Bahreïn

Le cheikh Al-Khalifa , Ministre des affaires étrangères du Bahreïn (parle en arabe)

Extrait de S/PV.4048

Monsieur le Président, j'ai le plaisir de vous exprimer notre profonde reconnaissance pour l'initiative que votre pays a prise d'organiser ce débat du Conseil de sécurité sur la question des armes légères, qui est une source de préoccupation pour la communauté internationale.

Depuis quelque temps, la communauté internationale a pris conscience du danger que représente la prolifération de ces armes et du rôle qu'elles jouent dans l'alimentation des conflits ethniques. Elles sont utilisées par des groupes criminels organisés transnationaux et par des éléments terroristes fanatiques. De nombreuses régions du monde se trouvent maintenant prises dans la violence et la tourmente, ce qui a des conséquences néfastes sur les programmes de développement socioéconomique mais aussi sur la sûreté et la sécurité des individus et des États.

Les nombreux conflits qui ravagent l'Afrique et d'autres régions du monde sont la preuve la plus évidente de la menace que constitue l'utilisation de ces armes, qui sont facilement accessibles aux groupes impliqués dans les conflits armés. En outre, les souffrances humaines engendrées par ces conflits -- notamment le décès et les blessures d'un grand nombre de personnes innocentes, surtout des enfants, des femmes et des personnes âgées, et le déplacement de milliers d'autres -- frappent aujourd'hui la conscience de la communauté internationale. Cela devrait nous encourager à intervenir au plus vite pour contrôler les flux de ces armes et pour lutter contre leur trafic illicite.

Ces armes ne sont pas seulement dangereuses; elles représentent également un obstacle à l'assistance humanitaire fournie aux réfugiés et aux personnes déplacées civils dans les zones de conflit.

Le Bahreïn est fermement attaché au maintien de la sécurité et de la stabilité internationales et des efforts qui sont faits pour mettre fin à tous les conflits. C'est pourquoi mon pays a appuyé les résolutions relatives aux armes légères adoptées par l'Assemblée générale à sa cinquantetroisième session.

Le Bahreïn préconise de nouveau l'élaboration de règles précises régissant la circulation des armes légères. Il appuie donc tous les efforts internationaux déployés, dans le cadre des préparatifs de la conférence internationale prévue en 2001, pour freiner et empêcher le trafic de ces armes. Les efforts qui seront déployés, s'inspirant des résultats de la conférence et du rapport du Groupe d'experts gouvernementaux sur les armes légères qui sera présenté à l'Assemblée générale à la présente session, seront donc particulièrement importants. Le rapport contiendra un certain nombre d'idées et de recommandations qui devraient permettre une bonne préparation de la conférence.

Il appartient au Conseil, dans le cadre de sa responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, de demander aux parties impliquées dans le commerce de telles armes d'écouter les appels lancés par les nations éprises de paix. Il doit également appeler les organisations régionales et internationales à prendre des mesures pour arrêter le transfert de ces armes vers les zones de conflit et aux belligérants. Le Conseil a également le devoir de réitérer son opposition au trafic de telles armes et au terrorisme et au crime organisé transnational. Il est tenu d'empêcher que les armes et les financements parviennent aux mains des terroristes et des fanatiques. Nous devons restreindre leur marge de manoeuvre en renforçant les lois en matière d'immigration et de droit de résidence et en les privant de sanctuaires et de leur liberté d'action. L'inscription à l'ordre du jour du Conseil de sécurité de cette importante question, ayant des incidences directes sur la paix et la stabilité dans de nombreuses régions du monde, est de bon augure. Nous espérons que la présente réunion est un bon départ et mènera à l'accord de tous les États Membres de l'ONU sur une position unanime et définitive en vue d'éliminer les dangers et les répercussions douloureuses de l'utilisation abusive des armes de petit calibre.

En raison de l'intérêt qu'il porte à cette question, l'État du Bahreïn avalisera la déclaration présidentielle que le Conseil va publier aujourd'hui.