Slovénie

M. Frlec , Ministre des affaires étrangères de la Slovénie (parle en anglais)

Extrait de S/PV.4048

Je voudrais commencer par vous féliciter, Monsieur le Président d'avoir organisé ce débat très opportun sur les armes légères. La question des armes légères et de petit calibre doit faire l'objet d'une attention particulière de la part de la communauté internationale, parce que ces armes sont souvent la principale cause de violence, de mort, de souffrance et de destruction dans les conflits armés. Et comme vous l'avez si bien indiqué, ce débat devrait porter spécifiquement sur le problème de l'accumulation excessive et de la disponibilité de ces armes et de leurs graves conséquences sur la sécurité internationale et régionale, la stabilité et le développement. C'est un problème mondial auquel aucune région, aucune société du monde ne peut échapper.

La manière de gérer efficacement cette question devrait être de définir le problème et d'identifier clairement les mesures à prendre pour le résoudre. Pour cela, nous pouvons compter sur un éventail de compétences et d'informations déjà disponible. Je voudrais mentionner tout particulièrement l'important rapport (A/52/298) établi en 1997 par le Groupe d'experts gouvernementaux des Nations Unies sur les armes légères qui a tracé la voie. Plus récemment, en décembre 1998, les ministres de l'Union européenne ont adopté une mesure conjointe sur les armes de petit calibre. La Slovénie partage pleinement la position prise dans cette déclaration. Nous sommes prêts à participer activement dans ce domaine, et nous accueillons très favorablement le projet de convention préparé par le Canada sur la question de la prolifération des armes de petit calibre. Nous espérons très sincèrement qu'en 2001, il sera possible de parachever un texte juridique international contraignant sur les armes légères. La Slovénie participe également avec le Canada et d'autres pays à une initiative sur la sécurité de l'humanité, une sécurité où les armes de petit calibre jouent un rôle fondamental et important.

Je voudrais maintenant souligner certains aspects du problème des armes légères qui nous paraissent mériter une attention particulière dans le cadre des processus en cours.

Premièrement, le surplus d'armes légères et l'insuffisance des contrôles exercés sont souvent à l'origine de ce problème. Il faudrait accorder toute l'attention voulue à la gestion effective de ces stocks et à l'élimination de ces surplus pour éviter qu'ils n'alimentent les flux d'armes illicites. Dans la plupart des cas, l'élimination de ces armes nécessite une aide financière et technique. Les pays ayant les ressources et l'expertise voulues devraient donc être invités à fournir cette assistance en cas de nécessité.

Deuxièmement, les armes légères jouent un rôle majeur dans les transferts internationaux d'armes, tant légaux qu'illicites. Il semble y avoir une absence de transparence dans ce domaine. Ces armes ne relèvent pas du Registre des armes classiques des Nations Unies. En outre, l'efficacité des régimes de contrôle des exportations diffère considérablement selon les États. En vue d'améliorer cette situation, nous pensons que les Directives de la Commission du désarmement relatives aux transferts internationaux d'armes, adoptées en 1986, devraient pouvoir s'appliquer.

Troisièmement, les récentes expériences de l'Organisation des Nations Unies en matière de maintien de la paix montrent que les grandes quantités d'armes légères, qui restent sur place une fois le conflit terminé, représentent un sérieux obstacle à la consolidation de la paix -- à l'issue des conflits -- et à la reconstruction. Les enseignements de situations telles que celle de la Bosnie-Herzégovine rappellent que le désarmement est souvent l'un des aspects cruciaux des activités à mener après les conflits. Cela a une signification particulière pour le Conseil de sécurité qui définit le plus souvent le mandat de ces activités et doit, en cas de nécessité, accorder l'attention voulue au désarmement, à la collecte des armes et à leur élimination et/ou destruction.

Un autre problème intéressant le Conseil est le rôle des armes légères, dans le cadre de la mise en oeuvre des embargos sur les armes. Il en existe actuellement plusieurs, imposés par le Conseil. Ce dernier et ses comités de sanctions devraient examiner cette question de façon plus exhaustive. En particulier, des mécanismes efficaces de contrôle devraient être mis en place en vue d'empêcher des violations de ces embargos sur les armes. De même, le Conseil devrait appeler les États Membres à un plus grand respect de leurs obligations, dont celle de faire connaître les mesures d'application prises au plan national.

Avant de terminer, je voudrais évoquer la question des mines antipersonnel qui, selon la définition des experts des Nations Unies, font partie des armes légères et armes de petit calibre. Cette question mérite d'être évoquée à cette occasion vu sa grande importance sur le plan humanitaire. Je souhaite mentionner l'expérience positive que nous avons eue avec le Fonds international d'affectation spéciale pour le déminage et l'assistance aux victimes des mines, qui se trouve en Slovénie. Ce Fonds illustre l'engagement de notre gouvernement de contribuer à la paix et à la sécurité en Europe du Sud-Est grâce à des programmes de déminage, notamment en Bosnie-Herzégovine. Les activités du Fonds ont été élargies au Kosovo et à la Croatie. Il peut ainsi servir d'exemple de coopération régionale et internationale face au problème des mines terrestres. Il peut également servir de modèle de coopération dans d'autres domaines touchant à la question des armes légères sur la façon d'aider les pays touchés, grâce à la connaissance des situations locales, aux compétences d'experts et aux ressources voulues. Des actions complémentaires de pays partageant la même approche et d'organisations non gouvernementales pourraient faciliter la collecte de dons et assurer transparence et efficacité en matière de gestion financière.

La Slovénie espère que le débat d'aujourd'hui donnera une impulsion nouvelle aux efforts en cours pour répondre au redoutable problème des armes légères. Vu les raisons déjà mentionnées, la Slovénie affirme son appui à la déclaration présidentielle qui sera adoptée aujourd'hui.

Position des Etats