15 gouvernorats du centre et du
sud, alors qu’initialement elle se limitait aux trois gouvernorats
du nord, le Gouvernement iraquien étant alors chargé, sous l’étroite
surveillance de l’Organisation, d’exécuter le Programme dans
les 15 gouvernorats en question.
Le
Conseil a réaffirmé la souveraineté de l’Iraq et le droit
qu’a son peuple de disposer de ses ressources naturelles; et il a
souligné qu’il fallait maintenir le réseau national de
distribution alimentaire.
En
vertu de l’autorité accordée au Secrétaire général jusqu’au
3 juin 2003, les fonds déposés dans le compte séquestre Iraq, non
engagés ou inutilisés, peuvent servir à indemniser les armateurs
et les fournisseurs dont les marchandises ont été détournées ou
transbordées vers d’autres endroits que ceux initialement prévus;
à acheter des produits locaux; et à financer les dépenses engagées
sur place, telles que les frais de meunerie et de transport,
indispensables à la livraison des produits humanitaires. Le compte
séquestre peut aussi servir à régler des contrats prioritaires
approuvés mais non financés et à en financer de nouveaux pour
l’achat d’articles médicaux essentiels. L’UNICEF et l’OMS
font le point de leurs besoins en articles médicaux.
De
combien de ressources le Programme dispose-t-il?
La
valeur des produits et fournitures prioritaires pouvant être expédiés
en Iraq dans le cadre du Programme avant le délai du 12 mai fixé
par le Conseil de sécurité dans la résolution 1472 (2003) a
atteint cette semaine (18 avril) 454,6 millions de
dollars. La plupart de ces produits et fournitures, qui
correspondent à 160 contrats et concernent l’alimentation (236,4 millions
de dollars), l’électricité (119,3 millions de dollars) et la
santé (53,1 millions de dollars), sont déjà en route vers
l’Iraq. Le Bureau chargé du Programme Iraq continue à recenser
les produits prioritaires les plus aisément accessibles et à négocier
avec les fournisseurs pour qu’ils accélèrent l’expédition des
fournitures énumérées dans les contrats déjà approuvés. Six
organismes des Nations Unies – le PNUD, le PAM, la FAO,
l’OMS, le HCR et l’UNICEF – s’occupent des produits
correspondant à leur mandat. Les biens prioritaires comprennent le
blé, le lait en poudre, le riz et les huiles végétales, ainsi que
les médicaments, les fournitures et le matériel médicaux, les
pivots d’irrigation, les groupes électrogènes à gaz, les pompes
à eau, les véhicules et les pièces de rechange.
Dans
son exposé du 22 avril au Conseil de sécurité, le Directeur
exécutif du Programme, M. Benon Sevan, a indiqué que, grâce
à la prorogation de la période de 45 jours qui se terminait le 12 mai
2003 selon la résolution 1472 (2003), il serait possible
d’expédier un supplément de produits alimentaires et d’autres produits importants
d’une valeur de 139 millions de dollars, ce qui porterait à
600-700 millions de dollars la valeur totale des produits
pouvant être expédiés avant le 3 juin.
Quel
est le lien entre ce montant et les 2,2 milliards de dollars
demandés dans l’appel éclair en faveur de l’Iraq?
Seule
une partie des 10,3 milliards de dollars de produits
humanitaires à expédier dans le cadre du Programme peut servir aux
secours. Des produits tels que les comprimés de purification de
l’eau, le matériel d’approvisionnement en eau potable, etc.,
n’étant pas fournis dans ce cadre, doivent être achetés
d’urgence, et, face à la malnutrition, on manque encore de suppléments
alimentaires, en particulier de biscuits à haute teneur en protéines
et de lait thérapeutique. Par ailleurs, parmi les produits pouvant
servir à des fins humanitaires, seule une partie pourra être
acheminée à temps, malgré la prorogation du délai. Enfin, un
certain pourcentage des produits alimentaires demandés dans le
cadre de l’appel éclair sont périssables et doivent être
acheminés par étapes, ce qui fait qu’ils ne peuvent être expédiés
dans le cadre du Programme modifié.
