Namibie

M. Andjaba , représentant de la Namibie, (parle en anglais)


Extrait de S/PV.4048

Je voudrais pour commencer vous transmettre, Monsieur le Président, l'expression de la profonde reconnaissance de ma délégation pour l'initiative que vous avez prise d'organiser ce très important débat sur les armes légères. Cela souligne l'importance que votre pays attache au problème des armes légères et de petit calibre -- instruments qui incitent les belligérants à continuer à rechercher des solutions militaires aux problèmes politiques et économiques.

La Namibie, comme de nombreux pays qui sortent de la guerre, a été inondée par un déluge d'armes légères, et bien que, maintenant, elles soient en nombre considérablement réduit, la situation géographique de notre pays a permis à ce trafic de se poursuivre jusqu'à présent.

La Namibie estime que le fait de pouvoir disposer sans entrave d'armes légères et de petit calibre contribue aux déclenchements ou à la poursuite d'hostilités qui ont la capacité de ruiner des pays, de détruire biens et vies humaines et de semer la panique.

Les armes forcent les gens à vivre dans une atmosphère d'insécurité croissante où les différences deviennent de plus en plus polarisées et où la paix est au mieux fragile et au pire illusoire. Cet affligeant état de choses est imputable essentiellement à l'impunité dont bénéficient les fabricants et les marchands d'armes qui organisent des transferts d'armes légères et de petit calibre vers des régimes non démocratiques, sans scrupules et corrompus, connus pour leurs violations des droits de l'homme, ainsi que vers des groupes de rebelles et des éléments antinationaux qui se livrent avec ces armes à des actes de sauvagerie sur les populations, pour servir leurs propres intérêts égoïstes.

Les marchands de guerre, par ailleurs, motivés par l'appât du gain généré par les ventes d'armes, ne voient aucune urgence à freiner les transferts, pas plus qu'ils ne se préoccupent des ravages que font ces armes dans les pays en développement, en Afrique subsaharienne en particulier. Les transferts et le trafic d'armes et les conflits armés qui en résultent ont un impact dévastateur sur la vie sociale, politique et économique de l'Afrique subsaharienne, une région riche en ressources naturelles mais aussi parsemée de poches de la plus extrême pauvreté existant dans le monde à l'heure actuelle.

Il est donc impérieux que la communauté internationale s'attelle efficacement au problème de la culture d'impunité lié au trafic d'armes. Beaucoup ont tendance à croire qu'il est du seul devoir des dirigeants africains de limiter la disponibilité et la circulation des armes dans la région. Dans ce contexte, nous pensons que l'effort pour débarrasser l'Afrique du trop-plein d'armes de petit calibre est une responsabilité qui doit être partagée entre les dirigeants de la région et l'ensemble de la communauté internationale.

Les transferts incontrôlés d'armes de petit calibre, en particulier à destination des forces irrégulières, en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes, de diamants ou d'autres biens affaiblissent les États, en précipitent l'effondrement, et conduisent en fin de compte à l'anarchie. Naturellement, les acteurs non étatiques sont capables, lorsque parties à un conflit, des plus rares cruautés, de graves violations du droit international humanitaire et du droit international en matière de droits de l'homme. Ces violations sont toujours d'actualité dans les zones où prospère le trafic d'armes de petit calibre.

L'acquisition d'armes a un pendant inévitable : le détournement de ressources déjà rares au détriment des services sociaux. Elle décourage les investissements étrangers et le tourisme. Elle contribue au chômage et aux problèmes connexes de crime organisé, de pauvreté, d'ignorance et d'anarchie.

Nous n'agirions pas selon notre conscience si nous ne traitions que du trafic des armes de petit calibre. Nous devons y ajouter les armes que l'on fait parvenir, en toute légalité, à des régimes irresponsables, en sachant parfaitement que ces armes seront distribuées au sein de groupes ethniques qui se livrent à des actes d'inhumanité tels que l'épuration ethnique. Ma délégation tient à inciter les gouvernements des pays exportateurs d'armes ainsi que des pays destinataires de ces armes à faire montre d'un grand sens des responsabilités dans ces transactions.

Position des Etats