Dossier de presse
Fiche d'information 23
RAPPORT DU GROUPE D'EXPERTS GOUVERNEMENTAUX
SUR LES ARMES DE PETIT CALIBRE
27 août, A/52/298
[Avant-propos du Secrétaire général
et recommandations]
Dans sa résolution 50/70 B du 12 décembre 1995, l'Assemblée
générale a prié le Secrétaire général d'établir un rapport sur les
armes légères et de petit calibre, avec l'aide d'un groupe d'experts
gouvernementaux. En avril 1996, le Secrétaire général a nommé, en
appliquant le principe de la représentation géographique équitable,
16 experts gouvernementaux. Le rapport a été établi entre le 24 juin
1996 et le 18 juillet 1997. Au cours de cette période, le Groupe a
tenu trois sessions à New York : la première du 24 au 28 juin 1996,
la deuxième du 21 au 31 janvier 1997, et la troisième du 7 au 18 juillet
1997. Sur l'invitation du Gouvernement japonais, le Groupe s'est également
réuni à Tokyo du 26 au 28 mai 1997.
Le rapport a été officiellement soumis à l'Assemblée
générale le 27 août 1997 (A/52/298). L'avant-propos du Secrétaire
général et les recommandations sont reproduites ci-dessous. [Le texte
intégral du rapport est disponible sur le World Wide Web du Département
des affaires de désarmement des Nations Unies à la page http://www.un.org/french/Depts/dda/CAB/smallarms/docs/rep52298f.pdf]
" Avant-propos du Secrétaire
général
" Abondantes et aisées à manier, les armes de petit calibre
et les armes légères ont été le principal, voire l'unique moyen de combat
utilisé dans la majorité des conflits les plus récents dont s'occupe
l'Organisation des Nations Unies. Aux mains de troupes irrégulières
peu soucieuses du droit international humanitaire, ces armes ont fait
un très grand nombre de victimes, dont 80 % de femmes et d'enfants.
Ainsi, le rapport requis par l'Assemblée générale dans sa résolution
50/70 B sur le phénomène des armes légères et de petit calibre était-il
particulièrement opportun; il importait grandement, en effet, de se
pencher sur un aspect prioritaire de la lutte engagée pour libérer le
monde du fléau de la guerre et du fardeau des armements.
" Bien que les armes légères et de petit calibre ne soient
pas en elles-mêmes la cause des conflits, leur prolifération modifie
l'intensité et la durée de ceux-ci et encourage une solution par la
force plutôt qu'un règlement pacifique. Le plus déplorable, peut-être,
est de constater l'existence d'un cercle vicieux où l'insécurité engendre
une augmentation de la demande en armes qui produit à son tour une intensification
de l'insécurité.
" A l'heure actuelle, les conflits armés les plus tenaces
dans le monde sont caractérisés par les flambées récurrentes de violence
et par l'érosion de la légitimité politique et de la viabilité économique,
autant de facteurs qui privent un Etat du pouvoir de faire face aux
causes ou aux conséquences de l'accumulation, de la prolifération et
de l'usage excessif des armes légères et de petit calibre. L'adoption
de mesures efficaces touchant ces armes permettrait de s'attaquer aux
deux aspects du problème.
" A cette fin, le Groupe d'experts gouvernementaux a établi
un rapport pragmatique, axé sur les résultats; je lui en suis très reconnaissant.
Tout acquis à la tâche qui leur était dévolue, les membres du Groupe
ont offert plus que leur savoir-faire : ils ont financé leurs propres
activités sur le terrain, qu'ils considéraient comme essentielles à
une meilleure compréhension de la situation qui prévaut dans divers
pays et sous-régions touchés. Les problèmes particuliers aux sous-régions
visitées et les appels figurant dans les appendices du rapport du Groupe
d'experts valent d'être examinés sans délai.
" Le Groupe d'experts propose dans son rapport un ensemble
de mesures pratiques destinées à réduire le nombre d'armes en circulation
et à prévenir toute accumulation. Ces propositions qui font l'unanimité
du Groupe méritent également l'aval de l'Assemblée générale.
" Recommandations
" Les recommandations du Groupe d'experts ont trait, d'une
part, aux mesures visant à réduire l'accumulation et le transfert excessifs
et déstabilisateurs d'armes légères et de petit calibre dans les régions
du monde où l'on a déjà constaté de telles accumulations et de tels
transferts et, d'autre part, aux mesures visant à empêcher qu'ils se
produisent à l'avenir.
" Le Groupe d'experts recommande les mesures suivantes
en matière de réduction :
" a) - L'Organisation des Nations Unies devrait adopter
une approche intégrée qui tienne également compte de la sécurité et
du développement, en cherchant les moyens d'apporter l'assistance voulue
aux forces de sécurité nationales, comme elle l'a fait au Mali et dans
d'autres Etats d'Afrique de l'Ouest, et étendre cette assistance à d'autres
régions du monde qui sortent de conflits et dans lesquelles il est urgent
de s'occuper des graves problèmes liés à la prolifération d'armes légères
et de petit calibre. La communauté des donateurs devrait encourager
cette approche nouvelle dans les régions du monde qui connaissent de
telles situations;
" b) - L'Organisation des Nations Unies, avec l'assistance
de la communauté des donateurs, devrait appuyer toutes les initiatives
prises en matière de désarmement et de démobilisation après les conflits
(neutralisation et destruction des armes notamment), y compris les programmes
de restitution des armes menés à l'échelle locale par des organisations
gouvernementales et non gouvernementales;
" c) - Lorsque l'on sera parvenu à une entente nationale
en Afghanistan, l'Organisation des Nations Unies devrait participer
à la tenue d'un forum interafghan en vue de fixer, entre autres, un
échéancier pour la comptabilisation, la récupération et la destruction
des armes légères et de petit calibre qui circulent clandestinement
dans le pays;
" d) - Compte tenu des problèmes que pose la présence
d'un nombre excessif d'armes légères et de petit calibre provenant des
multiples conflits internes, d'une part, et des enseignements que l'on
a retirés des opérations de maintien de la paix menées par l'Organisation
des Nations Unies, d'autre part, deux séries de directives devraient
être formulées pour :
" i) - Aider les négociateurs des accords de paix à
énoncer des plans de désarmement des combattants (en particulier de
ceux qui possèdent des armes légères et de petit calibre et des munitions)
et à inclure dans ces plans des dispositions pour la collecte et la
neutralisation (par la destruction, de préférence) des armes;
" ii) - Aider les missions de maintien de la paix à
mener à bien leurs mandats conformément aux dispositions énoncées
dans les accords de paix.
