Ban Ki-moon Ne restez pas silencieux. Lorsque vous êtes témoin de violence à l'égard de femme ou de fille, ne restez pas sans rien faire, agissez."
Ban Ki-moon, Secrétaire général
M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies
Il y a une vérité universelle, applicable à tous les pays, cultures et communautés: la violence à l’égard des femmes n’est jamais acceptable, jamais excusable, jamais tolérable.

M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies

Objectifs

La violence à l’égard des femmes doit faire l’objet d’une priorité à tous les niveaux. Elle n’a pas été suffisamment placée au rang de priorité pour permettre un changement significatif. Les États n'honorent pas leur engagement de mettre un terme à la violence contre les femmes et les filles. Le leadership et la volonté politique sont critiques.

Le moyen le plus efficace de mettre fin à la violence à l'égard des femmes est une démonstration claire d'engagement politique de la part des États, concrétisé, par des actions et des ressources.

Pour se faire, le Secrétaire général de l'ONU M. Ban Ki-moon a identifié cinq objectifs que sa campagne, « Tous unis pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes », vise atteindre dans tous les pays d’ici à 2015.

Objectif 1 : Mettre en place et appliquer une législation nationale afin de faire face à toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles et de les punir

L'absence de législation nationale efficace visant à mettre fin à la violence contre les femmes, ou sa non-application là où elle est en place, est largement répandue. L'impunité pour la violence à l'égard des femmes est souvent le résultat de la non-application par les États des normes internationales aux niveaux national et local.

Les lois de nombreux pays comportent des échappatoires qui permettent aux auteurs de violence d’agir avec impunit, par exemple dans nombre de pays, un violeur peut échapper aux sanctions prévues au Code pénal en épousant la victime.

De nombreux États ne disposent pas de dispositions juridiques spécifiques sur la violence familiale. Le viol conjugal n’est pas passible de poursuites pénales dans plus de 50 États.

Mettre fin à l'impunité et garantir l'obligation de répondre de ses actes pour la violence contre les femmes est essentiel pour prévenir et réduire ce type de violence.

Les gouvernements peuvent tirer des enseignements des nombreux exemples de bonne pratique.

Certains États ont adopté des ensembles complets de mesures législatives visant de manière spécifique la violence contre les femmes qui prévoient plusieurs types de remèdes, comme la loi « Violence against Women » (Violence contre les femmes) votée aux États-Unis en 1994, qui entre autorise notamment l'aide de l'État fédéral pour la formation des forces de police, des procureurs et des juges, les programmes de refuges et de prévention du viol, et une ligne téléphonique nationale d'assistance.

L'examen et la réforme des lois ont permis des progrès non négligeables. La violence psychologique et économique fait maintenant partie de la définition juridique de la violence domestique dans un certain nombre de pays, dont le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras et l'Afrique du Sud.

Des politiques vigoureuses en matière d'arrestation et de poursuites ainsi que des condamnations appropriées indiquent clairement à la société que la violence contre les femmes est un crime grave.

La mise en œuvre des lois est renforcée par la formation des représentants des forces de l'ordre et de la justice, comme la formation offerte aux policiers sud-coréens sur la législation sur la violence domestique, les procédures de réponse aux plaintes et les mesures prises pour protéger les victimes.

Plusieurs pays prévoient des peines minimales pour les crimes comme le viol.

Objectif 2 : Adopter et mettre en œuvre des plans d’action nationaux multisectoriels

La mise en œuvre de plans d’action nationaux multisectoriels, faisant intervenir de nombreux acteurs, aux niveaux gouvernemental et communautaire, est essentielle pour mettre un terme à la violence à l'égard des femmes.

Ces plans doivent bénéficier de ressources suffisantes et doivent mettre l'accent sur la prévention de la violence contre les femmes et les filles, ainsi que sur sa punition.

La prévalence persistante de la violence contre les femmes témoigne du fait que les États n'ont toujours pas pris les mesures qui s'imposent avec l'engagement politique, la visibilité et les ressources nécessaires.

L'action visant à mettre fin à la violence contre les femmes exige une action continue, bénéficiant de ressources suffisantes et de mécanismes institutionnels dédiés et permanents.

