Action de l'ONU contre le terrorisme

Actions de l'Assemblée générale

Ces dernières années, les États Membres ont fait progresser leurs travaux sur le contre-terrorisme par l'entremise de l'Assemblée générale, et ce tant au plan juridique qu'opérationnel. L'établissement de normes par l'Assemblée a été marqué par des succès récents avec l'adoption de conventions destinées à enrayer le financement du terrorisme, les attentats à la bombe et l'accès au matériel nucléaire. Le travail effectué par les États Membres pour renforcer la coordination des actions antiterroristes a connu son point culminant avec l'adoption toute récente de la première Stratégie antiterroriste mondiale.

Assemblée généraleL'Assemblée générale considère le terrorisme comme un problème international depuis 1972. Dans les années 1970 et 1980, elle y a répondu par des résolutions. Pendant cette même période, elle a également adopté deux conventions ayant trait au contre-terrorisme : la Convention sur la prévention et la répression des infractions contre les personnes jouissant d'une protection internationale en 1973 et la Convention internationale contre la prise d'otages en 1979.

C'est en décembre 1994 que l'Assemblée a une fois de plus attiré l'attention sur ce fléau dans sa Déclaration sur les mesures visant à éliminer le terrorisme international. Un supplément à cette déclaration nommait un comité spécial sur le terrorisme en 1996. Depuis son adoption, l'Assemblée s'est constamment préoccupée de cette question.

Au cours des dernières années, dans le cadre du Comité spécial (sur le terrorisme) de l'Assemblée et du Groupe de travail de la Sixième Commission, des progrès considérables ont été accomplis dans l'élaboration d'instruments internationaux. Depuis 1997, les États Membres ont achevé l'élaboration de trois traités antiterroristes spécifiques couvrant des activités précises : la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l'explosif de 1997, la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme de 1999 et la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire.

À l'heure actuelle, les États Membres sont en train de négocier un projet de convention globale sur le terrorisme international. Celle-ci viendrait s'ajouter au cadre actuel d'instruments antiterroristes internationaux.

« Ce n'est que par une volonté politique forte, et par la mise en œuvre de cette volonté, que nous pouvons réaliser nos vœux de voir un monde exempt de terrorisme (...). Cela exige des efforts internationaux qui vont au-delà des approches traditionnelles et locales. Aucune nation, agissant seule, aussi puissante soit-elle, ne peut empêcher que toutes les menaces terroristes ne soient mises à exécution. »

S.E. M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, Président de la 66e session de l'Assemblée générale, dans son discours au cours du troisième examen de la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, le 28 juin 2012

Au Sommet de septembre 2005, les dirigeants du monde ont condamné sans équivoque le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quels qu'en soient le lieu, les auteurs ou les buts. Le Sommet s'est appuyé sur cette plate-forme historique pour demander aux États Membres de s'efforcer, par l'entremise de l'Assemblée générale, d'adopter une stratégie antiterroriste (sur base des recommandations du Secrétaire général) qui proposerait des réponses globales, coordonnées et cohérentes au terrorisme aux niveaux national, régional et international.

Suite à cela, le Secrétaire général Kofi Annan a soumis un ensemble de recommandations à l'Assemblée générale, dans un rapport daté du 2 mai 2006. Ces dernières ont servi de base pour une série de consultations par les États Membres qui a débouché sur l'adoption d'une « Stratégie antiterroriste mondiale pour les Nations Unies ». Celle-ci se présente sous forme d'une résolution avec en annexe un plan d'action. Avec cette stratégie, l'Assemblée générale réaffirmait et renforçait de façon concrète son rôle dans le contre-terrorisme. La stratégie appelle aussi l'Assemblée à assurer le suivi de la mise en ouvre et à procéder à des examens et des mises à jour périodiques. Le premier examen a eu lieu en septembre 2008.

Les États Membres ont tenu d’autres examens de la Stratégie en septembre 2010 et, plus récemment, en juin 2012, afin de partager leurs expériences et les bonnes pratiques en matière de lutte contre le terrorisme. Dans son dernier rapport sur les activités du système des Nations Unies relatives à la mise en œuvre de la Stratégie, le Secrétaire général a relevé que cinq ans après l'adoption de la Stratégie, des progrès notables ont été accomplis dans sa mise en œuvre. Il a également souligné la nécessité de continuer à développer des plans nationaux et régionaux de mise en œuvre de la Stratégie afin de renforcer le caractère mondial de la Stratégie, ainsi que le soutien du système des Nations Unies à cette dernière.

Alors que les menaces terroristes demeurent élevées dans de nombreuses régions du monde, la lutte contre l'attrait au terrorisme a émergé comme une priorité. Avant le troisième examen de la Stratégie, le Président de l'Assemblée générale a organisé un symposium sur « la promotion du dialogue, la compréhension et la lutte contre l'attrait au terrorisme » le 27 juin 2012, à New York. La rencontre a porté sur le dialogue et la compréhension des éléments clés de l'approche stratégique de l'ONU sur la lutte contre l'attrait du terrorisme.

À la suite du troisième examen biennale de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies les 28 et 29 juin 2012, l'Assemblée générale a adopté à l'unanimité une résolution renouvelant son engagement indéfectible à renforcer la coopération internationale pour prévenir et combattre toutes les formes de terrorisme. Les États Membres ont également souligné la nécessité de promouvoir la solidarité dans le monde entier, en soutien des victimes d'actes terroristes, et ils ont également souligné le rôle que les États peuvent jouer dans la lutte contre l'attrait au terrorisme.