Dossier de presse
Fiche d'information 18
DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DU
CONSEIL DE SÉCURITÉ SUR LES ARMES LÉGÈRES
24 septembre 1999, S/PRST/1999/28
A la 4048ème séance du Conseil de sécurité, tenue le 24 septembre
1999, au sujet de la question intitulée Armes légères, le Président
a fait la déclaration suivante au nom du Conseil :
" Le Conseil de sécurité rappelle que la responsabilité principale
du maintien de la paix et de la sécurité internationales lui incombe
en vertu de la Charte des Nations Unies et que son attention est inévitablement
appelée par le fait que les armes légères sont les plus fréquemment
employées dans la majorité des conflits armés récents.
" Le Conseil note avec une vive préoccupation que l'accumulation déstabilisatrice
des armes légères a contribué à l'intensité et à la durée des conflits
armés. Il constate également que le fait de pouvoir se procurer facilement
de telles armes est un facteur qui peut contribuer à porter préjudice
aux accords de paix, à compliquer les activités de consolidation de
la paix et à entraver le développement politique, économique et social.
A cet égard, il reconnaît que le défi constitué par les armes légères
présente de nombreux aspects, qui touchent à la sécurité, au secteur
humanitaire et au développement.
" Le Conseil se déclare vivement préoccupé par le fait que les pays
qui sont engagés dans des conflits armés prolongés, qui en sortent ou
qui en sont menacés souffrent d'une vulnérabilité particulière à la
violence causée par l'emploi indifférencié des armes légères. A cet
égard, il rappelle le rapport du Secrétaire général sur la protection
des civils en période de conflit armé, en date du 8 septembre 1999 (S/1999/957),
et sa résolution 1265 (1999) du 17 septembre 1999.
" Le Conseil souligne que le droit de légitime défense, individuelle
ou collective, reconnu à l'Article 51 de la Charte des Nations Unies,
et les exigences légitimes de tous les pays en matière de sécurité devraient
être pleinement pris en compte. Il reconnaît que les armes légères font
l'objet d'échanges mondiaux à des fins commerciales et de sécurité légitimes.
Compte tenu du volume considérable de ces échanges, il souligne l'importance
capitale de réglementations et de contrôles efficaces au niveau national
des transferts d'armes légères. Il encourage également les gouvernements
des pays exportateurs d'armes à manifester le plus haut degré de responsabilité
dans le cadre de ces transactions.
" Le Conseil souligne que la prévention du commerce illicite des armes
légères représente une préoccupation immédiate dans la recherche des
moyens permettant d'empêcher un mauvais usage de ces armes, notamment
leur utilisation par les terroristes.
" Le Conseil se félicite des diverses initiatives actuellement prises,
aux niveaux mondial et régional, pour remédier à ce problème. Sur le
plan régional, ces initiatives comprennent le Moratoire de la Communauté
économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest sur la production et le
commerce d'armes légères, la Convention interaméricaine contre la fabrication
illicite et le trafic d'armes à feu, munitions, explosifs et autres
matériels connexes, l'Action commune de l'Union européenne sur les petites
armes et le Code de conduite de l'Union européenne concernant les exportations
d'armes. Au niveau mondial, le Conseil accueille avec satisfaction le
processus de négociation en vue de l'élaboration d'une convention internationale
contre la criminalité organisée transnationale, y compris un projet
de protocole contre la fabrication et le commerce illicites des armes
à feu, munitions et autres matériels connexes.
" Le Conseil souligne l'importance de la coopération régionale pour
lutter contre le trafic d'armes légères. Certaines initiatives, notamment
le travail accompli par la Communauté de développe-ment de l'Afrique
australe et l'Organisation régionale de coordination des directeurs
de police d'Afrique australe, montrent bien comment la coopération régionale
peut être mise au service de la lutte contre la prolifération des armes
légères. Le Conseil reconnaît que, si certaines régions peuvent parfois
tirer parti de l'expérience acquise dans d'autres régions, une expérience
ne peut être transposée sans tenir compte des diversités régionales.
