Rio+20 L'avenir que nous voulons, Conférence des Nations Unies sur le développement durable

Yao Chen : L'avenir que nous voulons

Yao Chen est l'une des plus grandes actrices de Chine. Elle contribue activement aux actions humanitaires et elle est représentante honoraire du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en Chine.

De temps à autres je fermais les yeux, essayant de visualiser mon avenir – ce qui me venait à l'esprit était le monde d'il y a 20 ans. L'avenir que je désire, semble-t-il, est la restauration de la nature.

Dans mes précieux souvenirs d'enfance, les lucioles – mes amies intimes – étincelaient dans l'obscurité. Malheureusement, on ne les voit plus dans nos villes. Chaque fois que je tente de décrire ces petites créatures à mes publics de six ou sept ans, j’ai droit à des regards perplexes, comme si je leur parlais des elfes magiques d'un conte de fées.

Aucun de ces jeunes résidents de nos villes modernes n'a jamais vu de luciole.

Enfant, je me souviens de ces belles nuits d'été dans notre cour, où ma mamie installait une moustiquaire sous un magnolia. Je m'asseyais avec mes frères et sœurs et observais le ciel étoilé, alors que des lucioles filaient à la manière des étoiles à travers le ciel.

Je soulevais la moustiquaire pour permettre aux petits elfes de s'y introduire. Les petites créatures volaient sous notre moustiquaire, l'illuminant tel un château enchanté. Lasse de voler dans les airs, l'une d'elles vint se reposer sur mon épaule. La lumière clignotante, comme en signe de confiance, scintilla doucement autour de moi et m'accompagna vers de doux rêves.

Le ciel étoilé, les collines verdoyantes et l'eau claire, ainsi que les nuages de jolies lucioles, constituent mes souvenirs d'enfance les plus chers, et pourtant irrémédiablement perdus. Mais où sont allées toutes les lucioles?

« Les villes de notre enfance disparaissent peu à peu » écrivit un jour  un poête. Troublés par les désirs matériels, les êtres humains ont détruit et rénové d'innombrables villes au nom du « progrès ».

En regardant ces vieilles villes imprécises, je ne ressens que la perte, et non l'avenir.

George Bernard Shaw souhaitait quitter un monde meilleur que celui qu'il avait trouvé. Son souhait est aussi mon plus grand espoir. 

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