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États-Unis d'Amérique
Mme Madeleine Korbel Albright, Secrétaire d'État des États-Unis d'Amérique, (parle en anglais)
Extrait de S/PV.4048
Monsieur le Président, à l'instar des autres orateurs, je voudrais d'abord vous remercier ainsi que votre gouvernement d'avoir pris cette très importante initiative. Les États-Unis se réjouissent de travailler avec les Pays-Bas et les autres États ici représentés à combattre le trafic des armes légères.
Durant l'année écoulée, j'ai soulevé ces questions dans des réunions et discours et à travers un rapport sur le commerce des armes, publié cet été par le Département d'État. J'ai la conviction qu'une action vigoureuse est en train de s'affirmer dans le monde entier, et je porterai ce message de notre réunion d'aujourd'hui, dès le mois prochain, lorsque je soulèverai ces questions durant un voyage en Afrique.
Bien que les prix en soient bas, les coûts sociaux des ventes d'armes sont élevés. Des pays qui sont parmi les plus pauvres du monde dépensent des centaines de millions de dollars, achetant des armes légères et d'autres armes. Des fonds sont détournés, des récoltes hypothéquées et des fournitures de secours volées pour financer ces achats. À chaque fois, c'est la population qui est perdante.
La communauté internationale doit mettre au point une action intégrée et globale dans les pays d'origine et les pays de conflit, parmi les acheteurs, les vendeurs, les intermédiaires, et auprès des gouvernements et des organisations internationales et des organisations non gouvernementales.
Dans la déclaration présidentielle d'aujourd'hui, nous nous engageons à renforcer notre coordination, à promouvoir le désarmement dans les opérations de maintien de la paix et à améliorer le respect des embargos sur les armes légères. Les États-Unis sont tout à fait favorables à ces mesures. Je voudrais citer plusieurs autres initiatives que nous prenons ou que nous espérons entreprendre de concert avec d'autres pays.
Les États-Unis s'abstiendront de vendre des armes dans des régions de conflit non encore visées par des embargos sur les armes. Nous encourageons les autres nations à établir et respecter de tels moratoires. Nous avons adopté des lois qui rendent illégal pour les trafiquants d'armes auxquels s'appliquent les lois américaines de conduire des transactions illicites, en quelque lieu que ce soit. Nous demandons aux autres pays de faire également pression sur les intermédiaires. Nous travaillons avec l'Union européenne pour mettre au point des principes de modération et un plan d'action conjoint. Nous appuyons les efforts de l'Institut africain des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, dont le siège est à Kampala, et de l'Organisation des États américains, et prévoyons de faciliter l'application du Moratoire de l'Afrique de l'Ouest sur les armes légères.
Nous nous félicitons de l'important précédent qui a été créé par l'ONU lorsque l'Organisation a entrepris de détruire plus de 18 000 armes et les millions de stocks de munitions qui ont été accumulés pendant la guerre civile au Libéria. Les États-Unis participent à cet effort et nous sommes déterminés à nous employer à détruire ces stocks d'armes dans le monde entier.
Enfin, nous devrions tous nous engager à mener à bien les négociations sur un protocole relatif à la lutte contre la fabrication des armes à feu se rapportant à la convention des Nations Unies sur la criminalité transnationale organisée, d'ici l'an 2000.
Je voudrais également dire que le moment est venu de s'attaquer à l'économie de la guerre qui favorise ces mouvements d'armes illicites. Dans de nombreux cas, ces transactions sont alimentées par la vente de pierres et de métaux précieux et par le trafic de stupéfiants. Trop souvent, les profits financent la violence et le chaos, comme en Sierra Leone où les profits illicites tirés de la vente de diamants ont permis au FRU, qui ne comptait pas plus de 400 hommes, de devenir une armée forte de plusieurs milliers de pilleurs.
L'Ambassadeur Fowler du Canada, en tant que Président du Comité des sanctions sur l'Angola, travaille activement sur la question de l'économie clandestine qui alimente la guerre civile dans ce pays. Grâce à ses efforts, nous pouvons tirer des enseignements importants pour d'autres zones de conflit.
Le marché des États-Unis compte pour 65 % du marché des pierres précieuses dans le monde et nous reconnaissons que nous devons assumer notre part de responsabilité pour mettre fin à ces transactions illicites. Nous espérons pouvoir travailler ici à l'ONU avec d'autres pays, ainsi qu'avec les industries, pour renforcer les régimes de certification dans le monde entier. Nous souhaitons en particulier collaborer avec les pays producteurs de diamants pour veiller à ce que leurs intérêts soient protégés sur des marchés forts et stables.
Aucune solution concrète et définitive à ce problème ou au plus large défi posé par les ventes d'armes illicites dans le monde ne pourra être trouvée du jour au lendemain. Il n'en reste pas moins qu'il incombe aux gouvernements de faire en sorte que les transactions d'armes soient transparentes et que ceux qui en sont responsables soient tenus de rendre des comptes. Ainsi, nous pouvons renforcer le contrôle aux frontières afin de rendre plus difficiles les déplacements d'armes et afin d'empêcher les trafiquants de se livrer à ces activités.
Une fois encore, Monsieur le Président, je vous remercie du rôle de chef de file que vous avez joué personnellement, ainsi que votre gouvernement, dans le cadre de cette initiative.