Dossier de presse
Fiche d'information 4
APPUI DU PNUD AU DÉSARMEMENT GRÂCE À UNE DÉMARCHE
AXÉE SUR LE DEVELOPPEMENT S'AGISSANT DES ARMES LÉGÈRES
Les miches de pain frais et les pâtisseries qui garnissent les rayons
de la Pâtisserie de la Paix située dans le quartier de Makelekele de
Brazzaville ne sont que l'un des signes que le cessez-le-feu qui a mis
fin à la guerre il y a à peine quatre ans semble vouloir tenir. Il existe
d'autres signes qui permettent de croire que la paix pourrait être permanente,
tel qu'une nouvelle épicerie dirigée par une femme à Djoumouna dans
la banlieue de Brazzaville ou alors la nouvelle menuiserie de Jean-Paul
Ayessa.
Toutes ces entreprises ont pu être créées grâce aux sommes provenant
du don d'aide à la réintégration accordé par le Programme des Nations
Unies pour le développement (PNUD) dans le cadre de son projet visant
à aider 4 700 anciens membres des milices à se trouver un emploi. En
contrepartie de ce don, ces jeunes miliciens généralement dépourvus
de toute formation rendent leurs armes.
" Je ne suis pas boulanger de formation mais j'ai appris les trucs
du métier. C'est un bon métier qui nous assure un revenu raisonnable
", déclare un ancien milicien âgé de 28 ans et qui se nomme Ludovic.
" J'ai tellement souffert pendant la guerre, dit-il, ce n'est que maintenant
que je commence à apprécier la vie de nouveau. "
Didier Edmond, un autre bénéficiaire, travaille maintenant comme menuisier
dans le Bakongo voisin. Il explique que " sans ce programme, plusieurs
combattants n'auraient pas rendu leurs armes. Mais maintenant, le message
se répand qu'il existe une vie et de l'espoir pour ceux qui décident
de céder leurs armes. Je suis une preuve vivante qu'il est possible
de réintégrer la vie civile. "
De concert avec cet effort visant à diriger d'anciens combattants vers
des emplois civils, un effort est fait pour recueillir les armes individuelles
qui ont contribué à prolonger le conflit. A ce jour, le programme de
la République du Congo a permis de recueillir près de 7 000 armes individuelles
y compris des fusils, des grenades et des munitions.
Toutefois, la reconstruction de ce qui a été détruit prendra des années.
Les bâtiments du centre de Brazzaville qui sont criblés de balles demeurent
des rappels incontournables du conflit mais l'impact des fusils est
encore plus profond. Outre les 50 000 personnes qui ont perdu la vie
au cours du conflit et les milliers d'autres qui ont été forcées de
se cacher, la violence a détruit les ponts, les routes, les centres
d'affaires et les maisons. Un développement qui s'était effectué au
cours de plusieurs dizaines d'années a été anéanti presque instantanément.
La suppression des armes individuelles est
un préalable au développement
La promotion du développement qui relève du PNUD ne peut être engagée
aussi longtemps que les armes individuelles sont présentes. Il s'ensuit
qu'il appartenait au PNUD, comme élément de sa mission, d'œuvrer pour
éliminer la prolifération des armes individuelles pour permettre la
mise en place et l'exécution de programmes de développement importants.
La suppression d'armes individuelles illicites peut se faire au moyen
de différentes démarches; plusieurs d'entre elles engageant une réglementation
de la fabrication et du commerce de ces armes. Mais la restriction de
la disponibilité de ces armes ne constitue qu'un élément de la réponse.
La réduction de la demande apparemment insatiable d'armes individuelles
est l'autre facteur qui entre en jeu et c'est ici que le PNUD peut agir.
Bien que de nombreux conflits trouvent leur origine dans la politisation
des différences ethniques, régionales ou religieuses, la pauvreté et
l'injustice sont souvent la cause d'hostilité. Pour encourager la population
à céder leurs armes, le PNUD axe son action sur les besoins immédiats
de la population; il s'agit essentiellement de la sécurité et des perspectives
économiques. En offrant d'autres possibilités que la guerre, la violence
ou le crime, le PNUD a constaté qu'il est possible de réduire la demande
d'armes individuelles. Au moyen de programmes très probants en Albanie
et au Mali où des milliers d'armes ont été récupérées, la " démarche
développement " du PNUD a encouragé les populations à rendre leurs armes.