" Le Conseil note également avec satisfaction et encourage les efforts
visant à prévenir et combattre l'accumulation excessive et déstabilisatrice
des armes légères ainsi que leur trafic et invite les Etats Membres
à y faire participer la société civile.
" Le Conseil note avec satisfaction que les organismes des Nations
Unies accordent une attention croissante aux problèmes liés à l'accumulation
déstabilisatrice des armes légères. Il se félicite que le Secrétaire
général ait créé le Mécanisme de coordination de l'action concernant
les armes légères, dans le but d'assurer, au sein du système des Nations
Unies, une démarche cohérente et coordonnée à l'égard de la question
des armes légères.
" Le Conseil note que, malgré la gravité évidente de l'impact humanitaire
des armes légères dans les situations de conflit, aucune analyse détaillée
n'est disponible à ce sujet. Il prie par conséquent le Secrétaire général
d'inclure, dans les études pertinentes qu'il entreprend actuellement,
les incidences humanitaires et socioéconomiques de l'accumulation et
du transfert excessifs et déstabilisateurs des armes légères, y compris
leur production et leur commerce illicites.
" Le Conseil demande que les embargos sur les armes imposés conformément
à ses résolutions pertinentes soient effectivement mis en oeuvre. Il
encourage les Etats Membres à fournir aux comités des sanctions les
informations disponibles sur les allégations de violation de ces embargos
et recommande que les présidents de ces comités invitent les personnes
compétentes des organes, organisations et comités du système des Nations
Unies, ainsi que des organisations intergouvernementales et régionales
et autres parties concernées, à communiquer des informations sur les
questions relatives à la mise en application effective des embargos
sur les armes.
" Le Conseil demande également que soient prises des mesures en vue
de décourager les mouvements d'armes à destination de pays ou de régions
qui sont engagés dans des conflits armés ou qui viennent d'en sortir.
Il invite les Etats Membres à élaborer et respecter des moratoires volontaires
nationaux ou sous-régionaux sur les transferts d'armes, en vue de faciliter
le processus de réconciliation dans ces pays ou régions. Il rappelle
les précédents existant dans ce domaine ainsi que l'appui international
qui a été accordé pour la mise en oeuvre de ces moratoires.
" Le Conseil constate qu'il est important d'inclure, le cas échéant,
avec le consentement des parties, dans le cadre d'accords de paix spécifiques,
et de manière adaptée aux différents mandats de maintien de la paix
des Nations Unies, des modalités précises touchant le désarmement, la
démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, y compris la destruction
en temps voulu et sans danger des armes et des munitions. Le Conseil
prie le Secrétaire général de fournir à ceux qui négocient des accords
de paix un dossier recensant les pratiques ayant permis d'obtenir les
meilleurs résultats sur le terrain.
" Le Conseil prie le Secrétaire général d'élaborer un manuel de référence
aux fins d'usage sur le terrain et relatif aux méthodes de destruction
des armes sans danger pour l'environnement afin de mieux permettre aux
Etats Membres d'éliminer les armes volontairement remises par la population
civile ou récupérées auprès des ex-combattants. Il invite les Etats
Membres à faciliter l'établissement de ce manuel.
" Le Conseil se félicite des recommandations du Groupe d'experts gouvernementaux
sur les armes légères (A/54/258), y compris la convocation d'une conférence
internationale sur le commerce illicite des armes sous tous ses aspects,
au plus tard en 2001, et prend acte de l'offre de la Suisse qui a proposé
de l'accueillir. Il invite les Etats Membres à participer activement
et de manière constructive à la conférence et à ses réunions préparatoires,
compte tenu des recommandations figurant dans la présente déclaration,
afin que la conférence puisse apporter une contribution importante et
durable à la réduction du trafic d'armes. "
Rédigé par le Département des affaires de désarmement
des Nations Unies
Publié par le Département de l'information des Nations Unies
DPI/2195 (2) - mai 2001
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