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Argentine
M. S. E. M. Guido Di Tella Ministre argentin des affaires étrangères, (parle en espagnol)
Extrait de S/PV.4048Pendant longtemps, nous nous sommes principalement préoccupés des armes de destruction massive. Ces 10 dernières années, nous avons réalisé des progrès considérables dans ce domaine. Cela ne veut pas dire pour autant que nous ne devons pas nous occuper aussi des armes légères. Il y a quelque chose d'ironique dans cette situation : les armes de destruction massive sont terribles et portent un nom terrible; les armes légères semblent inoffensives, mais elles cachent un problème véritablement immense.
Nous avons la responsabilité de mobiliser les ressources nécessaires et d'adopter des politiques appropriées pour remplacer la culture de la violence par la culture de la paix et du développement. La question des armes légères a pris de l'importance et, aujourd'hui, on en discute dans différentes instances. Mais reste encore à passer à l'action. À notre avis, la problématique des armes légères revêt trois dimensions. La première est d'ordre humanitaire face aux victimes de ces armes et à la facilité avec laquelle les enfants et les adolescents y ont accès et les utilisent. La deuxième dimension est d'ordre économique : des ressources sont affectées à l'achat d'armes au lieu de servir au développement. La troisième dimension est celle de la sécurité, en raison de l'impact régional et mondial du problème.
Le phénomène de la prolifération des armes légères a des traits spécifiques, qui sont fonction de la région concernée. C'est pourquoi il faut prendre des mesures de différent type qui répondent aux circonstances propres à chaque cas. Prenons l'exemple du Cône Sud de l'Amérique, dont fait partie l'Argentine. Ce n'est pas une zone à haut risque sur le plan de l'accumulation excessive d'armes légères. Mais le problème a un impact sur la sécurité publique, car il est à l'origine de l'augmentation et de l'aggravation de la délinquance ordinaire.
Heureusement, les pays du Cône Sud se sont fermement engagés dans la lutte contre la fabrication illicite et le trafic d'armes légères. La Convention interaméricaine contre la fabrication illicite et le trafic d'armes à feu, munitions, explosifs et autres matériels connexes s'ajoute à la Déclaration des Présidents du Marché commun du Sud (MERCOSUR), de la Bolivie et du Chili, qui crée un mécanisme commun d'enregistrement des acheteurs et vendeurs de ces matériels.
Nous avons également mis en place un système d'échange d'informations sur la base de la Convention interaméricaine dont je viens de parler et du Règlement-type du contrôle des mouvements internationaux des armes à feu et de leurs pièces détachées et composants ainsi que des munitions, approuvé par la Commission interaméricaine de lutte contre l'abus des drogues de l'Organisation des États américains.
Je voudrais remercier le Département des affaires du désarmement de l'appui qu'il a apporté au séminaire sur la prolifération des armes légères, munitions et explosifs, qui a eu lieu à Buenos Aires au mois de mai dernier.
Ce sont là quelques-unes des actions menées dans notre région. Nous savons que d'autres initiatives ont été prises en Afrique et en Europe. Mais cela ne suffit pas. Nous devons neutraliser l'impact négatif de la prolifération des armes légères sur la sécurité, sans toucher pour autant au droit de légitime défense reconnu dans la Charte.
Il ressort clairement d'une étude réalisée par l'Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement que, jusqu'à présent, on n'a pas répondu par une approche intégrée au problème des armes légères dans les situations d'après-conflit. Ce qui fait défaut, c'est une approche intégrée qui garantisse une paix durable et qui jette les fondements du développement. Nous appuyons donc la tenue d'une conférence internationale sur le commerce illicite des armes sous tous ses aspects, au plus tard en 2001.
Nous sommes convaincus que pour promouvoir l'établissement et le maintien de la paix en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques, nous devons appliquer l'Article 26 de la Charte et établir un système de réglementation des armements. Telle est la responsabilité confiée au Conseil de sécurité et nous ne pouvons pas y échapper.