Mettant à profit les leçons apprises grâce aux efforts axés sur la
consolidation de la paix dans des pays comme le Mozambique, le Cambodge,
El Salvador et le Guatemala, le PNUD est en mesure de tirer parti de
plusieurs années d'expérience lui permettant de mettre au point des
projets concernant les armes légères. Grâce à ses bureaux situés dans
130 pays en développement, le PNUD travaille étroitement avec les pays
qui sollicitent une aide pour supprimer les armes individuelles, ainsi
qu'avec d'autres agences et le Fonds des Nations Unies et les organisations
de la société civile.
En suivant une approche axée sur le développement pour réduire la demande
d'armes légères, les programmes du PNUD ont pour objectif de rassembler
et de détruire les armes, d'offrir des possibilités de développement
- non seulement aux ex-combattants, mais aussi à leur famille et aux
autres personnes touchées par la violence - et de renforcer les institutions
nationales qui assurent la sécurité et la promotion de l'état de droit.
Feux de joie en faveur du développement
La collecte et la destruction des armes constituent à n'en pas douter
l'aspect le plus visible du programme relatif aux armes légères. Il
est fréquent que la destruction de ces armes serve de centre nerveux
de l'attention du public ce qui peut contribuer à faire avancer le processus
de paix. Au Mali, une immense pyramide d'armes recueillies a été mise
à feu à l'occasion de la " Flamme de la paix ", un événement qui a marqué
un tournant et contribué à amener le pays à la réconciliation nationale
plutôt qu'à la poursuite du conflit.
L'embrasement de ces feux de joie contribue à créer la perception que
la paix est à portée de main. La perception du public est un élément
majeur des programmes relatifs aux armes légères et l'information et
la sensibilisation sont nécessaires si l'on veut contribuer à sécuriser
la population. En outre, cela contribue à encourager les personnes déplacées
à travers le pays à rentrer dans leurs foyers. Cette stratégie de sensibilisation
du public a été un élément clé qui a permis le succès du projet relatif
à l'Albanie, plus précisément dans le district de Gramsh à environ 100
kilomètres au sud de Tirana où près de 10 000 armes ont été collectées
en échange de projets de développement choisis par la collectivité elle-même.
Les préoccupations relatives à la sécurité et à la prévention sont
de la plus haute importance si l'on veut que les incitations économiques
produisent leurs effets. Il s'ensuit que les programmes relatifs aux
armes légères doivent être axés sur la nécessité de renforcer les institutions
qui assurent la sécurité tout en respectant les droits de l'homme. Par
la même occasion, le PNUD veille à renforcer la primauté du droit, à
améliorer la formation des juges et des avocats de même que celle des
forces de sécurité.
En République d'El Salvador où une quantité importante d'armes légères
continue à circuler en dépit du fait que 10 années se sont écoulées
depuis la signature d'un accord de paix qui a mis fin à un long conflit,
le PNUD met au point un nouveau programme qui vise à renforcer la capacité
de la société civile à mettre fin à la libre circulation des armes légères.
Plusieurs pays sollicitent de l'aide
D'autres pays s'adressent au PNUD pour obtenir une aide afin de réduire
le nombre des armes légères qui circulent librement. A l'heure actuelle,
le PNUD élabore ou applique des programmes relatifs aux armes individuelles
à l'intention des Iles Salomon, du Niger et de la Somalie. Des démarches
régionales qui visent à forger des contrôles coordonnés des armes légères
ont été entreprises en Afrique orientale et en Afrique occidentale.
Récemment, une équipe d'évaluation du PNUD en Somalie a conclu que
le moment était venu pour l'application d'un programme visant à aider
au transfert du contrôle des armes légères par des individus pour le
placer entre les mains du gouvernement. Des programmes qui visent à
supprimer l'utilisation de ces armes par les jeunes au Pérou et au Kosovo
sont également en voie d'élaboration.
Plusieurs de ces programmes sont financés par le Fonds d'affectation
spéciale pour les armes individuelles du PNUD. Créé en 1998, ce Fonds
a permis aux pays donateurs - un groupe qui, à ce jour, comprend la
Belgique, la Norvège, la Suisse et la Corée du Sud - de bénéficier d'un
véhicule qui vise directement le problème de la prolifération des armes
légères.
Pour plus d'informations
Les médias sont priés de contacter Trygve Olfarnes : (212) 906-6606.
Pour plus d'informations, veuillez contacter la Division des interventions
d'urgence du PNUD ou le site Web www.undp.org/erd;
Programme des Nations Unies pour le développement, One UN Plaza, DC1-21
New York NY 10017, Etats-Unis d'Amérique. Téléphone : (212) 906-6376.
Télécopieur : (212) 906-6887.
Rédigé par le Département des affaires de désarmement
des Nations Unies
Publié par le Département de l'information des Nations Unies
DPI/2195 (2) - mai 2001
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