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Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination - 30 ans

Réussites sur le terrain

Les chefs traditionnels au Cameroun font des progrès en faveur de l’égalité des sexes

Après avoir pris connaissance de la Convention et des droits qu’elle confère aux femmes, les chefs au Cameroun changent les pratiques traditionnelles qui sont néfastes pour les femmes.

En 2007, des organisations de la société civile au Cameroun, en collaboration avec des partenaires gouvernementaux, on reconnu que la Convention pouvait être un outil puissant pour stimuler le changement. Diffusée largement, elle peut servir de base pour comprendre les principes des droits de l’homme universellement acceptés, en particulier ceux qui sont relatifs à l’égalité des sexes.  Ils ont donc développé un manuel de formation qui a été utilisé au sein d’un réseau de chefs traditionnels. L’objectif du manuel était de les encourager à utiliser la Convention pour apporter des améliorations concrètes à la vie des femmes dans leurs communautés. En simplifiant les dispositions de la Convention et en utilisant des exemples de violations des droits des femmes tirées d’un contexte local, les formateurs ont pu expliquer l’importance de la Convention pour assurer les droits des femmes au Cameroun.

La Convention demandent que les États Parties prennent des mesures afin d’éliminer les préjugés, coutumes et autres pratiques basés sur l’idée de l’infériorité des femmes. Les chefs traditionnels ont un rôle important à jouer dans ce sens. Après avoir été sensibilisés aux droits des femmes par la formation, ils étaient en position d’agir comme moteur du changement. Suite à la formation, on a pu constater des preuves de ce changement. Certaines pratiques - s’asseoir ou dormir à même le sol, retirer les vêtements d’une femme à la mort de son époux -  ont été abolies dans certaines régions.

On envisage maintenant de traduire le manuel en français afin de propager le succès de cette formation au Cameroun.

L’égalité pour les femmes dans droit de la famille au Maroc

En 2004, l’introduction historique du nouveau Code de la famille a accordé aux femmes plus d’égalité et plus de protection de leurs droits en matière de mariage et de divorce, conformément à l’article 16 de la Convention.

La nouvelle loi incorpore le principe des responsabilités familiales partagées entre les époux. Elle est le résultat de discussions approfondies sur les difficultés des femmes dans le cadre de la loi précédente, ainsi que d’analyses sur les implications des principes des droits de l’homme et des textes religieux. Pour assurer la mise en œuvre de ces nouveaux droits, les changements législatifs ont été accompagnés par la création de tribunaux de la famille. Le Ministère de la justice a également amélioré les services de soutien, ainsi que la formation pour les juges et le personnel des tribunaux.

L’introduction du nouveau Code de la famille fait partie d’un mouvement de réforme plus large dans le pays qui comprend également :

A la lumière des profonds changements du cadre légal national de protection des droits des femmes, le Gouvernement a annoncé son intention de retirer les réserves du Maroc à la Convention.

Les droits à la santé reproductive en Colombie

A la suite d’une décision historique de la Cour constitutionnelle en mai 2006, les femmes en Colombie ont désormais droit à l’avortement dans certaines circonstances. Avant cela, plus 350 000 Colombiennes avaient recours chaque année à des avortements illégaux, souvent au péril de leur vie (Women’s Link Worldwide). La contradiction frappante entre la réalité des vies des femmes et la loi a motivé la question de la constitutionnalité de la loi, soulevée par une avocate des droits des femmes.

La Cour a annulé l’interdiction totale de l’avortement et décidé que l’avortement serait autorisé dans les circonstances suivantes :

Les droits des femmes étaient au cœur de la décision de la Cour de partiellement décriminaliser l’avortement.

Pour prendre cette décision, la Cour s’est appuyée sur les obligations légales de la Colombie qui découlent des traités internationaux. Afin d’établir que les droits des femmes à la santé sexuelle et reproductive sont des droits humains et doivent donc être protégés par la Constitution, elle a cité :

La question a de nouveau été soulevée devant la Cour constitutionnelle en octobre 2009. Une femme s’était vue refuser l’autorisation d’avorter pour raison légale par un juge qui avait invoqué l’objection de conscience. La Cour a confirmé sa décision de 2006 et jugé qu’il était illégal de poser des obstacles au droit à l’avortement dans les circonstances où il est légal.