Il existe un grand nombre d'exemples encourageants d'initiatives multisectorielles :

Objectif 3 : Renforcement des systèmes de collecte des données sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes et des filles

Les preuves sont irréfutables : la violence à l’égard des femmes est grave et omniprésente dans le monde entier. Il y a néanmoins un besoin urgent de renforcer la collecte de données de manière à servir de base aux politiques.

Le problème de la sous-notification complique la collecte des données. Une étude de l’OMS datant de 2005 fondée sur les données provenant de 24 000 femmes issues de dix pays a noté que 55 % à 95 % des femmes qui avaient fait l’objet de violence physique conjugale n’ont jamais contacté la police, une ONG ou un refuge pour obtenir de l’aide.

La honte et la peur empêchent les femmes de rechercher assistance et réparation.

De nombreux pays ne collectent pas systématiquement des données sur l'ensemble des formes de violence à l'égard des  femmes. Les informations sont cruciales pour évaluer la manière dont diverses formes de violence touchent différents groupes de femmes et pour élaborer des stratégies efficaces pour faire face à cette violence.

En outre, afin les mesures prises afin de lutter contre la violence à l'égard des femmes ne sont que rarement évaluées, ce qui rend difficile l'appréciation de leur impact.

Objectif 4 : Lancement de campagnes de sensibilisation et mobilisation sociale

Lancer des campagnes de sensibilisation destinées à changer les attitudes et influer sur les comportements parmi les gens de toutes conditions est essentiel pour prévenir et faire cesser la violence contre les femmes.

Des particuliers aux gouvernements en passant par les ONG, les gens se mobilisent grâce à des efforts locaux, nationaux et internationaux pour résoudre le problème.

Les activités vont des campagnes publiques destinées à informer les femmes sur les lois en vigueur pour prévenir et punir la violence, aux pétitions mondiales, en passant par les réunions communautaires et villageoises sur les effets négatifs de la mutilation génitale féminine, pour les projets visant à faire participer les hommes et les garçons à la prévention de la violence contre les femmes.

Cependant, une plus grande mobilisation est nécessaire.

Tout le monde, partout a la responsabilité de mettre fin à la violence. Pour en savoir davantage sur la manière dont vous pouvez agir, consultez la page Agissez!

Objectif 5 : Prise en compte de la violence sexuelle dans les situations de conflit

Le viol pendant un conflit est un crime de guerre et une grave violation des droits humains et des droits de l'homme et est largement condamné.

Toutefois, la violence sexuelle pendant un conflit demeure nettement sous-évaluée du fait de la faiblesse des mécanismes nationaux de protection et de recours judiciaire et de l'insuffisance des services sanitaire et de soutien social.

Nombreux sont ceux qui persistent à considérer la violence sexuelle comme une conséquence inévitable, quoique regrettable, des conflits et des déplacements, attitude qui encourage l'impunité des coupables et fait taire les victimes. La violence sexuelle en temps de conflit et l'impunité pour les auteurs de ces crimes font partie des grands silences de l'histoire.

Bien qu'un large éventail d'initiatives gouvernementales, non gouvernementales et internationales visant à lutter contre la violence sexuelle soit actuellement mis en œuvre, l'ampleur et la complexité du problème, se conjuguant avec les défis de coordination, se sont traduites par d'énormes écarts en matière de réponse.

En septembre 2009, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 1888 sur les femmes et la paix et la sécurité, qui exige que toutes les parties d'un conflit armé prennent des mesures immédiates pour protéger les civils, notamment les femmes et les enfants, contre toutes les formes de violence sexuelle.

Le Conseil a aussi demandé instamment aux États et à l'ONU de prendre de plus grandes mesures pour mettre fin à la violence sexuelle en temps de conflit.

Toute tentative visant à éliminer la violence sexuelle doit protéger et promouvoir les droits des femmes et permettre à celles-ci de s'émanciper.

Les bonnes pratiques et les programmes existants luttant contre la violence sexuelle doivent être renforcés.

Les femmes sont souvent les chefs de file des campagnes pour mettre fin à la violence sexuelle et pour garantir la paix. Leurs voix doivent guider le plaidoyer et les programmes. La participation constructive des hommes et des garçons est aussi vitale pour contribuer à la prévention et la lutte contre la violence sexuelle en temps de conflit.