" Ces directives devraient être établies en consultation
avec des personnes qui ont négocié des accords de paix et participé
à des opérations de maintien de la paix des Nations Unies. A cet égard,
il faudrait envisager d'intégrer une composante désarmement dans les
opérations de maintien de la paix entreprises par l'ONU;
" e) - Les Etats et les organisations régionales, le cas
échéant, devraient renforcer la coopération internationale et régionale
entre les responsables de la police, des services de renseignement,
des douanes et des contrôles aux frontières pour réprimer la circulation
et le trafic clandestins d'armes légères et de petit calibre et mettre
un terme aux activités criminelles associées à l'utilisation de ces
armes;
" f) - Il faudrait encourager la mise en place de mécanismes
et de réseaux régionaux d'échange d'informations afin de réaliser les
objectifs susmentionnés;
" g) - Toutes les armes illégalement détenues par des
civils, et dont ni la défense nationale ni la sécurité intérieure ne
justifient la détention, devraient être collectées et détruites par
les Etats dans les plus brefs délais.
" Le Groupe d'experts recommande les mesures suivantes
en matière de prévention :
" a) - Tous les Etats devraient donner effet aux recommandations
énoncées dans les Directives relatives aux transferts internationaux
d'armes dans le contexte de la résolution 46/36 H de l'Assemblée générale,
en date du 6 décembre 1991, adoptées en 1996 par la Commission du désarmement
14;
" b) - Tous les Etats devraient préciser dans leurs législations
et réglementations nationales quelles sont les armes que les civils
sont autorisés à posséder et dans quelles circonstances il peut en être
fait usage;
" c) - Tous les Etats devraient s'assurer qu'ils disposent
des lois, réglementations et procédures administratives nécessaires
à l'exercice d'un contrôle véritable sur la possession légale d'armes
légères et de petit calibre et sur leur transfert, de façon à en prévenir
le trafic illicite, entre autres;
" d) - Les Etats qui sortent d'un conflit devraient, dès
que possible, exiger ou exiger de nouveau que tout civil présent sur
leur territoire et possédant une arme légère ou de petit calibre soit
titulaire d'un permis de port d'armes;
" e) - Tous les Etats devraient imposer des restrictions
au transfert des surplus d'armes légères et de petit calibre fabriquées
aux seules fins d'être détenues et utilisées par des militaires et des
policiers. Tous les Etats devraient envisager aussi la destruction complète
des surplus d'armes de ce type;
" f) - Tous les Etats devraient veiller à ce que ces armes
ne disparaissent pas du fait d'actes de corruption ou de vols, en particulier
dans les entrepôts;
" g) - L'Organisation des Nations Unies devrait engager
vivement les organisations intéressées (Interpol et Organisation mondiale
des douanes en particulier), ainsi que tous les Etats et organismes
nationaux concernés, à coopérer étroitement aux enquêtes sur les groupes
et les individus qui sont impliqués dans des trafics illicites, notamment
pour déterminer comment les trafiquants procèdent aux transferts d'armes;
" h) - Tous les Etats et organisations régionales et internationales
concernés devraient intensifier leurs efforts de coopération pour lutter
contre toutes les formes de trafic illicite visées dans le présent rapport
et associées à la prolifération et à l'accumulation d'armes légères
et de petit calibre;
" i) - L'Organisation des Nations Unies devrait encourager
l'adoption et la mise en oeuvre de moratoires régionaux ou sous-régionaux,
s'il y a lieu, sur le transfert et la fabrication d'armes légères et
de petit calibre, comme convenu par les Etats intéressés;
" j) - Les autres organisations régionales devraient avoir
à l'esprit les travaux de l'Organisation des Etats américains lorsqu'elle
élaborera le projet de convention interaméricaine sur la lutte contre
la fabrication et le trafic illicites d'armes à feu, de munitions, d'explosifs
et autres matériels apparentés, et s'en inspirer, le cas échéant;
" k) - L'Organisation des Nations Unies devrait envisager
la tenue d'une conférence internationale sur toutes les formes de commerce
illicite d'armes, pour approfondir les questions que l'on a mises en
lumière dans le présent rapport;
" l) - Au titre de la prévention du trafic et de la circulation
illicite d'armes légères et de petit calibre, l'Organisation des Nations
Unies devrait étudier :
" i) - La possibilité de mettre au point un système fiable
de marquage de toutes ces armes dès leur fabrication;
" ii) - La possibilité d'autoriser uniquement les fabricants
et les revendeurs officiels à fabriquer ces armes et à en faire le commerce,
et de constituer une base de données dans laquelle seraient recensés
lesdits fabricants et revendeurs;
" m) - L'Organisation des Nations Unies devrait étudier
sous tous ses aspects le problème des munitions et explosifs. "
Rédigé par le Département des affaires
de désarmement des Nations Unies
Publié par le Département de l'information des Nations Unies
DPI/2195 (2) - mai 2001
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