Face
à tous les besoins des six prochains mois, il faut donc immédiatement
aux organismes des Nations Unies d’importants fonds supplémentaires.
Il
faut ainsi au PAM, dès le mois de mai et pour les six mois à venir,
1,3 milliard de dollars pour nourrir la population. Le coût
des produits humanitaires relevant du Programme qui pourront arriver
à temps en Iraq sera déduit du montant total demandé et
actuellement solliciter des donateurs qui, en réponse à l’appel
éclair, avaient, au 24 avril, promis 421 millions de
dollars.
Qu’en
est-il des moyens de distribution en Iraq?
Avant
la guerre, le Gouvernement iraquien avait amélioré la distribution
des rations alimentaires mensuelles, mais la plupart des familles
pauvres en troquent ou en vendent une partie pour satisfaire
d’autres nécessités et l’on estime que les provisions de la
plupart des ménages seront très réduites d’ici à la fin avril.
On
commence à se faire une idée de l’état du réseau de
distribution du Programme, après la guerre, dans le sud de l’Iraq
où on a contacté des agents et recensé quelques entrepôts sûrs.
On en sait moins sur la situation dans le centre. Partout dans le
centre et le sud, les locaux, les fournitures, le matériel et les véhicules
de l’ONU ont été, eux aussi, systématiquement pillés. Dans les
gouvernorats du nord, la distribution se poursuit avec l’aide du
personnel national.
Quand
et comment l’aide sera-t-elle distribuée?
L’ONU
utilisera tous les moyens possibles pour distribuer l’aide, en
fonction de la situation, des besoins humanitaires et de la sécurité
dans les régions touchées.
Pour
acheminer ses produits alimentaires, le PAM emprunte presque tous
les jours quatre itinéraires de camionnage passant par la Turquie,
le Koweït, la Jordanie ou la Syrie. L’UNICEF, l’OMS et
d’autres organismes ont également pris des dispositions pour
livrer de l’eau, des fournitures médicales et sanitaires et
d’autres secours qui seront distribués notamment par le personnel
national des Nations Unies.
Le
23 avril, des fonctionnaires internationaux de l’ONU ont repris
leurs fonctions à temps complet dans le nord de l’Iraq;
d’autres devraient faire de même dans d’autres régions si la sécurité
y est jugée suffisante. Ceux qui n’ont pu qu’aller travailler
– et en plein jour – dans le sud devraient pouvoir s’y réinstaller
dès le 26 avril.
Commission
d’indemnisation
On
pense parfois à tort que la Commission d’indemnisation de l’ONU
intervient dans le cadre du Programme et on lui reproche à ce titre
de ne pas publier l’identité des demandeurs. La Commission est un
organe subsidiaire du Conseil de sécurité de l’ONU qui l’a créée
en 1991 pour examiner les demandes et indemniser des pertes consécutives
à l’invasion et à l’occupation du Koweït par l’Iraq. Les
indemnitaires sont payés par un fonds spécial alimenté par une
partie des recettes (25 %) de la vente du pétrole iraquien.
La
responsabilité de l’Iraq concernant ces pertes a été établie
par le Conseil de sécurité dans sa résolution 687 du 3 avril 1991 :
« L’Iraq ... est responsable, en vertu du droit
international, de toute perte, de tout dommage, y compris les
atteintes à l’environnement et la destruction des ressources
naturelles, et de tous autres préjudices directs subis par des États
étrangers et des personnes physiques et sociétés étrangères du
fait de l’invasion et de l’occupation illicites du Koweït par
l’Iraq ».
Sous
l’autorité du Conseil de sécurité, la Commission est dotée
d’un conseil d’administration, d’un comité de commissaires et
d’un secrétariat.
Des informations complémentaires sont
disponibles sur le site Web du Bureau chargé du Programme Iraq.
Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter Ian Steele à
l’adresse électronique suivante : <steelei@un.org>
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