Dossier de presse
Fiche d'information 15

EXTRAIT DU RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL A L'ASSEMBLEE DU MILLENAIRE DES NATIONS UNIES
27 March 2000, A/54/2000

[Repris de la section IV. Un monde libéré de la peur, F. Réduire les armements, paragraphes 238-247]

" Armes légères

" 238. - Les armes légères font infiniment plus de victimes que les autres types d'armes. La plupart des années, le nombre de morts attribuable à ces armes dépasse largement celui des victimes des bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki. De fait, au regard des carnages qu'elles provoquent, elles pourraient être assimilées à des " armes de destruction massive ". Pourtant, contrairement à ce qui a été fait pour les armes chimiques, biologiques et nucléaires, aucun régime mondial de non-prolifération de ces armes n'a encore été mis en place.

" 239. - La prolifération des armes légères n'est pas seulement une question de sécurité; c'est aussi une question de droits de l'homme et de développement. La prolifération des armes légères prolonge les conflits et les exacerbe. Elle met en danger les Casques bleus et les travailleurs humanitaires. Elle nuit au respect du droit international humanitaire. Elle menace les gouvernements légitimes mais peu solides et profite au terrorisme et à la criminalité organisée.

" 240. - Une grande partie des excédents d'armes légères de la guerre froide s'est retrouvée dans les zones de conflit les plus dangereuses du monde et, à mesure que l'offre augmentait, leur prix diminuait, les rendant encore plus faciles à acheter, même dans les pays les plus pauvres. Au milieu des années 90, dans certaines régions d'Afrique, par exemple, les fusils d'assaut se vendaient au prix d'un poulet ou d'un sac de maïs. Il ne sera pas facile de faire baisser le nombre de victimes de ces armes, ne serait-ce que parce que, d'après certaines estimations, il y en aurait quelque 500 millions de par le monde.

" 241. - On estime que 50 à 60 % des échanges mondiaux d'armes sont légaux, mais les armes exportées en toute légalité finissent souvent sur le marché noir. La maîtrise de la prolifération est beaucoup plus difficile qu'elle ne devrait l'être en raison de la conduite irresponsable de certains Etats, du manque de moyens de certains autres et du secret qui entoure souvent le commerce des armes. Si l'on veut progresser, il faut que les Etats Membres prennent des mesures pour accroître la transparence des transferts d'armes. Je les engage aussi à appuyer les mesures régionales de désarmement, comme le moratoire sur l'importation, l'exportation et la fabrication d'armes légères en Afrique de l'Ouest.

" 242. - Cela étant, même si on pouvait mettre un terme à tous les transferts d'armes, le problème que pose la présence de millions d'armes légères détenues illégalement dans les zones de conflit demeurerait.

" 243. - La plupart des pays pauvres susceptibles de connaître des conflits n'ayant pas les moyens de rechercher et de saisir les armes illicites, la meilleure solution serait peut-être de recourir à des incitations économiques. Des programmes de rachat pur et simple risqueraient d'encourager l'importation depuis les pays voisins, mais les programmes d'indemnisation non monétaire mis en place en Albanie, au Mozambique, à Panama et en El Salvador ont donné de bons résultats. Les armes ont été échangées contre des machines à coudre, des vélos, des binettes et des matériaux de construction. Certaines communautés se sont vu offrir de nouvelles écoles, des services de soins de santé et la réfection de routes.

" 244. - Le financement de ces programmes n'incombe pas qu'aux gouvernements. Le secteur privé peut et doit y participer. Le concours des multinationales présentes dans les régions exposées à des conflits serait à cet égard particulièrement bienvenu.

" 245. - La maîtrise de la prolifération des armes illicites est une première étape nécessaire vers la non-prolifération des armes légères. Ces armes doivent être placées sous le contrôle des Etats, qui doivent être tenus responsables de leur transfert. L'Organisation des Nations Unies organisera une conférence sur le commerce illicite des armes légères en 2001, à laquelle, je l'espère, les associations seront invitées à participer pleinement.

" 246. - J'engage instamment les Etats Membres à tirer parti de cette conférence pour prendre des mesures fermes visant à mettre un frein au trafic d'armes légères.

" 247. - Les voix qui se sont élevées récemment contre la prolifération des armes légères sont le signe encourageant que l'importance de la question commence à être reconnue, mais les mots seuls ne peuvent prévenir le massacre d'innocents. Le dialogue est essentiel, mais il faut aussi agir. "

[Pour le texte intégral du rapport consultez la page http://www.un.org/french/millenaire/sg/report/ sur le World Wide Web]

Rédigé par le Département des affaires de désarmement des Nations Unies
Publié par le Département de l'information des Nations Unies
DPI/2195 (2) - mai 2001

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